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  • Il manque encore plus de 2000 enseignants 
    À une semaine de la rentrée scolaire, le tableau de bord du ministère de l’éducation indique que 2075 postes d’enseignants sont encore vacants.   Selon un sondage de la Fédération autonome de l’enseignement, les enseignants restent passionnés par leur profession, mais se disent épuisés par le système. 93% d’entre eux affirment que «la passion de transmettre leurs connaissances et de donner le gout d’apprendre» est ce qui les motive le plus à rester.  Toutefois, 16% ne pensent proba
     

Il manque encore plus de 2000 enseignants 

19 août 2026 à 21:38

À une semaine de la rentrée scolaire, le tableau de bord du ministère de l’éducation indique que 2075 postes d’enseignants sont encore vacants.  

Selon un sondage de la Fédération autonome de l’enseignement, les enseignants restent passionnés par leur profession, mais se disent épuisés par le système.

93% d’entre eux affirment que «la passion de transmettre leurs connaissances et de donner le gout d’apprendre» est ce qui les motive le plus à rester. 

Toutefois, 16% ne pensent probablement pas rester dans la profession ou ne savent pas encore s’ils y resteront.

[L'article Il manque encore plus de 2000 enseignants  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Lecture profonde vs. apprentissage profond (IA)
    Bien que ces deux concepts appartiennent à des mondes totalement différents (les neurosciences cognitives humaines et l'informatique), ils partagent une métaphore commune : la superposition de couches de traitement pour extraire du sens. — Permalien
     

Lecture profonde vs. apprentissage profond (IA)

19 août 2026 à 17:12
Bien que ces deux concepts appartiennent à des mondes totalement différents (les neurosciences cognitives humaines et l'informatique), ils partagent une métaphore commune : la superposition de couches de traitement pour extraire du sens.
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  • Maladie dégénérative : Raphaël a besoin d’un véhicule adapté
    Un Rimouskois de 29 ans atteint d’une maladie dégénérative, Raphaël Dumais, a besoin d’un véhicule mieux adapté à sa condition qui s’est détériorée au fil des années rendant ses déplacements de plus en plus difficiles pour lui et son père Serge, qui doit l’aider dans ses déplacements. « Raphaël était un jeune très actif et qui excellait dans les sports, notamment au soccer. Vers l’âge de 8 ans, il se repliait toujours en défense après avoir fait une attaque. Il disait qu’il n’était plus capab
     

Maladie dégénérative : Raphaël a besoin d’un véhicule adapté

Un Rimouskois de 29 ans atteint d’une maladie dégénérative, Raphaël Dumais, a besoin d’un véhicule mieux adapté à sa condition qui s’est détériorée au fil des années rendant ses déplacements de plus en plus difficiles pour lui et son père Serge, qui doit l’aider dans ses déplacements.

« Raphaël était un jeune très actif et qui excellait dans les sports, notamment au soccer. Vers l’âge de 8 ans, il se repliait toujours en défense après avoir fait une attaque. Il disait qu’il n’était plus capable après avoir fait une montée. C’est là que nous avons commencé à consulter. On s’est rendu compte qu’il était plus fort d’un côté que de l’autre », raconte Serge Dumais.

À 15 ans, après plusieurs examens, un spécialiste de l’Hôpital Sainte-Justine lui a diagnostiqué une dystrophie musculaire dégénérative appelée dystrophie facio-scapulo-humérale (FSH).

« La maladie a atteint sa colonne vertébrale. Aujourd’hui, Raphaël ne marche plus du tout. Il doit se déplacer une chaise roulante. Il a toute sa tête, mais rien dans les bras », ajoute le père de famille.

Cette dystrophie musculaire dégénérative affecte progressivement mes muscles et rend plusieurs gestes du quotidien de plus en plus difficiles.

« Au fil du temps, certaines choses que la plupart des gens peuvent faire sans y penser deviennent pour moi de véritables défis », poursuit Raphaël, qui a également dû composer avec des problèmes rénaux.

GoFundMe

Pour aider ses parents à faire l’achat d’un véhicule adapté, Raphaël vient de lancer une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe.

« On a besoin d’un véhicule mieux adapté afin que Raphaël puisse y entrer et en sortir plus facilement et se déplacer de façon plus sécuritaire et autonome », précise son père.

« Présentement, nous avons un trailer pour son fauteuil roulant électrique, mais pour les commissions et les voyages, c’est compliqué. Raphaël ne peut pas rester assis dans une chaise roulante à cause de son dos. Il existe des véhicules avec un banc pouvant sortir de la voiture. Ce sont des bancs amovibles et inclinables, ce qui lui permettrait d’être plus confortables. Sans cela, il est penché vers l’avant. Ce n’est pas sécuritaire », poursuit Serge Dumais.

« Votre aide nous permettrait de rendre nos déplacements plus faciles et sécuritaires et surtout de me permettre de conserver une certaine autonomie malgré l’évolution de ma maladie », affirme Raphaël, qui a préparé sa demande sur GoFundMe lui-même.

« Il est très intelligent. Il fait beaucoup d’Internet. Il reste avec sa mère et moi. Il n’est pas question qu’on le place, tant que je serai capable. Avec l’intervenante du CLSC, on tente de trouver d’autres équipements parce qu’il est pesant et que je vieilli », souligne son père, qui est à la retraite.

Les personnes désirant aider Raphaël et sa famille pour faire un don via ce lien.

 Vers une société postlittéraire? Retour sur « la fin de la lecture » annoncée par Rose Horowitch – bibliomancienne

19 août 2026 à 15:22
Nous sommes donc vraisemblablement moins devant une « fin de la lecture » que devant une recomposition des pratiques de lecture : ce que nous lisons, sur quels supports, à quelle fréquence, pendant combien de temps, avec quel degré d’attention et au milieu de quelles autres sollicitations. C’est peut-être là que se situe le véritable déplacement : non pas dans la disparition de la lecture, mais dans la fragilisation de la lecture soutenue ou profonde.
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  • Une société de lectrices et de lecteurs ne se construit pas toute seule
    Bibliothèque René-Richard, Baie-Saint-Paul (Québec), inaugurée en 1998. Photo : Marie D. Martel, octobre 2025. Ce texte est le deuxième d’une série consacrée aux transformations de la lecture. Après avoir discuté de l’hypothèse d’une société « postlittéraire », à partir de l’article de Rose Horowitch, The End of Reading Is Here, je m’intéresse ici à l’autre versant de la question : qu’est-ce qui fait qu’une société demeure une société de lecteurs et de lectrices? Chaque 12 août, depuis mai
     

Une société de lectrices et de lecteurs ne se construit pas toute seule

18 août 2026 à 14:06
Bibliothèque René-Richard, Baie-Saint-Paul (Québec), inaugurée en 1998. Photo : Marie D. Martel, octobre 2025.

Ce texte est le deuxième d’une série consacrée aux transformations de la lecture. Après avoir discuté de l’hypothèse d’une société « postlittéraire », à partir de l’article de Rose Horowitch, The End of Reading Is Here, je m’intéresse ici à l’autre versant de la question : qu’est-ce qui fait qu’une société demeure une société de lecteurs et de lectrices?

Chaque 12 août, depuis maintenant plus d’une décennie, l’initiative J’achète un livre québécois! invite les Québécoises et les Québécois à entrer dans une librairie et à repartir avec un livre d’ici. Si on en a les moyens, le geste est simple : choisir un livre, l’acheter, peut-être le lire, le donner ou en parler. Et pourtant, cette journée dit quelque chose d’important sur la lecture : une culture du livre ne se maintient pas toute seule. Elle se construit, se transmet et s’entretient.

Cette réflexion s’est aussi nourrie des conversations que j’ai eues autour du 12 août, d’abord avec Alexandre Sirois dans La Presse, puis à ICI Côte-Nord, avec Catherine Paquette et mon collègue Mathieu Dauphinais, de la Bibliothèque de Sept-Îles. Plutôt que de rester prisonniers et prisonnières de la question spectaculaire de « la fin de la lecture », je voudrais donc déplacer le regard vers ce qui permet à la lecture de continuer à occuper une place dans nos vies : si nous voulons demeurer une société de lecteurs et de lectrices, quelles conditions devons-nous collectivement préserver?

Car on ne devient pas lecteur ou lectrice par la seule force de sa volonté. On le devient parce que des livres se trouvent à portée de main. Parce que quelqu’un nous en a lu lorsque nous étions enfants. Parce que nous avons parfois grandi dans une famille où les livres étaient présents, où lire allait de soi, où certaines habitudes, dispositions et familiarités avec la culture nous ont été transmises. La lecture est aussi affaire d’héritage culturel, au sens où l’entendaient Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron — et cet héritage est inégalement distribué.

Mais ce qui n’est pas hérité peut aussi se construire ailleurs. Parce qu’une personne enseignante nous a fait découvrir un livre qui nous parlait. Parce qu’une bibliothécaire a su nous conseiller. Parce qu’une librairie existe dans notre quartier ou qu’une bibliothèque scolaire ou publique nous permet d’emprunter gratuitement. Parce que nous avons vu d’autres personnes lire, entendu parler de livres, reçu des recommandations, participé à une heure du conte ou à un club de lecture.

C’est là que les institutions et les communautés prennent toute leur importance : elles peuvent élargir, prolonger, parfois même compenser ce qui n’a pas été transmis dans la famille. Au contact de ces personnes, de ces lieux et de ces expériences se construisent progressivement les capacités, les habitudes, l’attention, le désir et la motivation nécessaires pour entrer dans un texte et y demeurer. Autrement dit, la lecture est une pratique sociale avant d’être seulement une compétence individuelle.

L’infrastructure de la lecture

On parle beaucoup de l’accès aux livres. Avec raison. Mais avoir des livres disponibles ne suffit pas à faire des lecteurs et des lectrices. Entre la présence d’un livre sur une tablette et son appropriation par une personne existe tout un monde de médiations : familles, écoles, bibliothèques, librairies, maisons d’édition, médias, organismes communautaires, auteurs et autrices, enseignants et enseignantes, bibliothécaires, événements littéraires, politiques culturelles et éducatives. C’est cette infrastructure de la lecture qui m’intéresse.

Le mot infrastructure peut sembler étrange lorsqu’il est question de lecture. Nous l’associons plus spontanément aux routes, aux réseaux électriques ou aux télécommunications. Mais les pratiques culturelles reposent elles aussi sur des infrastructures, certaines matérielles, d’autres sociales et institutionnelles. Elles sont souvent peu visibles, comme nous l’a enseigné Susan Leigh Star, précisément parce que, lorsqu’elles fonctionnent bien, nous finissons par les tenir pour acquises.

Une société de lecteurs et de lectrices repose ainsi sur une véritable écologie de la lecture : des livres, certes, mais également des lieux où les rencontrer, des personnes qui les font circuler, des institutions qui en garantissent l’accès, des communautés dans lesquelles on peut en parler et, chose peut-être de plus en plus précieuse, du temps et de l’attention pour les lire.

Cette manière d’envisager la lecture rejoint aussi les travaux que nous avons menés autour de la littératie communautaire. Celle-ci invite précisément à ne pas considérer la littératie comme une compétence qui se développerait uniquement dans l’individu ou dans l’école, mais à regarder l’ensemble des milieux, des relations, des acteurs et actrices qui contribuent à la rendre possible. Les pratiques de littératie sont situées : elles prennent forme dans des communautés, des institutions et des contextes sociaux particuliers, traversés par la diversité et par des conditions d’accès inégales.

Cette perspective permet alors et surtout de déplacer le regard de la responsabilité individuelle vers une responsabilité partagée. Familles, écoles, bibliothèques, organismes communautaires, librairies, institutions culturelles et politiques publiques ne jouent évidemment pas le même rôle, mais leurs actions sont interdépendantes et peuvent se renforcer mutuellement. Soutenir la lecture revient alors moins à demander aux individus de lire davantage qu’à construire intentionnellement et collectivement les conditions dans lesquelles lire devient possible, significatif et désirable.

Les bibliothèques : créer les conditions de la rencontre

Les bibliothèques constituent un bon observatoire de cette écologie. Selon les données de l’Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques, qui couvre les bibliothèques publiques autonomes, les bibliothèques affiliées aux Réseaux BIBLIO (CRSBP) ainsi que BAnQ, compilées par l’Institut de la statistique du Québec, les bibliothèques publiques québécoises ont enregistré en 2023 environ 52 millions de prêts de documents, dont 42 millions de livres imprimés. Le volume des prêts avait ainsi retrouvé 96 % de sa moyenne des cinq années précédant la pandémie. La même année, elles ont enregistré environ 24 millions d’entrées, soit une hausse de 21 % par rapport à 2022.

Mais un autre chiffre retient particulièrement mon attention : les activités proposées par les bibliothèques ont attiré 1,5 million de participations, soit 33 % de plus qu’en 2022. La reprise de la participation aux activités a donc été plus rapide que celle des entrées physiques — même si, dans les deux cas, les niveaux demeuraient encore inférieurs à ceux d’avant la pandémie.

Il ne faudrait pas faire dire à ces chiffres davantage qu’ils ne permettent d’établir. Ils ne prouvent pas que les Québécois et les Québécoises fréquentent désormais les bibliothèques davantage pour leurs activités que pour leurs collections. Ils nous rappellent cependant quelque chose que l’on ne peut plus ignorer : une bibliothèque ne se contente pas de mettre des livres à disposition.

Heures du conte, clubs de lecture, rencontres avec des auteurs et autrices, ateliers, conférences et autres formes de médiation littéraire sont autant d’occasions de faire découvrir des textes, d’en parler et de créer des relations entre des personnes, des œuvres et des idées. Et ces initiatives débordent souvent les murs de la bibliothèque : elles s’inscrivent dans des réseaux de littératie communautaire où bibliothèques publiques et scolaires, écoles, organismes communautaires et autres acteurs du milieu peuvent conjuguer leurs interventions dans le contexte québécois.

L’accès et la médiation sont deux choses différentes, mais complémentaires. Nous avons beaucoup travaillé, à juste titre, à démocratiser l’accès aux livres et à l’information. Le défi de notre temps pourrait être aussi de préserver — et peut-être de renforcer — les conditions sociales de leur appropriation.

Quand l’infrastructure se fragilise

Cette infrastructure n’a cependant rien d’acquis. Elle peut se fragiliser par petites ruptures, lorsque disparaissent certains des lieux, des ressources ou des médiations qui permettent aux livres de circuler et d’être lus. On vient par exemple d’annoncer la fin d’ateliers de lecture en milieu carcéral. Dans le réseau de l’éducation, les récentes décisions budgétaires en donnent une autre illustration : quelque 38 millions de dollars auparavant consacrés à l’achat de livres pourront désormais être utilisés à d’autres fins.

Les effets se font sentir au-delà des murs de l’école. Lors du récent Congrès mondial d’IBBY à Ottawa, j’ai entendu des maisons d’édition jeunesse québécoises témoigner directement des répercussions de ces mesures sur leurs ventes. J’y étais moi-même pour présenter une étude sur les contestations et la censure des livres jeunesse en matière de sexualité ainsi que de diversité sexuelle et de genre au Canada, ce qui rappelle une autre manière dont cette infrastructure peut être compromise : non seulement lorsque les ressources diminuent, mais lorsque certains livres sont retirés, déplacés, restreints ou rendus plus difficiles d’accès.

On pourrait encore allonger la liste. Un bilan critique récent fait ainsi état d’une « érosion silencieuse » de la mission de BAnQ. Il faudrait aussi parler du financement longtemps jugé insuffisant dans le milieu des CRSBP (Réseaux BIBLIO), malgré les bonifications récentes, alors que ceux-ci jouent un rôle déterminant dans l’accès aux bibliothèques sur une grande partie du territoire québécois. Ces institutions ont ceci de particulier qu’elles relèvent, à des degrés divers, d’une responsabilité nationale plutôt que strictement municipale — comme les bibliothèques scolaires — et qu’elles semblent pourtant demeurer dans l’angle mort des politiques publiques. À filer la métaphore de l’infrastructure, les nids-de-poule ne manquent pas sur la route historique de la littératie au Québec.

Ces phénomènes sont évidemment différents, mais ils invitent à regarder l’ensemble du réseau du livre et de la lecture, plutôt qu’une simple chaîne linéaire. Lorsqu’un de ses nœuds s’affaiblit, ce sont les possibilités de rencontre entre une diversité d’œuvres et leurs publics, jeunes ou moins jeunes, qui se réduisent. Le paradoxe est alors frappant. D’un côté, nous nous inquiétons du recul de la lecture chez les jeunes et cherchons des moyens de leur donner le goût des livres. De l’autre, nous fragilisons parfois les conditions mêmes qui leur permettent de les rencontrer.

Lorsque nous constatons que certains jeunes lisent moins, la question ne peut donc pas être uniquement : Pourquoi ne lisent-ils pas davantage? Elle doit également être, encore une fois : quelles conditions leur donnons-nous pour devenir lecteurs et lectrices?

Le 12 août : rendre visible une écologie du livre et de la lecture

C’est ce qui donne au 12 août une portée qui dépasse l’achat individuel d’un livre. J’achète un livre québécois! met en lumière, pendant une journée, tout un réseau : des auteurs et autrices écrivent, des maisons d’édition publient, des librairies font circuler les œuvres, des bibliothèques et des écoles les rendent accessibles, des médiateurs et médiatrices les font découvrir, des lecteurs et lectrices les lisent, les recommandent et les transmettent.

Acheter un livre québécois ne « sauvera » évidemment ni la lecture ni « la civilisation » 🙂 — ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de l’initiative. Mais l’événement accomplit quelque chose de moins sensationnel mais peut-être de plus intéressant : il rend le livre visible et socialement désirable.

Car les pratiques culturelles ne se développent pas sur le seul mode de l’injonction : il faut lire davantage. Elles se nourrissent de désir, de curiosité, de rencontres et d’une communauté qui leur accorde de la valeur. À sa manière, le 12 août contribue à entretenir une culture dans laquelle les livres et la lecture comptent.

Et les jeunes?

La question devient particulièrement pressante lorsqu’on observe le recul de certaines pratiques de lecture chez les jeunes. Il est tentant d’en chercher la cause du côté des écrans, de TikTok, des téléphones ou du manque d’attention. L’intelligence artificielle ajoute toutefois une dimension nouvelle. La technologie peut désormais non seulement concurrencer la lecture, mais accomplir une partie de son travail à notre place.

Les outils d’intelligence artificielle générative peuvent résumer un livre, expliquer un texte difficile, répondre à des questions sur son contenu et même produire une analyse qui donne toutes les apparences de la compréhension. Ils peuvent certes soutenir l’apprentissage, mais ils rendent aussi possible quelque chose d’assez radical : obtenir certains des produits de la lecture sans avoir accompli soi-même le travail de lecture.

C’est pourquoi la lecture profonde (Deep Reading) me paraît devenir, paradoxalement, plus importante à l’ère de l’IA — cette forme de lecture attentive, réflexive et exigeante à laquelle se sont notamment intéressées Maryanne Wolf et Naomi Baron, et sur laquelle je reviendrai dans un prochain billet. Ce qui est en jeu n’est pas tant la survie du livre comme objet que l’expérience de la lecture elle-même : entrer dans un texte complexe, y consacrer du temps et de l’attention, l’interpréter, le confronter à d’autres idées et construire son propre jugement.

L’enjeu pour les bibliothèques comme pour les différentes instances des réseaux de littératie, sera donc moins d’empêcher l’usage de ces outils que de faire en sorte qu’ils soutiennent l’apprentissage et la pensée plutôt qu’ils ne nous dispensent de penser.

Entretenir une culture de la lecture

C’est peut-être là que le diagnostic d’une société « postlittéraire » devient utile, à condition de ne pas en faire une prophétie. La lecture n’est peut-être pas en train de disparaître. Elle devient une pratique qu’il faut activement soutenir. Non pas en idéalisant un âge d’or où tout le monde aurait lu de longs romans — il n’a probablement jamais existé — ni en opposant systématiquement le livre aux écrans. Mais en nous demandant quelles expériences de lecture nous jugeons suffisamment précieuses pour vouloir les transmettre et les préserver.

Cela suppose bien sûr des livres, des lieux et des personnes qui les font circuler. Mais aussi quelque chose de plus difficile à protéger : du temps et des espaces pour lire, réfléchir et discuter sans être constamment sollicités ailleurs. Acheter un livre québécois le 12 août est un geste culturel. Faire en sorte que nous ayons encore le désir, le temps et la capacité de le lire est un projet social.

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  • Wikipédia, écrire — et comprendre ce que l’on rend visible
    Ce billet reprend le mot d’ouverture prononcé dans le cadre du marathon d’écriture « Wikipédia – 25 ans, fière et engagée », organisé à l’Université du Québec à Montréal le 26 mars, à l’occasion du Printemps de la recherche et de la création en collaboration avec Wikimédia Canada et l’Institut de recherches et d’études féministes. Cet événement, porté aussi par le collectif Les sans pagEs – Montréal, dans lequel je suis impliquée, visait à soutenir la création et l’amélioration d’articles cons
     

Wikipédia, écrire — et comprendre ce que l’on rend visible

26 mars 2026 à 21:48

Ce billet reprend le mot d’ouverture prononcé dans le cadre du marathon d’écriture « Wikipédia – 25 ans, fière et engagée », organisé à l’Université du Québec à Montréal le 26 mars, à l’occasion du Printemps de la recherche et de la création en collaboration avec Wikimédia Canada et l’Institut de recherches et d’études féministes. Cet événement, porté aussi par le collectif Les sans pagEs – Montréal, dans lequel je suis impliquée, visait à soutenir la création et l’amélioration d’articles consacrés à des femmes chercheuses, militantes, ainsi qu’à des personnes issues de communautés encore trop peu visibles en ligne.

-> À noter que le support de présentation utilisé lors de cette intervention est disponible à la fin du billet.

Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour ouvrir ce marathon d’écriture Wikipédia. Je me présente brièvement : je suis Marie D. Martel, professeure à l’EBSI, à l’Université de Montréal, et impliquée dans le groupe Les sans pagEs Montréal, un collectif engagé dans l’amélioration de la représentation des personnes s’identifiant comme femmes et marginalisées sur Wikipédia. Merci pour cette invitation, merci à Simon Côté-Lapointe, bibliothécaire à l’UQAM, pour la qualité de son engagement et de l’organisation.

Fondée en 2001, Wikipédia célèbre ses 25 ans cette année. En un quart de siècle, elle est devenue une infrastructure majeure du savoir, avec plus de 60 millions d’articles, dont plus de 2,5 millions en français, dans plus de 300 langues, et des centaines de millions de consultations chaque mois. Mais il faut insister sur un point fondamental : Wikipédia ne fait pas que diffuser le savoir, elle contribue aussi à définir ce qui est visible, reconnu et documenté. Une personne sans page Wikipédia est beaucoup moins visible, moins citée, moins reconnue ; à l’inverse, le simple fait d’y être présent contribue à sa reconnaissance dans l’espace public.

Lorsque l’on regarde les données, le constat est clair. Environ 19 % des biographies dans les projets Wikimédia concernent les personnes identifiées comme femmes, et à peine plus de 20 % sur Wikipédia en français. Les autres identités de genre restent presque invisibles, autour de 0,15 %. Du côté de Wikidata, la base de données qui structure ces contenus, on observe également des écarts : environ 24% de femmes pour le Canada, contre 33 % à l’échelle globale. Ce sont des chiffres qui ne traduisent pas seulement un manque : ils révèlent un déséquilibre structurel dans la manière dont le savoir est produit et rendu visible.

Ce déséquilibre s’explique en grande partie par la composition de la communauté contributrice. Les enquêtes de la Wikimedia Foundation montrent que celle-ci reste encore largement masculine, historiquement entre 80 et 90 % de personnes identifiées comme hommes y contribuent. Cela a des effets directs : moins d’articles sur les personnes identifiées comme femmes, certains sujets moins développés, et plus largement, il y a une reproduction des hiérarchies existantes dans les sources. 

Quand on dit qu’il y a une « reproduction des hiérarchies existantes dans les sources », on veut dire que Wikipédia dépend fortement de sources déjà reconnues — comme les articles dans les médias, les articles et les ouvrages académiques ou les institutions. Or, ces sources ne sont pas neutres. Historiquement, elles ont davantage documenté : les hommes, les figures institutionnelles, les trajectoires dominantes Et beaucoup moins : les femmes, les personnes autochtones, les actrices communautaires ou certaines figures locales.

Or,  Wikipédia s’appuie sur ces sources pour l’écritute des articles… et donc, ce faisant, elle reproduit les mêmes déséquilibres. Autrement dit, Wikipédia ne fait pas que refléter le monde, elle contribue aussi à perpétuer et structurer certaines inégalités dans la production et la circulation du savoir.

Dans le cas du Québec, la situation se complexifie encore. Les contributeurs de Wikipédia en français sont majoritairement européens, et notamment français. La présence canadienne y est relativement faible : on l’estime autour de 7 %, avec environ 300 personnes contributives actives canadiennes contre près de 4000 françaises. Mais on ne dispose pas de données précises permettant d’identifier la part de la contribution québécoise, ni celle des contributrices. 

Cette absence de données est en soi révélatrice : elle rend difficile la mesure des inégalités tout en contribuant à invisibiliser des dynamiques territoriales, sociales et culturelles bien réelles. 

À cela s’ajoute une reconnaissance moindre de certaines sources québécoises dans les protocoles d’évaluation, notamment lorsque le statut de médias comme Le Devoir ou La Presse comme sources nationales est questionné. Alors, les effets sont cumulatifs : invisibilisation des personnes identifiées comme femmes, invisibilisation des figures québécoises, et sous-documentation de nombreuses trajectoires locales. Nous sommes donc face, à tout le moins, à un double biais, à la fois de genre et géographique.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Les sans pagEs qui vise à combler le fossé des genres sur Wikipédia, notamment à travers des éditathons comme celui d’aujourd’hui, et aussi par la formation et l’accompagnement à l’écriture. Mais il ne s’agit pas seulement de produire des articles : il s’agit aussi de créer des communautés, de rendre la contribution plus accessible et de valoriser d’autres trajectoires et d’autres savoirs. 

Benjamenta, CC BY 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by/4.0, via Wikimedia Commons

Il existe plusieurs autres initiatives : Art + féminisme, WikiGap, le projet Women in Red, le marathon d’aujourd’hui. Ce sont des initiatives très fortes, mais elles ont leurs limites : elles reposent largement sur le bénévolat, elles restent ponctuelles et elles ne transforment pas automatiquement les structures qui produisent les inégalités.

C’est ici qu’intervient la notion de féminisme des données. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des femmes dans les données, mais de transformer les conditions mêmes de production du savoir. Les travaux de Catherine D’Ignazio et Lauren Klein montrent que les données ne sont jamais neutres : elles sont produites dans des contextes sociaux et reflètent des rapports de pouvoir. Cela implique de se demander qui décide des critères, quelles sources sont reconnues, qu’est-ce qui rend visible — ou invisibilise — certains savoirs. L’enjeu n’est donc pas seulement de combler un manque, mais de transformer le système qui le produit.

Aujourd’hui, en participant à ce marathon, vous pouvez faire encore bien plus qu’écrire des articles. On peut aussi s’exercer à développer une conscience critique et envisager d’autres niveaux d’action dans une perspective de féminisme des données.

À un second niveau, nous chercherons, en outre, à analyser les biais et à rendre plus visibles les inégalités. Comment ? En mesurant les écarts, en identifiant les absences, en repérant les déséquilibres dans les contenus ou les catégories. Il s’agit également de montrer comment les systèmes de classification participent eux-mêmes à l’invisibilisation de certaines figures, afin de mieux comprendre ces mécanismes. C’est dans cette perspective que Simon Villeneuve et moi avons travaillé à quantifier le fossé des genres dans les ressources biographiques, en particulier canadiennes, en incluant notamment les projets Wikimédia.

Cette étape est cruciale, car elle permet de situer précisément les problèmes, d’en objectiver les manifestations afin de mieux les déjouer et d’orienter des pistes d’amélioration. Toutefois, elle ne suffit pas entièrement.

À un autre niveau, il devient nécessaire de chercher à transformer le système lui-même. Cela implique d’agir sur les sources, de questionner les critères de notoriété, d’accompagner activement de nouvelles contributrices, de mobiliser différents acteurs du réseau documentaire dans une forme convergence par rapport à ces enjeux, en plus d’améliorer la structuration des données afin de rendre certains contenus plus visibles. À titre d’exemple, j’ai créé il y a quelques années la catégorie « bibliothécaire québécoise », précisément pour mettre en évidence un angle mort dans la structuration des savoirs. Ce type d’intervention, à la fois modeste et stratégique, participe d’un travail plus large de reconfiguration des infrastructures informationnelles.

Et dans le contexte québécois, par exemple, cela peut vouloir dire constater le manque de biographies de personnes s’identifiant comme femmes ou issues des diversités sexuelles et de genre, mais aussi agir concrètement sur les sources : documenter ces figures dans des publications reconnues (articles scientifiques, presse nationale et régionale), soutenir la production de contenus éditoriaux (catalogues d’exposition, ouvrages collectifs), mobiliser des archives existantes souvent peu visibles, améliorer leur repérabilité (indexation, métadonnées, numérisation) et leur admissibilité selon les standards de Wikipédia. Cela implique également de traduire ou adapter certaines sources pour les rendre davantage mobilisables, de diversifier les corpus de référence en intégrant des savoirs situés ou communautaires, et de renforcer les liens entre institutions (bibliothèques, centres d’archives, milieux culturels) afin de consolider l’écosystème documentaire. Autrement dit, il s’agit d’intervenir à la fois sur la production, la reconnaissance, la structuration et la circulation des sources afin de rendre ces figures plus admissibles et visibles dans l’encyclopédie.

C’est ce que l’on entend lorsque l’on affirme qu’il ne s’agit pas seulement de combler des absences, mais de comprendre — et d’agir sur — les mécanismes qui les produisent. Le chemin est plus exigeant, mais il permet d’avoir un impact plus profond et ouvre la voie à une véritable forme de justice sociale.

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  • Les bibliothèques dans les pratiques culturelles au Québec : Une analyse critique
    Le rez-de-chaussée de la bibliothèque Gabrielle-Roy à Québec qui vient de remporter le prix de la bibliothèque publique de l’année de l’International Federation of Library Associations and Institutions À noter : J’ai initialement entamé et publié cet article sur la plateforme Praxis de Projet collectif. Toutefois, consciente et soucieuse des aléas et des destins parfois incertains des plateformes numériques, je republie ces contenus également sur ma propre plateforme, afin d’en assurer la pér
     

Les bibliothèques dans les pratiques culturelles au Québec : Une analyse critique

26 août 2025 à 14:46
Le rez-de-chaussée de la bibliothèque Gabrielle-Roy à Québec qui vient de remporter le prix de la bibliothèque publique de l’année de l’International Federation of Library Associations and Institutions

À noter : J’ai initialement entamé et publié cet article sur la plateforme Praxis de Projet collectif. Toutefois, consciente et soucieuse des aléas et des destins parfois incertains des plateformes numériques, je republie ces contenus également sur ma propre plateforme, afin d’en assurer la pérennité et l’accessibilité.

