Vue lecture

Washington a finalement imposé ses droits de douane de 50%, Ottawa va riposter

Le gouvernement américain applique depuis samedi des tarifs douaniers de 50% sur de nombreux produits canadiens:

  • les produits laitiers
  • les alcools 
  • des matériaux de construction
  • d’autres produits très variés, dont des appareils électroniques, des meubles et des bâtons de hockey

Ces tarifs affecteraient 5% des exportations canadiennes aux États-Unis.

  • La proportion est de 9% pour les exportations venant du Québec.

Le gouvernement canadien a l’intention d’imposer le 8 septembre des droits de douane d’un montant total équivalent, «au dollar près», sur les exportations américaines vers le Canada.

Ces contre-tarifs viseraient notamment les produits laitiers, l’acier et les appareils électroniques. 

[L'article Washington a finalement imposé ses droits de douane de 50%, Ottawa va riposter a d'abord été publié dans InfoBref.]

  •  

Le Festival interculturel s’entame à Rimouski

Le Festival interculturel de Rimouski se tient cette fin de semaine, du 21 au 23 août, à la place des Anciens-Combattants. La population est invitée à célébrer la richesse des cultures dans un cadre festif, inclusif et rassembleur.

La programmation gratuite comprend des spectacles de divers horizons culturels, des animations familiales et kiosques culturels permettront à toutes et tous de vivre une expérience immersive, accessible et conviviale.

« Le Festival interculturel de Rimouski est un moment privilégié pour célébrer la diversité qui nous rassemble. C’est une occasion de découvrir, mais surtout de rencontrer l’autre et de tisser des liens, et l’édition de 2026 promet d’être flamboyante! », souligne Sarah Toulouse, directrice générale d’Accueil et Intégration BSL.

Cette diversité se reflète notamment à travers des découvertes musicales telles que Rei, un artiste originaire de Nouvelle-Zélande dont l’univers s’inspire de la culture māorie, offrant une expérience artistique à la fois unique et immersive. 

De son côté, NAXX BITOTA fera résonner les rythmes du Congo, tandis que Sonido Pesao entraînera le public avec ses sonorités latino-américaines festives et dansantes.

Les festivaliers pourront également se laisser emporter par Dumai Dunai, un collectif aux influences ukrainiennes et bulgares qui mêle dub-punk et fanfares balkaniques, découvrir Less Toches, dont les racines colombiennes, mexicaines, cubaines et argentines donnent vie à une cumbia festive et rassembleuse, ou encore plonger dans l’univers d’Astral Coyote, un duo mexico-québécois qui fusionne cumbia et musique électronique dans une ambiance psychédélique et envoûtante.

La programmation met également en valeur des artistes bas-laurentiens, dont Pascal Demalsy et l’Orchestre de l’Antarctique, et le rendez-vous tricot des Matantes à bouche, un moment chaleureux autour du chant a cappella. Kasàlà Poutine présentera une performance inspirée de la tradition poétique africaine favorisant le partage entre parole, culture et création.

Une attention aux familles

Une attention particulière est accordée aux familles et au jeune public, avec Zak, le dompteur de défis, un spectacle ludique et participatif, ainsi que Eadsé, Révélation Radio-Canada 2025-2026, dont la pop teintée de soul, inspirée de ses racines wendates, s’adresse à un large public.

Tout au long de la fin de semaine, une série d’activités participatives viendra enrichir l’expérience, notamment un atelier de danse haka, une initiation à la danse salsa colombienne, un atelier de danse et de percussions congolaises, ainsi qu’un atelier polyglotte, invitant le public à des découvertes culturelles accessibles.

Côté gourmand, un marché d’artisanat et de cuisine du monde proposera une variété de saveurs et de découvertes, contribuant à faire du Festival un véritable lieu de rencontre et de partage pour toute la communauté.

La programmation complète est disponible en ligne : aibsl.org/fir

  •  

Véronique Bilodeau en spectacle à La Trinité-des-Monts

La chanteuse rimouskoise Véronique Bilodeau sera en spectacle ce samedi 22 août à 20 h, au gymnase de l’édifice municipal de la Trinité-des-Monts, dans le cadre d’un programme visant à faire découvrir des artistes émergents aux 15-29 ans.

L’agent de vitalisation pour les municipalités de La Trinité-des-Monts et d’Esprit-Saint, Stéphane Proulx, se réjouit de pouvoir offrir ce spectacle gratuitement aux jeunes de 15 à 29 ans et à seulement 10$ pour les 30 ans et plus.

« Nous avons le droit à cette chance parce que nous avons postulé au programme Stratégie jeunesse pour faire découvrir des artistes émergents aux 15-29 ans. Ce sera un spectacle en duo. Nous aurons la participation de Métronomie pour la sonorisation », explique monsieur Proulx.

À noter qu’il n’y aura pas de vente d’alcool pendant le spectacle, parce que le public cible est en partie mineur.

Ode aux nuits d’adolescence

À la croisée de la dream pop et des années 1990, Nos étés rebelles, le plus récent album de Véronique, raconte la fin d’une relation de sept ans… mais surtout son émancipation.

Ce nouvel album, c’est une ode aux nuits d’adolescence, aux élans de liberté, aux refrains puissants qui imprègnent nos aventures et nos grandes décisions.

Influencée autant par Alanis Morissette et Fleetwood Mac que par Clara Luciani, l’autrice-compositrice présente un univers pop éclaté, qui flirte entre vulnérabilité et puissance.

Un album qui célèbre l’été, l’indépendance… et les amours qui s’y invitent – même ceux qu’on choisit de laisser derrière.

  •  

Russian strikes on Odesa ports push Ukrainian farms toward bankruptcy, Bloomberg reports

A damaged cargo ship burns at sea as thick black smoke rises from its stern and water sprays across the vessel.

Ravil Dzhamally fled when Russian forces occupied his farm in Kherson Oblast, then returned after liberation to clear mines and plant again. Now, tons of his grain lie unsold in plastic sleeves across his fields because Russian attacks have nearly halted exports through Odesa, Bloomberg reported on 20 August.

Odesa’s Black Sea ports handle almost all of Ukraine’s grain exports, Bloomberg reported. Weekly grain and oilseed exports have fallen by more than 90% since early July, data from commodity-data firm Kpler show. That threatens fall planting and the sector that generates more than half of Ukraine’s export revenue. The disruption is also raising food costs in countries that rely on imported grain, Reuters reported.

Farmers must either store harvests they cannot export or sell locally at about one-third of global prices, Bloomberg reported. They say this year’s crisis is worse than the 2022 blockade because the financial reserves that carried them through six months of disruption then have since been depleted.

Russian attacks drive ships from Ukraine’s grain corridor

Ukraine’s Black Sea grain corridor—the wartime shipping route from Odesa—was never formally closed, Euromaidan Press reported. Four or five ships entered Ukraine’s ports on 21 July. Still, none arrived the next day because shipowners had paused calls, not because Ukraine had restricted navigation, Agriculture Minister Taras Vysotskyi told Ukrainian agricultural outlet Latifundist.

