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Entre préjugés et néolibéralisme : tentative de déconstruction de l’itinérance

Je travaille dans le milieu de l’itinérance depuis un peu plus de trois ans. Même si plusieurs croyaient cette réalité impossible, la région du Bas-Saint-Laurent n’est pas épargnée par le phénomène de l’itinérance. Quand on ne le côtoie pas ou peu, ce n’est pas facile à croire, ni à comprendre… Néanmoins, nous avons accès comme tout le monde à certaines couvertures médiatiques scandaleuses, ou aux vils créateurs de contenu qui font de l’itinérance un spectacle. C’est un outrage aux droits humains.

Ainsi, lorsqu’on voit des images sensationnalistes et qu’on est confronté à des discours accusateurs, voire provocateurs, certaines idées préconçues se cristallisent. Ils alimentent le sentiment d’insécurité et de mépris, mais ramènent surtout le problème à un plan individuel. Pour quelles raisons les personnes vivent-elles des situations d’itinérance?

Point de rupture

Je ne veux pas déresponsabiliser les personnes de leurs actions. Des gestes violents ont été commis et c’est inacceptable. Je souhaite toutefois apporter humblement des pistes de réflexion sur les causes véritables du phénomène. Parfois, les situations d’itinérance commencent en raison d’un événement ou d’un point de rupture dans les parcours de vie : éviction, sinistre, perte d’emploi, décès, rupture familiale, accident de la route ou de travail, etc. Certaines personnes ont des troubles de santé mentale et physique, des enjeux relationnels, de la dépendance, des niveaux d’énergie et des valeurs très différentes de ce qu’on connaît. Mais est-ce des personnes problématiques ou s’agit-il plutôt des effets de ce qui est transmis et de ce qu’on construit collectivement? En 2012, l’Observatoire canadien sur l’itinérance publiait un rapport fort intéressant, où on pouvait lire :

« Le problème de l’itinérance et de l’exclusion liée au logement est le résultat de la rupture de notre contrat social; le manquement de la société à assurer que des systèmes, un financement et des soutiens adéquats sont en place de telle sorte que tous les individus, même dans des situations de crise, aient accès au logement et aux soutiens dont ils ont besoin1. »

Il existe aussi d’autres causes beaucoup moins visibles. Leurs effets sont banalisés, voire invisibilisés, et proviennent des différentes violences systémiques vécues au quotidien  par trop de personnes, souvent déjà vulnérables ou marginalisées : crise du logement, manque d’accessibilité aux soins de santé physique et mentale, violence entre partenaires intimes, statuts d’immigration précaires, racisme, aides financières gouvernementales insuffisantes et j’en passe. Ces personnes se taisent trop souvent par peur d’être jugées, de ne pas être prises au sérieux, ou d’être exclues.

Pour moi, ce sont les gouvernements néolibéraux qui ont provoqué les différentes crises. Le filet social n’étant pas un investissement lucratif, un refinancement s’est opéré, au profit du secteur privé. Ils ont alors mené une série de réformes dans les services de santé et des services sociaux qui ont bouleversé à la fois l’accès au filet social, sa proximité et sa qualité. Les CLSC ont fermé et l’approche préventionniste a laissé sa place à une logique clientéliste. Ainsi, les intervenants et les membres du personnel médical ne pouvaient plus suivre la santé des membres d’une famille en apprenant à les connaître globalement dans leur milieu. Plusieurs personnes ont alors perdu des outils et un accompagnement précieux. 

L’augmentation et la complexification de l’itinérance démontrent bien l’iniquité et l’injustice liées à cette doctrine qui finit par fragiliser et vulnérabiliser de plus en plus de personnes. Par exemple, les demandes d’aide à Repaires-BSL, un organisme régional en itinérance, se chiffrent à 97 pour l’année 2025-2026. C’est dans la MRC de Rivière-du-Loup que l’augmentation a été la plus significative pour l’organisme, passant de 27 références en 2024, à un peu plus d’une quarantaine. Au Témiscouata, selon des données de 2025 de partenaires communautaires, les organismes ont eu 84 interactions avec des personnes en situation d’itinérance ou en forte instabilité résidentielle. Bien qu’il soit difficile d’avoir des chiffres exacts, ces quelques statistiques montrent une forte tendance à la hausse.

Subir la rue

Les récits de vie auxquels j’ai accès vont tous dans le même sens : les gens subissent la rue. Plusieurs témoignages mettent en lumière un noyau familial persécutant, des traumas, des événements tragiques ou des violences systémiques. Malheureusement, personne n’est à l’abri de subir de telles épreuves, ni de prévoir sa propre réaction dans de telles circonstances. Avec peu d’outils et des perspectives de plus en plus restreintes, les personnes en situation d’itinérance font leur possible pour survivre à un milieu où la marginalisation, l’insécurité, l’hypervigilance et les traumatismes sont constants. Avec cette perspective, il me semble que l’humilité et l’entraide doivent remplacer l’arrogance et l’indifférence.

1. S . Gaetz, C. Barr, A. Friesen, B. Harris, C. Hill, K. Kovacs-Burns, B. Pauly, B. Pearce, A. Turner, A. Marsolais, Définition canadienne de l’itinérance,  Publications de l’Observatoire canadien sur l’itinérance, 2012.

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La Grande dégustation 2026 : objectif de 85 000 $

La Fondation Santé Rimouski vise à récolter 85 000 $ avec la 26e présentation de La Grande dégustation prévue le vendredi 20 novembre au Centre des congrès de l’Hôtel Rimouski. L’événement sera présenté dans une formule plus intime.

En 2025, 102 013 $ avaient été amassés avec un nombre de 325 convives. Cette année, seulement 250 personnes seront accueillies étant donné les travaux à l’Hôtel Rimouski.

« C’est restreint avec 75 billets de moins. On sent déjà l’engouement envers l’événement. Nous recevons de nombreux téléphones et courriels pour savoir quand ça s’en vient ou pour réserver des tables. Étant donné la popularité, nous avons décidé de revenir malgré les défis avec les travaux », exprime la directrice générale de la Fondation Santé Rimouski, Caroline Pelletier.

Les invités pourront savourer un menu spécialement conçu par le chef Martin Ashby et sa brigade, accompagné d’une sélection de vins soigneusement choisie. Les participants seront invités à terminer la soirée sur la piste de danse.

« C’est un événement qui est rassembleur, qui est populaire et qui est aimé d’année en année. La communauté est toujours derrière nous et l’équipement que nous allons acheter attire les gens. De plus en plus, ils veulent avoir l’impact de leurs dons, savoir concrètement ce que l’on fait avec les sous », mentionne madame Pelletier.

Santé des femmes

Les profits de la soirée permettront l’acquisition du Rumi II, un équipement utilisé en chirurgie gynécologique qui améliore la sécurité des interventions tout en favorisant un meilleur rétablissement des patientes.

(Photo Fondation du Centre hospitalier régional de Rimouski)

« C’est un manipulateur utérin qui est un outil essentiel lorsque nous faisons des hystérectomies par laparoscopie. C’est une chirurgie qui est beaucoup moins invasive que l’hystérectomie traditionnelle. Le Rumi II sert à désinsérer l’utérus des organes autour. Ça permet de faire cette étape de façon beaucoup plus sécuritaire pour éviter les complications et de façon plus rapide », affirme la gynécologue-ostétricienne et chef de département, Dre Isabelle Poirier.

Façons de contribuer

Un encan virtuel permettra à l’ensemble de la population de contribuer à la cause. Du 6 au 20 novembre, les participants pourront miser sur une vaste sélection de lots.

Afin de maximiser les retombées de l’événement, la Fondation invite également la population à participer dès maintenant à la loterie moitié-moitié de La Grande dégustation. Le tirage se fera le 20 novembre.

Tous les détails de l’événement, la billetterie, l’encan et la loterie sont accessibles au fondationsanterimouski.com/grandedegustation.

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Un LOUPerivois dans la bergerie: On est cuits

Cuits de bord en bord comme une boulette de steak haché oubliée sur les grilles d’un barbecue qui carbure à cent mille BTU, cuits comme une forêt de térébenthine qui s’éclate dans le ciel boucané en dotant notre vocabulaire d’un savant néologisme – pyrocumulonimbus – qui  aurait tout de poétique s’il ne révélait en même temps un des multiples travestissements jusque-là méconnus dont peut se vêtir l’apocalypse, ça vous apprendra à combler les marais, à débroussailler les terres dites incultes, mais naturelles, pour y implanter une monoculture plus rentable selon vos critères capitalistes mais qui comme tout le reste de votre édifice peur partir en fumée au gré du mistral ou de quelque débile jetant son mégot aux orties et on n’est pas en reste ici dans la pas si belle province à chaque fois que le boréal disparaît ou que les coupes à blanc blanchissent les goussets de gros bonnets industrieux qui après avoir sabré dans la biodiversité plantent rangs d’épinettes noires par-dessus rangs d’épinettes noires, une essence si bien nommée qui lorsque le prochain tarla n’aura pas éteint son feu de camp à deux pas de sa caravane de 40 pieds, télé couleur, air climatisé, salon et chambre à coucher télescopiques, se fera un plaisir le feu de camp de larguer ses étincelles et de lécher jusqu’aux sommets les cimes de cette forêt frelatée, forçant les grenouilles, les chevreux, les orignacs et les zours à migrer vers vos banlieues, chier sur vos patios, pisser dans vos platebandes, chercher refuge dans votre piscine pendant que derrière l’écran de votre smartphone vous essayerez de faire les smarts en instagrammant cet instant unique où la faune vient enfin lécher ses babines dans votre cour, mais méfiez-vous, la rage peut à juste titre couver sous le masque enchanteur du raton, c’est arrivé y a pas si longtemps à Godmanchester où un vulgaire minou a attaqué une pauvre citoyenne qui n’était pas sur ses gardes, c’est comme ça quand la nature se tourne contre vous peut-être parce que vous vous êtes trop détournée de la nature avec votre botox, vos faux seins, votre faux cul, la chirurgie esthétique, votre fausse allure de star dégingandée de cinquante ans qui voudrait encore faire briller les paillettes de son adolescence jusque dans les faux plis de sa conscience, et surtout pendant que vous filmez cette scène unique, ne pas oublier le barbecue – ça vient presque de m’arriver – qui risque de faire cramer ce juteux T-bone qui a nécessité je ne sais plus combien de litres d’eau – si utile pour éteindre les feux – et des prairies entières de fourrage et de céréales, cuits, vous dis-je, on est cuits, avec un Carney désincarné qui vend le peu d’âme qui nous restait aux mégapoches du capitalisme et aux multinationales du pétrole, trace le sillon de merveilleux oléoducs  lesquels, olé, olé, tout en dévastant l’environnement sur leur passage bituminisent l’atmosphère au détriment de ces malingres alvéoles qui se carbonisent dans nos poumons, et comme si ce n’était pas assez ce même retraité de la Haute Finance poursuit l’œuvre de ses prédécesseurs, de Lawrence à Winslow à Monckton, de Amherst à Dunham, de MacDonald à Trudeau à Chrétien à Sheila Copps, des assassins de Riel aux bourreaux des Patriotes, éradiquer tout ce qui ne parle pas anglais, faire disparaître tout ce qui n’est pas Blanc et ne s’exprime pas dans la langue du Big Money, Speak White bandes de morons et laissez la libre concurrence, Netflix, Meta, Spotify, Bezos, Musk et autres oligarques régenter l’univers, engranger les profits, dévaster les derniers bastions de la vie sur terre, et nous, pauvre petit peuple de demeurés, nous nous apprêtons encore une fois à nous dire NON à nous-mêmes, à nous refuser cette si faible lueur qui nous permettrait peut-être de sauver les meubles, de circonscrire et de protéger ce si minuscule segment d’univers que nous partageons et où nous nous identifions cependant comme une entité propre, historiquement définie, partageant des valeurs communes, désunis parce que déchirés entre fabulations wokistes, idées de gauche, idées de droite, paranoïa identitaire, peur de notre ombre et de l’ombre des Autres, insécurité affective, morbidité patriotique, fatigue culturelle, insuffisance de guts et de courage, complaisance peinarde entre les quatre murs de nos bungalows et de nos condos chromés qui risquent cependant de partir en fumée, car nous sommes cuits, hosties toastées des deux bords, relish pourrie entre le chou et la chèvre, cérumen figé dans la crevasse de l’oreille, feu couvant entre l’arbre et l’écorce, nous sommes cuits, et nous mourrons en anglais avec un baril de pétrole enflammé à la place du cœur.

(Ce texte a été rédigé sans l’assistance d’aucune IA. Asseye-toé pour voir!)

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Les petits souliers cirés des libertariens

L’idéologie libertarienne prend racine dans une théorie extrémiste de l’organisation de la société et de l’économie. Après avoir pris d’assaut des formations politiques de droite et de centre droit à l’international, voilà qu’elle chemine au sein de formations politiques conservatrices au Canada et au Québec. Comment réagir à cette radicalisation de nos formations politiques de droite?

Le paradis libertarien

Le libertarianisme est une théorie économique issue du libéralisme économique moderne qui remet en cause les fondements mêmes de la société et de la sociologie contemporaines. Il remet en question l’existence de la « société », qu’il remplace par le concept central de « marché », où la concurrence libre entre les individus et les entreprises suffirait à assurer la régulation des rapports sociaux et économiques. Selon les libertariens, tous les individus naissent égaux et auraient les mêmes chances de s’émanciper personnellement et économiquement. C’est un peu comme l’American Dream, mais sur les stéroïdes. Pour ces derniers, la quête de l’égalité est non seulement erronée, mais les réglementations qu’elle requiert sont défavorables à l’exercice de la liberté individuelle. L’État, qui joue aujourd’hui un rôle d’intervention économique et sociale, devrait ainsi limiter au minimum ses interventions pour laisser le marché innover et apporter des solutions à tous les maux de la terre.

Au paradis libertarien, le citoyen n’est ainsi plus un citoyen, mais plutôt un consommateur. Son émancipation n’est plus civique et ses fonctions ne sont plus sociales. Il ne coopère plus avec son prochain, ne participe plus à une communauté d’intérêts organisée, que ce soit autour d’une classe sociale ou d’une identité. Il trouve tout ce dont il a besoin sur le marché : statut social, biens de consommation et services privés. Ses objectifs sont exclusivement rationnels et fondés prioritairement sur la quête du rendement et du gain personnel. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des parvenus millionnaires qui proposent de moduler le droit de vote en fonction de la propriété et du capital.

Le libertarianisme s’oppose par ailleurs farouchement aux avancées économiques et sociales issues de l’après-guerre, période pendant laquelle nous sommes parvenus collectivement à assurer une meilleure redistribution des richesses, à améliorer la qualité de vie grâce à d’importants programmes sociaux et à bâtir un cadre réglementaire visant à protéger les plus vulnérables et les sans-voix, à commencer par les enfants, ainsi que la faune et la flore.

Des contraintes?

Ce courant idéologique cherche à désarticuler nos institutions, le droit et la réglementation au profit d’un capitalisme sans contraintes qui produirait par essence de meilleurs résultats, malgré le fait que cela soit contraire aux enseignements tirés des expériences historiques du capitalisme depuis deux siècles. Le libertarianisme a donc besoin d’un État de droit pour fonctionner, mais celui-ci devrait être évincé de toute reconnaissance des droits collectifs et se limiter à faciliter le bon fonctionnement du marché. C’est d’ailleurs ainsi que le parti conservateur d’Éric Duhaime a mené une farouche bataille contre la Loi encadrant le travail des enfants, au nom de la liberté de choix des parents en 2023.

Au Québec, de telles idées prennent difficilement racine. L’attachement au modèle québécois et l’héritage de la Révolution tranquille sont encore trop présents pour que ces idées puissent atteindre un statut majoritaire. C’est sans doute pourquoi les conservateurs fédéraux et provinciaux éprouvent autant de difficultés auprès des personnes de 60 ans et plus dans les intentions de vote. Et c’est précisément pour cette raison que nos libertariens sortent leurs petits souliers cirés et adoptent des airs inoffensifs.

Pire encore, ils se placent très régulièrement dans une posture victimaire. Victimes du « gouvernemaman », des monopoles publics, des wokes, des groupes de défense des droits, des syndicats, des écolos radicaux en sandales, des taxes, des communistes, des antifas et j’en passe. Tous des gens qui, selon eux, jouissent d’un trop grand pouvoir et d’une dangereuse influence. Pour la crédibilité, on repassera.

Systématiquement, cependant, ils cherchent à s’attirer la sympathie du monde ordinaire en jouant au caméléon. Ils se greffent ainsi à un enjeu irritant ou important pour la majorité et cherchent à en tirer profit. Dans la nature, nous qualifierions ces comportements de « parasitaire ». En politique, on appelle cela de l’opportunisme, c’est plus poli.

Cela se remarque particulièrement lorsque les libertariens dénoncent les taxes sur l’essence auprès de personnes qui croulent sous le poids de l’augmentation du coût du carburant, lorsqu’ils critiquent l’incidence de l’impôt sur le revenu des ménages en pleine crise du coût de la vie ou lorsqu’ils remettent en question l’impact des réglementations en habitation qui ralentissent certains projets de construction en pleine crise du logement. Les libertariens ne cherchent pourtant à régler aucune de ces trois crises. Ils ne proposent rien pour s’assurer que les solutions profiteront d’abord et avant tout à la majorité. Ils cherchent prioritairement à éliminer des taxes et des réglementations, en cohérence avec leur agenda idéologique.

Les conservateurs provinciaux et fédéraux proposent ainsi de moins en moins timidement d’incarner une solution de rupture avec le système, et non plus seulement une solution de rechange. Ce nouveau conservatisme, investi par ses éléments les plus radicaux, n’a plus grand-chose de véritablement conservateur.

En mettant l’accent sur quelques éléments qu’ils savent populaires, les libertariens projettent l’idée d’une proximité sincère avec les intérêts de la classe ouvrière. Ils ne présentent pourtant qu’un portrait partiel de leur agenda. À la lumière des exemples observés à l’international, voici quelques composantes du projet libertarien : liquidation des sociétés d’État et de programmes sociaux, abolition de milliers d’hectares d’aires protégées et de zones de conservation, déréglementation en matière d’inspection des aliments, d’hygiène, d’environnement et de santé publique, abolition de protections en santé et sécurité du travail, suppression de centaines de milliers d’emplois publics, disparition des sociétés publiques de transport collectif, marginalisation des organisations sociales, syndicales et des groupes de défense des droits par voie législative, privatisation des arts, de la culture, des loisirs et des communications, abolition des subventions aux PME tout en maintenant les avantages fiscaux des grandes entreprises, abolition des programmes scolaires publics, souvent au profit de groupes religieux organisés, abolition des normes environnementales et réduction des contrôles imposés aux entreprises polluantes, et bien plus encore.

Tout cela ne figurera probablement pas dans le programme d’un premier mandat. Cela n’en demeure pas moins l’idéal à atteindre pour les tenants de cette idéologie.

Il faudra redoubler de vigilance pour déceler ce qui se cache derrière les propositions libertariennes et conservatrices. Pour le moment, nos élites politiques et médiatiques échouent lamentablement à remettre en question cette idéologie et à en exposer les limites, les contradictions et les conséquences. Espérons que l’arrivée au pouvoir d’une poignée d’élus libertariens au Québec servira au moins à démontrer les failles et les impasses de ce projet antisocial.

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La Cérémonie des Anges revient pour une 18e année à Rimouski

Le Centre périnatal Entre Deux Vagues revient avec sa traditionnelle Cérémonie des Anges, présentée pour une 18e année à Rimouski, le jeudi 15 octobre à 18 h, au parc Beauséjour, lors de la Journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal.

Les parents, accompagnés de leurs proches, pourront participer à une marche symbolique en mémoire de leurs bébés partis trop tôt.

Maintenant reconnue à l’Assemblée nationale, il s’agira de la troisième Journée québécoise de sensibilisation au deuil périnatal.

Le deuil périnatal est vécu lors de la perte d’un enfant pendant la grossesse, à l’accouchement ou au cours de sa première année de vie.

« L’ampleur de la peine ne se mesure pas au nombre de semaines de grossesse ou de vécu du bébé, mais à la grandeur du rêve que les parents portaient en eux et aussi au sentiment qu’ils avaient déjà d’être parents », indique la coordonnatrice aux activités et à la programmation du Centre Entre Deux Vagues, Claudie Castonguay.

Il est nécessaire de s’inscrire à cette activité d’ici le 13 octobre, par téléphone au 418-723-3944 ou sur le site Internet du Centre Entre Deux Vagues.

La Coopérative funéraire du Bas-Saint-Laurent et la Ville de Rimouski soutiennent l’activité.

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Rimouski souligne la 37e Nuit des sans-abri

L’organisme de travail de rue de la MRC de Rimouski-Neigette et responsable du centre d’hébergement d’urgence Le 95, En tout C.A.S., invite la population à participer à la 37e édition de La Nuit des sans-abri, le vendredi 16 octobre prochain, de 18 h 30 à 23 h, au parc de la Gare de Rimouski.

Sous le thème « Rendre visible l’invisible », l’événement mettra en lumière la crise de l’itinérance, qui continue de sévir un peu partout au Québec.

La Nuit des sans-abri s’amorcera à 19 h avec une marche de solidarité prévue dans le quadrilatère formé par les rues de l’Évêché et Saint-Jean-Baptiste ainsi que les avenues Belzile et de la Cathédrale.

Sur le site, les personnes présentes pourront notamment prendre la parole lors d’un « micro ouvert », circuler dans les différents ateliers de sensibilisation offerts par des organismes communautaires locaux et par les étudiantes du programme de Techniques d’éducation spécialisée du Cégep de Rimouski, se réchauffer près d’un feu ainsi qu’échanger avec des intervenants directement concernés par la problématique de l’itinérance.

Anniversaires à souligner

En 2026, La Nuit des sans-abri se déroule alors qu’En tout C.A.S. célèbre son 20e anniversaire, à peine quelques semaines après la première année d’opérations du centre d’hébergement d’urgence.