En 2024, l’Institut de la statistique du Québec a mené l’Enquête québécoise sur les loisirs culturels et le divertissement (EQLCD), une vaste étude auprès de plus de 16 000 personnes de 15 ans et plus. L’objectif est de mieux comprendre comment les Québécois et Québécoises pratiquent la culture aujourd’hui, dans un contexte caractérisé par l’essor du numérique et la diversification des usages. Ce rapport important mérite toute l’attention des acteurs et actrices œuvrant dans le milieu des bibliothèques incluant celleux qui les gouvernent.

Ce rapport attendu, qui vient d’être publié, s’inscrit dans la lignée des enquêtes réalisées depuis 1979 sur les pratiques culturelles. Il permet cette fois de capter l’ampleur des transformations numériques récentes : instantanéité, mobilité, interactivité, entre autres. Il donne à voir l’importance croissante des usages numériques, la variété des pratiques selon les secteurs (lecture, musique, audiovisuel, arts de la scène) et les déterminants sociaux, ainsi que la place des activités culturelles vécues dès l’enfance.

À travers ce portrait, se révèlent non seulement la vitalité culturelle du Québec, mais aussi les inégalités et les écarts générationnels qui continuent de structurer l’accès et la participation aux biens culturels et au capital culturel [1]. Je veux me pencher, plus particulièrement, sur les pratiques entourant les bibliothèques.

Les bibliothèques occupent une place singulière dans les pratiques culturelles des Québécois et des Québécoises. Elles se présentent à la fois comme des lieux de culture, de socialisation et d’apprentissage, mais aussi comme des portes d’entrée vers la lecture et les savoirs numériques. Plus que de simples dépôts de livres, on le répète souvent, elles constituent des espaces où se tissent des liens sociaux, des nouveaux tiers lieux (Jacobs, 1961 ; Putnam et Feldstein, 2003), où s’expérimentent des formes particulières de médiation culturelle et interculturelle (White et Martel, 2021). C’est en ce sens qu’elles peuvent être pensées comme de véritables infrastructures critiques (Mattern, 2014 ; Klinenberg, 2018), indispensables à la dynamique des communautés et à l’opérationnalisation de la justice sociale. Elles cristallisent cependant plus d’un paradoxe : très fréquentées, elles demeurent néanmoins largement invisibles dans le discours public sur la culture; conçues pour réduire les inégalités, elles tendent aussi, à certains égards, à les reproduire. Que nous apprend alors ce rapport dans ces circonstances?

Que nous apprend ce rapport au sujet des bibliothèques?

D’abord, il faut souligner que l’EQLCD jette un nouvel éclairage sur le portrait des bibliothèques déjà tracé par les données provenant du bulletin Optique culture, no 99 (décembre 2024), « Les bibliothèques publiques québécoises en 2022 », rédigé par Sylvie Marceau (Observatoire de la culture et des communications du Québec) [2]. On pouvait lire dans cette étude qu’en 2022, les bibliothèques publiques québécoises, présentes dans 932 municipalités, rejoignant 97 % de la population, offraient un accès à 56 millions de documents, soit environ sept par personne habitante. Leur fréquentation a atteint 20 millions d’entrées, en hausse marquée par rapport à 2021 (+34 %), mais toujours inférieure de 30 % aux niveaux pré-pandémiques. La participation aux activités (1,1 million de personnes) suivait la même tendance, en nette reprise mais en deçà des 1,7 million de 2019. Les prêts progressaient (+19 %), avec un maintien élevé des usages numériques, preuve de leur ancrage durable. Au plan financier, les revenus et dépenses indiquaient une augmentation, traduisant des investissements accrus, mais timides, en services et en personnel. Ces résultats montraient donc que les bibliothèques sortaient progressivement de la crise sanitaire. Elles se devaient, comprenait-on dès lors, de consolider leur rôle en tant que lieux physiques de fréquentation régulière tout en tirant parti de la généralisation du numérique pour renforcer leur capacité sociale et culturelle.

Ces résultats chiffrés prennent un nouveau sens lorsqu’on les relie aux tendances dégagées par l’EQLCD : la croissance du numérique, la fracture générationnelle et sociale des pratiques culturelles, et la tension entre inclusion et distinction.

Mais que nous apprend donc ce rapport au sujet des bibliothèques?

Le numérique en plein essor

Le contexte : La quasi-totalité (96%) de la population utilise internet à des fins personnelles; 74% utilisent des outils numériques pour faire des achats en ligne. Dans les douze mois précédant l’enquête, 29 % de la population a emprunté ou réservé des livres en ligne (p. 9; p. 33). Ce chiffre grimpe à 34 % chez les femmes (c. 24%), à 34 % chez les 15-29 ans, 36 % chez les 30-44 ans et à 40 % chez les diplômés universitaires (c. 29% pour l’ensemble de la population); ce qui illustre le rôle grandissant des services numériques de bibliothèque. Derrière ces données se lit et se consolide une transformation profonde : la bibliothèque se déploie dans nos écrans, se rend accessible à distance, et touche des publics pour qui la mobilité, le temps ou la langue (peut-être plus particulièrement depuis l’application de la loi 14 dans ce dernier cas), sont des obstacles.

En parallèle, 6 % des Québécois et Québécoises ont participé à une activité culturelle en ligne offerte par une bibliothèque (p.33). Ce taux est plus élevé chez les jeunes familles, les 30-44 ans (10%) et les personnes immigrantes (11%). On explique ces résultats, entre autres, par le type d’activités proposées et visant généralement les familles, notamment en contexte interculturel : capsules vidéo, cours et jeux en ligne, ateliers de français ou de clubs de lecture virtuels, ces pratiques rappellent que la bibliothèque est aussi un espace d’intégration et d’accompagnement. On précise, de surcroît, que l’enquête ne permet pas d’observer de différence notable selon le revenu du ménage en ce qui a trait à la participation à une activité en ligne organisée par une bibliothèque ou autre (p. 34).

Avant d’aller plus loin, présentons brièvement les principales données concernant la lecture et l’écoute de livres (papier, numérique et audio), la fréquentation des bibliothèques étant encore intimement liée à la lecture.

Lecture et écoute de livres : principaux résultats de l’EQLCD

Le chapitre 4 de l’EQLCD (pp. 68-79) consacré à la lecture et à l’écoute de livres permet de mieux comprendre les pratiques actuelles, qu’elles soient liées aux formats papier, numériques ou audio. Trois volets sont abordés : le profil sociodémographique du lectorat, la lecture numérique et l’écoute de livres audio.

L’écosystème québécois du livre est à la fois vaste et diversifié : plus de 200 librairies, une centaine de maisons d’édition publiant près de 7 700 titres par an, et surtout, comme on l’a dit plus tôt, plus de 1 000 bibliothèques publiques desservant 97 % de la population (p.69). Ces institutions occupent une place stratégique dans l’accès et la démocratisation de la lecture, tout en étant confrontées à des défis et à des tensions qui viennent nuancer ce rôle.

Par « lecture de livres », on entend  « habitudes de lecture de livres (papier ou numérique) durant les temps libres, en dehors des obligations professionnelles et scolaires. Cela comprend la lecture faite à des enfants, mais exclut la lecture de journaux et de magazines » (p.69).

Le « lectorat » est défini comme « la population de 15 ans et plus qui a lu un livre (papier ou numérique) au cours des 12 mois précédant l’enquête » (p. 19).

Qui lit des livres au Québec et comment ?

Selon l’enquête, 82 % des personnes de 15 ans et plus ont lu au moins un livre papier ou numérique dans leurs temps libres au cours des 12 mois précédents (p.69). La lecture est plus fréquente chez les femmes (89 %) que chez les hommes (75 %), et elle augmente avec le niveau de scolarité : 93 % des diplômés universitaires lisent, contre 68 % des personnes sans diplôme. Les ménages à revenu élevé (89 %) et les personnes nées à l’extérieur du Québec (88 %) présentent aussi des taux plus élevés de lecture (p.69-70). À l’inverse, la lecture est moins répandue en région en dehors de la métropole (75 % contre 83–85 % en milieu plus urbain) et chez les personnes dont la langue parlée à la maison est uniquement le français (79 % contre 88–90 % pour les autres groupes linguistiques) (p.70).

Un quart de la population de 15 ans et plus (23 %) lisent tous les jours ou presque, tandis que 19 % lisent au moins une fois par semaine, 20 % une fois par mois, 18% n’ont pas lu de livre pendant cette période (p. 70). Les jeunes de 15 à 29 ans lisent proportionnellement autant que les autres groupes d’âge (86 %), mais leur lecture est moins quotidienne (17 % contre 27–30 % chez les 60 ans et plus). Les femmes et les diplômés universitaires se distinguent par une plus grande régularité de lecture (p. 70). 

Genres littéraires

Les genres les plus populaires sont les suivants :

  • Romans et nouvelles (36 % du lectorat), particulièrement chez les personnes aînées (44 % des 75 ans et plus).
  • Livres de développement personnel (17 %), surtout chez les 45–59 ans.
  • Livres pratiques (16 %), prisés par les 45–74 ans.
  • Bandes dessinées (15 %) chez les 15–29 ans.
  • Livres jeunesse (20 %) chez les 30–44 ans, en lien avec la lecture faite aux enfants.
  • Biographies (19 %) chez les 75 ans et plus (p. 71).

Ce panorama illustre bien la segmentation générationnelle des goûts littéraires : les jeunes privilégient les genres visuels et ludiques (BD, jeunesse), les personnes adultes d’âge moyen s’orientent vers des ouvrages pratiques ou de développement personnel, tandis que les personnes aînées restent attachés aux formes plus classiques (romans, biographies). On retrouve ici une structuration des préférences en fonction des cycles de vie, mais aussi des rôles sociaux associés à chaque étape (parentalité, retraite, etc.).

Motivations et obstacles

Les principales motivations de lecture sont le plaisir et le divertissement (82 %), la détente (80 %) et l’apprentissage (71 %). Chez les 30-44 ans, la lecture revêt une dimension familiale marquée : une personne sur deux lit pour ses enfants, ce qui souligne le rôle de la lecture comme pratique de transmission intergénérationnelle (p. 72). Ici encore, la bibliothèque est susceptible d’agir comme médiatrice culturelle et éducative. 

Du côté des personnes non-lectrices (18 % de la population), les raisons évoquées sont surtout le manque d’intérêt (71 %), le prix élevé des livres (61 %) et le manque de temps (44 %). Les difficultés de lecture comme frein à la pratique sont plus souvent évoquées par les 75 ans et plus (29 %) et, dans une moindre mesure, par les 15-29 ans (21 %), comparativement aux groupes intermédiaires (13 à 21 %) (p. 73). Ce constat suggère que les obstacles liés à la lecture touchent à la fois les âges avancés, souvent en raison de facteurs physiques et/ou cognitifs, et les plus jeunes, possiblement en lien avec des enjeux scolaires ou de littératie.

Seules de faibles proportions mentionnent l’absence de bibliothèque (9 %) ou la complexité des modalités d’emprunt (14 %) (p.73). Ceci souligne la valeur du réseau public déjà largement accessible, mais dont l’utilisabilité pourrait encore être améliorée.

Langues et provenance des auteurs

La langue de lecture illustre un clivage générationnel : 64 % du lectorat lit surtout en français, mais cette proportion chute à 48 % chez les 15–29 ans, qui lisent davantage en anglais (26 %) ou de manière bilingue (23 %) (p.74).

Quant à la provenance des personnes autrices, 18 % du lectorat privilégient surtout les autrices et auteurs québécois. Cette proportion grimpe à 22–26 % chez les 60 ans et plus, mais tombe à 15 % chez les 15–29 ans, qui se tournent majoritairement vers des auteurs et autrices non québécoises (54 %). Ce décalage générationnel met en lumière la difficulté pour la littérature québécoise de s’imposer auprès des plus jeunes, malgré la vitalité de l’édition locale (p.74).

Lecture numérique et audio

Depuis les années 2000, les livres numériques ont élargi l’accessibilité à la lecture, notamment grâce aux bibliothèques publiques qui contribuent à une offre en ligne généreuse. Ils favorisent la diversité des usages et, avec leurs fonctionnalités interactives, enrichissent l’expérience des personnes usagères.

La lecture numérique a été adoptée par 24 % de la population, principalement les jeunes (32 % des 15–29 ans) et les universitaires (32 %):

« La lecture de livres numériques semble être associée au diplôme obtenu. Les personnes n’ayant aucun diplôme ou celles ayant tout au plus un diplôme de niveau secondaire sont moins nombreuses en proportion à avoir lu des livres numériques (respectivement 17 % et 18 %) que les personnes détenant un diplôme de niveau collégial (23 %) ou universitaire (32 %) » (p. 76).

Ce serait aussi le cas en ce qui concerne le revenu. En outre, les personnes immigrantes lisent proportionnellement plus en numérique (34 %) que les natives du Québec (21 %) (p.77).

L’écoute de livres audio concerne 15 % de la population, avec une surreprésentation des 15–44 ans et des ménages à revenu élevé. Cette pratique serait également associée au diplôme et au revenu (pp. 78-79). Comme pour les livres numériques, les personnes vivant dans la région métropolitaine ou nées à l’extérieur du Québec sont plus nombreuses à adopter cette pratique (23 % contre 13 % des personnes natives)(p.79).

Il semble que les bibliothèques publiques évoluent dans un contexte où la lecture demeure une pratique culturelle majeure mais socialement différenciée. Elles contribuent à atténuer les inégalités d’accès, particulièrement face au prix élevé des livres, tout en ayant à relever le défi de la diversification des publics et des supports (numérique et audio).

La fréquentation physique, entre fidélité et comparaison

Considérons maintenant les résultats du chapitre 5 sur les lieux et événements culturels (pp. 80-86). On y apprend que près d’une personne sur deux (49 %) visite une bibliothèque au moins une fois par an, et que 24 % s’y rendent plusieurs fois (voir la capture d’écran du tableau 5.1). Ce taux est légèrement inférieur à celui des musées (51 %) et nettement en deçà de celui des librairies (62 %) (p.81). 

Toutefois, les bibliothèques se démarquent par la régularité de leur fréquentation : un quart des Québécois et Québécoises y retournent plusieurs fois par an. Comparativement aux autres lieux culturels (seulement 11 % retournent plusieurs fois dans les musées par exemple), elles figurent parmi les rares institutions à maintenir une régularité d’usage « ordinaire ». Cette donnée souligne encore que les bibliothèques ne relèvent pas seulement d’une sortie culturelle ponctuelle, mais qu’elles s’imposent comme de véritables tiers lieux, des lieux de vie dont l’offre est intégrée aux routines sociales, éducatives et communautaires. Comme le rappelle l’EQLCD : « près du quart (24 %) des personnes de 15 ans et plus ont fréquenté plusieurs fois dans l’année des bibliothèques publiques, et 29 % ont visité plusieurs fois des librairies » (voir capture d’écran du tableau 5.1). Cette fidélité s’explique par l’offre particulière de ces lieux consacrés au livre et à la lecture (prêt de documents, activités culturelles et rencontres littéraires) qui contribue à ancrer durablement les bibliothèques dans leur communauté (p. 83).

En revanche, plus de la moitié des personnes répondantes déclarent ne pas avoir fréquenté une seule fois une bibliothèque au cours de cette période.

Qui fréquente les bibliothèques ?

Les profils révèlent des écarts persistants. Les femmes fréquentent davantage les bibliothèques (55 % contre 44 % des hommes), de même que les diplômés universitaires (63 % contre 36 % des personnes sans diplôme). On note, en outre, que les écarts de fréquentation liés au revenu sont nettement moins prononcés lorsqu’il s’agit des bibliothèques publiques (45 % à 53 %), contrairement à ce qu’on observe pour les librairies ou les musées. Cela met en évidence la fonction particulière des bibliothèques comme espaces culturels accessibles et inclusifs, capables d’atténuer certaines inégalités sociales dans l’accès à la culture : 

« On observe de grandes disparités entre les personnes détenant un diplôme de niveau universitaire et celles n’ayant aucun diplôme, notamment en ce qui concerne la fréquentation d’une librairie (77 % c. 40 %), d’un musée, d’un centre d’exposition ou d’une exposition (67 % c. 31 %) ou d’une bibliothèque publique (63 % c. 36 %). Les personnes vivant dans un ménage à revenu élevé sont, en proportion, plus susceptibles que celles vivant dans un ménage à faible revenu de visiter régulièrement une librairie (70 % c. 50 %) ou un musée, un centre d’exposition ou une exposition (63 % c. 39 %). Cependant, les écarts selon le niveau de revenu du ménage sont moindres quant à la fréquentation des bibliothèques publiques (proportions variant de 45 % à 53 %), ce qui illustre l’importance de ces établissements dans la réduction des inégalités en matière d’accès à la culture » (p. 81).

Les personnes immigrantes affichent des taux de fréquentation plus élevés (63 % contre 45 % des personnes natives), confirmant que les bibliothèques jouent un rôle interculturel significatif dans les parcours d’intégration. De même, les personnes en milieu urbain fréquentent davantage les bibliothèques (56 % à Montréal contre 40 % en région) (p. 82).

Revenons sur cette fréquentation régulière de la bibliothèque en considérant l’âge (voir capture d’écran du tableau 5.2). On constate que l’analyse des groupes d’âge met en évidence une courbe en U inversé : la fréquentation est particulièrement élevée chez les jeunes adultes (26 %) et les familles en âge scolaire (31,3 % chez les 30-44 ans), diminue à l’âge actif (19,3 % chez les 45-59 ans, 18,9 % chez les 60-74 ans), puis remonte chez les aînés (23,2 %). Cette variation illustre ce que Bourdieu associe à l’habitus ou à la structuration des pratiques par les rythmes sociaux  : les bibliothèques sont sollicitées différemment selon les étapes de la trajectoire de vie (études, parentalité, contraintes professionnelles, retraite).

Comparées aux librairies, qui demeurent les lieux consacrés au livre les plus fréquentés (29,2 % plusieurs fois par an), les bibliothèques se distinguent par une fonction égalisatrice. La librairie suppose un capital économique, alors que la bibliothèque repose sur la gratuité et l’accessibilité. La remontée de la fréquentation chez les aînés témoigne aussi de leur rôle de proximité et de socialisation, là où la consommation marchande du livre diminue vraisemblablement en importance.

L’EQLCD souligne aussi que le lien avec les bibliothèques s’enracine dès l’enfance : 78 % des adultes se rappellent y avoir participé entre 6 et 15 ans (p. 98). Cette expérience d’éveil culturel reste un point de passage majeur, mais elle n’assure pas à elle seule la fidélité à l’âge adulte : elle doit être relayée par le capital scolaire et social qui se transmet, s’incorpore et se consolide au fil de la vie et des trajectoires sociales.

Des défis 

Il semble donc que L’EQLCD met en lumière une transformation des pratiques culturelles au Québec, fortement influencée par le numérique et la diversification des modes de consommation. Pour les bibliothèques publiques, plusieurs défis se profilent. Sur le plan de l’accessibilité, elles demeurent des espaces stratégiques pour la  réduction des inégalités, mais elles doivent composer avec la fracture numérique, particulièrement marquée chez les personnes âgées, à faible revenu ou vivant hors des grands centres. Elles sont aussi confrontées à la concurrence des plateformes numériques, qui attirent par l’instantanéité et la personnalisation, les obligeant à repenser leur attractivité et à renforcer leur offre hybride assez fragile actuellement.

Par ailleurs, les bibliothèques jouent un rôle crucial dans la diversité culturelle et linguistique, en valorisant la production québécoise, francophone, autochtone et issue de l’immigration. Elles doivent aussi accompagner les cycles de vie, en consolidant la transmission culturelle dès l’enfance et en soutenant l’apprentissage et la lecture tout au long de la vie.

À la croisée des chemins, elles affrontent simultanément l’expansion du numérique, les attentes croissantes en matière de justice sociale et d’inclusion, ainsi que les défis environnementaux. Et, comme l’avait montré Bourdieu, l’institution culturelle, en l’occurrence ici la bibliothèque, demeure un espace à la fois d’inclusion et de distinction.

Une conclusion : Les bibliothèques, entre démocratie, distinction et care

Ces données, en effet,  suggèrent fortement que les bibliothèques sont à la fois inclusives et sélectives. Inclusives, parce qu’elles desservent presque toute la population et réduisent certains écarts liés au revenu. Sélectives, parce que leur fréquentation demeure fortement corrélée au capital scolaire et culturel. Bourdieu rappelle, dans La Distinction (1979), que les pratiques culturelles ne sont jamais neutres : elles traduisent et reproduisent la distribution inégale des capitaux. Ce qui est une autre manière de questionner la neutralité de la bibliothèque.

L’ancrage précoce à la bibliothèque pendant l’enfance illustre également ce que Bourdieu et Passeron analysent dans La Reproduction (1970) – et aussi, mais autrement, dans Les Héritiers (1967) : les dispositions acquises tôt ne portent leurs fruits qu’en interaction avec les ressources scolaires et sociales ultérieures. Celleux qui accumulent le capital culturel nécessaire poursuivent la fréquentation, tandis que d’autres s’en éloignent.

À l’ère du numérique, l’inégalité ne disparaît pas, elle se reconfigure. L’accès aux nouvelles formes de culture suppose la maîtrise de codes et de compétences techniques spécifiques, inégalement distribuées (Bourdieu, 1989). Ainsi, si les personnes diplômées et les jeunes adoptent massivement les services numériques, ces outils ne gomment pas les hiérarchies : ils en dessinent de nouvelles.

Les bibliothèques apparaissent dès lors comme des infrastructures critiques de savoirs, mais aussi comme des institutions paradoxales prises dans une tension entre ouverture et distinction. Elles peuvent certes être vues comme des lieux de démocratisation, voire de démocratie culturelle, mais aussi comme des espaces où se rejouent les luttes symboliques du champ culturel (Bourdieu, 1992). 

S’il faut parler d’avenir, à ce point, celui-ci dépendra de la capacité des bibliothèques à retrouver leurs publics, à redéfinir les formes de capital culturel qu’elles valorisent, à reconnaître la pluralité des savoirs et à se positionner comme actrices de justice sociale et environnementale dans un monde traversé par de multiples urgences – qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou de la crise écologique. Redéfinir le capital culturel implique, par exemple, d’élargir la reconnaissance des pratiques légitimes en intégrant les littératies communautaires, numériques, médiatiques et informationnelles, mais aussi la culture populaire – mangas, balados ou jeux vidéo – au même titre que la littérature dite « classique » (Dufour et al., 2021). Cela suppose également de poursuivre le développement des espaces de création et de participation, tels que les fab labs ou les laboratoires citoyens, qui diversifient les pratiques reconnues et contribuent au soutien des cultures numériques. Reconnaître la pluralité des savoirs veut dire valoriser, dans la foulée des stratégies d’équité-diversité-inclusion-réconciliation en émergence (Martel et Dufour, 2024), les perspectives autochtones et interculturelles, comme celles des personnes issues de l’immigration dans les collections, mais aussi co-construire avec les communautés des ressources vivantes et accessibles, qu’il s’agisse d’archives communautaires ou de ressources éducatives libres, et ce, malgré un climat d’adversité. 

Mais cet avenir repose aussi sur la responsabilité et la responsabilisation des gouvernements locaux et nationaux, qui ne peuvent se contenter d’ajustements marginaux. Ils doivent envisager le financement des bibliothèques comme un investissement structurant, stable et conséquent – car une augmentation ponctuelle n’aboutit pas forcément à un budget suffisant et durable, même bien géré – et reconnaître politiquement leur rôle stratégique pour la société, l’éducation, la démocratie culturelle.

Enfin, le rôle des bibliothèques dans la justice sociale et environnementale s’exprime déjà, à certains égards, dans leurs fonctions d’accueil – refuges climatisés en période de canicule ou chauffés en hiver – et pourrait s’élargir à des initiatives de sobriété numérique ou à l’organisation d’ateliers citoyens sur les enjeux écologiques et technologiques. Dans cette perspective, leur mission s’enrichit d’une véritable dimension de care, telle que définie par Joan Tronto dans Un monde vulnérable (2010), fondée sur la responsabilité éthique, la réciprocité et l’attention aux interdépendances. Prendre soin des communautés, c’est non seulement répondre à leurs besoins culturels et sociaux immédiats, mais aussi reconnaître leur vulnérabilité, soutenir leur agentivité et favoriser une participation inclusive. En ce sens, les bibliothèques apparaissent comme des infrastructures critiques et résilientes, mais aussi comme des institutions attentives, capables de contribuer activement à la justice sociale et écologique.

Notes

[1] Bourdieu, P. (1979). Les trois états du capital culturel. Actes de la recherche en sciences sociales, 30(1), 3-6. https://doi.org/10.3406/arss.1979.2654

[2] Les données proviennent de l’Enquête annuelle sur les bibliothèques publiques (EABP) réalisée par le MCC et BAnQ.

[3] L’article présente une parité dans les citations puisque presque autant de personnes identifiées comme hommes et femmes sont mentionnées; ce qui rappelle l’importance de la représentativité dans la production et la reconnaissance du savoir.

Références [3]

Bourdieu, P., et Passeron, J.-C. (1967). Les héritiers: Les étudiants et la culture. Paris: Éditions de Minuit.

Bourdieu, P., et Passeron, J.-C. (1970). La reproduction: Éléments pour une théorie du système d’enseignement. Paris: Éditions de Minuit.

Bourdieu, P. (1979). Les trois états du capital culturel. Actes de la recherche en sciences sociales, 30(1), 3-6. https://doi.org/10.3406/arss.1979.2654

Bourdieu, P. (1979). La distinction: Critique sociale du jugement. Paris: Les Éditions de Minuit.

​​Bourdieu, P. (1989). La noblesse d’État: Grandes écoles et esprit de corps. Paris: Éditions de Minuit.

Bourdieu, P. (1992). Les règles de l’art: Genèse et structure du champ littéraire. Paris: Seuil.

Dufour, C., Martel, M. D., Lacelle, N., Kiamé, S., Garneau-Gaudreault, L.-A. & Poulin, T. (2021). Littératie communautaire : analyse de la production documentaire et revue de la littérature. Revue de recherches en littératie médiatique multimodale, 14. https://doi.org/10.7202/1086911ar

 Genêt, P. (2025). Les pratiques culturelles au Québec en 2024, [En ligne], Québec, Institut de la statistique du Québec, Observatoire de la culture et des communications du Québec, 126 p. https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/pratiques-culturelles-2024.pdf

Jacobs, J. (1961). The Death and Life of Great American Cities. New York, NY: Random House.

Klinenberg, E. (2018). Palaces for the people: How social infrastructure can help fight inequality, polarization, and the decline of civic life. New York, NY: Crown.

Marceau, S. (2024, décembre). Les bibliothèques publiques québécoises en 2022 (Optique culture, no 99). Observatoire de la culture et des communications du Québec. Ministère de la Culture et des Communications du Québec et Bibliothèque et Archives nationales du Québec. https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/bibliotheques-publiques-quebecoises-2022.pdf

Martel, M. D., et Dufour, C. (2024, 31 octobre). Enquête RÉDI : Rapport final. Résultats des analyses des réponses au questionnaire RÉDI. Rapport préparé en collaboration avec le Comité ÉDI de la Fédération des milieux documentaires (FMD) et l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI), Université de Montréal.

Mattern, S. (2014). Library as infrastructure. Places Journal. https://doi.org/10.22269/141223

Putnam, R. D., & Feldstein, L. M. (2003). Better together: Restoring the American community. Simon & Schuster.

Tronto, J. (2010). Un monde vulnérable: Pour une politique du care (S. Laugier, Trad.). Paris: La Découverte. 

White, B. & Martel, M. D. (2021). An Intercultural Framework for Theory and Practice in Third Place Libraries, Public Library Quarterly, DOI: 10.1080/01616846.2021.1918968

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  • La mission de la Grande Bibliothèque/BAnQ menacée par un projet d’Hydro-Québec
    Le rassemblement dans le jardin de la Grande Bibliothèque Le 10 mai 2025, un rassemblement citoyen a eu lieu dans le jardin de la Grande Bibliothèque (BAnQ) à Montréal. Organisé en opposition au projet d’Hydro-Québec d’y installer un poste de transformation électrique de 315 000 volts, l’événement a réuni des citoyen·nes, bibliothécaires, archivistes, artistes, urbanistes et personnalités politiques autour d’une même conviction : cet espace est un bien commun, culturel et mémoriel, et ne
     

La mission de la Grande Bibliothèque/BAnQ menacée par un projet d’Hydro-Québec

14 mai 2025 à 12:07

Le rassemblement dans le jardin de la Grande Bibliothèque

Le 10 mai 2025, un rassemblement citoyen a eu lieu dans le jardin de la Grande Bibliothèque (BAnQ) à Montréal. Organisé en opposition au projet d’Hydro-Québec d’y installer un poste de transformation électrique de 315 000 volts, l’événement a réuni des citoyen·nes, bibliothécaires, archivistes, artistes, urbanistes et personnalités politiques autour d’une même conviction : cet espace est un bien commun, culturel et mémoriel, et ne doit pas être sacrifié.

Un terrain stratégique, pas un terrain vague

Dès 1998, lors du choix du site de la Grande Bibliothèque, le terrain adjacent avait été réservé pour permettre une éventuelle expansion, conformément aux normes internationales en bibliothéconomie. Guylaine Beaudry, bibliothécaire chevronnée ayant œuvré dans plusieurs universités, a rappelé que le choix du terrain de la Grande Bibliothèque avait été guidé par une analyse rigoureuse. Ce site avait été retenu pour son potentiel à accueillir un lieu inspirant, tout en répondant aux besoins futurs en matière d’espaces pour BAnQ — conformément aux recommandations de la Fédération internationale des associations de bibliothèques, qui préconise une capacité d’agrandissement de 60 à 70 %.

« Le Jardin d’art n’est pas une incongruité ou une anomalie pour BAnQ. Le Jardin d’art n’est pas un actif superflu à vendre pour combler un déficit ou assurer les coûts d’un projet. Le Jardin de BAnQ n’est pas à vendre, il fait partie du tissu du Quartier latin et de l’avenir de la Grande Bibliothèque. »

Le jardin de la Grande Bibliothèque

De plus, dans ses 30 années de pratique, elle n’a « jamais vu un poste de transformation électrique à côté d’une bibliothèque ».

Plus préoccupant encore, le projet prévoit de réserver deux étages dans le poste électrique pour entreposer des collections de BAnQ. « Ahurissant ! », s’indigne Guylaine Beaudry, en rappelant que les collections de bibliothèques et les archives doivent être conservées dans des conditions strictes : « à environnement contrôlé et selon des critères de température et d’humidité très précis. » Elle affirme : « Dans toutes ces normes, rien, mais absolument rien, ne peut permettre d’aménager un centre de conservation dans un poste électrique. »

Guylaine Beaudry souligne également que les pires cauchemars des bibliothécaires et archivistes concernent « le feu, l’eau et les cyberattaques », et qu’un poste électrique adossé à une bibliothèque fait partie des risques majeurs. Des études en ingénierie démontrent que les risques d’incendie pour ce type d’installation peuvent être quatre fois plus élevés que dans un édifice public traditionnel.

