Harry and Meghan’s Break With Britain and Planned Return: a Timeline

© Asanka Ratnayake/Getty Images


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© Ilvy Njiokiktjien for The New York Times


Ce texte est le deuxième d’une série consacrée aux transformations de la lecture. Après avoir discuté de l’hypothèse d’une société « postlittéraire », à partir de l’article de Rose Horowitch, The End of Reading Is Here, je m’intéresse ici à l’autre versant de la question : qu’est-ce qui fait qu’une société demeure une société de lecteurs et de lectrices?
Chaque 12 août, depuis maintenant plus d’une décennie, l’initiative J’achète un livre québécois! invite les Québécoises et les Québécois à entrer dans une librairie et à repartir avec un livre d’ici. Si on en a les moyens, le geste est simple : choisir un livre, l’acheter, peut-être le lire, le donner ou en parler. Et pourtant, cette journée dit quelque chose d’important sur la lecture : une culture du livre ne se maintient pas toute seule. Elle se construit, se transmet et s’entretient.
Cette réflexion s’est aussi nourrie des conversations que j’ai eues autour du 12 août, d’abord avec Alexandre Sirois dans La Presse, puis à ICI Côte-Nord, avec Catherine Paquette et mon collègue Mathieu Dauphinais, de la Bibliothèque de Sept-Îles. Plutôt que de rester prisonniers et prisonnières de la question spectaculaire de « la fin de la lecture », je voudrais donc déplacer le regard vers ce qui permet à la lecture de continuer à occuper une place dans nos vies : si nous voulons demeurer une société de lecteurs et de lectrices, quelles conditions devons-nous collectivement préserver?
Car on ne devient pas lecteur ou lectrice par la seule force de sa volonté. On le devient parce que des livres se trouvent à portée de main. Parce que quelqu’un nous en a lu lorsque nous étions enfants. Parce que nous avons parfois grandi dans une famille où les livres étaient présents, où lire allait de soi, où certaines habitudes, dispositions et familiarités avec la culture nous ont été transmises. La lecture est aussi affaire d’héritage culturel, au sens où l’entendaient Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron — et cet héritage est inégalement distribué.
Mais ce qui n’est pas hérité peut aussi se construire ailleurs. Parce qu’une personne enseignante nous a fait découvrir un livre qui nous parlait. Parce qu’une bibliothécaire a su nous conseiller. Parce qu’une librairie existe dans notre quartier ou qu’une bibliothèque scolaire ou publique nous permet d’emprunter gratuitement. Parce que nous avons vu d’autres personnes lire, entendu parler de livres, reçu des recommandations, participé à une heure du conte ou à un club de lecture.
C’est là que les institutions et les communautés prennent toute leur importance : elles peuvent élargir, prolonger, parfois même compenser ce qui n’a pas été transmis dans la famille. Au contact de ces personnes, de ces lieux et de ces expériences se construisent progressivement les capacités, les habitudes, l’attention, le désir et la motivation nécessaires pour entrer dans un texte et y demeurer. Autrement dit, la lecture est une pratique sociale avant d’être seulement une compétence individuelle.
On parle beaucoup de l’accès aux livres. Avec raison. Mais avoir des livres disponibles ne suffit pas à faire des lecteurs et des lectrices. Entre la présence d’un livre sur une tablette et son appropriation par une personne existe tout un monde de médiations : familles, écoles, bibliothèques, librairies, maisons d’édition, médias, organismes communautaires, auteurs et autrices, enseignants et enseignantes, bibliothécaires, événements littéraires, politiques culturelles et éducatives. C’est cette infrastructure de la lecture qui m’intéresse.
Le mot infrastructure peut sembler étrange lorsqu’il est question de lecture. Nous l’associons plus spontanément aux routes, aux réseaux électriques ou aux télécommunications. Mais les pratiques culturelles reposent elles aussi sur des infrastructures, certaines matérielles, d’autres sociales et institutionnelles. Elles sont souvent peu visibles, comme nous l’a enseigné Susan Leigh Star, précisément parce que, lorsqu’elles fonctionnent bien, nous finissons par les tenir pour acquises.
Une société de lecteurs et de lectrices repose ainsi sur une véritable écologie de la lecture : des livres, certes, mais également des lieux où les rencontrer, des personnes qui les font circuler, des institutions qui en garantissent l’accès, des communautés dans lesquelles on peut en parler et, chose peut-être de plus en plus précieuse, du temps et de l’attention pour les lire.
Cette manière d’envisager la lecture rejoint aussi les travaux que nous avons menés autour de la littératie communautaire. Celle-ci invite précisément à ne pas considérer la littératie comme une compétence qui se développerait uniquement dans l’individu ou dans l’école, mais à regarder l’ensemble des milieux, des relations, des acteurs et actrices qui contribuent à la rendre possible. Les pratiques de littératie sont situées : elles prennent forme dans des communautés, des institutions et des contextes sociaux particuliers, traversés par la diversité et par des conditions d’accès inégales.
Cette perspective permet alors et surtout de déplacer le regard de la responsabilité individuelle vers une responsabilité partagée. Familles, écoles, bibliothèques, organismes communautaires, librairies, institutions culturelles et politiques publiques ne jouent évidemment pas le même rôle, mais leurs actions sont interdépendantes et peuvent se renforcer mutuellement. Soutenir la lecture revient alors moins à demander aux individus de lire davantage qu’à construire intentionnellement et collectivement les conditions dans lesquelles lire devient possible, significatif et désirable.
Les bibliothèques constituent un bon observatoire de cette écologie. Selon les données de l’Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques, qui couvre les bibliothèques publiques autonomes, les bibliothèques affiliées aux Réseaux BIBLIO (CRSBP) ainsi que BAnQ, compilées par l’Institut de la statistique du Québec, les bibliothèques publiques québécoises ont enregistré en 2023 environ 52 millions de prêts de documents, dont 42 millions de livres imprimés. Le volume des prêts avait ainsi retrouvé 96 % de sa moyenne des cinq années précédant la pandémie. La même année, elles ont enregistré environ 24 millions d’entrées, soit une hausse de 21 % par rapport à 2022.
Mais un autre chiffre retient particulièrement mon attention : les activités proposées par les bibliothèques ont attiré 1,5 million de participations, soit 33 % de plus qu’en 2022. La reprise de la participation aux activités a donc été plus rapide que celle des entrées physiques — même si, dans les deux cas, les niveaux demeuraient encore inférieurs à ceux d’avant la pandémie.
Il ne faudrait pas faire dire à ces chiffres davantage qu’ils ne permettent d’établir. Ils ne prouvent pas que les Québécois et les Québécoises fréquentent désormais les bibliothèques davantage pour leurs activités que pour leurs collections. Ils nous rappellent cependant quelque chose que l’on ne peut plus ignorer : une bibliothèque ne se contente pas de mettre des livres à disposition.
Heures du conte, clubs de lecture, rencontres avec des auteurs et autrices, ateliers, conférences et autres formes de médiation littéraire sont autant d’occasions de faire découvrir des textes, d’en parler et de créer des relations entre des personnes, des œuvres et des idées. Et ces initiatives débordent souvent les murs de la bibliothèque : elles s’inscrivent dans des réseaux de littératie communautaire où bibliothèques publiques et scolaires, écoles, organismes communautaires et autres acteurs du milieu peuvent conjuguer leurs interventions dans le contexte québécois.
L’accès et la médiation sont deux choses différentes, mais complémentaires. Nous avons beaucoup travaillé, à juste titre, à démocratiser l’accès aux livres et à l’information. Le défi de notre temps pourrait être aussi de préserver — et peut-être de renforcer — les conditions sociales de leur appropriation.
Cette infrastructure n’a cependant rien d’acquis. Elle peut se fragiliser par petites ruptures, lorsque disparaissent certains des lieux, des ressources ou des médiations qui permettent aux livres de circuler et d’être lus. On vient par exemple d’annoncer la fin d’ateliers de lecture en milieu carcéral. Dans le réseau de l’éducation, les récentes décisions budgétaires en donnent une autre illustration : quelque 38 millions de dollars auparavant consacrés à l’achat de livres pourront désormais être utilisés à d’autres fins.
Les effets se font sentir au-delà des murs de l’école. Lors du récent Congrès mondial d’IBBY à Ottawa, j’ai entendu des maisons d’édition jeunesse québécoises témoigner directement des répercussions de ces mesures sur leurs ventes. J’y étais moi-même pour présenter une étude sur les contestations et la censure des livres jeunesse en matière de sexualité ainsi que de diversité sexuelle et de genre au Canada, ce qui rappelle une autre manière dont cette infrastructure peut être compromise : non seulement lorsque les ressources diminuent, mais lorsque certains livres sont retirés, déplacés, restreints ou rendus plus difficiles d’accès.
On pourrait encore allonger la liste. Un bilan critique récent fait ainsi état d’une « érosion silencieuse » de la mission de BAnQ. Il faudrait aussi parler du financement longtemps jugé insuffisant dans le milieu des CRSBP (Réseaux BIBLIO), malgré les bonifications récentes, alors que ceux-ci jouent un rôle déterminant dans l’accès aux bibliothèques sur une grande partie du territoire québécois. Ces institutions ont ceci de particulier qu’elles relèvent, à des degrés divers, d’une responsabilité nationale plutôt que strictement municipale — comme les bibliothèques scolaires — et qu’elles semblent pourtant demeurer dans l’angle mort des politiques publiques. À filer la métaphore de l’infrastructure, les nids-de-poule ne manquent pas sur la route historique de la littératie au Québec.
Ces phénomènes sont évidemment différents, mais ils invitent à regarder l’ensemble du réseau du livre et de la lecture, plutôt qu’une simple chaîne linéaire. Lorsqu’un de ses nœuds s’affaiblit, ce sont les possibilités de rencontre entre une diversité d’œuvres et leurs publics, jeunes ou moins jeunes, qui se réduisent. Le paradoxe est alors frappant. D’un côté, nous nous inquiétons du recul de la lecture chez les jeunes et cherchons des moyens de leur donner le goût des livres. De l’autre, nous fragilisons parfois les conditions mêmes qui leur permettent de les rencontrer.
Lorsque nous constatons que certains jeunes lisent moins, la question ne peut donc pas être uniquement : Pourquoi ne lisent-ils pas davantage? Elle doit également être, encore une fois : quelles conditions leur donnons-nous pour devenir lecteurs et lectrices?
C’est ce qui donne au 12 août une portée qui dépasse l’achat individuel d’un livre. J’achète un livre québécois! met en lumière, pendant une journée, tout un réseau : des auteurs et autrices écrivent, des maisons d’édition publient, des librairies font circuler les œuvres, des bibliothèques et des écoles les rendent accessibles, des médiateurs et médiatrices les font découvrir, des lecteurs et lectrices les lisent, les recommandent et les transmettent.
Acheter un livre québécois ne « sauvera » évidemment ni la lecture ni « la civilisation »
— ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de l’initiative. Mais l’événement accomplit quelque chose de moins sensationnel mais peut-être de plus intéressant : il rend le livre visible et socialement désirable.
Car les pratiques culturelles ne se développent pas sur le seul mode de l’injonction : il faut lire davantage. Elles se nourrissent de désir, de curiosité, de rencontres et d’une communauté qui leur accorde de la valeur. À sa manière, le 12 août contribue à entretenir une culture dans laquelle les livres et la lecture comptent.
La question devient particulièrement pressante lorsqu’on observe le recul de certaines pratiques de lecture chez les jeunes. Il est tentant d’en chercher la cause du côté des écrans, de TikTok, des téléphones ou du manque d’attention. L’intelligence artificielle ajoute toutefois une dimension nouvelle. La technologie peut désormais non seulement concurrencer la lecture, mais accomplir une partie de son travail à notre place.
Les outils d’intelligence artificielle générative peuvent résumer un livre, expliquer un texte difficile, répondre à des questions sur son contenu et même produire une analyse qui donne toutes les apparences de la compréhension. Ils peuvent certes soutenir l’apprentissage, mais ils rendent aussi possible quelque chose d’assez radical : obtenir certains des produits de la lecture sans avoir accompli soi-même le travail de lecture.
C’est pourquoi la lecture profonde (Deep Reading) me paraît devenir, paradoxalement, plus importante à l’ère de l’IA — cette forme de lecture attentive, réflexive et exigeante à laquelle se sont notamment intéressées Maryanne Wolf et Naomi Baron, et sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet. Ce qui est en jeu n’est pas tant la survie du livre comme objet que l’expérience de la lecture elle-même : entrer dans un texte complexe, y consacrer du temps et de l’attention, l’interpréter, le confronter à d’autres idées et construire son propre jugement.
L’enjeu pour les bibliothèques comme pour les différentes instances des réseaux de littératie, sera donc moins d’empêcher l’usage de ces outils que de faire en sorte qu’ils soutiennent l’apprentissage et la pensée plutôt qu’ils ne nous dispensent de penser.
C’est peut-être là que le diagnostic d’une société « postlittéraire » devient utile, à condition de ne pas en faire une prophétie. La lecture n’est peut-être pas en train de disparaître. Elle devient une pratique qu’il faut activement soutenir. Non pas en idéalisant un âge d’or où tout le monde aurait lu de longs romans — il n’a probablement jamais existé — ni en opposant systématiquement le livre aux écrans. Mais en nous demandant quelles expériences de lecture nous jugeons suffisamment précieuses pour vouloir les transmettre et les préserver.
Cela suppose bien sûr des livres, des lieux et des personnes qui les font circuler. Mais aussi quelque chose de plus difficile à protéger : du temps et des espaces pour lire, réfléchir et discuter sans être constamment sollicités ailleurs. Acheter un livre québécois le 12 août est un geste culturel. Faire en sorte que nous ayons encore le désir, le temps et la capacité de le lire est un projet social.

