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  • Fuite à Saint-Octave-de-Métis : Alex Bradette change d’avocat
    Alex Bradette, 29 ans, de Fermont, arrêté le 9 juin à Saint-Joseph-de-Lepage après avoir notamment traversé la rivière Mitis et quitté les lieux d’une sortie de route survenue à Saint-Octave-de-Métis, a changé d’avocat ce mardi matin au palais de justice de Rimouski. Pendant que Me Frédéric Couturier mentionnait au tribunal que Me Pierre Gagnon souhaitait remettre le dossier au 21 septembre prochain, l’accusé a indiqué vouloir être dorénavant représenté par Me Juliette Levasseur. Les dossi
     

Fuite à Saint-Octave-de-Métis : Alex Bradette change d’avocat

9 septembre 2026 à 11:00

Alex Bradette, 29 ans, de Fermont, arrêté le 9 juin à Saint-Joseph-de-Lepage après avoir notamment traversé la rivière Mitis et quitté les lieux d’une sortie de route survenue à Saint-Octave-de-Métis, a changé d’avocat ce mardi matin au palais de justice de Rimouski.

Pendant que Me Frédéric Couturier mentionnait au tribunal que Me Pierre Gagnon souhaitait remettre le dossier au 21 septembre prochain, l’accusé a indiqué vouloir être dorénavant représenté par Me Juliette Levasseur.

Les dossiers sont reportés au 5 octobre, mais ils pourraient être devancés si Me Levasseur est prête à procéder avant.

Elle a mentionné devoir d’abord obtenir la preuve du bureau de Me Gagnon, dont la radiation de 30 jours prendra fin le 11 septembre.

La Cour avait réservé une heure pour la tenue de l’enquête sur remise en liberté, le 29 juillet.

« Je suis forcé de vous demander de reporter l’enquête puisque la caution que nous avons identifiée n’est pas en mesure de se présenter, pas même par vidéoconférence. Je vous propose donc de reporter les dossiers au 10 août afin de fixer l’enquête pendant cette semaine-là », avait alors mentionné l’avocat de l’accusé, Me Pierre Gagnon, par vidéoconférence.

La juge Andrée Saint-Pierre s’est assurée que l’accusé renonce de nouveau au délai de trois jours pour la tenue de son enquête avant d’autoriser le report. Cette renonciation a été de nouveau réitérée ce lundi.

Détenu depuis son arrestation

L’accusé est détenu depuis son arrestation, le 9 juin. Rappelons que la détention préventive purgée avant l’imposition d’une peine est comptabilisée à 1,5 jour par jour.

Bradette a comparu une première fois le 9 juin au palais de justice de Rimouski pour répondre à de nombreuses accusations. Le ministère public s’est alors objecté à sa remise en liberté.

Selon la dénonciation obtenue par Le Soir.ca, Bradette est accusé d’avoir conduit un véhicule avec les capacités affaiblies, d’avoir refusé d’obtempérer à un ordre de se soumettre à l’éthylomètre, sans excuse raisonnable et de conduite dangereuse.

Il doit aussi répondre d’avoir agi de manière et avec l’intention de provoquer la peur chez une personne associée au système judiciaire, de harcèlement envers la même personne, d’avoir volontairement entravé les agents de la paix dans leurs fonctions et de méfaits sur une autopatrouille.

Alex Bradette fait aussi face à deux chefs d’accusation de bris de probation.

Embardée et délit de fuite

Les policiers de la Sûreté du Québec sont intervenus à la suite d’une embardée impliquant un véhicule survenue sur la route du Grand-Remous, à Sainte-Octave-de-Métis.

À leur arrivée sur les lieux, les policiers ont constaté qu’aucun occupant ne se trouvait à bord du véhicule. Des démarches ont rapidement été entreprises afin de localiser la ou les les personnes impliquées.

Dans le cadre de l’intervention, l’homme de 29 ans a été localisé dans le secteur du 4e Rang, à Saint-Joseph-de-Lepage, après avoir notamment traversé la rivière Métis.

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  • VIA Rail : Blanchette-Joncas salue les retombées régionales
    Le député de Rimouski–La Matapédia, Maxime Blanchette-Joncas, se réjouit de l’octroi à Alstom du contrat pour le remplacement des trains de long parcours de VIA Rail, qui entraînera notamment d’importantes retombées à La Pocatière. « Après avoir ignoré pendant des années le savoir-faire québécois pour le remplacement des trains de VIA Rail, Ottawa choisit finalement de miser sur l’expertise d’ici plutôt que de faire à nouveau fabriquer les trains aux États-Unis, comme nous le réclamions. C’es
     

VIA Rail : Blanchette-Joncas salue les retombées régionales

5 septembre 2026 à 12:00

Le député de Rimouski–La Matapédia, Maxime Blanchette-Joncas, se réjouit de l’octroi à Alstom du contrat pour le remplacement des trains de long parcours de VIA Rail, qui entraînera notamment d’importantes retombées à La Pocatière.

« Après avoir ignoré pendant des années le savoir-faire québécois pour le remplacement des trains de VIA Rail, Ottawa choisit finalement de miser sur l’expertise d’ici plutôt que de faire à nouveau fabriquer les trains aux États-Unis, comme nous le réclamions. C’est une très bonne nouvelle pour La Pocatière, le Bas-Saint-Laurent et toute la filière ferroviaire québécoise », affirme le représentant du Bloc québécois.

La fabrication des caisses des 313 nouvelles voitures sera réalisée à La Pocatière, où quelque 250 emplois seront liés au contrat.

Selon Alstom, la charge de travail prévue à l’usine devrait permettre d’y maintenir plus de 500 travailleurs jusqu’en 2035. La conception et l’ingénierie seront réalisées à Saint-Bruno-de-Montarville.

Ce choix tranche avec celui effectué en 2018, alors que les libéraux avaient choisi l’entreprise américaine Siemens plutôt que Bombardier Transport, fleuron québécois, pour le remplacement de la flotte de VIA Rail dans le corridor Québec–Windsor, dans le cadre d’un contrat de 989 M $.

Calendrier qui soulève des questions

Le député s’interroge toutefois sur le moment choisi pour cette annonce.