« D’un point de vue urbanistique, il s’agit d’une proposition inacceptable. Aux plans archivistique et bibliothéconomique, ce projet est saugrenu, insoutenable et insensé. En augmentant les risques quant aux conditions de conservation, on met en péril une partie de la mission de

La première présidente-directrice générale, Mme Lise Bissonnette et Guylaine Beaudry, bibliothécaire

BAnQ. »

La première présidente-directrice générale, Mme Lise Bissonnette, était présente à ce « love-in » pour la Grande Bibliothèque, qui célébrait le 30 avril dernier ses 20 ans d’existence. En 2024, ce sont un million et demi de personnes qui ont franchi ses portes. Sa présence témoignait de l’attachement durable à cette institution née d’un projet visionnaire, devenu un lieu emblématique de savoir, de culture et de vie citoyenne.

Les racines d’une aberration 

Pierre MacDuff, pour sa part, rappelle que la construction du poste de transformation projetée nécessite une superficie de 80 000 pieds carrés — soit l’équivalent d’un terrain et demi de football américain. « La volumétrie de ce bâtiment sera plus imposante que celle de la Grande Bibliothèque elle-même », précise-t-il.

Comment a-t-on pu en arriver à une telle « aberration » : implanter un poste électrique massif au cœur du jardin de la Grande Bibliothèque ? Plusieurs éléments se conjuguent pour expliquer cette dérive.

MacDuff dénonce, premièrement, le « catimini » dans lequel ce projet a été développé. Il est stupéfiant de constater que « deux sociétés d’État, on ne parle pas de promoteurs privés désireux de se soustraire aux regards de la compétition, ont fait avancer ce projet dans l’ombre ». Cette absence totale de transparence soulève de sérieuses questions quant au processus décisionnel.

Deuxièmement, « l’aplaventrisme » manifeste de BAnQ et de ses instances dirigeantes. On ne peut que déplorer que « son conseil d’administration accepte sans broncher de se laisser déposséder de ce terrain et que sa présidente-directrice générale refuse incidemment toute entrevue sur le sujet ».

Troisièmement, « l’insensibilité » dont fait preuve Hydro-Québec face aux enjeux culturels et urbanistiques. La société d’État démontre une complète « insensibilité à l’égard des besoins de la Grande Bibliothèque ainsi qu’à l’égard du Quartier latin dont ce sera le plus imposant bâtiment». Cette approche technocratique ignore les dimensions patrimoniales et communautaires.

Ramon Vitesse, zinester et acteur innovant du monde des bibliothèques

Enfin, et non le moindre des aspects, « le silence » assourdissant des autorités municipales. Plutôt que de défendre les intérêts des citoyens et des citoyennes ainsi que du patrimoine culturel, « la Ville de Montréal a eu peur d’affronter Hydro-Québec ». Plus révélateur encore, « il y a un an, elle a plutôt renoncé, au profit d’Hydro-Québec, à une partie de la servitude de passage de ce terrain ». Même les récentes prises de position politiques semblent timides, préférant demander des consultations plutôt que d’opposer un refus catégorique à ce projet inapproprié.

Une lueur d’espoir: la vente du terrain nécessite encore l’autorisation gouvernementale via un décret qui n’a pas été signé.

Une mobilisation politique face à un projet opaque

Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Québec solidaire 

La députée de Québec solidaire, Manon Massé, revient sur son implication et la mobilisation qu’elle mène contre le projet de poste électrique d’Hydro-Québec. Informée dès l’automne 2023 par un lanceur d’alerte, elle a entrepris depuis une série d’interventions soutenues auprès du gouvernement caquiste. Courriels, questions, interpellations : rien n’y fait. Les réponses tardent, ou se contentent de reprendre les arguments de la société d’État.

« Ça a été long… j’ai à peu près jamais eu de réponse, sinon mot pour mot le même discours qu’Hydro-Québec », déplore-t-elle, en évoquant ses échanges avec Christine Fréchette, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, également responsable de la Métropole. Cette dernière la renvoie finalement à Mathieu Lacombe, ministre de la Culture, qui finit par lui répondre :


« Ce que je peux vous dire, c’est que lorsqu’il y aura transaction, ma condition, c’est que ce soit au bénéfice du milieu culturel. »

Une déclaration jugée évasive, inquiétante et largement déconnectée par rapport à l’ampleur de l’enjeu. Manon Massé prévient que la bataille citoyenne est loin d’être terminée et que les citoyennes et citoyens qui sont engagés ici sont « du bon côté de l’histoire ».

Une voix de l’intérieur contre le projet

Sylviane Cossette, représentante syndicale et travailleuse de la Grande Bibliothèque, a dénoncé à son tour avec force le projet. Elle y voit un symptôme de plus du sous-financement chronique de cette institution culturelle pourtant vitale :

« Ceci fait remonter un problème récurrent : le manque de financement chronique de cette institution et son manque d’espace pour la conservation des archives du Québec. »

Sylviane Cossette, représentante syndicale et travailleuse de la Grande Bibliothèque

Elle rappelle que cela fait vingt ans que les citoyennes et citoyens se sont approprié·es la Grande Bibliothèque et son jardin, un espace qui vit, respire et rayonne à travers des projets inspirants de médiation culturelle, comme le jardin de plantes comestibles en 2023 ou les œuvres d’art en plein air. 

Elle critique aussi l’absence de vision durable, et l’hypocrisie d’une solution qui ferait de l’espace pour les archives au cœur même d’un poste électrique : « C’est tout simplement mettre un pansement sur une plaie déjà ouverte. »

Sylviane Cossette rappelle que des institutions comme Bibliothèque et Archives Canada, confrontées aux mêmes défis, ont su obtenir des investissements majeurs pour construire de véritables centres de conservation. BAnQ, elle, voit son potentiel d’expansion compromis. « La vente des terrains empêcherait de bâtir un projet du type de celui dont a besoin BAnQ pour ses collections. » Elle conclut en lançant un appel à la transparence, à la démocratie participative, et à la protection de l’intérêt public.

Pour une culture centrale, pas périphérique

Lorraine Pintal insiste sur l’importance, pour une nation rassemblée autour de la devise « Je me souviens », de se remémorer les idéaux qui ont inspiré la création de la Grande Bibliothèque, portée avec tant de conviction par Lise Bissonnette. Aujourd’hui, ces raisons demeurent : une métropole culturelle digne de ce nom doit pouvoir compter sur une institution phare au cœur de la ville, à la fois lieu de mémoire, de savoir et de transmission.

« Ce poumon vert au cœur du Quartier Latin en pleine métamorphose, est un espace de réflexion où bon nombre de citoyens et citoyennes viennent puiser une élévation de l’esprit en lien direct avec la richesse littéraire de BAnQ. C’est aussi un lieu de rassemblement où la culture dans toute sa diversité regroupe des communautés avides de découvertes et de dialogues. »

Lorraine Pintal, metteure en scène, comédienne, autrice

L’idée d’y implanter un poste de transformation électrique d’Hydro-Québec témoigne d’une forme d’« amnésie collective », oubliant que Montréal a déjà souffert de décisions hâtives, de projets mal situés, conçus sans consultation sérieuse. Toutefois, « il est encore temps d’empêcher l’inévitable […] Nous pourrons dire avec fierté Je me souviens

Dans une adresse vibrante, Hugo Fréjabise, a proclamé que la culture n’est pas une option ni un loisir de fin de semaine, mais un besoin vital et politique :

« Nous pensons tout ce qui est art et culture comme une urgence très sérieuse, très centrale et vitale. »

Hugo Fréjabise, auteur et metteur en scène

Engagé dans la Grande mobilisation pour les arts, qui a contribué à l’obtention d’une hausse du financement public en culture, il témoigne de l’impact concret que peut avoir la résistance citoyenne planifiée et déterminée. Il dénonce le réflexe de reléguer la culture « au vendredi cinq à sept » ou « au samedi après-midi », comme si elle ne méritait pas d’être au cœur des décisions publiques. Hugo Fréjabise termine avec les mots percutants de Jean-Luc Lagarce, rappelant la mission fondamentale des lieux culturels :

« Nous devons préserver les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée, les lieux de l’invention de tout ce qui n’existe pas encore… Ce sont nos maisons à tous. »

La forêt civilisée de 2005 par Robert Gaudreau dans le jardin de la Grande Bibliothèque

Pas un terrain vacant

Ce terrain n’est pas vacant. Depuis des années, il accueille des projets de médiation culturelle, des œuvres d’art en plein air, des activités communautaires et des jardins comestibles. Il constitue un refuge urbain et un tiers lieu précieux au cœur d’un quartier en transformation, marqué par la densification, la fermeture de commerces de proximité et la fragilisation du tissu social.

Face à cette situation déplorable, les attentes citoyennes que Pierre MacDuff réitère sont claires et se déclinent en trois points essentiels :

  • La Ville de Montréal, tant Projet Montréal qu’Ensemble Montréal, doit exprimer sans ambiguïté son opposition au projet, en raison de sa non-acceptabilité sociale.
  • Le gouvernement du Québec ne doit pas signer le décret autorisant la vente du terrain appartenant à BAnQ.
  • Et surtout, Hydro-Québec doit renoncer à cet emplacement, définitivement.

Pour Pierre MacDuff, l’élan citoyen qui s’est formé au fil des mois témoigne d’un refus clair et organisé. En l’espace d’un an, des lettres ouvertes ont été publiées, une page Facebook a été créée, une pétition a recueilli près de 1 300 signatures. Des citoyen·nes sont intervenu·es en conseil municipal, l’ensemble des député·es de l’Assemblée nationale ont été contacté·es, et la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, a relayé ces préoccupations jusqu’à Québec. Le rassemblement d’aujourd’hui n’est qu’une étape. Il y en aura d’autres, affirme-t-il, tant qu’Hydro-Québec n’aura pas renoncé à ce site.

Militantisme documentaire

Un des affiches de l’auteur et artiste Clément de Gaulejac en contexte

Cet article s’inscrit dans une démarche de militantisme documentaire : il rassemble, documente et articule des prises de parole citoyennes, politiques, culturelles et professionnelles autour d’un enjeu urbain majeur, soit le projet d’implantation d’un poste électrique sur le terrain de la Grande Bibliothèque. Témoignages, citations, références médiatiques, et appels à l’action y sont consignés non seulement pour informer, mais pour nourrir la mémoire collective d’une mobilisation en cours.

En cela, le texte fonctionne comme une archive militante : il conserve les traces d’un moment de résistance civique, tout en donnant sens et portée aux gestes, aux voix et aux arguments qui s’y expriment. Il contribue à fixer une mémoire vive, ancrée dans la défense d’un bien commun culturel et environnemental.

Parmi les traces de cette mobilisation, les logos d’invitation et les illustrations des pancartes créées, entre autres, par l’auteur et artiste Clément de Gaulejac distribuées par les organisateurs et organisatrices. Un zine d’amour a aussi été partagé.

L’affiche J’aime BAnQ de Clément de Gaulejac
L’affiche N’Hydro ni Maître de Clément de Gaulejac
 Le verso d’une affiche N’Hydro ni Maître, conçu par Réjean Gagnon (à l’aide d’une IAG) 
Le feuillet du syndicat
Le zine

Pour aller plus loin : comprendre les enjeux autour de BAnQ et du projet de poste électrique

  • Album photo – Mobilisation du 10 mai 2025
    Une série de photos publiées sur Flickr documente le rassemblement citoyen en soutien à la Grande Bibliothèque et contre la vente de son terrain.
  • L’Action nationale – « BAnQ / Le saccage »
    Un dossier qui analyse en profondeur la crise institutionnelle que traverse Bibliothèque et Archives nationales du Québec et les menaces qui pèsent sur sa mission.
  • La Presse – Mobilisation contre la vente du terrain à Hydro-Québec
    Article de Gabriel Béland, 10 mai 2025
  • Le Devoir – Quartier latin unis contre le projet d’Hydro-Québec
    Article de Jean-François Nadeau, 5 février 2025
    Un reportage qui rend compte de la mobilisation locale et de l’attachement des citoyens à ce lieu emblématique.
  • Le Devoir – BAnQ à vendre, une institution de moins en moins grande et une décision sans vision pour l’avenir
    Une tribune publiée le 1er mars sur les enjeux politiques et symboliques liés à la vente du terrain et au projet de poste électrique.
  • Radio-Canada – Berri 2 : un projet d’Hydro-Québec qui suscite de l’opposition
    Article de Jérôme Labbé, 18 février 2025
    Un article de synthèse qui expose les tensions entourant le projet de poste électrique à proximité de BAnQ.
  • Actualitté – Non au béton et aux kilovolts à la place de la culture et des espaces verts
    Article de Hocine Bouhadjera, 28 avril 2025
    Un article relayant les préoccupations citoyennes et professionnelles quant à l’avenir de ce lieu public.
  • Pétition contre le projet de poste électrique
    L’appel lancé par des citoyen·nes, chercheur·es et membres de la communauté universitaire pour préserver les terrains de la Grande Bibliothèque.

Sélection d’activités de médiation culturelle proposées dans le jardin


  • Lectures pour les enfants dans le jardin. Des séances de lecture sont organisées en plein air, offrant aux enfants une expérience littéraire au milieu de la nature.

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  • Sur l’air de la liberté et de Yvonne Oddon (1902-1982), bibliothécaire et résistante
    Yvonne Oddon, bibliothécaire et résistante L’exposition « Sur l’air de la liberté : Chansons de résistantes dans les prisons nazies » offre une relecture forte et poignante de l’engagement de la bibliothécaire et résistante Yvonne Oddon. Autour de 19 chansons documentées par cette dernière à son retour des prisons et camps nazis, cette exposition musicale et documentaire révèle comment les arts populaires et la création poétique ont pu devenir des armes de survie, d’espoir et de résistance. E
     

Sur l’air de la liberté et de Yvonne Oddon (1902-1982), bibliothécaire et résistante

5 avril 2025 à 07:53
Yvonne Oddon, bibliothécaire et résistante

L’exposition « Sur l’air de la liberté : Chansons de résistantes dans les prisons nazies » offre une relecture forte et poignante de l’engagement de la bibliothécaire et résistante Yvonne Oddon. Autour de 19 chansons documentées par cette dernière à son retour des prisons et camps nazis, cette exposition musicale et documentaire révèle comment les arts populaires et la création poétique ont pu devenir des armes de survie, d’espoir et de résistance. En donnant à entendre ces voix de femmes emprisonnées et déportées, l’exposition témoigne aussi d’une part oubliée d’une histoire culturelle et mémorielle.

Sur l’air de la liberté : quand chanter devient résister

Conçue, dans le cadre de la chaire de recherche du Canada en musique et politique, sous la direction de Marie-Hélène Benoit-Otis avec la collaboration de Cécile Quesney, l’exposition réunit les tapuscrits originaux des chansons, les partitions et les airs populaires sur lesquels elles ont été chantées. Le fonds provient de la Bibliothèque La Contemporaine, Nanterre (France).

L’exposition présente également des reconstitutions vocales a cappella ou accompagnées au piano que l’on a pu entendre lors d’un récital mémorable présenté lors du vernissage à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (Montréal, Québec). Offerte en formats physique et numérique depuis le 28 mars 2025 jusqu’au 2 mai, on peut la voir et l’entendre au Centre d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal (Pavillon 3744 rue Jean Brillant, 5e étage) ; elle est hébergée sur un site web dédié, enrichi de contenus analytiques et historiques.

La version itinérante est appelée à circuler dans plusieurs institutions au Québec et en France, prolongeant ainsi l’impact pédagogique et mémoriel du projet. Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche-création et qui a donné lieu à diverses publications scientifiques qui approfondissent le sujet des dynamiques de résistance à l’œuvre dans ces chants de détention.

Page d’accueil de l’exposition numérique « Chansons de résistance dans les prisons nazies »

Yvonne Oddon, pionnière oubliée de la bibliothéconomie

Yvonne Oddon, la plus américaine des bibliothécaires françaises, occupe une place importante dans le livre « Bâtisseuses de la lecture publique », publié en 2024 aux Presses de l’ENSSIB, sous la direction d’Isabelle Antonutti. Cet ouvrage remarquable réhabilite la mémoire de soixante pionnières de la lecture publique en France. En s’appuyant sur des archives souvent fragmentaires, cet ouvrage met en lumière le rôle fondamental joué par les femmes dans la structuration de la profession, dans un univers historiquement façonné au masculin et où les figures des bibliothécaires sont longtemps restées invisibilisées. Préfacé par Arlette Farge, cette recherche fait émerger une véritable histoire sociale des travailleuses de bibliothèque, en exposant leurs réalisations, leurs luttes pour la reconnaissance, et leur apport dans l’évolution de la lecture publique. Un article et plusieurs entrées dans cet ouvrage sont consacrés à Yvonne Oddon.

Née en 1902, Yvonne Oddon suit une formation à l’American Library School à Paris, puis part en stage à l’université du Michigan, aux États-Unis, où elle s’étonne de constater la place centrale accordée aux bibliothèques dans la vie universitaire. De retour en France, elle contribue activement au développement des bibliothèques dans les régions dévastées, notamment par la mise en place du tout premier bibliobus à Soissons en 1933. En 1929, elle est recrutée comme bibliothécaire du musée d’ethnographie du Trocadéro, devenu musée de l’Homme en 1937, où elle introduit des standards innovants inspirés des pratiques américaines : libre accès, classement méthodique, réseaux d’échange de périodiques, et une photothèque documentaire.

Résistante dès 1940, elle cofonde le réseau du Musée de l’Homme avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky. Elle affirme, dans une archive sonore qui contient un extrait d’entretien diffusé sur France Culture en 1963, que son engagement est né d’une réaction instinctive face aux «fausses nouvelles», alors qu’elle effectuait, à titre de bibliothécaire, un travail de dépouillement de la presse. Il s’agissait donc, dès le départ, d’une posture résolument antipropagandiste, en réponse à la machine de désinformation nazie. Peu à peu, elle s’est engagée dans une résistance tous azimuts : fabrication de tracts, création du journal clandestin Résistance, contacts avec l’Angleterre pour « transmettre des renseignements nécessaires à la France libre », « transports de volontaires et d’évadés », « organisation de groupes de combat avec dépôts d’armes », etc. Suite à une dénonciation, elle arrêtée en 1941. Elle échappe à la peine de mort, mais elle est déportée et incarcérée dans plusieurs prisons et camps nazis, dont Ravensbrück et Mauthausen. C’est au cours de sa détention qu’elle compose avec ses compagnes de captivité ces chansons de résistance, rassemblées à son retour. Ce matériel constitue aujourd’hui un témoignage bouleversant de la vie culturelle au quotidien dans un contexte de violence extrême.

Après la guerre, elle reprend ses fonctions de bibliothécaire; elle participe activement à la création de l’ICOM (Internationa Council of Museums), collabore avec l’UNESCO, et réédite avec Charles-Henri Bach le Guide du bibliothécaire, devenu une référence. Elle poursuit des missions internationales en Afrique et en Haïti, où elle forme des professionnel.les de la documentation. Yvonne Oddon s’est éteinte en 1982, mais où on se souvient d’elle à la bibliothèque du Musée de l’Homme qui porte son nom.

L’exposition « Sur l’air de la liberté », devrait, à plus d’un titre, faire partie du circuit des bibliothèques et des centres d’archives, car elle appartient à l’histoire professionnelle de ces travailleuses de la mémoire et du savoir.

Nous avons besoin cette énergie de résistance que portait Yvonne Oddon, alors que nous nous abandonnons peut-être en ce moment à une forme de résignation feutrée, souvent maquillée en pragmatisme, qui banalise les reculs en matière de liberté, de justice et de mémoire collective.  Le courage d’Oddon, sa créativité, et sa vision d’une bibliothèque comme lieu vivant, solidaire et émancipateur, résonnent avec une acuité particulière dans le monde actuel. Entre démarches individuelles et actions collectives, émerge aussi une injonction à maintenir vivant et bien audible l’ espoir pour des futurs alternatifs — un appel que le parcours de Oddon vient puissamment relayer en écho.

Don’t Look Away : dans l’air du temps, un écho

Ainsi, la plus américaine des bibliothécaires françaises serait sans doute en accord avec R. David Lankes, qui, face à la vague de censure et de persécutions visant les bibliothécaires aux États-Unis, répondait avec force : « Don’t look away. » Ne détournez pas le regard. C’est exactement ce qu’Yvonne Oddon a refusé de faire et qu’il faut entendre : résister, agir et documenter.

Dans ce texte percutant, publié le 26 mars dernier et que j’ai traduit ici, Lankes s’inquiète de la dérive autoritaire actuelle aux États-Unis, où les bibliothèques et institutions culturelles, loin d’être simplement fermées, sont en voie de devenir des instruments de propagande. Il évoque les attaques contre les agences fédérales, les bibliothèques universitaires, les chercheurs et les archivistes, ainsi que la montée inquiétante de la censure, des listes de mots interdits, et des persécutions de bibliothécaires accusés d’être trop « libéraux ». Face à l’inquiétude grandissante de la communauté internationale, il appelle à ne pas détourner le regard.

Plutôt que de se contenter de déclarations officielles ou de pressions diplomatiques, l’auteur exhorte les bibliothécaires à documenter activement cette nouvelle forme de « McCarthysme anti-woke » : archiver les documents censurés, recueillir les témoignages, créer des canaux de soutien, favoriser les discussions critiques et protéger la mémoire du moment. Il insiste aussi sur la nécessité d’agir à l’échelle locale, là où les bibliothèques restent profondément ancrées dans la confiance des communautés. En cultivant des espaces de dialogue, de solidarité et de résistance, les bibliothécaires peuvent, ici comme ailleurs, défendre la démocratie. Mais pour cela : don’t look away.

Rendre visibles les invisibles, les oubliées

Dessin en cours (avant le fusain et l’encrage au stylo noir)

Yvonne Oddon faisait également partie de ces nombreuses femmes notables sans image sur Wikipédia. Pour remédier à cette absence visuelle, je me suis permis de dessiner un portrait inspiré d’un remix composite d’images disponibles (vidéo, photo… c’est toujours un défi particulier), afin de rendre hommage à sa mémoire et de contribuer à la visibilité de son engagement. Ce geste s’inscrit dans le cadre de l’initiative portée par Les sans pagEs qui lancent un appel aux illustrateurs et illustratrices pour créer des portraits de femmes dont les biographies sur Wikipédia n’ont pas d’image. Ce projet vise à réduire le biais de genre sur la plateforme en enrichissant les articles consacrés aux femmes, aux féminismes et d’autres sujets sous-représentés.

Je note, par ailleurs, que dans l’article consacré au journal Résistance sur Wikipédia, Yvonne Oddon n’est pas mentionnée parmi les créateurs de cette publication. J’en ai fait un sujet de discussion. Mais, selon le Musée de l’Homme, ce serait bien le cas; elle serait d’ailleurs à l’origine du nom du journal. C’est aussi ce qui est affirmée sur le site du Musée de la résistance en ligne.

Sources principales

Antonutti, Isabelle (dir.) (2024). Bâtisseuses de la lecture publique. Presses de l’ENSSIB.
Chapitre consacré à Yvonne Oddon, dans une étude collective sur les pionnières de la lecture publique en France.
https://books.openedition.org/pressesenssib/13279

Épisode SoundCloud – Se souvenir d’Yvonne Oddon
Témoignage audio retraçant le parcours et l’héritage de cette figure de la bibliothéconomie et de la Résistance.
https://soundcloud.com/contact-742433234/se-souvenir-dyvonne-oddon

Musée de l’Homme – Portrait d’Yvonne Oddon
Bibliothécaire du Musée de l’Homme et résistante, cofondatrice du réseau du Musée de l’Homme.
https://www.museedelhomme.fr/fr/yvonne-oddon-1902-1982

Musée de la Résistance en ligne – Biographie d’Yvonne Oddon
Notice complète illustrée retraçant les grandes étapes de sa vie, de sa formation à ses engagements résistants.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10456-Yvonne-Oddon

Wikipédia – Yvonne Oddon (voir aussi la section bibliographie)
Article biographique détaillé retraçant sa carrière bibliothéconomique et son engagement dans la Résistance.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvonne_Oddon


🎶 Sur le projet d’exposition

Balado Sonorités – « Chansons de résistantes dans les prisons nazies »
Discussion avec Marie-Hélène Benoit-Otis, Cécile Quesney et Catherine Harrison-Boisvert sur les chansons notées par Yvonne Oddon, leur portée historique et musicale.
https://podcast.ausha.co/sonorites/chansons-de-resistantes-dans-les-prisons-nazies

Exposition « Sur l’air de la liberté : chansons de résistantes dans les prisons nazies » (2025).
Projet dirigé par Marie-Hélène Benoit-Otis avec la collaboration de Cécile Quesney. Reconstitution musicale de 19 chansons documentés par Yvonne Oddon. https://chansonsresistantes.crcmp.org/

UdeM Nouvelles – « Quand des détenues chantaient dans les prisons nazies » (2023)
Entrevue avec Marie-Hélène Benoit-Otis sur l’exposition « Sur l’air de la liberté » et le travail de mémoire autour des chansons notées par Yvonne Oddon.
https://nouvelles.umontreal.ca/article/2023/08/28/quand-des-detenues-chantaient-dans-les-prisons-nazies

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  • Don’t Look Away / Ne détournez pas le regard par R. D. Lankes
    R. D. Lankes dans la salle de lecture de la collection nationale à la Grande bibliothèque lors de son séjour à Montréal en 2019 Le texte qui suit, Don’t Look Away, est signé par R. David Lankes, professeur, chercheur et bibliothécaire américain engagé. Il est l’auteur de The Atlas of New Librarianship et de l’essai bien connu Expect More: Demanding Better Libraries, traduit en 2018 sous le titre Exigeons de meilleures bibliothèques par un collectif de bibliothécaires francophones. Dans cette
     

Don’t Look Away / Ne détournez pas le regard par R. D. Lankes

30 mars 2025 à 09:16
R. D. Lankes dans la salle de lecture de la collection nationale à la Grande bibliothèque lors de son séjour à Montréal en 2019

Le texte qui suit, Don’t Look Away, est signé par R. David Lankes, professeur, chercheur et bibliothécaire américain engagé. Il est l’auteur de The Atlas of New Librarianship et de l’essai bien connu Expect More: Demanding Better Libraries, traduit en 2018 sous le titre Exigeons de meilleures bibliothèques par un collectif de bibliothécaires francophones. Dans cette nouvelle prise de position, que nous traduisons ici, Lankes revient avec force sur les menaces qui pèsent actuellement sur les bibliothèques, la liberté intellectuelle et les institutions du savoir — et nous rappelle l’importance critique de l’engagement du corps travaillant dans les milieux documentaires.

Ne détournez pas le regard

Lors d’un récent voyage en Europe, on m’a sans cesse posé la même question : « Que pouvons-nous faire ? » La communauté des bibliothèques européennes (et sans doute aussi la communauté mondiale) observe les développements aux États-Unis avec confusion et inquiétude. Comment le gouvernement fédéral peut-il fermer des agences, s’en prendre à l’Institute for Museum and Library Services, réduire les budgets de la National Agricultural Library, stopper les recherches des National Institutes of Health, limoger l’archiviste nationale et défaire des décennies de travail dans les bibliothèques et le patrimoine culturel ? Comment un pays qui s’identifie si fortement à la liberté, et à la liberté d’expression, peut-il établir une liste de mots interdits utilisés pour purger, sans distinction, les sites web de leurs collections, données et documents ?

La première crainte était que les institutions culturelles soient fermées. La nouvelle réalité, c’est qu’elles seront transformées, une fois de plus, en instruments de propagande et d’endoctrinement. L’Institute for Museum and Library Services n’est pas fermé. En revanche, son nouveau directeur veut s’en servir pour « remettre l’accent sur le patriotisme, préserver les valeurs fondamentales de notre pays, promouvoir l’exceptionnalisme américain et cultiver l’amour de la patrie chez les générations futures ».

Au-delà du gouvernement fédéral, comment les bibliothécaires et institutions de l’UE peuvent-ils réagir, me demandait-on, face à la vague continue d’interdictions de livres, de licenciements de bibliothécaires jugés « trop libéraux », et aux poursuites judiciaires contre ceux et celles qui exercent simplement leur métier et soutiennent leurs associations professionnelles ?

Ma réponse est simple : ne détournez pas le regard.

Je comprends l’importance des déclarations institutionnelles de l’IFLA, de l’ALA, de la SLA, de l’ACRL et autres ; c’est d’ailleurs ce que nous faisons ici, au fond. Je comprends l’idée selon laquelle une pression internationale devrait, au minimum, attirer l’attention sur les attaques contre les fondements mêmes du métier de bibliothécaire. Je comprends aussi ce besoin d’agir. Continuez à publier des déclarations, continuez à poser des questions. Mais sachez que cela ne suffira pas. En réalité, l’idée que les États-Unis agissent malgré la désapprobation internationale est même au cœur du projet de l’administration actuelle.

Non, le véritable travail à accomplir, c’est celui que les bibliothécaires mènent depuis des siècles : encourager la conversation éclairée et assurer la mémoire rigoureuse de l’instant, en vue d’une action informée.

Un moment où une nation prospère et démocratique décide que son infrastructure culturelle, scientifique et intellectuelle, celle-là même qui l’a menée à sa position dans le monde moderne, est désormais suspecte, infestée d’agents porteurs de sentiments «anti-américains». Un moment où interroger l’histoire et les actions d’un pays dans une perspective de progrès devient un acte de dissidence. Un moment où les idées deviennent dangereuses. Où l’éducation devient dangereuse, où les bibliothèques deviennent dangereuses, où les mots deviennent dangereux. Où, au lieu d’un dialogue vital sur ceux qui réussissent dans la nation et sur la manière de bâtir une économie et une démocratie capables d’éliminer les désespoirs les plus profonds et de redonner une voix aux personnes exclues, nous cédons le pouvoir à des politiques du ressentiment et de la revanche.

Ne détournez pas le regard.

Aidez-nous à documenter ce nouveau maccarthysme « anti-woke ». Ouvrez des dépôts d’archives pour les documents purgés. Créez une plateforme centralisée d’articles de presse et de témoignages de bibliothécaires licenciés. Documentez les décisions de justice américaines qui tentent de contraindre les agences de l’exécutif. Proposez des canaux sécurisés et anonymisés pour les travailleurs et travailleuses des bibliothèques aux États-Unis et à l’étranger. Organisez des discussions pour réfléchir, soutenir, témoigner. Tout comme nous l’avons fait pour d’autres nations à travers le monde.

Et surtout — je ne saurais trop insister — regardez aussi chez vous, du côté de vos propres frontières. Nous vivons une époque de déstabilisation. Les alliances traditionnelles se rompent. L’idée que nous étions sur une trajectoire linéaire vers toujours plus de libertés s’effondre face au retour cyclique des idéologies politiques. L’histoire n’est pas terminée.

Sachez que malgré ces paroles, je reste optimiste. Les bibliothèques américaines, toutes catégories confondues, sont des institutions locales. Leur financement provient en majorité de taxes locales et de frais de scolarité. Les gens soutiennent encore massivement leurs bibliothèques et font confiance à leurs bibliothécaires. Le soutien aux bibliothèques, à l’éducation, aux musées n’est pas idéologique. Leur fonctionnement demeure, dans une large mesure, du ressort des communautés locales.