Ce billet reprend le mot d’ouverture prononcé dans le cadre du marathon d’écriture « Wikipédia – 25 ans, fière et engagée », organisé à l’Université du Québec à Montréal le 26 mars, à l’occasion du Printemps de la recherche et de la création en collaboration avec Wikimédia Canada et l’Institut de recherches et d’études féministes. Cet événement, porté aussi par le collectif Les sans pagEs – Montréal, dans lequel je suis impliquée, visait à soutenir la création et l’amélioration d’articles consacrés à des femmes chercheuses, militantes, ainsi qu’à des personnes issues de communautés encore trop peu visibles en ligne.
-> À noter que le support de présentation utilisé lors de cette intervention est disponible à la fin du billet.
Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour ouvrir ce marathon d’écriture Wikipédia. Je me présente brièvement : je suis Marie D. Martel, professeure à l’EBSI, à l’Université de Montréal, et impliquée dans le groupe Les sans pagEs Montréal, un collectif engagé dans l’amélioration de la représentation des personnes s’identifiant comme femmes et marginalisées sur Wikipédia. Merci pour cette invitation, merci à Simon Côté-Lapointe, bibliothécaire à l’UQAM, pour la qualité de son engagement et de l’organisation.
Fondée en 2001, Wikipédia célèbre ses 25 ans cette année. En un quart de siècle, elle est devenue une infrastructure majeure du savoir, avec plus de 60 millions d’articles, dont plus de 2,5 millions en français, dans plus de 300 langues, et des centaines de millions de consultations chaque mois. Mais il faut insister sur un point fondamental : Wikipédia ne fait pas que diffuser le savoir, elle contribue aussi à définir ce qui est visible, reconnu et documenté. Une personne sans page Wikipédia est beaucoup moins visible, moins citée, moins reconnue ; à l’inverse, le simple fait d’y être présent contribue à sa reconnaissance dans l’espace public.
Lorsque l’on regarde les données, le constat est clair. Environ 19 % des biographies dans les projets Wikimédia concernent les personnes identifiées comme femmes, et à peine plus de 20 % sur Wikipédia en français. Les autres identités de genre restent presque invisibles, autour de 0,15 %. Du côté de Wikidata, la base de données qui structure ces contenus, on observe également des écarts : environ 24% de femmes pour le Canada, contre 33 % à l’échelle globale. Ce sont des chiffres qui ne traduisent pas seulement un manque : ils révèlent un déséquilibre structurel dans la manière dont le savoir est produit et rendu visible.
Ce déséquilibre s’explique en grande partie par la composition de la communauté contributrice. Les enquêtes de la Wikimedia Foundation montrent que celle-ci reste encore largement masculine, historiquement entre 80 et 90 % de personnes identifiées comme hommes y contribuent. Cela a des effets directs : moins d’articles sur les personnes identifiées comme femmes, certains sujets moins développés, et plus largement, il y a une reproduction des hiérarchies existantes dans les sources.
Quand on dit qu’il y a une « reproduction des hiérarchies existantes dans les sources », on veut dire que Wikipédia dépend fortement de sources déjà reconnues — comme les articles dans les médias, les articles et les ouvrages académiques ou les institutions. Or, ces sources ne sont pas neutres. Historiquement, elles ont davantage documenté : les hommes, les figures institutionnelles, les trajectoires dominantes Et beaucoup moins : les femmes, les personnes autochtones, les actrices communautaires ou certaines figures locales.
Or, Wikipédia s’appuie sur ces sources pour l’écritute des articles… et donc, ce faisant, elle reproduit les mêmes déséquilibres. Autrement dit, Wikipédia ne fait pas que refléter le monde, elle contribue aussi à perpétuer et structurer certaines inégalités dans la production et la circulation du savoir.
Dans le cas du Québec, la situation se complexifie encore. Les contributeurs de Wikipédia en français sont majoritairement européens, et notamment français. La présence canadienne y est relativement faible : on l’estime autour de 7 %, avec environ 300 personnes contributives actives canadiennes contre près de 4000 françaises. Mais on ne dispose pas de données précises permettant d’identifier la part de la contribution québécoise, ni celle des contributrices.
Cette absence de données est en soi révélatrice : elle rend difficile la mesure des inégalités tout en contribuant à invisibiliser des dynamiques territoriales, sociales et culturelles bien réelles.
À cela s’ajoute une reconnaissance moindre de certaines sources québécoises dans les protocoles d’évaluation, notamment lorsque le statut de médias comme Le Devoir ou La Presse comme sources nationales est questionné. Alors, les effets sont cumulatifs : invisibilisation des personnes identifiées comme femmes, invisibilisation des figures québécoises, et sous-documentation de nombreuses trajectoires locales. Nous sommes donc face, à tout le moins, à un double biais, à la fois de genre et géographique.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Les sans pagEs qui vise à combler le fossé des genres sur Wikipédia, notamment à travers des éditathons comme celui d’aujourd’hui, et aussi par la formation et l’accompagnement à l’écriture. Mais il ne s’agit pas seulement de produire des articles : il s’agit aussi de créer des communautés, de rendre la contribution plus accessible et de valoriser d’autres trajectoires et d’autres savoirs.