Il s’agit du plus important investissement de l’histoire de VIA Rail, annoncé une semaine après le déclenchement de la campagne électorale québécoise et dix jours après l’annonce de plus de 11 milliards de dollars au Chantier Davie, le plus important contrat de construction navale de l’histoire du Québec.

Un train de passagers de VIA Rail (Photo courtoisie)

« Nous sommes évidemment contents pour La Pocatière, Saint-Bruno-de-Montarville et les travailleurs du chantier maritime Davie. Mais il faut quand même regarder le calendrier. Une annonce historique quelques jours avant le déclenchement de la campagne, puis une autre en pleine campagne électorale québécoise. À nos yeux, ça ressemble à une ingérence fédérale bien malvenue dans le débat électoral québécois. Il s’agit d’un précédent dangereux pour la démocratie. »

« Le Québec ne demande pas de faveur. Il demande sa juste part. Nous avons ici les travailleurs, l’expertise et le savoir-faire pour réaliser de grands projets. Ottawa vient enfin de le reconnaître. Il faudra maintenant que ça devienne la règle, pas l’exception », conclut le député Blanchette-Joncas.

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  • La Coop de Saint-Fabien demande une autorisation d’emprunt
    Le Magasin Coop Marché Richelieu de Saint-Fabien tiendra une assemblée générale extraordinaire, le mercredi 16 septembre, pour faire le point sur sa situation financière. Une autorisation d’emprunt figure notamment à l’ordre du jour. La rencontre aura lieu à 19 h au Pavillon des loisirs de Saint-Fabien. Les membres prendront d’abord connaissance de la situation financière de la coopérative. Ils devront ensuite se prononcer sur une autorisation d’emprunt. Une période de questions est aussi
     

La Coop de Saint-Fabien demande une autorisation d’emprunt

3 septembre 2026 à 09:00

Le Magasin Coop Marché Richelieu de Saint-Fabien tiendra une assemblée générale extraordinaire, le mercredi 16 septembre, pour faire le point sur sa situation financière. Une autorisation d’emprunt figure notamment à l’ordre du jour.

La rencontre aura lieu à 19 h au Pavillon des loisirs de Saint-Fabien.

Les membres prendront d’abord connaissance de la situation financière de la coopérative. Ils devront ensuite se prononcer sur une autorisation d’emprunt. Une période de questions est aussi prévue.

Cette assemblée survient quelques semaines après la reprise en main des activités de l’épicerie par le conseil d’administration, le 25 août.

Les administrateurs avaient alors fait savoir que la situation financière du commerce nécessitait des actions rapides pour assurer sa survie.

Plusieurs mesures déjà appliquées

Depuis le 1er septembre, l’épicerie ferme à 19 h tous les jours. Les frais de livraison ont aussi augmenté et le crédit accordé aux membres a été aboli.

Le service aux caisses a également été réduit. Les sacs de papier ne sont plus fournis aux clients.

Sur sa page Facebook, le maire de Saint-Fabien, Mario Beauchesne, a lancé un appel à la solidarité. « Encourageons notre coop. C’est maintenant ou jamais. Si on abandonne notre coop, on abandonne notre village. Montrons à tous qu’on est unis à Saint-Fabien. »

Mark Carney nomme un diplomate expert en affaires en charge d’attirer des investissements au Canada

1 septembre 2026 à 20:05

Le premier ministre fédéral a annoncé hier la nomination de Dominic Barton comme président du conseil d’administration de l’organisme Investir au Canada.

Barton a notamment:

  • dirigé la firme de consultants américaine McKinsey;
  • été ambassadeur du Canada en Chine. 

La nomination est intervenue deux semaines avant le premier Sommet canadien de l’investissement. 

Cet événement d’envergure doit réunir «les plus grands investisseurs du monde» à Toronto, les 14 et 15 septembre prochains.

L’objectif du gouvernement Carney est d’attirer d’ici 5 ans 1000 milliards $ d’investissements pour développer au pays de grands projets d’intérêt national.

[L'article Mark Carney nomme un diplomate expert en affaires en charge d’attirer des investissements au Canada a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Rimouski Ford : les travaux sont commencés
    Le coup d’envoi officiel des travaux pour aménager la nouvelle concession de Rimouski Ford sur la montée Industrielle-et-Commerciale a été donné ce mardi 1er septembre. Commencé depuis le début août, le projet de 20 M$ sera complété à l’automne 2027. « Ça fait longtemps qu’on l’attend. La bâtisse dans laquelle nous sommes sur Léonidas est désuète et nous sommes rendus là. Nous manquons cruellement d’espace. Nous sommes contents pour nous, nos employés et nos clients. C’est un agrandissement
     

Rimouski Ford : les travaux sont commencés

1 septembre 2026 à 16:00

Le coup d’envoi officiel des travaux pour aménager la nouvelle concession de Rimouski Ford sur la montée Industrielle-et-Commerciale a été donné ce mardi 1er septembre. Commencé depuis le début août, le projet de 20 M$ sera complété à l’automne 2027.

« Ça fait longtemps qu’on l’attend. La bâtisse dans laquelle nous sommes sur Léonidas est désuète et nous sommes rendus là. Nous manquons cruellement d’espace. Nous sommes contents pour nous, nos employés et nos clients. C’est un agrandissement important avec un terrain mieux adapté à nos besoins », souligne le copropriétaire de Rimouski Ford, Guillaume Michaud.

En ce moment, les travaux visent la préparation du terrain situé en face de la succursale Harley-Davidson et à proximité du magasin-entrepôt Costco.

« Le terrain a été choisi minutieusement et je pense que nous avons une des plus belles places à Rimouski, en face du Costco, pour avoir une belle visibilité », exprime monsieur Michaud.

Les travaux sont en cours sur le terrain de la montée Industrielle-et-Commerciale. (Photo Le Soir.ca-Annie Levasseur)

Ce dernier ajoute que les travaux sont exécutés par l’entrepreneur général de Québec Garoy Construction qui fait affaire avec une majorité de sous-traitants du Bas-Saint-Laurent.

« C’était hyper important pour nous et pour le Groupe Ouellet d’encourager local et de travailler en région avec nos entrepreneurs. La collaboration régionale est très importante. Les entrepreneurs sont aussi nos clients qui possèdent des véhicules Ford et nous sommes contents qu’ils aient répondu en grand nombre pour soumissionner. »

Un lieu plus vaste

Le futur bâtiment comprendra notamment une salle d’exposition pouvant accueillir sept véhicules, un vaste atelier mécanique climatisé, un service des pièces entièrement réaménagé ainsi que de nouveaux espaces destinés à améliorer le confort de la clientèle et des employés.