Ukraine’s state railway, Ukrzaliznytsia, subsequently restricted selected wheat and barley shipments to Odesa ports. Its register did not state a reason, and the railway did not publicly link the orders to the shipping disruption.

Oleksandr Havryliuk, who farms near the front in Kharkiv Oblast, told Bloomberg that losing his harvest would probably bankrupt him and force him to sell the farm. The National Bank of Ukraine estimates that Ukraine could lose about $2.5 billion in export revenue during the second half of 2026, Reuters reported. Bloomberg said the disruption could trigger widespread farm bankruptcies.

Ukraine seeks EU aid and export routes as losses mount

Financing was already constrained before the port crisis: available financing and insurance were “enough to keep the sector surviving, not enough to keep it growing,” Vysotskyi told Euromaidan Press in May.

Before Russia’s full-scale invasion, agriculture accounted for more than 10% of Ukraine’s economic output, according to World Bank data cited by Bloomberg.

The sector has since grown more important as Russian attacks have destroyed much of the country’s heavy industry, Evghenia Sleptsova, a senior economist at the economic forecasting firm Oxford Economics, told Bloomberg.

Her firm estimates that the disruption could cost the equivalent of 1.8% of GDP this year and 2.1% in 2027. Under a prolonged severe disruption, the 2027 loss could instead reach 5.3%, Oxford Economics said.

Ukraine could exhaust its grain-storage capacity by early November if exports do not recover, the Agriculture Ministry said, according to Bloomberg. Even using every available route, the country may export only about 30 million tons this season, leaving roughly the same volume stored or rotting, Vysotskyi said.

Ukraine’s Agriculture Ministry requested a €220 million EU grant to subsidize interest and unlock up to €4 billion in loans, the ministry said.

Ukraine and Moldova are also discussing a rail route through Moldova to Romania’s port of Constanța, Reuters reported, citing unnamed sources in both countries. Kyiv estimates the route could carry about 10% of its grain exports.

Western rail corridors have limited capacity, while low water levels restrict traffic through Danube ports. Both alternatives cost more than shipping through the Black Sea, Bloomberg reported.

  •  

Saint-Fab en musique accueille la visite pour une 4e année

Le 4e festival Saint-Fab en musique prend son envol. Sara Dufour et Lendemain de veille assureront les principaux spectacles de l’événement présenté, ce vendredi 21 et ce samedi 22 août, au Pavillon des Loisirs de Saint-Fabien.

Sara Dufour ouvrira le bal vendredi soir avec une prestation prévue à 21 h.

L’auteure-compositrice-interprète a multiplié les visites dans la région au cours des dernières années, notamment aux Grandes Fêtes TELUS de Rimouski ainsi que dans les festivals de Saint-Narcisse-de-Rimouski, Saint-Gabriel, Price et Trois-Pistoles.

La soirée se poursuivra avec Kama Kameleon, une formation qui reprend les grands succès des années 1980. Le groupe avait notamment participé au Festival La Grande Virée de Saint-Jean-de-Dieu en 2025.

Samedi, Lendemain de veille retrouvera le public de Saint-Fabien, trois ans après avoir participé à la toute première édition de Saint-Fab en musique, en 2023.

La chanteuse UP montera d’abord sur scène à 20 h avec son spectacle hommage à Shania Twain.

Concours de bûcherons

La programmation du samedi débutera dès 12 h 30 avec un concours de bûcherons. Une journée familiale et différentes activités sont également prévues avant les spectacles.

De la danse country précédera les prestations musicales lors des deux soirées.

Les billets coûtent 60 $ pour les deux soirs ou 40 $ pour une seule soirée. L’entrée est gratuite pour les enfants de 12 ans et moins.

Les laissez-passer sont disponibles sur lepointdevente.com. Il est aussi possible d’obtenir de l’information auprès du Service des loisirs de Saint-Fabien au 418 750-5460 ou par courriel à loisirss@cgocable.ca.

  •  

Que sait-on sur le futur accord commercial Canada–États-Unis? 

À la suite du report de l’instauration de nouveaux droits de douane américains, le gouvernement fédéral a confirmé hier qu’il finalisait un accord avec Washington.  

Mark Carney s’est toutefois contenté d’évoquer des «progrès substantiels», en soulignant qu’«il reste encore du travail important à accomplir».

Aucun des deux gouvernements n’a dévoilé le contenu de l’accord qui serait en cours de finalisation. Seules indications:

  • Dominic LeBlanc, ministre responsable du commerce Canada–États-Unis, a indiqué que le système de gestion de l’offre resterait intact.
  • Tim Houston, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, a dit que Carney avait demandé aux provinces de remettre en vente l’alcool américain.

[L'article Que sait-on sur le futur accord commercial Canada–États-Unis?  a d'abord été publié dans InfoBref.]

  •  

Steven Lee Potvin devient parrain d’honneur de Didascalie

Steven Lee Potvin devient le parrain d’honneur de la troupe de théâtre musical Didascalie, qui amorce sa deuxième saison à Rimouski avec une nouvelle équipe artistique et le statut d’organisme à but non lucratif.

L’artiste rimouskois, que le grand public a notamment pu voir à la télévision dans les séries Dumas, À cœur battant et Les Crues, accompagnera la troupe au cours de la prochaine année en partageant son expérience du métier et de la scène.

Didascalie veut ainsi créer davantage de liens entre les participants et des professionnels du milieu artistique, tout en leur faisant découvrir les différentes facettes du théâtre musical.

Cette deuxième saison survient après une première année qui a permis à la troupe de faire ses premiers pas à Rimouski. Les inscriptions pour 2026-2027 sont maintenant ouvertes.

« Nous sommes très fiers de débuter cette deuxième année de Didascalie. La réception de notre premier projet fut plus grande qu’espérée et on ressent déjà une vague de soutien et une volonté d’implication pour la nouvelle saison », souligne l’une des membres fondatrices, Eveliina Rissanen, dans un communiqué.

La troupe réunit des personnes de différents âges autour du théâtre, du chant et de la danse. Elle souhaite rendre cette forme d’art plus accessible dans le Bas-Saint-Laurent, peu importe l’expérience préalable des participants.

« Il n’y a pas de projet de scène multigénérationnelle comparable dans la région et on ressent le besoin de la population d’avoir un projet rassembleur comme celui-ci », ajoute madame Rissanen.

Hausser la qualité de sa production

Didascalie souhaite également franchir une nouvelle étape pour sa deuxième année grâce à sa nouvelle équipe artistique.

« Cette année, nous cherchons à remercier le public en repoussant nos limites […] Nous avons confiance que notre équipe artistique sera capable de rivaliser avec les grandes productions et de vous faire vivre de belles émotions avec notre prochain spectacle », poursuit-elle.

La troupe Didascalie lors d’une prestation (Photo courtoisie Alexandre Sirois)

La saison se terminera par la présentation d’une création originale devant public, le 5 juin 2027. Le spectacle permettra aux membres de mettre en pratique le travail réalisé au cours de l’année en théâtre, en chant et en danse.