C’est cette ancrage local, cette orientation communautaire — acquise de haute lutte au fil des décennies — qui me donne de l’espoir. Nous devons veiller, aux États-Unis comme ailleurs, à restaurer et renforcer ces liens communautaires. Les bibliothécaires ont tout à gagner à se tourner vers l’hôtel de ville plutôt que vers le parlement ou la Maison-Blanche. Bâtir du consensus. Donner du pouvoir à ceux et celles qui se sentent marginalisés. Encourager la rencontre entre voisins. Donner l’exemple d’un débat sain.

Et ne détournez pas le regard.

Référence

Lankes, R. D. (26 mars 2025). Don’t look away. https://davidlankes.org/dont-look-away/

Ce qui se passe au sud de la frontière : des attaques répétées contre les bibliothèques, la mémoire collective et la recherche

24 mars 2025 à 10:30
Salle de lecture, Boston Public Library, Boston, 2024

Fondée en 1848, la Boston Public Library (BPL) est la première grande bibliothèque municipale gratuite aux États-Unis. Dès son origine, elle a porté une vision profondément démocratique : celle de l’accès au savoir pour toutes et tous, indépendamment du statut social ou économique. Son inscription gravée sur le fronton — « Free to all » — est devenue un emblème puissant de la mission publique des bibliothèques américaines. La BPL a non seulement servi de modèle pour les bibliothèques publiques dans le monde entier, mais elle incarne toujours aujourd’hui l’idéal d’une institution culturelle ouverte, inclusive, enracinée dans la justice sociale et la citoyenneté éclairée. J’ai eu le plaisir de revisiter cette institution inspirante l’été dernier, loin d’imaginer alors l’ampleur des menaces qui allaient émerger quelques mois plus tard.

Aujourd’hui, la mairesse de Boston, Michelle Wu, figure montante de la scène politique américaine, est l’une des voix les plus engagées dans la résistance face aux atteintes aux institutions publiques — dont les bibliothèques, en première ligne. Lors de son discours sur l’état de la ville en janvier 2025, elle déclarait sans broncher (ma traduction) : « Boston a été fondée en affrontant les tyrans. Personne ne dicte à Boston comment prendre soin des siens. Pas les rois, et pas les présidents qui se prennent pour des rois. »

Ainsi, alors que l’actualité nationale et internationale tourne souvent autour de crises géopolitiques, il est une autre forme de crise qui mérite notre attention, particulièrement au sein de notre communauté professionnelle : celle qui touche actuellement les bibliothèques, les archives et l’accès à l’information publique aux États-Unis. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence le 20 janvier dernier, plusieurs décisions et décrets exécutifs viennent ébranler les fondements mêmes de la mission sociale et éducative de nos collègues américains.

À travers cet article, je souhaite partager avec mes collègues du Québec, du Canada et de la francophonie quelques faits récents qui, bien qu’ils puissent sembler lointains, résonnent profondément avec les valeurs que nous portons collectivement. Il s’agit ici non seulement de la liberté intellectuelle et de l’accès à l’information, mais aussi de l’intégrité professionnelle, de la recherche, de la diversité des savoirs et de la justice sociale.

Je suis bien consciente que nous évoluons dans un contexte de surcharge informationnelle, où la multiplication des nouvelles et des signaux contradictoires participe, volontairement ou non, à une forme de brouillage stratégique. Cette saturation fait d’ailleurs partie des techniques de propagande utilisées par certains gouvernements, visant à diluer la portée des enjeux réels et à noyer les alertes. C’est précisément pour cette raison qu’il devient si important, dans nos milieux — bibliothèques, archives, recherche, journalisme — de trier, colliger, organiser et analyser l’information, afin de rendre lisible ce qui tend à être fragmenté ou camouflé.

En tant que membre de l’American Library Association (ALA), je vois passer un flux constant de communications, de communiqués, de témoignages et d’alertes. Ce texte est une tentative de partager une lecture d’ensemble, une synthèse permettant de rendre perceptible la dynamique actuelle pour celles et ceux qui, d’ici ou d’ailleurs, n’en mesurent pas encore l’ampleur. Car mieux comprendre ce qui se joue au sud de la frontière est devenu un enjeu tout aussi stratégique, en réponse à la désinformation, et tant pour anticiper les répercussions possibles dans nos contrées que pour protéger nos propres institutions contre les dérives autoritaires et les atteintes à la démocratie.

Un décret présidentiel qui sonne l’alarme

Le 14 mars, en soirée, le président Trump a signé un décret intitulé « Poursuivre la réduction de la bureaucratie fédérale » (Executive Order on Continuing the Reduction of the Federal Bureaucracy), ciblant directement l’Institute of Museum and Library Services (IMLS), l’agence fédérale qui soutient les bibliothèques américaines à travers les États.

Derrière un langage technocratique se cache une réalité bien plus brutale : le décret vise à éliminer de facto l’IMLS, en limitant ses demandes budgétaires aux seuls fonds nécessaires à sa fermeture. Toute autre demande de financement sera rejetée par l’Office of Management and Budget (OMB).

Ce décret s’ajoute à une loi de crédits provisoires pour l’exercice 2025, adoptée et signée le même jour, qui maintenait pourtant les fonds de l’IMLS au niveau de 2024. Mais le décret présidentiel restreint désormais leur utilisation aux seuls programmes explicitement requis par la loi, excluant ainsi potentiellement un grand nombre d’initiatives pourtant cruciales pour les bibliothèques publiques, scolaires et universitaires à travers le pays et, en premier chef, les programmes reliés à l’équité, la diversité, l’inclusion.

L’heure du conte dans le jardin, BPL, Boston, 2024

L’ambiguïté persistante sur ce qui est considéré comme « statutairement requis » laisse craindre une interprétation restrictive, voire hostile, dans la mise en œuvre. La réduction à néant de l’IMLS pourrait se concrétiser très bientôt par l’inscription d’un budget de fermeture dans la proposition présidentielle pour l’exercice 2026, attendue dans les prochaines semaines.

Pour en savoir plus, l’American Library Association (ALA) propose une FAQ détaillée sur le décret ainsi que des outils de mobilisation sur la page Protect Library Funding de sa campagne Show Up for Our Libraries.

The Plot Thickens, collection de littérature, BPL, Boston, 2024

Des répercussions bien au-delà de l’IMLS

La menace qui pèse sur l’Institute of Museum and Library Services n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans un climat plus large de méfiance, voire d’hostilité, à l’égard des institutions publiques de mémoire, de savoir et de transmission culturelle. Depuis janvier 2025, plusieurs autres mesures prises par l’administration Trump viennent accentuer cette pression, transformant ce qui semblait être un conflit budgétaire en attaque idéologique systémique contre les fondements mêmes de l’accès libre et pluraliste à l’information.

Suppression de données publiques : une mémoire numérique effacée

Depuis la fin janvier, des milliers de pages web et de bases de données gouvernementales ont été altérées, rendues inaccessibles ou supprimées. Cela concerne des sujets comme la santé publique, les changements climatiques ou les inégalités sociales. Des articles de référence comme ceux publiés dans le New York Times, Wired, et The New Yorker ont documenté cette tendance alarmante.

Pour y faire face, le Data Rescue Project, un collectif d’archivistes, de bibliothécaires et d’activistes des données, coordonne les efforts de sauvegarde et de mise à disposition alternative des données effacées.

Les attaques actuelles du gouvernement Trump ne ciblent pas uniquement les bibliothèques et les archives : le secteur de la recherche scientifique est lui aussi directement visé. Plusieurs programmes de financement ont été suspendus ou redirigés, en particulier ceux liés à la diversité, à l’environnement ou à la santé publique. Des mesures préoccupantes ont également été signalées en lien avec l’indépendance des données scientifiques produites par les agences fédérales. Sur ce sujet, je vous invite aussi à consulter les interventions de mon collègue Vincent Larivière, qui suit l’évolution des politiques américaines en matière de science et de diffusion des savoirs, et qui éclaire leur impact sur la recherche canadienne.

Des licenciements ciblés dans les institutions fédérales

Des coupures budgétaires mises en œuvre par le Department of Government Efficiency (DOGE) ont conduit à une vague de licenciements, entraînant notamment la fermeture temporaire de la John F. Kennedy Presidential Library ainsi que des perturbations au sein des Archives nationales des États-Unis (NARA). D’autres bibliothèques présidentielles auraient également été touchées par des mesures similaires. Ces licenciements visent en particulier les employés en période probatoire — c’est-à-dire en poste depuis moins de deux ans —, ce qui facilite leur révocation sans obligation de justification formelle.

Le 7 février, l’archiviste nationale des États-Unis, Colleen Shogan, a été abruptement congédiée par le président Trump, comme l’ont rapporté CBS News. Son adjoint, William “Jay” Bosanko, a choisi de prendre sa retraite peu après.

En réaction, l’American Library Association (ALA) a signé une lettre ouverte adressée à la Maison-Blanche, en collaboration avec plusieurs organisations, puis rejointe par la Society of American Archivists (SAA), dénonçant une atteinte grave à la mémoire nationale et aux droits d’accès à l’information publique.

Espace de valorisation thématique, BPL, Boston, 2024

Censure idéologique dans les bibliothèques scolaires militaires

Conformément à un décret présidentiel de début 2025, les bibliothèques scolaires des bases militaires ont reçu l’ordre de retirer les livres associés à « l’idéologie du genre » ou aux « approches discriminatoires de l’équité ». Ce langage flou mais orienté vise en réalité à purger les collections de tout contenu lié aux luttes sociales ou aux enjeux actuels de justice; une avenue qui affecte aussi les activités telles que les clubs de lecture. Parmi les titres visés : No Truth Without Ruth (sur la juge Ruth Bader Ginsburg), Freckleface Strawberry (de Julianne Moore), et Hillbilly Elegy (de J. D. Vance, le vice-président!). La directive a été dénoncée par l’ALA et l’American Association of School Librarians (AASL) comme une violation du Premier amendement.

Des élèves de bases américaines en Europe et en Asie ont organisé une protestation coordonnée, comme le rapporte Stars and Stripes et PEN America.

Une offensive anticipée, une riposte organisée

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump tente d’éliminer l’IMLS : il l’avait déjà proposé à quatre reprises lors de son premier mandat dans ses propositions budgétaires annuelles (2017–2020), comme le rappelle l’American Library Association (ALA). Mais cette fois, les mesures sont plus concrètes, plus structurées et plus menaçantes.

Heureusement, la riposte s’organise. L’ALA a publié une déclaration officielle le 15 mars dénonçant sans détour cette attaque, affirmant que cette décision « coupe les jambes à l’une plus aimées et respectées des institutions américaines, en s’en prenant à son personnel et aux services qu’elle rend » (« cutting off at the knees the most beloved and trusted of American institutions and the staff and services they offer », ma traduction).

La campagne Show Up for Our Libraries, lancée en anticipation de ce scénario dès la fin de 2024, mobilise depuis des mois bibliothécaires, archivistes, élu·e·s et citoyen·ne·s autour de la défense du financement fédéral de institutions. Depuis la publication du décret, plus de 55 000 messages ont été envoyés aux membres du Congrès via le centre d’action de l’ALA. La campagne met à disposition des modèles de lettres personnalisables, ainsi que des ressources pour organiser des visites de bibliothèques avec des élu·e·s.

En parallèle, l’ALA renforce ses efforts juridiques et politiques, notamment à travers son Public Policy and Advocacy Office (PPAO). Elle prépare activement le Congrès annuel de plaidoyer à Washington, prévu les 2 et 3 avril 2025, où des représentant·e·s de l’ALA — dont la présidente Cindy Hohl, la directrice générale par intérim Leslie Burger, le président du comité législatif,Ed Garcia et la présidente élue Sam Helmick — rencontreront les bureaux des membres du Congrès responsables des budgets liés aux bibliothèques.

Enfin, dans le cadre de la Semaine nationale des bibliothèques (6 au 12 avril 2025), l’ALA offrira un webinaire qui sera accessible à tous et toutes, le 11 avril, intitulé How to Protect Federal Library Funding. Ce sera le quatrième volet de la série Show Up for Our Libraries.

« Build by the People and Dedicated to the Advancement of Learning », (BPL), Boston, 2024

Une solidarité nécessaire, une vigilance partagée

Pour les professionnel·le·s des bibliothèques et des archives d’ici et d’ailleurs, ces événements rappellent que nos institutions ne sont jamais totalement à l’abri. Ce qui se passe actuellement aux États-Unis est un signal fort : les bibliothèques deviennent des cibles dès lors qu’elles incarnent la diversité des savoirs, l’accès à la connaissance, et la résistance aux discours dominants. Le cas de l’Institute of Museum and Library Services menacé de fermeture, les licenciements aux Archives nationales, ou encore la censure dans les bibliothèques scolaires militaires, en sont autant d’exemples récents.

Ces actions ne sont pas isolées. Elles traduisent une stratégie concertée de réduction de l’espace public des savoirs, sous prétexte de simplification administrative ou de neutralité idéologique. En réalité, ce sont la pluralité des points de vue, l’autonomie des institutions de mémoire, et la liberté de chercher, d’enseigner et de transmettre qui sont visées. Ces dynamiques ont été bien analysées dans plusieurs études critiques et formations sur les effets de la désinformation et du populisme sur les institutions du savoir, notamment par Freedom to Read Foundation ou PEN America.

Pour les bibliothécaires, archivistes, enseignant·e·s, chercheur·se·s et défenseur·se·s des biens communs informationnels, il ne s’agit pas d’observer ces événements comme une simple crise américaine. Ce qui se joue là-bas peut — et doit — nous inspirer des mécanismes de vigilance, des réflexes de solidarité, et une réaffirmation de notre rôle critique, social, et éthique, notamment à travers nos engagements envers la liberté intellectuelle et la justice sociale. Au sujet de cette dernière, on se rappelera que l’American Library Association (ALA) reconnaît désormais, depuis 2022, la justice sociale comme une compétence professionnelle fondamentale et transversale, affirmant qu’elle fait partie intégrante de la pratique des bibliothécaires et des professionel·l·e·s de l’information, notamment dans leur capacité à promouvoir l’équité, la diversité et l’inclusion, à remettre en question les systèmes d’oppression, et à servir toutes les communautés avec sensibilité et engagement (ALA Core Competences of Librarianship, 2022, p. 4). On ne peut que craindre un recul important sur ces plans.

Il importe de rester informé·e·s, mais aussi de faire écho à ces luttes dans nos propres contextes. En relayant ces informations au sein de nos réseaux professionnels et communautaires, en réfléchissant collectivement à leur portée dans nos milieux, et en cherchant à clarifier et réaffirmer nos engagements éthiques et professionnels, nous participons — fût-ce modestement et pour l’instant — à l’exercice d’une veille critique et démocratique transnationale. C’est un minimum nécessaire, pour l’instant, mais aussi une responsabilité partagée.

Les répercussions ne sont d’ailleurs plus seulement théoriques ou lointaines. Ce qui se passe actuellement du côté de la bibliothèque Haskell, située à cheval entre Derby Line (Vermont) et Stanstead (Québec), en est un signe troublant. Cette institution unique, littéralement traversée par la frontière canado-américaine, « symbole de l’amitié canado-américaine », a récemment vu ses accès restreints et ses usages surveillés, dans un contexte sécuritaire exacerbé. Les usagères et usagers canadiens désormais empêchés doivent passer par la porte de secours pour y accéder. Un prélude dystopique, peut-être, où les tensions politiques du Sud commencent déjà à se faire sentir jusqu’au Nord — jusque dans les lieux mêmes qui incarnent la coopération, la culture partagée et l’idée d’un savoir sans frontière.

Des ressources et des services en santé mentale, BPL, Boston, 2024

Pour aller plus loin

Documents officiels et contexte législatif

Réactions et outils de mobilisation

  • ✇Journal le Mouton Noir
  • Parcs éoliens : la promesse de la démesure
    On a besoin des artistes, des objecteurs de conscience; on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capables d’avancer collectivement. – Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef et membre des Cowboys Fringants L’été est là. Vous vous apprêtez peut-être à vous fondre dans les paysages bas-laurentiens. Mais savez-vous que des mégaprojets de développement éolien transformeront ces paysages? Depuis qu’au nom d’une « transition énergétique », le gouv
     

Parcs éoliens : la promesse de la démesure

19 août 2026 à 13:24

On a besoin des artistes, des objecteurs de conscience; on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capables d’avancer collectivement.

– Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef et membre des Cowboys Fringants

L’été est là. Vous vous apprêtez peut-être à vous fondre dans les paysages bas-laurentiens. Mais savez-vous que des mégaprojets de développement éolien transformeront ces paysages?

Depuis qu’au nom d’une « transition énergétique », le gouvernement a décidé d’ajouter 10 000 MW d’énergie éolienne dans son réseau, tout le Québec est touché par l’éolien, sauf la riche région de Memphrémagog qui aurait défendu que ses paysages méritaient d’être préservés : hors de notre champ de vision les paysages aux allures industrielles!

Ça veut dire quoi?

En plus des 482 éoliennes déjà installées au Bas-Saint-Laurent et dont certaines arrivent en fin de vie (Que faire des tonnes de pâles usées? Recherches de solutions toujours en cours…), on doit bientôt compter 103 éoliennes pour Pohénégamook, Picard, Saint-Antonin et Wolastokuk (phases 1 et 2), 45 éoliennes pour Dégelis et Saint-Jean-de-la-Lande, 20 éoliennes pour Saint-Damase et Saint-Noël.

Ça, c’est ce qui est déjà dans « la machine », il faut ajouter des zones très sérieusement à l’étude : Wocawson (150 éoliennes?), Wetsok : MRC de Montmagny, L’Islet, Kamouraska, Rivière-du-Loup et Témiscouata (240 éoliennes?); Gespe’gewa’gi qui correspond à la Gaspésie et à l’Est du Bas-Saint-Laurent (1000 éoliennes?).

Résister

Un soir de mai, une quarantaine de personnes sont réunies à Témiscouata-sur-le-Lac pour écouter Tina et Étienne, tous deux engagés dans Éoloin, un des nombreux groupes qui s’activent dans différentes régions dans le but de susciter la réflexion à propos de l’implantation de l’éolien, des groupes qui veillent, qui tentent de se faire entendre et de combler le déficit démocratique que le développement éolien a tout simplement soufflé. La dense présentation du comité Éoloin, que tout le monde devrait voir et dont je ramènerai ici quelques fragments, dessine le revers de la médaille.

« Notre économie dans le Témiscouata repose sur l’acériculture, la foresterie et la villégiature. Et l’éolien fragilise tous nos moteurs économiques, dira avec assurance Tina. S’il y avait de véritables consultations, on pourrait peut-être décider ensemble que sur telle partie du territoire on accepte qu’il y ait des éoliennes. Mais de la façon dont ça se fait présentement, sans vue d’ensemble, sans BAPE générique, en laissant les partenaires privés aller frapper aux portes pour offrir de l’argent en échange d’une éolienne, c’est non.  Ça ne peut pas se faire comme ça. »  Bienvenue au Far-West des gisements de vent. Le bar est ouvert. En plus, l’Alliance de l’énergie de l’Est, partenaire de tous les projets avec des promoteurs privés (de Montmagny jusqu’aux îles de la Madeleine) et dont le conseil d’administration est formé uniquement d’élus (où sont passés les acteurs de la société civile?), assure que l’acceptabilité sociale est là. Ah bon? À voir tous les articles qui s’écrivent, tous les regroupements qui se forment, même des élus déçus se regroupent, il est évident que le consensus en regard de la façon dont les projets se déploient, non il n’y en a pas….

D’ailleurs, en cherchant un peu, on est choqué d’apprendre que c’est l’Alliance qui a insisté auprès d’Hydro-Québec pour obtenir une ligne de transport électrique qui allait permettre le développement de tous les nouveaux parcs dans l’est. Dans la démesure qui semble être sa ligne d’approche, l’Alliance était même prête à construire elle-même la ligne… alors qu’Hydro-Québec avait des réserves1.

Dans cette course à l’éolien, on fait reposer l’acceptabilité sociale sur la promesse d’une transition énergétique, mais on ne peut faire l’équation que par exemple des emprises dans les précieuses érablières sont « le prix à payer, un sacrifice à faire » pour atteindre la carboneutralité. En fait, comme il n’y a pas de lignes directrices pour diminuer le recours aux énergies fossiles, les MW éoliens ne viendront que s’ajouter à l’offre2 (pour que prennent forment plus de projets énergivores comme des centres de données?). Le gouvernement vient d’ailleurs de repousser de 2030 à 2035 sa cible de réduction de GES et de diminuer les sommes pour y arriver. L’engagement dans une transition énergétique, c’est du vent… De plus, l’efficacité et la sobriété énergétiques qui pourraient nous permettre de développer moins de nouveaux projets ne sont pas mises de l’avant3

« On veut nous enfoncer un projet dans la gorge, mais le fait que l’éolien, c’est mieux que l’énergie fossile ne peut justifier la catastrophe qui s’annonce », dira avec colère un participant au Témiscouata. La catastrophe, elle est économique, en raison de la diminution de la valeur des propriétés, en raison des sommes colossales que les MRC empruntent pour devenir partenaires des projets, en raison du portefeuille de tous les Québécois qui s’alourdit pour financer le déploiement.

 La catastrophe, elle est environnementale. On parle de fragmentation du territoire, de compactage des sols, de multiplication de bases de béton (environ 1500 tonnes par éolienne), du bruit, de risques pour les puits, des avions de la SOPFEU qui pourront difficilement circuler dans certaines zones, de fragilisation de milieux humides, de chemins forestiers fraîchement déboisés assez larges et droits (de 21 mètres) pour faire circuler pâles et turbines. Et comme on refuse une analyse d’ensemble, on ne cherchera pas à connaître les effets de la multiplication des parcs sur la faune, la flore, les écosystèmes, l’économie, les communautés, les paysages.  Que se passe-t-il? A-t-on pris goût à foncer droit dans le mur comme on l’a fait avec d’autres filières?

Le développement éolien et les revenus qu’il génère pour le Bas-Saint-Laurent doivent être présentés pour ce qu’ils sont : un déploiement qui se fait dans une logique économique capitaliste pour simplement produire plus d’énergie et dont certains tireront de gros profits.

Faire entendre sa voix

À un citoyen du Témiscouata qui demandait « Qu’est-ce qu’on peut faire? », on pourrait répondre : combattons le sentiment d’impuissance. Ne soyons pas ce peuple qui a trop souvent « l’habitude des ruines » (Marie-Hélène Voyer) et ayons le courage de reconnaître que ce développement éolien tous azimuts, précipité et à l’aveugle ne nous représente pas, qu’il dégradera notre milieu alors que l’ère, on le sait, est à la préservation. Dans Charlevoix, on s’apprête d’ailleurs à empiéter sur le maigre territoire du caribou… C’est pour de « l’énergie verte », pourquoi on se gênerait?

Veillons sur notre territoire. Faisons entendre nos voix de toutes les manières, dans toutes les MRC. Signons la pétition pour un BAPE générique, exigeons une vue d’ensemble. Joignons des groupes4 qui essaient d’y voir clair. Un projet qui dépasse les mille éoliennes et qui ne garantit pas la carboneutralité, ça vaut bien mille questions!

1. « L’Alliance de l’énergie de l’Est explore l’idée de construire une ligne à haute tension », Radio-Canada, 2023, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1959219/eolien-transport-ligne-infrastructure-energie-electricite

2. Voir Iris, Projet de loi 69 : vers une transition énergétique?, 2024.

3. « Si le Québec choisissait la voie de la sobriété énergétique, il pourrait se décarboner en 2050 avec trois fois moins de nouvelle production d’électricité » Le Devoir, 31 janvier 2026.

4. Vigilance éolienne de l’est, Vent commun, Éoloin, Vent d’élus, Regroupement Vigilance Énergie Québec, Toujours Maîtres chez nous, etc.

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  • Saint-Tharcisius : une capsule temporelle pour ses 100 ans
    Saint-Tharcisius enfouira une capsule temporelle remplie de souvenirs du 100e anniversaire de la paroisse au parc Pirouettes et Cacahuètes, après une fin de semaine de festivités qui a attiré environ 1 000 personnes par jour dans la municipalité d’un peu plus de 400 habitants. La malle demeurera sous terre pendant 25 ans. Son ouverture s’effectuera en 2051, lors du 125e anniversaire de la paroisse. Un livre souvenir consacré au 100e anniversaire de Saint-Tharcisius doit également être publ
     

Saint-Tharcisius : une capsule temporelle pour ses 100 ans

18 août 2026 à 08:00

Saint-Tharcisius enfouira une capsule temporelle remplie de souvenirs du 100e anniversaire de la paroisse au parc Pirouettes et Cacahuètes, après une fin de semaine de festivités qui a attiré environ 1 000 personnes par jour dans la municipalité d’un peu plus de 400 habitants.

La malle demeurera sous terre pendant 25 ans. Son ouverture s’effectuera en 2051, lors du 125e anniversaire de la paroisse.

Un livre souvenir consacré au 100e anniversaire de Saint-Tharcisius doit également être publié, au cours des prochains mois, afin de conserver une trace des célébrations.

Anciens résidents, citoyens et visiteurs provenant de plusieurs secteurs de la vallée de la Matapédia ont profité du centenaire pour se retrouver et participer aux différentes activités organisées au cours de la fin de semaine.

La programmation proposait des activités durant la journée ainsi que des spectacles en soirée. Les festivités ont pris fin avec le tirage de plusieurs prix d’importance. Joël Rémillard, de Terrebonne, a notamment remporté le grand prix, une Chevrolet Trax 2026.

Le comité organisateur remercie les bénévoles, les commanditaires, les fournisseurs ainsi que toutes les personnes qui ont contribué à l’organisation du centenaire.

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  • Le Festival interculturel de Rimouski s’installe au coeur de la ville
    Accueil et Intégration BSL (AIBSL), organisme porteur du Festival interculturel de Rimouski, dévoile la programmation de sa prochaine présentation, qui se tiendra du 21 au 23 août à la place des Anciens-Combattants. Pendant trois jours, la population est invitée à célébrer la richesse des cultures dans un cadre festif, inclusif et rassembleur. L’événement s’installera au centre-ville afin de faciliter l’accès aux activités. Cet emplacement permettra au public de profiter pleinement du fes
     

Le Festival interculturel de Rimouski s’installe au coeur de la ville

Accueil et Intégration BSL (AIBSL), organisme porteur du Festival interculturel de Rimouski, dévoile la programmation de sa prochaine présentation, qui se tiendra du 21 au 23 août à la place des Anciens-Combattants. Pendant trois jours, la population est invitée à célébrer la richesse des cultures dans un cadre festif, inclusif et rassembleur.

L’événement s’installera au centre-ville afin de faciliter l’accès aux activités.

Cet emplacement permettra au public de profiter pleinement du festival, au bord du fleuve, avec l’ajout d’un grand chapiteau. L’aménagement a été pensé pour favoriser la circulation et encourager les rencontres spontanées.

Cette année, le Festival interculturel de Rimouski (FIR) présente une programmation riche et variée, où la musique, la danse, la gastronomie et les traditions du monde se rencontrent. Spectacles, ateliers, animations familiales et kiosques culturels permettront à toutes et tous de vivre une expérience immersive, accessible et conviviale.

« Le Festival interculturel de Rimouski est un moment privilégié pour célébrer la diversité qui nous rassemble. C’est une occasion de découvrir, mais surtout de rencontrer l’autre et de tisser des liens, et l’édition de 2026 promet d’être flamboyante! », souligne Sarah Toulouse, directrice générale d’Accueil et Intégration BSL.

Programmation gratuite

La programmation 2026 propose un équilibre entre des spectacles qui mettent en lumière des artistes de divers horizons culturels et des activités participatives qui invitent le public à vivre pleinement l’expérience du Festival.

Cette diversité se reflète notamment à travers des découvertes musicales telles que Rei, un artiste originaire de Nouvelle-Zélande dont l’univers s’inspire de la culture māorie, offrant une expérience artistique à la fois unique et immersive.

De son côté, NAXX BITOTA fera résonner les rythmes du Congo, tandis que Sonido Pesao entraînera le public avec ses sonorités latino-américaines festives et dansantes.

La directrice d’Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent, Sarah Toulouse. (Photo courtoisie)

Les festivaliers pourront également se laisser emporter par Dumai Dunai, un collectif aux influences ukrainiennes et bulgares qui mêle dub-punk et fanfares balkaniques, découvrir Less Toches, dont les racines colombiennes, mexicaines, cubaines et argentines donnent vie à une cumbia festive et rassembleuse, ou encore plonger dans l’univers d’Astral Coyote, un duo mexico-québécois qui fusionne cumbia et musique électronique dans une ambiance psychédélique et envoûtante.

La programmation met également en valeur des artistes bas-laurentiens, dont Pascal Demalsy et l’Orchestre de l’Antarctique, et le rendez-vous tricot des Matantes à bouche, un moment chaleureux autour du chant a cappella. Kasàlà Poutine présentera une performance inspirée de la tradition poétique africaine favorisant le partage entre parole, culture et création.

Une attention aux familles

Une attention particulière est accordée aux familles et au jeune public, avec Zak, le dompteur de défis, un spectacle ludique et participatif, ainsi que Eadsé, Révélation Radio-Canada 2025-2026, dont la pop teintée de soul, inspirée de ses racines wendates, s’adresse à un large public.

Tout au long de la fin de semaine, une série d’activités participatives viendra enrichir l’expérience, notamment un atelier de danse haka, une initiation à la danse salsa colombienne, un atelier de danse et de percussions congolaises, ainsi qu’un atelier polyglotte, invitant le public à des découvertes culturelles accessibles.

Côté gourmand, un marché d’artisanat et de cuisine du monde proposera une variété de saveurs et de découvertes, contribuant à faire du Festival un véritable lieu de rencontre et de partage pour toute la communauté.

La programmation complète est disponible en ligne : aibsl.org/fir

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  • Mont-Joli cherche sa photo de l’année pour 2027
    Pour une huitième année, Mont-Joli son concours de photographie destiné à son calendrier municipal. La formule change toutefois cette année. puisque la Ville choisira une seule image comme photo officielle de Mont-Joli pour 2027. Les photographes amateurs et professionnels de Mont-Joli peuvent participer en soumettant jusqu’à quatre photos prises sur le territoire de la ville. Les images peuvent notamment mettre en valeur les paysages, le patrimoine, les activités, les bâtiments ou tout au
     

Mont-Joli cherche sa photo de l’année pour 2027

17 août 2026 à 10:00

Pour une huitième année, Mont-Joli son concours de photographie destiné à son calendrier municipal. La formule change toutefois cette année. puisque la Ville choisira une seule image comme photo officielle de Mont-Joli pour 2027.

Les photographes amateurs et professionnels de Mont-Joli peuvent participer en soumettant jusqu’à quatre photos prises sur le territoire de la ville.

Les images peuvent notamment mettre en valeur les paysages, le patrimoine, les activités, les bâtiments ou tout autre élément permettant de reconnaître Mont-Joli et son caractère particulier.

La photographie choisie par le jury occupera une place de choix dans le calendrier municipal 2027. Son auteur recevra également un prix de 1 000 $ et fera l’objet d’un portrait dans le journal municipal.

Les photos doivent être en couleur, en format horizontal et en haute résolution, avec un minimum de 300 dpi. Les lieux photographiés doivent aussi être facilement identifiables comme étant situés à Mont-Joli.

