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    [en] Ma vie commence à ressembler à un sketch médico-dystopique. Deux angles pour raconter: Quand on veut rendre les administrations plus efficaces, à un moment donné on finit par outsourcer une partie du travail qu’elles seraient supposées faire à ceux qu’elles sont censées servir (sans leur dire bien entendu, et sans les payer). Vient un moment où prendre soin “correctement” (à définir et discuter) de sa santé finit par avoir un impact négatif sur celle-ci (“faire plus” de quelque chos
     

Être patient, un job à mi-temps [en]

10 juillet 2026 à 12:51
[en]

Ma vie commence à ressembler à un sketch médico-dystopique. Deux angles pour raconter:

  1. Quand on veut rendre les administrations plus efficaces, à un moment donné on finit par outsourcer une partie du travail qu’elles seraient supposées faire à ceux qu’elles sont censées servir (sans leur dire bien entendu, et sans les payer).
  2. Vient un moment où prendre soin “correctement” (à définir et discuter) de sa santé finit par avoir un impact négatif sur celle-ci (“faire plus” de quelque chose qui est “bon” peut à un moment devenir “pas bon”).

Vis ma vie de patiente, quelques éclairages.

J’ai eu un accident. Ça implique des assurances. C’est bien qu’il y ait des assurances: ça veut dire que je ne perds pas mon job, ça veut dire que je continue à recevoir un salaire, ça veut dire que mes frais médicaux sont payés, ça veut dire que si j’ai des séquelles durables qui résultent en un manque à gagner, il y a un filet de sécurité.

Les assurances ont besoin de rapports médicaux. Elles les demandent aux médecins. Les médecins sont noyés sous toujours plus de paperasse, eux qui ont fait des études probablement pour soigner de gens plutôt que faire de l’administratif.

Je me retrouve au milieu d’un bal comprenant la SUVA, l’AI, le médecin-conseil de l’assurance de mon employeur, mon case manager, mes médecins, les secrétaires, réceptionnistes, et interlocuteurs divers et variés, à passer des heures au téléphone (étalé sur des mois, parce que non, si c’était juste l’affaire de perdre une après-midi ce serait pas drôle) pour tenter de comprendre pourquoi d’un côté on me dit qu’on attend un rapport depuis six mois malgré moult relances, de l’autre que les rapports ont été envoyés et réenvoyés, et que les choses seront faites sans faute et qu’on me tiendra au courant (scoop: c’est rare que ça suive – pas pour jeter la pierre aux individus concernés, c’est un problème systémique, quand on surcharge les gens et qu’on crée des systèmes où chacun est supposé s’occuper de son petit rouage et plus personne n’a la responsabilité réelle de l’ensemble, ça fait des trous).

Ensuite, ça se transforme en courriers administrativement polis mais inquiétants quand même (“si on n’a pas le rapport, on va devoir arrêter l’instruction”) ou en conséquences peu alléchantes (“si on n’a pas de rapport, va falloir venir à Berne pour être évaluée là-bas”). Tout le monde est très gentil et compréhensif mais à un moment donné faut quand même faire son job et il y a des procédures à suivre.

Et quand on pense que le bal des rapports est terminé et que tout est en ordre, ça repart pour un tour, pour plus de fun.

Ensuite, rien à voir avec l’accident de ski, je mets le pied dans un tas de briques de verre. J’essaie de limiter un peu ma “consommation” médicale, parce que je n’en peux plus de voir la moitié de ma semaine disparaître dans les rendez-vous médicaux et paramédicaux (et l’administratif qui les accompagne inévitablement). Donc dans l’immédiat, appel à la centrale des médecins, décision commune que c’est pas très utile que j’aille passer 3h à attendre à la permanence pour me faire entendre que j’ai tout fait juste et “wait and see”. Fière de moi.

Avance rapide, quelques semaines plus tard: quelques douleurs intermittentes suspectes font soupçonner qu’il reste un fragment de verre. Une radio le confirme. Bon, on va faire ôter ça, n’est-ce pas?

Evidemment, la copie du rapport et des radios que j’avais expressément demandée et pour laquelle j’avais donné mon adresse e-mail n’arrive pas, dix jours plus tard. J’appelle. On me renvoie ça. J’attends. Ça n’arrive pas. Je rappelle. Ah, mon adresse e-mail a été mal notée. Bon, on me renvoie ça, cette fois ça arrive. Je raccroche, je suis contente. J’ouvre le mail: juste le rapport, pas les radios. Je rappelle: ah, ok, on va m’envoyer ça. J’attends. J’attends… ah, voilà un mail sécurisé. Je clique pour ouvrir. Je mets mon numéro pour recevoir le SMS avec le code. OK, je rouvre, je rentre le code. Ah, maintenant on va m’envoyer un mail avec un mot de passe. Qu’à cela ne tienne. J’attends, je copie le mot de passe, je rouvre, je rentre le mot de passe… page grise, rien. Bon, je refais toute la manip deux fois histoire d’être sûr que c’est pas “moi” le problème. Je rappelle. On pourrait pas juste m’envoyer les images par mail normal? Ah non, c’est pas possible. On peut m’envoyer un CD. (C’est cool, j’ai plus de quoi lire un CD, et le médecin qui me voit demain aimerait bien voir les radios avant mon pied en chair et en os.) Ah oui, c’est possible d’envoyer directement au médecin. Merci. J’écris quand même au secrétariat du médecin pour qu’ils me confirment qu’ils ont bien reçu les fameuses radios.

Bon, alors, ce morceau de verre, on fait quoi? On le sort du pied, on le laisse? Mon père m’a gentiment proposé de s’en occupé lui-même. Quand j’étais petite, je me souviens, je m’étais enfilé dans le gros orteil une aiguille cassée qui s’était méchamment installée sans qu’on la voie. Si mes souvenirs sont bons j’avais fait une semaine de camp d’été avec l’aiguille dans le pied, sans qu’on sache. A mon retour, ça faisait vraiment mal, ça s’infectait. Mon père s’était improvisé chirurgien et à force d’aller grailler dedans il avait fini par extraire l’aiguille, triomphalement. On n’en revenait pas de la taille de ce machin invisible qui m’avait pourri mon camp. Bon, tout ça pour dire qu’il m’a gentiment proposé de s’occuper de ma brique de verre. J’ai poliment décliné.

Deux options selon le spécialiste du pied: attendre que ça sorte tout seul, ou l’aider à sortir. Je prends l’option aider. Je veux être libérée de ce truc qui vient inopinément se rappeler à mon bon souvenir alors que j’essaie juste de vivre ma vie. J’ai pas mal sauf quand ça fait mal, et ça finit par me tendre. Si le verre était dans son pied, il prendrait l’option scalpel, ça me conforte dans mon envie de faire de même. C’est pas une anesthésie locale, c’est une “vraie chirurgie” avec un anesthésiste et tout, parce que dix injections d’anesthésie locale dans la plante du pied, ça fait mal mal mal. Ça me semble un bon plan, tant qu’on évite de me mettre sous propofol, vu mes mésaventures post-accident avec en décembre.

Bon, ça veut quand même dire une journée entière “off” pour l’intervention, 2-3 jours en béquilles (ça j’imaginais bien), deux semaines en chaussure spéciale et pied lever avec déplacement minimaux… gloups. Mais bon, faut ce qu’il faut.

Direction secrétariat pour organiser ça. Plus ça avance, plus je pâlis. Rendez-vous préop (OK), auquel s’ajoute le rendez-vous avec l’anesthésiste. J’ai quand même plein de petites histoires de santé (vous savez, l’opération cardiaque à six ans, le méthylphénidate, les histoires post-commotion qui font que j’aimerais éviter le propofol, un peu d’asthme). Faut faire une prise de sang, aussi – ah non j’en ai une récente, ça va aller. Et un électrocardiogramme.

L’offre de mon père commence à sembler attirante.

L’option “attendre” aussi.

Et la formule “dix injections dans le pied, mais pas d’anesthésiste et juste deux-trois heures au lieu d’une journée entière”.

Jeudi j’avais mon groupe d’ergothérapie. Le groupe “énergie”. Sujet de la séance: simplifier ou adapter certaines activités pour qu’elles nous prennent moins d’énergie. On a parlé de trucs comme faire la cuisine, etc. Chez moi, ce qui me bouffe de l’énergie: l’organisation, la planification, les rendez-vous médicaux.

Et donc ça me trotte dans la tête: comment faire en sorte que la gestion de ma santé me prenne moins d’énergie.

Sérieux, je sais que c’est un truisme, mais si je ne croulais pas sous tous ces rendez-vous médicaux et l’admin qui les accompagne, je pourrais bosser à 80% dès maintenant.

D’un côté:

  • un rendez-vous pré-op
  • un rendez-vous avec l’anesthésiste
  • aller voir ma généraliste pour faire un electrocardiogramme
  • une journée entière à l’hôpital pour l’intervention
  • un bloc qui d’après mon expérience précédente marche pas top chez moi
  • trois jours en béquilles
  • deux semaines limitée dans mes déplacements
  • retour chez le médecin pour ôter les fils

Et de l’autre:

  • attendre, et avoir mal (ou: aller voir papa).

Bon, je me renseigne quand même pour la version “anesthésie locale”. Quitte à morfler, autant que ça dure moins longtemps.

Quelqu’un a de l’expérience avec les injections d’anesthésiant local sous le pied?

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  • Less Input [en]
    [en] In the spirit of shortening things, I’m taking a few moments during my lunch break to share some thoughts I’ve been having recently. Various things have contributed to these thoughts: my permanent struggle with “too many ideas” and “too many things I want to do” (which predates my accident, but is now exacerbated given my reduced energy) pondering on how to manage my energy (already underway since my accident, but now fed by the occupational therapy programme for energy management t
     

Less Input [en]

8 juillet 2026 à 07:37
[en]

In the spirit of shortening things, I’m taking a few moments during my lunch break to share some thoughts I’ve been having recently. Various things have contributed to these thoughts:

  • my permanent struggle with “too many ideas” and “too many things I want to do” (which predates my accident, but is now exacerbated given my reduced energy)
  • pondering on how to manage my energy (already underway since my accident, but now fed by the occupational therapy programme for energy management that I’m in the middle of)
  • my training at IGB, and the two-day course I just did in Paris (the recurring focus is “how something that works for the person at some point becomes the thing that feeds the problem”)
  • my exploration of AI and in particular the framework/project/took that was previously called PAI (now LifeOS) (output is cheap now: feed a genAI model a few lines and it can spit out thousands of words for you).

I’m not going to be able to reconstruct how my ideas around this have shifted in a chronological or well-organised way, but here’s more or less where I’m at: I’m somebody who believes that “knowledge is power”, that “more information is better”, that by learning and analysing and understanding, I can find answers.

That works a lot of the time, for me. It has worked very well for me. But I’m starting to see how this is part of what is trapping me, right now.

At some point in my struggles with my AI infrastructure (trying to get the PAI Digital Assistant up and running correctly, fixing bugs, making sure it learns correctly, setting up workflows for the things I want it to do for me) I realised that it had a built-in bias (the model, most probably) towards “producing more is better”. LLMs are verbose, we all know that by now. The more you feed them, the more words they spit out – but not necessarily the more useful information.