Les informations concernant les inscriptions et les prochaines activités se trouvent sur les réseaux sociaux de Didascalie.

  •  

Kyiv’s largest book market hit by Russian missiles

Three firefighters work amid flames and thick smoke at night.

Ukrainian emergency services confirmed a large fire at the Pochaina book market in Kyiv’s Obolonskyi district after an overnight Russian ballistic attack on 16 August. Several rows of stalls were burned. The strike comes amid mounting losses across Ukraine’s book industry, as Russian strikes burn printing houses, markets, and the millions of books within them.

Pochaina’s latest fire is at least the third to damage the market or adjoining trading rows since mid-June. For decades, the sprawling market has served as part bookshop, part flea market, and part archive of Kyiv life — a place to hunt through rare titles, vinyl, and remnants of the 20th century. Officials have not said Russia deliberately targeted it, however, the damage lands amid repeated attacks on Ukraine’s publishing chain and efforts to remove Ukrainian literature under occupation.

By 9:36 a.m., rescuers had extinguished fires at four locations in Kyiv and were dismantling damaged structures. Three people were hospitalized: two in moderate condition and one with light injuries. Pochaina metro station remained open, but damage to its glass entrance temporarily closed one vestibule.

На книжковому ринку у Києві рятувальники долають наслідки атаки.

Кілька рядів торговельного павільйону вигоріли. У багатьох інших — пошкоджені вікна. Книжки продовжують тліти

Відео: Ірина Сітнікова / hromadske pic.twitter.com/Bq3p4x6MT8

— hromadske (@HromadskeUA) August 16, 2026

Founded in 1997, Pochaina grew into Kyiv’s largest book market, offering everything from novels to specialist literature, according to a 2020 preservation petition. Independent vendors organized to defend it after plans emerged to clear the site for another shopping center. The campaign described the market as a cultural institution that supported thousands of jobs.

The adjoining weekend flea market endured the invasion and disappearance of tourists. In 2023, the Associated Press found hundreds browsing stalls stocked with vintage medals, ceramics, VHS tapes, and cracked guitars.

Russia destroys books as part of its war against Ukraine

Russian attacks have damaged publishing houses, printing plants, warehouses, libraries, bookshops, and markets across Ukraine.

The 16 August attack was not the first time Russia had hit Pochaina. A Russian attack damaged book-market pavilions in mid-June. On 30 July, falling missile debris ignited nearby stalls and destroyed collections of antiques, vinyl, and Ukrainian household artifacts, Suspilne reported.

Russia's war against Ukraine has particularly devastated Ukraine's publishing houses and their infrastructure. A 2024 Russian strike on Kharkiv’s Factor Druk printing house killed seven workers and burned 50,000 books. On 1 August 2026, a drone destroyed about eight million books at publisher Ranok’s warehouse.

Reuters reported that Russian strikes destroyed more than 10 million books in recent months.

In occupied areas, Russian forces have also seized Ukrainian history books and burned Ukrainian literature in boiler houses, Ukrainian authorities say.

Yet the Ukrainian book industry continues to thrive, despite Russia's assault. In 2025, Ukraine registered a record 117 new publishing businesses.

  •  

Une autrice de Saint-Fabien publie son premier roman

Après avoir longtemps rêvé de voir ses histoires prendre vie sur papier, Hélène Beauchesne, originaire de Saint-Fabien, présente son premier roman, La Perle manquante, disponible en librairie depuis le 12 août.

L’autrice propose une romance contemporaine qui invite les lecteurs à découvrir une histoire où se rencontrent les émotions, les choix de vie, les blessures du passé et la possibilité de se réinventer.

À travers le parcours de Maude, une femme déterminée qui tente de retrouver un équilibre entre ses aspirations personnelles et les imprévus de la vie, La Perle manquante explore les liens humains, la résilience et ces moments charnières qui peuvent transformer une existence.

Dans une auberge québécoise

L’univers du roman prend place dans une auberge québécoise, un décor qui permet à Hélène Beauchesne de mettre en valeur la beauté des rencontres, l’importance de l’accueil et toute la richesse humaine qui se cache derrière les lieux qui rassemblent les gens.

« L’écriture a toujours fait partie de moi. Ce roman représente l’aboutissement d’un rêve, mais aussi une façon de partager une histoire qui parle de courage, de nouveaux départs et de la petite perle que chacun cherche parfois à retrouver en soi », commente la fille de l’ancien maire de Saint-Fabien, François Beauchesne.

Restauratrice

Avant de devenir autrice, Hélène Beauchesne a œuvré pendant plusieurs années comme entrepreneure, restauratrice, consultante en restauration et formatrice en hygiène et salubrité alimentaires.

Elle a notamment été propriétaire du Restaurant Bon Voyage de Saint-Fabien, fondé et exploité pendant de nombreuses années par la famille Beauchesne.

Son parcours professionnel, marqué par les rencontres et les expériences humaines, a nourri son désir de raconter des histoires.

Avec La Perle manquante, elle souhaite offrir aux lecteurs un moment d’évasion, une histoire touchante et accessible qui rappelle que certains chemins inattendus peuvent mener vers de nouvelles découvertes.

Le roman est disponible en librairie et en ligne. Le lancement officiel aura lieu au Vieux Théâtre de Saint-Fabien le jeudi 27 août, à 18 h.

  •  

Ukraine asks the EU for €220 million to unlock €4 billion in farm loans as Russia’s port strikes choke exports

A green combine harvester cuts wheat beneath a blue, partly cloudy sky.

Ukraine and international partners agreed to work urgently on a mechanism for up to €4 billion ($4.6 billion) in farm loans, Ukrinform reported on 13 August. The plan would use a proposed €220 million ($253 million) EU grant, the Agriculture Ministry said.

Ukraine rebuilt its maritime trade after pushing Russia’s fleet away from its coast. By 2025, its Black Sea route carried about 92% of the country’s grain and oilseed exports. Russia is now striking the Odesa ports sustaining that recovery. The ministry says the attacks have closed three deep-water ports. Ukraine planned to export 64.4 million tons of agricultural products in 2026/27, but now says shipments may reach only 29.6 million tons. The proposed loan mechanism is meant to cover that cash shortfall before next year’s sowing.

EU and Norwegian diplomats joined the meeting with representatives of the World Bank and the UN Food and Agriculture Organization.

The participants agreed to develop the plan through the Ukraine Facility and EU guarantee institutions. They aim to do so in the coming weeks, before fall storage use peaks. The grant has not yet been approved.

Odesa attacks send Kyiv toward Baltic ports

The loan plan comes as Russia’s attacks force Ukraine to seek new export routes.

Russia initially blockaded Ukraine’s ports after launching its full-scale invasion. Ukraine later restored a sea corridor after forcing much of Russia’s Black Sea Fleet away. Moscow then shifted pressure to missiles and drones, hitting Ukrainian ports 90 times in 2025 and intensifying attacks this summer.

A Russian strike killed 10 people aboard the grain-carrying Golden Leo on 19 July. Three days later, no ship passed through the corridor.