« Il y aura plus de places de stationnement. En ce moment, nous avons de la place pour seulement deux véhicules dans la salle d’exposition. En baie mécanique, nous en avons 11 présentement et nous allons monter à 15. Nous avons deux baies de lavage et nous allons en avoir quatre. Nous allons aussi avoir plus de bureaux pour nos employés. Ce sera beaucoup plus spacieux », indique Guillaume Michaud.

« Nous étions extrêmement limités dans les installations actuelles. D’avoir pignon sur rue et l’accès aux commerces, c’est très important, pour les clients en région. De pouvoir se permettre ça, c’est très apprécié de la clientèle et ça personnalise le service », ajoute Guillaume Riou en précisant que l’entreprise travaillait depuis 2022 sur ce projet.

Les copropriétaires de Rimouski Ford, Guillaume Riou et Guillaume Michaud, entourent le président-directeur général de Groupe Ouellet, Olivier Fleury. (Photo Le Soir.ca-Annie Levasseur)

Propriétaires de Rimouski Ford depuis six ans, Guillaume Michaud et Guillaume Riou, font partie du Groupe Ouellet qui compte 24 concessions au Québec. Les deux entrepreneurs rimouskois possèdent quatre concessionnaires automobiles à Rimouski et deux à Matane. Ford Rimouski compte une soixantaine d’employés.

Inquiétude commerciale

La guerre commerciale avec les États-Unis crée de l’incertitude pour les entrepreneurs, dont les propriétaires de Ford Rimouski.

« Avec le Groupe Ouellet, je pense qu’il fallait oser et se donner les moyens pour réaliser le projet même s’il y a un brouillard d’incertitude derrière ça. C’était difficile d’opérer dans les installations actuelles, donc il fallait avancer. Depuis 2026, notre capacité de vente a pratiquement doublé. Ça demandait des installations plus compétitives », conclut monsieur Riou.

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  • Le prix de l’essence frôle les 2 $ le litre à Rimouski
    Le prix de l’essence a bondi dans les dernières heures à Rimouski, où plusieurs stations-services affichent le litre d’ordinaire à 196,4 ¢. Cette nouvelle hausse rapproche encore une fois les automobilistes rimouskois du seuil symbolique des 2 $ le litre. Dans la région de Montréal, des stations-services offrent déjà l’essence ordiniare à plus de 2 $ le litre depuis le 30 août. Des prix de 200,9 ¢ ont notamment été observés sur l’île et jusqu’à 201,9 ¢ dans certains secteurs. Le prix de
     

Le prix de l’essence frôle les 2 $ le litre à Rimouski

1 septembre 2026 à 12:10

Le prix de l’essence a bondi dans les dernières heures à Rimouski, où plusieurs stations-services affichent le litre d’ordinaire à 196,4 ¢.

Cette nouvelle hausse rapproche encore une fois les automobilistes rimouskois du seuil symbolique des 2 $ le litre.

Dans la région de Montréal, des stations-services offrent déjà l’essence ordiniare à plus de 2 $ le litre depuis le 30 août. Des prix de 200,9 ¢ ont notamment été observés sur l’île et jusqu’à 201,9 ¢ dans certains secteurs.

Le prix de l’essence avait aussi atteint les 2 $ le litre, au printemps dernier, dans le secteur de Rimouski. Les tensions au Moyen-Orient et les perturbations dans le transport du pétrole avaient alors exercé une pression à la hausse sur les marchés.

Les automobilistes payent le prix de l’essence ordinaire à fort prix dans le secteur de Rimouski. (Photo Le Soir.ca- Annie Levasseur)

Une baisse des prix du pétrole avait suivi en juin, dans la foulée d’une accalmie entre les États-Unis et l’Iran.

La reprise des hostilités en juillet a toutefois ramené de l’incertitude sur les marchés pétroliers et contribué à une nouvelle poussée des prix à la pompe.

La fin de la suspension de la taxe d’accise sur l’essence de 10 cents du gouvernement fédéral, prévu le 7 septembre, pourrait aussi influencer la facture des consommateurs.

La dette des États-Unis a dépassé 40 000 milliards $US

20 août 2026 à 23:34

L’endettement du gouvernement fédéral américain a plus que doublé en moins d’une décennie.

La croissance rapide de la dette s’explique par plusieurs facteurs, dont:

  • le financement de mesures liées à la pandémie de Covid-19
  • la hausse des taux d’intérêt
  • le financement de divers programmes gouvernementaux et militaires

Plusieurs analystes craignent que cette hausse:

  • réduise la capacité du gouvernement américain à financer ses programmes; 
  • alimente l’inflation.

[L'article La dette des États-Unis a dépassé 40 000 milliards $US a d'abord été publié dans InfoBref.]

La France interdit les appels de télémarketing non sollicités

11 août 2026 à 20:38

Une loi française interdit désormais à la plupart des entreprises et des organisations de contacter les consommateurs sans leur consentement préalable.

Le gouvernement français estime qu’environ trois Français sur quatre recevaient jusqu’à maintenant au moins un appel non sollicité par semaine sur leur téléphone cellulaire.

Au Canada, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes autorise les télévendeurs à contacter les consommateurs qui n’ont pas inscrit leur numéro sur une liste d’exclusion.

[L'article La France interdit les appels de télémarketing non sollicités a d'abord été publié dans InfoBref.]

L’efficacité énergétique couterait trois à cinq fois moins cher que produire de la nouvelle électricité

6 août 2026 à 02:27

C’est économiquement rentable de réduire la consommation d’électricité pour nos besoins actuels afin de mieux répondre à nos besoins futurs, explique à InfoBref le professeur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal.

Selon une étude commandée par le Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique, dont Pierre-Olivier Pineau est un des auteurs: 

  • les économies d’énergie coutent en moyenne 3 cents le kilowattheure;
  • produire de l’électricité supplémentaire coute en moyenne 12 cents le kilowattheure.

Miser sur l’efficacité énergétique est donc plus rentable, constate Pierre-Olivier Pineau.