Il existe plusieurs autres initiatives : Art + féminisme, WikiGap, le projet Women in Red, le marathon d’aujourd’hui. Ce sont des initiatives très fortes, mais elles ont leurs limites : elles reposent largement sur le bénévolat, elles restent ponctuelles et elles ne transforment pas automatiquement les structures qui produisent les inégalités.
C’est ici qu’intervient la notion de féminisme des données. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des femmes dans les données, mais de transformer les conditions mêmes de production du savoir. Les travaux de Catherine D’Ignazio et Lauren Klein montrent que les données ne sont jamais neutres : elles sont produites dans des contextes sociaux et reflètent des rapports de pouvoir. Cela implique de se demander qui décide des critères, quelles sources sont reconnues, qu’est-ce qui rend visible — ou invisibilise — certains savoirs. L’enjeu n’est donc pas seulement de combler un manque, mais de transformer le système qui le produit.
Aujourd’hui, en participant à ce marathon, vous pouvez faire encore bien plus qu’écrire des articles. On peut aussi s’exercer à développer une conscience critique et envisager d’autres niveaux d’action dans une perspective de féminisme des données.
À un second niveau, nous chercherons, en outre, à analyser les biais et à rendre plus visibles les inégalités. Comment ? En mesurant les écarts, en identifiant les absences, en repérant les déséquilibres dans les contenus ou les catégories. Il s’agit également de montrer comment les systèmes de classification participent eux-mêmes à l’invisibilisation de certaines figures, afin de mieux comprendre ces mécanismes. C’est dans cette perspective que Simon Villeneuve et moi avons travaillé à quantifier le fossé des genres dans les ressources biographiques, en particulier canadiennes, en incluant notamment les projets Wikimédia.
Cette étape est cruciale, car elle permet de situer précisément les problèmes, d’en objectiver les manifestations afin de mieux les déjouer et d’orienter des pistes d’amélioration. Toutefois, elle ne suffit pas entièrement.
À un autre niveau, il devient nécessaire de chercher à transformer le système lui-même. Cela implique d’agir sur les sources, de questionner les critères de notoriété, d’accompagner activement de nouvelles contributrices, de mobiliser différents acteurs du réseau documentaire dans une forme convergence par rapport à ces enjeux, en plus d’améliorer la structuration des données afin de rendre certains contenus plus visibles. À titre d’exemple, j’ai créé il y a quelques années la catégorie « bibliothécaire québécoise », précisément pour mettre en évidence un angle mort dans la structuration des savoirs. Ce type d’intervention, à la fois modeste et stratégique, participe d’un travail plus large de reconfiguration des infrastructures informationnelles.
Et dans le contexte québécois, par exemple, cela peut vouloir dire constater le manque de biographies de personnes s’identifiant comme femmes ou issues des diversités sexuelles et de genre, mais aussi agir concrètement sur les sources : documenter ces figures dans des publications reconnues (articles scientifiques, presse nationale et régionale), soutenir la production de contenus éditoriaux (catalogues d’exposition, ouvrages collectifs), mobiliser des archives existantes souvent peu visibles, améliorer leur repérabilité (indexation, métadonnées, numérisation) et leur admissibilité selon les standards de Wikipédia. Cela implique également de traduire ou adapter certaines sources pour les rendre davantage mobilisables, de diversifier les corpus de référence en intégrant des savoirs situés ou communautaires, et de renforcer les liens entre institutions (bibliothèques, centres d’archives, milieux culturels) afin de consolider l’écosystème documentaire. Autrement dit, il s’agit d’intervenir à la fois sur la production, la reconnaissance, la structuration et la circulation des sources afin de rendre ces figures plus admissibles et visibles dans l’encyclopédie.
C’est ce que l’on entend lorsque l’on affirme qu’il ne s’agit pas seulement de combler des absences, mais de comprendre — et d’agir sur — les mécanismes qui les produisent. Le chemin est plus exigeant, mais il permet d’avoir un impact plus profond et ouvre la voie à une véritable forme de justice sociale.

L’exposition « Sur l’air de la liberté : Chansons de résistantes dans les prisons nazies » offre une relecture forte et poignante de l’engagement de la bibliothécaire et résistante Yvonne Oddon. Autour de 19 chansons documentées par cette dernière à son retour des prisons et camps nazis, cette exposition musicale et documentaire révèle comment les arts populaires et la création poétique ont pu devenir des armes de survie, d’espoir et de résistance. En donnant à entendre ces voix de femmes emprisonnées et déportées, l’exposition témoigne aussi d’une part oubliée d’une histoire culturelle et mémorielle.
Conçue, dans le cadre de la chaire de recherche du Canada en musique et politique, sous la direction de Marie-Hélène Benoit-Otis avec la collaboration de Cécile Quesney, l’exposition réunit les tapuscrits originaux des chansons, les partitions et les airs populaires sur lesquels elles ont été chantées. Le fonds provient de la Bibliothèque La Contemporaine, Nanterre (France).
L’exposition présente également des reconstitutions vocales a cappella ou accompagnées au piano que l’on a pu entendre lors d’un récital mémorable présenté lors du vernissage à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (Montréal, Québec). Offerte en formats physique et numérique depuis le 28 mars 2025 jusqu’au 2 mai, on peut la voir et l’entendre au Centre d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal (Pavillon 3744 rue Jean Brillant, 5e étage) ; elle est hébergée sur un site web dédié, enrichi de contenus analytiques et historiques.
La version itinérante est appelée à circuler dans plusieurs institutions au Québec et en France, prolongeant ainsi l’impact pédagogique et mémoriel du projet. Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche-création et qui a donné lieu à diverses publications scientifiques qui approfondissent le sujet des dynamiques de résistance à l’œuvre dans ces chants de détention.

Yvonne Oddon, la plus américaine des bibliothécaires françaises, occupe une place importante dans le livre « Bâtisseuses de la lecture publique », publié en 2024 aux Presses de l’ENSSIB, sous la direction d’Isabelle Antonutti. Cet ouvrage remarquable réhabilite la mémoire de soixante pionnières de la lecture publique en France. En s’appuyant sur des archives souvent fragmentaires, cet ouvrage met en lumière le rôle fondamental joué par les femmes dans la structuration de la profession, dans un univers historiquement façonné au masculin et où les figures des bibliothécaires sont longtemps restées invisibilisées. Préfacé par Arlette Farge, cette recherche fait émerger une véritable histoire sociale des travailleuses de bibliothèque, en exposant leurs réalisations, leurs luttes pour la reconnaissance, et leur apport dans l’évolution de la lecture publique. Un article et plusieurs entrées dans cet ouvrage sont consacrés à Yvonne Oddon.