Kyiv is now considering the Polish Baltic ports of Gdańsk, Gdynia, Szczecin, and Świnoujście. Yet the ministry estimates that all alternative routes may eventually carry only 2.9 million tons a month. Ukraine’s monthly target was 5.4 million tons.

Farm loans target next year’s sowing

The €220 million would not go directly to growers. It would subsidize interest and partly cover banks’ lending risks, including by expanding Ukraine’s “5-7-9%” affordable-loan program.

The ministry wants the support to generate €4 billion in farm loans at annual rates no higher than 10%. It calculates that every euro of grant money could mobilize more than €18 in lending.

Ukraine has also temporarily adjusted minimum export price coefficients to offset higher logistics costs, meeting participants noted. Without grain sales, farmers struggle to pay wages and land rents or buy fuel and fertilizer. By November, Ukraine's storage shortfall could reach 11 million tons of crops, with more than €10.8 billion ($12.4 billion) tied up in unsold stocks.

  •  

Saint-Fab en musique 2026 : le décompte est lancé

Le 4e festival Saint-Fab en musique accueillera Sara Dufour et Lendemain de veille comme principales têtes d’affiche, ce vendredi 21 et ce samedi 22 août, au Pavillon des Loisirs.

Les festivités commenceront le vendredi soir avec Dufour, dès 21 h.

L’auteure-compositrice-interprète revient dans le Bas-Saint-Laurent après avoir notamment connu un fort succès au Festival western de Trois-Pistoles, en juin dernier.

Elle a multiplié les passages dans la région au cours des dernières années, notamment aux Grandes Fêtes TELUS de Rimouski ainsi que dans les festivals de Saint-Narcisse-de-Rimouski, Saint-Gabriel et Price.

La soirée se poursuivra avec Kama Kameleon, une formation qui reprend les grands succès des années 1980. Le groupe avait notamment participé au Festival La Grande Virée de Saint-Jean-de-Dieu en 2025.

Le samedi, Lendemain de veille retrouvera le public de Saint-Fabien, trois ans après avoir participé à la première édition de Saint-Fab en musique, en 2023.

La chanteuse UP montera d’abord sur scène, à 20 h, avec un spectacle hommage à Shania Twain.

Concours de bûcherons

La programmation du samedi commencera dès 12 h 30 avec un concours de bûcherons. Une journée familiale et différentes activités seront également proposées avant les spectacles. De la danse country précédera les prestations musicales lors des deux soirées.

Les billets coûtent maintenant 60 $ pour les deux soirs. Il est aussi possible d’assister à une seule soirée au coût de 40 $. L’entrée est gratuite pour les enfants de 12 ans et moins.

Les laissez-passer sont disponibles sur lepointdevente.com. Il est également possible d’obtenir de l’information auprès du Service des loisirs de Saint-Fabien au 418 750-5460 ou par courriel à loisirss@cgocable.ca.

  •  

24e Feste médiévale de Saint-Marcellin : place à la musique

La musique prendra une place de choix lors de la 24e Feste médiévale de Saint-Marcellin du 14 au 16 août, qui accueillera Trifolys, Kateva, Mystic Projekt et Skarazula.

Les prestations dans les traditions celtiques, scandinaves et européennes, accompagneront les différentes activités historiques prévues pendant les trois jours de festivités.

Le coup d’envoi musical s’effectuera le vendredi soir lors du Banquet Royal. Les formations Trifolys et Kateva animeront cette soirée d’ouverture avec un répertoire inspiré de la musique traditionnelle.

Le samedi soir, Mystic Projekt prendra le relais avec un spectacle avec une variété d’instruments moins courants, dont le tympanon, la moraharpa, la harpe celtique, l’harmonium indien et la guitare bouzouki.

Skarazula complétera le volet musical le dimanche avec un répertoire inspiré de l’Europe médiévale et de l’Orient ancien.

Combats, joutes équestres et reconstitutions historiques

La Feste médiévale offrira trois journées de combats, de joutes équestres, de reconstitutions historiques et d’animations inspirées du Moyen Âge, de vendredi à dimanche, sur son site de Saint-Marcellin.

L’événement misera de nouveau sur ses différents villages historiques pour plonger les visiteurs dans la vie quotidienne de l’époque.

Lors de la grande bataille, en 2025, les Vikings ont triomphé sur le tyran Jolicoeur et ses chevaliers de la compagnie de Saint-Adrien. (Photo Le Soir.ca- Johanne Fournier)

Des campements islandais, écossais et vikings seront notamment aménagés, en plus du village des chevaliers de l’Association médiévale de Québec et de ceux de la Compagnie Saint-Adrien et des Templiers.

En 2025, l’événement avait attiré environ 12 000 visiteurs. Quelque 350 bénévoles et reconstitueurs avaient contribué à sa présentation.

  •  

Bernatchez Studios voit le jour

Avec la création de la boîte de production Bernatchez Studios dans les dernières semaines et le tournage du 11e épisode de la websérie Scott Bourque, le cinéaste rimouskois Pierre Hugo Bernatchez est présentement dans une belle période de sa carrière artistique.

En plus de produire sa série policière, le Rimouskois offre des services de photographie, de vidéo et de publicité avec sa nouvelle compagnie.

« Ça me permet de mieux structurer mes investissements dans le projet Scott Bourque, d’offrir une marque derrière mes films et de proposer mes services à des particuliers pour de l’événementiel ou de la publicité. C’est pour des projets autant personnels que professionnels », mentionne le propriétaire de la petite entreprise.

À long terme, si les activités de Bernatchez Studios grossissent, Pierre Hugo Bernatchez aimerait incorporer son entreprise et ajouter des employés. Il fonctionne seul pour le moment en plus de son travail d’ingénieur en parallèle.

« Je suis assez polyvalent. C’est un à côté que j’ai, mais je pousse toujours pour voir où ça va me mener. Ça me permet d’exercer ma passion pour la vidéo et la photo », indique-t-il.

Pierre Hugo Bernatchez en tournage du 11e épisode. (Photo courtoise)

Il souligne qu’avec la création de Bernatchez Studios, il a commencé à collaborer avec des entreprises de la région et il sent un grand soutien financier envers son projet

11e épisode en tournage

Le 11e épisode de la série Scott Bourque est présentement en tournage. Il devrait être complété à l’automne pour une diffusion sur la chaîne YouTube PH Bernatchez à la fin de l’année 2026 ou au début de 2027.

« Il y a eu des scènes tournées dans la région de Québec, mais elles sont surtout tournées à Rimouski. Dans cet épisode, Scott Bourque va se remêler à la mafia mexicaine et il va continuer à utiliser des moyens peu orthodoxes pour arriver à ses fins. Il y aura encore beaucoup d’action avec des fusillades », explique le cinéaste qui agira comme producteur, réalisateur, scénariste, monteur et acteur principal de l’épisode.

Pierre Hugo Bernatchez lors du montage d’un épisode de sa websérie « Scott Bourque ». (Photo courtoisie)

Ce dernier ajoute que plusieurs acteurs de la région feront encore une fois partie de sa production, dont certains sont nouveaux dans le projet.