Depuis son ouverture, Le 95 a offert près de 2 300 nuitées, ce qui a permis de réduire considérablement l’itinérance dans les rues de Rimouski.

Le directeur d’En tout cas, Luc Jobin (Photo courtoisie)

« Il n’y a pratiquement plus d’itinérants dehors, même s’il y aura toujours des gens qui veulent rester dans des tentes. Il y a des gens qui sont réfractaires à tout ce qu’on peut leur proposer. Les gens ont le droit de vivre comme ils le veulent. C’est très caché, un peu comme il y a 10-15 ans. Ça répond aux besoins d’urgence, mais ce serait encore mieux de ne plus avoir d’itinérance et, pour ce faire, ça va prendre la construction de logements, surtout des logements abordables. On peut colmater des brèches pour les situations d’urgence, mais on ne peut pas toujours être dans l’urgence », indiquait le directeur d’En tout C.A.S., Luc Jobin, dans une précédente entrevue.

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Édito: Les médias écrits communautaires : une voix essentielle au bord du précipice

Dans un Québec où l’information circule à grande vitesse, où les réseaux sociaux imposent leur rythme et où les grands groupes médiatiques rationalisent leurs activités, les médias écrits communautaires jouent un rôle plus important que jamais. Pourtant, ces journaux et magazines locaux vivent une crise financière profonde. Leur situation est paradoxale : ils sont indispensables à la vitalité démocratique et culturelle des communautés, mais ils disposent de moins en moins des moyens nécessaires pour remplir leur mission.

Les médias écrits communautaires ne sont pas de simples entreprises qui produisent du contenu. Ils sont des lieux de proximité, de mémoire et de participation citoyenne. Dans les quartiers, les municipalités rurales, les communautés culturelles, les régions éloignées et les milieux linguistiques minoritaires, ils racontent des réalités souvent absentes des grands médias. Ils donnent la parole aux organismes locaux, couvrent les conseils municipaux, annoncent les activités communautaires et rendent visibles les enjeux qui touchent directement les citoyens.

Or, cette présence a un prix. Depuis plusieurs années, les revenus publicitaires traditionnels diminuent. Les commerces locaux, eux-mêmes soumis à des contraintes économiques, disposent de budgets limités. Une part importante des dépenses publicitaires se dirige désormais vers les grandes plateformes numériques, qui captent l’attention et les revenus sans produire nécessairement de contenu journalistique local. Les médias communautaires doivent donc rivaliser avec des entreprises internationales qui disposent de moyens considérables et d’outils technologiques sophistiqués.

Cette concurrence est profondément inégale. Un journal local peut consacrer des heures à une enquête sur un enjeu municipal ou à un reportage sur une école de quartier. En face, les plateformes numériques offrent une visibilité immédiate, des statistiques détaillées et des tarifs publicitaires parfois très faibles. Elles profitent pourtant du contenu et de l’attention générés par l’écosystème médiatique sans assumer les mêmes responsabilités envers les communautés.

À cette baisse des revenus s’ajoutent la hausse des coûts d’impression, du papier, du transport, des loyers et des salaires. Pour plusieurs médias, chaque numéro devient un exercice d’équilibre. Réduire la pagination permet de diminuer les dépenses, mais affaiblit aussi la diversité du contenu. Publier moins souvent réduit les coûts, mais diminue la présence dans la communauté. Réduire les effectifs peut sembler inévitable, mais augmente la pression sur les journalistes restants et limite la capacité de couvrir les dossiers en profondeur.

Le danger ne concerne pas seulement les propriétaires ou les employés de ces publications. Il touche l’ensemble de la société québécoise. Lorsqu’un média communautaire disparaît, ce n’est pas uniquement un titre qui s’éteint : c’est une partie de la mémoire collective qui disparaît avec lui. Ce sont des archives, des visages, des débats et des récits locaux qui risquent de ne jamais être documentés. Dans plusieurs collectivités, personne ne possède la même connaissance du terrain ni la même relation de confiance avec les citoyens.

La disparition de ces médias fragilise également la démocratie. Une communauté mal informée participe moins aux décisions qui la concernent. Sans journal local pour suivre les élus, expliquer les projets d’aménagement ou questionner la gestion municipale, le pouvoir devient plus difficile à surveiller. La démocratie ne peut pas reposer uniquement sur les grands médias nationaux ou sur les publications des institutions elles-mêmes. Elle a besoin d’une information indépendante, régulière et enracinée dans les milieux de vie.

Il serait toutefois insuffisant de présenter les médias communautaires comme des organisations condamnées à attendre une aide extérieure. Ils doivent continuer à se transformer. La présence numérique, les infolettres, les balados, les médias sociaux et les abonnements en ligne offrent des avenues intéressantes.

C’est pourquoi les gouvernements, les municipalités, les entreprises et les citoyens doivent reconnaître la valeur collective de ces médias. Le soutien public ne doit pas servir à contrôler leur ligne éditoriale, mais à protéger leur capacité d’exister. Des programmes de financement prévisibles, des mesures fiscales adaptées, un meilleur accès aux revenus publicitaires institutionnels et des partenariats avec les organismes locaux pourraient contribuer à stabiliser leur situation.

Les citoyens ont aussi un rôle à jouer. S’abonner, acheter une publication, partager ses articles et soutenir ses annonceurs sont des gestes simples, mais essentiels.

Laisser ces médias disparaître serait une économie à courte vue. Leur disparition coûterait beaucoup plus cher que leur soutien : elle appauvrirait le débat public, isolerait les communautés et affaiblirait la capacité des citoyens à comprendre le monde qui les entoure. Au Québec, défendre les médias communautaires, c’est donc défendre le droit de chaque collectivité à raconter sa propre histoire.

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Carney : « Drill, baby, drill! »

Même si 50 % des Québécois croient toujours qu’il est « le plus meilleur » pour affronter Trump, Mark Carney n’en est pas moins une sorte de cheval de Troie qui cache de plus en plus mal, derrière sa cravate, le banquier pragmatique – c’est-à-dire sans conscience – prêt à écarter tout irritant pouvant nuire à l’efficacité économique, que ce soient l’urgence écologique et climatique, les institutions démocratiques, l’autonomie des provinces ou même les droits de la personne.

L’homme du pétrole de l’Ouest

Mark Carney, c’est un homme de l’Ouest, du Canada pétrolier. Né dans les Territoires du Nord-Ouest, il a grandi à Edmonton en Alberta, dans les vapeurs des sables bitumineux. Pour lui, la richesse première du Canada, ce n’est pas la forêt de Colombie-Britannique, les céréales et le bœuf de l’Ouest, l’industrie automobile de l’Ontario, l’électricité et l’aluminium du Québec, les pêches des Maritimes : c’est le pétrole d’Alberta, menacé par les écologistes et la fermeture des frontières américaines.

Dès son arrivée au pouvoir, après s’être bricolé une majorité avec des transfuges, son premier geste fut de supprimer la taxe carbone pour les consommateurs et d’écarter son créateur, le ministre de l’Environnement Steven Guilbault, qui en avait fait le pivot d’une stratégie qui semblait en voie d’assurer une réduction de nos GES de 40 % d’ici 2030. Avec le retour en force des lobbyistes de l’industrie pétrolière (1 318 rencontres avec les membres du gouvernement en un an), toute la stratégie est tombée à l’eau, sous prétexte de diminuer notre dépendance aux États-Unis : abandon des cibles et du plafonnement des émissions,  émasculation de la taxe carbone pour les industries par des diminutions substantielles du prix du carbone, simplification et accélération des processus d’évaluation environnementale refilés aux provinces,  retour en force des subventions aux pétrolières – notamment pour des programmes de captage de carbone que tout le monde sait inefficaces –, délais pour la réduction des émissions de méthane, projets d’oléoducs à l’Est comme à l’Ouest, et finalement, un deuxième oléoduc de 40 milliards vers la côte sud-ouest, financé à 90 % par nos impôts, pour calmer les velléités séparatistes de la première ministre d’Alberta – le clou qui a crucifié Steven Guilbault.

Le loup déguisé en berger

Il est habile, notre premier ministre; fin renard et même loup déguisé en berger. Il ne s’embarrasse pas du Parlement. Il parle au peuple, aux grands patrons et aux dirigeants du monde. Il est pragmatique, hyperactif. C’est nécessaire face aux tarifs. Il faut supprimer les irritants. Les pesticides bannis pour leur toxicité sont réautorisés… pour assurer notre autonomie alimentaire… et du même coup plaire aux céréaliers de l’Ouest. Les procédures d’approbation des grands projets sont trop longues : il les simplifie et les abrège. La protection des espèces menacées, comme le caribou, le béluga ou le chevalier cuivré, « menace » les entreprises forestières, le transport maritime, les ports méthaniers : leur protection sera désormais laissée au bon vouloir des provinces. Les subventions à l’achat d’une auto électrique sont inutiles, car nous avons beaucoup de pétrole : il les supprime. Et pour flatter le Québec et l’Ontario : un TGV pour riches qui ne verra sans doute jamais le jour.

Bref, en un an de règne, le banquier adulé de Davos a rétabli la primauté absolue de l’économie, de la croissance et du pétrole. Il veut être à la table, pas au menu. Il pactise sans remords avec Mohammed ben Salmane, le roi assassin de l’Arabie saoudite, sans souffler mot des droits de la personne et de la crise climatique. Les forêts brûlent, les habitants suffoquent, l’eau se fait rare et, quand elle tombe, elle emporte tout, les glaces fondent, les océans se réchauffent, les tempêtes se multiplient, les victimes climatiques sont laissées à elles-mêmes, les migrants sont refoulés, la démocratie tourne à droite, les cultures nationales sont ébranlées par le flot des plateformes numériques : pour ne pas déplaire à Trump, Carney ignore tous ces nuages noirs qui s’accumulent sur nos têtes. Pire, il nous militarise pour accélérer la cadence.

Trump plus civilisé

Au fond, Carney, c’est notre Trump à nous, plus civilisé, plus propre, plus sournois, anti-Trump, mais à peine moins dévastateur que l’autre pour les véritables priorités, pour le véritable développement, pour notre démocratie et pour notre avenir. « Quiconque est loup agit en loup », disait Lafontaine en conclusion de sa fable Le loup devenu berger.

Le plus affligeant de ce mauvais rêve, c’est que les Québécois se laissent prendre au jeu, à la peur. Toute leur angoisse écologique semble s’être évaporée d’un coup. En juin dernier, selon un sondage Pallas, 47 % des Québécois auraient encore voté pour les libéraux contre 25 % pour le Bloc, 17 % pour les conservateurs, 6% pour le NPD, 4% pour les verts, et 55 % se disaient satisfaits du gouvernement Carney. L’illusion est parfaite. Pourtant, en un an, le PIB du Canada est passé de 1,7 à 1,1, et l’inflation, de 2,3 à 2,8.  Mais c’est la faute à Trump.

Note de dernière heure: Carney vient d’annoncer l’abolition de la cible de 100 % pour la vente d’autos électriques d’ici 2035, et un récent sondage Abacus enregistre une baisse de 11 points dans les intentions de vote des Québécois en faveur des libéraux de Carney, soit 36 % au lieu de 47 %.

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AIBSL : le Vestiaire solidaire est de retour

Accueil et Intégration BSL (AIBSL) invite la population à offrir une deuxième vie à leurs vêtements d’hiver en bon état dans le cadre de la quatrième présentation de l’activité Vestiaire solidaire – Ensemble pour l’hiver prévue les 16 et 17 octobre.

Vêtements chauds, manteaux d’hiver, pantalons de neige, bottes et accessoires sont acceptés. Le Vestiaire solidaire offre l’occasion de faire le tri et de déposer ses articles le 16 octobre.

Les dons recueillis seront redistribués le 17 octobre en priorité aux personnes immigrantes nouvellement arrivées dans la région. Certaines d’entre elles vont vivre leur premier hiver québécois.

« Le Vestiaire solidaire démontre chaque année à quel point notre communauté sait se serrer les coudes. Chaque vêtement donné peut faire une réelle différence pour une personne ou une famille qui se prépare à affronter l’hiver », souligne la directrice générale d’AIBSL, Sarah Toulouse.

300 bénéficiaires l’an dernier

En 2025, près de 300 personnes ont bénéficié des vêtements et des accessoires distribués lors de l’activité.

« Cette mobilisation témoigne de la générosité du milieu, mais aussi des besoins bien réels auxquels l’initiative répond chaque année. Cette année, la mobilisation s’élargit grâce à des entreprises de la région qui se joignent à l’initiative. Leur contribution permettra de bonifier l’offre de vêtements et accessoires d’hiver et de répondre à un plus grand nombre de besoins », indique AIBSL dans un communiqué.

L’événement pourra également compter sur l’engagement des élèves du Programme d’éducation intermédiaire de deuxième secondaire de l’école Saint-Jean. Ils seront de retour comme bénévoles pour prêter main-forte au déroulement de l’activité.

Le dépôt des dons pourra se faire le vendredi 16 octobre, de 11 h à 20 h, au centre communautaire de Sainte-Agnès Nord (129, rue Talbot) à Rimouski et la distribution est prévue au même endroit le samedi 17 octobre, de 9 h à 13 h.

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LA CULTURE À L’ÉCOLE : OTAGE DES COMPRESSIONS ET DES CONFLITS

L’achat de livres et l’accès à des sorties éducatives culturelles scolaires ont été sujets à des remises en question répétées au fil des budgets partisans, des déclarations et des moyens de pression syndicaux. Pourtant, la culture et les livres sont primordiaux. Voici le survol d’une trentaine d’années qui ont fait et défait le rapport aux livres et à la culture dans le monde scolaire.

À la fin des années 1990, les compressions budgétaires sous les gouvernements Bouchard et Landry forcent la réorganisation des services dans les commissions scolaires. La réduction, la fusion ou la suppression de postes d’enseignants spécialistes en musique et en arts plastiques se multiplient.

Après une accalmie toute relative de quelques années, Couillard et son ministre Coiteux, de 2014 à 2016, réduisent directement les budgets consacrés aux activités culturelles et aux sorties éducatives sans hésiter. Parallèlement, des syndicats (FAE, FSE-CSQ) suspendent les activités « non prioritaires » dans les écoles. Conséquemment, de nombreuses représentations théâtrales et visites de musées seront annulées ou reportées partout au Québec, en raison tant des coupes budgétaires que des moyens de pression.

De 2023 à 2024, les grèves de la FAE et du Front commun provoquent la suspension des sorties éducatives dans plusieurs établissements causant rapidement d’importantes pertes financières pour les organismes culturels.

À la fin 2025, le gouvernement de la CAQ annonce son intention de couper le financement de l’accès à la culture. Il y renoncera toutefois temporairement en mars 2026 sous la pression des organismes culturels et syndicaux. Néanmoins, en mai 2026, le regroupement des mesures budgétaires finançant l’éducation retire la protection spécifique accordée aux programmes La culture à l’école et Sorties scolaires en milieu culturel. Les sommes autrefois réservées sont dorénavant à la discrétion des milieux scolaires.

Ce n’est pas plus rose du côté des livres…

Entre 1996 et 1998, faute de directives protégeant les bibliothèques scolaires lors de la recherche du déficit zéro, ces dernières deviennent des soupapes d’ajustement locales pour équilibrer les budgets via le renouvellement ou non des collections.

Quelques années plus tard dans la foulée de compressions de 150 millions de dollars, le ministère de l’Éducation lève en 2014 l’obligation minimale d’investir 7 $ par élève dans l’achat de nouveaux livres. Le ministre Yves Bolduc (du gouvernement Couillard) justifie ce recul en affirmant que les bibliothèques sont déjà « bien garnies ».

À l’été 2025, Bernard Drainville prend une décision qui entraîne une chute documentée de 11,9 % des achats de livres par les écoles et les bibliothèques.

Puis en 2026, la ministre Sonia LeBel annonce une réforme des règles budgétaires des centres de services scolaires. La mesure d’acquisition d’œuvres littéraires et documentaires perd son statut protégé : plus aucune obligation légale ne force désormais les centres de services scolaires à consacrer des sommes précises à l’achat de livres.

Mais pourquoi donc?

Cette démonstration montre bien combien culture et livres deviennent rapidement les premières victimes des arbitrages budgétaires, localement et nationalement.

Une telle succession de décisions soulève une question plus fondamentale : qu’est-ce que l’on retire réellement aux enfants lorsqu’on réduit leur accès aux livres et aux arts? 

Fondamentalement, les livres et les arts permettent à l’humain, et au premier chef aux enfants et aux enseignants, de renouveler la vision qu’ils ont de leur monde. Ils provoquent le dépaysement ou la « défamiliarisation ». La vie quotidienne émousse nos sens par l’habitude. L’art brise cet automatisme perceptif pour nous faire ressentir les choses au lieu de simplement les reconnaître machinalement par une sorte d’habituation. L’écrivain Chklovski a inventé la notion d’ostranénie pour désigner le processus qui repousse cet émoussement. « L’art rend les objets étranges, il rend la pierre pierreuse et restaure la sensation de vivre contre l’automatisation perceptive ». Il faut de l’art, dira-t-il, autrement le monde disparaît à nos yeux tellement notre cerveau se met en mode automatique et insensible.

Alors je pose la question : pourquoi prendre des décisions budgétaires qui privent les enfants de l’ostranénie émanant des arts et de la culture? Pourquoi permettre que petit à petit ils deviennent étrangers à leur monde, apathiques parce qu’habitués?

Sir Ken Robinson, anglais reconnu mondialement pour ses propos et sa sagacité à propos de l’éducation, est devenu célèbre à l’échelle mondiale grâce à sa conférence TED de 2006, « Do schools kill creativity? ». Sa réponse était claire : l’école tue la créativité. Pour lui, la solution passe par du temps obligatoirement dédié aux arts (musique, théâtre, arts visuels) auxquels on accorderait le même statut que celui réservé aux maths ou au français, sans mettre ces activités en périphérie.

C’est tellement convenu comme solution qu’on oublie qu’elle relève de l’évidence même. Malheureusement la productivité, la compétitivité, la standardisation recherchées imprègnent notre monde. 

Une société qui choisit d’économiser sur les livres et les arts ne devrait pas s’étonner ensuite de voir s’éroder graduellement la curiosité, l’imagination et la capacité de ses enfants à regarder le monde autrement. L’ostranénie n’est pas qu’un luxe culturel. Elle est peut-être l’une des conditions essentielles d’une société vivante.

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L’Arrache-Cœur : 1 598 participants et 39 028 $ amassés en 2026

La Fondation Santé Rimouski a établi un nouveau record depuis qu’elle a repris l’organisation de l’Arrache-Cœur. Sa 22e édition, présentée le 29 septembre, a réuni 1 598 participants, dont 51 entreprises inscrites au Défi Entreprise en santé, ce qui a permis d’amasser 39 028 $.

L’argent servira pour l’acquisition d’un électrocardiographe au Point de service local de l’Hôpital régional de Rimouski, situé dans le Complexe Léonidas.

« Il s’agit de l’une des plus importantes foules des dernières années. Cette vague de générosité aura un impact concret sur les soins offerts dans notre région. L’ajout de l’électrocardiographe permettra d’améliorer le parcours des usagers en regroupant davantage de services au même endroit », a indiqué la directrice générale de la Fondation Santé Rimouski, Caroline Pelletier, dans un communiqué.

L’Arrache-Cœur consiste à la montée de l’avenue de la Cathédrale sur cinq kilomètres, à la marche ou à la course. Présenté habituellement en mai, l’événement avait été reporté en septembre en raison d’orages survenus lors de sa journée initiale.

« Il se passe quelque chose de rare quand des entreprises, leurs équipes et toute une communauté
décident d’avancer dans la même direction. Cette mobilisation dépasse le simple événement. Elle
crée un véritable élan, une fierté collective qui se ressent et qui laisse une empreinte durable ici, chez
nous », souligne Daniel Ouellet, représentant Desjardins.

La Fondation remercie ses partenaires philanthropes : Le Soir.ca, Desjardins, Aux Bienfaits, Puribec, Juriséo, VIVA 102,9, Ville de Rimouski, Santé 2000 Le Club, Maïté Blanchette Vézina – Députée de
Rimouski, Transport Gérard Hallé, La Course à pied, CAMBI, Uniprix de la Cathédrale, Méga Scène,
Équipements Sanitaires GG, Yvan Perreault Mont-Joli, l’Association des Mototouristes de Rimouski
(AMTRI), André Hallé et Fils ainsi que tous les bénévoles.

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« 5 à Huîtres » : la Fondation Jeunesse dévoile ses chefs invités

La Fondation Jeunesse du Bas-Saint-Laurent a dévoilé ses chefs invités pour son populaire « 5 à Huîtres » au profit des jeunes en difficulté, prévu le mercredi 14 octobre à 17 h, à l’Institut maritime du Québec.

Frédérick Boucher, du Vieux Loup de Mer, Guillaume Fournier-Doran, de l’Entre Deux, Suzie Quimper, de Suzie Quimper Traiteur et Nicolas Pelletier, du Marché Claudin Malenfant, proposeront leurs créations originales et savoureuses lors de cette soirée toute spéciale.

Diplômé de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, Frédérick Boucher mène une belle carrière en restauration, tant au Québec qu’en France.

Propriétaire du restaurant Entre Deux au Complexe sportif Desjardins à Rimouski, Guillaume Fournier-Doran possède une solide expérience d’une dizaine d’années en restauration.

Suzie Quimper est à la tête d’un service traiteur renommé à Rimouski. Elle se spécialise maintenant dans l’organisation d’événements privés ou professionnels après avoir perfectionné son art, dans le passé, en travaillant dans des restaurants réputés et en se formant à la pâtisserie au Québec et en France.

Associé au Marché Claudin Malenfant, Nicolas Pelletier participe à des événements gastronomiques locaux et caritatifs, comme le « 5 à Huîtres ».

35 000 $ amassés en 2025

Le coût des billets a été fixé à 185 $ par personne. Ils sont disponibles sur le site Web de la Fondation, au www.fondationcjbsl.com. Des tables corporatives de six places sont également offertes en quantité limitée au coût de 1 050 $.