I kept giving instructions for concision. I would provide examples of how to write things up. I would set up guardrails, have it self-correct, hunt for fluff and filler content. At some point I realised that “the system” was just growing and growing in terms of content (the number of words and files that contained the instructions), and the output was not improving – more like the contrary. This is nothing new, right. We know that complex systems balloon up and lose efficiency. And I’ve seen more than once in my dealings with AI that I pretty much always end up spending more time “fixing the system” than actually using it. This, actually, is something I’d noticed about myself in general; but it’s easier for me to rein in when I don’t have an LLM at the other end of the keyboard. So here, it became even more visible.

So here it is. The mantra I keep repeating to people in all sorts of context: “less is more”; “better is the enemy of good” (that’s what we say in French). If I feed my AI system less input, I get less bloated output in the system. I read somewhere (can’t remember the source, probably have it stashed away somewhere) that in the age of generative AI, the bottleneck was shifting from content production to content consumption. What we can “ingest” is the limiting factor, now that we have machines that can spew out words and sentences and paragraphs and essays and reports like there’s no tomorrow. But it’s worthless unless we can read it and understand it and do something with it. Just feeding that AI output to another AI is just going to magnify errors and biases and produce more slop, unless there is a humain mind in charge that understands what it’s doing and what it’s asking.

Early on, in 2024, I remember reflecting at some point that the AI I was using seemed “more ADHD than me”. And what my more recent experiences have helped me understand about myself is this:

  1. My problem, my “slop/bloat” is ideas and things I want to do. I am somebody for whom ideas are cheap. I have ideas all the time. I can come up with stuff I’d like to do all day. My problem (bottleneck) lies in selecting what I run with, and that is a difficult exercise – even more difficult since my accident.
  2. The more “input” I get, the more – just like the LLM – I produce ideas and desires. I read an article, there are 5 more I want to read. I have a discussion on a topic, I want to read more stuff or write articles or create a community around it. I learn about something new, oooh it’s nice and shiny and I want to do it.

Having a large capacity for input and lots of ideas, followed by enough energy to take a handful of them and run with them (OK, frustrating to have to leave so many aside, but at least I’m busy doing something useful/interesting with some of them) has, as I said above, served me very well in life. But trees don’t grow to the sky. At some point, what has worked well becomes the source of the problem.

And I’m realising that the way out of this, at least now, is not better prioritising. First of all, it’s reducing input.

Less input, less ideas, less “oh I want to do this thing”, less slop to sort through, less frustration with everything I’m not doing.

Exactly how to achieve that is still a thought in progress. But that’s what I’ve been thinking of this last week or so.

Billet manuscrit, Paris toujours, un 4 juillet [en]

4 juillet 2026 à 04:15
[en]

Je me demande si l’invasion de nos écrans par l’IA va redonner une place à l’écriture manuscrite.

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  • Post-Accident Packing and Travel Anxiety [en]
    [en] I’m on the train to Paris. I’ll be coming back a week on Monday. It’s a comfortable, easy trip. The reason for my travel is I’m attending a two-day course on burnout – part of my training at the Gregory Bateson Institute. I’d planned on postponing this module until next year or the year after, given that my main priority now is building my working capacity back up following last year’s accident. But earlier this year, the whole curriculum was redesigned (it’s a good thing!), and the materi
     

Post-Accident Packing and Travel Anxiety [en]

28 juin 2026 à 09:03
[en]

I’m on the train to Paris. I’ll be coming back a week on Monday. It’s a comfortable, easy trip. The reason for my travel is I’m attending a two-day course on burnout – part of my training at the Gregory Bateson Institute. I’d planned on postponing this module until next year or the year after, given that my main priority now is building my working capacity back up following last year’s accident. But earlier this year, the whole curriculum was redesigned (it’s a good thing!), and the material on burnout will be incorporated into a longer module which is largely redundant with the courses I’ve already taken. So: now or never.

Following my relapse/brain crash earlier this year, I took the decision in March to pretty much clear out anything that was in my calendar. It was a tough decision, but it was the right one (people who have experience with chronic fatigue will know what I’m talking about). For those few plans I held on to, I « cleared the decks » around them to ensure they would not interfere with getting my work done, and that work would not jeopardise them. This means I took the whole week off for these two days of training, just like I took the whole week off a fortnight ago to go and see Mika live at the Caribana Festival. It worked.

In my pre-accident life, I might have travelled on Monday, attended the training on Tuesday and Wednesday, and travelled home Thursday. The « recovery » version of this is to add at least a day of padding in between training and travel, with nothing planned, so I can rest/stock up on « energy »/recover, and reduce the risk of (for example) travelling on a maxed out brain. I figured I might as well add on a few extra days (particularly as Oscar is not around anymore – something I’m really thankful for to be honest, with the awful heat wave that hit us over the last week), and catch up with a couple of people, if I’m in good enough shape.

This is my fourth « real trip » since my accident. I went to France twice for extended week-ends with family or friends last year. Each time was absolutely exhausting (but nice). Then after Christmas I went to spend some time at the chalet – first time I was going back since my accident – and we know what a disaster that turned out to be. This time, I think I’ve planned and organised things well enough and with a lot of caution.

As I was packing and preparing for departure yesterday, I realised I was really stressed out. More than usual. Packing and preparing to travel has always been stressful for me. It’s not the actual travel or being in a strange place or away from home. Or maybe just a little. What it is mainly is all the executive function acrobatics required in dealing with travel-related logistics:

  • making sure I do the things that need to be done before leaving
  • deciding what to bring with me (this is a huge one)
  • organising cat- and plant-sitting
  • inserting these « unusual activities » into my days at the right time, in the right order, and with enough time to carry them out
  • leaving wherever I’m at to go “somewhere else” – the transition itself.

Putting things in the suitcase is actually a part I like. It’s real-life Tetris: fun. Once I’ve locked the door behind me and am heading out with my luggage, I’m good. But before that, it’s complicated. I have got much better at dealing with it over the years, and with the clearer view on my executive function challenges that my ADHD diagnosis brought me a few years ago (and meds!) it’s even better.

I don’t have a very clear memory of how preparation for my two France trips went last year (only that I overpacked, a sign that making decisions regarding what to take or not was difficult, so in doubt, pack more). But I do know that packing for the chalet in December was a nightmare.

OK, I had already « crashed » during the previous week, but I’d taken rest to recover and felt functional enough to tackle it. And yes, it was also the first time back to the chalet since my accident, but I was really looking forward to heading back. I was aware there was maybe a little (normal) underlying apprehension that I might not be perceiving.

What apprehension I could feel was not about going to the chalet, but about the possibility of an unexpected emotional reaction to being there again. It was the same thing when I went back on the ski slopes: not scared of skiing, just worried I might have misjudged my readiness and have some kind of PTSD-like reaction to being back on my skis or where the accident took place. Nothing like that happened, by the way. Everything was fine.

This illustrates where most of my post-accident anxiety lies. I am normally pretty good, in general, in predicting how I’ll react, what will be challenging, what I can and can’t deal with. I know myself well, including my biases, and of course I know that when you expect something to do this way or that, it does have an influence on the outcome – I do my best to correct for that. Since my accident however, I have been blindsided by my brain more times than I can count. At times I feel like I do not know myself anymore, though of course I’m still me and very much feel me, but when it comes to “what I can take”, whether mentally, physically or emotionally, I’ve had a lot of bad surprises.

I am repeatedly finding myself in the situations where my brain does not deliver in the way I expect it to, and where I misjudge what I’m able to do. In my accident-recovery-life, the consequences of these prediction errors are swift: I crash. I don’t know if it hits everybody this hard, but for me in any case, it’s pretty traumatising to have my brain brutally and unexpectedly go on strike like that. Both the “brain not working” and the “didn’t see that coming” aspects are really scary.

So now, as time goes on and my recovery stretches out way longer than I initially imagined, as the clock of certain administrative deadlines regarding my return to full work capacity start audibly ticking, as I fail again and again to know my fluctuating limits, I can feel my underlying confidence in my abilities and self-awareness slowly erode, leaving place to self-doubt and increased anxiety about dealing with life and the world. It sucks: the anxiety is not crippling, it’s just a nuisance and an energy-drain at this stage, but I can see the process and the slope I’m on, and I do not like it one bit. Breathe. Relax. Deal with today. Be patient. Hang in there. Keep at it. Trust the recovery process. All this works, and I don’t feel in danger, but it’s more and more work to not let myself be dragged down.

Right. So there’s that. My trust in my ability to manage myself and deal with life is weaker than it was. So my baseline anxiety is higher, my executive function is struggling more, and I tire quickly. But as I was walking to my neighbourhood station to catch the local train a few hours ago, I understood that something else was probably coming into play in terms of post-accident travel and packing anxiety.

You see, my accident happened on the very day I travelled to the chalet for my holidays. I hadn’t been there for a while, I’d actually emptied the chalet of all my stuff and Oscar’s when I had last departed, so it was already an “increased stress” packing and travel operation. Nothing disastrous, still quite within the realm of ordinary, but not a walk in the park.

I got to the chalet (later than I had intended), got Oscar settled, dumped my unopened luggage in a corner and headed off immediately to get a couple of hours of skiing in on this first day. When I fell, I was heading back to unpack and enjoy the evening. I didn’t make it back: I spent the night at the hospital, in the haze and stress you can imagine, worried about my shoulder and my old diabetic cat who was alone at the chalet, trying to make decisions and organise logistics (How can I get back to the chalet? Should I go back to Lausanne? Who has a good shoulder specialist? Who can help me with my car as I can’t drive? That’s just the start of them). The next day a friend picked me up at the hospital and drove me back to the chalet, and another one came to help me empty the chalet and drive me back home. It was horribly stressful. I was in pain, I was freaked out, and instead of resting my concussed brain I was in full crisis management mode. It didn’t get better over the next two weeks.

I wouldn’t be surprised if my accident taking place just on the heels of travelling to the chalet didn’t add an extra layer of “negative association” to a transition that was never that easy for me to begin with.

Say you have a pet who always stressed out when heading to the vet’s. You do stuff to make it smoother: stay calm yourself, get your pet used to the carrier or the car, add treats, maybe a mild sedative, maintain usual routines as much as possible… It’s not great, but it’s not a disaster anymore, it’s manageable. And then, one fateful vet visit, something “bad” happens there. Not on purpose, of course. An exam that’s longer or more intrusive. A different vet. A loud noise at the wrong time. The pet freaks out, has a really bad experience.

Well, chances are that the next time you prepare to take your pet to the vet, it’s going to be more complicated.

That’s how I feel it’s playing out for me. I’m not actively scared of travelling or having an accident. But I’m clearly more stressed when preparing to travel, and some part of that could very well be the proximity of my accident to travel which has left a negative association. Not PTSD of course, but maybe on that continuum, probably closer to normal than pathological.

In 2019 I had a bad car accident (which resulted in surgery on my right wrist six months later). I was in a roundabout when a car entering it hit the back of my car right from the side. I didn’t see anything – there was a loud bang and choc and suddenly I was heading off the road right onto a big metal signpost solidly anchored in the ground. The car flattened it, ripped it out of the ground, and in turn it bent the car frame into a right angle. The car was totalled, we were lucky. I drove quickly afterwards with a rental, without issues. I’ve always liked driving and never been afraid at the wheel. But for months afterwards I felt a tiny surge of apprehension when going through roundabouts (it even still happens sometimes now when I’m on the precise spot of the accident). Nothing huge, but a clear signal – and this was on the backdrop of an activity (driving) that was very positive in terms of associations, compared to packing/traveling which was already fraught.