Les kilowattheures économisés peuvent de plus alimenter de nouveaux bâtiments, de nouvelles entreprises ou des véhicules. 

Par ailleurs, l’efficacité énergétique réduit la vulnérabilité du réseau, parce qu’elle n’ajoute pas de nouvelles infrastructures à entretenir. 

Pourtant, selon l’étude, 60% de l’énergie consommée par le secteur industriel est perdue sans être valorisée.


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Si l’efficacité énergétique est rentable, pourquoi n’est-elle pas plus mise en pratique? 

«L’un des éléments est qu’il faut investir de l’argent immédiatement pour des bénéfices qui n’arriveront que dans plusieurs années», répond le professeur. 

  • «Les gens préfèrent étaler sur 15 ans plutôt que de faire de gros investissements aujourd’hui», ajoute-t-il.   

Aussi, la mise en place de nouvelles technologies peut temporairement perturber les activités d’une entreprise. 

  • «Des travaux dans le bâtiment, personne n’aime ça.»

Par ailleurs, «ce n’est pas toujours facile de savoir à qui faire appel».  

  • «L’écosystème de l’efficacité énergétique est complexe». 

[Pour aller plus loin: Portrait de l’industrie de l’efficacité énergétique au Québec (PDF)]

[L'article L’efficacité énergétique couterait trois à cinq fois moins cher que produire de la nouvelle électricité a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Vous préférez le muskisme ou le fordisme ?
    Dans le New York Times, l’historien canadien Quinn Slobodian et l’essayiste militant Ben Tarnoff qui ont fait paraître Muskism : A Guide for the Perplexed (Harper Collins, 2026 non traduit, mais le livre est annoncé au Seuil pour début 2027) discutent de l’impact d’Elon Musk sur la société. Pour eux le muskisme n’est pas tant un fascisme que l’équivalent contemporain du fordisme, un mode d’organisation et de développement d’entreprise… mais qui n’agit plus seulement sur l’entreprise, mais sur to
     

Vous préférez le muskisme ou le fordisme ?

6 juillet 2026 à 01:00

Dans le New York Times, l’historien canadien Quinn Slobodian et l’essayiste militant Ben Tarnoff qui ont fait paraître Muskism : A Guide for the Perplexed (Harper Collins, 2026 non traduit, mais le livre est annoncé au Seuil pour début 2027) discutent de l’impact d’Elon Musk sur la société. Pour eux le muskisme n’est pas tant un fascisme que l’équivalent contemporain du fordisme, un mode d’organisation et de développement d’entreprise… mais qui n’agit plus seulement sur l’entreprise, mais sur toute la société (c’était le cas du fordisme aussi d’ailleurs). Reste que quand Ford proposait son modèle de développement, celui-ci venait avec un contrat pro-social parce qu’il payait bien ses ouvriers et souhaitait qu’ils puissent s’offrir ce qu’ils produisaient (tout en promouvant un ouvrier plus discipliné, comme le rappellent d’ailleurs Slobodian et Tarnoff dans un article pour le LPE Project). Toute la question est donc de savoir quel avenir Musk propose-t-il à l’humanité ? 

Musk, une souveraineté à son profit

Pour Tarnoff et Slobodian, Musk est l’un des grands défenseurs de « l’autonomie électrique ». C’est-à-dire qu’il défend l’idée que les énergies renouvelables peuvent renforcer l’autosuffisance d’un pays. C’est ainsi qu’il a positionné Tesla, qui n’est pas seulement un producteur de véhicules autonomes, mais d’abord un fournisseur de batteries. Trump aussi, à sa manière, est un fervent défenseur de l’autonomie électrique. Ses actions offensives en Iran ou au Venezuela, ses politiques tarifaires imprévisibles, le démantèlement des normes et institutions qui stabilisaient le système mondial sous l’égide américaine, incitent le pays à investir dans l’autonomie électrique. Des mesures qui pourraient accélérer la démondialisation amorcée au moins depuis la pandémie, les pays percevant de plus en plus l’intégration mondiale comme une source de risques et privilégiant l’autosuffisance et la résilience (même si cette démondialisation n’en est peut-être pas une, l’enjeu étant certainement plus d’étendre l’impérialisme de la tech…, la souveraineté visant peut-être bien plus le renforcement de la logique impériale que son abandon, comme le rappelle pertinemment la journaliste Célia Izoard en introduction du livre Anatomie d’une puce, Le monde à l’envers, 2026). 

Pour Musk, « l’usine est une enclave, un refuge face à l’instabilité d’un monde hostile », rappelle Tarnoff. La souveraineté énergétique de Musk s’étend sous la forme d’une souveraineté stratégique que l’IA accomplit. « L’introduction de nouveaux produits de la Silicon Valley, de Claude à Maven ou Palantir dans les opérations militaires ou ceux promus par le Doge dans le champ fédéral, montrent qu’ils sont bien plus une réussite qu’un échec ». Ils ne sont peut-être pas une réussite sur le fond, mais ils le sont sur la forme : « ils rendent le gouvernement dépendant d’une nouvelle suite d’outils d’IA pour exercer ses fonctions étatiques fondamentales », explique Slobodian. Musk défend ce que les auteurs appellent la « souveraineté en tant que service », une symbiose, une fusion du pouvoir public et du pouvoir privé. 

Pour Slobodian et Tarnoff, malgré ses déclarations, Musk ne serait pas libertarien. « Plutôt que de chercher à supplanter l’État, les grands acteurs de l’IA souhaitent surtout fusionner avec lui ». C’est notamment le cas de Space X, né en 2002 comme sous-traitant pour le Pentagon à une époque où le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld souhaitait une nouvelle approche militaire pour gagner la guerre contre le terrorisme. En 2024, SpaceX contrôlait plus de 95 % des lancements orbitaux américains. Musk est devenu de facto le garant de l’accès à l’orbite pour le gouvernement américain. Ce constat est encore plus flagrant pour Starlink, la branche satellitaire de SpaceX qui tente de prendre le contrôle, par la masse, sur les communications orbitales. L’intégration récente et totale de toutes ses entités (X qui a fusionné avec xAI, qui a fusionné avec SpaceX qui vient d’entrer en bourse en 2026 en incarnant le niveau le plus totalement déconnecté du marché qui soit, comme l’explique FakeTech), montrent que pour Musk, matériel, logiciel et idéologies se renforcent mutuellement. Pour lui, il y a peu de différence entre les matériaux de son empire et les moyens pour propager ses idées. 