« J’ai aussi des acteurs qui sont là depuis plusieurs années et qui reviennent. C’est un beau mélange qui permet de continuer à bâtir autour des personnages déjà créés et de développer l’univers de la série en ajoutant de nouveaux personnages. »

Cinq ans plus tard

Pierre Hugo Bernatchez est fier du chemin parcouru depuis la publication de son livre Frères contre bandits publié en 2021 et dont découle la websérie Scott Bourque.

« Je suis content de voir tous les accomplissements que j’ai faits. Quand j’ai sorti mon livre, je n’aurais pas pensé tourner autant d’épisodes par moi-même par la suite. Nous sommes rendus à près de 130 personnes qui ont travaillé sur le projet jusqu’à maintenant. Je trouve qu’il y a eu beaucoup de progrès depuis le début et c’est un projet qui gagne en popularité. Ça donne envie de continuer. »

Il ajoute que certains personnages tirés de l’histoire du livre ont maintenant leur propre tribune dans la série. C’est d’ailleurs le cas de Sarah-Jane Brodeur qui fera sa première apparition à l’écran lors du 11e épisode. Elle sera interprétée par Marie-Claude Parent.

  •  

D’or et d’os

Il allait falloir nous libérer de cette mort pour accéder à la vie.

– Julie Hyland, Précis de fantômologie

Précis de fantômologie, c’est la réponse bienveillante, sans concession et féministe aux grands récits de coureurs des bois, où les femmes sont si souvent absentes. Julie Hyland réactualise les figures du nomade et du sédentaire, constitutives de la littérature québécoise, dans ce roman enlevant qui se lit d’une traite.

Elle convoque trois générations d’hommes de sa famille, pour sauver la dernière : « je voulais mobiliser mes ressources de lectrice d’une Abitibi livrée à sa propre destruction, en trouvant tous les espaces ponctués et les marges du monde pour protéger mon frère et le sauver. » (p.75) Après le patriarche explorateur et chercheur d’or et le père, « gisant la plupart du temps sur le même canapé […], [subissant] la vie sur des coussins envahis de poussières de cendres et de peaux mortes » (p. 68), elle excavera les artères malades de masculinité de sa famille pour laisser entrer le soleil et permettre la guérison.

L’autrice et narratrice « a toujours eu faim de voir. [Son] appétit scopique n’a fait que s’étendre à l’âge adulte » (p. 71). Et qui ouvre les yeux sur le monde colonial dans lequel on croupit ne peut que sentir son cœur se crisper. Après tout, « l’anxiété est le lot de ceux qui veulent savoir » (p.74). L’écriture la mènera sur sa voie, la sortira de la maison familiale maudite pour aller aux grands vents et rédiger une cure faite d’inquiétude et de bonté, de présence et de responsabilité acceptée.

Quand je marchais dehors, dans les bois ou sur la rue, je me sentais en relative sécurité. C’est ce qui venait du dedans qui m’effrayait. Rien ne me paraissait aussi redoutable que ce qui pouvait m’arriver dans cette maison capable d’étouffer l’écho de mes cris. Ils devenaient murmures dans l’épaisseur des murs. On ne se protège de rien, en s’enfermant. On s’isole, c’est tout. Pas question pour moi d’ouvrir le téléviseur et d’exposer mon ouïe au divertissement. Si je voulais survivre au péril de cette maison et aux présences qu’elle abritait, je devais me mettre à son écoute. Tout guetter de son silence. (p. 96)

À la vue, elle ajoute l’ouïe, un autre sens pour éprouver l’intranquillité nécessaire à l’écriture : « L’oreille n’a pas de paupière : elle ne se referme jamais. » (p.99)

L’aïeul prospecteur est remis à sa place dans ce récit. Hyland raconte l’errance abitibienne du patriarche au retour de la guerre : « J’y avais passé les deux mois les plus morts de l’année. Comme un revenant, des mois et des mois après avoir été démobilisé, j’y avais flotté avec pour seul réel le désespoir qui me nouait les viscères. Je n’étais alors qu’un trou avec des cadavres dedans. » (p.78) L’aïeul trouve la rédemption dans la forêt : « L’humanité ressemble à une épinette noire. Je ne pourrais dire avec assurance si elle est damnée ou miraculée. Quelqu’un pourrait aussi le dire de moi. J’appartiens au territoire de Waskaganish – en langue crie, Waskaganish, ça veut dire maison. » (p.42) Il rencontre sa malédiction dans les bras d’une femme qu’il ne saura jamais aimer et avec qui il aura une famille. Il en aimera une autre parce qu’elle lui fait penser « à un morceau de cuivre exhumé de terre. » (p. 154).

Il y a des spirales, des fulgurances, des maux de tête et des coups de feu dans l’écriture précise, jamais précieuse, sensuelle et sensorielle de Julie Hyland et son histoire de fantômes abitibiens.

Julie Hyland, Précis de fantômologie, La Mèche, 2026, 280, p.

  •  

 *Par la voie des airs: Entrevue avec Stéphanie Lessard-Bérubé

Publié à compte d’autrice, Journal d’une cinéaste-violoneuse de Stéphanie Lessard-Bérubé semble inspiré d’une maxime du conteur-chanteur Michel Faubert : « J’ai pris tout ce que j’aimais et j’en ai fait tout ce que j’ai pu. » Ce très, très beau livre rend hommage à cinq musiciens traditionnels du Bas-Saint-Laurent (Rosario Picard, Léon Marquis, Thomas Deschênes, Aurèle Turgeon et Élie Murray) en adoptant différents points de vue, à la fois anthropologiques et poétiques. On y trouve des photos d’archives, des partitions, des illustrations originales, des textes d’introspection, des notes de travail, d’abondantes références et beaucoup de gratitude. Rencontre avec une rigoureuse vaillante.

Philippe Garon : À la base, ton médium, c’est le cinéma. Qu’est-ce qui t’a amenée à l’écriture?

Stéphanie Lessard-Bérubé : Le cinéma, c’est d’abord beaucoup d’écriture. Ne serait-ce que pour les demandes de financement. Et ça demande beaucoup de temps. J’ai voulu ce livre pour reprendre une autonomie créative, avant de pouvoir terminer le film. Le livre présente toute la recherche et la réflexion sur laquelle s’appuie mon prochain film, mais qu’on n’y retrouvera pas de manière explicite. Ça a demandé beaucoup de travail en amont puis je voulais garder une trace de ce parcours. Je me demande aussi… Est-ce que j’aurais choisi de faire un livre si le Bas-Saint-Laurent n’était pas aussi ancré dans les arts littéraires?