We’ll see how things play out over the next months and years. But I think I’ve put my finger on something that wasn’t on my radar. You know how sometimes you have an insight that just feels like it’s the missing piece? That’s what this feels like. In my experience, it’s often enough for me to just understand this kind of mechanism to defuse it. Like when I understood that a huge amount of my anxiety over Oscar’s impending death was the possible consequences this loss would have on my recovery timeline, given the post-accident uncharted territory I described higher up when it comes to my ability to “deal with life” in these times.

I typed this on my phone, with an external keyboard. Pretty comfortable I have to say, but not quite enough that I feel like adding links (there would be a good handful to add). I’d also like to say more regarding continuums between normal and pathological, and also on the somewhat related question of normality: when it comes to living beings, normal/average is a mathematical abstraction (or a bell curve), which should make us think real hard about how we frame certain realities (e.g. “neurodiversity”).

Anyway, I’m going to leave things there. I’m starting to feel a bit of motion-sickness and I feel just about ready for a nap in my comfy train seat.

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  • Il fait trop chaud [en]
    [en] Tellement trop chaud que mes neurones sont liquéfiés. Je sais, c’est comme ça pour tout le monde dans cette vague de chaleur caniculaire. Faites attention à vous. Je voulais écrire des trucs, ces derniers temps. Mais j’ai dû faire plus attention à économiser mon énergie. Je suis en train d’apprendre, encore. Je suis dans un programme d’ergo (quelques séances en individuel, quelques séances en groupe) sur la gestion de l’énergie, et je suis déjà en train de comprendre des trucs utile
     

Il fait trop chaud [en]

22 juin 2026 à 15:08
[en]

Tellement trop chaud que mes neurones sont liquéfiés. Je sais, c’est comme ça pour tout le monde dans cette vague de chaleur caniculaire. Faites attention à vous.

Je voulais écrire des trucs, ces derniers temps. Mais j’ai dû faire plus attention à économiser mon énergie. Je suis en train d’apprendre, encore. Je suis dans un programme d’ergo (quelques séances en individuel, quelques séances en groupe) sur la gestion de l’énergie, et je suis déjà en train de comprendre des trucs utiles et nouveaux.

Comme par exemple: ça vaut la peine d’économiser l’énergie, comme l’argent. Le but c’est pas juste de ne pas se retrouver dans le rouge (batterie à zéro ou réservoir d’essence vide). C’est plutôt de rester dans le vert et de recharger dès que le orange fait mine de se pointer à l’horizon.

Ça me fait penser au diabète félin. Un chat diabétique peut entre en rémission, c’est-à-dire ne plus avoir besoin d’insuline. C’est pas garanti mais c’est réaliste. Ce qui va aider, c’est de maintenir la glycémie du chat quasi tout le temps dans des valeurs de glycémie “non-diabétique” (dans le vert). Et si on fait ça pendant assez de temps, on peut réduire l’insuline, petit à petit, prudemment, en prenant garde de toujours rester “dans le vert”… jusqu’à pouvoir complètement arrêter l’insuline.

Ça change ma façon de voir les choses. C’est pas parce que là, je me sens assez en forme pour m’activer et faire quelque chose, que c’est une bonne idée. Il vaut peut-être mieux me reposer et “mettre de côté”.

Une autre chose que je remarque, en remplissant un tableau journalier de mes activités et de mon “niveau d’énergie” (estimé, entre 0 et 10, au début on fait ça n’importe comment, avec l’entrainement on devient plus précis). Alors oui, ça fluctue le long de la journée. Mais j’observe déjà des choses intéressantes. Par example, c’est bête, hein, mais manger, ça me redonne du jus. Je vais remettre en place mes snacks entre les repas.

Aussi, quand je suis active, j’ai de l’énergie, ma fatigue disparaît – et du coup, je ne peux pas me fier à ce “signal” pour savoir si c’est trop ou pas. S’écouter, c’est pas toujours la solution. Des fois il faut se connaître et se calculer. Prévoir des pauses même si on n’en ressent pas le besoin, pour s’extraire de l’activité et pouvoir évaluer où on en est. Ça paraît bête, aussi, je sais. Mais c’est en train de rentrer. C’est comme boire et manger, au fond: on n’attend pas de crever la dalle ou de crever de soif. On a des heures de repas, ou quelque chose qui y ressemble. On sait ce qu’on a besoin de manger pour tenir jusqu’au repas suivant. On sait qu’on a besoin d’un snack – ou pas.

Donc voilà, c’est intéressant, déjà utile, et ça me donne de l’espoir.

L’autre truc cool: demain j’ai mon premier rendez-vous de logo. Je sais que je n’ai pas l’air d’avoir des soucis de langage, comme ça, mais j’en ai. Ils sont légers, je les compense. Mais certainement que ça me fatigue. C’est ce qui fait, aussi, que “boire un verre” ou “s’appeler” ou “se voir”, ces activités sociales que j’apprécie tant et qui paraissent si banales, ce sont maintenant des choses que je dois bien prévoir, à côté des rendez-vous médicaux, des séances du boulot. J’ai un quota interactionnel. Frustrant, mais je ne peux pas me permettre de l’ignorer. Se voir pour papoter, c’est un truc qui me coûte plus d’énergie que ce qu’on pense, même si c’est de la discussion légère. Je dois rationner.

Il fait chaud, donc mes bonnes intentions de reprendre mes balades quotidiennes, elles ont fondu. J’ai réinstallé ma clim dans la chambre tout à l’heure, même si je n’ai pas de vieux chat malade, parce que la nuit passée il faisait tellement chaud que j’ai dû dormir avec tout ouvert, et qu’à 5h30 du matin la lumière et les oiseaux m’ont réveillée, la chambre même pas tellement plus fraîche qu’au coucher. Donc tant pis, c’est chiant, mais j’ai installé ma clim.

Un truc au sujet duquel je dois écrire, et dont je parlais hier avec ma binôme de planification hebdomadaire, c’est l’idée de “programmer sa tour de contrôle”. (Oui, stratégie TDAH répertoriée, qui mérite sa propre publi, et que j’appelle dans ma tête le “si… alors…”) La tour de contrôle, c’est la partie de nous qui nous observe pendant qu’on vit, et aussi pendant qu’on s’enlise ou bien qu’on fait des trucs qu’on sait qu’on ne devrait pas faire, mais on ne peut pas s’en empêcher. C’est probablement pas présent la même chose chez tout le monde, évidemment. Mais si c’est là, on peut l’utiliser, en préparant à l’avance des instructions ou des “vaccins” pour parer à nos travers récurrents.

Un exemple: je regarde une série télé, le soir. Un épisode. Oui, je vous entends, rire, là-bas au fond. Un épisode, c’est l’objectif. Oui, oui. On sait comme c’est: oh, allez, juste un autre. Tout est construit pour nous faire céder et regarder le suivant. Alors que faire? Parce que quand j’arrive à m’en tenir à un épisode par soir, c’est un très bon élément de mon rituel du soir. Mais quand j’arrive pas… et que j’enchaîne jusqu’à bien trop tard… c’est pas bon du tout.

Donc ce que je fais, c’est la chose suivante: avant de lancer mon épisode, je me rappelle (je ne le fais pas à haute voix, mais on pourrait) que je veux regarder un seul épisode, et qu’à la fin de l’épisode, soit ça va se terminer sur un cliffhanger qui me donne envie de connaître la suite, soit il y aura des tensions pas résolues entre les personnes ou dans l’histoire, qui me laisseront frustrée et désireuse de continuer pour ne pas rester sur ça, et que je vais quand même arrêter là, malgré tout ce qui est mis en place pour me donner envie de continuer, même si c’est frustrant et pénible, je vais cliquer sur la pomme en haut à gauche et déconnecter ma session télé.

En gros, je me prépare moralement à faire face à la difficulté que va représenter pour moi de m’en tenir à ma décision de regarder un seul épisode. (Pourquoi un et pas deux? on pourrait se poser la question. J’ai réalisé que si j’en ai regardé deux, je suis trop prise dans l’histoire et c’est encore plus difficile d’arrête qu’après en avoir regardé juste un. Un, j’arrive. OK stop bye.)

Ça peut s’appliquer à des tas de choses, qui méritent donc d’être détaillées correctement dans un autre article.

Il fait trop chaud, mon ordinateur a trop chaud, mon téléphone a trop chaud, mon chat a trop chaud. L’immeuble a trop chaud. Bref, trop chaud.

Hier j’avais deux ou trois choses à cuisiner. J’ai déclaré “soirée fournaise à la cuisine”, j’ai fermé la porte, et j’ai cuisiné tout en parallèle. Les poivrons à la poêle, la tarte tatin à la tomate, et l’aubergine (“popbergine”) dans le air fryer. Assez contente de mon organisation. Là je suis bonne pour un bout sans avoir besoin d’allumer une plaque.

Comme chaque année en période de canicule, je suis effarée-consternée de voir à quel point, même après toutes ces années (on devrait être rôdés maintenant quand même) les gens continuent à laisser des fenêtres ouvertes (à l’imposte ou normalement, peu importe) en plein après-midi quand les presque 35 degrés à l’ombre vous assomment contre le bitume dès que vous faites un pas dehors. Je pige pas, les gens. Quand l’air du dehors est plus chaud que dedans, ouvrir, ça réchauffe l’air de dedans. Physique élémentaire. Si vous voulez un bain frais et que vous rajoutez de l’eau chaude dedans parce que vous trouvez qu’il se réchauffe trop vite, il ne va pas devenir plus frais… Si vous voulez de l’air (c’est bien l’air), y’a des trucs qui s’appellent des ventilateurs.

Et en passant, les animaux domestiques, comme ils ne transpirent pas comme nous, et que le ventilateur nous rafraîchit en favorisant notre transpiration, ils profitent pas tant du ventilateur. Le seul truc qui leur importe, c’est la vraie température de l’air. Et pouvoir se poser sur un truc frais: les catelles, un tapis refroidissant…

Je vais arrêter là, histoire de ne pas entraîner votre cerveau dans la fonte du mien. Il fait vraiment trop chaud.

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    [en] Je suis au chalet. Juste pour deux nuits. Ma chambre à coucher est en train d’être repeinte, donc je ne peux pas y dormir. Donc je profite. Les deux nuits d’avant, entre le vidage de la chambre et l’arrivée des peintres, j’ai dormi sur le canapé à l’eclau. Le pauvre Juju était tout perturbé! Je suis donc au chalet, juste pour deux nuits, sans chat, sans projets, juste moi et la végétation que mon frère va venir tenter de dompter un peu cet après-midi. En temps “normal”, je m’y serais dé
     

Balcon méditatif au chalet [en]

16 juin 2026 à 05:02
[en]

Je suis au chalet. Juste pour deux nuits. Ma chambre à coucher est en train d’être repeinte, donc je ne peux pas y dormir. Donc je profite. Les deux nuits d’avant, entre le vidage de la chambre et l’arrivée des peintres, j’ai dormi sur le canapé à l’eclau. Le pauvre Juju était tout perturbé!

Je suis donc au chalet, juste pour deux nuits, sans chat, sans projets, juste moi et la végétation que mon frère va venir tenter de dompter un peu cet après-midi. En temps “normal”, je m’y serais déjà attaquée. Mais plus rien n’est normal. Des fois j’ai peur que ce soit un nouveau normal. Que ça va être ça, ma vie, pour de bon. Il y a plein de gens qui vivent ce genre de chose – que ce soit suite à une maladie, un accident, une casse. Il se passe un truc, et l’après n’est plus jamais comme l’avant.