Si Tesla pourrait sembler le miroir de Ford, le passage du roadster au Cybertruck illustre la transition d’un avenir radieux de consommation carbone sans limite à un avenir sombre marqué par le dérèglement climatique et le survivalisme. « Dans sa forme la plus aboutie, le muskisme exploite un désir de protection territoriale face aux chocs extérieurs, aux ennemis et aux indésirables. Dans un monde de relocalisation et de réarmement, le muskisme offre une infrastructure mondiale pour les projets nationaux », expliquent les deux chercheurs. 

« Les sociologues décrivent généralement le fordisme non seulement comme un mode d’organisation de l’usine, mais aussi comme un mode d’organisation de la société en dehors de l’usine. En simplifiant, on peut le décrire comme une production de masse et consommation de masse. Les nouvelles technologies et les nouvelles techniques, telles que celles mises au point par Henry Ford dans les années 1910, comme la chaîne de montage mobile, ont permis aux industriels de produire des biens à une échelle inédite. Mais, tout aussi important, les ouvriers pouvaient se permettre d’acheter ces biens grâce à une relative sécurité de l’emploi et à un salaire décent, garantis par les institutions de la négociation collective et l’État-providence. Dans les années 1970, le fordisme a commencé à s’effriter, laissant place à ce que l’on appelle généralement le « post-fordisme ». Le post-fordisme est associé aux nouvelles pratiques de production agiles développées au Japon, à l’externalisation et à la délocalisation, à la mondialisation des marchés, au déclin des syndicats, à l’essor de la finance et à l’affaiblissement de l’État-providence », rappelle Tarnoff. Pour Slobodian, les entreprises de Musk suivent le modèle d’intégration verticale de Ford. Les activités de production sont intégrées, contrairement au modèle d’Apple (conçu en Californie, assemblé en Chine). Musk acte d’un monde de relocalisation et de réarmement, il parie sur la déglobalisation de l’impérialisme, mais pas sur la fin de l’impérialisme.

Le contrat de fans, un contrat social… pour la guerre sociale

Le fordisme n’était pas uniquement, ni même principalement, un modèle de production industrielle, mais également un contrat social qui assurait de la participation active des populations à la production et à la consommation industrielle… Le muskisme, lui, ne propose qu’un « contrat de fans » à des investisseurs et quelques fidèles. A l’image de la coche bleue de X, devenue un symbole de dévotion, récompensée par une meilleure visibilité des publications de ses fans et clients grâce à l’algorithme. 

Pourtant, avec l’échec du Doge, Musk a montré qu’il a été incapable de convaincre le reste de la société que sa réussite profitera également à tous. Depuis il a fini d’embrasser le pire fascisme. Ses publications quotidiennes sont inondées d’hystéries sur le déclin démographique blanc et le tsunami étranger. Musk ne propose aucune prospérité partagée : seulement de la violence. « Le contrat de fans pour ceux qui vivent à l’intérieur des murs d’un Occident fortifié, et l’expulsion pour ceux considérés comme illégitimes. Après le déclin des modèles d’industrialisme fordiste et de sous-traitance et mondialisation post-fordistes, le muskisme offre la perspective d’une communauté purifiée de survivants. » Mais là encore, Musk peine à élargir ses soutiens. Ses alliances avec les partis d’extrême droite en Europe restent tendus, personne ne souhaitant donner l’impression que leur souverainisme est compatible avec l’ingérence américaine. Et elle a été contestée également par la mobilisation populaire à l’encontre de l’ICE aux Etats-Unis.

Comme l’expliquent Slobodian et TArnoff pour le LPE project : « Musk et ses pairs ont la chance d’évoluer à une époque où aucun acteur structurel n’est en mesure de contester leur domination. La classe ouvrière a pratiquement cessé d’exister en tant que force organisée. En l’absence de pression venant de la base, les partis politiques eux-mêmes n’opposent aucune résistance significative au muskisme. La situation engendre un paradoxe. D’un côté, la vie des capitalistes est facilitée lorsqu’ils peuvent intensifier l’exploitation de leurs travailleurs et acheter de l’influence politique sans rencontrer d’opposition majeure. Mais cela signifie aussi qu’ils ne sont nullement incités à réfréner leurs pulsions les plus antisociales ni à prendre en compte les conséquences à long terme de leurs actes. 

Le muskisme illustre parfaitement cette tendance : alors que le fordisme et le post-fordisme étaient tous deux organisés, selon des modalités différentes, pour garantir la paix sociale, le muskisme s’inscrit dans une logique de guerre sociale. La fragilité relative du mode de régulation muskiste est révélatrice : l’antagoniste ouvrier est si affaibli, et la guerre sociale si asymétrique, qu’il n’est plus nécessaire de conclure une paix négociée. Pour l’heure, la stratégie semble porter ses fruits. Musk, déjà l’homme le plus riche du monde, devrait devenir le premier « trillionnaire ».

Toutefois, un capitalisme sans contraintes n’est pas toujours bénéfique pour les capitalistes eux-mêmes. Tout au long de son histoire, le capitalisme a sans cesse transformé la nature et la société, engendrant des bouleversements considérables. Or, les entreprises ont également besoin d’un environnement politique ordonné et prévisible pour mener leurs activités. Un enseignement majeur de l’école de la régulation est que la résistance de la classe ouvrière a, paradoxalement, contribué à stabiliser le processus d’accumulation en imposant la création d’un tel environnement. En l’absence de contrepartie capable d’arracher des concessions, les capitalistes risquent de générer un tel chaos qu’ils finissent par compromettre leur propre capacité d’accumulation. Si le « muskisme » représente le triomphe de la domination de classe, ce triomphe pourrait bien finir par se dévorer lui-même. »

C’est la grande faiblesse du muskisme, estime Tarnoff. Mais, « si comme Musk et les grands patrons de la Silicon Valley, vous pensez que « l’intelligence artificielle générale est imminente, alors vous croyez que, dans un avenir très proche, la plupart des gens se retrouveront au chômage. Ils seront considérés comme une composante de la société et n’auront plus la possibilité d’influencer son cours. Dans ce cas, leur consentement n’est plus nécessaire. » 

Les entrepreneurs de la Tech, comme Musk, ne croient même pas à une perspective de révolte populaire, estiment les deux chercheurs (selon les estimations, le One Big Beautiful Bill Act de Trump prévoit que 10 millions d’Américains vont perdre leur couverture santé… ce qui risque d’ouvrir un nouvel espace de colère sociale). D’ailleurs, ces gens ne conçoivent pas la politique comme avant. Musk dépense des millions de dollars dans les élections américaines et soutient nombre de politiciens nationalistes et souverainistes. Pour eux, la politique n’est pas un enjeu de délibération, de persuasion, de compromis, mais uniquement une question de programmation où la vérité n’est que d’un côté. 