P. G.  Pourquoi l’autoédition?

S. L.-B.  Mon objectif ’était de rendre mes recherches accessibles à la population. Aux familles concernées évidemment, à leurs communautés, mais aussi aux personnes qui s’intéressent au patrimoine vivant en général et à la musique traditionnelle en particulier. Je ne me voyais pas attendre qu’un éditeur s’engage peut-être à publier le manuscrit après l’avoir envoyé à différentes maisons. C’est pour ça que j’ai entrepris une campagne de sociofinancement pour couvrir les frais de conception et d’impression par une entreprise qui offre ce type de services. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’on m’accompagne aussi bien. Je ne savais pas comment ça vient au monde, un livre, ce n’était pas dans mes intentions de découvrir les métiers en lien avec la publication, mais j’avais une vision précise. Le résultat est à la hauteur. Le livre est beau grâce à ces gens-là.

P. G.  Tu as volontairement décidé d’imprimer un tirage limité. Pourquoi?

S. L.-B.  Pendant le processus, j’ai compris que c’est plus qu’un document de référence. En trouvant des membres des familles et des amis des violoneux que j’avais choisis, ça a créé un jeu relationnel. C’est allé plus loin que ce à quoi je m’attendais. La dimension sensible est arrivée grâce au temps pendant lequel j’attendais de pouvoir faire le film. En me mettant à écrire, la dimension vivante s’est développée. Et c’est pour ça que je ne veux pas qu’il y ait beaucoup de copies en circulation. Pour que les gens aillent dans les sociétés d’histoire pour consulter le livre, dans les bibliothèques locales, les communautés qui en ont un exemplaire et que ça stimule des rencontres. Que ça ouvre des discussions.

P. G.  Qu’est-ce que tu retiens principalement de ce processus?

S. L.-B.  Le violon, c’est important dans ma vie. Ça me fait du bien, et je ne suis pas la seule. Quand j’ai décidé de venir m’installer dans la région, j’ai cherché des airs typiques d’ici. Mais je ne savais pas comment les trouver. Je suis allée fouiller dans les Archives de folklore de l’Université Laval. Mais même là, c’était pas évident. Des chansons, des contes traditionnels, il y en a en masse. Mais la musique instrumentale, les ethnologues l’ont moins étudiée on dirait. Ç’a demandé du temps. Puis pendant ce temps, ma pratique artistique évoluait. Je rencontrais du monde. J’ai suivi des formations en écriture. Puis j’écrivais. Je me demandais ce que ça allait donner. Je me demandais si ça allait ouvrir ma voix. Je me demandais c’était quoi, ma voix. J’ai connu ces cinq musiciens-là. Leurs airs, mais aussi leurs histoires. C’est pas juste la qualité du jeu qui importe pour moi. C’est l’impact que ces personnes-là ont eu dans leur communauté. Ça va pas mal plus loin que les airs. Ils font partie de ma vie maintenant. Leur héritage fait partie du mien.

  •  

La solitude est un dessert qu’on ne déguste pas seul

La solitude chez les personnes âgées n’est que rarement le sujet d’œuvres cinématographiques, et Mon gâteau préféré1a non seulement brisé ce standard, mais il l’a fait avec brio, à l’aide d’éléments visuels créatifs qui embellissent l’univers du personnage principal, Mahin.

Le long métrage iranien relate l’histoire de Mahin, une dame âgée de 70 ans veuve depuis 30 ans. Depuis la mort de son mari, le déménagement de ses enfants et les visites de moins en moins fréquentes de ses amies, l’isolement est toujours plus présent. Le soir où elle fera la rencontre de Faramarz, un homme vivant une situation similaire, Mahin se croira moins seule.

            Tout au long du film, les décors traduisent bien la solitude des personnages. La maison de Mahin est présentée comme vaste et épurée, ce qui renforce l’image de retranchement que vit le personnage. Les draps blancs protégeant les meubles, les nombreuses pièces inoccupées et les vieilles photos encadrées sur les murs sont tous des signes que Mahin vit non seulement seule, mais qu’elle en souffre.

De plus, le choix de l’éclairage et de la longueur des plans diffère selon si elle est seule ou non dans sa maison. Les scènes moins lumineuses soulignent sa solitude, elles sont aussi beaucoup plus longues, voire contemplatives, ce qui permet au spectateur d’entrer plus profondément dans l’isolement du personnage. Par exemple, dans l’une des premières scènes, Mahin déjeune, assise à la table. Le choix d’augmenter le temps d’écran pour ce moment banal vient le mettre sur le même pied que tout autre moment que vit le personnage, ce qui renforce l’impression de solitude que nous ressentons nous-mêmes en visionnant le long métrage tout comme le léger malaise que nous éprouvons face à la situation de Mahin.

Pour les scènes claires et lumineuses dans lesquelles elle est accompagnée, que ce soit de ses amies au tout début ou, plus tard, de Faramarz, l’éclairage est beaucoup plus présent et diffus. Les plans sont aussi plus courts, divers et nombreux, ce qui donne l’impression que le temps passe plus vite, et c’est probablement ce que ressent Mahin, qui est visiblement plus heureuse lorsqu’elle n’est pas seule.

La solitude de Mahin se dévoile plus en profondeur lorsqu’elle reçoit enfin un invité, et la façon dont elle le traite en dit long sur son besoin de socialisation. En effet, la bouteille de vin jamais ouverte qu’elle dit posséder depuis des années, les vêtements chics qu’elle ne porte jamais et qu’elle sort pour l’occasion, le gâteau qu’elle concocte tard le soir et toutes les petites attentions qu’elle a pour lui traduisent une envie de plaire qu’elle n’a pas développée depuis plusieurs années.

Le long métrage Mon gâteau préféré est un film magnifique dont l’approche visuelle, autant du point de vue de la direction photographique qu’artistique, amène une vision douce de la solitude que certaines personnes âgées vivent au quotidien.

J’ai apprécié cette œuvre pour sa capacité à représenter la solitude, pour ses choix cinématographiques qui soutiennent bien le sujet et pour ses décors réconfortants. Je donne la note de 4/5 à Mon gâteau préféré.

[1]. Maryam Moghadam, Behtash Sanaeeha, Keyke mahboobe man / Mon gâteau préféré, 2024, 97 min.

  •  

Double Patate – Le soleil s’est réveillé : une ode à la vie

Le collègue musicien et Rimouskois Olivier D’Amours a sorti son nouvel album Le soleil s’est réveillé le 6 mars dernier. Issues de son projet Double Patate, les onze pièces seront disponibles en vinyle dans les prochaines semaines.

Dès les premières notes, on est frappé par un gros son de guitare, à la Fred Fortin, suivi d’une voix intime, qui nous réchauffe de poésie concrète (concrete poetry – terme que je viens d’inventer et futur style musical mondialement reconnu). Le son est acoustique, tout en étant augmenté de l’amplification : le road trip n’est jamais très loin, le folk et la liberté non plus. On y sent la fragilité du temps, et cette phrase qui résume tout : « je suis patate / je suis patate / je suis double patate ».