On peut dire, trivialement, que c’est vrai de tout ce qui nous arrive. La vie, c’est une succession d’expériences, au sens large, qui nous transforment, certaines durablement. Mais toutes les transformations ne se valent pas. Toutes les transitions n’occupent pas la même temporalité. L’écart entre les après et les avant peut prendre toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

C’est marrant, parce que pendant toute une partie de ma vie, les premières décennies, je ne me serais jamais décrite comme une optimiste. Plutôt une pessimiste qui aime penser qu’elle est réaliste. Parce que je pense pas mal aux risques, aux scénarios possibles, à ce qui peut arriver et ne peut pas arriver. A partir du moment présent, je déroule des films, certains probables, certains moins.

J’ai toujours dit qu’une de mes forces c’est que je sais “penser les probabilités et les statistiques” mieux que la grande majorité des gens. Je comprends l’incertitude et la contingence. Sûrement que le décès brutal (pour moi qui n’avais pas vu venir, mais finalement pour tout le monde, six mois c’est rien) de ma mère quand j’étais enfant a enfoncé ce clou. Il y a des trucs qui arrivent, ça n’a pas toujours de sens, il n’y a pas toujours de bonne raison, pas toujours de coupable, pas toujours même d’explication. On peut pas tout prévoir. Mais j’essaie quand même, parce que c’est désagréable, le ciel qui tombe sur la tête.

Je me suis donc longtemps vécue comme pessimiste, avec mon poste télé intérieur souvent allumé sur le canal catastrophe. Mais bon, ça, on le sait, c’est surtout le résultat de l’anxiété. Moins d’anxiété, moins de canal catastrophe. Reste que j’ai de l’expérience pour ce qui est de “penser le pire”.

A côté de ça, paradoxalement ou non (je vous laisse choisir), je suis plutôt du genre à penser que ça va marcher, à m’accrocher. J’ai tendance à avoir la conviction profonde qu’en essayant assez fort, qu’en cherchant suffisamment, ça va finir par marcher. C’est pas une foi aveugle mais plutôt une confiance en mes capacités, ma créativité, mon intelligence. Si je n’arrive pas, ça doit être parce que je n’ai pas encore trouvé la solution, qui doit être là quelque part.

Mais tout problème n’a pas forcément une solution. Et vouloir ne suffit absolument pas pour pouvoir. Il y a des tas de choses dont je ne me sens pas capable. Des tas de situations où je “pars perdante”. C’est un peu on/off (les gens qui s’y connaissent un peu en TDAH, je sais que ça commence à vous parler, là). Soit je ne vois pas de chemin, ou les probabilités semblent trop faibles, et je laisse tomber, ou alors j’essaie et je me noie. Soit je “sais” qu’il y a une solution, ou que ça doit marcher, et alors je persiste, je cherche, j’analyse, je décortique, je m’accroche. C’est ça aussi, je crois, qui fait mon côté “moteur”, que ce soit dans ma vie professionnelle ou dans ma vie personnelle. Je reste pragmatique, je réévalue périodiquement, mais globalement, je garde un “ça va le faire” qui me tire en avant – et parfois les autres avec moi.

Une convalescence c’est un peu (quand même) un problème à résoudre. C’est une période où il faut faire des choses autrement, trouver des solutions, s’adapter, essayer, s’encourager. On me donne un pronostic: je le prends comme hypothèse de travail. Ça va le faire. Cette “certitude de travail”, elle me sert à être patiente, à ne pas renoncer même quand c’est dur, à faire l’effort de faire autrement. Bref, on me dit “tu peux arriver là-bas, en haut de la montagne, on estime que c’est faisable pour toi et on est les pros de ce genre d’estimation.” Donc moi je prends mon sac et je mets un pied devant l’autre.

C’est utile, ça.

Je suis toutefois parfaitement consciente (les statistiques et les probabilités, vous vous souvenez?) que personne n’a de boule de cristal. Que même les experts peuvent se tromper. Qu’il y a des mauvaises surprises dans la vie, des exceptions qui confirment les règles, que 0.01% de chances que quelque chose se passe ne signifie pas que ça ne peut pas nous arriver.

Pendant que je gravis cette montagne qui me semble parfois hors de ma portée mais dont on m’a assuré le contraire, il y a des moments où je doute. En nage, essoufflée, le sac qui scie les épaules, je me demande si je ne suis pas embarquée dans un projet impossible.

De deux choses l’une: soit c’est possible, soit ça ne l’est pas. Si c’est possible et que je pense que ça ne l’est pas, je vais abandonner à un moment donné, découragée, et je n’atteindrai jamais ce sommet que j’avais les capacités de rejoindre. Et si c’est le contraire, si je persiste alors que c’était impossible, à un moment donné je vais me retrouver à ne même plus pouvoir ramper en avant, à ne physiquement plus pouvoir avancer, à être au bout de mes forces et de mes vivres, à avoir tout donné de ce qu’il était possible de donner, le sommet encore hors d’atteinte. Dans le monde de cette métaphore, un hélicoptère de la Rega vient me secourir, les sponsors de l’expédition et les experts qui ont donné leur feu vert s’excusent, et je ne meurs pas. (Mais si au lieu d’être dans le monde de la métaphore, on parlait d’une expédition en montagne dans le vrai monde, on ne raisonnerait pas comme ça: car justement, présumer de ses capacités en montagne, c’est réellement risquer la mort, et chaque année nous le rappelle.)

Il faut donc continuer à y croire, sans quoi on court le risque de renoncer face à quelque chose qui aurait été possible. Il faut croire qu’on va se remettre, il faut croire qu’on va guérir, il faut croire que c’est possible. Mais pas envers et contre tout: il vient un moment où il faut aussi faire le deuil de cet espoir, le deuil de la vie d’avant, de la vie tout court aussi, lorsque l’on sait qu’on va mourir, quoi qu’on fasse. Parfois, l’espoir n’est pas un allié qui nous tire en avant, mais un poids mort qui nous retient – ou nous isole, lorsqu’il s’agit de celui des autres. Je suis très consciente de tout ça.

Aujourd’hui, je suis toujours sur le chemin vers mon sommet. Il y a des passages difficiles. Mais je reste convaincue, au fond de moi, que c’est faisable. Mais je doute. Pour moi, le doute est un processus actif. Douter, c’est envisager qu’on puisse être en train de se tromper. C’est faire taire un moment l’espoir et l’optimisme et regarder honnêtement s’ils ne sont pas en train de nous aveugler ou de nous cacher quelque chose. Douter, c’est entrouvrir la porte qui nous sépare de ce qu’on ne veut pas voir, de là où on ne veut pas aller. C’est réévaluer, c’est remettre en question, c’est faire le point – et repartir en direction du sommet, tirée par mon attelage d’espoir et d’optimisme, parce que je pense toujours que c’est la bonne direction, pas parce que je ferme les yeux et serre les dents pour avancer coûte que coûte.

Mais c’est effrayant, de douter, car le résultat du processus n’est pas déterminé d’avance. L’espoir peut en ressortir affaibli. On peut décider – à tort ou à raison – de ne pas repartir. Et plus le chemin a été long, plus l’escalade d’engagement est grande, engagement dans l’espoir et la conviction que l’objectif est atteignable, escalade dans l’effort fait jusque-là, et qui nourrit d’ailleurs cet espoir. Donc plus le doute coûte, plus il est chargé, plus il est insistant parfois, et plus c’est un exercice difficile et douloureux. Mais nécessaire, je crois.

Je suis au chalet. Je ne m’occupe plus du jardin. Je repense à tout ce que je fais, normalement, au chalet. A quoi ressemblaient mes séjours ici. A ce dont je suis capable aujourd’hui. Et je doute, un grand coup. Je doute. Vais-je retrouver ça? J’y crois, mais j’ai peur de mon tromper. Je doute, j’émerge du doute, je retrouve ma conviction et mon optimisme.

Quand j’ai eu mon accident, c’était mon premier séjour au chalet de tout l’hiver. Je n’y ai même pas passé une nuit. La nuit, je l’ai passée à l’hôpital de Rennaz. J’y suis remontée cet hiver, entre Noël et Nouvel An. Ça n’a pas été une grande réussite, en termes de séjour. J’y ai ensuite fait un saut rapide quelques semaines (mois?) plus tard pour récupérer mes affaires. J’ai annulé le séjour que j’avais prévu en mars. Et me voici sur le balcon, deux nuits, une journée, je m’étais dit que je pourrais aller faire un peu de marche, mais entre ma fatigue et un trou malencontreux et douloureux dans le talon, on oublie.

Parlant de baisser la barre, c’est pas mal: monter (sans chat), dormir, ne rien faire que passer dire bonjour à mes adorables voisins de chalet que je n’ai pas pu voir depuis l’accident, dormir encore, rentrer.

N’empêche que j’ai le coeur serré.

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    [en] Oscar died a bit over a month ago. Five weeks exactly, actually. Of course it hasn’t been simple. I’ve been wanting to write for weeks, but not getting around to it. It’s a pattern, isn’t it. It has been for years, decades probably. Wanting to write, needing to write, and not getting around to it. Other things are “more important”, always. Anyway, now I’m writing. The first week I was off work, and that was a good decision. My brain was useless. You know grief badly messes up your a
     

Concussion With a Side of Grief, or Vice-Versa [en]

7 juin 2026 à 15:00
[en]

Oscar died a bit over a month ago. Five weeks exactly, actually. Of course it hasn’t been simple. I’ve been wanting to write for weeks, but not getting around to it. It’s a pattern, isn’t it. It has been for years, decades probably. Wanting to write, needing to write, and not getting around to it. Other things are “more important”, always. Anyway, now I’m writing.

The first week I was off work, and that was a good decision. My brain was useless. You know grief badly messes up your ability to function, right. Well, put that on top of the brain injury that is already messing up my ability to function. So, good call.

Then I went back to work, a short three-day work week before the bank holidays. I struggled a bit, but it was OK. It’s weird, I keep wanting to say Bagha instead of Oscar. Is this a grief/cat thing, or is it related to my post-accident language issues? I was sad, but ok-ish sad, you know, because it was mostly a “good death”, he’d lived a long life, had good years with me, we’d managed his ailments as much as we could, and when it wasn’t possible anymore, we said goodbye before it got too bad. At least I hope. The worst was something I put a word on more recently: yearning. I missed him, simply said. I understood that he was gone and it was kind of ok, but I missed him.

With Oscar’s death I lost a lot of daily structure. His habits, medication schedules, etc. I’ve been working hard to get back to managing my schedule in some way. Not easy, and I’m not there yet. I realised that not having a “meal plan” for the next day led to me procrastinating dinner, because I’d end up in the situation where I’m hungry, I’m tired, my meds are checking out for the day, I not only need to stop whatever I’m faffing around with or engrossed in to make food, but I need to decide what I’m going to eat. And that’s what stops me, because at that point in the day, I have no decision capacity left, particularly when I’m hungry. So I’ve been paying attention to making a meal plan for the next day every evening after dinner. It helps a lot. It’s not 100%, but it helps – and removes another obstacle to me being in bed with the lights out and my eyes closed at some half-decent hour.