« Autre point commun entre Musk et Ford : la concentration impressionnante de leur fortune dans leurs propres entreprises. Pour Musk, si Tesla et SpaceX disparaissent, il disparaît avec elles. C’est sans doute l’une des motivations qui le poussent à agir. » « En multipliant les promesses toujours plus grandes – la colonisation de Mars, 10 milliards de robots humanoïdes à des centres de données dans l’espace… –, Musk ne cesse d’aller de l’avant. Cette dynamique est une condition sine qua non de son fantasme financier. En ce sens, sa vulnérabilité réside dans sa dépendance à l’égard du « nous » – c’est-à-dire les consommateurs du monde entier et, plus important encore, les investisseurs institutionnels – qui doivent continuer à croire en sa vision du futur. » D’où l’importance à la renouveler sans arrêt, à promettre et promettre sans fin, même si ce sont les mêmes promesses qu’il y a 10 ans.

Même constat pour Henry Farrell, à la lecture du livre. « La mythologie du futur (que déroule Musk) qui est en réalité une promesse convertible en capital financier et politique dès aujourd’hui. » Pour Farrell cependant, le Muskisme est plus fragile qu’il n’y paraît. « De toute évidence, nombre de pays peuvent percevoir les infrastructures de Musk comme dangereuses, craignant qu’elles ne soient utilisées contre eux. » « Le Muskisme repose sur une idéologie qui semble actuellement à son apogée. L’introduction en bourse de SpaceX marque l’apogée d’une inflation expansionniste colossale, propre à un univers totalement imaginaire. À ma connaissance, personne ne croit réellement que SpaceX va conquérir son « marché potentiel total » d’environ 23 000 milliards de dollars, qui, comme le souligne Matt Levine, représente « peut-être 20 % de la production économique mondiale et peut-être 40 % du chiffre d’affaires des entreprises mondiales ».

Pour Farrell, d’autres entreprises incarnent le muskisme que les auteurs questionnent. C’est le cas bien sûr de Palantir et de nombre de sociétés de technologies de défense financées par Peter Thiel, l’adversaire de Musk. Le « thielisme » part de bon nombre des mêmes prémisses que le « muskisme », avec le même fatras d’élucubrations fascisantes. L’un comme l’autre, derrière leur protectionnisme défendent un impérialisme sans limite. 

Enfin, rappellent Tarnoff et Slobodian, le muskisme résulte d’une emprise quasi mortelle, entre la finance et la tech, jusqu’à l’aporie. Tesla et Musk sont par exemple très impopulaires en Norvège, et pourtant, le fonds de pension norvégien est l’un des 10 principaux actionnaires de l’entreprise et agit en ce sens comme un pilier de la prospérité du pays.

Il semble y avoir quelque chose de très paradoxal entre la réussite économique de Musk et le fait que beaucoup le considèrent comme profondément dérangé. Aucune critique de gauche dans les années 20 ne considéraient Ford comme un idiot. A croire que c’est peut-être le capitalisme lui-même qui est devenu idiot, cerné par ses contradictions, en roue libre… vers sa propre destruction.

Hubert Guillaud

La couverture de Muskism.
  • ✇Dans les algorithmes
  • Vous préférez le muskisme ou le fordisme ?
    Dans le New York Times, l’historien canadien Quinn Slobodian et l’essayiste militant Ben Tarnoff qui ont fait paraître Muskism : A Guide for the Perplexed (Harper Collins, 2026 non traduit, mais le livre est annoncé au Seuil pour début 2027) discutent de l’impact d’Elon Musk sur la société. Pour eux le muskisme n’est pas tant un fascisme que l’équivalent contemporain du fordisme, un mode d’organisation et de développement d’entreprise… mais qui n’agit plus seulement sur l’entreprise, mais sur to
     

Vous préférez le muskisme ou le fordisme ?

6 juillet 2026 à 01:00

Dans le New York Times, l’historien canadien Quinn Slobodian et l’essayiste militant Ben Tarnoff qui ont fait paraître Muskism : A Guide for the Perplexed (Harper Collins, 2026 non traduit, mais le livre est annoncé au Seuil pour début 2027) discutent de l’impact d’Elon Musk sur la société. Pour eux le muskisme n’est pas tant un fascisme que l’équivalent contemporain du fordisme, un mode d’organisation et de développement d’entreprise… mais qui n’agit plus seulement sur l’entreprise, mais sur toute la société (c’était le cas du fordisme aussi d’ailleurs). Reste que quand Ford proposait son modèle de développement, celui-ci venait avec un contrat pro-social parce qu’il payait bien ses ouvriers et souhaitait qu’ils puissent s’offrir ce qu’ils produisaient (tout en promouvant un ouvrier plus discipliné, comme le rappellent d’ailleurs Slobodian et Tarnoff dans un article pour le LPE Project). Toute la question est donc de savoir quel avenir Musk propose-t-il à l’humanité ? 

Musk, une souveraineté à son profit

Pour Tarnoff et Slobodian, Musk est l’un des grands défenseurs de « l’autonomie électrique ». C’est-à-dire qu’il défend l’idée que les énergies renouvelables peuvent renforcer l’autosuffisance d’un pays. C’est ainsi qu’il a positionné Tesla, qui n’est pas seulement un producteur de véhicules autonomes, mais d’abord un fournisseur de batteries. Trump aussi, à sa manière, est un fervent défenseur de l’autonomie électrique. Ses actions offensives en Iran ou au Venezuela, ses politiques tarifaires imprévisibles, le démantèlement des normes et institutions qui stabilisaient le système mondial sous l’égide américaine, incitent le pays à investir dans l’autonomie électrique. Des mesures qui pourraient accélérer la démondialisation amorcée au moins depuis la pandémie, les pays percevant de plus en plus l’intégration mondiale comme une source de risques et privilégiant l’autosuffisance et la résilience (même si cette démondialisation n’en est peut-être pas une, l’enjeu étant certainement plus d’étendre l’impérialisme de la tech…, la souveraineté visant peut-être bien plus le renforcement de la logique impériale que son abandon, comme le rappelle pertinemment la journaliste Célia Izoard en introduction du livre Anatomie d’une puce, Le monde à l’envers, 2026). 