Le maire sur le jury

Un jury formé du maire Martin Soucy, d’un membre du conseil municipal, de la régisseuse de la Bibliothèque Jean-Louis-Desrosiers et d’un photographe évaluera les photos selon leur originalité, leur qualité technique, leur composition et leur capacité à représenter Mont-Joli.

Les participants doivent transmettre leurs photos par courriel à communicationsmj@ville.mont-joli.qc.ca, avec le titre de l’image, le lieu où elle a été prise ainsi que leurs coordonnées.

Le concours prendra fin le 24 octobre à minuit. La photo gagnante sera dévoilée en novembre à la Bibliothèque Jean-Louis-Desrosiers avant d’être reproduite dans les 3 500 exemplaires du calendrier municipal distribués aux résidences de Mont-Joli en décembre.

Le régime alimentaire omnivore est-il en voie de disparition?

16 août 2026 à 20:55

Selon une récente étude de l’Université Dalhousie, d’Halifax, la proportion des Canadiens qui se décrivent comme omnivores, c’est-à-dire qui ne suivent aucune restriction alimentaire particulière, a diminué en 18 mois.

Elle est passée de 68% à l’automne 2024 à 55% au printemps 2026.

Les consommateurs mangent moins de viande pour plusieurs raisons.

La principale: «Les prix ont beaucoup augmenté», dit à InfoBref Sylvain Charlebois, directeur scientifique au Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.

Il s’attend à ce que la tendance à réduire la consommation de viande se poursuive au cours des prochaines années.


Hausse spectaculaire des prix

Depuis 5 ans, selon Statistique Canada, le prix du bœuf a augmenté d’environ:

• 50% pour la viande hachée
• 90% pour le steak

Cette hausse s’explique par des facteurs:

• logistiques (fermeture d’abattoirs)
• géopolitiques (guerre en Ukraine)
• environnementaux (sécheresse)

Adaptation des consommateurs

Selon Sylvain Charlebois, «le prix élevé de la viande pousse beaucoup de consommateurs à se tourner vers des choix plus économiques, comme les protéines végétales».

Il souligne que l’alimentation végétale est souvent aussi motivée par des raisons:

• de santé
• de protection de l’environnement
• de bien-être animal

Éliminer totalement la consommation de viande et de poisson n’est généralement pas l’option privilégiée par les consommateurs.

Seule une part limitée et relativement stable de la population suit un régime végétarien ou végétalien strict.

«Les gens veulent généralement rester flexibles», note l’expert. 

«La plupart optent donc pour une diète flexitarienne et continuent de manger de la viande à l’occasion, par exemple seulement la fin de semaine.»


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Quelles protéines de remplacement?

Les produits d’imitation vendus en épicerie, comme les viandes végétales des marques Beyond Meat ou Impossible Foods, sont moins populaires depuis quelque temps, observe Sylvain Charlebois.

«On remarque un regain d’intérêt pour les protéines végétales non transformées, comme les légumineuses.»

Les produits en conserve, comme le saumon et les sardines, moins chers que les poissons frais, ont aussi gagné en popularité.

Tendance à long terme

Sylvain Charlebois s’attend à ce que la proportion d’omnivores poursuive sa diminution au cours 10 prochaines années.

«Les consommateurs vont continuer à s’éloigner des habitudes strictement omnivores pour adopter des alimentations plus variées et flexibles, comme le flexitarisme.»

D’autres types de diète, comme les régimes paléo, ont légèrement gagné en popularité au cours des derniers mois, et cette tendance aussi pourrait se poursuivre, croit l’expert.

[L'article Le régime alimentaire omnivore est-il en voie de disparition? a d'abord été publié dans InfoBref.]

Les 100 meilleures universités au monde comptent une québécoise 

16 août 2026 à 20:44

Dans l’édition 2026 du classement de Shanghai, un classement mondial des 1000 meilleures institutions universitaires établi par une université chinoise réputée, le Canada compte 30 établissements, dont 6 au Québec.

Le classement est fondé sur des critères principalement liés à la recherche: distinctions scientifiques, chercheurs les plus cités, publications dans des revues scientifiques.

Les trois universités canadiennes les mieux classées:

  • Université de Toronto (24e
  • Université de la Colombie-Britannique (54e
  • Université McGill, à Montréal (73e)

Les universités américaines occupent la tête du classement: 

  • Harvard (1re
  • Stanford (2e)
  • Institut de technologie du Massachusetts – MIT (3e

[L'article Les 100 meilleures universités au monde comptent une québécoise  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Tournoi de golf Construction Albert : record de 100 000 $
    Construction Albert a fracassé samedi son record de dons à l’occasion de son 40e tournoi de golf annuel, au Club Les Saules de Rimouski, en remettant 100 000 $ à sept organismes de la région. Cette somme surpasse les 70 000 $ remis l’an dernier et représente plus du double des 48 000 $ amassés en 2024. Le Centre de prévention du suicide de l’Est du Québec, La Débrouille, l’Association du cancer de l’Est du Québec, la Fondation Martin-D’Astous, la Fondation de l’école Paul-Hubert, le Club d
     

Tournoi de golf Construction Albert : record de 100 000 $

16 août 2026 à 12:00

Construction Albert a fracassé samedi son record de dons à l’occasion de son 40e tournoi de golf annuel, au Club Les Saules de Rimouski, en remettant 100 000 $ à sept organismes de la région.

Cette somme surpasse les 70 000 $ remis l’an dernier et représente plus du double des 48 000 $ amassés en 2024.

Le Centre de prévention du suicide de l’Est du Québec, La Débrouille, l’Association du cancer de l’Est du Québec, la Fondation Martin-D’Astous, la Fondation de l’école Paul-Hubert, le Club de patinage artistique de Rimouski et l’Association de hockey mineur de Rimouski se partagent le montant récolté cette année.

Dirigés par Mélissa Pelletier et Louis-Vincent Albert, le comité organisateur a accueilli plus de 260 golfeurs lors de deux départs, à 8 h et à 13 h, sous la formule Mulligan à cinq joueurs.

Depuis 40 ans, le tournoi de golf Construction Albert demeure un rendez-vous annuel important à Rimouski, tout en permettant de soutenir financièrement plusieurs organismes du milieu rimouskois.

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  • Rita Marquis : engagement communautaire marqué depuis 28 ans
    La membre du Club Lions de Rimouski, Rita Marquis, a reçu la Médaille de la députée de l’Assemblée nationale de la part de Maïté Blanchette Vézina, en juin dernier, pour son engagement communautaire qui inclut l’organisation de son populaire tournoi de golf « Formule Rita ». « J’étais bien émue de ça. Je trouve qu’il y aurait d’autres personnes qui l’auraient mérité plus que moi », exprime-t-elle. Membre engagée au sein du Club Lions depuis 28 ans, Rita Marquis a lancé « Formule Rita » au
     

Rita Marquis : engagement communautaire marqué depuis 28 ans

15 août 2026 à 09:00

La membre du Club Lions de Rimouski, Rita Marquis, a reçu la Médaille de la députée de l’Assemblée nationale de la part de Maïté Blanchette Vézina, en juin dernier, pour son engagement communautaire qui inclut l’organisation de son populaire tournoi de golf « Formule Rita ».

« J’étais bien émue de ça. Je trouve qu’il y aurait d’autres personnes qui l’auraient mérité plus que moi », exprime-t-elle.

Membre engagée au sein du Club Lions depuis 28 ans, Rita Marquis a lancé « Formule Rita » au même moment. L’an dernier, l’événement a permis d’amasser près de 45 000 $ pour un total 740 000 $ depuis ses débuts.

« Cette année, nous allons remettre encore plus de sous pour nos œuvres. Ce qui me rend le plus fière, c’est d’avoir réussi à le faire aussi longtemps. Quand j’ai commencé ce tournoi, c’était pour aider le Club Lions parce qu’ils n’étaient plus capables de remettre d’argent. Comme j’étais déjà coordonnatrice de tournois de golf, ils ont fait appel à moi », dit-elle.

Le tournoi 2026, qui se tiendra les 18 et 19 septembre, au Club de golf Les Saules, permettra de remettre 5 000 $ à l’Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent, 5 000 $ au Centre d’action bénévole de Rimouski, 3 000 $ à Centraide BSL, 3 000 $ à Moisson Rimouski-Neigette, 3 000 $ pour Sclérose en plaques Canada – Bas-Saint-Laurent, 3 000 $ au Répit du passant, 2 000 $ à Pro-Jeune-Est, 2 000 $ à l’Hôtellerie Omer-Brazeau, 2 000 $ à la Maison Marie-Élisabeth et 2 000 $ au Fonds Sourire.

« Je suis contente de pouvoir aider ces causes. Celle des handicapés visuels me touche particulièrement parce que j’ai une sœur qui a un handicap visuel. C’est très valorisant. Quand mon tournoi est fini, je ne peux pas dormir la nuit suivante tellement je pense à toutes les personnes que nous avons pu aider et aux personnes sur le terrain qui étaient joyeuses », affirme madame Marquis.

Vers le 30e « Formule Rita »

Le « Formule Rita » attire environ 300 golfeurs annuellement. Rita Marquis précise qu’elle doit même refuser des participants depuis cinq ans en raison de la grande popularité de l’événement.

« Pour le prochain, j’ai quatre équipes en attente pour le samedi. Je dois refuser des gens de l’extérieur parce que je prends les personnes de Rimouski avant. »

Rita Marquis lors de la remise du titre de « Compagnon de Melvin Jones », la plus haute distinction pour un Lion à l’échelle internationale. (Photo courtoisie)

La bénévole prévoit se rendre au 30e « Formule Rita » et elle pense laisser sa place ensuite. Elle veut s’assurer que son événement demeure actif et qu’il soit entre de bonnes mains.

« C’est certain que je vais être là pour aider les personnes qui vont le reprendre tant que je vais être capable », indique celle qui a récemment commencé à donner du temps pour une autre cause qui lui tient à cœur, soit la sclérose en plaques.

Le plaisir de donner

Rita Marquis a commencé à faire du bénévolat alors qu’elle était dans la trentaine pour le Centre d’hébergement de Rimouski et s’est occupée du tournoi Marcel-Jacob pendant une dizaine d’années.

Elle a travaillé comme cadre dans le domaine de l’hôtellerie pendant de nombreuses années avant de travailler au Club Les Saules où elle donne encore quelques heures par semaine pendant la période estivale.

« Je me trouve chanceuse parce qu’à mon âge je fonctionne encore bien et je suis en santé. J’ai juste des petits problèmes mineurs, mais je vais souvent à l’hôpital avec mon conjoint et je vois des personnes seules dans la soixantaine », ajoute madame Marquis.

La Rimouskoise a également été récompensée à plusieurs reprises par les Lions en plus de recevoir la Médaille du jubilé d’or de la reine Elizabeth II, en 2002, la médaille du gouverneur à deux reprises et l’insigne diamant du centenaire en mai 2018.

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  • Place au 40e tournoi de golf Construction Albert
    Construction Albert tient son 40e tournoi de golf ce samedi 15 août prochain, au Club Les Saules, au profit de sept organismes régionaux. Son comité organisateur compte dépasser le montant record de 70 000 $, amassé en 2025. Cette année, l’entreprise soutiendra de nouveau La Débrouille, l’Association du hockey mineur de Rimouski, le Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent, le Club de patinage artistique de Rimouski, la Fondation de l’école Paul-Hubert,
     

Place au 40e tournoi de golf Construction Albert

14 août 2026 à 12:00

Construction Albert tient son 40e tournoi de golf ce samedi 15 août prochain, au Club Les Saules, au profit de sept organismes régionaux. Son comité organisateur compte dépasser le montant record de 70 000 $, amassé en 2025.

Cette année, l’entreprise soutiendra de nouveau La Débrouille, l’Association du hockey mineur de Rimouski, le Centre de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-Saint-Laurent, le Club de patinage artistique de Rimouski, la Fondation de l’école Paul-Hubert, la Fondation Martin D’Astous ainsi que l’Association du cancer de l’Est du Québec.

Sous la responsabilité de Mélissa Pelletier et de Louis-Vincent Albert, le comité accueillera les premiers participants dès 7 h avec le traditionnel brunch. Le départ matinal s’effectuera à 8 h sous la formule Mulligan à cinq joueurs, en mode participation ou compétition.

Les autres golfeurs prendront le départ en après-midi, à compter de 13 h, pour profiter du parcours dans une ambiance conviviale.

Depuis près de 40 ans, le tournoi de golf de Construction Albert allie plaisir du jeu et engagement communautaire.

En 2025, l’événement avait réuni 260 participants. Le tournoi affiche encore complet cette année.

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  • Rimouski soulignera la fête nationale de l’Acadie
    La Ville de Rimouski soulignera la fête nationale de l’Acadie, ce samedi 15 août, avec une cérémonie présentée à 10 h devant l’hôtel de ville. Le maire Guy Caron procédera à la levée du drapeau acadien, en compagnie du trompettiste Louis Arsenault, âgé de 95 ans. Celui-ci interprétera Ave Maris Stella, l’hymne national de l’Acadie. Bernard Babin assurera l’animation de la cérémonie, qui se poursuivra avec des chansons et de la musique acadienne interprétées par Lucien Poirier et Richard Au
     

Rimouski soulignera la fête nationale de l’Acadie

13 août 2026 à 09:00

La Ville de Rimouski soulignera la fête nationale de l’Acadie, ce samedi 15 août, avec une cérémonie présentée à 10 h devant l’hôtel de ville.

Le maire Guy Caron procédera à la levée du drapeau acadien, en compagnie du trompettiste Louis Arsenault, âgé de 95 ans. Celui-ci interprétera Ave Maris Stella, l’hymne national de l’Acadie.

Bernard Babin assurera l’animation de la cérémonie, qui se poursuivra avec des chansons et de la musique acadienne interprétées par Lucien Poirier et Richard Aubut.

La population est invitée à prendre part au rassemblement afin de souligner la fête nationale de l’Acadie, célébrée chaque année le 15 août.

Montréal reste l’une des meilleures villes universitaires au monde

12 août 2026 à 20:37

Montréal arrive au 20e rang de la plus récente édition du QS Best Student Cities, un classement mondial de 150 grandes villes universitaires réalisé par une firme britannique spécialisée dans l’analyse de l’enseignement supérieur. 

La métropole a descendu:

  • de 2 places par rapport au classement de l’an dernier; 
  • de 10 places par rapport à il y a deux ans. 

Montréal demeure cependant la première ville universitaire du Canada.

Elle se classe deuxième en Amérique du Nord, derrière Boston.

[L'article Montréal reste l’une des meilleures villes universitaires au monde a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Demoiselles de l’Est : 52 136 $ pour contrer le cancer
    La 5e randonnée de moto des Demoiselles de l’Est a permis d’amasser 52 136 $ pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans La Mitis, La Matapédia et La Matanie. Une trentaine de motocyclistes ont pris part à l’événement, présenté le 8 août dernier. La randonnée avait pour objectif de recueillir des fonds afin de poursuivre le soutien offert aux femmes de la région atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer gynécologique, notamment des ovaires ou de l’utérus. Le départ s’effec
     

Demoiselles de l’Est : 52 136 $ pour contrer le cancer

12 août 2026 à 18:00

La 5e randonnée de moto des Demoiselles de l’Est a permis d’amasser 52 136 $ pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans La Mitis, La Matapédia et La Matanie.

Une trentaine de motocyclistes ont pris part à l’événement, présenté le 8 août dernier. La randonnée avait pour objectif de recueillir des fonds afin de poursuivre le soutien offert aux femmes de la région atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer gynécologique, notamment des ovaires ou de l’utérus.

Le départ s’effectuait à Matane. Les Demoiselles de l’Est ont ensuite effectué une boucle qui les a notamment menées dans La Mitis et La Matapédia.

Les participantes ont terminé leur journée au bar Le Barachois, à Matane, en compagnie d’une soixantaine de personnes, dont des femmes ayant reçu l’aide des Demoiselles de l’Est au cours de la dernière année.

Que ce soit l’hiver en motoneige ou l’été en moto, les Demoiselles de l’Est organisent chaque année des levées de fonds pour venir en aide aux femmes touchées par le cancer dans les trois MRC.

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  • Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent : objectif de 25 000$
    Le Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent revient pour une 11e année, le 19 septembre, au parc Beauséjour de Rimouski. L’organisation souhaite amasser 25 000 $ afin de soutenir les personnes touchées par la maladie de Parkinson et leurs proches dans la région. Le rassemblement débutera à 13 h et le départ de la marche symbolique s’effectuera à 14 h, sous la présidence d’honneur du président du Groupe DTM, Miguel Perreault. Les participants profiteront d’animation, de rafraîchissements et de pri
     

Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent : objectif de 25 000$

12 août 2026 à 08:00

Le Parcours Parkinson Bas-Saint-Laurent revient pour une 11e année, le 19 septembre, au parc Beauséjour de Rimouski. L’organisation souhaite amasser 25 000 $ afin de soutenir les personnes touchées par la maladie de Parkinson et leurs proches dans la région.

Le rassemblement débutera à 13 h et le départ de la marche symbolique s’effectuera à 14 h, sous la présidence d’honneur du président du Groupe DTM, Miguel Perreault. Les participants profiteront d’animation, de rafraîchissements et de prix de présence.

Les sommes recueillies serviront notamment à bonifier les services de proximité et d’accompagnement offerts dans la région ainsi qu’à soutenir des projets de recherche sur la maladie de Parkinson.

Les personnes qui ne peuvent pas participer à la marche du 19 septembre peuvent contribuer à la campagne en ligne. Les citoyens intéressés doivent s’inscrire individuellement ou créer une équipe familiale, amicale ou corporative afin d’amasser des fonds.

Le Parcours Parkinson compte aussi sur la participation des entreprises du Bas-Saint-Laurent. Quatre catégories de partenariat, soit Platine, Or, Argent et Bronze, leur sont proposées.

Les inscriptions et les dons peuvent être effectués par l’entremise du site de Parkinson Bas-Saint-Laurent.

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  • 11e Vélo Tour de la Gaspésie : 76 212$ amassés en 2026
    C’est un montant de 76 212$ qui a été amassé lors du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air qui a réuni 36 cyclistes solidaires de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ). Partis de Rimouski le 4 août, ils étaient de retour, ce samedi 8 août, après un trajet de 700 kilomètres dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Le président d’honneur de l’événement, Geoffrey Deschênes, propriétaire de la Plomberie Robert Deschênes, ainsi que le comité organisateur sont extrêmement fiers des efforts
     

11e Vélo Tour de la Gaspésie : 76 212$ amassés en 2026

8 août 2026 à 17:00

C’est un montant de 76 212$ qui a été amassé lors du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air qui a réuni 36 cyclistes solidaires de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ).

Partis de Rimouski le 4 août, ils étaient de retour, ce samedi 8 août, après un trajet de 700 kilomètres dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.

Le président d’honneur de l’événement, Geoffrey Deschênes, propriétaire de la Plomberie Robert Deschênes, ainsi que le comité organisateur sont extrêmement fiers des efforts conjugués de tous les cyclistes, donateurs, bénévoles et partenaires pour soutenir la mission de l’Association d’offrir des services humains et réconfortants pour les personnes touchées par la maladie.

Tant le promoteur, Carl Bérubé, propriétaire de Vélo Plein Air, que le comité organisateur et les bénévoles ont travaillé ardemment depuis plusieurs mois pour offrir aux cyclistes une nouvelle édition rehaussée qui leur a permis de rouler sur un parcours renouvelé offrant une expérience sportive dans des paysages bucoliques.

Nos plus chaleureux remerciements à tous les partenaires engagés dans la réussite du 11e Vélo Tour Vélo Plein Air : Fondation Jack Herbert, Vélo Plein Air, PMI-Prometek, Promutuel Assurance Côte-Est, Plomberie Robert Deschênes Inc., Électro 1983 Inc., Lelièvre Mécanique Sports Enr, Les restaurants YD Guérette inc., Les Cuisines Gaspésiennes, Win Info (1996) inc., Ciment St Marys, Simon Pelletier – Groupe Conseil Khalil, La Distillerie Mitis, Maïté Blanchette Vézina, Uniprix Dominic Paradis et Maxime Bérubé, Brunet Isabelle Rouleau, Uniprix Didier Rioux et Karine Larochelle, Familiprix Extra Nadia Garon et Samuel Castilloux, Jean Coutu Édith Castilloux et Luc Normandeau, Jean Coutu Michel Carrier, Accès Pharma Normand Perron, Proxim Katy Gauthier et Marie-Renée Chouinard, Pharmaprix Stéphane Plante et Jean Coutu Stéphanie Gagné.

Le comité adresse également ses plus sincères remerciements à tous les bénévoles qui ont gravité autour du groupe de cyclistes durant la semaine, ainsi qu’aux gens d’affaires, groupes sociaux et citoyens qui ont soutenu les participants lors des haltes, des repas et des couchers.

Soutien aux personnes touchées par le cancer

Depuis plus de 40 ans, l’Association du cancer de l’Est du Québec travaille à mettre en place et à maintenir des services qui procurent un soutien réconfortant aux personnes touchées par le cancer.

Un cycliste du Vélo Tour de la Gaspésie 2026 (Photo courtoisie)

Parmi la gamme des services qu’elle offre, on compte un accueil chaleureux à l’Hôtellerie Omer-Brazeau, de l’entraide et de l’accompagnement à toutes les étapes de la maladie, une trousse procurant chaleur et mieux-être aux personnes débutant une chimiothérapie par intraveineuse ou une immunothérapie, et bien plus.

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  • Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes
    Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée. Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30. Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ron
     

Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes

6 août 2026 à 14:00

Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée.

Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30.

Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ronde de golf, la voiturette, un souper trois services, la soirée ainsi que les prix de présence.

Les personnes qui souhaitent uniquement assister au souper et à la soirée pourront le faire au coût de 50$.

Les participants profiteront d’une soirée orchestre avec Jean-Maurice Lebreux et Anne Minville

La soirée sera animée par le musicien Jean-Maurice Lebreux et la choriste Anne Minville. Le chanteur, auteur-compositeur et metteur en scène gaspésien Nelson Minville agira à titre d’invité d’honneur.

Les personnes intéressées peuvent obtenir de l’information ou s’inscrire en communiquant avec Jean-Pierre Bélanger au 418 355-5546.

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  • Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes
    Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée. Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30. Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ron
     

Tournoi de golf Jean-Pierre Bélanger : au profit de deux organismes

6 août 2026 à 14:00

Le Club Boule Rock accueillera, le 29 août prochain, le Tournoi de golf – Rencontre amicale Jean-Pierre Bélanger, un événement-bénéfice dont les profits iront à La Ressource d’aide aux personnes handicapées ainsi qu’au Projet de revitalisation de l’église de Grande-Vallée.

Les participants pourront s’inscrire dans l’une des deux formules offertes, soit participation ou compétition. Le départ est prévu à 11 h 30.

Le coût d’inscription a été fixé à 125$ par joueur. Ce montant comprend la ronde de golf, la voiturette, un souper trois services, la soirée ainsi que les prix de présence.

Les personnes qui souhaitent uniquement assister au souper et à la soirée pourront le faire au coût de 50$.

Les participants profiteront d’une soirée orchestre avec Jean-Maurice Lebreux et Anne Minville

La soirée sera animée par le musicien Jean-Maurice Lebreux et la choriste Anne Minville. Le chanteur, auteur-compositeur et metteur en scène gaspésien Nelson Minville agira à titre d’invité d’honneur.

Les personnes intéressées peuvent obtenir de l’information ou s’inscrire en communiquant avec Jean-Pierre Bélanger au 418 355-5546.

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  • Le Club Bic sur Mer revient avec son Tournoi du Centenaire
    Bic sur Mer poursuit son Tournoi du Centenaire, un rendez-vous annuel de golf qui culminera en 2032, année où le club célébrera son 100e anniversaire. Après une première édition l’an dernier, l’événement reviendra le 10 septembre au profit du Centre Artistique Le Mouvement de Rimouski. Le tournoi a pour objectif d’amasser des fonds au bénéfice de causes régionales. Cette année, la coprésidence d’honneur a été confiée à Gilles Ste-Croix, cofondateur du Cirque du Soleil en 1984, et à Monique
     

Le Club Bic sur Mer revient avec son Tournoi du Centenaire

5 août 2026 à 14:00

Bic sur Mer poursuit son Tournoi du Centenaire, un rendez-vous annuel de golf qui culminera en 2032, année où le club célébrera son 100e anniversaire. Après une première édition l’an dernier, l’événement reviendra le 10 septembre au profit du Centre Artistique Le Mouvement de Rimouski.

Le tournoi a pour objectif d’amasser des fonds au bénéfice de causes régionales.

Cette année, la coprésidence d’honneur a été confiée à Gilles Ste-Croix, cofondateur du Cirque du Soleil en 1984, et à Monique Voyer, originaire du Bic, qui a œuvré pendant près de 20 ans au sein de l’équipe de création des costumes du Cirque du Soleil.

Les deux coprésidents ont choisi de remettre les fonds recueillis au Centre Artistique Le Mouvement afin de soutenir la formation en arts du cirque et en disciplines acrobatiques.

« Depuis une quinzaine d’années, nos coprésidents d’honneur se consacrent à la valorisation des jeunes par les arts du cirque. Ils ont fondé une école de cirque à San Pancho, au Mexique, qui accueille aujourd’hui plus d’une centaine d’élèves, ainsi que le Festival de Cirque des Îles, aux Îles-de-la-Madeleine, qui en était cette année à sa septième édition », indique le club dans une publication sur Facebook.

Bénéfiques au développement des jeunes

Les profits serviront notamment à l’aménagement de locaux adaptés au Centre Artistique Le Mouvement, à l’achat d’équipements aériens et acrobatiques, à la formation continue des intervenants ainsi qu’à la promotion de ses activités auprès des jeunes et des familles de la région.

Les coprésidents d’honneur du Tournoi du Centenaire de Bic sur Mer, Gilles Ste-Croix et Monique Voyer (Photo courtoisie)

« Notre implication à titre de coprésidents du Tournoi du Centenaire témoigne de notre conviction que les arts du cirque sont bénéfiques au développement des jeunes. C’est pourquoi nous sommes heureux de soutenir le Centre Artistique Le Mouvement, qui pourra offrir des occasions à un plus grand nombre de jeunes de la région », expliquent Gilles Ste-Croix et Monique Voyer.

La journée se conclura par une soirée gastronomique préparée par le chef de Bic sur Mer, Adrian Pastor. Les personnes intéressées à participer au tournoi peuvent communiquer directement avec le club de golf.

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  • L’ACEQ entame sa 38e campagne Porte-à-porte
    Pour une 38e année, la campagne Porte-à-porte de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ) débutera ce lundi 10 août et se terminera le 30 septembre 2026. L’an dernier, elle avait permis de récolter 214 671$. À cette occasion, 1 249 bénévoles démarcheurs sillonneront le territoire couvert par l’Association, soit plus de 1 844 rues du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Tous partagent le même objectif, soit de recueillir le plus de dons p
     

L’ACEQ entame sa 38e campagne Porte-à-porte

5 août 2026 à 10:00

Pour une 38e année, la campagne Porte-à-porte de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ) débutera ce lundi 10 août et se terminera le 30 septembre 2026. L’an dernier, elle avait permis de récolter 214 671$.

À cette occasion, 1 249 bénévoles démarcheurs sillonneront le territoire couvert par l’Association, soit plus de 1 844 rues du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Tous partagent le même objectif, soit de recueillir le plus de dons possibles afin de développer et de maintenir des services de qualité pour les personnes touchées par la maladie.

Tous les bénévoles porteront leur autocollants d’identification et auront en mains le matériel de sollicitation aux couleurs de l’Association. 

Vous pouvez faire un don en ligne à la campagne Porte-à-porte de l’Association via le formulaire de la campagne : https://www.jedonneenligne.org/aceq/PAP/.

Des dons réinvestis à 100%

Depuis plus de 40 ans, l’Association du cancer de l’Est du Québec travaille à mettre en place et à maintenir des services qui procurent un soutien réconfortant aux personnes touchées par le cancer.

Seulement en 2025, l’organisme a investi plus de 2 M$ en services. L’Hôtellerie Omer-Brazeau de Rimouski a enregistré plus de 14 000 nuitées et accueilli plus de 8 000 clients provenant de l’ensemble de l’Est-du-Québec. Près de 1 900 heures de bénévolat y ont également été réalisées.

L’ACEQ souligne également la contribution de ses autres services, notamment la maison Chez Martine, la plateforme Vers le mieux-être, le Centre de mieux-être Cendrine et Philippe ainsi que les groupes Perce-Neige de Sept-Îles et L’Unisson de Port-Cartier.

Santé Canada autorise Moderna à tester un vaccin contre la maladie Ebola

4 août 2026 à 20:20

L’entreprise de biotechnologies américaine Moderna va entamer un essai clinique de phase I pour évaluer son vaccin contre la souche du virus à l’origine de l’éclosion qui a fait, depuis mi-mai, plus de 1000 morts en République démocratique du Congo. 

  • Il n’existe pour l’instant aucun vaccin ni traitement contre cette souche.

La phase I d’un essai vise à évaluer: 

  • l’innocuité du vaccin
  • d’éventuels effets secondaires

Moderna devra ensuite mener d’autres essais avant de soumettre son vaccin à Santé Canada en vue d’une homologation.

[L'article Santé Canada autorise Moderna à tester un vaccin contre la maladie Ebola a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • La maison Lamontagne tiendra une première Fête des familles
    Le Site historique de la maison Lamontagne de Rimouski convie les familles à une toute nouvelle activité estivale avec la première édition de la Fête des familles, qui se déroulera le samedi 15 août, de 9 h à 16 h. Histoire, jeux, musique et animation feront partie de la programmation de cette journée gratuite destinée aux familles. Les visiteurs profiteront notamment de maquillage pour enfants, de sculptures de ballons, d’un kiosque photo libre-service ainsi que d’un espace de fouilles ar
     

La maison Lamontagne tiendra une première Fête des familles

4 août 2026 à 07:00

Le Site historique de la maison Lamontagne de Rimouski convie les familles à une toute nouvelle activité estivale avec la première édition de la Fête des familles, qui se déroulera le samedi 15 août, de 9 h à 16 h.

Histoire, jeux, musique et animation feront partie de la programmation de cette journée gratuite destinée aux familles.

Les visiteurs profiteront notamment de maquillage pour enfants, de sculptures de ballons, d’un kiosque photo libre-service ainsi que d’un espace de fouilles archéologiques accessible en continu.

Le jeu éducatif Une année en Nouvelle-France permettra aux participants de se replonger à l’époque de la colonie française en relevant différents défis liés aux quatre saisons.

Deux séances seront proposées, en matinée et en après-midi, en plus de deux grands quiz familiaux portant sur la Nouvelle-France.

Le Bas-Laurentien Keven Côté offrira une prestation musicale de 11 h à 13 h. Au même moment, les visiteurs dégusteront des mini-pizzas cuites dans le four extérieur de la maison Lamontagne, en échange d’une contribution volontaire.

Le vent du fleuve m’a raconté

En après-midi, le conteur Olivier Garot présentera le spectacle Le vent du fleuve m’a raconté, qui relate l’histoire d’un jeune garçon rêvant de devenir capitaine. Son périple le conduit de la rivière Rimouski jusqu’au fleuve Saint-Laurent, à la découverte des croyances maritimes et des mystères des profondeurs.