Née en 1902, Yvonne Oddon suit une formation à l’American Library School à Paris, puis part en stage à l’université du Michigan, aux États-Unis, où elle s’étonne de constater la place centrale accordée aux bibliothèques dans la vie universitaire. De retour en France, elle contribue activement au développement des bibliothèques dans les régions dévastées, notamment par la mise en place du tout premier bibliobus à Soissons en 1933. En 1929, elle est recrutée comme bibliothécaire du musée d’ethnographie du Trocadéro, devenu musée de l’Homme en 1937, où elle introduit des standards innovants inspirés des pratiques américaines : libre accès, classement méthodique, réseaux d’échange de périodiques, et une photothèque documentaire.
Résistante dès 1940, elle cofonde le réseau du Musée de l’Homme avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky. Elle affirme, dans une archive sonore qui contient un extrait d’entretien diffusé sur France Culture en 1963, que son engagement est né d’une réaction instinctive face aux «fausses nouvelles», alors qu’elle effectuait, à titre de bibliothécaire, un travail de dépouillement de la presse. Il s’agissait donc, dès le départ, d’une posture résolument antipropagandiste, en réponse à la machine de désinformation nazie. Peu à peu, elle s’est engagée dans une résistance tous azimuts : fabrication de tracts, création du journal clandestin Résistance, contacts avec l’Angleterre pour « transmettre des renseignements nécessaires à la France libre », « transports de volontaires et d’évadés », « organisation de groupes de combat avec dépôts d’armes », etc. Suite à une dénonciation, elle arrêtée en 1941. Elle échappe à la peine de mort, mais elle est déportée et incarcérée dans plusieurs prisons et camps nazis, dont Ravensbrück et Mauthausen. C’est au cours de sa détention qu’elle compose avec ses compagnes de captivité ces chansons de résistance, rassemblées à son retour. Ce matériel constitue aujourd’hui un témoignage bouleversant de la vie culturelle au quotidien dans un contexte de violence extrême.
Après la guerre, elle reprend ses fonctions de bibliothécaire; elle participe activement à la création de l’ICOM (Internationa Council of Museums), collabore avec l’UNESCO, et réédite avec Charles-Henri Bach le Guide du bibliothécaire, devenu une référence. Elle poursuit des missions internationales en Afrique et en Haïti, où elle forme des professionnel.les de la documentation. Yvonne Oddon s’est éteinte en 1982, mais où on se souvient d’elle à la bibliothèque du Musée de l’Homme qui porte son nom.
L’exposition « Sur l’air de la liberté », devrait, à plus d’un titre, faire partie du circuit des bibliothèques et des centres d’archives, car elle appartient à l’histoire professionnelle de ces travailleuses de la mémoire et du savoir.
Nous avons besoin cette énergie de résistance que portait Yvonne Oddon, alors que nous nous abandonnons peut-être en ce moment à une forme de résignation feutrée, souvent maquillée en pragmatisme, qui banalise les reculs en matière de liberté, de justice et de mémoire collective. Le courage d’Oddon, sa créativité, et sa vision d’une bibliothèque comme lieu vivant, solidaire et émancipateur, résonnent avec une acuité particulière dans le monde actuel. Entre démarches individuelles et actions collectives, émerge aussi une injonction à maintenir vivant et bien audible l’ espoir pour des futurs alternatifs — un appel que le parcours de Oddon vient puissamment relayer en écho.
Ainsi, la plus américaine des bibliothécaires françaises serait sans doute en accord avec R. David Lankes, qui, face à la vague de censure et de persécutions visant les bibliothécaires aux États-Unis, répondait avec force : « Don’t look away. » Ne détournez pas le regard. C’est exactement ce qu’Yvonne Oddon a refusé de faire et qu’il faut entendre : résister, agir et documenter.
Dans ce texte percutant, publié le 26 mars dernier et que j’ai traduit ici, Lankes s’inquiète de la dérive autoritaire actuelle aux États-Unis, où les bibliothèques et institutions culturelles, loin d’être simplement fermées, sont en voie de devenir des instruments de propagande. Il évoque les attaques contre les agences fédérales, les bibliothèques universitaires, les chercheurs et les archivistes, ainsi que la montée inquiétante de la censure, des listes de mots interdits, et des persécutions de bibliothécaires accusés d’être trop « libéraux ». Face à l’inquiétude grandissante de la communauté internationale, il appelle à ne pas détourner le regard.
Plutôt que de se contenter de déclarations officielles ou de pressions diplomatiques, l’auteur exhorte les bibliothécaires à documenter activement cette nouvelle forme de « McCarthysme anti-woke » : archiver les documents censurés, recueillir les témoignages, créer des canaux de soutien, favoriser les discussions critiques et protéger la mémoire du moment. Il insiste aussi sur la nécessité d’agir à l’échelle locale, là où les bibliothèques restent profondément ancrées dans la confiance des communautés. En cultivant des espaces de dialogue, de solidarité et de résistance, les bibliothécaires peuvent, ici comme ailleurs, défendre la démocratie. Mais pour cela : don’t look away.

Yvonne Oddon faisait également partie de ces nombreuses femmes notables sans image sur Wikipédia. Pour remédier à cette absence visuelle, je me suis permis de dessiner un portrait inspiré d’un remix composite d’images disponibles (vidéo, photo… c’est toujours un défi particulier), afin de rendre hommage à sa mémoire et de contribuer à la visibilité de son engagement. Ce geste s’inscrit dans le cadre de l’initiative portée par Les sans pagEs qui lancent un appel aux illustrateurs et illustratrices pour créer des portraits de femmes dont les biographies sur Wikipédia n’ont pas d’image. Ce projet vise à réduire le biais de genre sur la plateforme en enrichissant les articles consacrés aux femmes, aux féminismes et d’autres sujets sous-représentés.
Je note, par ailleurs, que dans l’article consacré au journal Résistance sur Wikipédia, Yvonne Oddon n’est pas mentionnée parmi les créateurs de cette publication. J’en ai fait un sujet de discussion. Mais, selon le Musée de l’Homme, ce serait bien le cas; elle serait d’ailleurs à l’origine du nom du journal. C’est aussi ce qui est affirmée sur le site du Musée de la résistance en ligne.
Antonutti, Isabelle (dir.) (2024). Bâtisseuses de la lecture publique. Presses de l’ENSSIB.
Chapitre consacré à Yvonne Oddon, dans une étude collective sur les pionnières de la lecture publique en France.
https://books.openedition.org/pressesenssib/13279
Épisode SoundCloud – Se souvenir d’Yvonne Oddon
Témoignage audio retraçant le parcours et l’héritage de cette figure de la bibliothéconomie et de la Résistance.
https://soundcloud.com/contact-742433234/se-souvenir-dyvonne-oddon
Musée de l’Homme – Portrait d’Yvonne Oddon
Bibliothécaire du Musée de l’Homme et résistante, cofondatrice du réseau du Musée de l’Homme.
https://www.museedelhomme.fr/fr/yvonne-oddon-1902-1982
Musée de la Résistance en ligne – Biographie d’Yvonne Oddon
Notice complète illustrée retraçant les grandes étapes de sa vie, de sa formation à ses engagements résistants.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10456-Yvonne-Oddon
Wikipédia – Yvonne Oddon (voir aussi la section bibliographie)
Article biographique détaillé retraçant sa carrière bibliothéconomique et son engagement dans la Résistance.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvonne_Oddon
Sur le projet d’expositionBalado Sonorités – « Chansons de résistantes dans les prisons nazies »
Discussion avec Marie-Hélène Benoit-Otis, Cécile Quesney et Catherine Harrison-Boisvert sur les chansons notées par Yvonne Oddon, leur portée historique et musicale.
https://podcast.ausha.co/sonorites/chansons-de-resistantes-dans-les-prisons-nazies
Exposition « Sur l’air de la liberté : chansons de résistantes dans les prisons nazies » (2025).
Projet dirigé par Marie-Hélène Benoit-Otis avec la collaboration de Cécile Quesney. Reconstitution musicale de 19 chansons documentés par Yvonne Oddon. https://chansonsresistantes.crcmp.org/
UdeM Nouvelles – « Quand des détenues chantaient dans les prisons nazies » (2023)
Entrevue avec Marie-Hélène Benoit-Otis sur l’exposition « Sur l’air de la liberté » et le travail de mémoire autour des chansons notées par Yvonne Oddon.
https://nouvelles.umontreal.ca/article/2023/08/28/quand-des-detenues-chantaient-dans-les-prisons-nazies


Estonia is investigating whether Russia was behind a suspected arson attack at a Tallinn building used by Milrem Robotics, Prime Minister Kristen Michal said on 18 August.
Officials have not released evidence yet connecting Moscow to the fire.
The fire hit a site used by a defense contractor that makes unmanned ground vehicles, including THeMIS vehicles used in Ukraine. The Estonian investigation into the Milrem fire comes amid suspected or confirmed arson plots against other European factories supplying Ukraine.
Estonian prosecutors said the fire, which began overnight into 15 August, may have been deliberately set. A resident reported suspicious activity nearby. Investigators identified suspects and asked a court to detain them. No one was injured, and Milrem CEO Kuldar Väärsi told the Estonian outlet Postimees that it was too early to assess the damage.
The company executive said the site was not an office building but declined to identify its contents or what was damaged, including whether unmanned ground vehicles were inside. The company has not said whether production or deliveries were affected.