Les entreprises et partenaires intéressés à devenir partenaires associés, amis ou commanditaires du Cocktail « 5 à Huîtres » peuvent communiquer avec la Fondation au 418 722-1897 ou par courriel.

L’an dernier, 35 000 $ avaient été amassés grâce à la participation de 156 invités.

Très prisé par la population et les milieux d’affaires, le Cocktail « 5 à Huîtres » a déjà permis de distribuer près de 360 000 $ en 21 ans.

Chaque année, près de 5 000 enfants répartis dans les huit MRC du Bas-Saint-Laurent ont accès aux services offerts par la Fondation.

Tous les profits du Cocktail « 5 à Huîtres » servent à offrir des services aux jeunes placés sous la protection de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), ainsi qu’à ceux suivis dans le cadre de la mission CLSC « Jeunes en difficulté » de Santé Québec Bas-Saint-Laurent.

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À Edmonton, la bibliothèque comme lieu, lien et refuge

Entrée et façade de la Stanley A. Milner Library au centre-ville d’Edmonton, 2026

Je reviens à la Stanley A. Milner Library depuis 2022, et ce qui m’intéresse chaque fois, ce sont les déplacements : ceux des espaces, des usages, des priorités. C’est d’ailleurs l’une des premières choses que j’ai faites en arrivant à Edmonton cette fois-ci, comme à chacun de mes passages dans la ville : retourner voir la bibliothèque.

C’était déjà ma quatrième visite. J’y étais deux fois en 2022, en 2023 avant d’y revenir cette fois-ci, en septembre 2026. Assez pour que la visite ne consiste plus seulement à découvrir un lieu, mais à le comparer à lui-même. Qu’est-ce qui est toujours là? Qu’est-ce qui a bougé? Qu’est-ce qui apparaît? Et que racontent ces transformations sur la manière dont une bibliothèque publique se pense au Canada et négocie sa place dans la sphère publique ?

Un bâtiment spectaculaire, mais pas seulement

Posée sur Churchill Square, au cœur du centre-ville, la Stanley A. Milner Library occupe quelque 21 400 m² (230 000 pi²). La bibliothèque centrale de l’Edmonton Public Library (EPL) est installée sur ce site depuis 1967; elle porte le nom de Stanley A. Milner depuis 1996. Fermé à la fin de 2016, le bâtiment a fait l’objet d’une transformation majeure de 84,5 millions de dollars avant de rouvrir le 17 septembre 2020. L’intervention, réalisée par Teeple Architects en collaboration avec Stantec, a conservé la structure de l’ancienne bibliothèque tout en transformant radicalement son enveloppe et ses espaces intérieurs.

La Stanley A. Milner Library en 1989, avant sa transformation majeure. Photo : Provincial Archives of Alberta, via Wikimedia Commons. Aucune restriction de droit d’auteur connue.

Difficile, en la regardant, de ne pas penser aussi à la Seattle Central Library, inaugurée en 2004 et conçue par OMA (Office for Metropolitan Architecture), avec Rem Koolhaas et Joshua Prince-Ramus omme architectes responsables du projet, en collaboration avec LMN Architects. La parenté n’est pas littérale, mais quelque chose circule entre les deux bâtiments : les volumes anguleux, les façades vitrées et métalliques, les plans inclinés, mais surtout cette volonté de faire de la bibliothèque centrale un objet architectural iconique abritant un spectaculaire living room dans la ville. Seattle pousse beaucoup plus loin cette logique, avec son enveloppe de verre et d’acier presque cristalline; la Milner en propose une version plus compacte, greffée sur la structure de l’ancienne bibliothèque. Dans les deux cas, l’architecture participe d’une affirmation : dans le monde des réseaux, la grande bibliothèque publique demeure un équipement civique auquel on donne une présence urbaine forte.

La bibliothèque centrale de Seattle, Seattle Central Library, Andrew Smith from Seattle, WA, USA, CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0, via Wikimedia Commons

La Stanley A. Milner Library vue depuis Churchill Square à Edmonton en 2026, Marie D Martel, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

Mais cette fois, ce n’est pas tant l’architecture qui a retenu mon attention à la Milner. Ou plutôt : ce sont moins les formes du bâtiment en elles-mêmes que ce qu’elles permettent de faire, les usages qu’elles accueillent et, surtout, ce qu’elles donnent à voir et à mettre en valeur. Devant la bibliothèque, Churchill Square donne déjà un premier indice. Des tables et des chaises, des jeux d’échecs et de dames géants, des gens qui passent ou qui s’arrêtent : la bibliothèque s’inscrit dans un espace public qui déborde largement ses murs. Puis, on entre et le même principe semble se poursuivre à l’intérieur. On peut emprunter un livre, bien sûr, mais aussi prendre un café, voir une exposition, apprendre à cuisiner, fabriquer quelque chose, participer à une activité, rencontrer une Aînée, ou simplement rester là. C’est peut-être ce qui me fascine le plus avec cette bibliothèque : elle donne matériellement à voir l’élargissement du répertoire d’action de la bibliothèque publique au Canada.

L’atrium de la Milner : volumes anguleux, passerelles et puits de lumière colorés. Photo : Marie D. Martel, septembre 2026.
La Teaching Kitchen, l’un des espaces qui élargissent les manières d’apprendre et de participer à la Milner. Photo : Marie D. Martel, 2023.

Lors de ces visites, les présentoirs racontaient d’ailleurs presque autant la bibliothèque que les rayonnages. « Exploring Reconciliation », « For Art’s Sake », « What’s Cooking? », « Canadiana » : les collections sont constamment remises en contexte et reliées à des pratiques, à des questions ou à des expériences. La Capital City Art Gallery at Milner, installée à côté du café, expose des artistes, une peintre autochtone en ce moment, et inscrit l’art dans le quotidien de la bibliothèque et des habitant.es. Ailleurs, les disques vinyles, la collection « Read Local », les clubs de lecture, les dispositifs de participation autour du cinéma, le Makerspace et la Teaching Kitchen multiplient les manières d’entrer dans la bibliothèque et d’y participer.

Une bibliothèque qui continue de se transformer

Et ce répertoire n’est pas figé. Après plusieurs visites, c’est même l’un des aspects qui me frappent le plus : la Milner n’a pas été « terminée » en 2020. La grande rénovation n’a pas fixé une fois pour toutes ce que devait être la bibliothèque. Les espaces continuent d’être ajustés et transformés.

Le Makerspace en fournit un bon exemple. Il occupait déjà une place considérable dans le projet de 2020 : plus de 929 m² (10 000 pi²) consacrés notamment à l’impression 3D, à la couture, à la production sonore et vidéo, au découpage laser et à différentes formes de fabrication. Mais l’espace a de nouveau été rénové en 2025. EPL mentionne l’installation d’un nouveau revêtement de sol, un traitement acoustique, des améliorations à l’éclairage et à l’installation électrique, ainsi que l’aménagement d’un nouvel espace consacré au jeu vidéo.

Le Makerspace avant sa rénovation de 2025, avec une démarcation nette entre l’espace et le reste de la bibliothèque.
Le Makerspace après la rénovation de 2025 : le nouveau revêtement de sol contribue à une plus grande continuité avec les espaces environnants.

Cette fois, c’est surtout le nouveau revêtement de sol qui m’a frappée. Le tapis semble désormais se prolonger au-delà du Makerspace et établir une continuité avec les espaces qui l’entourent. La frontière paraît moins nette : on a moins l’impression d’entrer dans un laboratoire technologique séparé du reste de la bibliothèque et du monde. Ce détail d’aménagement me semble loin d’être anodin. Il dit quelque chose d’une évolution du modèle même du makerspace : faire, fabriquer, jouer, enregistrer ou expérimenter ne constituent plus nécessairement des activités spécialisées reléguées dans une zone identifiable comme telle. Celles-ci semblent désormais s’inscrire plus naturellement dans le continuum ordinaire de la bibliothèque.

Un tipi dans l’espace commun

Lors de mes visites précédentes, j’avais surtout retenu PÎYÊSÎW WÂSKÂHIKAN / Thunderbird House, premier espace de la bibliothèque spécifiquement consacré aux cérémonies et aux rassemblements autochtones. EPL explique l’avoir développé avec des membres des communautés autochtones et, en particulier, avec l’Aînée Jo-Ann Saddleback, en suivant des principes nêhiyaw. Le peuplier blanc qui recouvre le sol, les murs et le plafond, l’orientation des entrées au sud et à l’est et le système de circulation d’air permettant de pratiquer une cérémonie de purification par la fumée (smudging), ne sont donc pas de simples choix décoratifs.

PÎYÊSÎW WÂSKÂHIKAN / Thunderbird House, l’espace autochtone dédié de la Milner. Marie D. Martel, septembre 2026

De tels espaces autochtones occupent aujourd’hui une place croissante dans les bibliothèques publiques canadiennes, tant dans les grandes villes que dans de plus petites collectivités. Au Québec, les équivalents sont beaucoup moins évidents. On pourrait bien sûr m’opposer Sanaaq — et j’aurais certainement une chose ou deux à dire sur le sujet. Contentons-nous ici de reconnaître que la comparaison est intéressante : Sanaaq inscrit l’autochtonisation de manière transversale — dans son nom, ses collections, sa programmation, ses partenariats et ses orientations institutionnelles — tandis que la Milner l’inscrit aussi plus concrètement dans l’organisation de ses espaces.

Le programme Kêhtêyayah (Elder) in Residence : Kokum Lorette Goulet à la Milner. Marie D. Martel, septembre 2026

Et le programme Elder in Residence approfondit cet engagement. Au moment de ma visite, Kokum Lorette Goulet y tenait des périodes de rencontre. On peut prendre rendez-vous avec une Aînée pour établir un lien avec la culture, mieux comprendre certains savoirs ou recevoir une orientation culturelle. Autrement dit, les savoirs autochtones ne sont pas seulement représentés dans les collections ou inscrits dans l’architecture : des personnes qui les portent et les transmettent ont une place reconnue dans la bibliothèque.

Le tipi installé dans un espace central et très visible de la Milner : une présence autochtone inscrite dans le quotidien de la bibliothèque. Photo : Marie D. Martel, septembre 2026.

Mais j’ai surtout remarqué ce changement depuis ma dernière visite : un tipi occupe maintenant un emplacement très visible dans l’espace commun de la bibliothèque. Comme mon séjour se déroulait peu de temps avant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, je me suis d’abord demandé s’il s’agissait d’une installation temporaire liée au 30 septembre. Or, il semble que le tipi a été installé en mai et utilisé depuis juin 2026, notamment dans le cadre des activités du Mois national de l’histoire autochtone puis, en septembre, EPL y proposait encore régulièrement des Story Stops in the Tipi, de courtes activités mettant notamment en valeur des histoires et des auteur.rices autochtones.

Lors de mon passage, cette présence était naturellement accentuée par la proximité de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation : sélection documentaire, dispositif autour des « 150 Acts of Reconciliation », activités participatives et créatives (DIY) pour différents publics. La réconciliation n’est pas présentée uniquement comme un enjeu à comprendre : elle se traduit aussi par un large registre de gestes possibles à accomplir.

Je n’ai pas trouvé d’information permettant d’affirmer que le tipi constitue désormais une installation permanente. On peut toutefois établir qu’il ne s’agit pas simplement d’un décor installé pour quelques jours autour du 30 septembre. La distinction est importante. Thunderbird House demeure un espace autochtone dédié, architecturalement conçu pour certaines pratiques, cérémonies et certains rassemblements. Le tipi fait autre chose : il inscrit une présence autochtone directement dans l’espace commun et très fréquenté de la bibliothèque.

Et c’est peut-être ici que la notion de prime space devient intéressante. Ce que l’on positionne dans les espaces les plus visibles et les plus fréquentés d’une bibliothèque n’est jamais tout à fait neutre. L’emplacement lui-même participe à la production de sens : il contribue à déterminer ce que l’institution choisit de mettre au premier plan dans sa fabrique sociale et interculturelle.

Une bibliothèque-refuge, mais de quoi et pour qui?

Je considère aussi la Milner autrement cette fois-ci parce que, depuis mes premières visites, je travaille sur la bibliothèque publique comme refuge. Le terme n’est d’ailleurs pas complètement étranger à EPL : Thunderbird House est présenté comme un urban refuge, certes un lieu où l’on peut pratiquer le smudging, mais aussi simplement trouver un espace calme pour réfléchir. Cette question m’accompagne donc presque malgré moi lorsque je parcours le reste de la bibliothèque : de quoi peut-on se réfugier ici? Et qu’est-ce que la bibliothèque met concrètement en place pour permettre ce refuge?

À la Milner, la réponse est particulièrement évidente parce que la bibliothèque est située en plein centre-ville d’Edmonton, où se côtoient des réalités sociales très différentes. La bibliothèque est ainsi, tout simplement, un endroit où l’on peut être. Cette possibilité, apparemment banale, prend ici une importance particulière : pouvoir s’y arrêter, y trouver un peu de chaleur, une présence humaine et des ressources de base, sans avoir à justifier sa présence ni, en principe, à consommer quoi que ce soit.

Collections, lumière naturelle et lieux où s’installer, seul ou avec d’autres, à la Milner. Photo : Marie D. Martel, septembre 2026.

La notion de bibliothèque comme infrastructure sociale, notamment développée par Eric Klinenberg et Shannon Mattern, devient éclairante à cet égard. Elle permet de comprendre que la portée sociale de la bibliothèque ne tient pas seulement aux espaces et aux ressources qu’elle met à disposition, mais à la manière dont ceux-ci sont activés. Le travail de médiation, la présence du personnel, la programmation et l’attention portée aux conditions d’accueil contribuent à créer des possibilités de rencontre, de coexistence et de participation à la vie collective. L’infrastructure sociale est donc à la fois matérielle et relationnelle : elle repose sur des lieux, mais aussi sur le travail qui les rend habitables, accessibles et socialement actifs.

Mais une infrastructure sociale ne devient pas automatiquement hospitalière parce qu’elle est publique. Qui peut réellement y entrer, y rester, s’y reconnaître et agir sur ce qui s’y passe? L’approche community-led, caractéristique du modèle bibliothéconomique canadien, et particulièrement assumée à EPL, ajoute une dimension significative. Elle invite à ne pas seulement concevoir des services pour des communautés définies par l’institution, mais à créer les conditions pour les concevoir avec elles, à partir de leurs savoirs, de leurs relations et de leurs priorités. La question n’est donc plus uniquement de savoir ce que la bibliothèque offre, mais qui participe à définir ce qu’elle devient.

La bibliothèque-refuge se situe, pour moi, à la rencontre de ces deux perspectives. L’idée de refuge déplace le regard des services vers les conditions d’hospitalité. Un refuge n’est pas nécessairement un espace séparé ou protégé derrière une porte. Il peut tenir à une chaise que l’on peut occuper longtemps, à une prise électrique, à un accès gratuit, à la possibilité d’être seul au milieu des autres. Mais il tient aussi à la possibilité de se reconnaître dans le lieu, d’y voir ses savoirs considérés comme légitimes et, idéalement, de pouvoir contribuer à la manière dont ce lieu est pensé. 

À la lumière de ces réflexions, certains des changements que j’observe prennent un autre sens. La frontière devenue plus poreuse du Makerspace élargit les manières légitimes d’occuper la bibliothèque. Le tipi placé dans un espace central donne une visibilité nouvelle à des présences, des récits et des savoirs autochtones dans l’espace commun. Et Thunderbird House constitue un cas encore plus explicite : sa conception avec des membres des communautés autochtones et l’Aînée Jo-Ann Saddleback ne relève pas seulement de la représentation, mais d’un régime qui se rapprocherait du faire avec. Il ne suffit évidemment pas de déplacer du mobilier, d’installer un tipi ou même de consulter une communauté pour produire de l’inclusion. Mais l’organisation matérielle et la gouvernance d’une bibliothèque participent bien à définir qui peut s’y reconnaître, ce qu’on peut y faire, quels savoirs y ont droit de cité et qui peut participer à la définition du lieu.

Du refuge à la liberté intellectuelle

Il faut aussi envisager une autre manière d’être un refuge : offrir un espace où l’on peut rencontrer librement des idées, des récits et des points de vue, sans que le pouvoir politique et/ou des groupes de pression interviennent dans ce qui nous est donné à lire, à voir ou à découvrir. Cette autre facette de la visibilité prend en 2026 une résonance particulière en Alberta. Car depuis ma dernière visite, ce ne sont pas seulement les espaces de la Milner qui ont bougé. Le contexte politique dans lequel EPL exerce sa mission s’est lui aussi considérablement durci.

Les débats albertains autour des collections et de l’accès aux livres, d’abord particulièrement audibles dans le milieu scolaire, ont atteint directement les bibliothèques publiques. En 2026, le gouvernement provincial a adopté le Bill 28, qui modifie notamment la Libraries Act et accroît les pouvoirs du gouvernement en matière d’inspection ainsi que de réglementation de l’accès, de l’utilisation et de l’emprunt des ressources des bibliothèques publiques. La Coalition for Alberta Public Libraries (CAP Libraries) fournit par ailleurs une excellente explication article par article de cette loi.

Or, depuis, les choses se sont précisées. Des règlements adoptés en juillet prévoient qu’à compter du 1er janvier 2027 certains documents comportant des représentations visuelles explicites d’actes sexuels devront être séparés des collections librement accessibles et leur accès contrôlé. Les personnes de 15 ans ou moins devront obtenir l’autorisation d’un parent ou d’un tuteur pour les consulter ou les emprunter.

La réaction des bibliothèques publiques de l’Alberta a été particulièrement ferme. La CAP Libraries, qui représente 324 points de service dans la province, a qualifié les mesures annoncées d’ « act of censorship ». Elle a aussi soulevé des questions très concrètes : qui devra prouver son âge? Faudra-t-il une pièce d’identité? Comment protéger la confidentialité des personnes? Qu’arrivera-t-il à celles qui ne disposent pas de documents gouvernementaux? Et jusqu’où les décisions concernant l’accès aux collections pourront-elles être retirées aux conseils locaux et aux professionnel.les des bibliothèques?

EPL participe directement à cette mobilisation. Sa directrice générale, Pilar Martinez, a explicitement dénoncé la situation; elle a aussi employé le mot « censorship » pour décrire les restrictions proposées. Cette actualité change un peu la manière dont je regarde la bibliothèque cette fois-ci. D’autant que, si les nouvelles règles ne désignent pas explicitement les contenus 2SLGBTQIA+, ceux-ci se trouvent tout particulièrement exposés dans les débats. Gender Queer de Maia Kobabe, qui figure depuis plusieurs années parmi les livres les plus contestés aux États-Unis selon l’American Library Association, a notamment été cité par le gouvernement albertain parmi les exemples invoqués pour justifier son intervention. Pilar Martinez elle-même a souligné cette dimension en rappelant que ce sont aujourd’hui des romans graphiques portant sur des réalités 2SLGBTQIA+ qui sont visés, avant de demander : « Tomorrow, what is it? » On appelle à la résistance de différents acteurs et actrices de la société civile.

Cathy Fowler et Diana Maliszewski à IBBY 2026 : une présentation sur le contexte actuel de la censure au Canada et les mobilisations qu’il suscite, notamment autour des contenus 2SLGBTQIA+. Photo : Marie D. Martel, août 2026.

Le tapis du makerspace, le tipi installé dans un espace central et un projet de loi sur l’accès aux collections sont évidemment des sujets de nature très différente. Je ne cherche pas à les mettre sur le même plan. Mais ils ramènent tous, chacun à leur manière, à une question fondamentale de bibliothéconomie : qu’est-ce qu’une bibliothèque choisit de rendre accessible, légitime, valorisé dans l’espace public? Une bibliothèque se construit aussi par ces décisions. Où commence le makerspace et où finit-il? Où installe-t-on l’espace autochtone? Quels savoirs occupent les espaces les plus visibles? Et maintenant : Quels livres peuvent être empruntés librement? Qui décide? Et à partir de quelles valeurs professionnelles, politiques ou communautaires?

Revenir pour voir ce qui bouge

C’est probablement pour cela que j’aime revenir dans les bibliothèques que j’ai déjà visitées. Dans un premier temps, les dispositifs les plus saisissants attirent presque inévitablement le regard : l’architecture, le grand écran numérique, le Makerspace, les escaliers qui se déploient comme d’interminables déambulatoires, les espaces pour enfants. À la quatrième visite, on regarde autrement. On remarque un nouvel aménagement, un usage qui s’est installé, un espace qui a changé de fonction ou de sens. Et parfois, c’est le contexte politique lui-même qui fait vaciller le regard que l’on porte sur l’institution. On se demande du coup si, lors du prochain passage à la Milner, Heated Rivalry sera toujours mis en valeur comme un fier « Canadiana », ou même s’il sera encore simplement accessible sur les rayonnages.

La Stanley A. Milner Library reste spectaculaire. Mais ce qui m’intéresse désormais davantage, c’est peut-être précisément ce qui se passe après le grand projet architectural : la manière dont une bibliothèque continue de se refaire, par petites touches, au contact des usages, des communautés. Mais aussi des tensions de son époque, qui viennent parfois ébranler des institutions que l’on croyait inébranlables. Une bibliothèque publique, décidément, n’est jamais tout à fait terminée.

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Course des couleus à Rimouski : 15 500 $ pour trois fondations

La première Course des couleurs de Rimouski, présentée le 26 septembre au parc Beauséjour, a permis d’amasser 15 500 $ avec la participation de 490 coureurs et 50 bénévoles.

Organisé conjointement par la Fondation du Cégep de Rimouski, la Fondation TAG et la Fondation Martin D’Astous, l’événement avait pour objectif de recueillir des fonds pour favoriser la persévérance scolaire, l’accessibilité aux études et le bien-être des jeunes de la région.

« Cette première édition a dépassé nos attentes. Voir autant de personnes se réunir pour soutenir la réussite éducative des jeunes nous rappelle toute la force de notre communauté. Nous sommes profondément reconnaissants envers les participants, les bénévoles et nos partenaires », souligne Hélène Desaulniers, coordonnatrice de la Fondation du Cégep de Rimouski.