Des guides en costume d’époque suggéreront des visites guidées de la maison Lamontagne toute la journée, au tarif habituel.

L’activité se tiendra beau temps, mauvais temps. Les organisateurs invitent les participants à apporter leurs chaises, leurs couvertures et leur pique-nique afin de profiter pleinement de cette journée familiale.

La plus récente éclosion de rougeole au Québec est terminée

3 août 2026 à 20:41

28 cas de rougeole ont été déclarés au Québec depuis le début de l’été.

Le dernier cas a été signalé le 1er juillet. 

Or, le ministère de la santé considère qu’une éclosion est terminée lorsque 32 jours se sont écoulés depuis le dernier cas.

Dans l’ensemble du Canada, plus de 1100 cas ont été déclarés depuis janvier. 

Marie-Pier Burelle, porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada, a indiqué à InfoBref que le pays avait récemment connu «sa plus importante éclosion de rougeole depuis plusieurs décennies», mais que seule «une transmission limitée» persiste désormais.


Fin 2024, le Canada a vu une importante recrudescence de la rougeole à la suite de l’importation du virus au pays. 

  • L’éclosion qui s’est alors déclenchée a été la plus importante au pays depuis plusieurs décennies.  

«La transmission a atteint un sommet au printemps 2025, raconte Marie-Pier Burelle. Elle a touché principalement des personnes non vaccinées ou insuffisamment vaccinées.» 

Le Canada a perdu en novembre 2025 son statut de pays ayant éliminé la rougeole, statut qu’il détenait depuis presque 30 ans.  


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«Les efforts soutenus de santé publique [des provinces, du fédéral et des municipalités] ont depuis permis de réduire considérablement le nombre de cas.»

Parmi les moyens déployés, Marie-Pier Burelle cite: 

  • la sensibilisation aux maladies évitables par la vaccination
  • la lutte contre la désinformation en matière de santé

Alors que le nombre de cas de rougeole atteint un sommet aux États-Unis, Marie-Pier Burelle reconnait que «le risque d’importation de cas au Canada par l’entremise des voyages internationaux demeure, particulièrement pendant les périodes de déplacements accrus [comme la saison estivale]».

  • Les voyageurs non vaccinés contre la rougeole risquent de la contracter à l’étranger, explique-t-elle, et ils peuvent introduire la maladie au Canada.

[L'article La plus récente éclosion de rougeole au Québec est terminée a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Vélo Tour de la Gaspésie : c’est un départ !
    Les 36 cyclistes inscrits au 11e Vélo Tour de la Gaspésie s’élanceront, ce mardi matin, pour un périple de près de 700 kilomètres au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ). À la veille du départ, les organisateurs rappellent aux automobilistes de redoubler de prudence jusqu’au 8 août, particulièrement sur les routes 132 et 299, où circuleront les participants. Le coup d’envoi se donnera à 7 h 30 au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, à Rimouski. Les cyclistes
     

Vélo Tour de la Gaspésie : c’est un départ !

3 août 2026 à 19:00

Les 36 cyclistes inscrits au 11e Vélo Tour de la Gaspésie s’élanceront, ce mardi matin, pour un périple de près de 700 kilomètres au profit de l’Association du cancer de l’Est du Québec (ACEQ).

À la veille du départ, les organisateurs rappellent aux automobilistes de redoubler de prudence jusqu’au 8 août, particulièrement sur les routes 132 et 299, où circuleront les participants.

Le coup d’envoi se donnera à 7 h 30 au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, à Rimouski. Les cyclistes parcourront la distance en cinq jours avant de revenir au Site historique maritime de la Pointe-au-Père, samedi, vers 17 h.

La première étape mènera le groupe vers Sainte-Angèle-de-Mérici, Amqui, Sainte-Florence et Pointe-à-la-Croix.

Au fil des cinq journées, l’itinéraire passera notamment par Dalhousie, Carleton-sur-Mer, Cascapédia, le secteur du mont Albert, Marsoui, Cap-Chat, Sainte-Félicité et Baie-des-Sables avant le retour à Rimouski.

Les participants rouleront en pelotons et seront accompagnés de véhicules d’escorte clairement identifiés afin d’assurer leur sécurité.

Les organisateurs demandent aux usagers de la route de faire preuve de patience, de ralentir à l’approche des groupes de cyclistes et de respecter les consignes des accompagnateurs tout au long du parcours.

Encourager les participants

Le comité organisateur invite également la population à venir saluer les cyclistes au départ, lors de leur passage dans les différentes municipalités ainsi qu’à leur arrivée, samedi.

Les personnes qui souhaitent appuyer la cause pourront faire un don à l’Association du cancer de l’Est du Québec.

Des cyclistes au départ du 10e Vélo Tour de la Gaspésie à Rimouski. (Photo tirée de Facebook)

Les fonds recueillis serviront à financer les services offerts aux personnes atteintes de cancer ainsi qu’à leurs proches.

En 2024, le 10e Vélo Tour de la Gaspésie avait permis d’amasser 186 021$ avec la participation de 75 cyclistes.

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  • Demoiselles de l’Est : une vague de motos roses se prépare
    Les Demoiselles de l’Est prendront la route à bord de leur moto pour une 5e édition de leur Randonnée-bénéfice, qui se déroulera le samedi 8 août 2026, en soutien aux femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin, de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia. Par Véronique Bossé, Initiative de journalisme local – L’Avant-Poste Valérie Lapointe fait partie du comité organisateur de cet événement. Elle rappelle que les Demoiselles de l’Est existent depuis 2009.  « Tout comm
     

Demoiselles de l’Est : une vague de motos roses se prépare

2 août 2026 à 07:30

Les Demoiselles de l’Est prendront la route à bord de leur moto pour une 5e édition de leur Randonnée-bénéfice, qui se déroulera le samedi 8 août 2026, en soutien aux femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin, de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia.

Par Véronique Bossé, Initiative de journalisme local – L’Avant-Poste

Valérie Lapointe fait partie du comité organisateur de cet événement. Elle rappelle que les Demoiselles de l’Est existent depuis 2009. 

« Tout commencé avec des amies qui ont eu l’idée d’organiser une randonnée de motoneige au profit des femmes atteintes d’un cancer du sein. L’hiver qui s’en vient marquera ainsi la 18e édition de notre randonnée en motoneige. »

Madame Lapointe a rejoint le mouvement il y a cinq ans.

« J’enseigne, entre autres, la conduite de la moto. J’ai eu une élève qui a eu un cancer du sein. J’ai mentionné que ce serait le fun de se faire une randonnée de filles. Elle était enthousiaste à l’idée. Elle m’a mentionné que dans son parcours, celles qui l’avaient le plus aidé étaient les Demoiselles de l’Est, donc si on amassait des fonds pour la cause, elle aimerait qu’ils leur soient remis. C’est de cette façon qu’à commencé la randonnée de moto. »

La première randonnée, a l’été 2022, s’est faite de façon indépendante, au profit des Demoiselles de l’Est. Valérie Lapointe s’est ensuite impliquée auprès des Demoiselles, permettant d’incorporer complètement cette randonnée estivale.

« La motoneige se fait dans les sentiers. Les gens qui en font nous ont vu passer et ont entendu parler de nous, mais pendant la randonnée de moto, on circule sur des réseaux routiers. On arrête dans des restos et on bénéficie d’une belle visibilité, ce qui fait que les gens nous connaissent de plus en plus, depuis les cinq dernières années. »

La cause à cœur

Que ce soit l’hiver ou l’été, les Demoiselles de l’Est œuvrent dans un but commun : organiser une levée de fonds pour soutenir les femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin (ovaires ou utérus) dans les MRC de Matane, Mitis et de La Matapédia. 

« On est un groupe de femmes 100 % bénévoles. On ramasse les levées de fonds, mais aussi, concrètement, tout au long de l’année, on va rencontrer les dames, parce que les gens peuvent nous faire directement une demande d’aide. Nos deux critères sont d’habiter sur le territoire desservi et d’avoir un cancer du sein ou un cancer féminins. Une fois que l’on reçoit une preuve de ces deux critères, une bénévole se déplace. »

Les Demoiselles de l’Est existent depuis 2009 en soutien aux femmes atteintes d’un cancer du sein ou d’un cancer féminin, de La Matanie, de La Mitis ou de La Matapédia. (Photo courtoisie Tatum Guillermic)

Madame Lapointe indique que les Demoiselles ont pu venir en aide à 50 femmes au cours de la dernière année. L’aide fournie consiste surtout en un soutien financier.

« Au besoin, on peut émettre des références, par exemple vers une infirmière pivot ou différentes ressources. »

Horaire de la journée

Le départ est prévu à 10 h à La Boutique de la Moto, à Matane. Les participants feront une boucle, en passant notamment par la Mitis et La Matapédia, avant de faire une pause dîner à La Cantine Fortier d’Amqui.

La randonnée se poursuivra ensuite vers Matane pour se conclure par un 5 à 7 au Barachois, où auront lieu le tirage de nombreux prix de présence ainsi que le dévoilement des résultats de l’activité de financement. Un souper sera servi au coût de 50$ pour ceux qui voudraient s’y joindre.

Si la tendance se poursuit, une cinquantaine de randonneuses prendront la route à bord d’une moto le 8 août prochain. Le convoi sera décoré en rose et disposera de l’accompagnement de camions de sécurité à l’avant et à l’arrière.

Les personnes qui souhaitent s’inscrire peuvent le faire en ligne, via la page Facebook « Les Demoiselles de l’est », où il est également possible de trouver le lien vers la plateforme Zeffy, où sont recueillis les dons.

Pour ceux et celles qui sont moins à l’aise de passer par Zeffy, il est aussi possible de contacter la page Facebook en privé pour effectuer un don par virement.

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  • Élisabeth Turgeon : première neuvaine en son honneur à Rimouski
    La paroisse de La Bienheureuse-Élisabeth-Turgeon tiendra, du 8 au 16 août, la toute première neuvaine consacrée à sa patronne, la bienheureuse Élisabeth Turgeon, en prélude à sa fête liturgique, célébrée le 17 août. Sous le thème « Éduquer par l’amour, faire grandir dans l’espérance », cette démarche spirituelle vise à mieux faire connaître la vie et l’héritage de la fondatrice des Sœurs du Saint-Rosaire. Chaque journée sera consacrée à une intention particulière de prière, notamment pour
     

Élisabeth Turgeon : première neuvaine en son honneur à Rimouski

1 août 2026 à 12:00

La paroisse de La Bienheureuse-Élisabeth-Turgeon tiendra, du 8 au 16 août, la toute première neuvaine consacrée à sa patronne, la bienheureuse Élisabeth Turgeon, en prélude à sa fête liturgique, célébrée le 17 août.

Sous le thème « Éduquer par l’amour, faire grandir dans l’espérance », cette démarche spirituelle vise à mieux faire connaître la vie et l’héritage de la fondatrice des Sœurs du Saint-Rosaire.

Chaque journée sera consacrée à une intention particulière de prière, notamment pour les enfants, les éducateurs, les personnes associées des Sœurs du Saint-Rosaire, les personnes malades, les religieuses, les personnes en situation de pauvreté, l’Église, les familles ainsi que les jeunes en discernement vocationnel.

Au cours de la neuvaine, plusieurs célébrations eucharistiques, un sacrement des malades et différents temps de recueillement seront proposés.

Les organisateurs souhaitent offrir un moment de rassemblement permettant aux fidèles d’approfondir leur connaissance de la fondatrice des Sœurs du Saint-Rosaire et de confier leurs intentions de prière par son intercession.

Cérémonie présidée par Mgr Denis Grondin

Les célébrations se concluront le 17 août, à l’occasion de sa fête liturgique. Une procession ainsi qu’une célébration solennelle d’action de grâce auront lieu à la Maison Mère des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, située sur l’allée du Rosaire, à Rimouski.

La cérémonie sera présidée par l’archevêque de Rimouski, Mgr Denis Grondin.

Les activités sont ouvertes à tous. Les personnes souhaitant découvrir l’héritage de la bienheureuse Élisabeth Turgeon, demander son intercession ou simplement participer à un temps de prière et de réflexion pourront y prendre part.

La programmation complète sera dévoilée dans les prochains jours sur les plateformes de la paroisse.

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  • Les robots conversationnels plus efficaces que les humains dans les arnaques sentimentales
    Les robots conversationnels propulsés par l’intelligence artificielle pourraient devenir des outils particulièrement redoutables pour les fraudeurs spécialisés dans les arnaques sentimentales. Une étude menée par des chercheurs de quatre universités indique que des systèmes comme ChatGPT, Claude et Gemini réussissent parfois mieux que des humains à établir une relation de confiance avec leurs interlocuteurs. Les […]
     

Les robots conversationnels plus efficaces que les humains dans les arnaques sentimentales

30 juillet 2026 à 13:15
Les robots conversationnels propulsés par l’intelligence artificielle pourraient devenir des outils particulièrement redoutables pour les fraudeurs spécialisés dans les arnaques sentimentales. Une étude menée par des chercheurs de quatre universités indique que des systèmes comme ChatGPT, Claude et Gemini réussissent parfois mieux que des humains à établir une relation de confiance avec leurs interlocuteurs. Les […]
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  • Endurance hockey Rimouski : gala et hommage à Doris Labonté
    Endurance hockey Rimouski annonce la mise sur pied d’un gala annuel qui aura pour objectif de saluer ses partenaires, rendre hommage à ses membres ainsi que de poursuivre sa mission qui se veut d’outiller les jeunes de Rimouski-Neigette en matière de santé mentale.Dans le cadre du Gala Endurance hockey présenté par Total Construction DMJ, qui aura lieu le 14janvier 2027 dans la salle de montre du Rimouski Toyota, le comité organisteur proposera la mise surpied de son tout nouveau Temple de la re
     

Endurance hockey Rimouski : gala et hommage à Doris Labonté

30 juillet 2026 à 06:00

Endurance hockey Rimouski annonce la mise sur pied d’un gala annuel qui aura pour objectif de saluer ses partenaires, rendre hommage à ses membres ainsi que de poursuivre sa mission qui se veut d’outiller les jeunes de Rimouski-Neigette en matière de santé mentale.

Dans le cadre du Gala Endurance hockey présenté par Total Construction DMJ, qui aura lieu le 14
janvier 2027 dans la salle de montre du Rimouski Toyota, le comité organisteur proposera la mise sur
pied de son tout nouveau Temple de la renommée qui permettra l’intronisation de gens qui auront
marqué, à leur façon, les premières éditions d’Endurance hockey Rimouski.

Les intronisations auront lieu dans les catégories « partenaires », « joueurs » et « bénévoles ». En plus de la présentation de son Temple de la renommée, le Gala Endurance hockey présenté par Total Construction DMJ donnera l’opportunité aux gens présents d’être témoins des meilleures anecdotes de carrière de l’ex-officiel professionnel, Kerry Fraser, qui se prêtera au jeu d’une séance de questions-réponses avec l’animateur et le public.

Les invités pourront aussi profiter d’un souper sous forme de bouchées et d’une performance de 60 minutes d’un artiste bien connu de la scène musicale québécoise depuis maintenant 25 ans.

Pour compléter la soirée, Endurance hockey Rimouski dévoilera un trophée honorifique nommé en l’honneur d’un grand homme de notre région qui a tout donner pour notre jeunesse au cours de sa vie, Doris Labonté.

« Le trophée Doris-Labonté sera remis annuellement à une personne qui aura fait preuve qu’elle
détient les valeurs fondamentales du projet qui sont l’entraide communautaire, le respect, la
passion et le leadership », indique le cofondateur d’Endurance hockey Rimouski, Nicolas Thibeault.

« Lorsque nous avons eu cette idée de rendre hommage à Doris, je me suis tout de suite empressé de demander la permission à son entourage. J’aurais tellement aimé pouvoir partager ce projet avec lui. J’avais un énorme respect pour Doris, et c’est un peu ma façon de pouvoir lui redonner ce qu’il m’a apporté dans notre relation qui aura été beaucoup trop courte ».

Les lauréats du trophée Doris-Labonté seront choisis par un comité indépendant d’Endurance
hockey Rimouski. Ledit comité sera nommé au cours des prochaines semaines.

Les billets pour le Gala Endurance sont disponibles au coût de 60$ et en quantité très limitées dès
maintenant.

Les personnes intéressées peuvent contacter Endurance hockey Rimouski en message
privé via leur page Facebook ou encore par courriel à l’adresse nthibeault@tag8.ca.

Anciens Canadiens à Rimouski

À la suite de l’énorme succès connu lors de l’édition 4 en janvier dernier, le cap est maintenant dirigé
vers la cinquième édition qui sera présentée par Total Construction DMJ, les 15 et 16 janvier 2027, au
Colisée Financière Sun Life.

Le match d’ouverture opposera l’équipe d’Endurance hockey Rimouski à David Savard et les Anciens Canadiens de Montréal.

Les joueurs, partenaires et collaborateurs d’Endurance hockey Rimouski 2026. (Folio Photo – Iften Redjah)

Les billets, au coût de 25$, sont en vente en cliquant ici. Toutes les personnes qui se procureront des billets en ligne ou à la billetterie du Colisée obtiendront en retour un certificat de 20$ au garage LMS-HP et 5$ au Pub St-Barnabé.

Depuis maintenant quatre ans, 218 431,85$ ont été investis en santé mentale chez les jeunes, remis aux organismes bénéficiaires d’Endurance hockey Rimouski.

Interdire les réseaux sociaux aux jeunes, est-ce vraiment une bonne idée? 

29 juillet 2026 à 21:05

Les effets des réseaux sociaux sur les jeunes sont préoccupants et de plus en plus de pays adoptent des lois pour en restreindre l’accès aux mineurs.

Cette stratégie comporte toutefois plusieurs lacunes.

Ces lois sont difficiles à appliquer et elles peuvent avoir des effets imprévus sur les jeunes.  


Les dangers que posent les réseaux sociaux pour les jeunes sont bien connus. 

Une étude réalisée l’an dernier a révélé que les enfants qui y sont actifs sont deux fois plus susceptibles que les autres de présenter des symptômes de dépression ou d’anxiété. 

En réaction à ces préoccupations grandissantes, des pays ont décidé d’agir. 

L’Australie a été, en décembre 2025, le premier pays à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.  

La loi australienne exige maintenant des entreprises qu’elles prennent des mesures raisonnables pour empêcher les jeunes d’utiliser leur plateforme.

La France a adopté en juillet une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. 

Cette mesure s’appliquera dès septembre pour les nouveaux comptes. 

Les comptes existants devront être fermés d’ici janvier prochain.


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Difficile à mettre en place

L’application de ces lois est toutefois plus compliquée qu’il n’y parait, selon un rapport sur les effets de la nouvelle réglementation australienne.  

Les auteurs ont constaté que 7 parents sur 10 affirmaient que leur enfant avait toujours un compte sur Facebook, Instagram, Snapchat ou TikTok. 

  • Dans 67% des cas, les jeunes avaient conservé l’accès à l’application parce que l’entreprise n’avait pas encore vérifié leur âge.

Un rapport de l’organisme britannique Internet Matters montre que les méthodes utilisées pour vérifier l’âge, comme la reconnaissance faciale, la vérification par une organisation indépendante ou la demande d’une pièce d’identité officielle, sont loin d’être infaillibles. 

Près de la moitié des enfants britanniques interrogés pour le rapport considéraient qu’il était facile de contourner ces méthodes de vérification.

Les jeunes étaient particulièrement imaginatifs. 

  • Une mère a raconté avoir surpris son fils qui se dessinait une moustache avec un crayon à maquillage pour tromper, avec succès, une application.

Des effets pervers

Par ailleurs, ces lois peuvent avoir des conséquences imprévues.

D’abord, la vérification de l’âge implique dans certains cas une collecte de données sur les mineurs, une mine d’informations personnelles attirante pour les cybercriminels. 

De plus, l’interdiction pure et dure des réseaux sociaux peut placer les jeunes dans des situations difficiles, selon Andrée-Anne Légaré, professeure au Service sur les dépendances de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. 

Un enfant victime de cyberintimidation ou témoin d’une vidéo traumatisante pourrait, explique-t-elle, hésiter à en parler à un parent ou un adulte parce qu’il craint de se faire réprimander.


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Utilité des réseaux sociaux

Mais surtout, les réseaux sociaux ne sont pas qu’un endroit pour se divertir. 

C’est aussi un espace pour socialiser, apprendre et trouver de l’information, souligne Claudia Del Pozo dans un article publié sur le site du magazine Wired

La vie numérique constitue une extension de la vraie vie, mentionne-t-elle. 

Autres moyens d’action

La solution ne serait donc pas, selon elle, d’interdire les réseaux sociaux, mais plutôt de s’assurer que ces plateformes sont sécuritaires. 

Elle cite l’exemple du Brésil qui demande aux entreprises: 

  • d’incorporer des contrôles parentaux accessibles; 
  • de réduire les caractéristiques addictives; 
  • d’être plus transparentes sur le fonctionnement de leurs algorithmes.

Aussi, l’éducation a un rôle à jouer puisqu’il est important de développer la littératie numérique des jeunes dans les écoles, insiste Claudia Del Pozo.

[L'article Interdire les réseaux sociaux aux jeunes, est-ce vraiment une bonne idée?  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Être patient, un job à mi-temps [en]
    [en] Ma vie commence à ressembler à un sketch médico-dystopique. Deux angles pour raconter: Quand on veut rendre les administrations plus efficaces, à un moment donné on finit par outsourcer une partie du travail qu’elles seraient supposées faire à ceux qu’elles sont censées servir (sans leur dire bien entendu, et sans les payer). Vient un moment où prendre soin “correctement” (à définir et discuter) de sa santé finit par avoir un impact négatif sur celle-ci (“faire plus” de quelque chos
     

Être patient, un job à mi-temps [en]

10 juillet 2026 à 12:51
[en]

Ma vie commence à ressembler à un sketch médico-dystopique. Deux angles pour raconter:

  1. Quand on veut rendre les administrations plus efficaces, à un moment donné on finit par outsourcer une partie du travail qu’elles seraient supposées faire à ceux qu’elles sont censées servir (sans leur dire bien entendu, et sans les payer).
  2. Vient un moment où prendre soin “correctement” (à définir et discuter) de sa santé finit par avoir un impact négatif sur celle-ci (“faire plus” de quelque chose qui est “bon” peut à un moment devenir “pas bon”).

Vis ma vie de patiente, quelques éclairages.

J’ai eu un accident. Ça implique des assurances. C’est bien qu’il y ait des assurances: ça veut dire que je ne perds pas mon job, ça veut dire que je continue à recevoir un salaire, ça veut dire que mes frais médicaux sont payés, ça veut dire que si j’ai des séquelles durables qui résultent en un manque à gagner, il y a un filet de sécurité.

Les assurances ont besoin de rapports médicaux. Elles les demandent aux médecins. Les médecins sont noyés sous toujours plus de paperasse, eux qui ont fait des études probablement pour soigner de gens plutôt que faire de l’administratif.

Je me retrouve au milieu d’un bal comprenant la SUVA, l’AI, le médecin-conseil de l’assurance de mon employeur, mon case manager, mes médecins, les secrétaires, réceptionnistes, et interlocuteurs divers et variés, à passer des heures au téléphone (étalé sur des mois, parce que non, si c’était juste l’affaire de perdre une après-midi ce serait pas drôle) pour tenter de comprendre pourquoi d’un côté on me dit qu’on attend un rapport depuis six mois malgré moult relances, de l’autre que les rapports ont été envoyés et réenvoyés, et que les choses seront faites sans faute et qu’on me tiendra au courant (scoop: c’est rare que ça suive – pas pour jeter la pierre aux individus concernés, c’est un problème systémique, quand on surcharge les gens et qu’on crée des systèmes où chacun est supposé s’occuper de son petit rouage et plus personne n’a la responsabilité réelle de l’ensemble, ça fait des trous).

Ensuite, ça se transforme en courriers administrativement polis mais inquiétants quand même (“si on n’a pas le rapport, on va devoir arrêter l’instruction”) ou en conséquences peu alléchantes (“si on n’a pas de rapport, va falloir venir à Berne pour être évaluée là-bas”). Tout le monde est très gentil et compréhensif mais à un moment donné faut quand même faire son job et il y a des procédures à suivre.

Et quand on pense que le bal des rapports est terminé et que tout est en ordre, ça repart pour un tour, pour plus de fun.

Ensuite, rien à voir avec l’accident de ski, je mets le pied dans un tas de briques de verre. J’essaie de limiter un peu ma “consommation” médicale, parce que je n’en peux plus de voir la moitié de ma semaine disparaître dans les rendez-vous médicaux et paramédicaux (et l’administratif qui les accompagne inévitablement). Donc dans l’immédiat, appel à la centrale des médecins, décision commune que c’est pas très utile que j’aille passer 3h à attendre à la permanence pour me faire entendre que j’ai tout fait juste et “wait and see”. Fière de moi.

Avance rapide, quelques semaines plus tard: quelques douleurs intermittentes suspectes font soupçonner qu’il reste un fragment de verre. Une radio le confirme. Bon, on va faire ôter ça, n’est-ce pas?

Evidemment, la copie du rapport et des radios que j’avais expressément demandée et pour laquelle j’avais donné mon adresse e-mail n’arrive pas, dix jours plus tard. J’appelle. On me renvoie ça. J’attends. Ça n’arrive pas. Je rappelle. Ah, mon adresse e-mail a été mal notée. Bon, on me renvoie ça, cette fois ça arrive. Je raccroche, je suis contente. J’ouvre le mail: juste le rapport, pas les radios. Je rappelle: ah, ok, on va m’envoyer ça. J’attends. J’attends… ah, voilà un mail sécurisé. Je clique pour ouvrir. Je mets mon numéro pour recevoir le SMS avec le code. OK, je rouvre, je rentre le code. Ah, maintenant on va m’envoyer un mail avec un mot de passe. Qu’à cela ne tienne. J’attends, je copie le mot de passe, je rouvre, je rentre le mot de passe… page grise, rien. Bon, je refais toute la manip deux fois histoire d’être sûr que c’est pas “moi” le problème. Je rappelle. On pourrait pas juste m’envoyer les images par mail normal? Ah non, c’est pas possible. On peut m’envoyer un CD. (C’est cool, j’ai plus de quoi lire un CD, et le médecin qui me voit demain aimerait bien voir les radios avant mon pied en chair et en os.) Ah oui, c’est possible d’envoyer directement au médecin. Merci. J’écris quand même au secrétariat du médecin pour qu’ils me confirment qu’ils ont bien reçu les fameuses radios.

Bon, alors, ce morceau de verre, on fait quoi? On le sort du pied, on le laisse? Mon père m’a gentiment proposé de s’en occupé lui-même. Quand j’étais petite, je me souviens, je m’étais enfilé dans le gros orteil une aiguille cassée qui s’était méchamment installée sans qu’on la voie. Si mes souvenirs sont bons j’avais fait une semaine de camp d’été avec l’aiguille dans le pied, sans qu’on sache. A mon retour, ça faisait vraiment mal, ça s’infectait. Mon père s’était improvisé chirurgien et à force d’aller grailler dedans il avait fini par extraire l’aiguille, triomphalement. On n’en revenait pas de la taille de ce machin invisible qui m’avait pourri mon camp. Bon, tout ça pour dire qu’il m’a gentiment proposé de s’occuper de ma brique de verre. J’ai poliment décliné.

Deux options selon le spécialiste du pied: attendre que ça sorte tout seul, ou l’aider à sortir. Je prends l’option aider. Je veux être libérée de ce truc qui vient inopinément se rappeler à mon bon souvenir alors que j’essaie juste de vivre ma vie. J’ai pas mal sauf quand ça fait mal, et ça finit par me tendre. Si le verre était dans son pied, il prendrait l’option scalpel, ça me conforte dans mon envie de faire de même. C’est pas une anesthésie locale, c’est une “vraie chirurgie” avec un anesthésiste et tout, parce que dix injections d’anesthésie locale dans la plante du pied, ça fait mal mal mal. Ça me semble un bon plan, tant qu’on évite de me mettre sous propofol, vu mes mésaventures post-accident avec en décembre.

Bon, ça veut quand même dire une journée entière “off” pour l’intervention, 2-3 jours en béquilles (ça j’imaginais bien), deux semaines en chaussure spéciale et pied lever avec déplacement minimaux… gloups. Mais bon, faut ce qu’il faut.

Direction secrétariat pour organiser ça. Plus ça avance, plus je pâlis. Rendez-vous préop (OK), auquel s’ajoute le rendez-vous avec l’anesthésiste. J’ai quand même plein de petites histoires de santé (vous savez, l’opération cardiaque à six ans, le méthylphénidate, les histoires post-commotion qui font que j’aimerais éviter le propofol, un peu d’asthme). Faut faire une prise de sang, aussi – ah non j’en ai une récente, ça va aller. Et un électrocardiogramme.

L’offre de mon père commence à sembler attirante.

L’option “attendre” aussi.

Et la formule “dix injections dans le pied, mais pas d’anesthésiste et juste deux-trois heures au lieu d’une journée entière”.

Jeudi j’avais mon groupe d’ergothérapie. Le groupe “énergie”. Sujet de la séance: simplifier ou adapter certaines activités pour qu’elles nous prennent moins d’énergie. On a parlé de trucs comme faire la cuisine, etc. Chez moi, ce qui me bouffe de l’énergie: l’organisation, la planification, les rendez-vous médicaux.

Et donc ça me trotte dans la tête: comment faire en sorte que la gestion de ma santé me prenne moins d’énergie.

Sérieux, je sais que c’est un truisme, mais si je ne croulais pas sous tous ces rendez-vous médicaux et l’admin qui les accompagne, je pourrais bosser à 80% dès maintenant.

D’un côté:

  • un rendez-vous pré-op
  • un rendez-vous avec l’anesthésiste
  • aller voir ma généraliste pour faire un electrocardiogramme
  • une journée entière à l’hôpital pour l’intervention
  • un bloc qui d’après mon expérience précédente marche pas top chez moi
  • trois jours en béquilles
  • deux semaines limitée dans mes déplacements
  • retour chez le médecin pour ôter les fils

Et de l’autre:

  • attendre, et avoir mal (ou: aller voir papa).

Bon, je me renseigne quand même pour la version “anesthésie locale”. Quitte à morfler, autant que ça dure moins longtemps.

Quelqu’un a de l’expérience avec les injections d’anesthésiant local sous le pied?

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  • Collectivité ZéN Rimouski-Neigette: Lancement de la vision collective
    Quand j’ai lu le document de Collectivité ZéN1 Rimouski-Neigette, Tisser demain, ensemble, je me suis dit : « C’est donc ben beau! » Oui, c’est vraiment beau du monde qui rêve en gang. Plus de 200 personnes qui s’assoient, concrètement, pour rêver 2050. C’est beau! Parler de beauté et de rêve, ça ne fait pas trop sérieux quand on parle de développement des collectivités. Ça fait poète déconnecté du réel. Pourtant… Aurélien Barrau, l’astrophysicien français, a proposé, dans une conférence e
     

Collectivité ZéN Rimouski-Neigette: Lancement de la vision collective

14 juin 2026 à 12:26

Quand j’ai lu le document de Collectivité ZéN1 Rimouski-Neigette, Tisser demain, ensemble, je me suis dit : « C’est donc ben beau! » Oui, c’est vraiment beau du monde qui rêve en gang. Plus de 200 personnes qui s’assoient, concrètement, pour rêver 2050. C’est beau!