Milrem’s THeMIS vehicles have operated in Ukraine since 2022. By 2023, the company had delivered 15 of the vehicles to Ukrainian forces and border guards. A Dutch-funded order for more than 150 additional vehicles followed in 2025. A new Dutch production line began making them in June 2026 and handed over its first vehicles for Ukraine.
In March, a fire damaged a Czech facility belonging to LPP Holding, which had supplied hundreds of AI-guided drones to Ukraine. Czech authorities investigated possible terrorism and later detained a fourth suspect.
In January, Lithuania charged six people over an attempt to burn a factory supplying radio-wave scanners to Ukraine. Investigators said Russia-based organizers with GRU links coordinated the operation and connected the network to attempted attacks elsewhere in Europe.
Estonia has also uncovered Russian-directed attacks on its own territory. In 2024, Estonia’s security service detained 10 people over a Russian-coordinated operation that included damaging cars belonging to then-Interior Minister Lauri Läänemets and a journalist and defacing monuments. Officials said the operation sought to spread fear and tension. Journalists from The Insider, Re:Baltica, and Delfi reported how the GRU recruited Baltic residents for vandalism and arson.
In 2025, an Estonian court found that a Moldovan national working for the GRU burned a supermarket as a trial run before firebombing a Ukrainian restaurant in Tallinn. His cousin filmed the second attack.
Those cases explain why investigators are examining a possible Russian role in the Milrem fire, but they do not establish who caused it.


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Ukraine’s military intelligence (HUR) has named 10 people and two institutions it says are teaching Ukrainian children under occupation to handle weapons—and preparing them to serve Russia.
HUR says those named use youth groups, occupation education authorities, and schools to erase children’s Ukrainian identity and prepare them for Russian military service. Publishing their names supports Ukraine’s efforts to document the system and hold its organizers accountable, but HUR announced no charges or sanctions with the update.
At a May 2026 “Zarnitsa 2.0” competition, the Kremlin-backed Movement of the First taught children to handle weapons and explosives and operate drones, HUR said.
At the competition’s stage in occupied Zaporizhzhia Oblast, regional organizer Viktoria Kostromina stated those skills would provide children with a “reliable foundation in life.”
The training sits inside a much larger school system. From 1 September, occupation schools will add a separate basic military-training track alongside a new Russian ideology class and behavior grades. More than 582,000 children across nearly 2,000 schools study under the imposed Russian curriculum, according to the Almenda Center of Civil Education.
Russia is also embedding combat preparation more deeply. “Cossack classes” will make ideological and combat-related drills compulsory for fifth-graders in four occupied Donbas cities. In Crimea, occupation authorities say they have built a pipeline that selects schoolchildren for drone training and ultimately for the Russian military reserve.
The policy has a long horizon. Putin’s 2025 strategy set a 95% “Russian civic identity” target for occupied populations by 2036.
HUR linked the individuals to the Movement of the First, Yunarmia, occupation education bodies, and a school in Simferopol.
Whom the HUR identified
- Artur Orlov: chairman of the Kremlin-backed Movement of the First.
- Oleksii Lavrentiev, Marina Tsvetinskaya, Ruyal Aliyev, Ekaterina Kozyr, Viktoria Kostromina and Kateryna Popova: regional Movement of the First organizers in occupied Ukraine.
- Svitlana Bespalova: occupation deputy education minister in Crimea.
- Nikita Polyakov: Yunarmia organizer in occupied Kherson Oblast.
- Dmytro Pryvidion: director of School No. 5 in occupied Simferopol.
HUR also identified two institutions: Pryvidion’s School No. 5 and the Selet–Ak Bars youth center in Foros. It says the school holds militaristic activities and produces devices for loading rifle magazines, while the center stages pro-war events for children.
All 12 entries now appear in the “Child Kidnappers” section of HUR’s War&Sanctions database.
Ukraine has previously pursued individual organizers through criminal cases. In 2024, the SBU accused a Crimea occupation official of using schools and military camps to indoctrinate pupils and encourage enlistment in Russia’s forces.
Ukraine’s ombudsman later asked the ICC and Ukrainian law enforcement to recognize systematic child militarization as a crime against humanity.


Russia has threatened Britain with “consequences” over reports that Ukrainian forces used drones manufactured by UK companies to carry out strikes inside Russia.
The Russian Embassy in London accused the UK of deliberately escalating the war by supporting Ukraine’s long-range strike campaign, saying Britain was seeking to “contain Russia and inflict maximum damage on it by proxy.” It warned that the deeper Britain becomes involved, “the higher the price it will pay.”
The threat followed news that Ukrainian forces had used two British-built drone systems to strike targets inside Russia for the first time. The Sunday Times, citing Ukrainian military sources, reported that the drones had been used against targets including oil refineries in Volgograd and Yaroslavl over the past six months.
The Russian Embassy said in a statement that the reported use of British-made drones “confirms that London is deliberately opting for an escalation of the Ukraine crisis.”
It warned that British actions would “inevitably carry consequences for which it will have to answer,” without specifying what form those consequences could take.
The warning comes as Ukraine has significantly expanded its long-range strike campaign against Russian military and energy targets. Kyiv has increasingly used large drone swarms to hit targets deep inside Russia, seeking to disrupt military production, logistics, and energy revenues while forcing Moscow to spread its air defenses across a much larger area.
UK Prime Minister Andy Burnham rejected Moscow’s warning, saying Britain would continue supporting Ukraine despite Russian threats, The Independent reported on Tuesday.
“This is the UK doing what it has long said it would do, which is to support Ukraine 100 per cent against this illegal war led by Vladimir Putin,” Burnham said during a visit to Wolverhampton.
“We are providing support so that Ukraine can defend itself,” he said, adding: “We are not fair weather friends. We will be there in Ukraine’s hour of need, and that won’t change.”
UK Work and Pensions Minister Lilian Greenwood similarly said Britain’s resolve to support Ukraine remained “completely steadfast” and that the country would continue providing the military equipment Kyiv needs.
The UK Ministry of Defence also said Russia should have “no doubt” about the government's resolve to oppose Russian aggression in Ukraine and against Britain and its allies.

According to The Sunday Times, one of the British systems used by Ukraine is the Nyan, a jet-powered one-way attack drone produced by BAE Systems subsidiary Callen-Lenz, with a reported range of more than 150 miles.
The second system has a reported range exceeding 600 miles, although its manufacturer was not identified for security reasons. The drones provide Ukraine with additional long-range strike capacity that can be produced and deployed in larger numbers than more expensive Western cruise missiles.
The reported deployment marks a further expansion of UK military support for Ukraine as Kyiv increasingly takes the fight to Russian military and energy infrastructure inside Russia.


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Romania detected more than 100 drones involved in seven attacks on Ukraine’s Danube ports in recent days, interim Romanian Defense Minister Radu Miruță told Romanian channel Digi24 on 17 August 2026. He said the attacks were the most intense recorded recently and that Ukrainian forces destroyed most of the drones “a few dozen meters from Romanian airspace.”
Russia’s growing attacks on Ukraine’s Danube ports put a key export route at risk as Kyiv seeks other outlets while its Black Sea ports are under attack. They also put Ukraine's southern border region under pressure as Kyiv develops trade links with Moldova and Romania, and NATO routes more military aid through Romania.
The latest drone swarms remained over Ukraine, and officials found no indication that Romania’s threat level had risen, Miruță stated. The Romanian military nevertheless remained on alert as attacks intensified across the Danube.
With Russia hitting its ports, Ukraine is turning to Romania and Moldova to keep trade moving. Kyiv and Chișinău are discussing a rail link through Moldova to Romania’s Constanța port, though Ukraine estimates it could carry only about 10% of its grain exports.
The rail proposal comes as Russian port strikes have cut monthly agricultural exports by 20–30% and left up to 10 million tons of grain in storage without buyers, Agriculture Minister Taras Vysotskyi has said.
NATO said in December that a second aid hub in Romania would begin operating in January. It was designed to supplement the main center in Rzeszów, Poland, and route supplies toward Ukraine’s southern and eastern fronts.
Russian drones targeting Ukraine have repeatedly entered Romania as Moscow attacks Ukrainian ports across the Danube. More than 40 such incursions had been recorded by early June, Romanian Foreign Minister Oana Țoiu said.
The most serious occurred on 29 May, when a drone hit an apartment building in Galați. Two people were injured, and about 70 residents fled or were evacuated.
Vladimir Putin suggested that the aircraft might have been Ukrainian, but Romania’s forensic investigation later identified it as a Russian-built Geran-2.
Romanian forces later shot down three drones in 72 hours in July, while Miruță said Spanish pilots and Romanian troops destroyed a fourth on 16 August.
Debris from drones intercepted over Ukraine has also washed onto Romania’s coast, prompting temporary access restrictions while specialists checked for explosives.
Bucharest is buying low-altitude radars and ground interceptors through the EU’s SAFE program. Miruță said drones often fly at 70 to 150 meters, and ground systems would be cheaper to use than fighter-launched missiles.