En 2026, 490 participants ont participé à la première Course des couleurs de Rimouski. (Photo courtoisie Jihème Déhène)

De nombreux partenaires, dont Le Journal Le Soir, ont contribué à la première édition de la Course des couleurs. Le comité organisateur confirme déjà son intention de présenter de nouveau l’événement en 2027.

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Formule Rita : 50 000 $ amassés en 2026

Le tournoi de golf caritatif Formule Rita vient de connaître une année record. À l’issue de l’événement 2026, son comité organisateur confirme avoir amassé près de 50 000 $ pour les œuvres du Club Lions.

Grâce à la générosité de ses commanditaires, environ 20 000 $ en cadeaux ont pu être remis lors de cette 28e présentation, qui a accueilli plus de 320 joueurs au cours de ses deux journées, les 19 et 20 septembre, au Club Les Saules.

Lors de la soirée principale du tournoi, sa fondatrice, Rita Marquis, avait confirmé qu’elle comptera sur la participation de ses coprésidents d’honneur, Line Marcoux et William Doucet, ainsi que sur la Fondation Marcel-Gagné, au moins jusqu’à sa 30e édition, prévue en 2028.

Formule Rita a de nouveau remis 30 000 $ à 10 organismes œuvrant auprès de la communauté.

L’Association des personnes handicapées visuelles (5 000 $), le Centre d’action bénévole Rimouski-Neigette (5 000 $), Centraide BSL (3 000 $), Sclérose en plaques (3 000 $), Répit du passant (3 000 $), Moisson Rimouski-Neigette (3 000 $), Pro-Jeune Est (2 000 $), l’Hôtellerie Omer-Brazeau (2 000 $), la Maison Marie-Élisabeth (2 000 $) et le Fonds Sourire (2 000 $), qui soutient l’accès à des soins dentaires de qualité, ont tous reçu une contribution.

La Fondation Jennely-Germain recevra aussi une partie du montant « moitié-moitié » amassé.

Durant les deux journées, les golfeurs ont aussi profité de nombreux « trous chanceux » ainsi que de soupers BBQ et de steaks sur le gril.

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Arrache-Cœur 2026 : marcher ou courir pour un électrocardiographe

Tout est en place pour la 22e présentation de l’Arrache-Cœur, alors que des centaines de marcheurs et coureurs graviront l’avenue de la Cathédrale sur cinq kilomètres, ce mardi 29 septembre, au profit de la Fondation Santé Rimouski.

L’argent amassé servira à l’achat d’un électrocardiographe pour le point de service externe situé sur l’avenue Léonidas à Rimouski, qui regroupe les centres de vaccination et de prélèvement.

Le point de service réalise en moyenne 35 bilans préopératoires par semaine. L’acquisition d’un électrocardiographe représente un investissement de 27 000 $.

« Cette acquisition va nous permettre de réaliser un examen qui est habituellement réalisé en cardiologie pour réaliser des électrocardiogrammes dans notre point de service. L’Arrache-Cœur un événement rassembleur, festif et accessible que l’on attend avec impatience depuis plusieurs semaines. Nous avons très hâte d’accueillir les participants », mentionne la directrice générale de la Fondation, Caroline Pelletier.

Reporté en raison d’orages survenus en mai dernier, l’événement se fera cette fois au crépuscule. La Fondation invite les participants à porter des vêtements réfléchissants et colorés afin de créer une ambiance festive.

La directrice générale de la Fondation Santé Rimouski, Caroline Pelletier. (Photo Le Soir.ca-Annie Levasseur)

« Ça sera vraiment être beau. Une belle occasion de décrocher du boulot et de la routine qui s’installe avec la rentrée où tout va vite pour tout le monde. Ça sera l’activité sportive et philanthropique de la rentrée. Tout le monde peut participer, peu importe son âge ou sa condition physique. Nous sentons une belle mobilisation qui nous permet d’espérer avoir plus de participants que les années précédentes », indique madame Pelletier.

Horaire devancé

Comme la noirceur tombe plus tôt à cette période de l’année, l’horaire de l’Arrache-Cœur a été devancé de 30 minutes. L’accès au site se fera dès 17 h et le premier départ sera donné à 18 h 30.

Les inscriptions sont toujours ouvertes. Le coût est de 20 $ pour les 12 ans et plus, et gratuit pour les 11 ans et moins. Pour vous inscrire et consulter l’horaire ajustée : www.fondationsanterimouski.com/arrachecoeur.

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Collecte TELUS 2026 : 1 212 kg de denrées et 8 440 $ amassés

Grâce à la mobilisation des bénévoles et d’élèves de l’école secondaire Saint-Jean, 1 212 kilogrammes de denrées non périssables et 8 440 $ en dons ont été recueillis lors de la Collecte TELUS au profit de Moisson Rimouski-Neigette, présentée samedi (26 septembre) à différents points de collecte aménagés à travers la ville.

Pour une septième année, l’ensemble des dons a été remis à Moisson Rimouski-Neigette afin de soutenir son travail auprès des personnes et des familles qui vivent une situation d’insécurité alimentaire dans la région.

« Chaque don recueilli apporte un peu de répit à une personne ou à une famille qui traverse une période difficile », souligne Marie Eve St-Pierre, directrice générale de Moisson Rimouski-Neigette, dans un communiqué.

Lancées en 2020 sous la forme de Collectes mobiles à domicile, où les bénévoles récupéraient les denrées laissées par les familles devant leur résidence, les collectes ont permis au fil des ans de recueillir plus de 66 000 kilogrammes de nourriture auprès de milliers de foyers rimouskois.

La collecte a également pu compter sur la précieuse collaboration de la Ville de Rimouski, qui a contribué au déploiement des différents points de collecte.

Moisson Rimouski-Neigette offre une aide alimentaire de dernier recours aux personnes qui n’ont pas les moyens de s’alimenter de façon sécuritaire.

L’organisme propose plusieurs services afin de répondre à des besoins grandissants, notamment des dépannages alimentaires, la distribution de denrées à d’autres organismes ainsi que des cuisines collectives et de récupération.

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« 5 à Huîtres » : des billets de la Fondation Jeunesse disponibles

La Fondation Jeunesse du Bas-Saint-Laurent poursuit la vente des billets pour son populaire « 5 à Huîtres » au profit des jeunes en difficulté, prévu le mercredi 14 octobre à 17 h, à l’Institut maritime du Québec.

Pour cette 22e présentation, l’organisme s’associe à la firme PMI Structures-Prometek. Sa présidente, Josiane Pouliot et son président ex officio, Jean Pouliot, assureront la présidence d’honneur de l’événement.

« Nous offrons encore cette année la formule dégustation d’huîtres nature, ainsi que la formule découverte d’huîtres apprêtées et cuisinées, qui seront disponibles à des stations bien identifiées. Rappelons qu’un buffet dégustation sera également offert à ceux qui le préfèrent ou qui n’aiment pas les huîtres », explique la directrice de la Fondation, Patricia Allard.

Très prisé par la population et les milieux d’affaires, le Cocktail « 5 à Huîtres » a déjà permis de distribuer près de 360 000 $ en 21 ans.

Chaque année, près de 5 000 enfants répartis dans les huit MRC du Bas-Saint-Laurent ont accès aux services offerts par la Fondation.

Tous les profits du Cocktail « 5 à Huîtres » servent à offrir des services aux jeunes placés sous la protection de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), ainsi qu’à ceux suivis dans le cadre de la mission CLSC « Jeunes en difficulté » de Santé Québec Bas-Saint-Laurent.

35 000 $ amassés en 2025

La Fondation dévoilera bientôt les trois chefs qui participeront à l’événement. L’an dernier, 35 000 $ avaient été amassés grâce à la participation de 156 invités.

La présidente d’honneur du « 5 à Huîtres » en 2025, la députée de Rimouski, Maïté Blanchette Vézina, en compagnie de la directrice générale de la Fondation Jeunesse du Bas-Saint-Laurent, Patricia Allard et de la présidente du conseil d’administration, Céline Nadeau. (Photo courtoisie)

Le coût des billets a été fixé à 185 $ par personne. Ils sont disponibles sur le site Web de la Fondation, au www.fondationcjbsl.com. Des tables corporatives de six places sont également offertes en quantité limitée au coût de 1 050 $.

Les entreprises et partenaires intéressés à devenir partenaires associés, amis ou commanditaires du Cocktail « 5 à Huîtres » peuvent communiquer avec la Fondation au 418 722-1897 ou par courriel.

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Don de 175 000 $ : Accueil-Maternité consolide ses activités

Grâce à l’implication de plusieurs philanthropes, Accueil-Maternité de Rimouski profite d’un don de 175 000 $ qui lui permettra de poursuivre ses activités et d’améliorer sa maison de l’avenue Rouleau.

La Fondation Marcel Gagné, Daniel Bénéteau et Valmond Santerre figurent parmi les donateurs. La famille d’André et Josée Collin, de l’entreprise Les Structures GB, s’engage aussi à soutenir l’organisme pendant les cinq prochaines années.

L’argent servira à rénover et à améliorer les installations fréquentées par les mères, les enfants, les bénévoles et les intervenants.

Un premier chantier important a déjà été réalisé au cours de l’été. Il touche un service directement lié à la mission d’Accueil-Maternité. Sa direction donnera plus de détails au cours des prochaines semaines.

Accueil-Maternité accompagne les femmes enceintes et les mères de jeunes enfants depuis 1987. Ses services s’adressent aux mamans dont le plus jeune enfant est âgé de trois ans ou moins.

L’organisme cherche à briser l’isolement et à offrir du soutien aux nouvelles mères. Elles peuvent y trouver une oreille attentive, du répit et de l’aide lorsque les premiers mois ou les premières années avec un enfant deviennent plus difficiles.

Accueil-Maternité offre ses services à toutes les femmes, mais une partie importante de son travail se fait auprès de mères défavorisées.

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Course des couleurs : les familles sont attendues

La première Course des couleurs se tiendra ce samedi 26 septembre au parc Beauséjour de Rimouski. La Fondation du Cégep de Rimouski, la Fondation TAG et la Fondation Martin D’Astous s’associent pour cet événement familial et festif.

Le parcours, pendant lequel les marcheurs et les coureurs seront aspergés de poudres colorées, sera accessible à tous.

Présenté par Via Capitale Horizon, l’événement vise à mobiliser la communauté autour d’une cause commune, soit de soutenir les jeunes et de leur offrir les ressources nécessaires pour s’épanouir.

« Les gens pourront partager des moments en famille. Que tu aies de tout petits enfants ou des plus grands, tout le monde va le faire ensemble. Ce sont des souvenirs qui vont émaner de ça dans plusieurs semaines ou plusieurs années. Il n’y a pas de départ plus tôt pour les plus jeunes et plus tard pour les plus vieux. Toute la famille le fait ensemble », exprime le président de la Fondation TAG, Nicolas Thibeault.

« Nous allons permettre aux gens d’acheter des sachets individuels de poudre à trois dollars. Nous avons commencé à en vendre et les gens sont déjà malicieux », ajoute la coordonnatrice de la Fondation du Cégep de Rimouski, Hélène Desaulniers.

L’activité commencera à 9 h avec la remise des dossards. Il y aura deux départs, un premier à 10 h et un deuxième à 10 h 30. De l’animation avant et après la course ainsi qu’un dîner BBQ sont aussi prévus.

« Le premier départ est pour ceux qui veulent courir plus sportivement et l’autre est pour les familles. C’est la beauté de voir plus de 400 coureurs réunis pour une seule et même cause qui sont nos enfants. Ce sera incroyable. J’ai hâte de vivre ça avec tout le monde », souligne monsieur Thibeault.

Hélène Desaulniers précise qu’une vingtaine de partenaires ont embarqué dans le projet en plus d’une soixantaine de bénévoles. Elle dit avoir senti que le projet a rallié les étudiants à la cause de la Fondation du Cégep de Rimouski.

« C’est une grosse famille qui va collaborer à tout ça. Plusieurs de nos bénévoles sont des étudiants du Cégep de Rimouski. C’est plaisant de voir qu’ils sont conscients que la Fondation travaille pour eux et qu’ils veulent nous donner un coup de pouce. Nos équipes sportives sont toutes à l’extérieur en fin de semaine, mais les athlètes sont passés nous voir cette semaine pour nous encourager. »

Trois fondations s’unissent

L’idée est venue d’un membre de la Fondation TAG alors que la Fondation du Cégep travaillait déjà sur un projet du genre.

« Nous avions déjà approché la Fondation Martin D’Astous pour travailler avec eux. Après des discussions entre les trois organisations, nous avons décidé d’unir nos forces et de travailler ensemble pour ces mêmes objectifs que sont la santé mentale des jeunes et les jeunes, autant les plus petits que les plus vieux avec la Fondation du Cégep », indique Nicolas Thibeault.

« Les gens participent déjà à plusieurs activités alors si un événement peut soutenir trois causes, c’est gagnant pour tout le monde. Chez nous, c’est pour la réussite éducative. Les sous peuvent aller autant pour une activité liée à l’alimentation qu’à des bourses d’admission, c’est très large. Les jeunes des autres causes sont notre future clientèle. C’est génial », affirme Hélène Desaulniers.

Le montant total amassé sera divisé à parts égales entre les trois fondations. Jusqu’à maintenant, 420 coureurs sont inscrits. Les inscriptions en ligne se poursuivent jusqu’à 23 h ce soir sur la plateforme Zeffy.

Jusqu’à 500 participants seront acceptés. S’ils restent des dossards, il sera possible de s’inscrire sur place avant la course, dès 9 h.

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Le Noël des oubliés veut amasser 30 000 $ à Rimouski

Le copropriétaire du Bar Ti-Québec et du restaurant Haute-Ville, Jacques Gendron, lance le Noël des oubliés, un spectacle-bénéfice prévu le 28 novembre prochain au sous-sol de l’église de Saint-Robert, avec l’objectif de recueillir 30 000 $ pour des organismes dédiés à la lutte contre la pauvreté à Rimouski.

À la suite d’une activité de financement du même genre qui avait permis d’amasser le même montant dans le cadre du 50e anniversaire de son entreprise en 2025, monsieur Gendron s’associe maintenant au philanthrope Marcel Gagné comme ambassadeur et à Pierre-Paul D’Anjou, retraité de la Brasserie Molson, à titre de coordonnateur.

Le chanteur country Nelson Ross participera au spectacle en promettant les plus grands succès de la musique country.

Les personnes intéressées à participer au Noël des oubliés peuvent se procurer des billets au coût de 50 $ ou acheter une table dès maintenant, ce qui comprend un rabais sur une consommation au Bar Ti-Québec ou à l’achat d’un repas au restaurant Haute-Ville, en communiquant avec Marie-France Ouellet au 418 318-0503 ou au Bar Ti-Québec.

L’argent recueilli sera distribué à des organismes ciblés par un comité de bénévoles afin de répondre aux besoins de la communauté rimouskoise.

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Plus de 400 élèves davantage visibles sur le chemin de l’école

Cet automne, près de 400 housses de sac à dos à haute visibilité seront distribuées dans des écoles primaires de la MRC de Rimouski-Neigette afin de contribuer à rendre les jeunes élèves plus visibles sur le chemin de l’école.

Destinées aux élèves de 1re et de 2e année qui se rendent à l’école à pied, ces housses sont déployées par la Démarche COSMOSS Rimouski-Neigette, en collaboration avec la Sûreté du Québec poste Rimouski-Neigette, le Centre de services scolaire des Phares et Santé Québec – Bas-Saint-Laurent.

Issue d’une initiative provinciale de la Sûreté du Québec, cette action a mobilisé les partenaires de COSMOSS Rimouski-Neigette qui ont choisi d’unir leurs efforts pour la déployer sur le territoire.

L’objectif est de favoriser des déplacements actifs plus sécuritaires et sensibiliser les jeunes, leurs familles et les automobilistes à l’importance de la sécurité aux abords des écoles.

Mieux voir les petits marcheurs

Installée directement sur le sac à dos, la housse offre une grande surface à haute visibilité qui permet aux automobilistes de repérer plus facilement les enfants, notamment lorsque la luminosité est réduite ou que les conditions météorologiques sont moins favorables.

L’inscription « Prudence » et le symbole de la tortue qui y figurent invitent également les usagers de la route à ralentir et à redoubler de vigilance en présence de jeunes marcheurs.

La distribution a débuté le 21 septembre dans les écoles participantes et se poursuivra au cours de l’automne.

Elle s’accompagne d’une courte activité de sensibilisation auprès des élèves, animée par la coordonnatrice locale de police de proximité, la sergente Marie-Josée Dubé-Gamache, ainsi que par les partenaires du projet.

Les housses sont remises gratuitement aux élèves ciblés et pourront être réutilisées par les écoles d’une année à l’autre.

Une note explicative est également transmise aux parents afin d’en favoriser une utilisation adéquate.

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« Répare tes trucs » est de retour dans La Mitis

L’activité Répare-tes-trucs La Mitis est de retour pour une troisième présentation cet automne, cette fois le 17 octobre à la salle municipale de Price.

Organisé par la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles (RITMR) de La Matapédia et de La Mitis, en collaboration avec la municipalité de Price et Insertech, cet événement invite les Mitissiens à donner une seconde vie à leurs objets plutôt que de les jeter gratuitement.

Les participants pourront faire réparer gratuitement leurs objets avec l’aide de bénévoles.

Deux nouveautés s’ajoutent cette année au Répare-tes-trucs La Mitis. L’organisme Insertech sera sur place avec un défi où les participants devront démonter et remonter un ordinateur le plus rapidement possible, avec la chance de remporter un ordinateur portable gratuitement.

De plus, les citoyens de La Mitis peuvent s’inscrire afin d’avoir accès au service de transport gratuit en autobus offert par le TAC de La Mitis. Pour bénéficier du transport, il est nécessaire de réserver son déplacement à l’avance au www.tacmitis.org.

« Nous sommes contents de proposer à nouveau cette activité dans La Mitis. La participation de nouveaux collaborateurs représente un bel ajout à l’événement et permettra d’offrir certaines nouveautés, comme le tirage d’un ordinateur portable reconditionné par Insertech », souligne Vincent Dufour, directeur général de la RITMR.

Variété d’objets

Les citoyens pourront apporter une variété d’objets qui ont besoin d’une réparation : petits appareils électroménagers, ordinateurs brisés ou lents, vêtements, articles électroniques, tablettes et cellulaires. Avec l’aide des bénévoles, ils pourront tenter de leur redonner une seconde vie.

« L’objectif est de partager des compétences et de sensibiliser la population à l’importance de réparer et de réutiliser plutôt que de jeter. » ajoute Karolyne Beauchamp, conseillère en gestion des matières résiduelles à la RITMR.

Les citoyens pourront apporter une variété d’objets qui ont besoin d’une réparation. (Photo courtoisie)

Depuis les deux dernières années, 75 objets ont été réparés dans La Mitis, donc 332 kg de déchets ont évité l’enfouissement.

Les personnes intéressées à devenir bénévoles ou qui ont des questions sont invitées à communiquer avec la RITMR au 1 800 631-2924 poste 1938 ou à l’adresse k.beauchamp@ecoregie.ca.

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Spectacle-bénéfice : 20 000 $ pour la Fondation Martin D’Astous

Le tout premier spectacle-bénéfice présenté par Beaulieu Décor et Distributions D’Astous, le 19 septembre à l’église Sainte-Cécile du Bic, a permis d’amasser 20 000 $ pour la Fondation Martin D’Astous afin de soutenir les familles et les jeunes de la communauté.

« Un immense merci à nos précieux partenaires, au groupe LT Country Band, à Marc-Antoine Lévesque, aux bénévoles, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont répondu présentes pour faire de cette soirée un moment mémorable. L’ambiance était exceptionnelle, les performances étaient remarquables et le soutien des gens nous a profondément touchés », mentionne l’équipe de la Fondation Martin D’Astous.

Ce résultat exceptionnel permettra à la Fondation de poursuivre sa mission et d’apporter un soutien concret aux familles et aux jeunes qui en ont besoin au sein de la communauté.

« Cette soirée a démontré toute la force de notre communauté lorsque nous nous rassemblons pour une cause qui nous tient à cœur. Ensemble, nous créons de l’espoir et faisons une réelle différence », conclut l’équipe de la Fondation.

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Quand les grands-parents transforment les photos de famille avec l’IA

Les images générées par intelligence artificielle s’invitent désormais jusque dans les albums de famille, et ce nouvel usage commence à créer des tensions entre générations. De plus en plus de parents découvrent que des grands-parents, des oncles, des tantes ou des amis utilisent les photos de leurs enfants pour créer des portraits, des cartes de […]
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Festi-Bob 2026 : somme record de 21 000 $ amassée

La 3e édition du Festi-Bob de Rimouski, présenté le 5 septembre dernier au Centre communautaire Saint-Pie-X, a permis de recueillir une somme record de 21 000 $.

En tout, le comité organisateur versera 18 900 $ à la Fondation Bob Bissonnette, tandis qu’il remettra 2 100 $ à la Fondation Jennely-Germain, qui combat la malnutrition infantile dans la Vallée de La Matapédia, à Rimouski et à Baie-Comeau.

De nouveau cette année, le Festi-Bob proposait des tournois amicaux de dekhockey et de soccer destinés aux jeunes et aux adultes, sans volet éliminatoire, avec maquilleuse et DJ sur place. Un match réunissant différentes personnalités sportives de la région a également eu lieu au cours de la journée.

La programmation musicale en soirée, animée par l’humoriste rimouskois Sébastien Haché, mettait en vedette Yoann Guay et Olivier Bergeron, deux anciens participants de Star Académie.

L’humoriste rimouskois Sébastien Haché assurera l’animation du spectacle, ponctué de capsules vidéo inédites mettant en vedette Patrice Lemieux, personnage créé et interprété par Daniel Savoie.