Parler de beauté et de rêve, ça ne fait pas trop sérieux quand on parle de développement des collectivités. Ça fait poète déconnecté du réel. Pourtant…

Aurélien Barrau, l’astrophysicien français, a proposé, dans une conférence en janvier dernier, de remplacer l’éthique par l’esthétique pour affronter la crise climatique. (Ça rime!)

Barrau nous invite à regarder autour de nous pour constater comment le productivisme capitaliste rend le réel laid. Comment, par exemple, un jardin communautaire est bien plus beau qu’une terre saccagée par la monoculture excessive…

Eh oui, c’est beau la vision collective qu’il y a dans le document Tisser demain, ensemble.

Ici, certains pourraient dire : « C’est ben beau la beauté et tout ça, mais c’est pas mal utopique. » Moi je répondrais : « Oui, bien sûr que c’est utopique, et tant mieux! »

Il y a plus de 20 ans, j’ai fait une thèse de doctorat en développement régional sur le thème de la pensée utopique2. Autrement dit, j’ai travaillé sur la pertinence concrète de l’utopie pour le développement des communautés.

Aujourd’hui, admiratif devant le travail accompli (et à accomplir) par le comité ZéN Rimouski-Neigette, je vais parler d’utopie, en espérant qu’il y aura un peu de parcelles de beauté dans mes humbles propos.   

L’utopie et la pensée utopique

Le mot utopie a été inventé par le philosophe anglais Thomas More dans un roman publié en 1516. Il signifie « lieu qui n’existe pas » ou « lieu parfait existant hors de la réalité ». More y décrivait de façon critique la réalité sociale de l’Angleterre de l’époque, et projetait, sur l’île d’Utopia, la société idéale qu’il imaginait.

Dans les décennies suivantes, plusieurs personnes se sont inspirées de cette « figure » pour rédiger des écrits politiques comportant une critique de « ce qui est » et une projection de « ce qui pourrait être ».

Jusqu’au début de XXe siècle, jusqu’à la révolution bolchévique en Russie, l’utopie avait une connotation assez positive. (Je dirais jusqu’au détournement autoritaire des aspirations révolutionnaires.)

Ainsi, délégitimée par cette première « tentative de réalisation », la figure de l’utopie a été associée à la terreur, à la dictature, etc., et réduite à ses dérives potentielles.

Voilà pourquoi, lorsqu’on soumet quelques propositions pour améliorer nos conditions d’existence, on entend des gens dire : « C’est ben beau tout ça, mais c’est utopique. » L’utopie, ce serait donc des bonnes idées, mais qui sont irréalisables, des belles vertus qui ne peuvent s’adapter au réel.

Vue de cette façon, l’utopie c’est dangereux. Ça nous fait rêver un monde parfait qu’on cherche à imposer par la terreur parce que la réalité résiste.

Mais au tournant du troisième millénaire, on assiste à diverses tentatives de « réhabilitation » de l’utopie. Plusieurs personnes, inspirées notamment par le mouvement altermondialiste, le Forum social et d’autres actions de la société civile (« Un autre monde est possible »), s’appliquent à repenser l’utopie pour insuffler un peu d’espoir dans un monde qui en a réellement besoin.

On est alors au cœur du monde néolibéral dominé par une « pensée unique » où la loi du marché s’impose comme entité presque divine (la productivité, la rentabilité, la rationalité économique confondue avec la pensée rationnelle, le profit comme seul moteur d’action, la concentration du pouvoir, etc.).

C’est à cette époque que j’ai élaboré ce que j’appelle la pensée utopique. J’ai essayé de proposer une méthode pour nous permettre d’effectuer une lecture plus diversifiée du réel, ce qui constitue la base si on veut vraiment agir pour changer les choses. Autrement dit, si on se limite à une lecture imposée (celle de ceux qui tiennent à ce que rien ne change), on se prive d’un espace d’agir.

En d’autres mots, il faut d’abord varier nos lectures de « ce qui est » si on veut diversifier nos possibilités d’action, pour mettre en œuvre « ce qui pourrait être ».

***

Mais c’est quoi, la pensée utopique?

La pensée utopique, c’est l’utopie réhabilitée, débarrassée des connotations négatives qu’elle a pu avoir dans l’histoire. En d’autres mots, c’est la bonne utopie.

Parce qu’il faut distinguer la bonne utopie de la mauvaise utopie. La mauvaise utopie, c’est celle qui promet le bonheur tandis que la bonne tente de réduire les conditions du malheur. La mauvaise utopie propose un modèle figé, tandis que la bonne envisage l’émergence de l’inédit, de l’alternative. La mauvaise utopie, enfin, procède par la négation des faits, tandis que la bonne utopie prend en considération la complexité du réel.

On peut donc identifier les critères d’une bonne utopie. Elle doit être de liberté : ne pas être figée. Elle doit être modeste en  considérant qu’il existe d’autres valeurs que les siennes. Elle doit être alternative, c’est-à-dire que plutôt que de promettre le bonheur une bonne fois pour toutes, elle se contente de créer des brèches. Finalement, elle doit être réaliste : tenir compte de la complexité du réel.

En d’autres termes, on peut dire que la bonne utopie n’est pas la projection d’un idéal dans un ailleurs, mais qu’elle est la quête de ce que le réel contient d’idéal. Ou encore, elle n’est pas la projection d’un futur meilleur des mondes, mais la quête des idéaux potentiels du présent.

Plus simplement, c’est n’est pas parce qu’on ne peut pas construire le meilleur des mondes qu’on ne peut pas agir pour rendre le monde meilleur.

Et c’est ça que j’appelle la pensée utopique, une conception dynamique du concept d’utopie.

***

Je me suis ici amusé à confronter le projet Collectivité ZéN aux fonctions de la pensée utopique. Et devinez quoi? On est en présence ici d’un vrai projet utopique, mais dans le sens de la bonne utopie.

Voici quelques-unes des fonctions de la pensée utopique en lien avec le projet.

Fonction propédeutique : Montre le chemin et révèle le « pouvoir devenir » du monde.

Il est clair que le projet Collectivité ZéN n’existerait pas si les personnes qui y sont impliquées ne croyaient pas à la base qu’elles ont un certain pouvoir sur le devenir du monde.

Fonction projective : Soumet un projet qui donne sens au futur.

Ici, on retrouve la dimension projective du projet Collectivité ZéN, qui pense la MRC Rimouski-Neigette de 2050.

Fonction défatalisante : Démonte les mécanismes de la fatalité.

Ici, on peut facilement constater que le projet Collectivité ZéN est un exemple concret d’antidote au fatalisme, son objet même étant la mise en action de la communauté – c’est le contraire de « ça donne rien, on peut rien changer, y a rien à faire ».

Fonction d’espérance : Exprime le besoin nécessaire de rêver une vie plus belle.

La beauté comme besoin, ce serait un peu ça qui serait à l’origine du projet. Dans un monde où on parle beaucoup de divisions, on oublie qu’on rêve toutes et tous d’une vie plus belle, pour soi et pour les autres.

Fonction praxéologique : Stimule l’action réelle.

Ici, ça signifie qu’on a tout à fait raison d’agir pour rendre le monde plus beau, que c’est scientifiquement prouvé qu’on n’agit pas pour rien. La preuve irréfutable : tout ce qui existe a d’abord été rêvé.

Fonction heuristique : Permet de saisir les espoirs des personnes.

En tenant compte de la pertinence des espoirs que les personnes ont pour l’avenir de leur collectivité, on se trouve du même coup à mieux comprendre ce qui est déjà en train de se réaliser, on saisit mieux les transformations en cours. Nos espoirs sont en quelque sorte des indices des développements en latence. Nos espoirs sont des matériaux aussi tangibles que les ressources naturelles, les espaces et les territoires, les infrastructures. Je pourrais dire autrement que nos espoirs sont des lectures du réel en train de se créer, et ça c’est concret. 

Fonction socio-politique : Permet d’« organiser » les imaginaires sociaux, favorise la transformation du « système » vers plus de démocratie.

Les démarches entreprises par le projet Collectivité ZéN sont en fait un processus d’organisation, de mise en action des espoirs des membres de la collectivité. La démocratie, c’est faire en sorte que le plus grand nombre possible de personnes participent aux délibérations sur les décisions qui concernent l’ensemble de la communauté.

***

Sur un plan disons stratégique, la pensée utopique contemporaine procède en trois étapes : il y a d’abord une critique de ce qui est, il y a une projection de ce qui pourrait être, puis une mise en action. Ici, on retrouve en quelque sorte les cinq étapes présentées dans Tisser demain, ensemble.

Sur une note plus poétique, je citerais Castoriadis : « Ce n’est pas ce qui est, mais ce qui pourrait et devrait être qui a besoin de nous. »

À la lumière de tout cela, je n’hésite pas à dire qu’on a besoin d’initiative collective comme le projet ZéN Rimouski-Neigette.

Alors, lorsqu’on vous demandera si le projet Collectivité ZéN est utopique, vous pourrez répondre : « Oui, heureusement! » Et vous pourrez rajouter : « Et c’est tellement beau! »

1. ZéN pour Zéro Émission Nette.

2. Marcel Méthot, Le développement local au risque de l’utopie : vers une interprétation des enjeux du développement local au 21e siècle [Thèse de doctorat], Université du Québec à Rimouski, 2003, https://irec.quebec/ressources/repertoire/memoires-theses/Marcel_Methot.pdf

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  • POURQUOI FAUDRAIT-IL DÉFÉQUER DANS LA FORÊT?
    Ne vous êtes-vous jamais dit : « À quoi bon? » Vous savez, en parcourant par exemple les rangées d’une bibliothèque où des milliers de livres d’autrices et d’auteurs, ayant depuis longtemps sombré dans l’oubli, accumulent la poussière. À cette vue, il est difficile de ne pas être confronté à l’idée qu’après notre trépas, nous sombrerons inéluctablement dans cet abysse des oubliés… Épris sans doute par un désir d’immortalité, on peut se demander quel est le but de l’existence et a fortiori ce que
     

POURQUOI FAUDRAIT-IL DÉFÉQUER DANS LA FORÊT?

13 juin 2026 à 13:15

Ne vous êtes-vous jamais dit : « À quoi bon? » Vous savez, en parcourant par exemple les rangées d’une bibliothèque où des milliers de livres d’autrices et d’auteurs, ayant depuis longtemps sombré dans l’oubli, accumulent la poussière. À cette vue, il est difficile de ne pas être confronté à l’idée qu’après notre trépas, nous sombrerons inéluctablement dans cet abysse des oubliés… Épris sans doute par un désir d’immortalité, on peut se demander quel est le but de l’existence et a fortiori ce que notre si succinct passage aura apporté au monde. Et si ce but était aussi trivial que déféquer dans la forêt?

Cette idée extravagante a éclos au sortir de la lecture du très inspirant livre La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben; ma conception de ce qu’est une forêt s’est alors métamorphosée. Aidé par mes études en biologie, j’ai compris qu’une forêt est holistique, c’est-à-dire qu’elle est plus que la somme des arbres, des plantes et des animaux qui y vivent autant que notre individualité est bien plus que la somme de nos organes, de nos cheveux et des bactéries qui cohabitent en symbiose avec nous. Ce que nous apprend Darwin dans L’Origine des espèces est que, depuis plusieurs millions d’années, les êtres vivants ont évolué par sélection naturelle en fonction de leur écosystème et des autres vivants qui le partagent. Les fleurs, par exemple, ont besoin des insectes pollinisateurs — une espèce radicalement différente — pour assurer leur reproduction, tandis que les champignons mycorhiziens, qui innervent les forêts et permettent aux arbres de communiquer entre eux, requièrent le soutien de ceux-ci pour se nourrir. En d’autres mots, une forêt, c’est avant tout un ensemble de relations symbiotiques interreliées et formant un réseau de connivence nécessaire à la survie du collectif.

Ce n’est pas une coïncidence si la première mesure prise par le médecin lors d’un rendez-vous est notre pression artérielle. En effet, la communication entre les organes est nodale pour le bon fonctionnement de l’organisme. Chaque organe avec sa fonction propre collabore avec les autres dans le but commun de persévérer l’être. La forêt, eh bien, c’est pareil! Chaque arbre, plante, champignon ou animal collabore afin de persévérer l’organisme forêt. Chaque être vivant la constituant et ayant sa fonction permet la survie de l’organisme-forêt comme le font d’office les organes. On peut en déduire qu’il n’y a pas « d’êtres qui vivent dans la forêt » : habiter la forêt, c’est en fait être la forêt.

Il n’y a pas seulement les forêts que nous pouvons voir comme des organismes : les relations symbiotiques au sein des lacs et des océans autant que celles des plaines, des montagnes et des déserts évoluent de manière analogue. Avec un peu d’altitude, on prend conscience que chacun de ces systèmes biologiques est interrelié. Le phytoplancton par exemple, cette algue marine photosynthétique, produit à lui seul 50 % de l’oxygène sur Terre1. Cet oxygène est un déchet pour ces algues, mais est absolument nécessaire à tous les êtres vivants terrestres. De la même manière, des poussières de diatomées, vestiges sédimentaires d’un ancien lac aujourd’hui asséché et désertique au cœur du Sahara, traversent l’océan pour fertiliser la forêt amazonienne. Cette interdépendance nous convie de manière frappante vers la même déduction allégorique où chaque écosystème fait office d’organe permettant au grand organisme des vivants de persévérer.

Cette conception de l’ensemble des vivants sur Terre comme un grand et unique organisme, je la nomme « l’holobiotisme », mot provenant du terme holobionte qui désigne un superorganisme. Inéluctablement, cette manière audacieuse d’interpréter le vivant entraîne d’importantes considérations philosophiques. La plus cardinale est sans doute celle de l’Autre, cet autrui qui, héritier de notre culture naturaliste occidentale, s’est vu réifié et exploité jusqu’à l’extermination presque achevée. Cet Autre objectivé se transmute — lorsqu’il n’y a plus « la Nature » comme entité extérieure mais plutôt comme un tout duquel nul vivant ne peut se destituer — en subjectivité. Formant un seul et même organisme, que peut devenir l’Autre si ce n’est une part de nous-mêmes? Aussi différent peut-il être, tel un muscle de l’iris et une méninge du cerveau, ayant chacun leur fonction propre et travaillant conjointement pour que l’organisme puisse persévérer dans l’être, l’Autre ne peut que se singulariser. L’Autre n’est plus « autre » : il est nous, il est « Je » … Être au monde, c’est donc être Un : je suis l’arbre, le champignon et l’abeille, je suis la forêt, la nature et l’holobiote.

De plus, puisque notre espèce, comme toute autre, est pourvue d’une fonction inhérente, celle-ci doit être en adéquation avec celles des autres espèces et permettre à l’organisme des vivants de persévérer. Est-ce là peut-être le but a minima de l’existence humaine? Loin d’être les prédateurs que nous croyons être, notre espèce, par sa physiologie naturelle, se range plutôt dans la branche des frugivores/charognards/opportunistes2. Aussi trivial que cela puisse paraître, peut-être que notre fonction au sein de l’écosystème consiste à disséminer, par l’entremise de nos selles, des graines appartenant aux fruits que l’on consomme, comme c’est le cas pour de nombreux autres mammifères.

Toutefois, il n’en est rien. Notre civilisation a l’une des plus insignifiantes fonctions et sape celle des autres, nécrosant, tel un cancer, ce que Spinoza définit comme étant Dieu3. Notre lien-vie à « l’Autre » se meurt, se refroidit comme une roche inerte, qui, par folie de verticalité, se perd dans le firmament. L’extermination de la vie sur Terre ne pourrait pas être autre chose qu’un suicide au sens propre.

Ce serait cela, le progrès?

1. National Oceanic and Atmospheric Administration, « How much oxygen comes from the ocean? » National Ocean Service, 16 juin 2024.

2. K. Milton, « Nutritional characteristics of wild primate foods: do the diets of our closest living relatives have lessons for us?  », Nutrition, vol. 15, no 6, 1999, p. 488-498.

3. Pour Spinoza, Dieu et la Nature ne sont que deux modes d’une même substance.

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  • Chronique du gars en mots dits: Le mot en W
    (1re partie) Ma chronique de février, « Le Devoir dévoyé » a fait sortir de ses gonds le fondateur du Mouton NOIR, Jacques Bérubé. Je ne suis plus le seul « gars en mots dits »… Je m’enorgueillis du fait que mon appel au boycottage du vénérable Devoir ait mis fin à son mutisme, armé de sa plume acérée. Jean-François Vallée, La Pocatière Dans sa diatribe Alerte ! Au woke ! On « censure » Rioux !, Jacques Bérubé proclame haut et fort sa détestation du chroniqueur Christian Rioux et son am
     

Chronique du gars en mots dits: Le mot en W

11 juin 2026 à 13:21

(1re partie)

Ma chronique de février, « Le Devoir dévoyé » a fait sortir de ses gonds le fondateur du Mouton NOIR, Jacques Bérubé. Je ne suis plus le seul « gars en mots dits »… Je m’enorgueillis du fait que mon appel au boycottage du vénérable Devoir ait mis fin à son mutisme, armé de sa plume acérée.

Jean-François Vallée, La Pocatière

Dans sa diatribe Alerte ! Au woke ! On « censure » Rioux !, Jacques Bérubé proclame haut et fort sa détestation du chroniqueur Christian Rioux et son amour inconditionnel pour Le Devoir sauce woke. Je lui sais gré de me procurer ainsi une occasion en or d’inscrire ma pensée dans une réflexion plus large sur l’identité profonde de son bébé de papier maintenant sevré.

Le brûlot de Jacques Bérubé m’a poussé à relire les deux chroniques que tous les contempteurs de Christian Rioux utilisent comme grenade pour le démolir, même si, du même souffle indigné, l’auteur avoue candidement et péremptoirement ne l’avoir lu qu’« occasionnellement, peut-être pour [s]’en écœurer davantage ». J’étais donc curieux de découvrir par moi-même ce que ces chroniques avaient de si écœurant. La première s’intéresse à la définition du terme « génocide » pour voir s’il s’applique au cas des exactions commises par Israël à Gaza (72 549 Palestiniens tués) depuis les attentats du Hamas le 7 octobre 2023 (1 200 Juifs tués). La seconde porte sur l’arrestation de Nicolas Sarkozy à la suite d’un procès nébuleux et bâclé, que Rioux utilise surtout pour dénoncer le gouvernement des juges qui, des deux côtés de l’Atlantique, multiplie de plus en plus les entraves envers le pouvoir des élus. Si on ne me reproche que deux chroniques d’une telle eau quand je laisserai tomber la plume pour le plumard, le jour où la bien-pensance woke m’aura « cancellé » à mort, je serai déçu… Quoi! Prendre ma retraite avec seulement deux misérables chroniques à mon actif ayant provoqué de l’urticaire souvent à droite ou à gauche ? Je n’aurais été qu’un bien piètre pugiliste dans le ring des idées.

Les moutons gris

Jacques Bérubé pose des questions de grande importance, en filigrane de son pamphlet, pour comprendre ce qui fonde la singularité des collaborateurs du Mouton dans notre petit paysage médiatique, à savoir : comment se définit un véritable « mouton noir » ? Comment le distinguer parmi le troupeau bêlant ? Et, par extension, à partir de quelle conviction idéologique précise sort-on délavé à l’eau de javel, plus blanc que blanc ? Ou encore, quel tamis idéologique permet de séparer avec certitude le bon grain de l’ivraie, les collaborateurs fréquentables des infréquentables ?

Jacques Bérubé, pour sa part, semble avoir tracé une ligne rouge d’une extrême netteté : vous n’êtes plus un mouton « noir » dès que vous critiquez le néoprogressisme woke issu des universités états-uniennes de gauche né des tensions raciales et identitaires réelles propres au terreau de ce pays, ce mouvement vertueux autoétiqueté woke, c’est-à-dire « éveillé aux injustices de tous ordres. » Si j’ai bien compris son propos, Jacques Bérubé vient de décréter interdites à la fois l’utilisation du mot et la critique du mouvement, sauf pour l’encenser ; toute critique à son égard vous fait basculer illico dans le camp des frileux moutons blancs comme neige.

Mon cher Jacques, sachez que si je peux être très radical dans plusieurs de mes propos quand un rebond de l’actualité me pique à vif, je revendique haut et fort, sur plusieurs questions, le droit d’être un mouton gris pâle ou gris foncé. Si l’aiguille de mes chroniques penche le plus souvent à gauche, je ne m’empêche pas de flirter avec le centre droit. Que cela plaise au non, coûte que coûte, j’essaie de rester autant que possible nuancé. Parfois noir comme dans la tanière du loup, mais souvent gris pâle ou gris foncé. Si les moutons fâchés noirs s’en scandalisent, qu’ils blâment leurs propres œillères.

À 18 ans, un mouton noir, pour moi, ne pouvait que s’opposer à tout discours de droite, un social-démocrate en lutte contre les capitalistes, doublé d’un anticolonialiste militant. Je lisais de sulfureux pamphlets comme Nègres blancs d’Amérique, de Pierre Vallières, penseur du FLQ, avec la même passion que Le portrait du colonisateur suivi du Portrait du colonisé, d’Albert Memmi ou Les damnés de la terre de Franz Fanon. J’y reconnaissais ma condition, notre condition, en copie carbone. Je comprenais que le destin individuel était intimement lié au destin collectif, et nos tergiversations nationales, le reflet de nos tergiversations individuelles. Aujourd’hui, le wokisme scande ad nauseam que tout ça est suranné, dépassé. Et gratifie de l’étiquette « raciste » quiconque défend le destin collectif.

La suite de ce palpitant récit dans le prochain numéro.

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  • Carvalho doit s’en aller!
    De toute évidence les mobilisations citoyennes exemplaires à Pohénégamook comme aux Trois-Pistoles auront porté leurs fruits. Le projet du CISSS du Bas-Saint-Laurent de fermer les deux urgences les soirs et la fin de semaine a été mis sur la voie de garage pour l’instant. Bien lire ici qu’il s’agit de la fin d’une bataille, mais pas celle d’une véritable guerre pour défendre nos soins de proximité en périphérie. Fallait voir l’air patibulaire du directeur général qui devait pour une 3e fois c
     

Carvalho doit s’en aller!

10 juin 2026 à 11:35

De toute évidence les mobilisations citoyennes exemplaires à Pohénégamook comme aux Trois-Pistoles auront porté leurs fruits. Le projet du CISSS du Bas-Saint-Laurent de fermer les deux urgences les soirs et la fin de semaine a été mis sur la voie de garage pour l’instant. Bien lire ici qu’il s’agit de la fin d’une bataille, mais pas celle d’une véritable guerre pour défendre nos soins de proximité en périphérie.

Fallait voir l’air patibulaire du directeur général qui devait pour une 3e fois changer son discours de bord en bord devant des médias médusés. Après avoir raconté des peurs imaginaires sur des bris de services pour tenter de justifier les compressions budgétaires, après avoir affirmé que ce n’était pas des coupes, mais des réaménagements justifiés par l’impossibilité de maintenir le statu quo, le doc Carvalho a finalement trouvé ce même statu quo comme solution à la crise qu’il a lui-même causée.

Je vois très mal comment le docteur Carvalho peut rester encore plus longtemps à la tête du CISSS du Bas-Saint-Laurent. D’aucuns diraient qu’il est brûlé. Il va nous falloir du sang neuf, de la crédibilité et surtout de l’engagement. Les comités citoyens lui tendent des perches à la suite de son appel à la mobilisation, mais leurs demandes restent hélas lettres mortes.

Il faut aussi saluer la mobilisation qui se lève du côté du Kamouraska et de Mont-Joli, toujours sur les enjeux de soins de proximité. Les régions périphériques ont été laissées de côté par la centralisation de l’administration de la santé et par la quasi-privatisation de sa gestion. Il ne faudrait pas laisser les politiciens menacer ainsi nos soins de santé les plus précieux, incapables de défendre nos intérêts dans cette machine centralisée loin des soins et des soignants.

Les régions périphériques ne peuvent plus être à la remorque des partis politiques, des promesses de politiciens et de leur incapacité maintes fois démontrée à nous représenter dans l’exercice décisionnel à Québec comme à Ottawa.

Il faut établir une liste de revendications claires et atteignables sur les enjeux qui nous concernent comme nos soins de santé et nos infrastructures publiques. Il faut que les communautés territoriales entrent en négociation avec l’État centralisé pour s’assurer que les intérêts des populations soient entendus et respectés partout sur le territoire du Québec.

Yes we scan!

Les soins de santé en milieu périphérique ou rural revêtent leurs particularités propres et on semble en faire abstraction dans les cercles de décideurs.

Cela mérite d’être réfléchi sous des lunettes diverses : scientifiques, communautaires et citoyennes, et j’ai justement eu la chance d’assister à la représentation d’Urgences rurales 360 qui propose une réflexion documentaire sous forme de médiation culturelle qui intègre les arts du cirque. On a confié l’aspect artistique de cette démarche, qu’on pourrait qualifier de recherche-action, à la troupe Les 7 doigts de la main appuyée de l’École nationale de cirque.

Le chercheur et médecin d’urgence originaire de Charlevoix, Richard Fleet, est le maestro derrière cette démarche. Les représentations accompagnées de discussions sont offertes dans toutes les communautés en périphérie des grands centres. Le 3 avril dernier, nous étions une trentaine de citoyens des Basques en délégation à bord d’un autobus jaune pour nous rendre à la représentation au Théâtre du Bic.

La démarche, en plus d’offrir un état des lieux de la situation de nos urgences rurales, fait émerger des pistes de solutions pour changer concrètement les choses, ce qui implique entre autres la participation citoyenne et la décentralisation des lieux décisionnels.

Pour améliorer un bilan selon lequel une personne qui habite en ruralité a trois fois plus de chance de mourir de sa condition qu’une personne en milieu urbain, les menaces de fermeture des urgences de Pohénégamook et de Trois-Pistoles apparaissent encore plus anachroniques et déconnectées des besoins de la population.

Au lieu de ces menaces, j’aimerais voir le docteur Carvalho expliquer comment nous pouvons ajouter du matériel de diagnostic comme des scans pour appuyer le travail dans nos urgences en région et pour sauver plus de vies. Yes we scan!

Apprenez-en plus sur Urgences rurales 360 :https://www.medecineurgence.ca/ur360

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  • Bilan de l’ère Legault : Est-ce qu’il a cru à l’entrepreneuriat québécois ?
    Quel héritage François Legault laisse-t-il au Québec ? En termes d’interventionnisme économique, il suit une longue tradition québécoise. En effet le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est engagé dans plusieurs projets de développement économique. Voulant amener l’industrie des batteries au Québec, la CAQ souhaite incarner le parti de l’économie à l’Assemblée nationale. Rappelons les faits : en 2023, 11 milliards de dollars de projet sont annoncés par le gouvernement Legault. De ces
     

Bilan de l’ère Legault : Est-ce qu’il a cru à l’entrepreneuriat québécois ?

9 juin 2026 à 08:33

Quel héritage François Legault laisse-t-il au Québec ? En termes d’interventionnisme économique, il suit une longue tradition québécoise. En effet le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est engagé dans plusieurs projets de développement économique. Voulant amener l’industrie des batteries au Québec, la CAQ souhaite incarner le parti de l’économie à l’Assemblée nationale.

Rappelons les faits : en 2023, 11 milliards de dollars de projet sont annoncés par le gouvernement Legault. De ces 11 milliards, 46 % viendraient des différents paliers de gouvernement1. Le gouvernement fait le pari que ces investissements amèneront une nouvelle industrie au Québec.

Nous pouvons nous questionner sur la définition de l’économie selon nos élites politiques. En effet, nous assistons plutôt à une succession de gouvernements qui se plient aux volontés des différentes chambres de commerce, du Forum mondial et de l’élite économique. En analysant le plan de la CAQ, nous pouvons soulever trois failles importantes.

En premier lieu, l’ingérence du gouvernement du Québec dans le libre marché a un effet pervers sur le développement économique et les PME. En choisissant quelles compagnies bénéficieront des subventions, des crédits d’impôt et de l’énergie au rabais, on contourne un des mécanismes les plus puissants de notre économie de marché : la compétition. Comme pour toute compétition, les mêmes règles doivent s’appliquer à tous. Or, nous assistons plutôt à un gouvernement qui dirige l’économie.

En deuxième lieu, le fait de subventionner les multinationales a comme effet d’établir de la concurrence déloyale dans le marché de l’emploi. En subventionnant cette nouvelle industrie, le gouvernement s’attaque par le fait même aux autres entreprises ayant la même catégorie d’employés. Elles devront faire compétition avec ces nouveaux géants pour attirer et retenir la main-d’œuvre. Les nouveaux venus bénéficient de subventions auxquelles leur compétiteur n’a pas droit. Cela aura comme effet d’augmenter artificiellement les salaires et les conditions des travailleurs et d’accentuer l’inflation.

François Legault argumente que c’est le coût de la création de richesse. Or, la vraie création de richesse se fait par des gens ordinaires qui mettent toutes leurs économies sur la table et qui prennent des risques en se lançant en affaires. Les entrepreneurs locaux québécois, qui sont les plus taxés de l’Amérique du Nord, subventionnent indirectement les nouveaux venus. Il se retrouve donc dans la fâcheuse situation de subventionner leur compétiteur! Quel cauchemar kafkaïen!

En troisième lieu, il est pertinent de se questionner sur le type d’entreprise que nous attirons. À première vue, nous sommes portés à croire que l’industrie de la batterie est une industrie de haute pointe. Cependant, une analyse nous mène à des conclusions différentes. En effet, 80 % du coût manufacturier d’une batterie réside dans la recherche et le développement4. Cependant, cette étape du processus se fait hors Québec, parce que nous sommes les manufacturiers et non les concepteurs.

Avec la présence d’universités de premier plan et une ingéniosité pouvant rivaliser avec celle de n’importe quel peuple, le Québec peut aspirer à développer des technologies de pointe. En faisant venir des entreprises d’ailleurs, toute l’ingénierie, les choix stratégiques ainsi que la propriété intellectuelle seront hors de nos frontières. On peut se demander si les grands centres d’innovation mondiaux auraient décidé de faire les mêmes choix économiques que notre administration.

Enfin, pouvons-nous vraiment dire que l’ère Legault aura été celle du développement économique?

1. Sylvain Larocque, « 2023, l’année des milliards de dollars pour la filière batterie », Le Journal de Montréal, janvier 2024,https://www.journaldemontreal.com/2024/01/03/2023-lannee-des-milliards-de-dollars-pour-la-filiere-batterie#:~:text=Selon%20le%20gouvernement%20Legault%2C%20ce,%25

2. Anuj Narkhede, « Pourquoi les économies planifiées échouent-elles? », Readers Blog, octobre 2020, https://timesofindia.indiatimes.com/readersblog/understanding-new-concept/why-planned-economies-fails-26749/

3. Fred McMahon, « As the world shifted to free markets, poverty rates plummeted », Fraser Institute, novembre 2018,

« https://www.fraserinstitute.org/blogs/as-the-world-shifted-to-free-markets-poverty-rates-plummeted#:~:text=In%201950%2C%20as%20free%20markets,power%20parity%20adjusted%20US%24).