Pour Musk, « l’usine est une enclave, un refuge face à l’instabilité d’un monde hostile », rappelle Tarnoff. La souveraineté énergétique de Musk s’étend sous la forme d’une souveraineté stratégique que l’IA accomplit. « L’introduction de nouveaux produits de la Silicon Valley, de Claude à Maven ou Palantir dans les opérations militaires ou ceux promus par le Doge dans le champ fédéral, montrent qu’ils sont bien plus une réussite qu’un échec ». Ils ne sont peut-être pas une réussite sur le fond, mais ils le sont sur la forme : « ils rendent le gouvernement dépendant d’une nouvelle suite d’outils d’IA pour exercer ses fonctions étatiques fondamentales », explique Slobodian. Musk défend ce que les auteurs appellent la « souveraineté en tant que service », une symbiose, une fusion du pouvoir public et du pouvoir privé. 

Pour Slobodian et Tarnoff, malgré ses déclarations, Musk ne serait pas libertarien. « Plutôt que de chercher à supplanter l’État, les grands acteurs de l’IA souhaitent surtout fusionner avec lui ». C’est notamment le cas de Space X, né en 2002 comme sous-traitant pour le Pentagon à une époque où le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld souhaitait une nouvelle approche militaire pour gagner la guerre contre le terrorisme. En 2024, SpaceX contrôlait plus de 95 % des lancements orbitaux américains. Musk est devenu de facto le garant de l’accès à l’orbite pour le gouvernement américain. Ce constat est encore plus flagrant pour Starlink, la branche satellitaire de SpaceX qui tente de prendre le contrôle, par la masse, sur les communications orbitales. L’intégration récente et totale de toutes ses entités (X qui a fusionné avec xAI, qui a fusionné avec SpaceX qui vient d’entrer en bourse en 2026 en incarnant le niveau le plus totalement déconnecté du marché qui soit, comme l’explique FakeTech), montrent que pour Musk, matériel, logiciel et idéologies se renforcent mutuellement. Pour lui, il y a peu de différence entre les matériaux de son empire et les moyens pour propager ses idées. 

Si Tesla pourrait sembler le miroir de Ford, le passage du roadster au Cybertruck illustre la transition d’un avenir radieux de consommation carbone sans limite à un avenir sombre marqué par le dérèglement climatique et le survivalisme. « Dans sa forme la plus aboutie, le muskisme exploite un désir de protection territoriale face aux chocs extérieurs, aux ennemis et aux indésirables. Dans un monde de relocalisation et de réarmement, le muskisme offre une infrastructure mondiale pour les projets nationaux », expliquent les deux chercheurs. 

« Les sociologues décrivent généralement le fordisme non seulement comme un mode d’organisation de l’usine, mais aussi comme un mode d’organisation de la société en dehors de l’usine. En simplifiant, on peut le décrire comme une production de masse et consommation de masse. Les nouvelles technologies et les nouvelles techniques, telles que celles mises au point par Henry Ford dans les années 1910, comme la chaîne de montage mobile, ont permis aux industriels de produire des biens à une échelle inédite. Mais, tout aussi important, les ouvriers pouvaient se permettre d’acheter ces biens grâce à une relative sécurité de l’emploi et à un salaire décent, garantis par les institutions de la négociation collective et l’État-providence. Dans les années 1970, le fordisme a commencé à s’effriter, laissant place à ce que l’on appelle généralement le « post-fordisme ». Le post-fordisme est associé aux nouvelles pratiques de production agiles développées au Japon, à l’externalisation et à la délocalisation, à la mondialisation des marchés, au déclin des syndicats, à l’essor de la finance et à l’affaiblissement de l’État-providence », rappelle Tarnoff. Pour Slobodian, les entreprises de Musk suivent le modèle d’intégration verticale de Ford. Les activités de production sont intégrées, contrairement au modèle d’Apple (conçu en Californie, assemblé en Chine). Musk acte d’un monde de relocalisation et de réarmement, il parie sur la déglobalisation de l’impérialisme, mais pas sur la fin de l’impérialisme.

Le contrat de fans, un contrat social… pour la guerre sociale

Le fordisme n’était pas uniquement, ni même principalement, un modèle de production industrielle, mais également un contrat social qui assurait de la participation active des populations à la production et à la consommation industrielle… Le muskisme, lui, ne propose qu’un « contrat de fans » à des investisseurs et quelques fidèles. A l’image de la coche bleue de X, devenue un symbole de dévotion, récompensée par une meilleure visibilité des publications de ses fans et clients grâce à l’algorithme. 

Pourtant, avec l’échec du Doge, Musk a montré qu’il a été incapable de convaincre le reste de la société que sa réussite profitera également à tous. Depuis il a fini d’embrasser le pire fascisme. Ses publications quotidiennes sont inondées d’hystéries sur le déclin démographique blanc et le tsunami étranger. Musk ne propose aucune prospérité partagée : seulement de la violence. « Le contrat de fans pour ceux qui vivent à l’intérieur des murs d’un Occident fortifié, et l’expulsion pour ceux considérés comme illégitimes. Après le déclin des modèles d’industrialisme fordiste et de sous-traitance et mondialisation post-fordistes, le muskisme offre la perspective d’une communauté purifiée de survivants. » Mais là encore, Musk peine à élargir ses soutiens. Ses alliances avec les partis d’extrême droite en Europe restent tendus, personne ne souhaitant donner l’impression que leur souverainisme est compatible avec l’ingérence américaine. Et elle a été contestée également par la mobilisation populaire à l’encontre de l’ICE aux Etats-Unis.