Week three was great. I thought I was out of the woods. My mood was OK, I was starting to not be jolted by Oscar’s absence each time I opened the door to the flat, I was getting meals and sleep back under control, work was good, I even spoke German for two hours and a half with my boss, something I would have been incapable of doing a month earlier. I reached Friday evening feeling like I had some energy to spare, and planned a little social life and a short hike for the extended week-end. Sad though Oscar’s death was, I figured that I was feeling the benefits of the major reduction in my mental load: no more worrying about medication schedules, about how he’s doing, about when the next seizure will be, about when it will be time, about how I will cope with his death.

Week four, last week, I crashed, and I didn’t see it coming. I was a bit tired but OK during the first couple of days. But Thursday evening, my brain collapsed. And all the rest collapsed. Because when your executive function is impaired, it messes up your emotion management, for example. It messes up your ability to stick to your schedule and your decisions – and simply, your decisions. It messes up your ability to stop when you need to stop, get done what you need to get done. Hello, downwards spiral. Last week-end, I couldn’t make it through a 45 minute conversation with a friend. In the days that followed, I was either stuck in some escape-activity, or feeling super sad, crying in the evening and not able to sleep. Grief of course, Oscar and all the little wagons the train of grief pulls along with it when it enters the station, but also discouragement because I’d crashed again, because I was so happy the week before, because once more, despite all the care I take to pace myself and watch out for warning signals and take it easy and be patient, I hadn’t seen it coming until it was too late.

I’ve been picking myself up these last few days. I’m still having a hard time, but I’m slowly functioning better. Frankly, so much effort for what sometimes feels like so little result. I am blessed that I have the very realistic prospect of recovery to hang onto, even if the timeline is uncertain. Maybe it’s a double-edged blessing, though, because I’m working with a moving target, which makes it easier to overshoot regularly.

I have a gigantic backlog of “to do’s”. It reminds me of the years before my ADHD was diagnosed – this was pretty much a constant state. It is not pleasant. Setting priorities is always very challenging for me, and the current circumstances make it so much worse. I’ve been trying to get my Digital Assistant up and running, and it’s proving a perfect metaphor for life: each thing you decide to tackle seems to spawn half a dozen new items to deal with. It’s like brain crashes: being forewarned and knowing the tricks and strategies isn’t always enough. Even having top-notch support, which I’m thankful to have.

The only thing I don’t have right now and which, I think, does me a disservice, is that I live alone. This means I have no “everyday help” for simple things like “hey, let’s eat” or “yeah, potting those plants this afternoon seems like a good idea” or “hmm, I noticed xyz these last few days”. It’s all between me and me. I have friends, but they don’t live with me, they don’t see me every day. I know living with people can bring on its share of challenges, of course. But it’s also a fact that recovery is more difficult when you don’t have day-to-day support, physically present. That’s one of the reasons that a Big Project of mine for the coming years is to get seriously cracking on a co-living concept for my senior years. But first, the brain needs to get back into shape.

I find the state of everything that has to do with administration really depressing. After decades of applying capitalist logic to public and customer service, we’ve been left with empty broken shells where a few harried drones try and keep things together as best they can, doing “their job” – but nobody sees the whole system anymore, nobody can, and even those that want to “do good” are promptly set back into their drone slots by whatever dysfunctional machine everybody is imprisoned in. It’s not the people who suck, it’s the processes, and even if somebody was responsible for repairing them, there are no ressources available. Enshittification is not just limited to Big Tech.

At work, I feel like I’m in a place where I can actually bring some change. But every other week, I’m hit by a wave of doubt. Am I being too ambitious, or even, is this hubris, to think I can move enough people to think a bit differently, work a bit differently? We’re also in a big machine that despite its qualities (and it has many), sometimes feels like a patchwork of parallel organisations that struggle to relate to one another. I think everybody working in a big company knows what I mean. I consider myself extremely lucky to have the chance to bring community (real community) in a space that is not used to it – but will I manage? I know I’m the right person for the job, and I am convinced it will work and that I can do it, except when I find myself wondering if it is maybe one of those impossible, system-fixing endeavours that will end up either crushing me or sucking me dry.

It’s very similar to how I feel about my recovery, actually. I know I’ll see the end of it, I know I’ll get better and that it isn’t wishful thinking because we are able to observe progress along the way, just as I can in my work, but every now and again I am seized by the fear that I might be blinding myself. I deal with the fear: have a little chat with it, and tell it to go back outside and play. But when I’m unwell, it’s a bit more complicated to convince it to leave me alone.

I miss Oscar. And there is another layer, where I just miss having a cat in my home. I’ve invited Juju to check out the flat this week-end. He’s shy, so we’re doing this carefully. Juju is the shyest cat I’ve had, I think. He’s not extremely shy, just normal-shy for a cat. Cautious. He hides when people come to the coworking space – my other cats didn’t do that. He needs coaxing. I leave the flat door open so that he doesn’t find himself trapped and freak out, give him a little treat-food inside, talk to him gently and invite him to look around, and leave whenever he likes.

I’d like to have him around when I’m in my flat. But I also don’t want to deal with “cat worries” right now: making sure he doesn’t get scared while he’s getting to know the place; giving him scratching-surfaces and protecting my tatamis which he’s already tried sinking his claws in once; food, water bowl, what about a litter try? How do I manage the “ins and outs” between the flat-floor and the coworking-space-floor where he has his cat-flap? Is there a risk he might start spraying up here (he doesn’t downstairs)? There will be a time for this, but right now, much as I’d like to be typing this on my balcony in feline company, I’m not ready for the work it requires. Getting myself back on my feet comes first – Juju is a stable situation right now, and can continue being one.

I’m starting to understand the seduction of the frugal life. Mine is the opposite. My life is full of stuff, both physical and not, and all this stuff generates work. Something as simple as having houseplants and a balcony: you have to take care of the plants. I like having plants! I have lots of plants. But lots of plants means a lot of plants to take care of. I know people who have zero plants. Imagine that! No plants to take care of. No pets. No car, no bicycle, no chalet, no coworking space, no boat. It could be just me, my furniture and my flat. Much less to manage. Oh, and my health – because that’s definitely a big chunk. Would it be worth it? Of course I’m answering no, but I can see how that answer is non-obvious. Is my life worth simplifying? Do I want to? Do I need to? Do I even want to think about this?

Today I could have taken care of my plants. I could have tidied up downstairs – at least, made some progress. I could have dealt with the mess at the entrance of my living-room, a hotspot that always seems to flare up no matter what I do about it, to the point that I can see I’ve given up on it. I could have inventoried my too-numerous jars to decide what I give, what I keep, and where, and moved them, or at least part of them, to the cellar. I could have done my taxes. I could have caught up with my snail-mail backlog. I could have worked on migrating DF to Discourse, I could have called a dozen different people I want to catch up with, I could have gone for a walk in the woods (ah no, I made a big hole in my heel yesterday with a piece of metal that slid out of my sandal, which reminds me), I could have repaired the zipper of my bag, stuck that piece of metal back in my sandal for good, repaired half a dozen other things I can’t recall right now, change the battery of my maybe-not-dead previous phone (ifixit kit waiting for me since… last summer?), and that’s just the start. I’m OK with not doing everything, with letting things slide, but I’d love to have a magic formula to help me pick what to do now.

If you’re still reading this, I sincerely apologise. I have to be honest, I’m writing this much more for me than I am for you. This is certainly not the most exciting blog post to read. And it’s getting long. You might be waiting for me to get to the point, but I don’t think there is one. I’ve been unwell, and feeling the need to write, but not too sure what, and well, here it is. I’m thinking on my keyboard. I appreciate you coming along for the ride, really. I hope you get something out of it, somewhere in between the words and lines and paragraphs.

Last week I finally printed out some photos of Oscar. I wanted to give a handful of people thank-you cards – his vet, for example, and my kind neighbours who dealt with his insulin injections these last years, when I was away. I can’t remember when I last printed anything. Probably when Tounsi died. I remember going to the photo shop, which still existed back then, and getting ten copies of a photograph. Now, I’ve discovered, there are machines in supermarkets where you can AirPrint your photos directly. The one at my usual supermarket only takes cash. Imagine that! Coins. I never carry any cash – so it took me a few attempts to manage to get there with the cash, with my photo selection, and with a functional machine (yep, it was out of ink or something). I did a first batch in another shop where you could pay by card, and discovered that unless you turned it off, the printer “improved” your photos by adding a ridiculous amount of sharpening. Anyway, I’ve got it figured out now, and I’m going to be printing much more photos in the future. Oh yay, another extra thing to do!

As I was hunting for nice photos of Oscar in Lightroom, back through the years, digging up and tagging a few thousand photos, I was struck by how much his life had shrunk. Of course that’s how it goes, we all know. It happens gradually. Seeing it in a space of an hour or two is jarring. He used to jump on the table. He used to groom himself, even the backside. He used to be all over the place. When did it stop? Little by little, I know, but I was almost shocked to see Oscar doing things or in positions that had faded from my memory. It made me sad and glad at the same time. Glad for the life he had, sad for what he had lost by the time it ended. I really hope I did right by him. I think I did. I hope I’m right.

I saw something on the socials that stuck with me: animals don’t care about length of life. They are in the now. They just care about quality of life today. We are not like that. We might want longer life even if it means it is not as rich as it could be, as it was. We’ll make the choice to cut off the leg and live the next 20 years without, rather than hang onto it and be gone in a year. Of course it’s a balancing act for us too – it’s not like we don’t care about quality of life. But for our pets, for them, that’s pretty much all there is. I’m aware there is a tension regarding these end-of-life decisions: because for the human who loves the pet, well, we tend to want longer. There is a balance to be found. These are really complicated questions, and I wrestle with them, I guess I always will. We probably all do.

I think of what Oscar’s life had become, as with Quintus. Was it really still worth it? It was for me, but was it worth it for them? Was it right? My evaluation was that there was more positive than negative for them – and when there wasn’t anymore, that’s when we stopped – but what do I really know? At this stage, I wouldn’t do things differently. But I do wonder. I don’t think it’s a bad thing.

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    [en] Je sais qu’il y a des tas de gens qui font le choix de ne pas stériliser leur chatte “pour avoir des petits”, et qui peut-être ne comprennent pas l’énervement des gens branchés “protection animale” face à ça. Si on est responsable, qu’on soigne bien les chatons, qu’on leur trouve de bons foyers, où est le problème? Le problème c’est qu’une chatte qui fait des petits, ce n’est pas quelque chose qu’il suffit de considérer de façon isolée. En effet, pour cette chatte-là et ces chatons-là,
     

Faire porter sa chatte [en]

1 juin 2026 à 13:06
[en]

Je sais qu’il y a des tas de gens qui font le choix de ne pas stériliser leur chatte “pour avoir des petits”, et qui peut-être ne comprennent pas l’énervement des gens branchés “protection animale” face à ça. Si on est responsable, qu’on soigne bien les chatons, qu’on leur trouve de bons foyers, où est le problème?

Le problème c’est qu’une chatte qui fait des petits, ce n’est pas quelque chose qu’il suffit de considérer de façon isolée. En effet, pour cette chatte-là et ces chatons-là, peut-être que tout va bien.

Mais il faut regarder plus loin que le bout de son nez. Il faut regarder l’écosystème entier auquel prend part la personne qui choisit de faire reproduire sa chatte.

Déjà, il y a le fait qu’il y a des chats errants en Suisse, même si on ne le voit pas tant que ça. Ces chats, souvent, ils étaient à quelqu’un. Juju, il est né dans une famille et il a appartenu à des gens, avant de se retrouver dehors livré à lui-même. Je le sais car si ce n’était pas le cas, il n’aurait pas les bases de sociabilité avec l’humain qu’il démontre tous les jours. Oscar, même histoire. Donc ces chats, ce sont des chats non identifiés qui pour une raison ou une autre, se sont retrouvés à la rue.