4. Anton Beck, « Why are Lithium Batteries so Expensive to Manufacture? », Engineered Technologies, août 2023, https://blog.epectec.com/why-are-lithium-batteries-so-expensive-to-manufacture

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  • Parlementarisme canadien : Où est l’esprit de collaboration?
    (Avertissement : Je fais partie du Comité pour le bulletin le plus long.) À l’approche du 160e anniversaire de la Confédération canadienne (2027) et alors que le gouvernement libéral vient tout juste d’obtenir une majorité parlementaire lors de trois élections partielles (plafond de dépense : 100 000 $ par circonscription), j’ai eu l’idée de nous offrir un petit rappel historique du fonctionnement du parlement canadien à une époque pas si lointaine… Au fil de mes années d’implication polit
     

Parlementarisme canadien : Où est l’esprit de collaboration?

6 juin 2026 à 13:51

(Avertissement : Je fais partie du Comité pour le bulletin le plus long.)

À l’approche du 160e anniversaire de la Confédération canadienne (2027) et alors que le gouvernement libéral vient tout juste d’obtenir une majorité parlementaire lors de trois élections partielles (plafond de dépense : 100 000 $ par circonscription), j’ai eu l’idée de nous offrir un petit rappel historique du fonctionnement du parlement canadien à une époque pas si lointaine…

Au fil de mes années d’implication politique, j’ai eu l’occasion de rencontrer des centaines de candidates et de candidats, de nombreux députés, parfois des ministres, j’ai pris une bière avec Jack Layton et j’ai même serré la main de Stephen Harper. (Un peu de name dropping ne fera pas de tort à ce journal d’extrême gauche!) Une anecdote m’a particulièrement marqué : un ancien député du NPD, dont j’oublie le nom, critique de la justice pendant le gouvernement de Trudeau Ier, racontait avoir reçu, un soir vers minuit, un appel du ministre de la Justice, qui lui avait dit : « Je vais présenter une pièce législative demain au Parlement. Viens à la maison, j’aimerais te la présenter. » Une rencontre avait alors eu lieu à la résidence du ministre libéral, en présence des députés conservateur et néo-démocrate, tous deux critiques de la justice dans leur cabinet fantôme.

Voilà un bel exemple de l’esprit de collaboration qui régnait autrefois au Parlement canadien. Une tradition où les partis d’opposition et le parti au pouvoir travaillaient ensemble pour servir l’intérêt public. Et on parlait déjà de réformer le mode de scrutin, qui était désuet à l’époque! Les politiciens élus étaient là pour participer activement à la vie démocratique, dans un esprit de collaboration populaire.

Vous ne verrez jamais ça aujourd’hui.

Le feuilleton est gardé secret jusqu’à la dernière minute.

Encore mieux, on fait couler des éléments d’un projet de loi directement dans les médias : les pires passages, les morceaux les plus extrêmes, afin de faire vivre une émotion forte à la population. Et lorsque le projet est déposé en chambre : « Miracle! On a enlevé ces éléments de la loi! » Et le tout a l’air beaucoup plus acceptable!

Les partis politiques sont polarisés et polarisants. Tout est fait pour discréditer l’adversaire politique, parfois même sur des bases aussi futiles que l’apparence plutôt que les idées. On voit le chef conservateur monter au front pour insulter ses opposants, et les libéraux ne sont pas en reste. Prenons l’exemple actuel : le premier ministre Mark Carney, quelques heures après avoir obtenu une majorité, annonce qu’il va « accélérer le pas »sur différents chantiers. Ce que je comprends, c’est qu’il compte profiter de cette majorité – obtenue en partie grâce à cinq députés conservateurs transfuges – pour imposer ses projets aux Canadiens sans véritable consultation de l’opposition.

Pourtant, depuis 2019, nous sommes en situation de gouvernement minoritaire, une configuration qui était censée favoriser la collaboration entre les partis. Or, même dans ce contexte, l’opposition n’a que très peu été consultée. Et maintenant, on nous annonce que ça va être encore pire.

Il y a aussi la question de la distorsion électorale. Le Parti vert, par exemple, est passé de 6,5 % d’appui en 2019 à 2,3 % en 2021, puis à 1,2 % en 2025. Oui, on peut dire que la performance des chefs et les luttes internes sont en partie en cause, mais le mode de scrutin est certainement très présent dans ces résultats : on avait tellement peur que Poilievre devienne premier ministre en 2025 qu’on a tout misé sur les libéraux. Et aujourd’hui, on se fait servir quoi? Une soupe aux libéraux majoritaires, une concentration du pouvoir exécutif monolithique. Une situation que personne ne voulait réellement avoir. Et les libéraux vont bien sûr scander : « Les Canadiens et les Canadiennes voulaient […] ». My 2 cents1, yo!

Et pendant ce temps, que font les médias? La Presse et une ancienne députée bloquiste continuent de taper le clou sur le Comité du bulletin de vote le plus long parce que nous présentons une quarantaine de candidats et de candidates dans l’élection partielle de Terrebonne. Le mode de scrutin aurait dû être changé il y a 50 ans, on nous accuse d’avoir ralenti le processus électoral – alors qu’en réalité nous avons retardé les résultats électoraux de 45 minutes par rapport aux élections ayant eu lieu le même soir – et cerise sur le gâteau : le citoyen moyen va se tromper en aller voter2! Les chroniqueurs prennent la population pour des épais, les ministres modifient la loi électorale pour empêcher les longs bulletins de vote (mais ne changent pas le mode de scrutin), et les partis politiques se font rembourser 50 % de leurs dépenses de campagne : pourquoi est-ce que le gouvernement n’envoie pas le chèque directement à Facebook?

1. Arrondi à la caisse, ça donne 0 cent! #free #gratuit
2. Non seulement les résultats sont très proches de ce qui était attendu, mais l’analyse des résultats de huit élections « long bulletin de vote » permet de découvrir que le nombre de votes annulés est largement inférieur à ce qui a lieu dans les autres circonscriptions. C’est donc dire que ceux qui allaient annuler leur vote ont plutôt décidé de… voter!

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  • Un LOUPerivois dans la bergerie: De la musique avant toute chose
    La musique adoucit les morses, la preuve en est qu’un certain phoque en Alaska fait vibrer le cœur et les cordes vocales des Québécois depuis plus de cinquante ans, comme le relate Jean-François Brassard dans une publication qui retrace les péripéties de la saga Beau Dommage. Et pour ne pas quitter trop tôt l’univers des pinnipèdes (vite, le petit Robert), j’ai moi-même interprété récemment une sympathique composition signée Plume-Landru intitulée Le loup fuck?  Fuck le loup! C’était à l’occasio
     

Un LOUPerivois dans la bergerie: De la musique avant toute chose

5 juin 2026 à 12:13

La musique adoucit les morses, la preuve en est qu’un certain phoque en Alaska fait vibrer le cœur et les cordes vocales des Québécois depuis plus de cinquante ans, comme le relate Jean-François Brassard dans une publication qui retrace les péripéties de la saga Beau Dommage. Et pour ne pas quitter trop tôt l’univers des pinnipèdes (vite, le petit Robert), j’ai moi-même interprété récemment une sympathique composition signée Plume-Landru intitulée Le loup fuck?  Fuck le loup! C’était à l’occasion d’un cabaret « déjanté » en hommage à notre plumesque camarade présenté dans le cadre du Salon du livre de Québec, Salon où l’on a d’autre part cherché à mettre en parallèle deux entités légèrement incompatibles, soit celle du géant Beaupré et celle de l’ineffable Sainte-Trinité. On aurait pu tirer de cette rencontre un mix assez original : « Crois-moi, crois-moi pas, j’viens d’débarquer d’un drôle de trip, j’pas mal fucké, j’tout mélangé pis j’sais pus trop où m’garrocher, c’est comme ça quand ta blonde t’a lâché… »

Les deux groupes sont nés à quelques années d’intervalle, et après que leurs membres respectifs eurent baigné dans des eaux à la salinité passablement différente : Plume, Pierrot et moi, davantage chats de ruelle, chants de poubelle, tandis que l’autre cohorte frayant plutôt du côté « sunny side of the street », pour puiser dans le catalogue du Great American Songbook. On parvient malgré tout de temps à autre à naviguer sous les mêmes cieux, car même si on peut se lasser de voir pousser palmiers et bananiers, il n’en demeure pas moins que l’hiver est moins rude sur une plage, n’est-il pas? Ceci étant, Ginette a cependant peu à voir avec Bobépine ou avec une certaine Polonaise droguée supposément fréquentée par Plume, lequel aurait semble-t-il choqué un tant soit peu la sensibilité d’un Pierre Huet, travestissant le nom de la formation dont ce dernier était membre en la rebaptisant de la douce appellation de Beau Crémage… Pour notre part, c’est plutôt du glorieux titre de Cellule divertissement dont on nous a affublés pendant la crise d’Octobre.

Bon. Trêve de ragots et de méchanceté. N’ai-je pas amorcé cette chronique en vantant les mérites lénifiants et apaisants de la chanson? Et pour que le baume s’étende judicieusement et avec bonheur, comment ne pas raviver le souvenir de cette mémorable soirée où, dans une superbe maison sise en plein bois en bordure de la rivière Assomption (merci Guylaine), nous avons caressé le répertoire des Beatles pendant des heures et des heures, jusqu’à plus voix, accompagnés par une pléiade de superbes musiciens dont Michel Hinton au clavier et Pierre Bertrand à la basse?

Toujours est-il que nous descendions la rue Saint-Jean ma blonde et moi après avoir quitté le brouhaha du Salon du livre. La soirée était fraîche telle que cette mauvaise fin d’hiver nous en a servi plus que de raison cette année. Place D’Youville, Le Diamant resplendissait de tous ses cristaux, le Palais Montcalm brillait de tous ses feux, le Capitole s’imposait majestueusement, exhibant sa fière et arrogante façade Second Empire. Et tout à coup, montant de ce décor enchanté, au cœur même du berceau de cette Amérique française qu’on nous a volée, à deux pas de la porte Saint-Jean, voilà que nous parvient, véritable souffle d’ange, un joyau polyphonique, les voix magistrales d’un chœur formé d’une douzaine de jeunes filles, assemblées en cercle, debout, sur le trottoir, à quelques pas devant nous et qui chantent. En harmonie. Et en français. Les épithètes en viennent à manquer quand vient le temps d’exprimer la parfaite beauté, quand elle est à ce point saisissante, quand elle vous atteint comme un direct au cœur. La grâce. Sublime. Majestueux. Car elles chantaient juste et bien, ces jeunes filles de Laval, et lorsque, médusés et charmés, seuls spectateurs conviés à ce concert improvisé, nous nous sommes mis à applaudir, elles se sont tournées vers nous pour entonner le refrain de la chanson Je reviens chez nous. J’en suis convaincu, quelle que soit l’oasis où il repose, Jean-Pierre en a certainement frémi jusqu’à la moelle de son âme.

Et rentrant chez nous, justement, j’apprends que Viktor Orban vient de concéder la victoire. Toujours et encore : de la musique à mes oreilles.

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  • Prioriser notre santé, un choix de société
    Depuis plus de 40 ans au Québec, chaque élection provinciale est le théâtre d’une surenchère politique où tous promettent de régler les problèmes de notre système de santé. À quelques mois du déclenchement des élections provinciales, nous jugeons important d’apporter des précisions sur l’idéologie qui a transformé notre réseau public, la structure qui nous a été proposée et le rôle de la privatisation sur l’accessibilité générale aux soins et aux services. Une idéologie à questionner Dans
     

Prioriser notre santé, un choix de société

4 juin 2026 à 06:03

Depuis plus de 40 ans au Québec, chaque élection provinciale est le théâtre d’une surenchère politique où tous promettent de régler les problèmes de notre système de santé. À quelques mois du déclenchement des élections provinciales, nous jugeons important d’apporter des précisions sur l’idéologie qui a transformé notre réseau public, la structure qui nous a été proposée et le rôle de la privatisation sur l’accessibilité générale aux soins et aux services.

Une idéologie à questionner

Dans les années 1970, notre système de santé faisait l’envie du monde entier. Des sociologues et des gouvernements étrangers envoyaient des missions étudier le modèle québécois pour mieux comprendre comment nous avions pu, en l’espace de quelques années, nous doter d’un des systèmes de santé les plus performants et égalitaires de la planète.

Dès les années 1980, des pratiques associées à la droite économique néolibérale des Reagan et Thatcher se frayaient un chemin jusqu’au sommet de notre appareil de santé et de services sociaux. En pleine crise inflationniste, on cherchait à contenir l’augmentation des coûts, à privatiser certains soins et services et à limiter le pouvoir des travailleurs et des travailleuses. Les principes de cette «nouvelle gestion publique» se traduiront par la transformation du cadre administratif, de la négociation et des structures de notre réseau public. Des transformations qui se font encore sentir aujourd’hui.

Perte démocratique et enlisement bureaucratique

Graduellement depuis le début des années 1990-2000, les instances locales autonomes, démocratiques et orientées vers les besoins de leurs milieux ont cédé le pas à une structure hiérarchique hautement centralisée. En l’espace de vingt ans, nous avons assisté à la disparition de centaines de conseils d’administration locaux, organisés par quartier, ville ou village, et à leur remplacement par de véritables colosses bureaucratiques.

Situé à l’origine à la base d’un appareil décentralisé, le pouvoir décisionnel est désormais concentré au sommet de la structure du réseau. De là-haut, on ne voit malheureusement pas tout ce qui se passe sur le terrain, ce qui provoque un manque important d’agilité au sein de nos établissements de santé. Un manque qu’on associe souvent à tort à la présence syndicale.

Cette inversion du pouvoir engendre également une grave déconnexion : les gestionnaires ne sont pas en contact avec les besoins réels des usagers, des communautés, des travailleuses et des travailleurs sur le terrain. La distance physique, et parfois même culturelle, des milieux où sont offerts les services et des gens qui les donnent prive les gestionnaires d’éléments importants pour comprendre la réalité. Cela les prive également de la nécessaire ouverture aux solutions disponibles localement.

Pour pallier cette distance, le courant de la « nouvelle gestion publique » a imposé le développement d’un lourd appareil de collecte de données statistiques. Ces données, nous dit-on, permettraient de mieux connaître la réalité des opérations en temps réel et d’en améliorer l’efficacité.

Les travailleurs et les travailleuses qui produisent ces données y laissent une part importante de leur temps et même de leur intérêt pour le travail. Perte de temps productif, perte de sens au boulot, baisse de l’attractivité des emplois sont autant de conséquences majeures de ce virage. Compilées en vastes quantités, puis analysées en vases clos, comparées et rapportées en plus haut lieu, ces données quantitatives ont nécessité la création d’une large classe de gestionnaires et d’un lourd appareil de surveillance. Chaque réforme ces vingt dernières années n’a fait qu’alimenter cette inefficace entreprise statistique.

Une surcentralisation à endiguer

Ces dernières années, les centres décisionnels se sont d’abord regroupés par territoire local de services (globalement par territoire de MRC au Bas-Saint-Laurent) avec la création des CSSS, puis ont été centralisés à Rimouski dans la foulée de la réforme Barrette et la création des CISSS et des CIUSSS.

Depuis le déploiement de l’agence Santé Québec, les décisions sont désormais prises ou validées à Québec ou à Montréal, selon des critères établis nationalement. Alors qu’on réfléchissait jadis localement à l’offre de services en fonction des besoins exprimés à petite échelle, on le fait désormais sur des bases nationales. Loin des yeux, loin du cœur, parlez-en aux communautés qui se mobilisent pour le maintien de leurs services de proximité au Bas-Saint-Laurent.

C’est ainsi qu’on mène chaque réforme en santé et en services sociaux au Québec depuis trop longtemps : on établit une nouvelle structure et on cherche ensuite à adapter les soins et les services aux besoins de la machine et non l’inverse.

La privatisation tranquille

Un élément dont on parle très peu lorsqu’il est question de la place du privé en santé, c’est que la province en est la championne au Canada. En effet, plus de 90 % des médecins s’étant retirés du régime public de soins de santé (comme la RAMQ pour le Québec) se trouvent dans la Belle Province. Et cela ne concerne pas que les médecins. On le voit de plus en plus dans les soins spécialisés, l’hébergement, les prélèvements, les services de diagnostic, les soins de santé mentale, les chirurgies mineures, les services de réadaptation physique et même dans les services sociaux. Combien d’entre nous se font diriger vers le privé à la suite d’un diagnostic sous prétexte que les listes d’attente au public sont trop longues?

Et si le privé était au moins partiellement responsable des enjeux rencontrés dans le secteur public? C’est du moins la position de plusieurs acteurs des milieux sociaux, syndicaux et professionnels, dont le Collège des médecins du Québec1.

En plus du coût excessif, le nœud du problème avec le privé en santé, c’est qu’il n’est pas guidé par un impératif d’accessibilité universelle. Sa mission prioritaire étant le profit, il se concentre sur les activités les plus lucratives et les plus simples à exploiter. Facile d’être efficace quand on se concentre sur ce qui rapporte gros.

En ciblant les opérations les plus rentables, le secteur privé s’installe d’abord là où il a la plus forte clientèle potentielle. Et cela signifie généralement que le privé déploie d’abord ses tentacules dans les grands centres urbains et les banlieues, où l’on retrouve une plus forte densité de population, mais également une population qui a des revenus parmi les plus élevés. Avec la rapide progression du secteur privé en santé au Québec, l’accessibilité générale aux soins de santé et aux services sociaux est en voie de devenir différenciée, selon que l’on demeure en ville ou en région rurale, ce qui devrait grandement nous inquiéter.

La présence de plus en plus grande du privé au Québec doit également être perçue comme une menace sérieuse pour la continuité des soins dans le réseau public. En plein cœur d’une pénurie historique de main-d’œuvre, le privé nuit directement à l’organisation des soins dans le secteur public, en y recrutant massivement techniciens, professionnels et médecins. La présence des agences de placement de personnel en est un exemple éloquent. À terme, le drainage des ressources du public vers le privé accentuera les disparités entre les soins et les services offerts dans ces réseaux et portera atteinte à l’accessibilité universelle aux soins et aux services publics.

Regarder en avant

À l’aube du déclenchement de la prochaine élection provinciale, il est temps d’exiger mieux que la création d’une nouvelle superstructure pour notre réseau public. La santé et les services sociaux devront être au cœur de la prochaine campagne électorale, et des propositions pour démocratiser et humaniser tant la dispensation des soins et des services que les conditions de travail devront faire partie de la solution. Et si nous retournions à l’essence de ce qui a jadis fait le succès de notre modèle québécois? Un réseau décentralisé, démocratique, agile et prioritairement axé sur les besoins des populations locales, qui sont après tout les expertes de leurs propres besoins.

1. Collège des médecins du Québec, Place du privé en santé : des faits et des chiffres pour y voir plus clair, 2025, https://www.cmq.org/fr/informer-sante/infocmq/pratique-medicale/place-prive-sante

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  • L’Iran, un conflit inutile
    La guerre en Iran, telle qu’elle se déroule aujourd’hui, n’est pas seulement un affrontement militaire de plus dans une région déjà fragile : elle est le symptôme d’un échec politique profond, collectif et répété. Derrière les frappes, les représailles et les discours martiaux, se cache une réalité plus dérangeante : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu, et rien ne justifie qu’elle se prolonge. Depuis le début du conflit, les événements s’enchaînent avec une logique implacable d’escalad
     

L’Iran, un conflit inutile

3 juin 2026 à 12:47

La guerre en Iran, telle qu’elle se déroule aujourd’hui, n’est pas seulement un affrontement militaire de plus dans une région déjà fragile : elle est le symptôme d’un échec politique profond, collectif et répété. Derrière les frappes, les représailles et les discours martiaux, se cache une réalité plus dérangeante : cette guerre n’aurait jamais dû avoir lieu, et rien ne justifie qu’elle se prolonge.

Depuis le début du conflit, les événements s’enchaînent avec une logique implacable d’escalade. Des frappes israélo-américaines ont visé des infrastructures stratégiques iraniennes, notamment des sites liés au nucléaire. En réponse, l’Iran a multiplié les attaques contre des intérêts régionaux, allant jusqu’à menacer le trafic pétrolier mondial en perturbant le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle de l’énergie mondiale. Ce cycle de représailles illustre une constante tragique : chaque camp prétend se défendre, mais tous contribuent à aggraver la situation.

Le problème fondamental réside dans l’illusion stratégique. Cette guerre était censée être rapide, ciblée, maîtrisée. Or, comme tant d’autres conflits avant elle, elle s’enlise. Aux États-Unis mêmes, des responsables reconnaissent que la durée et le coût de l’intervention dépassent largement les prévisions initiales. L’histoire récente aurait pourtant dû servir de leçon : les guerres modernes, surtout au Moyen-Orient, échappent presque toujours aux plans initiaux et produisent des conséquences imprévisibles.

Mais au-delà des erreurs de calcul, c’est la logique même de la guerre qui doit être interrogée. Que cherche-t-on réellement ? La sécurité ? La stabilité ? La fin du programme nucléaire iranien ? Rien, dans les faits observables, ne permet d’affirmer que ces objectifs se rapprochent. Au contraire, la guerre renforce les postures les plus dures de chaque côté. À Téhéran, le pouvoir se raidit et refuse les négociations. À Washington et chez ses alliés, la pression militaire s’intensifie, nourrissant un engrenage dont personne ne semble capable de sortir.

Les premières victimes de cette impasse ne sont ni les dirigeants ni les stratèges, mais les populations civiles. Bombardements, destructions d’infrastructures, isolement économique : la guerre impose un coût humain considérable, souvent invisibilisé derrière les discours géopolitiques. À cela s’ajoute une autre conséquence majeure : l’instabilité globale. Le conflit a déjà des répercussions économiques importantes, notamment sur les prix de l’énergie et l’inflation mondiale. Une guerre locale devient ainsi un problème planétaire.

Il faut également dénoncer une forme d’hypocrisie internationale. Chaque acteur invoque le droit, la sécurité ou la paix pour justifier ses actions, mais ces principes semblent à géométrie variable. Les mêmes puissances qui appellent à la désescalade participent, directement ou indirectement, à la militarisation du conflit. Cette contradiction affaiblit toute crédibilité diplomatique et entretient un climat de méfiance généralisée.

Plus inquiétant encore, cette guerre semble avancer sans véritable vision politique de sortie. Une fragile trêve a été évoquée, mais elle reste précaire et suspendue à des calculs stratégiques de court terme. Or, une guerre sans perspective de paix claire devient une guerre sans fin. Et une guerre sans fin est, par définition, une faillite politique.

Critiquer la guerre en Iran, ce n’est pas prendre parti pour un camp contre un autre. C’est refuser la logique binaire qui réduit des enjeux complexes à des affrontements simplistes. C’est rappeler que la sécurité ne peut être durablement construite par la force seule. C’est exiger que la diplomatie reprenne sa place, non pas comme un aveu de faiblesse, mais comme une nécessité.

Car au fond, la question essentielle est la suivante : combien de destructions faudra-t-il encore avant de reconnaître l’évidence ? Cette guerre n’apporte ni paix, ni stabilité, ni solution durable. Elle ne fait que déplacer les problèmes, les amplifier et préparer les conflits de demain.

L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront préféré la confrontation à la négociation, l’orgueil à la lucidité. Mais il est encore temps de changer de cap. Refuser la guerre en Iran, c’est affirmer une conviction simple, mais essentielle : aucune victoire militaire ne compensera jamais le prix humain et moral d’un tel conflit.

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  • Identité et laïcité
    Être descendants de colonisateurs colonisés à leur tour, ce n’est pas l’héritage identitaire le plus simple. Quelques siècles après les faits, la population du Québec est plus nombreuse et plus diversifiée que jamais, sa terre n’ayant cessé d’être un lieu d’accueil. Et on se demande maintenant s’il y a de la place pour tout ce beau monde, pour leurs us et coutumes si différents de ceux importés jadis avec fierté (et condescendance) depuis la vieille Europe. Tout d’un coup, ça nous prend de dé
     

Identité et laïcité

2 juin 2026 à 10:08

Être descendants de colonisateurs colonisés à leur tour, ce n’est pas l’héritage identitaire le plus simple. Quelques siècles après les faits, la population du Québec est plus nombreuse et plus diversifiée que jamais, sa terre n’ayant cessé d’être un lieu d’accueil. Et on se demande maintenant s’il y a de la place pour tout ce beau monde, pour leurs us et coutumes si différents de ceux importés jadis avec fierté (et condescendance) depuis la vieille Europe.

Tout d’un coup, ça nous prend de définir « l’identité québécoise » au-delà de la définition géographique ou nationale. Ça nous prend d’affirmer comment « on vit1 » au Québec.

Un des mots d’ordre, c’est la laïcité. La laïcité, on le sait, c’est le « principe de séparation de la société civile et de la société religieuse2 ». La séparation signifie l’absence de lien entre l’État et l’Église et donc, une « neutralité à l’égard des confessions religieuses3 ». En d’autres mots : l’État laïque n’est lié à aucune Église et n’est ni pour ni contre les religions, quelles qu’elles soient.

Quand les Européens sont venus coloniser les Amériques, ils se sont fait un devoir d’imposer leur religion et d’interdire celles des Autochtones. À l’époque, le mot laïcité existait peut-être, mais n’était certainement pas vu comme une vertu à atteindre.

Si la Révolution tranquille a été relativement tranquille, elle n’en a pas moins signifié un rejet assez radical de l’omnipotence catholique. Quelques bonnes décennies plus tard, le gouvernement cherche d’un côté à officialiser ce rejet et de l’autre à protéger l’héritage catholique face aux religions de nos concitoyens d’autres traditions. Dans ce double mouvement, l’État entre en conflit avec ses propres valeurs et préfère souvent trancher contre la laïcité et pour la protection de l’héritage catholique.

On l’a vu avec le fameux crucifix de l’Assemblée nationale, finalement exposé à proximité. D’autres crucifix continuent d’orner en toute légalité mairies, écoles et autres bâtiments publics supposément laïques. On ne compte pas au Québec les écoles Christ-Roi, Immaculée-Conception, Notre-Dame-de-Ceci-ou-de-Cela sans que cela ne heurte les visées laïques de nos dirigeants. Mais qu’une femme à l’intérieur d’une telle école se couvre les cheveux, ça oui, ça heurte la sacro-sainte laïcité. Je le répète : la laïcité, c’est la neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses.

Petite anecdote personnelle : dans ma jeunesse, nous avons eu dans notre école un enseignant disciple de Bhagwan, tout habillé en rouge comme l’exigeait sa secte et portant autour du cou un médaillon avec la photo du gourou. Assez ostentatoire comme signe religieux! Cet homme était un excellent professeur avec qui nous avons eu des discussions très enrichissantes. Aucun élève de l’école n’est devenu disciple de Bhagwan à sa suite. Son passage dans nos vies nous a plutôt permis de nous ouvrir sur la diversité des croyances et de comprendre qu’une personne peut être brillante, très bonne pédagogue et pourtant, pour des raisons qui lui appartiennent, vouer une partie de sa vie personnelle à un gourou détraqué. Belle leçon d’humilité!

Peut-être que ce genre de leçon manquait à notre ancien premier ministre quand il a eu le malheur de regarder par la fenêtre juste au moment où des gens priaient à genoux dans la rue et que lui est venue l’idée d’une loi interdisant ces gestes incompréhensibles venus perturber sa sérénité. Les processions du Vendredi saint ou de la sainte Anne, elles, ne semblent pas empêcher notre premier ministre de dormir : elles peuvent se poursuivre impunément dans l’espace public.

Interdire certaines cérémonies et pas d’autres, veut, veut pas, ça a des relents d’histoire qu’on cherche pourtant à oublier. À une autre époque, pas si différente finalement, on interdisait des cérémonies autochtones sous prétexte qu’elles « nuisaient à l’assimilation ». Ainsi, les potlatchs ont été interdits jusqu’en 19514. Même chose pour certains vêtements et accessoires de cérémonie. Par incompréhension devant l’étrangeté, par sentiment de menace devant l’inconnu, on a édicté des lois pour bien montrer qu’ici, « c’est comme ça qu’on vit ». Au Québec, on l’a fait avec ceux qui étaient ici avant nous, on le fait maintenant avec ceux qui arrivent après nous. Et on ose appeler ça laïque.

1. François Legault a affirmé le 31 mars 2019 lors du dépôt du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État : « Au Québec, c’est comme ça qu’on vit ».

2. Le Robert, Dico en ligne, « Laïcité », https://dictionnaire.lerobert.com/definition/laicite

3. Wikipédia, « Laïcité », 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

4. L’Encyclopédie canadienne, « Interdiction du potlatch », 2024, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/interdiction-du-potlatch

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  • Mon point de vue philosophique : philosophie moderne, Saint-Augustin et mathématiques
    1- Je soutiens que la philosophie moderne est, d’un point de vue épistémologique, partiellement augustinienne. Depuis Descartes, elle accorde en effet une place centrale à l’intériorité du sujet:  certitude du cogito, primauté du sujet transcendantal, évidence première de l’entendement, bref un ensemble d’éléments qui résonnent avec certains thèmes augustiniens. Toutefois, la philosophie moderne ne s’y réduit pas, car elle développe parallèlement une approche critique et systématique de la conna
     

Mon point de vue philosophique : philosophie moderne, Saint-Augustin et mathématiques

21 mai 2026 à 13:26

1- Je soutiens que la philosophie moderne est, d’un point de vue épistémologique, partiellement augustinienne. Depuis Descartes, elle accorde en effet une place centrale à l’intériorité du sujet:  certitude du cogito, primauté du sujet transcendantal, évidence première de l’entendement, bref un ensemble d’éléments qui résonnent avec certains thèmes augustiniens. Toutefois, la philosophie moderne ne s’y réduit pas, car elle développe parallèlement une approche critique et systématique de la connaissance qui lui est propre.

2- Sur le plan méthodologique, la philosophie moderne tend vers un idéal mathématique. Elle cherche à se fonder sur des principes universels et nécessaires : clarté et distinction des idées chez Descartes, méthode axiomatique et déductive chez Spinoza, formes a priori chez Kant. Une telle orientation répond à une exigence de rigueur inspirée des mathématiques et contribue à structurer l’élaboration de la “raison philosophique moderne”. 

3-On pourrait toutefois m’opposer l’objection suivante : où situer l’empirisme humien dans ce cadre d’analyse ? Mon propos n’exclut nullement David Hume. Certes, le philosophe écossais critique la philosophie abstraite d’inspiration chrétienne et le modèle more geometrico, mais il ne les rejette pas entièrement ; il en propose plutôt une transformation. En articulant les « relations d’idées » à ses « questions de fait », il confère à la raison une assise empirique et concrète. Ainsi, chez Hume, l’héritage rationaliste auquel l’augustinisme et l’idéal mathématique ont contribué, se trouve rééquilibré par l’expérience. Il s’inscrit donc, à sa manière, dans la dynamique générale de la modernité philosophique, tout en redéfinissant les contours.  

4- En définitive, la philosophie chrétienne, notamment augustinienne,  et l’essor des mathématiques à l’époque moderne ont contribué, selon moi, à l’émergence de la philosophie moderne. Non pas comme ses uniques fondements, mais comme deux des forces intellectuelles majeures ayant orienté son « développement épistémologique et méthodologique. »

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