Un encan virtuel a aussi permis à plusieurs acheteurs de mettre la main sur des chandails autographiés de Charle-Édouard D’Astous du Lightning de Tampa Bay, de Philippe Danault et Zachary Bolduc du Canadien de Montréal, d’Alex Belzile du Rocket de Laval, de Kristopher Letang des Penguins de Pittsburgh, de Jonathan Marchessault des Predators de Nashville, de Jeffrey Viel des Ducks d’Anahein, de Marc-Antoine Pouliot, des Oilers d’Edmonton et de tous les joueurs des Capitals de Washington font aussi partie de l’encan.

Le Festi-Bob de Rimouski a vu le jour en 2024 à l’initiative de Serge Dionne, un ami d’enfance du regretté Bob Bissonnette, pour soutenir la pratique du sport et des arts chez les jeunes qui composent avec certaines difficultés financières ou personnelles. Il a permis d’amasser 36 000 $.

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Challenge Vélo Plein Air : montant record amassé en 2026

Le 13e Challenge Vélo Plein Air, présenté le 19 septembre, a permis à la Fondation Maison Marie-Élisabeth de recueillir le montant record de 64 649 $, dépassant largement l’objectif fixé à 50 000 $.

Ce défi cycliste s’est déroulé en deux parcours, par la route sur 80 km et par la montagne sur 50 km.

Même si le nombre de cyclistes était moindre cette année, les 80 généreux participants (90 en 2025) étaient répartis en 2 groupes égaux, soit à vélo de montagne ou sur route.

Ils ont réalisé une levée de fonds d’un dynamisme exceptionnel qui a permis de tout de même dépasser de 11 000$ celle de l’an dernier.

« La météo était parfaite et les participants enthousiastes. Je tiens à remercier personnellement tous les partenaires et les cyclistes, qui, en plus de leur défi, ont réalisé une collecte de fonds au-delà de nos attentes. Nous avons eu aussi une participation exceptionnelle d’équipes qui se sont qui se sont données à fond pour leur levée de fonds », a d’ailleurs indiqué la présidence d’honneur d’Annie Théberge.

Fidèles au rendez-vous

Toujours fidèles au rendez-vous, Carl Bérubé et son équipe de Vélo Plein Air soutiennent la Maison Marie-Élisabeth depuis 2014.

« Carl est l’initiateur du défi. Nous le remercions chaleureusement d’avoir choisi notre cause au départ et d’y être fidèle depuis toutes ces années. C’est grâce à de belles collaborations comme celle-ci que notre Maison peut aller chercher plus d’un million de dollars dont elle a besoin chaque année pour poursuivre sa mission! », lance Steeve Lemieux, président du conseil d’administration de la Maison Marie-Élisabeth (MMÉ) et fier participant pour la 11e année au défi.

Cette année, en plus de Carl, René Bérubé, Catherine Lord, Geoffrey Deschesnes, Pierre Côté et Yves Landry composaient le comité organisateur.

Les participants du Challenge de montagne Vélo Plein Air 2026 (P

Grâce à ce beau partenariat, le Challenge Vélo Plein Air a permis à la Maison Marie-Élisabeth de recueillir plus de 402 600 $ en 13 ans.

Tous ces dons vont directement aux soins et services offerts gratuitement par la maison de soins palliatifs aux patients et à leurs proches. Paule Côté, directrice de la Maison Marie-Élisabeth, a enfilé le maillot du Challenge pour une sixième année à vélo de montagne.

Prix Endurance pour Marie-Noëlle Laurin

Le prix « Endurance », donné pour la cinquième fois dans l’histoire du Challenge, a été remis par Alexander Reford, représentant la Fondation Jack Herbert, à Marie-Noëlle Laurin de l’équipe « Les Gagnon pour Mamie » qui adhère bien à notre cause, qui se démarque par sa fidélité et qui fait preuve de persévérance.

Plusieurs commanditaires appuient la cause, année après année, et contribuent grandement au succès connu par l’activité depuis ces dernières années.

Depuis plus de 16 ans, la Maison Marie-Élisabeth accueille et offre gratuitement des soins palliatifs aux personnes en phase terminale. Sa direction doit recueillir plus de 1,5 M $ annuellement afin de perpétuer sa mission.

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Formule Rita : partenariats prolongés jusqu’au 30e

S’il dévoilera le montant final amassé pour sa 28e présentation dans les prochains jours, le comité organisateur du tournoi de golf « Formule Rita » comptera sur la participation de ses coprésidents d’honneur, Line Marcoux et William Doucet, ainsi que sur la Fondation Marcel-Gagné au moins jusqu’à sa 30e édition, prévue en 2028.

Son instigatrice, Rita Marquis, en a fait l’annonce samedi soir, lors de la soirée principale de l’événement présenté, les 19 et 20 septembre, au Club Les Saules de Rimouski. Plus de 320 joueurs ont joué au golf au cours de ces deux jours.

La générosité des participants et des commanditaires de « Formule Rita » a de nouveau permis de remettre 30 000 $ à 10 organismes œuvrant auprès de la communauté.

L’Association des personnes handicapées visuelles (5 000 $), le Centre d’action bénévole Rimouski-Neigette (5 000 $), Centraide BSL (3 000 $), Sclérose en plaques (3 000 $), Répit du passant (3 000 $), Moisson Rimouski-Neigette (3 000 $), Pro-Jeune Est (2 000 $), l’Hôtellerie Omer-Brazeau (2 000 $), la Maison Marie-Élisabeth (2 000 $) et le Fonds Sourire (2 000 $), qui soutient l’accès à des soins dentaires de qualité, ont tous été récompensés.

Déjà coprésidents d’honneur depuis quatre ans, Line Marcoux et William Doucet, de Rimouski Toyota, poursuivront leur association avec le tournoi pour au moins les deux prochaines années en haussant leur contribution financière.

Pour sa part, la Fondation Marcel-Gagné, qui ajoute 6 000 $ à la cagnotte finale destinée aux personnes démunies, continuera également son implication financière dans le « Formule Rita ».

Durant les deux journées, les golfeurs ont également profité de nombreux « trous chanceux », de soupers BBQ et de steaks sur le gril, ainsi que de généreuses tables de cadeaux.

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Centraide Bas-Saint-Laurent lance sa campagne annuelle

Centraide Bas-Saint-Laurent a donné le coup d’envoi de sa campagne annuelle 2026, ce vendredi, au parc de la Gare à Rimouski. Pour l’occasion, partenaires, organismes communautaires et membres de la communauté ont été invités à vivre une expérience mettant en lumière une réalité simple : nous ne partons pas tous du même point dans la vie.

Santé, logement, revenus, famille, réseau de soutien : une partie du parcours de la population est influencée par des circonstances qu’ils ne choisissent pas.

L’an dernier, Centraide Bas-Saint-Laurent a établi un record de 1 392 984$ pour sa campagne de souscriptions annuelle au profit de ses 50 organismes partenaires dans la région.

À travers un jeu de société créé spécialement pour l’occasion, les personnes participantes ont été confrontées à des situations inspirées de réalités vécues dans la région. Certaines facilitaient leur parcours.

D’autres les plaçaient devant un imprévu, un obstacle ou une situation sur laquelle elles avaient bien peu de contrôle.

« Nous aimons penser que notre parcours dépend de nos choix et de nos efforts. Ils comptent, bien sûr. Mais nous n’avons pas tous les mêmes possibilités au départ et personne n’est à l’abri d’un imprévu. C’est là que l’entraide prend tout son sens : elle permet de ne pas avoir à traverser seul les moments plus difficiles », explique Akotchayé Lawin-Ore, directeur régional et développement philanthropique.

Le directeur régional de Centraide Bas-Saint-Laurent, Akotchayé Lawin-Ore. (Photo courtoisie Centraide)

Des représentantes et représentants d’organismes soutenus par Centraide étaient également présents aux différentes tables pour mettre en perspective les situations rencontrées pendant le jeu et témoigner des réalités qu’ils côtoient chaque jour dans le Bas-Saint-Laurent.

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Formule Rita : 320 joueurs réunis pour sa 28e présentation

Tout est en place pour la présentation du 28e tournoi de golf caritatif Formule Rita. Parmi les plus importants du genre dans l’Est-du-Québec, l’événement accueillera de nouveau environ 320 joueurs au profit des œuvres du Club Lions, ce vendredi 18 et ce samedi 19 septembre, au Club Les Saules.

Sous la présidence d’honneur, pour une quatrième année, de Line Marcoux et William Doucet, de Rimouski Toyota, l’événement tentera de fracasser son record de l’an dernier, alors qu’il avait réuni 334 joueurs et permis d’amasser 42 000 $ au cours de ses deux journées.

En 2026, le comité organisateur remettra 30 000 $ à 10 organismes œuvrant auprès de la communauté, soit l’Association des personnes handicapées visuelles (5 000 $), le Centre d’action bénévole Rimouski-Neigette (5 000 $), Centraide BSL (3 000 $), Sclérose en plaques (3 000 $), Répit du passant (3 000 $), Moisson Rimouski-Neigette (3 000 $), Pro-Jeune Est (2 000 $), l’Hôtellerie Omer-Brazeau (2 000 $), la Maison Marie-Élisabeth (2 000 $) et le Fonds Sourire (2 000 $).

Personnalité sportive de l’année

Le Club Lions profitera de la soirée du vendredi pour remettre le prix de la Personnalité sportive de l’année, une tradition vieille de 61 ans à Rimouski.

Cette reconnaissance souligne l’engagement exceptionnel de personnes qui contribuent au développement du sport amateur dans la communauté rimouskoise.

Plutôt cette semaine, le Club Lions de Rimouski a dévoilé les trois finalistes pour 2026, soit René Alary du Club de baseball senior Le Shaker, Jean-Charles Fournier du Club de pickleball et Azur Desrosiers du Club de patinage artistique.

René Alary, Jean-Charles Fournier et Azur Desrosiers (Photos courtoisie)

Un comité composé de membres du Club Lions et de journalistes sportifs, présidé par Robert Gagnon, a étudié les candidatures préalablement soumises. Le Club Lions remettra un chèque au club sportif du gagnant. Tous les finalistes recevront également un cadeau souvenir.

Redonner à la communauté

Comme lors des années précédentes, la Fondation Marcel-Gagné contribue à l’événement en ajoutant 6 000$ à la cagnotte finale destinée aux personnes démunies.

« Dès la création du tournoi, mon souhait était de rassembler les gens autour d’une activité conviviale tout en redonnant concrètement à la communauté. Soutenir les organismes qui viennent en aide aux personnes dans le besoin a toujours été au cœur de cette initiative. Avec le Club Lions de Rimouski, nous sommes fiers de célébrer cette 28e édition, car le milieu communautaire et les personnes de notre région en ont grandement besoin », précise l’instigatrice du tournoi de golf Formule Rita, Rita Marquis.

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Manger à sa faim, sans honte

« Les gens pensent beaucoup à Moisson en novembre, décembre, des fois en janvier, mais […] on a faim à l’année », affirme Marie Ève St-Pierre, directrice de Moisson Rimouski-Neigette, lors de notre entretien se déroulant pendant l’une des distributions de denrées de l’organisme.

Depuis un certain temps, tu te sens au bord du gouffre : ton panier d’épicerie rapetisse à vue d’œil et tu redoutes de nouveaux défis. Tu ne veux pas que la faim t’amène à signer la fin de ton autonomie financière. L’écart semble faible entre ces deux positions, et tu crains les jugements des autres.

Et si tu imaginais le pire scénario possible? Accepter l’aide des ressources qui se trouvent à ta disposition afin de perdre un peu moins de plumes pourrait-il devenir avantageux?

Face à la réalité

Lundi 11 mai 2026, 13 h

J’arrive chez Moisson Rimouski-Neigette. Une employée me guide vers le bureau de Marie Ève St-Pierre. Directrice de l’organisme depuis 2022, Mme St-Pierre mentionne d’emblée que le manque de ressources, autant financières qu’alimentaires, demeure le principal enjeu auquel elle fait face. Les chiffres vont dans le même sens : selon le Bilan-Faim 2025 publié en octobre par les Banques alimentaires du Québec, notre province bat des records en ce qui concerne l’augmentation de la demande d’aide alimentaire. Mme St-Pierre précise aussi devoir solliciter d’autres entreprises et organismes afin de faire connaître Moisson Rimouski-Neigette : « On existe depuis 30 ans, mais les gens ne nous connaissent pas beaucoup. » L’organisme travaille actuellement sur l’élaboration d’un plan d’action pour les années à venir.

Après l’entrevue, j’observe à la fois l’appel des bénéficiaires et la distribution des denrées. Dans la salle d’attente, l’une des clientes attire mon attention : elle est coiffée d’un chignon, porte un manteau noir et semble attendre son tour. En bref, elle est sans doute comme toi, une madame Tout-le-Monde. Je m’assois à côté d’elle et nous commençons à échanger. Elle indique fermement qu’elle désire faire l’entrevue sous le couvert de l’anonymat. Cela semble logique : Hélène Jolicoeur, directrice de la cuisine collective de Matane, mentionnait en entrevue que les gens recevant de l’aide alimentaire sont facilement victimes de préjugés.

Cette cliente soutient être généralement satisfaite des denrées qu’elle reçoit depuis maintenant six mois et n’hésite pas à faire des échanges avec d’autres bénéficiaires de l’organisme pour obtenir ce qui lui manque. Elle dit avoir une vision optimiste de son avenir et explique vouloir s’en sortir, bien que cette situation lui convienne pour le moment.

La fourmilière

13 h 45

Après cette discussion, je me dirige vers la salle où tu recevrais six à sept sacs de nourriture pour une durée d’un mois. L’endroit est propre, et les denrées sont bien classées dans des contenants bleus, noirs, rouges et jaunes, ceux-ci séparant produits non périssables, pains, viandes ainsi que produits laitiers, fruits et légumes.

La chaleur monte rapidement dans la pièce : les multiples bénévoles effectuent plusieurs allers-retours, se glissent quelques paroles entre les déplacements et, telles de petites fourmis ouvrières, lèvent les boîtes colorées remplies à ras bord. J’ai l’impression d’être superflue dans ce petit espace où l’organisation de la colonie n’est que trop bien structurée.

Le rôle des bénévoles ne se limite pas à du travail physique et à la gestion de denrées. Catherine Belzile, 32 ans, s’implique comme bénévole chez Moisson Rimouski depuis 2020. Sa tâche consiste entre autres à gérer le dossier des bénéficiaires. Étant inapte au travail, elle désire donner de son temps de manière judicieuse. Parmi les gens faisant partie de sa clientèle se trouvent des individus de tout type : autant des personnes seules que des familles nombreuses, autant des citoyens sur le marché du travail que des gens ne pouvant mener une vie professionnelle ou des étudiants. D’ailleurs, les difficultés financières que vivent ces personnes ne la laissent pas indifférente : « Souvent, quand je fais des inscriptions et que la personne me montre qu’elle a 2 $ dans son compte, je ne peux pas rester insensible », exprime-t-elle.

14 h 20

La visite se finit à l’entrepôt, cette fois en compagnie de Mme St-Pierre. L’endroit semble plus ouvert, et la fraîcheur se fait sentir. Mais un détail ne change pas : d’autres fourmis s’y cachent afin de trier les dons fraîchement reçus. Au fond de cet entrepôt, une montagne d’objets de tous genres empilés les uns par-dessus les autres me force à lever la tête pour en voir l’intégralité.

Mme St-Pierre conclut que les denrées varient principalement selon le temps de l’année, les dons reçus et, parfois, les achats faits directement par l’organisme. Elle dit aussi que certaines périodes sont plus propices à la réception de dons que d’autres, février étant leur principale période creuse.

En fin de compte, je ne peux te dire ce que tu devrais penser, mais après avoir vu les nombreux bénévoles et employés à l’œuvre, la sérénité de la bénéficiaire ou encore le cadre solide dans lequel Moisson Rimouski évolue malgré les difficultés, il me semble évident que cet organisme t’accueillera en toute bienveillance.

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Bad Bunny ou l’amour souverain comme acte de résistance

C’est le 8 février dernier qu’avait lieu la 60e édition du Super Bowl de la NFL. Cette année, ce sont plus de 128 millions de téléspectateurs qui étaient réunis devant leur écran pour ce rituel collectif alliant football, ailes de poulet et spectacle de la mi-temps, faisant du Super Bowl l’événement médiatique le plus suivi des États-Unis. Bien plus qu’un simple match de football, l’événement sportif incarne une véritable fenêtre sur la culture, l’économie et la politique américaine.

Alors que le pays est, sous la seconde administration de Trump, au cœur d’une véritable fracture sociopolitique, avec un climat de haine alimenté par le conservatisme à la « Make America Great Again », la polarisation et l’application massive des opérations de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à l’encontre des communautés immigrantes, c’est la méga-star latine Bad Bunny qui a assuré le spectacle de la mi-temps. Et pour la première fois de l’histoire de la NFL, la performance était entièrement en espagnol. Dans ce contexte politique hautement chargé, la présence de l’artiste portoricain revêt une dimension symbolique forte : il était attendu avec fébrilité, et ses gestes, anticipés.

Bienvenue à Puerto Rico : 13 minutes pour résister autrement

Cette plateforme était l’occasion rêvée pour l’artiste de dénoncer haut et fort la haine dirigée envers les personnes migrantes, l’autoritarisme décomplexé et les injustices que subissent des individus toujours plus stigmatisés. Or Bad Bunny a fait encore mieux : il a troqué la confrontation pour l’affirmation, celle de son identité, des siens et de la place de l’amour comme force de résistance face à la haine.

Tout au long de sa performance, il y avait bien évidemment la danse, sa présence magnétique et les rythmes de ses plus grands succès. Mais surtout, Bad Bunny a transformé ses précieuses minutes de présence médiatique en une véritable célébration de son archipel natal et de toute la diaspora latine. Le terrain de football s’est alors mué en un village portoricain festif et dansant : ruelles animées, maisons colorées, commerces typiques, le tout entouré d’un champ de canne à sucre. C’était là le tour de force qu’a réussi Bad Bunny : non pas tenter de convaincre de la légitimité d’un peuple et de ses droits, mais plutôt d’en présenter le fait accompli dans la force, la joie et la conviction. C’est donc dans cette posture – celle de l’amour comme forme de résistance – que Bad Bunny, Benito Antonio Martínez Ocasio de son vrai nom, a clôturé son spectacle en scandant « Que Dieu bénisse l’Amérique », suivi des noms de tous les pays du continent, dont ses danseurs portaient les drapeaux bien haut. Au même moment, on pouvait apercevoir l’inscription « The only thing more powerful than hate is love » illuminant un panneau géant, question de bien graver cette conviction dans les esprits.

Je déteste donc je suis

Bien que le plaidoyer sincère et enivrant de Bad Bunny pour l’unité et l’amour de son prochain ait eu l’effet d’un vent d’espoir pour nombre d’entre nous, reste à savoir si cela peut réellement faire le poids face aux divisions qui se creusent dans les communautés de nos voisins du Sud. Plus fondamentalement, on peut s’interroger : l’amour peut-il réellement rivaliser avec la haine en tant que force mobilisatrice de changement social? Si on a voulu y croire le temps d’une soirée, les actualités sociopolitiques des derniers mois suggèrent plutôt – et c’est ce qui est le plus effrayant – que la haine, alimentée par la peur de l’autre, l’ignorance et conséquemment le besoin de sécurité, détient une redoutable capacité de fédérer. Mais qu’en est-il vraiment?

C’est là-dessus que s’est penché le sociologue Lewis Coser dans l’ouvrage classique The Functions of Social Conflict, dans lequel le conflit avec « l’autre » est décrit comme un déterminant social puissant pour la cohésion d’un groupe, dont l’identité s’articule et se consolide en opposition avec cet antagoniste. L’article Hate as Poison and Cure?1 suggère également qu’il n’y a rien comme la désignation d’un ennemi commun pour souder efficacement et rapidement des individus, en ce que la haine nous informe sur qui « nous » sommes en regard de ce que « eux » sont. Un bel exemple de ce type de structure identitaire? Le mouvement MAGA – lire ici : Make America Great Again – qui fonde littéralement sa raison d’être dans la négation de l’existence de l’autre. Or, si la haine peut mobiliser à court terme, les groupes qu’elle fédère sont fragiles, car dès que l’objet de leur haine commune disparaît, leur identité collective s’en trouve automatiquement fragilisée, et potentiellement défaite. Si la poudre de leurs canons effraie, elle se limite fondamentalement à de la poudre aux yeux.

« The only thing more powerful than hate is love »

L’amour – celui qu’on construit dans la solidarité et le soin de sa communauté –a quant à lui besoin de temps pour se forger, mais détient cette force : une fois établi, ses racines sont profondes, durables. La psychologue sociale Marilynn Brewer2 le démontre habilement : lorsque l’appartenance à un groupe se bâtit sur des valeurs et des expériences partagées, plutôt que sur une menace commune, la solidarité n’en est que plus forte et durable. Autrement dit, nul besoin d’un ennemi pour s’aimer. Et c’est exactement cela que Bad Bunny a réussi à démontrer de façon irrévocable lors de cette mi-temps historique.

Ce que l’artiste a réussi à créer, c’est ce que la politologue Elisabeth Wood appelle le pleasure of agency3, soit la joie souveraine d’exister. Ce concept, Wood l’a élaboré lors de recherches ethnographiques menées en pleine guerre civile au Salvador, en observant des paysans qui ont soutenu un combat mené au péril de leur vie, au nom de leur communauté, de leur morale et de leurs valeurs. La chercheuse a conclu que c’est l’engagement moral et l’implication émotionnelle – et non la haine – qui ont ultimement permis aux paysans de mener et de remporter leur lutte.

Ainsi, invoquer l’amour plutôt que la haine comme force mobilisatrice du changement social, c’est se donner les vrais moyens de résister et d’avancer. Et les données confirment la posture rassembleuse et pacifique de Benito Ocasio ce 8 février dernier. Les chercheuses Erica Chenoweth et Maria Stephan4 démontrent, sur la base de l’analyse de centaines de mouvements de résistance à travers le monde, que ce sont ceux qui sont fondés sur des valeurs de non-violence et de collaboration qui réussissent mieux dans l’atteinte de changements sociaux durables – deux fois plus que leurs homologues violents.