J’aimerais insister sur le fait que je ne crois pas que la majorité des chats “abandonnés”, comme on dit, ait été activement et sciemment “mis dehors”. Il y a tellement d’explications: la chute de la fenêtre et le chat qui file et qu’on ne retrouve jamais. Le chat d’intérieur qui fuit par la porte et qu’on ne retrouve jamais. Le chat qui vient de déménager, qui sort trop tôt, et s’installe ailleurs, et qu’on ne retrouve jamais. Le chat pas castré assez tôt (tant Oscar que Juju n’étaient pas castrés) et qui file courir la minette loin, loin de chez lui, et au final ne revient pas, car les minettes en chaleur sont ailleurs. Le chat vagabond qu’on nourrit “comme ça” et qui finit par préférer rester dans le coin plutôt que chez lui – mais c’est pas “notre” chat, alors il devient “le chat de personne”. Je pourrais continuer.

Il y a des chats errants. Il y a des chats en refuge. Des chats qui passent longtemps en refuge (Tounsi y est resté un an avant que je l’adopte, et c’est n’est pas une durée incroyable). Et détrompez-vous: chaque année, il y a des chatons qui peinent à trouver un foyer, parce que passée la fenêtre très courte du “chaton mignon”, eh bien les gens n’en veulent plus, et aussi parce que les refuges et les associations qui placent des chatons ou chats sont peut-être plus regardants que des particuliers qui ont “fait des petits”. Vous savez pourquoi j’ai gardé Juju? Parce qu’au bout de 2 semaines, je voyais son potentiel, ses besoins en matière d’espace de vie, et aussi le travail et les compétences qui allaient être nécessaires pour le resocialiser et lui permettre de surmonter sa peur après des années dehors, et que la conclusion c’était que ce serait moins de travail pour moi de le faire moi-même que de trouver un foyer qui coche les cases.

Tous cas chats, ils viennent de quelque part. Certes, il y a des minettes “ensauvagées” (qui elles aussi, étaient peut-être à quelqu’un, à la base) qui mettent bas dehors, donnant naissance à des petits qui ne seront pas socialisés, pas castrés, pas stérilisés, pas vaccinés, donc un grand nombre mourront (et pas paisiblement) et dont le reste occupe à plein temps les bénévoles des associations qui bossent nuit et jour pour, justement, réduire la quantité de mort miséreuse dans nos champs, nos haies et nos chantiers.

Donc, quand on fait porter sa chatte, on fait “sa part” pour contribuer à surcharger cet écosystème déjà en souffrance. Plus de chatons faciles à adopter, pour des gens qui du coup n’adopteront pas un chat (jeune ou vieux) qui n’est pas né exprès. Plus de chatons à adopter, pas identifiés pour beaucoup, probablement pas stérilisés (parce que ce serait cool de faire une portée à la minette, c’est mignon les chatons), qui peut-être se “perdront” et iront grossir les rangs des “chats abandonnés”.

On fait aussi “sa part” pour alimenter une norme sociale: que c’est OK voire normal de faire porter sa chatte, que la stérilisation c’est pas si important, ça fait des chatons mignons, que franchement les associations et SPA qui font payer (non mais vous vous rendez compte?!) quand on veut adopter un chaton, vraiment, c’est abuser, parce que ma voisine elle les donne, elle.

Et quelque part dans cet écosystème, il y a des chatons dans un sac poubelle.

Voilà pourquoi des fois, on manque de patience avec les gens qui ne voient que les adorables et craquants petits chatons auxquels donnera naissance leur gentille minette.

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  • C’est pas le pied [en]
    [en] Je voulais écrire hier. Hier, deux semaines après la mort d’Oscar. Le choc a passé. Je suis de retour au travail – avec difficulté la semaine dernière, on verra ce que raconte celle-ci. Il reste le manque. Il me manque. Je commence tout juste à entrer parfois dans mon appartement sans ressentir très fort la présence de son absence. J’ouvre la porte et le vide me saute à la figure. Ça diminue un peu, mais c’est encore là. Le pire c’est le soir. Oscar, il m’attendait sur le lit. Je me cou
     

C’est pas le pied [en]

18 mai 2026 à 12:52
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Je voulais écrire hier. Hier, deux semaines après la mort d’Oscar. Le choc a passé. Je suis de retour au travail – avec difficulté la semaine dernière, on verra ce que raconte celle-ci. Il reste le manque. Il me manque. Je commence tout juste à entrer parfois dans mon appartement sans ressentir très fort la présence de son absence. J’ouvre la porte et le vide me saute à la figure. Ça diminue un peu, mais c’est encore là.

Le pire c’est le soir. Oscar, il m’attendait sur le lit. Je me couchais, il s’installait contre moi. Avant Oscar, il y avait Quintus. Et Tounsi, moins longtemps. Avant, Bagha. La chose la plus étrange dans cette période de deuil c’est que le cri intérieur de ma peine disait souvent “Bagha” au lieu de “Oscar”, surtout les premiers jours. Pourquoi? La mort de Bagha, c’est tellement loin. Il y en a eu tant d’autres depuis.

Oscar, il a gagné mon coeur en étant lui, évidemment, mais aussi au début parce qu’il me rappelait Bagha. Un grand matou tigré et blanc, bien dans ses coussinets, qui ne se laisse pas démonter par la vie. Aussi, après la mort de Bagha, je me suis retrouvée “sans chat chez moi“, comme aujourd’hui. Voilà peut-être d’où vient cet écho.

Quelque part dans ma tête, j’ai “home is where the cat is”. C’est une de mes définitions du chez-soi. J’aimais rentrer chez moi, être chez moi, aussi parce que c’est là qu’est le chat (ou les chats). Et donc c’est tristounet, ici. C’est vide. Il n’y a plus que moi et les plantes. Il ne se passe rien en-dehors de moi. Un jour, Juju passera du temps ici, mais pas encore. Donc en attendant, c’est juste moi.

Au-delà de l’attachement que j’avais pour Oscar, il y avait le rôle structurant que jouait sa présence dans mon quotidien. Une structure lourde parfois, mais qui avait aussi beaucoup de positif, d’autant plus dans un contexte post-accident où mon fonctionnement exécutif galère encore plus qu’avant et où je ne travaille encore qu’à temps partiel, en télétravail la plupart du temps. Les ancrages externes des horaires des soins, des habitudes du chat, et même de l’impulsion d’aller voir comment il va: tout ça est loin. C’est une vraie perte de repères.

Le pire, c’est le soir, je disais. Ma gestion du temps nage la brasse, ma sensation du temps la brasse coulée. Dans une période où le sommeil est critique à ma convalescence, je n’arrive plus à tenir le rythme que je souhaite. Je me retrouve à me coucher à 2h, à 3h du matin. Je suis lente, désorganisée, coordonner les actions diverses d’une étape du quotidien me demande beaucoup plus d’efforts qu’il y a un mois. C’est normal. Un deuil, même sans commotion dessous, ça entraine des perturbations cognitives. Je le sais, je ne m’en alarme pas, je puise dans ce que j’ai comme patience avec moi-même et ce long processus de récupération. Mais c’est galère.

Le soir. En plus, une fois au lit, une fois qu’il s’agit d’éteindre, d’arrêter l’activité continue de la journée dans laquelle je me réfugie un peu malgré moi, qui ne me fait pas forcément du bien au fond mais qui soulage sur le moment, il ne reste plus que l’absence d’Oscar, qui une fois installé, retenait mon bras de sa patte si j’essayais de le bouger. Et je suis triste, et je n’aime pas me sentir triste, et donc j’ai encore moins envie d’aller me coucher. Tout ça, en plus du fait qu’aller dormir, ça signifie être demain matin, un nouveau jour où je vais me lever et où Oscar ne sera toujours pas là.

Le courage me fait défaut. Pas juste parce que ça fait mal, d’avoir le courage de sentir ce qu’il y a à sentir, mais aussi parce que ça fait plus d’un an que je fais des efforts, que j’en ai marre et que j’en suis fatiguée. Certes, on fait toujours des efforts dans la vie, ça fait partie de la vie. Mais ceux qu’on doit fournir quand un problème de santé bouleverse durablement notre vie, ce ne sont pas ceux de la vie de tous les jours. Alors j’ai moins de courage pour ce deuil que si je n’avais pas eu d’accident. C’est comme ça. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a quand on l’a.

Je voulais écrire hier, je me suis laissée prendre dans d’autres choses, sans trop me battre. Aujourd’hui, j’ai failli aussi. J’ai travaillé. Mon cerveau est fatigué. J’ai fait une sieste, au salon, sur mon canapé, sans Oscar, parce que demain je travaille et que je sais maintenant que même si la journée semble bien se passer, si j’ai fait pas mal bosser mon cerveau, ce n’est pas dit que demain ça aille. Donc repos. J’apprends à être proactive. C’est dur, moi qui aime faire, faire, faire. Qui avant mon accident étais déjà frustrée de tout ce que je n’avais pas le temps ou l’énergie de faire. Qu’est-ce que j’étais ingrate avec la vie!

Sieste, un exercice difficile pour moi. J’ai réussi, là, assez je trouve. Puis je me lève. Cerveau fatigué, coeur désoeuvré. Regarder ma série? J’aimerais éviter de repartir dans une longue séance de bricolage de mon assistant IA. J’ai beaucoup fait ça, ces dernières semaines. C’est prenant en tant que tel, c’est pas idéal pour mon cerveau (même si c’est pas la cata, j’ai vraiment appris à repérer quand je ralentis et ne pas lutter contre ça), et ça m’a donné du répit au milieu de ma peine. C’est un délicat équilibre, qui rappelle celui de ma convalescence: le bon équilibre entre activité et repos; le bon équilibre entre sentir et souffler. Là, ça fait un moment que je sens que je dois reprendre le temps de sentir. Il y a très longtemps, j’ai compris que quand je me voyais en train de chercher à échapper à quelque chose que je sentais, c’était signe qu’il fallait justement prendre le temps de le sentir. Et pour moi, un truc qui marche bien, c’est écrire. Dans ma cuisine, tout à l’heure, alors que je dérivais vers le frigo à la recherche un peu floue de quelque chose qui me réconforterait, j’ai bien reconnu le goût de cette volonté d’échapper.

Alors j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai commencé à écrire.

C’est pas le pied, donc. C’est pas le pied parce qu’Oscar est mort et qu’il me manque. J’ai des moments où monte cette envie déchirante de faire machine arrière, de ne pas décider qu’il est temps, de faire autrement, d’attendre encore. Je la connais bien, cette envie, et je sais qu’elle ne dit rien de ma décision, juste de ma peine. Un exercice vain et désespéré de la pensée pour avoir moins mal. Oscar me manque sur le balcon, au salon, dans ma chambre à coucher et à l’eclau. Il me manque dans le jardin où on avait pris l’habitude de faire quelques sorties. Il me manque le matin à 8h et le soir à 20h à l’heure des médicaments et des injections, et aussi à 16h et le plus tard possible avant de dormir, l’heure des anti-épileptiques qu’il léchait mélangés à une friandise dans une petite coupelle.

C’est pas le pied parce que mes journées ont perdu leur structure, et une partie de mon espace aussi. Parce que mon cerveau vient de se prendre l’équivalent émotionnel d’un nouveau choc à la tête, et qu’il rame.