À la Fred Pellerin, Olivier D’Amours se fait conteur : pogné aux douanes, pogné avec un vendeur de thermopompes, pogné avec ses émotions lorsqu’il croise la fille la plus cute du monde. Et toujours cette poésie roots, chargé de sens, légère comme tout :  “je n’ai pas de REER / je n’ai même pas de crème solaire / je me promène dans l’hémisphère / je porte du polyester”.
Dans un monde où près de la moitié des nouvelles chansons publiées sur les plateformes ont été créées grâce à l’intelligence artificielle, Le soleil s’est réveillé est un gros “fuck-you” à l’industrialisation de la vie. Un rappel que les choses se passent encore dans une réalité non-numérique, que la vraie musique est dehors. “Et la journée passe aussi vite qu’une trotinette électrique qui roule à sens contraire de la vie”.
La vraie vie est dehors.

  •  

Changement de culture: La case qui cache la nappe

Lorsque j’ai quitté Rimouski pour Montréal pour mes études universitaires, j’oubliais de laisser entre mes rendez-vous un temps de déplacement. En métro et en autobus, environ quarante-cinq minutes. J’ai été choquée de constater qu’à Rimouski, comme des coqs en pâte, on s’est habitués à pouvoir se rendre partout en dix minutes.

En lisant l’essai Terre et liberté d’Aurélien Berlan1, j’ai vu un lien entre la fixation collective sur le stationnement et l’idée que ce philosophe critique, soit la liberté conçue comme désir de délivrance. Dans cette vision, qu’on partage forcément en baignant dans le néolibéralisme, on est libres parce qu’on peut se décharger sur d’autres personnes de choses qui nous pèsent. On se véhicule en char, symbole « de la délivrance que [la société industrielle] permet2 », sans la charge mentale de prévoir nos trajets en transport collectif, mais surtout, on refile à d’autres (automobilistes ou non) la nuisance à la santé publique que cause notre char (GES, particules fines, pollution sonore, sans compter les 93 piétons et cyclistes tués sur les routes du Québec en 20243). Quand on arrive à destination, on veut pouvoir entreposer4 notre bébelle à 15 000 $ par an5 tout près d’où on va, même si notre choix, additionné à ceux des autres, gâche l’expérience de la ville à tous. Car la nappe de stationnements du Carrefour, c’est déprimant – et dangereux – à traverser, comme le font les Est-Rimouskois qui vont prendre le Citébus.

Je ne suis pas automobiliste, mais je n’échappe pas à l’accélération technique, au productivisme ni à la logique d’accumulation capitaliste qui font croire qu’on peut toujours ajouter une activité quand on a « gagné » du temps ailleurs, me frustrant par ailleurs de ne jamais pouvoir « tout faire » et d’être pressée. On a besoin d’une autre perspective du temps pour sauver notre santé mentale, physique, communautaire. L’usage du transport collectif l’amène : on prend conscience que notre temps ne vaut pas plus que celui des autres, que la frustration (ou le compromis) est inhérente à la vie, qu’il existe d’autres gens que soi – pas des armatures d’acier contre lesquelles courser, mais des humains, avec des corps mis en jeu dans l’espace public.

L’obsession du stationnement répond à une vision égocentrique de la liberté qui est en fait peur du manque : on cherche « le confort dans la soumission au système », entretenant notre dépendance à un aménagement à hauteur de voiture et non d’humain, à un réseau routier et à « des grandes organisations étatiques et industrielles6 ». Berlan prône plutôt une émancipation par l’autonomie, entreprise ensemble dans une perspective de subsistance.

On fait quoi?

J’invite les automobilistes à intégrer l’inconfort dans leur vie. Posséder une voiture n’est pas nécessaire en ville. Et mes camarades piétonnes, cyclistes et usagers du transport en commun, continuons la lutte – réclamons plus d’espaces verts, lents, collectifs.

On lit

La Floune dans Godpèle de Gabriel Marcoux-Chabot, roman d’anticipation en orthographe exploratoire : « Ja parlé dé macine q’iavè poure fére anqore plus vite pi anqore mieu toute sa q’onsé fére ojordui […] Ja parlé d’la vi q’alétè plus fasile, d’un sanse, pi an même tan tèlman plu qonpliqé, aqoze q’onsavè pa fabriqé nouzote même toute sa q’onavè bezouin poure qontinué a vive qome q’onétè abitué7. »

1. Éditions La Lenteur, 2021. Il est peu disponible en librairie au Québec, mais j’en possède une copie prêtable (mais soulignée).

2. Berlan, op. cit., p. 120.

3. Stéphane Bordeleau, « 30 % plus de piétons tués sur les routes du Québec en 2024 », Radio-Canada, 22 mai 2025, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2166655/bilan-routier-quebec-2024-pietons-cyclistes

4. Traduction de to store,utilisé dans le balado The War on Cars; Nicolas Bérubé, chroniqueur finance à La Presse, va plus loin (!) en disant qu’il « abandonne [son auto] dans la rue » car son arrondissement le lui permet (« Mon char, mon choix, mes économies », 25 janvier 2026).

5.  Pour un VUS neuf, selon Francis Garnier d’Alliance Transit (conférence donnée le 24 janvier 2026 à Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique, Montréal). Une voiture usagée coûterait 9 000 $ par année.

6. Berlan, op. cit., p. 202 et p. 126.

7. La Peuplade, 2025, p. 368.

  •  

Pour un Québec en tabarnak!

Être bucké à protéger la langue française, c’est en faire une langue de bois, une langue de musée, une langue nostalgique du PQ des années 70 et au final une langue morte. Parce que le temps passe qu’on le veuille ou non. Défendre la langue française comme y’a cinquante ans, c’est comme s’accrocher très fort aux poignées d’un tapis roulant sans bouger les pieds – t’as juste l’air cave et tu risques de te péter la gueule!

Pour moi, la seule façon de garder le français et surtout la culture québécoise vivante – et pas juste une langue de loser qui ont peur de leur ombre – c’est de recommencer à faire du joual! Laisser la langue vivre sa vie sans essayer de l’emprisonner dans les barreaux de l’isolationnisme du toujours pareille. Embrasser un nouveau joual qui accueille les évolutions créoles de la langue et invite les autres cultures à enrichir un nouveau « nous » québécois. 

Parce que le français d’icitte y’a jamais été pur, ça toujours été une courte pointe rapaillée – de Bretagne, de Normandie, d’Irlande et puis de Grèce et d’Italie. Et pis crisse, le mot « Québec » on va pas se mentir à base y’est algonquin.

Alors, le français décline : que cela ne tienne, il faut faire des Michel Tremblay et des Michèle Lalonde de nous même! Pas se mettre à dire comme les autres colons : « Speak white t’au Québec icitte! ». Que ce soit Céline ou Xavier Dolan y’ont pas peur de leur montrer de quel bois elle se chauffe la culture québécoise. Ça s’ostine pas sur le fétichisme de la langue proprette, mais ça se salit pour quelle vive la culture.

Je m’en câlisse que Simple Plan ou Dead Obies chantent en anglais – si tu fais toute en français, mais la même estie d’affaire qu’aux États, bin est déjà morte la culture québécoise. Et il me font chier raide les souverainistes qui me rabbachent les oreilles avec les taux d’immigration et leurs « bonjour hi » et qui écoutent du Netflix, du Spotify et du Instagram ou que ça magasine au Walmart et au Costco. Ça s’appelle parler la bouche plein de marde et de la marde américaine en plus!