C’est là, peut-être, la leçon politique que nous devons retenir de la performance livrée par Bad Bunny lors de ce Super Bowl : dans une société menacée par la haine, choisir l’amour comme acte de résistance c’est non seulement bienfaiteur, c’est stratégique.

1. McCarthy-Jones et al. 2026.

2. « The Psychology of Prejudice: Ingroup Love or Outgroup Hate? », Journal of Social Issues, vol. 55, no 3, 1999.

3. Elisabeth J. Wood, Insurgent Collective Action and Civil War in El Salvador, Cambridge University Press, 2003.

4. Why Civil Resistance Works : The Strategic Logic of Nonviolent Conflict, Columbia University Press, 2011.

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L’Est en mouvement : une première édition pour penser l’avenir collectif des régions

Le 28 mai dernier, Matane a accueilli la première édition du forum interrégional L’Est en mouvement, un événement organisé conjointement par les pôles d’économie sociale du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord ainsi que par la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Ce rassemblement visait à créer un espace de réflexion et d’action autour des grands enjeux qui traversent les territoires de l’Est-du-Québec. Dans un contexte marqué par la crise du logement, la fragilisation de certains services de proximité et les défis liés à la transition écologique, le forum a permis de mettre en commun des expériences et des pistes de solutions portées par les acteurs de l’économie sociale.

Plus qu’un simple événement, cette première édition se voulait un lieu de rencontre entre les personnes et les organisations qui, au quotidien, développent des réponses concrètes aux besoins de leurs communautés. Habitation, services de proximité, relève entrepreneuriale, participation citoyenne et transition écologique figuraient parmi les thèmes au cœur des échanges.

Les mots d’ouverture ont donné le ton à la journée. Philippe Dufort, président du conseil d’administration d’Économie sociale et solidaire Bas-Saint-Laurent, a rappelé l’importance de multiplier les espaces de dialogue entre les territoires afin de renforcer notre capacité à répondre collectivement aux défis actuels. Cette volonté de bâtir des ponts entre les régions a également été portée par la conférence d’ouverture de Béatrice Alain, directrice générale du Chantier de l’économie sociale, qui a invité les personnes présentes à réfléchir au rôle transformateur de l’économie sociale dans les grandes transitions en cours.

Tout au long de la journée, les participants et les participantes ont pris part à des ateliers et à des panels portant sur des enjeux majeurs pour l’avenir des territoires : financement des projets collectifs, habitation, services de proximité, transition socioécologique, engagement citoyen et relève entrepreneuriale. Au-delà de la diversité des thèmes abordés, les échanges ont fait ressortir une préoccupation commune : renforcer la capacité des communautés à répondre elles-mêmes à leurs besoins et à façonner leur développement.

Les discussions ont notamment mis en lumière le rôle croissant des entreprises collectives dans la réponse à des besoins que ni le marché ni l’État ne parviennent toujours à combler adéquatement. Plusieurs ont également souligné l’importance de réaffirmer la dimension collective et transformatrice de l’économie sociale, à un moment où les inégalités territoriales, la crise du logement et les enjeux environnementaux appellent des réponses qui dépassent la seule logique du marché.

La conférence d’Émilie Dupont, coordonnatrice en économie circulaire à la SADC du Kamouraska (la Société d’aide au développement de la collectivité), est venue enrichir ces réflexions en présentant des modèles économiques qui privilégient l’usage et la mutualisation des ressources plutôt que leur simple consommation. Cette approche rejoint plusieurs préoccupations exprimées au cours de la journée quant à la nécessité de repenser nos façons de produire, de consommer et d’habiter nos territoires.

Plusieurs interventions ont d’ailleurs convergé vers un même constat : les défis auxquels font face les régions dépassent souvent les capacités d’action d’une seule organisation ou d’un seul secteur. Habitation, mobilité, accès aux services ou transition écologique exigent désormais des approches plus concertées, où les populations, les entreprises collectives, les municipalités et les institutions publiques travaillent en complémentarité.

L’un des fils conducteurs du forum aura été la volonté de replacer l’économie au service des collectivités. Derrière la diversité des ateliers se dessinait une même conviction : les réponses aux défis de l’Est passeront par davantage de coopération, d’ancrage territorial et de participation citoyenne. Les initiatives présentées ont montré la capacité des communautés à innover lorsqu’elles disposent des outils et des espaces nécessaires pour agir.

La présence de l’Aile jeunesse du Chantier de l’économie sociale a également donné une voix à la relève. En soirée, une tribune leur a été offerte afin que des membres partagent leur vision du développement régional et expriment leur désir de contribuer activement à l’avenir de leurs communautés.

Au terme de cette journée, un constat s’imposait : malgré la diversité des réalités vécues d’une région à l’autre, les communautés de l’Est partagent des préoccupations communes et une volonté bien réelle d’agir collectivement. Les échanges ont également rappelé que plusieurs des solutions recherchées existent déjà sur le terrain, portées par des entreprises collectives, des organismes et des citoyens engagés.

Plus qu’un simple lieu de rencontre, cette première édition de L’Est en mouvement aura permis de renforcer les liens entre les territoires et d’alimenter une réflexion commune sur l’avenir de nos régions. Une réflexion qui, à en juger par l’enthousiasme des personnes présentes, ne fait que continuer de germer.​

Pour le crédit photo : Louis-Philippe Cusson

Le nom des personnes de gauche à droite sur la photo de groupe :

  1. Stéfany Pelletier (agente de développement, ÉSSBSL)
  2. Karine Deschênes (agente de développement, Pôle d’économie sociale Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine)
  3. Noémie Bernier (Directrice, Pôle d’économie sociale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine)
  4. Nedjma Achour (devant, veston vert – agente de développement, ÉSSBSL)
  5. Lyne-Alix Martin (derrière, le veston vert avec les cheveux noirs : chargée de projets SISMIC, Pôle d’économie sociale de la Côte-Nord)
  6. Valérye Tremblay (Conseillère en économie sociale, Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador)
  7. Stéphanie Larocque (Directrice générale du Réseau des pôles d’économie sociale du Québec)
  8. Jade Turgeon Desroches (Conseillère en économie sociale, Pôle d’économie sociale de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

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D’aucuns voteraient aucun…Éloge de l’abstention comme geste de rupture 

Cette session de trop d’un gouvernement illégitime est enfin terminée. Le marathon législatif auquel les partis politiques se sont astreints s’est conclu par une inhabituelle collaboration transpartisane. Nos 125 dirigeants se sont entendus pour passer à la sauvette des projets de loi populistes qui n’apportent que des solutions partielles à des problématiques complexes. Heureusement sont tombées les monstruosités, comme cette constitution d’un seul homme et d’autres mesures qui auraient nui à l’avancement du logement social.

Je cite ce projet de loi interdisant les boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Je suis bien sûr de tout cœur avec les parents de ce gamin mort d’avoir consommé ces boissons caféinées en raison d’une interaction médicamenteuse mortelle. Plusieurs spécialistes appuyaient cette démarche, certes, mais malgré cette interdiction, les vendeurs de caféine vont pouvoir continuer de diffuser des publicités où les risques de ces produits pour la santé ne sont jamais abordés. Si ça donne des ailes, ça peut aussi te coûter la vie. Une démarche réussie pour encadrer la vente de ces produits se serait assurément attaquée au premier plan à l’enjeu publicitaire. Mais les politiciens ont plutôt choisi d’en faire un acte rapide de bonnes intentions. L’enfer en est pavé et, pour plusieurs, cet empressement aura laissé beaucoup d’amertume, genre pamplemousse.

Je cite aussi ce projet de loi qui change la carte électorale telle qu’elle a été définie par l’organisme à qui avec beaucoup de sagesse l’Assemblée nationale avait confié le mandat de la définir. Le poids de la dévitalisation et de la perte de population occasionne des disparités de représentation dont doit tenir compte la Commission de représentation électorale dans son travail. Mais comme les politiciens se souviennent trop peu que leur travail est de gérer l’ensemble d’un territoire pendant leur mandat, le travail de la Commission aura mis en lumière le manque total de vision de nos politiciens pour l’occupation du territoire.  Heureusement ils se rappelleront les régions un peu tout de même comme ils le font toujours pendant les élections. Maintenant ils pourront redessiner les circonscriptions directement par un vote de l’Assemblée, selon des intérêts plus ou moins partisans. Énorme recul démocratique appuyé par tous les partis présents à l’Assemblée nationale.

À la veille de cet été électoral, le portrait donné par les sondages démontre que tout est possible. Tout sauf peut-être un gouvernement solidaire puisque les médias se plaisent à répéter qu’ils sont au plus bas et que la gauche est en crise au Québec. La gauche n’est pas en crise, elle n’est simplement pas assez en crisse. Opinion personnelle.

Au moment de préparer mon papier pour cette édition, j’ai en tête ce sondage de La Presse où on a demandé aux répondants qui ferait, parmi les chefs des formations politiques, le meilleur premier ministre. À mon grand plaisir, mon poulain, mon homme, mon candidat chauffe les fesses du petit homme fâché.

Non, je ne suis pas devenu libéral ou caquiste. Je suis, tout comme 23 % des répondants à ce sondage, convaincu qu’aucun candidat actuel ne ferait un bon premier ministre. Aucun n’inspire, aucun ne donne confiance comme aucun.

Au moment où cette crise de légitimité politique atteint des niveaux encore inédits et où l’abstention devient un choix politique conséquent et populaire, il faut souhaiter que ces politiciens ne réussissent pas, cet été, à convaincre ces 23 % d’appui éclairé à aucun candidat de les appuyer en se bouchant le nez.  Ces braves doivent arrêter de voter pour le moins pire. Parce qu’avec le moins pire, on a quand même le pire.

À force que soient élus des gouvernements majoritaires déconnectés de la réalité, avec un peu plus de 20 % des votes exprimés et avec un taux de participation famélique, peut-être se poseront-ils la question de leur légitimité? En fait l’abstention est après tout la seule véritable façon de contester cette fausse légitimité.

Votez bien, votez rien, votez pour AUCUN!

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Quelle unité pour les indépendantistes?

Il y a quelques semaines déjà, la sortie d’un rapport de l’organisation OUI Québec, qui critiquait sans la nommer la politique d’immigration du Parti québécois, faisait controverse dans les milieux indépendantistes. Avec elle était de retour la ritournelle de la « division1 » et de « l’unité » du mouvement.

« Diviser le mouvement » est un reproche que l’on a surtout fait à la gauche indépendantiste dans les dernières décennies, ses ambitions progressistes ou écologistes étant accusées d’être des « conditions », qui limiteraient l’attrait d’une souveraineté qui devait plutôt « aller de soi », et qui ne changerait pas grand-chose sauf en termes de drapeaux et de transferts fédéraux.

Pendant des décennies, la question de « l’unité » servait le maintien au pouvoir de l’élite centriste et libérale des hauts échelons du PQ, mais aujourd’hui, avec le virage à droite de ce dernier, avec l’indépendantisme plus assumé de Québec solidaire et la montée d’acteurs critiques des politiques péquistes comme les Oui Québec, le socle idéologique sur lequel repose le mouvement indépendantiste, ce autour de quoi il « fait unité », est remis en question.

La question de l’unité

L’unité est l’ingrédient de base de tout mouvement social, il s’agit toujours d’un rassemblement d’acteurs différents autour d’un but commun. Or, sa construction n’est jamais politiquement neutre et ce autour de quoi un mouvement se construit a toujours l’effet d’exclure certaines personnes qui, même si elles se réclament du mouvement, peuvent s’opposer à la teneur de cette unité. Certes, un pays, mais comment, par la révolution ou le référendum? De quelle idéologie, socialiste, capitaliste, corporatiste?

Quand on regarde l’histoire du mouvement indépendantiste, on voit bien que c’est cette question de contenu du projet de pays qui l’a toujours fait se mouvoir. L’indépendance a toujours été attachée à des « conditions », et c’est le débat autour de ces conditions qui l’a construite. Du fascisme catholique de l’Alliance laurentienne, au socialisme de décolonisation du RIN, puis du FLQ, en passant par la souveraineté-association libérale de Lévesque, une lutte pour définir la spécificité de l’unité indépendantiste a toujours existé.

Ceux qui ont fini par prendre le contrôle de cette unité ont pendant longtemps voulu faire croire que l’indépendance et son projet étaient une idée d’une pureté qui dépassait les idéologies, que l’on devrait faire le pays avant d’en décider la nature et que la liberté d’un peuple est une cause au-dessus des courants de pensée. Ça peut presque se justifier dans des situations de crises, comme avec l’échec des négociations constitutionnelles qui a mené à 1995. Ça peut même se justifier par la force d’une effervescence politique, comme celle des années 1960 et 1970 qui ont mené au référendum de 80. Mais cela ne peut durer qu’un temps, et la question de l’objet de l’unité, du type de pays pour lequel s’accomplirait l’indépendance, revient comme le printemps.

Le temps des monstres ou la suite du monde

Le mouvement indépendantiste est aujourd’hui à un moment charnière : il n’y a plus de grande unité entre ses différentes factions comme c’était le cas en 1980 et 1995. Il est forcé, plus qu’à aucun autre moment de son histoire, de définir le genre de pays auquel il aspire. 

Entre le discours populiste et droitisant du PQ, son projet anti-migratoire de social-démocratie forteresse, puis le discours et le projet des OUI Québec ou de Québec solidaire, qui disent vouloir être « inclusifs », « diversifiés » et même « plurinationaux » en ce qui concerne la question autochtone, les indépendantistes doivent faire leur choix.

On peut se demander quelle orientation est la plus « unitaire » et la plus réaliste. Les suspects habituels de la division apparaissent de plus en plus comme les acteurs les plus sensés. La gauche indépendantiste n’a peut-être pas l’unité de son mouvement, mais elle peut certainement l’imposer en ayant le projet le plus unitaire, en ayant le projet le mieux capable de faire vivre le Québec dans l’avenir qui nous attend.

L’indépendance doit redistribuer les richesses parce que chaque jour, plus de Québécois et de Québécoises sont jetés hors de la classe moyenne en raison du prix de l’épicerie, des loyers et de la vie en général. C’est ça la réalité.

L’indépendance doit non seulement convaincre, mais construire son projet avec les néo-Québécois et les peuples autochtones, car le 50 % + 1 d’un éventuel référendum est aujourd’hui pratiquement impossible sans l’appui des premiers, et que les revendications légitimes des deuxièmes sur le territoire sont là pour rester. C’est ça la réalité.

L’indépendance doit enclencher la transition socioécologique parce que l’avenir qui nous attend (et qui est déjà ici) est celui de la crise climatique, et l’adaptation aux changements qu’il causera ne peut se faire sans un questionnement profond de la croissance économique. C’est ça la réalité.

Le vieux monde se meurt, on peine à imaginer le nouveau, « dans ce clair-obscur surgissent les monstres », disait Gramsci.

Le choix est à faire entre une indépendance du camp des monstres ou une indépendance pour la suite du monde.

Cette suite du monde, où l’on cherchera peut-être à préserver le béluga plutôt qu’à chasser le marsouin, témoignera, d’un peuple qui n’aspire pas seulement à survivre, recroquevillé dans son coin d’Amérique, mais à faire pleinement partie de l’humanité pour la rendre meilleure.

1. « Sol Zanetti accuse Paul St-Pierre Plamondon de diviser les indépendantistes », Radio-Canada, octobre 2025.

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Random référendum. Ou la trahison nationaliste

Quel temps fait-il sur notre monde libre?

Le capitalisme fait-il la joie des familles

– Béru

Où étiez-vous le 26 octobre 1992. Avez-vous voté? Moi, j’étais chez le dentiste.

On parle peu du référendum de 1992. Plusieurs l’oublient. Pourtant il est décisif dans l’histoire politique du Québec

Ah oui, le monde était bien trouble, ce 26 octobre 1992 : la grande URSS vient à peine de s’effondrer; les USA de Bush s’embourbent dans leur petit Vietnam irakien (Desert Storm); le nationaliste serbe Slebodan Milosevic bombarde la Bosnie.

Sur mon magnétophone à cassettes, j’écoute Tout pour le trash, nouvel album des Ludwig von 88 : « Ce soir trop cool j’irai griller mes 20 ans pour un baril de coke pour une ligne de brut. Twist à Koweit City ».

Au Québec, nos élites terminent un autre cycle d’interminables négociations constitutionnelles : celle sur l’Accord du lac Meech qui, faute d’unanimité provinciale, fait patate au fond du lac, et des choses.

Dans notre petite patrie provinciale, pas question alors de parler de justice, d’équité ou encore de bien-être, expression sur laquelle on colle encore tout le mépris de nos petites consciences post protestantes engraissées au capital. Que nenni! Le seul sujet dont se gargarise notre politique nationale est la constitution et la probable sécession de la province en pays.

On n’en a alors rien à faire que le PM fédéral surnomme homophobiquement son homologue provincial « le mangeux de hot dog ». Pas question de le défendre, il est du mauvais côté de la clôture et, comme un voisin chiant, on peut le nommer au gré de nos fantasmes et de nos préjugés dégradants. Il le mérite bien.

Pourtant, devant l’évidence de l’échec d’un renouveau fédéral, même lui, petit libéral fédéraliste parvenu, devenu ministrable par un mariage avec une famille ultra-riche, fait miroiter l’idée que le Québec peut se débrouiller seul.

Essoufflés par l’échec des négociations, on arrive au jour J, celui d’un référendum. Pas un référendum sur la séparation, mais plutôt sur l’union, sur le renouvellement de la si problématique constitution, un point d’arrêt potentiel à cet interminable onanisme qui apporte plus de douleur que de plaisir à un peuple en quête d’épanouissement.

Si le référendum sur la séparation était organisé par les péquistes provinciaux, celui sur l’union était l’œuvre des fédéralistes fédéraux. La question ne tenait pas debout, et nos ministres étaient clairs dans leur obscurantisme : il fallait voter non pour voter oui et voter oui pour voter non. Personne n’y comprenait rien. Les politiciens étaient très contents – c’est leur méthode.

Grâce à ce scrutin on pouvait remettre une bonne bûche dans le brasier du pathos national et rester les rejets de la constitution – position jugée avantageuse par les sbires de la sécession.

Du haut de mes 15 ans, je n’avais pas encore l’âge d’être admis dans les bureaux de vote. Et heureusement. Ayant passé la majeure partie de mon enfance sur un tapis péquiste à humer discrètement le café tiède des militants et, bien que punk aux idées universalistes, j’avais le cerveau bien mou et réceptif à la propagande nationaliste. Que voulez-vous? J’aimais l’art. Et notre gouvernement avait fait du financement de l’art un levier identitaire qui nous donnait l’envie de créer le pays, sorte de planète des singes avec une horde de barbus chantant – en français svp.

Le Parti québécois, alors à l’opposition, avait comme chef Abraracourcix Parizeau, un aristocrate en complet cinq pièces, flanqué d’un majordome, qui parlait d’un pays rêvé pour nous faire oublier que nous n’avions pas tous sa chance et sa fortune et que son parti avait été fondé sur des principes décoloniaux.

Le parti investit alors énergie et argent pour une campagne du Non. On nous disait qu’il fallait rejeter l’entente de Charlottetown, sans modération, afin d’éviter de faire partie d’une nouvelle constitution canadienne modernisée au risque de ne plus pouvoir pleurer dans notre coin. Vive le Québec rejected!

Mais on ne nous disait pas tout. Normal, c’est de la politique. Et en politique, le plus important, c’est souvent ce qu’on ne dit pas.

Pendant que nos bourgeois nationalistes du Québec inc. impriment des NON sur des pancartes, on nous en disait bien peu sur les conséquences probables d’un OUI. Ce n’est que des années plus tard, en 1996 – alors que j’avais l’âge de déserter les cursus du goulag national (gratuit, laïque et obligatoire) et de m’instruire par moi-même – que j’apprenais que si l’Accord de Charlottetown avait été accepté, les Premières Nations auraient enfin pu se débarrasser de l’archaïque Loi sur les Indiens pour devenir des citoyens à part entière et siéger à la Chambre des communes, officine du pouvoir centralisé. 

C’est alors que la honte m’a pogné – pour citer Deschamps – et que je compris la déchéance idéologique du PQ qui était beaucoup moins lisible à cette époque qu’elle ne l’est aujourd’hui dans les propos de PSPP. Au moment de mon épiphanie, le PQ avait fait plusieurs pas vers la droite et avait élu à sa tête un certain Lulu Jambe-de-bois, un sinistre droitiste patroneux du genre qui nous fait penser en silence « y a des métastases qui se perdent ». Il faut dire que le bougre avait été recruté au Conseil des ministres du gouvernement conservateur de Brian Mulroney, de droite et fédéraliste. Dont acte. Après sa carrière politique, il devient lobbyiste pour l’industrie pétrolière. Un vrai larbin.

C’est à cette époque que je me détache du PQ et réalise qu’il n’existe pas de parti de gauche au Québec, province du consensus mou, unilatéralement à droite.

Et quand aujourd’hui PSPP ou Mathieu Bock-Côté délirent sur les dangers de la gauche radicale, je pouffe. 

Il semble que dans cette province qui est la nôtre, le jeu de la politique ait un seul et unique but : conserver les privilèges d’une classe politique d’hommes blancs et riches qui tirent les ficelles du pouvoir.

S’il y avait vraiment une gauche au Québec, on en parlerait. C’est bien ce qu’ils craignent.

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Ruines et mirages de la troisième voie

Plusieurs vulgarisateurs aiment comparer le Québec à un adolescent devenu assez grand pour voler de ses propres ailes. Mais une analogie plus fidèle et moins infantilisante serait plutôt celle de Robert Charlebois dans L’Indépendantriste : le Québec et le Canada sont un couple dysfonctionnel, un mariage arrangé devenu mariage de raison, mais dont l’un des partenaires n’a jamais vraiment accepté les conditions et se verrait systématiquement minorisé, aliéné, incapable d’une émancipation complète. Dans cette optique, les promesses de la troisième voie pourraient être comparées à celles d’un conjoint qui clame « je vais changer! » pour éviter que sa femme ne fasse ses valises. 