Et pour couronner le tout, c’est pas le pied parce que dans la nuit de mercredi à jeudi, à 2h30 du matin, mon cerveau diminué a pensé qu’un aller-retour au salon pouvait se faire dans le noir, en étant prudente de contourner l’immense photophore en verre que j’avais déplacé au milieu du chemin pour tenir un place une lame de parquet que je venais de recoller, et a ensuite promptement effacé le photophore de la carte pour le trajet du retour, 20 secondes plus tard. Croche-pattes, photophore en miettes, un pied brièvement reposé au milieu des briques de verre pour reprendre l’équilibre, un gros morceau de verre planté dans le pied, une coupure nette et profonde de 8mm qui pisse le sang, un pansement compressif improvisé avec un mouchoir sale et une chaussette qui trainait par là (merci en passant au 30 ans de judo, tout ça sur un pied), et un week-end de l’Ascension en béquilles. Tout fait sens, franchement.

Le pied n’a rien de grave et guérit bien, j’espère être en mesure de marcher un peu dans le quartier d’ici quelques jours. Oscar est toujours mort, et mon cerveau bat toujours de l’aile. L’eclau n’est pas rangé comme je l’aurais voulu – pas commode en béquilles ou à cloche-pied. Je suis allée voir les iris à Vuillerens, quand même, en béquilles et en bonne compagnie, sous la pluie.

J’essaie de reprendre le contrôle de mon sommeil. J’essaie de trouver le courage de ralentir, mais quand je vois comme je me sens maintenant, je comprends pourquoi c’est si dur. J’aimerais qu’Oscar soit là. Lui faire un massage d’oreille. Poser ma tête sur sa poitrine – a sa consternation sûrement, mais tant pis.

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  • Ghosts in the Heart [en]
    [en] In the days of early grief, the pull towards the being you lost is still there. It pulls at your heart but has nowhere to go. It is a ghost. A ghost of habits and rituals, a ghost of familiarity, who feeds on unmoored love – another name for grief.  Like a phantom limb in your life, it makes you feel, it makes you want, it can almost make you speak. You stop yourself, of course, because there’s nothing there, nothing left. Nobody to check on, nobody to touch, nobody to look at. Nobody t
     

Ghosts in the Heart [en]

8 mai 2026 à 02:47
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In the days of early grief, the pull towards the being you lost is still there. It pulls at your heart but has nowhere to go. It is a ghost. A ghost of habits and rituals, a ghost of familiarity, who feeds on unmoored love – another name for grief. 

Like a phantom limb in your life, it makes you feel, it makes you want, it can almost make you speak. You stop yourself, of course, because there’s nothing there, nothing left. Nobody to check on, nobody to touch, nobody to look at. Nobody to love you back.

In the days where grief is young, where reality is ripped apart from what is true, the truth inside us hangs on to its last shuddering breaths, unwilling to fold into reality and offer peace. For truth is made of actions and feelings more than words or ideas, and keeps trying to draw us towards the one who is gone. The presence of absence takes up all the space.

The pull is sometimes so strong that we hear them speak or think we have seen them. These ghosts are within us, like rogue processes that have lost their purpose but will not stop running. 

They make for strange times, which don’t last that long. Sometimes a few weak echoes follow you down the weeks or even the years, but few and far between, nothing like those first few days in a foreign life. The life without.

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  • Les invités moins attendus en temps de deuil [en]
    [en] Voilà, il est là. Il est là, le soulagement. Je savais qu’il serait là. C’est normal, après des années de soins, d’inquiétude, de peur de ce qui allait arriver. C’est normal d’être soulagé de ne plus porter ce poids. Il est arrivé plutôt rapidement, le soulagement. Mais je n’ai pas fini d’être triste. Je ne suis pas vraiment prête à me sentir soulagée. En plus, le soulagement il arrive accompagné de sa copine la culpabilité. Bien sûr, parce que quand son chat vient de mourir, on ne va q
     

Les invités moins attendus en temps de deuil [en]

6 mai 2026 à 17:39
[en]

Voilà, il est là. Il est là, le soulagement. Je savais qu’il serait là. C’est normal, après des années de soins, d’inquiétude, de peur de ce qui allait arriver. C’est normal d’être soulagé de ne plus porter ce poids.

Il est arrivé plutôt rapidement, le soulagement. Mais je n’ai pas fini d’être triste. Je ne suis pas vraiment prête à me sentir soulagée. En plus, le soulagement il arrive accompagné de sa copine la culpabilité. Bien sûr, parce que quand son chat vient de mourir, on ne va quand même pas se sentir soulagée.

Alors que si, en fait.

Miss Culpabilité, elle veut te faire croire que quand elle débarque, c’est que tu as mal fait. Que tu es coupable de quelque chose, que tu as failli. Mais c’est pas vrai. Elle se pointe en opportuniste, histoire de voir. Elle surfe sur le sillage de M. Soulagement, parce qu’elle sait qu’il n’est pas vraiment prévu au programme, pas invité à la fête, quand on a encore la mort en travers de la gorge.

Je sais qu’elle est là juste comme ça, en passagère clandestine, en imposteur, même. Elle sait qu’on préfère souvent se donner des coups de pied que de sentir des choses difficiles ou moins familières. Je ne lui sers ni à manger ni à boire, mais voilà, elle est quand même là. Il faut faire avec, et c’est normal aussi.

Je ne veux pas de cette légèreté inhabituelle dans ma vie, même si elle est plaisante. C’est là qu’est la brèche dans laquelle elle se glisse.

Ne pas avoir à me soucier des horaires. Ne pas me demander où il est, ne pas aller voir comment il va, ne pas me demander s’il est confortable, s’il veut quelque chose, si je peux faire plus ou si je devrais faire moins. Ne pas faire les mille petits gestes du quotidien qu’on fait de bon coeur quand on aime un petit être fragile et vieillissant. Ne pas avoir peur, peur de le perdre, peur de faire faux, peur de me tromper, peur de ne pas faire ce qui est juste pour lui, peur qu’il souffre sans que je m’en rende compte, ou plus que je ne m’en rends compte, peur de l’après, où le soulagement et sa copine la culpabilité viendront essayer de me faire croire que s’ils sont là bien confortablement installés sur mon canapé à se partager un jus d’orange, c’est que je ne pouvais pas l’aimer tant que ça, mon vieux chat, et donc que ce n’est pas si grave, qu’il soit mort, alors que si – je l’aimais tant que ça, leur présence ne dit rien de mon amour et de mon attachement, dit en fait au contraire tout de combien il a fallu qu’il soit grand pour me permettre d’accueillir dans ma vie, avec enthousiasme malgré leur coût, les contraintes et les responsabilités qui se sont maintenant envolées avec lui, ce qui me vaut leur visite.

Je n’ai pas fini d’être triste, ni de me débattre avec la fin de l’existence pour tout être sur cette terre. Je n’ai pas fini de regretter son absence et d’avoir mal quand je pense à lui. Mais je commence à pouvoir, malgré tout, m’autoriser à apprécier un peu la légèreté retrouvée. Ce n’est pas incompatible, même si c’est très déroutant.

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  • Un univers parallèle sans Oscar [en]
    [en] C’est très déroutant. J’ai l’impression d’avoir été plongée dans un univers parallèle, à la fois familier mais pas tout à fait juste. Je suis régulièrement saisie par le sentiment d’avoir oublié quelque chose, par le besoin d’aller vérifier quelque chose, d’une absence anormale. Je sens le soulagement qui pointe le bout de son nez, une fois l’orage de tristesse passé, quand les nuages se dissipent, immédiatement remis à sa place par les doutes et la culpabilité, une impression diffuse d’av
     

Un univers parallèle sans Oscar [en]

4 mai 2026 à 06:38
[en]

C’est très déroutant. J’ai l’impression d’avoir été plongée dans un univers parallèle, à la fois familier mais pas tout à fait juste. Je suis régulièrement saisie par le sentiment d’avoir oublié quelque chose, par le besoin d’aller vérifier quelque chose, d’une absence anormale. Je sens le soulagement qui pointe le bout de son nez, une fois l’orage de tristesse passé, quand les nuages se dissipent, immédiatement remis à sa place par les doutes et la culpabilité, une impression diffuse d’avoir fait quelque chose de terrible.

Les gamelles dans l’évier, je leur en veux d’être là. Les sachets de nourriture dans la boîte dans le couloir, aussi. Les tiroirs pleins d’affaires, les paniers dans le salon, sur le lit, sur le balcon, les petits escaliers pour chat. Je les vois et je leur en veux. Je leur en veux d’être là alors qu’Oscar n’est plus là.

A la mort de Tounsi, je me souviens d’en avoir voulu à Quintus d’être encore en vie. C’était une réaction qui n’avait aucun sens pour moi. J’aimais Quintus. Certes, il aurait été dans l’ordre des choses qu’il meure avant Tounsi. Mais il n’avait rien à voir dans la mort de Tounsi, il n’y pouvait rien, pourquoi donc est-ce que je lui “en voulais”?

Je crois que je comprends, maintenant, face aux gamelles et aux boîtes de médicaments et au stylo d’insuline dans le frigo. L’existence de chacun de ces objets met en relief l’absence d’Oscar. Ils me renvoient aux gestes que je ne ferai plus, aux moments partagés que je n’aurai plus – ils sont les témoins très concrets, à travers leur présence et leur inutilité, de la part de mon quotidien arrachée par la mort. La mort d’Oscar, mon grand chat à la personnalité immense et à la volonté irrépressible, que j’ai amadoué, chéri, soigné, et qui en retour m’a offert sa confiance et un ancrage, un rythme, une présence.

Quintus et Tounsi étaient un duo. Quand il y avait l’un, il y avait l’autre. La vie de Quintus soulignait la mort de Tounsi. Je n’en voulais pas à Quintus, en réalité. C’était simplement ma réaction à la douleur que sa présence m’imposait – celle de l’absence de Tounsi.

C’est la même chose ici. Elles n’y peuvent rien, les gamelles. Pour la première fois, je crois que je comprends les personnes qui ressentent le besoin de faire disparaître toute trace de l’être aimé au plus vite. Je comprends aussi celles qui ne veulent toucher à rien, parce que la mort c’est déjà assez de chamboulement sans en plus défigurer l’espace familier dans lequel on vit, et aussi parce que tout ce qui reste, c’est aussi un moyen de rester en lien malgré l’absence.

Je suis quelque part au milieu. Hier soir j’ai rangé deux ou trois choses. J’ai poussé les escaliers qui mènent au lit, rassemblé dessus couvertures anti-chute, panier, jouets, le peigne qui trainait sur la table de nuit. J’ai empilé les dodos du salon et du balcon dans le fauteuil où Oscar aimait se tenir, jusqu’à ce qu’il y fasse une crise qui a fini par l’en faire tomber – pour ne plus jamais y remonter. Mais c’est tout. Le plus gros, ce qui est dans le chemin.

J’ai tellement d’affaires liées à Oscar. Où vais-je les ranger? Que vais-je faire de l’espace libéré? C’est là en toile de fond. Il n’y a pas d’urgence. Pas aujourd’hui, peut-être cette semaine.