Si toute cet argent là était mise en culture, bin y’en aurait pas de problème de langue pis d’identité nationale triste dans son ptit coin : les chinois-e-s, les arabes, les haïtien-ne-s du pays ça slammeraient en français, ça ferait des jokes et des Tiktok en français, ça dirait « pantoute », « talheure » ou « retontir » comme d’autres disent « bro » ou « wesh ». Et peut-être que ça serait avec un différent accent, mais ça serait bin beau de même!

Un Québec en tabarnak plutôt que sur la défensive serait déjà en train de se libérer de l’impérialisme anglais parce qu’on s’en sacrerait complètement d’acheter leurs coccins chipettes ou leurs séries prémâchées! Ce Québec-là se nourrirait de ce qui existe de bigarré « chez nous » et se solidariserait avec les autres opprimé-e-s pour grandir et gagner en résistance. On aurait envie de le rejoindre et pas juste de le craindre comme un bully avec ces ami-e-s toutes pareilles. On aurait pas besoin d’une constitution de crapules en cravate et on mettrait notre énergie pour que la jeunesse puisse juste croire en un futur.

Et, on aurait pas à faire de l’indépendance sur le dos du monde dont les parents sont arrivés icitte avant que je sois né. Des québécois-e-s qui vont juste pas se reconnaître dans un référendum pur laine – achetée sur Amazon ou Market Place ta laine? – et moi non plus. Je passerais pas quatre chemins pour le dire : en faisant boutique aux politiques à courte vue d’à côté, on se magazine juste un troisième « non » à pleurnicher pendant les vingt prochaines années comme PSPParizeau.

La morale c’est que quand tu veux plus accueillir du monde chez vous, c’est que t’es pu fière du ménage que t’as pas faite. Alors, siouplaît ciboire donnez-moi un Québec dont je puisse un peu être fière!

  •  

Indépendance ou égalité? L’œuf ou la poule ou le PQ au bout du rouleau

Avant la naissance du PQ, l’indépendance du Québec était une idée large. Il y avait bien sûr quelques nationalistes old-school adeptes du « maudits anglais », mais  à gauche émergeaient des adeptes d’un mouvement internationaliste et décolonial basé sur une lecture marxiste et pour qui l’ennemi est l’impérialisme.

Syndicats, RIN, mouvements ouvriers, artistes forment une gauche indépendantiste avec, tout au bout, le FLQ, solidaire des luttes de décolonisation en Afrique et en Amérique du Sud. Comme elles, le front sera aussi un terrain d’émancipation pour des corps de police en mal d’héroïsme.

Idéateurs de cette gauche séparatiste : Charles Gagnon (du Bic) et Pierre Vallières. Frères de combats, clandestins, prisonniers, ils divergent pourtant d’opinion sur la primauté des choses. Si Gagnon attend le « grand jour » où la révolution prolétarienne mènera à l’indépendance, Vallières croit que la « conscience nationale » est la base d’une société libre. L’œuf ou la poule.

1972, Vallières se rallie au PQ et publie L’Urgence de choisir, un pamphlet qui invite la gauche à rallier les rangs du PQ.  Gagnon, lui, publie Pour le parti prolétarien, manifeste qui tire à plein feu sur les orientations du PQ, qualifiant Parizeau et Lévesque de fils spirituels de Duplessis. En entrevue, il assène : « Ya rien de pire que les nationalistes pour attaquer la classe ouvrière. »

Mais, dès 1972, quand Morin annonce que « les gauchistes, les anarchistes, les marxistes n’ont pas à s’attendre à un régime de faveurs dans un Québec indépendant », le mariage bat de l’aile entre Vallières et le PQ. En 1978, déçu, honteux, rageur, Vallières publie Les scorpions associés, ouvrage qui, sous forme de lettres adressées au premier ministre, exprime sa déception face aux orientations du PQ. On y lit :  « On est désagréablement surpris de voir le PQ déserté par plusieurs éléments de son aile gauche. Ce net glissement à droite laisse prévoir de sérieux conflits avec les syndicats […], de plus, il décourage les intellectuels, les étudiants, les écologistes et les féministes qui espéraient un bond en avant dans la conscience politique. » Dont acte.

Si le personnage Lévesque réussit à rassembler par sa simplicité et sa rigueur intellectuelle, les investitures post-Lévesque couronnent inévitablement des riches, des économistes, des gens du Québec INC., symboles mêmes du pouvoir impérialiste avec leurs grosses baraques, leurs majordomes et leurs complets cinq pièces. Johnson, Parizeau, Marois, ça boit pas de la bière flatte. Et Péladeau. Vous avez aimé l’Italie?

PSPP

40 ans après le départ de Lévesque, PSPP semble bien décidé à assumer l’image de nationaliste de la nouvelle droite, jeune, propre et décomplexée. Car aujourd’hui, on fait la politique du sondage, et qui c’est qui cartonne? C’est Jordan Bardella. Le facho présentable, porte-voix d’une droite populiste qu’on retrouve aussi bien en France, dans les médias Bolloré, ici dans le Journal de M, et des fois à TLMEP, au sud, dans la bouche du président.

Un modèle de marketing politique punché

Au diable l’équité, les bons sentiments de la gauche, on part un show de boucane, on lance l’œuf et on jacasse avec la poule que c’est la faute des minorités, des immigrants, des universitaires qui sont biaisés, blablabla… Comme Trump, il envoie des diarrhées, dans une rhétorique qui prouve sa méconnaissance des enjeux dont il parle et qui font preuve de son désir de diviser, de faire la « wedge politic ». On reprend le moulin à vent woke …

Quand je l’entends, ça me rappelle ce sketch d’Yvon Deschamps, sur la situation du français où il finit par dire que s’il veut éviter l’assimilation c’est parce que, je le cite : « Moi, mes enfants, y sont épais! Y s’ront jamais capables d’apprendre l’anglais. »

Quand PSPP nie l’existence du racisme systémique (qu’il a reconnu il y a quelques années – comme Doug Ford, le gauchiste), quand il s’attaque à l’intégrité des chercheurs financés par le fédéral, à la « loyauté » des artistes, je me dis qu’il nous prend vraiment pour des épais. La preuve qu’il a tort : ce journal reçoit des revenus publicitaires du gouvernement du Québec et je peux écrire : Va chier PSPP!!

Avec une moyenne de 17 k$ de revenu annuel, avec le soutien des deux gouvernements, ils sont morts de faim, Paul, les artistes loyalistes. Et de toute façon quand un gouvernement croit pouvoir dicter un code moral à ses créateurs, là il faut appeler une poule Poule Pot (rire mitigé).

Allons, Paul. Je le sais au fond que tu n’es pas un parfait imbécile – personne n’est parfait. Tu n’es sans doute pas méchant, non plus. Alors, svp arrête de jouer ce personnage grossier.

Parce que l’histoire que tu nous racontes là, ça finit par « Quelque chose comme un ti-peuple ».

C’est moi ou la poule pond des œufs bruns.

  •  
❌