On a beau rire de la blague de Deschamps sur le Québec indépendant dans un Canada uni, mais force est d’admettre que ce genre de proposition est toujours très populaire. Le grand défi du mouvement souverainiste est là : faire comprendre aux indécis que la troisième voie ne fonctionnera jamais, que le régime fédéral est fait pour concentrer toujours plus le pouvoir, qu’il n’y a pas de différence réelle entre le fédéralisme que nous subissons depuis trop longtemps et l’autonomie qu’on nous promet depuis à peu près aussi longtemps. Le mouvement souverainiste doit jouer le rôle de l’amie qui aide une conjointe malheureuse à comprendre que son partenaire ne changera pas. 

Les appuis au projet souverainiste sont étonnamment stables depuis les dernières décennies : un peu plus du tiers de la population y est favorable. Plusieurs opposants en concluent abusivement que les deux tiers des Québécois désirent rester dans le Canada tel qu’il est actuellement. Mais en réalité, les véritables fédéralistes, au Québec, sont plutôt rares. Personne ne serait assez fantasque pour proposer de signer la Constitution qui nous a été imposée, et la plupart des gens semblent vouloir oublier l’anormalité de cette situation. Même au PLQ, l’attachement au régime actuel ne peut se justifier que par l’affirmation du caractère distinct de notre nation et la défense d’une certaine autonomie, ce qui s’éloigne beaucoup du modèle centralisateur de son grand-frère fédéral, du moins en théorie. 

Si tant de gens sont frileux face à l’indépendance, c’est qu’ils croient encore qu’il doit exister une possibilité de compromis entre cette option trop radicale et celle du statu quo. On voit là une tendance typiquement québécoise à chercher un moyen de moyenner. Or l’idée d’un « beau risque », d’un fédéralisme « renouvelé », « d’ouverture » ou « asymétrique » a déjà été tentée. L’autonomisme qui nous avait été promis par Legault, et qui est aujourd’hui repris par Fréchette et Duhaime, n’est pas bien différent de ce qu’ont pu proposer Bourassa, Layton, Mulroney, Dumont, Duplessis ou Harper. Même des Charest et des Couillard ont prétendu vouloir assurer au gouvernement québécois une certaine autonomie dans certains champs de compétence. Toutes ces tentatives ont été des échecs, et une province dont la devise est Je me souviens gagnerait à en tirer des leçons. 

Ce sera probablement le principal obstacle du camp du Oui lors d’un prochain référendum : des députés promettront de « mettre leurs sièges en jeu » pour que le Québec puisse s’épanouir au sein de la fédération. Des citoyens de bonne foi voudront « donner une dernière chance au Canada », en oubliant toutes les fois où ces dernières chances ont été gâchées. Des militants souverainistes tenteront de combattre les arguments fédéralistes en oubliant que leur principal adversaire n’est pas le régime canadien actuel, mais le fantasme qu’un trop grand nombre d’entre nous entretiennent de voir le Canada nous accorder l’autonomie à laquelle nous aspirons sans que nous ayons à assumer pleinement toutes nos responsabilités. 

Plusieurs militants aiment perdre leur temps en querelles intestines et en procès de pureté, remettant en question la réelle ferveur souverainiste de tel parti, de telle organisation ou de telle personne. Une approche plus constructive serait plutôt d’aller voir les deux tiers de nos concitoyens pour questionner leur ardeur fédéraliste : es-tu vraiment attaché au Canada tel qu’il est? Ou au Canada tel que tu crois qu’il pourrait être? Ou tel que tu voudrais qu’il soit? 

On reproche souvent aux indépendantistes de vendre du rêve. Il est temps de renverser ce reproche en faisant la démonstration que la véritable illusion est celle d’un Canada respectueux des aspirations du Québec.

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Le Canada a attiré des dizaines de chercheurs établis aux États-Unis

Le gouvernement Carney avait instauré l’an dernier un financement de 1,7 milliard $ pour attirer ou ramener au Canada «les meilleurs talents». 

Mélanie Joly, ministre fédérale de l’industrie, a annoncé hier que 540 millions $ avaient permis de recruter une première cohorte de 64 chercheurs. 

Ces chercheurs ont accepté un poste de titulaire de chaire de recherche au pays. 

  • Selon plusieurs médias, 48 d’entre eux travaillaient auparavant aux États-Unis.

[L'article Le Canada a attiré des dizaines de chercheurs établis aux États-Unis a d'abord été publié dans InfoBref.]

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Un LOUPerivois dans la bergerie

Mourir pour des idées

À la fin de la Seconde Guerre mondiale et au fur et à mesure qu’étaient dévoilées les exactions et atrocités commises par Staline, nombre d’intellectuels français qui avaient adhéré aux idéaux du communisme ont commencé à déchanter et à quitter les rangs du parti. Désillusionnés, ils se sont sentis trompés ces poètes, chanteurs, peintres et consorts qui, en toute bonne foi, avaient cru à un monde meilleur, à une réelle prise en main de leur existence par les « prolétaires de tous les pays ».

Ma propre génération n’a pas échappé à ce piège du miroir aux alouettes. Ainsi la formation des kibboutz en Israël a pu correspondre pour nous à un véritable renouveau, à une exaltante odyssée où un peuple presque décimé à peine quelques décennies plus tôt parvenait maintenant, au sein d’unités proches des idéaux collectivistes d’un Charles Fourier, à se redessiner un territoire, à enraciner un pays à même l’aridité du désert. Adamo chantait : « Requiem pour six millions d’âmes / […] qui malgré le sable infâme / ont fait pousser six millions d’arbres ».

À la même époque, en Chine, Mao Zedong s’acharnait à éradiquer ces dynasties de seigneurs de la guerre et autres roitelets qui avaient tenu des millions d’êtres humains sous leur férule pendant des siècles. Il faut pouvoir lire l’Histoire à rebours, éliminer les couches de sédiments qui s’y sont déposées et cristallisées au fil des ans. Il fut un temps où Mao était un héros, acclamé partout en Occident, son célèbre col (Mao) étant même devenu vêtement fétiche non seulement pour quelques rares aficionados mais au sein même des élites les plus huppées de la mode du moment. De même son Petit Livre rouge distribué à des millions d’exemplaires était un must au cœur des rayons de la bibliothèque de tout révolutionnaire de bon aloi.

Plus près de nous, dans la mer des Caraïbes, un jeune avocat du nom de Fidel Castro accompagné de son frère Raùl et de vaillants camarades dont Camilio Cienfuegos et Ernesto Che Guevara parvient à déloger un malfrat du nom de Fulgencio Batista, un dictateur corrompu qui à toutes fins utiles a vendu l’île à la Cosa Nostra, la pègre américaine. Encore là, Fidel est encensé par tous ceux et celles qui ont le cœur à gauche et la réussite de la révolution cubaine s’impose désormais à l’époque comme un modèle, la preuve tangible que le célèbre cri de ralliement pueblo unido jamas sera vencido n’est pas qu’un slogan creux et idéaliste mais s’impose comme une vérité : un peuple uni peut réellement parvenir à juguler les forces de l’obscurantisme qui le subjuguent. C’est cette fois Jean Ferrat qui se réjouit en s’écriant tout aussitôt Cuba si! Et le Che devient une icône internationale.

On connaît la suite et l’immonde traitement que fait subir à un peuple sans défense et sans moyens un empereur américain revanchard tout fier, du haut de sa dégoulinante bouffissure, de mâchouiller les derniers débris d’une révolution avortée. La Chine a resserré l’étau que Mao avait si laborieusement construit et, s’inspirant des plus lugubres cauchemars empruntés à Big Brother, circonscrit, fiche et catalogue aujourd’hui chacun de ses citoyens à l’aide d’un réseau de caméras omniprésentes, tout comme on le fait par ailleurs à Téhéran. Et se drapant derrière ce même voile d’opacité et de déréliction qui s’abat sur l’humanité, Israël en profite pour s’imposer comme le plus féroce prédateur au Moyen-Orient, déployant ses tentacules meurtrières et frappant sur tout ce qui bouge, de la bande de Gaza au Liban, en passant par la Cisjordanie.

Voilà comment les élans de libération des peuples sont pervertis, comment des groupuscules ou des entités voués à leur naissance à de nobles idéaux sont récupérés peu à peu, dévoyés de leurs légitimes objectifs premiers, broyés dans le collimateur de l’Histoire ou de la realpolitik à la faveur des lubies ou de l’inexpérience de leurs instigateurs, parce que ces derniers ont succombé aux sirènes ou aux vanités du pouvoir, ou simplement parce qu’ils n’ont pas su comment endiguer ces terribles et indomptables forces qu’ils s’étaient ingéniés à susciter.

Brassens chantait : « Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente » et, prudent, il ajoute aussitôt : « Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure pour des idées n’ayant plus cours le lendemain ».  Pour notre plus grand malheur cependant, il y en a une idée qui ne semble jamais mourir : celle de la prédation, de l’appât du gain, de la cupidité, de la soif de pouvoir, cette pulsion destructrice qui gangrène la vie et nous laissera tous bientôt exsangues, nous lamentant aux bords du gouffre.

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Meta pourrait verser presque 17 milliards $US pour interrompre un procès

La maison-mère de Facebook et Instagram était accusée par une quarantaine d’États américains d’avoir conçu ses réseaux sociaux pour les rendre addictifs auprès des jeunes.

L’entreprise américaine s’est entendue hier avec les États pour qu’ils mettent fin à leurs poursuites en acceptant de: 

  • les payer, à certaines conditions, jusqu’à 16,7 milliards $US d’ici 2035;
  • limiter l’accès des jeunes de ces États à ses réseaux sociaux.

Dans ces États, les moins de 18 ans ne pourront désormais accéder à Facebook et Instagram: 

  • qu’un maximum de deux heures par jour; 
  • que de 6 h à minuit.  

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La fonction publique fédérale aurait perdu la majorité de ses postes en français

Selon une étude menée par un chercheur de l’Université de Montréal et publiée par l’Institut de recherche sur le Québec:

  • En 1974, 12,5% des emplois fédéraux étaient exclusivement francophones. 
  • En 2024, 50 ans plus tard, la proportion est tombée à 3,2%.

L’auteur souligne que la grande majorité des postes en français ont été transformés en postes bilingues exigeant l’anglais.

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Assisterons-nous au grand retour des CLSC au Québec?

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) dévoilait récemment sa toute nouvelle Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne. Après des années de déstructuration et de dépouillement des centres locaux de services communautaires (CLSC), cette politique annonce l’intention du gouvernement de repositionner les CLSC comme point d’ancrage de la première ligne, voire comme « porte d’entrée » pour les personnes en quête de soins ou de services. Assisterons-nous prochainement au grand retour du modèle des CLSC au Québec?

Ces dernières années, au gré de réformes très impopulaires en santé et en services sociaux, nous avons essentiellement assisté au déplacement de la porte d’entrée de notre réseau. Pour désengorger les urgences, nous disait-on, il était impératif de revoir le modèle d’accès aux soins et services. Et c’est ce qu’on nous répète depuis plus de 20 ans, alors qu’aujourd’hui encore, plus de 600 000 personnes n’ont pas accès à un médecin de famille au Québec, dont près du tiers seraient considérées comme vulnérables.

Du CLSC au GMF

Opérés ou détenus en majorité par des médecins, les groupes de médecine de famille (GMF) sont en quelque sorte venus remplacer le point d’accès en première ligne qu’était jadis le CLSC. Dans leur présentation initiale, les GMF devaient pourtant être complémentaires à l’offre de soins et de services en CLSC. Depuis le début des années 2000, plus de 400 GMF ont vu le jour au Québec. Pendant cette même période, le nombre de CLSC, lui, a stagné et bon nombre d’entre eux ont vu leurs services réduits, ce qui permet de remettre en question la thèse de la complémentarité entre ces services.

Le but des GMF était simple : augmenter la capacité de prise en charge médicale de la population afin d’éviter une surcharge des urgences, tout en assurant une bonne allocation des ressources et une meilleure prévention en santé, en privatisant en quelque sorte la gestion des services. Leur implantation a nécessité un important effort d’inscription des Québécoises et des Québécois auprès d’un médecin de famille ou d’un guichet d’accès pour les personnes en attente.

Le modèle du CLSC, pour sa part, reposait sur un fonctionnement tout autre. Il présentait de grands avantages puisqu’il était responsable de la gestion et de l’opérationnalisation des soins en première ligne : facilité d’accès sans rendez-vous, absence de patients orphelins, soins et gestion de proximité, arrimages communautaires-médicaux, planification locale en fonction de critères populationnels, etc. Il comportait cependant un défaut originel, une limite héritée de la création même de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) : l’incapacité à recruter des médecins salariés pour y œuvrer.

Au Québec, les médecins sont incorporés comme des entreprises. Que ce soit en GMF ou en CLSC, le médecin que monsieur ou madame Tout-le-monde consulte est en fait un entrepreneur qui facture ses services à notre réseau public – une entreprise ayant essentiellement un seul client : la RAMQ. Nous assistons d’ailleurs aujourd’hui à la multiplication des incursions de grands consortiums privés dans la médecine familiale au Québec. De grands groupes – MAclinique, Medway, ELNA ou encore des fonds privés comme ceux de Telus Santé – cherchent des opportunités d’affaires avec la multiplication des GMF. Ces organisations offrent aux médecins de se regrouper en leur sein et d’y exercer en échange d’une prise en charge complète des volets administratif, locatif et des ressources humaines. En peu de temps, ces groupes en sont venus à se substituer à ce que l’État offrait jadis aux médecins, mais en version privée et lucrative, que nous payons collectivement à fort prix, souvent sans le savoir.

Et la politique de première ligne dans tout ça?

L’attachement des Québécois au modèle des CLSC est très fort. Pour les plus âgés, le CLSC symbolise la nationalisation des soins de santé, qui étaient auparavant privés, sous-développés et largement inaccessibles. C’est aussi le symbole d’une époque où notre réseau public produisait des résultats concrets et offrait des services réellement accessibles. Pour les plus jeunes, cela relève presque du mythe : celui d’un projet collectif visant à se doter d’un réseau public, gratuit, décentralisé et démocratiquement géré.

Malgré un lancement quelque peu pompeux, la nouvelle politique du MSSS ne vise pas à restituer aux CLSC les pleins pouvoirs sur la gestion de la première ligne. Elle cherche plutôt à rétablir les territoires de CLSC comme cadre de gestion. Concrètement, ces territoires seront désormais responsables de la planification du déploiement des soins et des services et feront du CLSC un guichet d’accès unique en première ligne. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction. Toutefois, rien n’indique pour l’instant que les CLSC redeviendront responsables de la dispensation des soins et des services. Ils seront plutôt appelés à gérer les flux. À ce jour, aucun financement additionnel significatif n’a été annoncé pour soutenir ce nouveau mandat, ce qui inquiète grandement le personnel des CLSC, déjà à bout de souffle.

S’il faut saluer le fait qu’une politique gouvernementale vise à rapprocher la planification des soins des milieux où ils sont offerts, de nombreux défis demeurent. Comment cette politique s’inscrira-t-elle dans le virage vers la mégastructure de l’Agence Santé Québec? Quelles ressources seront déployées pour permettre une meilleure représentation des collectivités dans la planification, à l’échelle des territoires de CLSC? Quels pouvoirs seront réellement confiés aux communautés locales? Pour le moment, les réponses demeurent incertaines, se préciseront-elles à l’approche des élections de l’automne?

Pour la suite

Face aux nombreux enjeux – matériels, financiers, humains et démocratiques – auxquels notre réseau public de santé et de services sociaux fait face, il est urgent de renouer avec une tradition québécoise de dialogue social. Devant la progression rapide de la privatisation en santé, il importe de prendre un recul collectif afin de déterminer la direction que nous souhaitons donner à notre réseau public.

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Les pharmaciens pourront offrir davantage de services de santé

Le gouvernement Fréchette a adopté hier un règlement qui vise à élargir le rôle des pharmaciens afin de réduire la pression sur les médecins.

Les pharmaciens pourront à compter du 9 décembre proposer de nouveaux services.

  • Le déploiement en sera graduel.

À terme, les pharmaciens pourront notamment:

  • prescrire des médicaments contre des maladies chroniques déjà diagnostiquées, et pour davantage de problèmes de santé courants;
  • renouveler une ordonnance sans limite de durée;
  • changer le médicament d’un patient lorsqu’un problème survient en cours de traitement, et lorsque le médicament n’est pas couvert par le régime d’assurance du patient.

[L'article Les pharmaciens pourront offrir davantage de services de santé a d'abord été publié dans InfoBref.]

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L’intelligence artificielle, un danger pour la santé?

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne (AMC) réalisé cette année, un peu plus de la moitié des Canadiens utilisent des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT pour obtenir des conseils sur leur santé.

Toutefois, les personnes qui suivent ces conseils courent des risques de subir des effets néfastes.

  • Beaucoup de répondants du sondage en sont conscients.

Le Dr Jean-Joseph Condé, porte-parole de l’AMC, explique à InfoBref que l’IA a tendance à construire des réponses selon les informations dominantes qu’elle trouve sur le web – que ces informations soient vraies ou non. 


La facilité d’utilisation des robots conversationnels d’IA pousse beaucoup de personnes à s’en servir, croit Jean-Joseph Condé.

«Avant, les gens devaient chercher des articles, puis les lire et analyser l’information. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle fait toutes ces tâches pour eux.»

Impacts nocifs de l’IA

Le médecin identifie plusieurs impacts nocifs sur la santé que peut avoir l’information fournie par les robots d’IA.

L’information que génère l’IA n’est pas nécessairement exacte.

«On ne sait pas toujours d’où vient l’information, dit Dr Condé. C’est dangereux sachant qu’elle peut provenir de sources erronées.»

Il souligne un paradoxe: 69% des répondants au sondage de l’AMC éprouvent de la méfiance à l’égard des informations de santé trouvées en ligne, comme celle trouvées à l’aide de l’IA.

Les traitements prescrits ou recommandés par des professionnels de la santé ne sont pas toujours respectés par les patients qui utilisent l’IA.

L’expert note que l’IA peut même pousser des personnes à arrêter des traitements médicaux vitaux, comme la chimiothérapie ou le traitement du diabète, pour se tourner vers des produits ou des méthodes non prouvés scientifiquement.

L’anxiété générée par les réponses de l’IA est un autre problème.

Le Dr Condé explique que l’intelligence artificielle exacerbe un problème qui existait déjà depuis l’apparition des moteurs de recherche comme Google:

  • «Les patients qui cherchent sur Internet les causes de leurs symptômes, même bénins, peuvent avoir tendance à s’autodiagnostiquer des maladies graves.» 

Ce phénomène a pris de l’ampleur avec les robots d’IA, qui donnent des réponses en apparence complètes plus rapidement que les moteurs de recherche traditionnels.

Pistes de solutions

L’information diffusée sur Internet pourrait être mieux contrôlée par les géants du web et par le gouvernement, afin d’éviter la propagation de fausses informations, estime Jean-Joseph Condé.

L’accès aux soins de santé doit aussi être amélioré, dit le médecin.

Il note qu’environ 6,5 millions de Canadiens et 2 millions de Québécois n’ont pas de médecin de famille.

Selon lui, pour améliorer l’accès aux soins de première ligne, le système de santé devrait se concentrer sur le développement d’équipes multidisciplinaires incluant des infirmières, physiothérapeutes et pharmaciens.

La productivité des médecins pourrait, en parallèle, s’améliorer grâce aux bénéfices de l’IA, croit le médecin.

  • Il note que moins du tiers des médecins utilisent actuellement l’IA pour les aider à réaliser des tâches administratives.

[L'article L’intelligence artificielle, un danger pour la santé? a d'abord été publié dans InfoBref.]

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Il manque encore plus de 2000 enseignants 

À une semaine de la rentrée scolaire, le tableau de bord du ministère de l’éducation indique que 2075 postes d’enseignants sont encore vacants.  

Selon un sondage de la Fédération autonome de l’enseignement, les enseignants restent passionnés par leur profession, mais se disent épuisés par le système.

93% d’entre eux affirment que «la passion de transmettre leurs connaissances et de donner le gout d’apprendre» est ce qui les motive le plus à rester. 

Toutefois, 16% ne pensent probablement pas rester dans la profession ou ne savent pas encore s’ils y resteront.

[L'article Il manque encore plus de 2000 enseignants  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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 Vers une société postlittéraire? Retour sur « la fin de la lecture » annoncée par Rose Horowitch – bibliomancienne

Nous sommes donc vraisemblablement moins devant une « fin de la lecture » que devant une recomposition des pratiques de lecture : ce que nous lisons, sur quels supports, à quelle fréquence, pendant combien de temps, avec quel degré d’attention et au milieu de quelles autres sollicitations. C’est peut-être là que se situe le véritable déplacement : non pas dans la disparition de la lecture, mais dans la fragilisation de la lecture soutenue ou profonde.
— Permalien
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Une société de lectrices et de lecteurs ne se construit pas toute seule

Bibliothèque René-Richard, Baie-Saint-Paul (Québec), inaugurée en 1998. Photo : Marie D. Martel, octobre 2025.

Ce texte est le deuxième d’une série consacrée aux transformations de la lecture. Après avoir discuté de l’hypothèse d’une société « postlittéraire », à partir de l’article de Rose Horowitch, The End of Reading Is Here, je m’intéresse ici à l’autre versant de la question : qu’est-ce qui fait qu’une société demeure une société de lecteurs et de lectrices?

Chaque 12 août, depuis maintenant plus d’une décennie, l’initiative J’achète un livre québécois! invite les Québécoises et les Québécois à entrer dans une librairie et à repartir avec un livre d’ici. Si on en a les moyens, le geste est simple : choisir un livre, l’acheter, peut-être le lire, le donner ou en parler. Et pourtant, cette journée dit quelque chose d’important sur la lecture : une culture du livre ne se maintient pas toute seule. Elle se construit, se transmet et s’entretient.