© Marta Fiorin/Reuters


© Associated Press


© Oksana Parafeniuk for The New York Times


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India, the world’s biggest edible-oil importer, bought a 10-month high of about 1.5 million tons of vegetable oil in July, up roughly a third from June, as refiners restocked for the August-to-November festival season.
The jump was led by palm oil, up by half, and soybean oil, up about a third, data compiled by UkrAgroConsult. Sunflower oil rose just 4%, the weakest of the three, and India buys most of it from Ukraine and Russia, the world’s leading exporters.
Vegetable oil and meal earn more than 15% of Ukraine’s foreign currency.
Now the sunflower supply is the one going into reverse. India’s sunflower-oil imports are set to fall in August to their lowest since February, with about 150,000 tons of cargo delayed at Black Sea ports and buyers in the south switching to soybean, four traders told Reuters.
The switch is only partly about the war. Soybean and palm oil are cheap, and India’s own mills are pressing less oil from a smaller domestic harvest, leaving refiners leaning on imports, Rajesh Patel told OFI. The GGN Research partner expects soybean oil imports to top 500,000 tons a month into the autumn.

Ukraine is in no position to capture that demand. Russian strikes on Chornomorsk in mid-July forced Kernel, its largest exporter, to halt its terminals there, and the country’s farmers’ union reckons the summer attacks have cost a third of its capacity to ship grain by sea.
Vegetable oil and meal earn more than 15% of Ukraine’s foreign currency, among its largest sources of the hard cash that funds the war, the industry association Ukroliyaprom has said.
The squeeze runs through geography Ukraine cannot change: almost all its farm exports leave by sea, through a handful of Odesa ports now under regular fire, with no land route at anything near the scale.
Kyiv now expects to export barely half the harvest it had planned to sell abroad this season, and is arranging emergency loans so farmers can plant the next crop. Since the start of August, grain leaving by rail has dropped by more than three-quarters year-on-year, according to Ukrzaliznytsia data.


Latvia's public broadcaster opened a new fundraising drive on 17 August to pay for the rehabilitation of wounded Ukrainian soldiers, LSM reported. The effort is timed to Ukraine's Independence Day on 24 August. Donations run through the charity Ziedot.lv.
Russia's invasion has produced a generation of wounded and traumatized Ukrainians whose recovery will outlast the war. The state already counts more than a million registered veterans, a number that climbs every month.
The drive, called "Together with Ukraine in Thought and Deed!", runs from 17 August to 13 September 2026. Latvian Public Media (LSM) organized it with Ziedot.lv and the Ukrainian Embassy in Latvia. It is dedicated to rehabilitation. Organizers said every euro goes to that goal. Latvians can give online through Ziedot.lv, or by calling a national donation line charged at €5 including VAT.
The campaign's ambassador is Odita Krenberga, an LSM journalist who has reported from the Ukrainian front line. She said only seconds separated her from death or serious injury, and that many others never got that chance. Russia has taken hundreds of thousands of lives and wounded even more, she said, calling it a painful injustice. Ukrainians, she added, are fighting "for the security of us all, for a safe Europe."
Rūta Dimanta, who heads Ziedot.lv, said "the wounds of war take a long time to heal." They are not only physical, she said, but also the pain of loss, helplessness, and injustice. Soldiers must live with the deaths of comrades and the pain in their souls. The money cannot erase that, but it can fund recovery in Ukraine and Latvia, allowing them to carry on with their lives.
Since the war began, LSM and Ziedot.lv have raised more than €2 million across earlier appeals. The two partners have already sent Ukraine a locally built naval drone, and Latvia has funneled millions to front-line oblasts on the Russian border. Latvia has also pledged 0.25% of its GDP a year to Ukraine's defense—a bigger share than most larger allies give.


Ukraine brought the world's most battle-tested counter-drone experience to a NATO exercise. From 3 to 14 August, Ukraine took part in NATO's Baltic Trust 2026 exercise in Latvia, which focused on countering drones and other threats posed by uncrewed aerial systems, the General Staff reported.
The exercise responds to a mounting Russian threat against NATO's Baltic flank. Russia has probed the alliance's eastern edge so aggressively that NATO scrambled over the Baltic, jumping more than 250% in July.
Also, Moscow has increasingly launched drones on the Baltic States. Even on 14 August, the final day of the drill, a NATO fighter shot down a drone over Latvia after Russian electronic warfare pushed it off course, the second Baltic drone incursion that week. Baltic Trust 2026 was NATO's answer: about 650 participants from 24 countries building the counter-drone defenses that the threat demands.
Baltic Trust focused on integration, not single technologies. Soldiers, specialists, and industry representatives jointly tested new technological solutions in conditions close to a modern operational environment, the General Staff said.
The core was whether the pieces work as one system. Participants checked how detection tools, command-and-control systems, and counter-drone measures can exchange data, form a common operational picture, and enable coordinated response.
Ukraine's participation carries particular weight in this field. No NATO member has faced the scale of drone attack Ukraine confronts nightly, and its forces have built and continually adapt the detection, interception, and electronic-warfare methods that down Russian drones by the tens of thousands.
That makes Ukraine a source of hard-won practical knowledge for allies still preparing for threats Ukraine already lives with. Bringing Ukrainian experience into a NATO drill turns the country's battlefield lessons into shared allied capability, on exactly the drone warfare the alliance is scrambling to counter on its eastern flank.
Baltic Trust served NATO's broader readiness. Jointly testing and integrating such solutions helps turn technological innovation into practical capabilities that strengthen readiness and collective defense.
Previously, Russia's Foreign Intelligence Service Head Sergey Naryshkin accused NATO of escalating military activity near Russia’s borders. He warned that Poland and the Baltic states would be the first to suffer in the event of a war between Moscow and the Alliance.


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Ukraine has approved a drone built to reach the deepest parts of Russia. Ukraine's Defense Ministry has codified the domestic Dovbush T40 uncrewed aviation complex, a strategic-level drone for deep reconnaissance and precision strikes on distant Russian targets, the ministry announced.
The drone extends the reach of Ukraine's homegrown deep-strike arsenal to Siberia. With a wingspan of nearly 5 meters, the Dovbush T40 has enough range to hit targets beyond the Urals and in Russian Siberia.
The Dovbush T40 is a multi-role strategic aircraft. It is designed for deep reconnaissance, fire correction, and precision strikes on structures, equipment, and enemy personnel far from the line of contact.
Its endurance is the enabler. More than a day aloft gives it the range to reach targets, letting Ukraine threaten the deep-rear sites, from factories to airfields, that Russia has kept far from the front for safety.
The drone offers several edges, the ministry said. It has ultra-low radar visibility, a high-performance engine with electronic fuel injection, and a choice of strike methods, either as a kamikaze drone or by dropping a munition.
It is built to work under jamming. The Dovbush T40 stands out for high resistance to electronic warfare, according to the Defense Ministry, the recurring requirement for any Ukrainian drone meant to fly deep into a contested electromagnetic environment.
The drone comes from a maker with a track record. It was built by a Ukrainian enterprise whose Dovbush T20 and Kotyhoroshko drones have operated on the battlefield since 2022 with some of the highest effectiveness ratings.
The T40 is an evolution of a proven system. The medium-range Dovbush T20, used for reconnaissance, real-time artillery correction, and pinpoint strikes, evolved through battlefield feedback into the longer-range, more powerful T40. It joins a fast-growing domestic fleet: since the start of 2026, Ukraine's Defense Ministry has codified 413 uncrewed systems, almost all of which are Ukrainian-made.


Slovak company STV Machinery has produced the first two prototype hulls for the BMP-1 infantry fighting vehicle after a 36-year break in production. The plant in Dubnica nad Váhom began developing an updated design in 2024, and a contract with an unnamed foreign customer was signed in late 2025, with serial production scheduled for 2026 to 2027.
The Slovak outlet Future Army reported this on 15 August, citing STV Group's director of special projects, Pavel Beran. He said one prototype is being used to test final assembly and the integration of weapons systems, while the second is undergoing physical and stress testing. The company will not disclose the customer's identity, citing security and business-ethics considerations.
Ukraine has a substantial need for armoured vehicles. Its forces already use and modernise the BMP-1, and cooperation with Western manufacturers could help replenish the fleet faster. In 2024, for example, Ukraine and Germany's Rheinmetall agreed to produce the Lynx IFV and to expand defence cooperation.