Comme l’expliquent Slobodian et TArnoff pour le LPE project : « Musk et ses pairs ont la chance d’évoluer à une époque où aucun acteur structurel n’est en mesure de contester leur domination. La classe ouvrière a pratiquement cessé d’exister en tant que force organisée. En l’absence de pression venant de la base, les partis politiques eux-mêmes n’opposent aucune résistance significative au muskisme. La situation engendre un paradoxe. D’un côté, la vie des capitalistes est facilitée lorsqu’ils peuvent intensifier l’exploitation de leurs travailleurs et acheter de l’influence politique sans rencontrer d’opposition majeure. Mais cela signifie aussi qu’ils ne sont nullement incités à réfréner leurs pulsions les plus antisociales ni à prendre en compte les conséquences à long terme de leurs actes. 

Le muskisme illustre parfaitement cette tendance : alors que le fordisme et le post-fordisme étaient tous deux organisés, selon des modalités différentes, pour garantir la paix sociale, le muskisme s’inscrit dans une logique de guerre sociale. La fragilité relative du mode de régulation muskiste est révélatrice : l’antagoniste ouvrier est si affaibli, et la guerre sociale si asymétrique, qu’il n’est plus nécessaire de conclure une paix négociée. Pour l’heure, la stratégie semble porter ses fruits. Musk, déjà l’homme le plus riche du monde, devrait devenir le premier « trillionnaire ».

Toutefois, un capitalisme sans contraintes n’est pas toujours bénéfique pour les capitalistes eux-mêmes. Tout au long de son histoire, le capitalisme a sans cesse transformé la nature et la société, engendrant des bouleversements considérables. Or, les entreprises ont également besoin d’un environnement politique ordonné et prévisible pour mener leurs activités. Un enseignement majeur de l’école de la régulation est que la résistance de la classe ouvrière a, paradoxalement, contribué à stabiliser le processus d’accumulation en imposant la création d’un tel environnement. En l’absence de contrepartie capable d’arracher des concessions, les capitalistes risquent de générer un tel chaos qu’ils finissent par compromettre leur propre capacité d’accumulation. Si le « muskisme » représente le triomphe de la domination de classe, ce triomphe pourrait bien finir par se dévorer lui-même. »

C’est la grande faiblesse du muskisme, estime Tarnoff. Mais, « si comme Musk et les grands patrons de la Silicon Valley, vous pensez que « l’intelligence artificielle générale est imminente, alors vous croyez que, dans un avenir très proche, la plupart des gens se retrouveront au chômage. Ils seront considérés comme une composante de la société et n’auront plus la possibilité d’influencer son cours. Dans ce cas, leur consentement n’est plus nécessaire. » 

Les entrepreneurs de la Tech, comme Musk, ne croient même pas à une perspective de révolte populaire, estiment les deux chercheurs (selon les estimations, le One Big Beautiful Bill Act de Trump prévoit que 10 millions d’Américains vont perdre leur couverture santé… ce qui risque d’ouvrir un nouvel espace de colère sociale). D’ailleurs, ces gens ne conçoivent pas la politique comme avant. Musk dépense des millions de dollars dans les élections américaines et soutient nombre de politiciens nationalistes et souverainistes. Pour eux, la politique n’est pas un enjeu de délibération, de persuasion, de compromis, mais uniquement une question de programmation où la vérité n’est que d’un côté. 

« Autre point commun entre Musk et Ford : la concentration impressionnante de leur fortune dans leurs propres entreprises. Pour Musk, si Tesla et SpaceX disparaissent, il disparaît avec elles. C’est sans doute l’une des motivations qui le poussent à agir. » « En multipliant les promesses toujours plus grandes – la colonisation de Mars, 10 milliards de robots humanoïdes à des centres de données dans l’espace… –, Musk ne cesse d’aller de l’avant. Cette dynamique est une condition sine qua non de son fantasme financier. En ce sens, sa vulnérabilité réside dans sa dépendance à l’égard du « nous » – c’est-à-dire les consommateurs du monde entier et, plus important encore, les investisseurs institutionnels – qui doivent continuer à croire en sa vision du futur. » D’où l’importance à la renouveler sans arrêt, à promettre et promettre sans fin, même si ce sont les mêmes promesses qu’il y a 10 ans.

Même constat pour Henry Farrell, à la lecture du livre. « La mythologie du futur (que déroule Musk) qui est en réalité une promesse convertible en capital financier et politique dès aujourd’hui. » Pour Farrell cependant, le Muskisme est plus fragile qu’il n’y paraît. « De toute évidence, nombre de pays peuvent percevoir les infrastructures de Musk comme dangereuses, craignant qu’elles ne soient utilisées contre eux. » « Le Muskisme repose sur une idéologie qui semble actuellement à son apogée. L’introduction en bourse de SpaceX marque l’apogée d’une inflation expansionniste colossale, propre à un univers totalement imaginaire. À ma connaissance, personne ne croit réellement que SpaceX va conquérir son « marché potentiel total » d’environ 23 000 milliards de dollars, qui, comme le souligne Matt Levine, représente « peut-être 20 % de la production économique mondiale et peut-être 40 % du chiffre d’affaires des entreprises mondiales ».

Pour Farrell, d’autres entreprises incarnent le muskisme que les auteurs questionnent. C’est le cas bien sûr de Palantir et de nombre de sociétés de technologies de défense financées par Peter Thiel, l’adversaire de Musk. Le « thielisme » part de bon nombre des mêmes prémisses que le « muskisme », avec le même fatras d’élucubrations fascisantes. L’un comme l’autre, derrière leur protectionnisme défendent un impérialisme sans limite. 

Enfin, rappellent Tarnoff et Slobodian, le muskisme résulte d’une emprise quasi mortelle, entre la finance et la tech, jusqu’à l’aporie. Tesla et Musk sont par exemple très impopulaires en Norvège, et pourtant, le fonds de pension norvégien est l’un des 10 principaux actionnaires de l’entreprise et agit en ce sens comme un pilier de la prospérité du pays.

Il semble y avoir quelque chose de très paradoxal entre la réussite économique de Musk et le fait que beaucoup le considèrent comme profondément dérangé. Aucune critique de gauche dans les années 20 ne considéraient Ford comme un idiot. A croire que c’est peut-être le capitalisme lui-même qui est devenu idiot, cerné par ses contradictions, en roue libre… vers sa propre destruction.

Hubert Guillaud

La couverture de Muskism.
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