Cette réflexion s’est aussi nourrie des conversations que j’ai eues autour du 12 août, d’abord avec Alexandre Sirois dans La Presse, puis à ICI Côte-Nord, avec Catherine Paquette et mon collègue Mathieu Dauphinais, de la Bibliothèque de Sept-Îles. Plutôt que de rester prisonniers et prisonnières de la question spectaculaire de « la fin de la lecture », je voudrais donc déplacer le regard vers ce qui permet à la lecture de continuer à occuper une place dans nos vies : si nous voulons demeurer une société de lecteurs et de lectrices, quelles conditions devons-nous collectivement préserver?

Car on ne devient pas lecteur ou lectrice par la seule force de sa volonté. On le devient parce que des livres se trouvent à portée de main. Parce que quelqu’un nous en a lu lorsque nous étions enfants. Parce que nous avons parfois grandi dans une famille où les livres étaient présents, où lire allait de soi, où certaines habitudes, dispositions et familiarités avec la culture nous ont été transmises. La lecture est aussi affaire d’héritage culturel, au sens où l’entendaient Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron — et cet héritage est inégalement distribué.

Mais ce qui n’est pas hérité peut aussi se construire ailleurs. Parce qu’une personne enseignante nous a fait découvrir un livre qui nous parlait. Parce qu’une bibliothécaire a su nous conseiller. Parce qu’une librairie existe dans notre quartier ou qu’une bibliothèque scolaire ou publique nous permet d’emprunter gratuitement. Parce que nous avons vu d’autres personnes lire, entendu parler de livres, reçu des recommandations, participé à une heure du conte ou à un club de lecture.

C’est là que les institutions et les communautés prennent toute leur importance : elles peuvent élargir, prolonger, parfois même compenser ce qui n’a pas été transmis dans la famille. Au contact de ces personnes, de ces lieux et de ces expériences se construisent progressivement les capacités, les habitudes, l’attention, le désir et la motivation nécessaires pour entrer dans un texte et y demeurer. Autrement dit, la lecture est une pratique sociale avant d’être seulement une compétence individuelle.

L’infrastructure de la lecture

On parle beaucoup de l’accès aux livres. Avec raison. Mais avoir des livres disponibles ne suffit pas à faire des lecteurs et des lectrices. Entre la présence d’un livre sur une tablette et son appropriation par une personne existe tout un monde de médiations : familles, écoles, bibliothèques, librairies, maisons d’édition, médias, organismes communautaires, auteurs et autrices, enseignants et enseignantes, bibliothécaires, événements littéraires, politiques culturelles et éducatives. C’est cette infrastructure de la lecture qui m’intéresse.

Le mot infrastructure peut sembler étrange lorsqu’il est question de lecture. Nous l’associons plus spontanément aux routes, aux réseaux électriques ou aux télécommunications. Mais les pratiques culturelles reposent elles aussi sur des infrastructures, certaines matérielles, d’autres sociales et institutionnelles. Elles sont souvent peu visibles, comme nous l’a enseigné Susan Leigh Star, précisément parce que, lorsqu’elles fonctionnent bien, nous finissons par les tenir pour acquises.

Une société de lecteurs et de lectrices repose ainsi sur une véritable écologie de la lecture : des livres, certes, mais également des lieux où les rencontrer, des personnes qui les font circuler, des institutions qui en garantissent l’accès, des communautés dans lesquelles on peut en parler et, chose peut-être de plus en plus précieuse, du temps et de l’attention pour les lire.

Cette manière d’envisager la lecture rejoint aussi les travaux que nous avons menés autour de la littératie communautaire. Celle-ci invite précisément à ne pas considérer la littératie comme une compétence qui se développerait uniquement dans l’individu ou dans l’école, mais à regarder l’ensemble des milieux, des relations, des acteurs et actrices qui contribuent à la rendre possible. Les pratiques de littératie sont situées : elles prennent forme dans des communautés, des institutions et des contextes sociaux particuliers, traversés par la diversité et par des conditions d’accès inégales.

Cette perspective permet alors et surtout de déplacer le regard de la responsabilité individuelle vers une responsabilité partagée. Familles, écoles, bibliothèques, organismes communautaires, librairies, institutions culturelles et politiques publiques ne jouent évidemment pas le même rôle, mais leurs actions sont interdépendantes et peuvent se renforcer mutuellement. Soutenir la lecture revient alors moins à demander aux individus de lire davantage qu’à construire intentionnellement et collectivement les conditions dans lesquelles lire devient possible, significatif et désirable.

Les bibliothèques : créer les conditions de la rencontre

Les bibliothèques constituent un bon observatoire de cette écologie. Selon les données de l’Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques, qui couvre les bibliothèques publiques autonomes, les bibliothèques affiliées aux Réseaux BIBLIO (CRSBP) ainsi que BAnQ, compilées par l’Institut de la statistique du Québec, les bibliothèques publiques québécoises ont enregistré en 2023 environ 52 millions de prêts de documents, dont 42 millions de livres imprimés. Le volume des prêts avait ainsi retrouvé 96 % de sa moyenne des cinq années précédant la pandémie. La même année, elles ont enregistré environ 24 millions d’entrées, soit une hausse de 21 % par rapport à 2022.

Mais un autre chiffre retient particulièrement mon attention : les activités proposées par les bibliothèques ont attiré 1,5 million de participations, soit 33 % de plus qu’en 2022. La reprise de la participation aux activités a donc été plus rapide que celle des entrées physiques — même si, dans les deux cas, les niveaux demeuraient encore inférieurs à ceux d’avant la pandémie.

Il ne faudrait pas faire dire à ces chiffres davantage qu’ils ne permettent d’établir. Ils ne prouvent pas que les Québécois et les Québécoises fréquentent désormais les bibliothèques davantage pour leurs activités que pour leurs collections. Ils nous rappellent cependant quelque chose que l’on ne peut plus ignorer : une bibliothèque ne se contente pas de mettre des livres à disposition.

Heures du conte, clubs de lecture, rencontres avec des auteurs et autrices, ateliers, conférences et autres formes de médiation littéraire sont autant d’occasions de faire découvrir des textes, d’en parler et de créer des relations entre des personnes, des œuvres et des idées. Et ces initiatives débordent souvent les murs de la bibliothèque : elles s’inscrivent dans des réseaux de littératie communautaire où bibliothèques publiques et scolaires, écoles, organismes communautaires et autres acteurs du milieu peuvent conjuguer leurs interventions dans le contexte québécois.

L’accès et la médiation sont deux choses différentes, mais complémentaires. Nous avons beaucoup travaillé, à juste titre, à démocratiser l’accès aux livres et à l’information. Le défi de notre temps pourrait être aussi de préserver — et peut-être de renforcer — les conditions sociales de leur appropriation.

Quand l’infrastructure se fragilise

Cette infrastructure n’a cependant rien d’acquis. Elle peut se fragiliser par petites ruptures, lorsque disparaissent certains des lieux, des ressources ou des médiations qui permettent aux livres de circuler et d’être lus. On vient par exemple d’annoncer la fin d’ateliers de lecture en milieu carcéral. Dans le réseau de l’éducation, les récentes décisions budgétaires en donnent une autre illustration : quelque 38 millions de dollars auparavant consacrés à l’achat de livres pourront désormais être utilisés à d’autres fins.

Les effets se font sentir au-delà des murs de l’école. Lors du récent Congrès mondial d’IBBY à Ottawa, j’ai entendu des maisons d’édition jeunesse québécoises témoigner directement des répercussions de ces mesures sur leurs ventes. J’y étais moi-même pour présenter une étude sur les contestations et la censure des livres jeunesse en matière de sexualité ainsi que de diversité sexuelle et de genre au Canada, ce qui rappelle une autre manière dont cette infrastructure peut être compromise : non seulement lorsque les ressources diminuent, mais lorsque certains livres sont retirés, déplacés, restreints ou rendus plus difficiles d’accès.

On pourrait encore allonger la liste. Un bilan critique récent fait ainsi état d’une « érosion silencieuse » de la mission de BAnQ. Il faudrait aussi parler du financement longtemps jugé insuffisant dans le milieu des CRSBP (Réseaux BIBLIO), malgré les bonifications récentes, alors que ceux-ci jouent un rôle déterminant dans l’accès aux bibliothèques sur une grande partie du territoire québécois. Ces institutions ont ceci de particulier qu’elles relèvent, à des degrés divers, d’une responsabilité nationale plutôt que strictement municipale — comme les bibliothèques scolaires — et qu’elles semblent pourtant demeurer dans l’angle mort des politiques publiques. À filer la métaphore de l’infrastructure, les nids-de-poule ne manquent pas sur la route historique de la littératie au Québec.

Ces phénomènes sont évidemment différents, mais ils invitent à regarder l’ensemble du réseau du livre et de la lecture, plutôt qu’une simple chaîne linéaire. Lorsqu’un de ses nœuds s’affaiblit, ce sont les possibilités de rencontre entre une diversité d’œuvres et leurs publics, jeunes ou moins jeunes, qui se réduisent. Le paradoxe est alors frappant. D’un côté, nous nous inquiétons du recul de la lecture chez les jeunes et cherchons des moyens de leur donner le goût des livres. De l’autre, nous fragilisons parfois les conditions mêmes qui leur permettent de les rencontrer.

Lorsque nous constatons que certains jeunes lisent moins, la question ne peut donc pas être uniquement : Pourquoi ne lisent-ils pas davantage? Elle doit également être, encore une fois : quelles conditions leur donnons-nous pour devenir lecteurs et lectrices?

Le 12 août : rendre visible une écologie du livre et de la lecture

C’est ce qui donne au 12 août une portée qui dépasse l’achat individuel d’un livre. J’achète un livre québécois! met en lumière, pendant une journée, tout un réseau : des auteurs et autrices écrivent, des maisons d’édition publient, des librairies font circuler les œuvres, des bibliothèques et des écoles les rendent accessibles, des médiateurs et médiatrices les font découvrir, des lecteurs et lectrices les lisent, les recommandent et les transmettent.

Acheter un livre québécois ne « sauvera » évidemment ni la lecture ni « la civilisation » 🙂 — ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de l’initiative. Mais l’événement accomplit quelque chose de moins sensationnel mais peut-être de plus intéressant : il rend le livre visible et socialement désirable.

Car les pratiques culturelles ne se développent pas sur le seul mode de l’injonction : il faut lire davantage. Elles se nourrissent de désir, de curiosité, de rencontres et d’une communauté qui leur accorde de la valeur. À sa manière, le 12 août contribue à entretenir une culture dans laquelle les livres et la lecture comptent.

Et les jeunes?

La question devient particulièrement pressante lorsqu’on observe le recul de certaines pratiques de lecture chez les jeunes. Il est tentant d’en chercher la cause du côté des écrans, de TikTok, des téléphones ou du manque d’attention. L’intelligence artificielle ajoute toutefois une dimension nouvelle. La technologie peut désormais non seulement concurrencer la lecture, mais accomplir une partie de son travail à notre place.

Les outils d’intelligence artificielle générative peuvent résumer un livre, expliquer un texte difficile, répondre à des questions sur son contenu et même produire une analyse qui donne toutes les apparences de la compréhension. Ils peuvent certes soutenir l’apprentissage, mais ils rendent aussi possible quelque chose d’assez radical : obtenir certains des produits de la lecture sans avoir accompli soi-même le travail de lecture.

C’est pourquoi la lecture profonde (Deep Reading) me paraît devenir, paradoxalement, plus importante à l’ère de l’IA — cette forme de lecture attentive, réflexive et exigeante à laquelle se sont notamment intéressées Maryanne Wolf et Naomi Baron, et sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet. Ce qui est en jeu n’est pas tant la survie du livre comme objet que l’expérience de la lecture elle-même : entrer dans un texte complexe, y consacrer du temps et de l’attention, l’interpréter, le confronter à d’autres idées et construire son propre jugement.

L’enjeu pour les bibliothèques comme pour les différentes instances des réseaux de littératie, sera donc moins d’empêcher l’usage de ces outils que de faire en sorte qu’ils soutiennent l’apprentissage et la pensée plutôt qu’ils ne nous dispensent de penser.

Entretenir une culture de la lecture

C’est peut-être là que le diagnostic d’une société « postlittéraire » devient utile, à condition de ne pas en faire une prophétie. La lecture n’est peut-être pas en train de disparaître. Elle devient une pratique qu’il faut activement soutenir. Non pas en idéalisant un âge d’or où tout le monde aurait lu de longs romans — il n’a probablement jamais existé — ni en opposant systématiquement le livre aux écrans. Mais en nous demandant quelles expériences de lecture nous jugeons suffisamment précieuses pour vouloir les transmettre et les préserver.

Cela suppose bien sûr des livres, des lieux et des personnes qui les font circuler. Mais aussi quelque chose de plus difficile à protéger : du temps et des espaces pour lire, réfléchir et discuter sans être constamment sollicités ailleurs. Acheter un livre québécois le 12 août est un geste culturel. Faire en sorte que nous ayons encore le désir, le temps et la capacité de le lire est un projet social.

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Wikipédia, écrire — et comprendre ce que l’on rend visible

Ce billet reprend le mot d’ouverture prononcé dans le cadre du marathon d’écriture « Wikipédia – 25 ans, fière et engagée », organisé à l’Université du Québec à Montréal le 26 mars, à l’occasion du Printemps de la recherche et de la création en collaboration avec Wikimédia Canada et l’Institut de recherches et d’études féministes. Cet événement, porté aussi par le collectif Les sans pagEs – Montréal, dans lequel je suis impliquée, visait à soutenir la création et l’amélioration d’articles consacrés à des femmes chercheuses, militantes, ainsi qu’à des personnes issues de communautés encore trop peu visibles en ligne.

-> À noter que le support de présentation utilisé lors de cette intervention est disponible à la fin du billet.

Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour ouvrir ce marathon d’écriture Wikipédia. Je me présente brièvement : je suis Marie D. Martel, professeure à l’EBSI, à l’Université de Montréal, et impliquée dans le groupe Les sans pagEs Montréal, un collectif engagé dans l’amélioration de la représentation des personnes s’identifiant comme femmes et marginalisées sur Wikipédia. Merci pour cette invitation, merci à Simon Côté-Lapointe, bibliothécaire à l’UQAM, pour la qualité de son engagement et de l’organisation.

Fondée en 2001, Wikipédia célèbre ses 25 ans cette année. En un quart de siècle, elle est devenue une infrastructure majeure du savoir, avec plus de 60 millions d’articles, dont plus de 2,5 millions en français, dans plus de 300 langues, et des centaines de millions de consultations chaque mois. Mais il faut insister sur un point fondamental : Wikipédia ne fait pas que diffuser le savoir, elle contribue aussi à définir ce qui est visible, reconnu et documenté. Une personne sans page Wikipédia est beaucoup moins visible, moins citée, moins reconnue ; à l’inverse, le simple fait d’y être présent contribue à sa reconnaissance dans l’espace public.

Lorsque l’on regarde les données, le constat est clair. Environ 19 % des biographies dans les projets Wikimédia concernent les personnes identifiées comme femmes, et à peine plus de 20 % sur Wikipédia en français. Les autres identités de genre restent presque invisibles, autour de 0,15 %. Du côté de Wikidata, la base de données qui structure ces contenus, on observe également des écarts : environ 24% de femmes pour le Canada, contre 33 % à l’échelle globale. Ce sont des chiffres qui ne traduisent pas seulement un manque : ils révèlent un déséquilibre structurel dans la manière dont le savoir est produit et rendu visible.

Ce déséquilibre s’explique en grande partie par la composition de la communauté contributrice. Les enquêtes de la Wikimedia Foundation montrent que celle-ci reste encore largement masculine, historiquement entre 80 et 90 % de personnes identifiées comme hommes y contribuent. Cela a des effets directs : moins d’articles sur les personnes identifiées comme femmes, certains sujets moins développés, et plus largement, il y a une reproduction des hiérarchies existantes dans les sources. 

Quand on dit qu’il y a une « reproduction des hiérarchies existantes dans les sources », on veut dire que Wikipédia dépend fortement de sources déjà reconnues — comme les articles dans les médias, les articles et les ouvrages académiques ou les institutions. Or, ces sources ne sont pas neutres. Historiquement, elles ont davantage documenté : les hommes, les figures institutionnelles, les trajectoires dominantes Et beaucoup moins : les femmes, les personnes autochtones, les actrices communautaires ou certaines figures locales.

Or,  Wikipédia s’appuie sur ces sources pour l’écritute des articles… et donc, ce faisant, elle reproduit les mêmes déséquilibres. Autrement dit, Wikipédia ne fait pas que refléter le monde, elle contribue aussi à perpétuer et structurer certaines inégalités dans la production et la circulation du savoir.

Dans le cas du Québec, la situation se complexifie encore. Les contributeurs de Wikipédia en français sont majoritairement européens, et notamment français. La présence canadienne y est relativement faible : on l’estime autour de 7 %, avec environ 300 personnes contributives actives canadiennes contre près de 4000 françaises. Mais on ne dispose pas de données précises permettant d’identifier la part de la contribution québécoise, ni celle des contributrices. 

Cette absence de données est en soi révélatrice : elle rend difficile la mesure des inégalités tout en contribuant à invisibiliser des dynamiques territoriales, sociales et culturelles bien réelles. 

À cela s’ajoute une reconnaissance moindre de certaines sources québécoises dans les protocoles d’évaluation, notamment lorsque le statut de médias comme Le Devoir ou La Presse comme sources nationales est questionné. Alors, les effets sont cumulatifs : invisibilisation des personnes identifiées comme femmes, invisibilisation des figures québécoises, et sous-documentation de nombreuses trajectoires locales. Nous sommes donc face, à tout le moins, à un double biais, à la fois de genre et géographique.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Les sans pagEs qui vise à combler le fossé des genres sur Wikipédia, notamment à travers des éditathons comme celui d’aujourd’hui, et aussi par la formation et l’accompagnement à l’écriture. Mais il ne s’agit pas seulement de produire des articles : il s’agit aussi de créer des communautés, de rendre la contribution plus accessible et de valoriser d’autres trajectoires et d’autres savoirs. 

Benjamenta, CC BY 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by/4.0, via Wikimedia Commons

Il existe plusieurs autres initiatives : Art + féminisme, WikiGap, le projet Women in Red, le marathon d’aujourd’hui. Ce sont des initiatives très fortes, mais elles ont leurs limites : elles reposent largement sur le bénévolat, elles restent ponctuelles et elles ne transforment pas automatiquement les structures qui produisent les inégalités.

C’est ici qu’intervient la notion de féminisme des données. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des femmes dans les données, mais de transformer les conditions mêmes de production du savoir. Les travaux de Catherine D’Ignazio et Lauren Klein montrent que les données ne sont jamais neutres : elles sont produites dans des contextes sociaux et reflètent des rapports de pouvoir. Cela implique de se demander qui décide des critères, quelles sources sont reconnues, qu’est-ce qui rend visible — ou invisibilise — certains savoirs. L’enjeu n’est donc pas seulement de combler un manque, mais de transformer le système qui le produit.

Aujourd’hui, en participant à ce marathon, vous pouvez faire encore bien plus qu’écrire des articles. On peut aussi s’exercer à développer une conscience critique et envisager d’autres niveaux d’action dans une perspective de féminisme des données.

À un second niveau, nous chercherons, en outre, à analyser les biais et à rendre plus visibles les inégalités. Comment ? En mesurant les écarts, en identifiant les absences, en repérant les déséquilibres dans les contenus ou les catégories. Il s’agit également de montrer comment les systèmes de classification participent eux-mêmes à l’invisibilisation de certaines figures, afin de mieux comprendre ces mécanismes. C’est dans cette perspective que Simon Villeneuve et moi avons travaillé à quantifier le fossé des genres dans les ressources biographiques, en particulier canadiennes, en incluant notamment les projets Wikimédia.

Cette étape est cruciale, car elle permet de situer précisément les problèmes, d’en objectiver les manifestations afin de mieux les déjouer et d’orienter des pistes d’amélioration. Toutefois, elle ne suffit pas entièrement.

À un autre niveau, il devient nécessaire de chercher à transformer le système lui-même. Cela implique d’agir sur les sources, de questionner les critères de notoriété, d’accompagner activement de nouvelles contributrices, de mobiliser différents acteurs du réseau documentaire dans une forme convergence par rapport à ces enjeux, en plus d’améliorer la structuration des données afin de rendre certains contenus plus visibles. À titre d’exemple, j’ai créé il y a quelques années la catégorie « bibliothécaire québécoise », précisément pour mettre en évidence un angle mort dans la structuration des savoirs. Ce type d’intervention, à la fois modeste et stratégique, participe d’un travail plus large de reconfiguration des infrastructures informationnelles.

Et dans le contexte québécois, par exemple, cela peut vouloir dire constater le manque de biographies de personnes s’identifiant comme femmes ou issues des diversités sexuelles et de genre, mais aussi agir concrètement sur les sources : documenter ces figures dans des publications reconnues (articles scientifiques, presse nationale et régionale), soutenir la production de contenus éditoriaux (catalogues d’exposition, ouvrages collectifs), mobiliser des archives existantes souvent peu visibles, améliorer leur repérabilité (indexation, métadonnées, numérisation) et leur admissibilité selon les standards de Wikipédia. Cela implique également de traduire ou adapter certaines sources pour les rendre davantage mobilisables, de diversifier les corpus de référence en intégrant des savoirs situés ou communautaires, et de renforcer les liens entre institutions (bibliothèques, centres d’archives, milieux culturels) afin de consolider l’écosystème documentaire. Autrement dit, il s’agit d’intervenir à la fois sur la production, la reconnaissance, la structuration et la circulation des sources afin de rendre ces figures plus admissibles et visibles dans l’encyclopédie.

C’est ce que l’on entend lorsque l’on affirme qu’il ne s’agit pas seulement de combler des absences, mais de comprendre — et d’agir sur — les mécanismes qui les produisent. Le chemin est plus exigeant, mais il permet d’avoir un impact plus profond et ouvre la voie à une véritable forme de justice sociale.

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