According to Militarnyi, the new hulls remain outwardly similar to the Soviet BMP-1 design but have been reworked to more modern requirements. STV Machinery revised the design to meet NATO standards for ergonomics and materials, and strengthened the armour using more modern materials.
Future vehicles will offer a choice of powerplant, with Western-made engines among the options. STV Machinery, the Slovak firm, will produce the hulls and other components, after which its Czech sister company STV Group will carry out full assembly and testing.
The exact size of the order is not yet known, though earlier reports suggested production could eventually reach up to 100 hulls a year.
The company has not named the customer. Defense Express suggested as early as December 2025 that it could be Ukraine. One scenario the outlet floated was the supply of hulls or turretless vehicles, which would allow other combat modules to be fitted.

The Dubnica nad Váhom plant previously built licensed versions of the BMP-1, known locally as the BVP-1. Serial production there ran until 1989, after which the plant went more than three decades without making new hulls for the vehicle. The site is the same, but the manufacturer is not: the original vehicles came off the ZŤS Dubnica nad Váhom line in the Czechoslovak era, while today's hulls are made by STV Machinery.
At the same time, the BMP-1 remains a vehicle of the 1960s. Even a modernised hull does not change the platform's fundamental limitations, particularly its level of protection. So if Ukraine really is behind the order, it is likely more a way to rapidly increase the number of armoured vehicles than a long-term replacement for modern Western IFVs, Defense Express noted in 2025.
Also Defense Express stressed that the customer's identity remains only speculation, adding that the buyer could turn out to be another country that operates or once operated the BMP-1, and that firmer detail will have to wait for the company.


Russia has built or expanded at least 10 drone bases along its borders with Ukraine and Belarus, creating launch capacity for newer jet-powered attack drones, the most powerful of which could reach Warsaw, The Telegraph reported on 16 August 2026.
The network expands Russia’s capacity for mass drone attacks on Ukraine, while some sites could later threaten NATO. The findings come as Russia is also expanding bases and other military infrastructure along NATO’s northern and Baltic borders. The Telegraph found no evidence that Moscow is planning such an attack.
Seven of the 10 sites were used during recent bombardments of Kyiv, tracking data cited by The Telegraph showed. Using leaked documents, satellite imagery, and DroneSec's analysis, the newspaper identified at least 59 launch rails—tracks that launch fixed-wing drones without runways.
Around 20 appeared long enough for Russia’s latest long-range models, while one base could reportedly store over 1,000 drones.
Leaked Ukrainian documents cited by The Telegraph say the jet-powered Geran-4 and Geran-5 can carry 90-kilogram warheads. However, Ukrainian military intelligence puts the Geran-4’s range at up to 450 kilometers, while the larger Geran-5 has a stated range of up to 1,000 kilometers — enough to reach Warsaw from several of the new sites.
DroneSec founder Mike Monnik said expanded launch capacity and harder-to-intercept technology together increase pressure on Ukrainian air defenses.
Russia is also expanding military infrastructure elsewhere along NATO’s borders. A Nordic-Baltic investigation identified new or expanded infrastructure from Norway to Kaliningrad, with potential capacity for up to 115,000 personnel.
Satellite imagery showed new barracks, ammunition warehouses, and expanded bases near NATO’s northern and Baltic members.
The Institute for the Study of War, a US-based think tank, assessed that the construction likely supports future Russian operations against NATO rather than an imminent attack. Most Russian combat power remains committed to Ukraine, it said.
Russia has already built comparable hubs for attacks on Ukraine. Satellite imagery analyzed by the open-source intelligence group Strategic Aviation of Russia showed 10 additional launchers under construction at Tsymbulova in Oryol Oblast, following the start of work on 22 April 2026.
At occupied Donetsk Airport, the group identified enlarged launch pads, roads to a Geran and Gerbera drone warehouse, and the apparent construction of another storage building.
Ukraine’s Security Service (SBU) said it struck Shahed storage and launch sites at Primorsko-Akhtarsk on 2 August 2025. Ukraine’s Unmanned Systems Forces commander Robert "Madyar" Brovdi reported hitting drone logistics, warhead-storage, and preparation facilities at Donetsk Airport on 30 December 2025.


486 Africans recruited into Russia’s armed forces are dead, while Ukraine is holding 35 citizens from 17 African countries as prisoners of war, Ukraine’s Ministry of Foreign Affairs (MFA) told Ukrainian public broadcaster Suspilne in findings published on 16 August 2026. Its overall tally rose only slightly from May, climbing from 2,965 recruits from 36 countries to at least 2,982 from 37.
Russia’s recruitment in Africa is part of a broader effort to enlist foreigners for its war. A joint human-rights investigation found that Russia had recruited at least 27,000 people from more than 130 countries since 2022. The system helps Moscow replenish its forces while shifting battlefield risk onto foreigners, many of whom are drawn in by financial pressure, deception, or coercion.
The largest groups of recruits came from Kenya, Egypt, Cameroon, Ghana, Nigeria, Uganda, Algeria, and Mali, the ministry told Suspilne.
Russian security services use a “broad arsenal of manipulative methods,” the Ukrainian MFA said. Recruiters promise civilian jobs, education, high salaries, Russian citizenship, or migration benefits. In many cases, foreigners must sign Russian-language military contracts under threat of deportation or imprisonment.
The FIDH–Truth Hounds–KIBHR report found recruiters using social media and intermediaries to advertise civilian jobs. Of 16 foreign POWs interviewed, 13 said they had been promised they would not fight. Most reached combat positions within weeks.
Kenyan engineer Francis told journalist Dmytro Karpenko, who interviews prisoners captured while fighting for Russia, that he thought he had accepted a security job. In Russia, he received a military uniform instead. After two weeks of training, he reached the front and was captured.
Nigerian recruits Hamzat Kazeen Kolawole and Mbah Stephen Udoka died in an assault after receiving little or no training, Ukrainian military intelligence said. Botswana reported “heartbreaking calls” from its citizens describing “perilous conditions” at the front.
Ukraine’s diplomatic missions regularly inform African officials about the recruitment of their citizens and run awareness campaigns, according to the ministry.
The MFA and Ukraine’s POW Coordination Headquarters also launched Stop Russian Recruiters, a website that explains recruitment methods, shares victims’ accounts, advises people at risk and their families, and accepts reports about recruiters.


Russia's most-used mapping service has digitally hidden a military missile site near Finland by copying a fake forest over it on satellite imagery, Finnish public broadcaster Yle reported. Western map services still show the same position, and a Finnish military analyst called the concealment careless and self-defeating. The clumsy edit points to Moscow's growing fear of Ukrainian drones.
The concealed site sits beside the Kronstadt naval base, on Kotlin Island off St. Petersburg in the Gulf of Finland. Editing software copied trees from another image and laid them over the missile position. Until now, Russia mostly blurred sensitive locations rather than deleting them, but this edit tries to hide the target's existence outright. The same battery still appears on Google, Apple, and Microsoft satellite maps. In the covered zone, Russia has previously kept Bastion anti-ship missiles and their radar and reconnaissance systems.

Marko Eklund, a military expert and former Finnish intelligence officer, called the secrecy pointless. Western and Ukrainian analysts read their own satellite images, not Yandex, so the edit protects nothing in practice. He believes an administrative order drove it, and that the work was done sloppily. Anyone who knows what to look for can spot the seams and repeating patterns.
Russia's map cover-ups have tracked Ukraine's deep strikes. A Moscow court ordered Yandex to mask an oil refinery in Ryazan in 2024 after repeated Ukrainian strikes, and a Nordic-Baltic investigation later counted 119 blurred sites near Russia's northwestern border. Blurring shows up at once, while cloned forest hides the tampering itself.
Kronstadt gives Russia one of its main Baltic Fleet bases, and Ukraine's drones have already reached it. In early June, they set a Russian missile corvette ablaze in dry dock there.


Two adults allegedly attacked a 14-year-old Ukrainian girl and her 12-year-old brother after hearing them speak Ukrainian, Ukraine’s Consulate General in Gdańsk said. The attack occurred on 14 August 2026 in a park near a railway station in Bydgoszcz, north-central Poland.
The case comes amid a documented rise in anti-Ukrainian violence in Poland, with recent attacks reported throughout the country. Recent incidents include attacks on Ukrainians in Poznań and Wrocław, as well as on people mistaken for Ukrainians or defending them. Police data obtained by the Polish newspaper Rzeczpospolita showed 180 hate-crime reports involving Ukrainian citizens in the first half of 2026, over 30% more than a year earlier.
The pair, a man and woman with a small dog, shouted obscenities and made nationality-based threats, the consulate said.
“They twisted a child’s arm, broke a toy drone, and threw fragments at the boy,” the Ukrainian consulate said, adding that the fragments scratched him.
The consulate said a complaint had been filed, police were searching for the pair, and the children were physically safe but severely stressed. It urged witnesses to contact the police. Polish police had not commented by the time of publication.
The attack on the children came amid a string of assaults on Ukrainians across Polish cities.
Shortly after midnight on 13 August 2026, an intoxicated woman insulted two Ukrainian men, spat at one, and struck one of them outside a restaurant in Poznań, according to Polish media. Police detained her and another woman the following day.
In July, three men allegedly beat a young Ukrainian couple in Wrocław after first asking whether they were Ukrainian. Police detained two suspects and continued searching for the third.
That month, a man in Łódź attacked a passerby he supposedly mistook for a Ukrainian, breaking his nose and jaw. Three men also reportedly beat a 60-year-old Pole who intervened when they harassed a Ukrainian teenager on a Poznań tram.
The attacks coincide with a broader decline in Polish-Ukrainian relations. Polish support for accepting Ukrainian refugees fell from 94% in March 2022 to 48% by early 2026, while politicians increasingly use Ukraine as a wedge issue.
Much of the fallout stems from disputes over the Volhynia massacres—the 1943–44 mass killings of Polish civilians by the Ukrainian Insurgent Army (UPA) and Polish retaliatory violence against Ukrainian civilians.
The dispute escalated after President Volodymyr Zelenskyy signed a 26 May decree granting a Ukrainian special forces unit the honorary title “Heroes of the UPA.” Polish President Karol Nawrocki responded on 19 June by stripping Zelenskyy of the Order of the White Eagle, Poland's highest state honor.




Ukrainian forces have used British drones to attack targets inside Russia for the first time, adding two UK-built systems to Kyiv’s arsenal, The Sunday Times reported on 15 August, citing Ukrainian military sources. The newspaper explicitly identified oil refineries in Volgograd and Yaroslavl among the targets struck during the previous six months.
Ukraine still relies mainly on domestically produced drones. But the British systems give Kyiv cheaper weapons that can be replenished and launched in volume. They help sustain Kyiv's attacks on Russian oil, logistics, and military targets without running down limited stocks of Western long-range missiles.
The Sunday Times called this a new phase in UK–Ukraine military cooperation. A senior British defense source said the deployments showed London was “not nervous anymore” about Russian pressure.
Britain has supplied Ukraine with two systems with very different ranges. The Nyan, a jet-powered one-way attack drone made by BAE Systems subsidiary Callen-Lenz, can travel more than 150 miles. The second is catapult-launched and has a range above 600 miles; The Sunday Times withheld its manufacturer’s name on security grounds.
Long-range drones typically cost £50,000 to £100,000, compared with more than £750,000 to replace a Storm Shadow missile, the newspaper said. They can also be stockpiled and launched in swarms, helping Ukraine strain Russian air defenses without exhausting finite missile stocks.
The drones extend wider British support. In June, the UK announced funding for 150,000 Ukrainian-produced drones by the end of 2026. Ukrainian forces have also deployed British Rapid Ranger systems against Russian Shaheds and used UK-supplied Storm Shadows inside Russia, protecting Ukraine at home while widening its options across the border.
Across Ukraine’s overall campaign, The Sunday Times reported almost 700 successful deep strikes between January and June. They reached 52 Russian regions and caused more than £35 billion (about $47.3 billion) in economic damage.
A senior Ukrainian military source said the British systems were proving successful. “When we launch them, we always say Slava Ukraini and God save the King,” the source told The Sunday Times.
Former UK Air Marshal Greg Bagwell predicted Moscow would “sabre rattle” and potentially declare British factories legitimate targets. Other defense sources warned of intensified cyberattacks or espionage against the UK.
The Russian leader’s first visit to the disputed Kuril islands has exposed how far ties between Moscow and Tokyo have deteriorated, and why Japan has grown increasingly assertive in expanding its military capabilities. Namita Singh writes
© Sputnik




© Ian Willms for The New York Times


© Atul Loke for The New York Times


© Seth Mydans/The New York Times


Ukraine condemns Russia for jailing people on fabricated terrorism charges. Yet, its own security services keep sending Kremlin opponents back to Moscow, human rights defender Borys Zakharov said in an interview with Ukrainian outlet Texty.org.ua.
The handovers are not a relic of a friendlier past. They slowed after Russia's full-scale invasion in 2022, then resumed; the transfers now run through third countries, Zakharov says, and at least one has ridden the prisoner swaps that bring Ukraine's captured soldiers home. Ukraine is returning the exact people who bet their lives on it; at the moment, it presents itself to the world as the rule-of-law side of this war.
Zakharov directs the charitable foundation Human and Law, which defends people fleeing authoritarian states. Russia prosecutes captured Ukrainians on invented terrorism charges, and Kyiv rightly calls it a sham. But when Chechens, Ingush, and other North Caucasians ask Ukraine for protection, officials sometimes brand them criminals and send them back—men who often fled two brutal Chechen wars and the crackdowns after them, and some of whom later fought Russia in volunteer units.
"We say: yes, they are criminals. We hand them over to Russia to die," Zakharov said.
International law forbids this. The principle of non-refoulement bars any state from returning a person to a country where they face death, persecution, or torture. Zakharov says Ukraine's migration authorities often skip that risk assessment entirely.
Take Timur Tumgoev, an Ingush volunteer fighter whom Ukraine extradited in September 2018. A Russian court sentenced him to 18 years on terrorism charges, his defenders call fabricated. Zakharov says he was tortured so badly that he can barely move.

Others escaped by luck. Ukraine nearly removed Zelimkhan Belkharoev, a wrestler, in 2016 despite an emergency order from the European Court of Human Rights, Zakharov says; a deputy justice minister intervened in time. Adam Osmayev, a Chechen battalion commander whose wife Amina Okueva was killed in a 2017 assassination attempt, was saved the same way years earlier.
The war did not end the handovers—it rerouted them. Direct extraditions paused; the transfers now run through Belarus, Moldova, and Turkiye, Zakharov says.
Zakharov says Zaur Shogentsukov, a Kabardian who crossed from Belarus to join Ukraine's forces, allegedly failed a polygraph test with the Security Service of Ukraine (SBU) and was pushed back into Belarus under a readmission deal. His tortured body later came back to his family in Nalchik, he says.
Alexey Gerasimov, a student from Russia's Chuvash region who reportedly backed his homeland's independence, slipped into Ukraine in 2024 to join the Sibir Battalion, a unit of Russian volunteers. He ended up in one of the large prisoner exchanges that followed the May 2025 Istanbul talks, and Ukraine delivered him to Russia, where he now faces terrorism charges—the independent Russian outlet Verstka reported in an investigation carried by Novaya Gazeta Europe.
The most recent case is still unfolding. Aslan Khakimov, a Russian engineer who fled the Federal Security Service (FSB) in 2015 and spent years building robots for Ukraine's army, has sat in a migration facility since April 2026, accused of financing terrorism and facing deportation.
The most recent case is still unfolding. Aslan Khakimov, a Russian engineer who fled the Federal Security Service (FSB) in 2015 and spent years building ground robotic systems for Ukraine's army, entered on forged documents and lived for a decade under a false identity, Ruslan Puptaiev—the illegal stay Ukraine's migration service cites for the deportation order it issued in April 2026. Russia has separately convicted him in absentia of terrorism, a charge his defenders call fabricated. His supporters argue that returning him would be a death sentence.
Ukraine's services frame these as wartime security decisions, and infiltration is a genuine risk. But non-refoulement admits no wartime exception: even a proven spy is not a country's to send to his death.
Zakharov offers a blunter explanation for at least some cases: money. In the Tumgoev handover, he says, the man's family was quietly invited to outbid Moscow—to top the sum Russian handlers allegedly pay SBU officers for each person delivered.
"Totalitarian regimes spare no money persecuting their opponents," he said.
Ukraine's security service has not confirmed his account, and the allegation rests solely on his testimony.
Russia, for its part, has already shown its games in these exchanges, at times swapping in people with no link to the war. As Kyiv negotiates ever-larger exchanges to free its own soldiers, the same machinery can carry the Russians and Caucasians who fought for Ukraine the other way — a propaganda gift to Moscow and a warning to the next would-be defector that Ukraine's protection may not hold. For a state that anchors its whole cause in the rule of law, that is a debt that keeps compounding.


© Marylise Vigneau for The New York Times