Je suis très déboussolée, juste là. La quantité de messages de soutien reçus, que ce soit par WhatsApp, sur la page d’Oscar ou dans le groupe Diabète Félin, me vont droit au coeur même si juste maintenant, honnêtement, je n’arrive pas à répondre. J’ai besoin d’être seule et tranquille. Mode cocon. J’ai deux ou trois points de contact en place pour cette semaine. Ça me touche que vous pensiez à moi, et j’apprécie infiniment les offres de soutien. C’est important dans un moment comme ça. Proposer quelque chose, c’est la chose juste à faire, même si la personne en deuil n’y répond pas ou n’en a pas besoin juste là. Ne prenez pas mon silence pour du rejet ou du manque de considération – savoir que vous êtes là, que vous pensez à moi, ça compte, du fond de mon petit cocon.

Chaque chat est différent, chaque deuil aussi. Ce qui est valable un jour peut ne plus l’être le lendemain. Merci pour les bouteilles à la mer, merci d’être là.

J’ai pensé à Delphine ces derniers jours, et hier surtout. La vétérinaire qui est venue pour l’euthanasie d’Oscar la connaissait aussi, et la dernière fois qu’elle était venue ici en consultation, pour Oscar, c’était avant son décès, et on avait parlé d’elle.

Prendre la décision de faire endormir son animal adoré, c’est super dur. Mais je n’oublie jamais le ou la vétérinaire, dans l’histoire. Ce n’est pas anodin, comme acte. Ce n’est pas toujours facile – des fois plus ou moins que d’autres. Comment sont formés et accompagnés ces professionnels face à la question de la mort, avec laquelle ils sont si souvent aux prises, ça me travaille. D’autant plus après le décès de Delphine, car évidemment, on en a parlé, de l’impact de ce métier sur le rapport à la mort. Il y a certainement des exceptions, mais d’après ce que j’ai compris, c’est très largement “chacun se débrouille comme il peut”. C’est un autre sujet que celui de cet article, et qui mérite une place à lui. Mais c’était important pour moi de le dire.

J’ai mal à la tête et j’ai du brouillard dans le cerveau. Je tourne au ralenti – autant les dernières heures et minutes hier avec Oscar ont parfois semblé s’étirer à l’infini alors que je le caressais, lui parlais, ou le regardais dormir, autant depuis son décès les heures disparaissent en un clin d’oeil. Mon temps est une succession d’ellipses.

J’ai dormi, cette nuit, et celle d’avant aussi. Pas tout à fait assez, mais j’ai dormi. Je ne suis pas sortie, par contre. Il faudrait que j’aille au parc, au moins. Mais dans cet univers parallèle sans Oscar, le ciel est gris et l’orage menace. Le peu de batterie sert à me faire à manger, et il ne m’en reste plus pour braver les éléments. Il va falloir attendre que ça se recharge.

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  • Ce matin avec Oscar la Star [en]
    [en] Dernière nuit, dernier matin. Dernière injection d’insuline. Derniers médicaments du matin – je lui donne un Cerenia entier, parce que c’est le dernier de la boîte, et sait-on jamais, il sera peut-être un poil mieux qu’avec un demi. Et si c’est pas le cas, c’est pas comme si je devais garder la moitié pour demain. J’ai sorti mon pilulier, celui que j’ai acheté après mon accident, quand j’ai réalisé que mon pauvre cerveau n’était régulièrement plus au clair sur où j’en étais avec ma pris
     

Ce matin avec Oscar la Star [en]

3 mai 2026 à 05:41
[en]

Dernière nuit, dernier matin. Dernière injection d’insuline. Derniers médicaments du matin – je lui donne un Cerenia entier, parce que c’est le dernier de la boîte, et sait-on jamais, il sera peut-être un poil mieux qu’avec un demi. Et si c’est pas le cas, c’est pas comme si je devais garder la moitié pour demain.

J’ai sorti mon pilulier, celui que j’ai acheté après mon accident, quand j’ai réalisé que mon pauvre cerveau n’était régulièrement plus au clair sur où j’en étais avec ma prise de médicaments. Ça fait longtemps que je ne l’utilise plus. Mais là, tout comme hier à la Migros j’ai acheté ce que j’appelle de la “nourriture d’urgence”, je l’ai sorti, en me disant que peut-être cette prochaine semaine ce ne sera pas du luxe de ne pas avoir à me demander si j’ai bien pris mes médicaments ou pas.

Hier après-midi, après sa dernière crise, quand le Valium a commencé à faire effet, Oscar a fait un brin de toilette. Il a même passé la patte derrière l’oreille, quelque chose que je ne l’avais plus vu faire depuis au moins… un an? deux ans? plus?

Ce matin, après avoir mangé sa pâtée avec ses médics, il a léché son plastron un petit peu. Ça aussi, ça faisait longtemps. Quelques coups de langue.

Je suis contente qu’il semble “bien”. Contente pour lui. Mais c’est si dur pour moi. Il n’a pas l’air moins bien qu’il y a six mois, juste là sur le balcon, à s’étirer un coup après avoir observé le monde extérieur à travers la jungle de plantes accrochées à la balustrade. Après sa pancréatite de l’automne dernier, dont il s’est tiré de justesse, il a repris du poids.

Il est stable, là, si on fait abstraction de ce qui se trame dans son cerveau. Si on fait abstraction des moments où brutalement, il perd conscience, perd le contrôle de son corps, convulse, se fait dessus, crie parfois. Si on fait abstraction des minutes et parfois heures qui suivent où il est désorienté, agité, clairement incomfortable, anxieux ou irritable, pas sûr d’où il est, de ce qu’il veut, et peut-être même de qui il est.

Hormis les crises, il ne semble pas trop mal. Certes, la mobilité c’est vraiment compliqué. Trois pattes pour commencer, c’est déjà pas toujours évident. Mais je me souviens, quand il est arrivé ici, à l’automne 2019, juste avant la pandémie, avant mon opération au poignet. Il sautait sur la table. Ce sont les pattes arrières qui comptent pour ça, vous me direz, et vous aurez raison. Mais il sautait sur la table, il en descendait, il se débrouillait bien.

Cela faisait moins d’un an qu’il avait été amputé, et c’était déjà un chat vieillissant. Âge incertain, estimé à une quinzaine d’années. J’avais dit “nan, il a jamais quinze ans, plutôt dix”. Aujourd’hui, j’en sais rien. Cela fait des années qu’il a passé dans la catégorie “grands seniors”. Une chère amie qui connaît les chats mieux que personne m’avait dit “autour de 15 ans ils passent un cap, côté vieillissement”. Ou quelque chose comme ça. Il y a un moment où le vieux chat devient visiblement “très vieux”. Oscar a passé ce cap il y a longtemps.

La mobilité c’est compliqué, je disais. C’est pas juste le nombre de pattes. C’est l’arthrose qui déforme ses articulations, tellement que même moi je vois sur les radios que ça va pas. Il a toute une série de traitements pour la douleur, depuis des années. Elle est bien prise en charge – en tous cas je le crois.

La douleur, chez le chat, c’est un truc qui m’obsède. Parce que je sais qu’en tant que petit animal, même si c’est un chasseur redoutable, le chat a aussi des comportements de proie. Il cache sa douleur. Il ne la manifeste pas. Le chat n’est pas non plus un animal “social” au même titre que le chien ou l’humain. Il ne dépend pas des relations avec ses congénères pour sa survie. Cela colore la façon dont il apprend, entre en relation, et communique. Il ne se plaint pas. Quand il a mal, il fait moins, il bouge moins, il ne saute plus sur la table, il dort.

Quand on voit quelque chose, c’est qu’il a déjà très mal. Alors ça m’obsède: je ne veux pas que mes chats aient mal. Quand Tounsi est mort, je n’ai pas vu qu’il avait terriblement mal pendant une journée entière, alors même qu’il était paralysé par une thromboembolie aortique. Il ne criait pas, il semblait “normal” à mes yeux. C’est seulement quand j’ai mis l’oreille sur sa poitrine que j’ai entendu que sa respiration était un peu gémissante, et que j’ai pensé à en mesurer la fréquence, et que j’ai soudain compris qu’il souffrait.

Oscar se déplace avec difficulté, même les bons jours. Trois vieilles pattes frêles, déformées par l’arthrose, dont la musculature a fondu au fil des ans. Et par-dessus ça, des problèmes neurologiques qui rendent leur contrôle de plus en plus difficile. Il y a des chances que la source des difficultés avec ses pattes soit la même que celle des crises. On ne le saura jamais avec certitude, mais c’est probable. Les pattes ne font pas forcément ce qu’il veut. Elles vivent parfois leur propre vie. Se lever, c’est devenu de plus en plus compliqué pour lui. Ses gamelles sont surélevées. Se déplacer, faut que ça en vaille la peine.

Mais il ne lâche rien, il veut quand même. Il avance, il descend les deux étages d’escaliers qui mènent à l’eclau (que je ne m’avise pas de vouloir le porter), il monte sur le canapé, essaie même parfois d’en descendre direct sans utiliser ses petits escaliers, et est capable de piquer un sprint dans le jardin afin de pourchasser un autre chat, alors même qu’une minute avant il semblait ne plus réussir à tenir debout. Comme a dit une fois une de mes voisines, en le voyant foncer sur Juju: “heureusement qu’il n’a que trois pattes!”

Alors oui, Oscar est un très vieux chat et il a la vie qui va avec. Mobilité réduite, maladies chroniques et médicaments, visites chez le vétérinaire, beaucoup de siestes et surtout, ses petites habitudes. Différents moments de la journée, différents lieux de sieste. Le balcon, le salon, la chambre, et surtout, en bas sur le canapé, avec vue directe sur le jardin et Juju dans les parages.

Du temps d’Erica déjà, j’avais dû mettre une séparation à l’eclau. Oscar avait commencé à y descendre, et un jour j’ai réalisé qu’Erica venait de moins en moins dans la “partie bureau” de l’eclau. Petit à petit, Oscar était en train de le chasser. L’espace auquel Erica avait droit à l’eclau rétrécissait, rétrécissait encore, et on allait se retrouver dans la situation où Oscar ne le laissait même plus rentrer par la chatière. J’ai donc installé une séparation amovible, qu’Erica pouvait franchir s’il le souhaitait, mais pas Oscar – pour préserver un “safe space” intérieur pour Erica.

Après le décès d’Erica, Oscar a eu accès à l’ensemble de l’eclau, et il a très vite décrété que le meilleur spot c’était le perchoir devant la chatière. Il y passait de longues heures, même des journées entières. Le mari d’une amie avait bricolé auparavant pour moi une série de plate-formes au mur pour y faciliter l’accès, tant pour Erica qu’Oscar. C’est d’ailleurs en allant récupérer Oscar sur ce perchoir, un soir, que j’ai rencontré Juju.

La nuit, Oscar dort avec moi. Au creux de mon bras, comme le faisait Bagha. Je lui ai appris. Du vivant de Quintus, Oscar dormait au salon. Je les séparais quand j’étais absente ou que je dormais. Oscar, c’est le Roi. Quand le Roi arrive, on se pousse. C’est très clair, ça, chez lui. “Poussez-vous, le Roi arrive!” avait dit le vétérinaire comportementaliste que j’avais consulté suite a une altercation entre Oscar et Quintus dont le résultat avait été que Quintus n’osait plus aller au salon. A force de patience et de persévérance, j’avais pu raccommoder un peu la relation entre les deux, mais la surveillance était de mise.

Oscar le Roi: tout le monde fuit devant lui. Erica, Juju, les chats qu’il croise dans le jardin. Au chalet, une fois, il a croisé le matou qui régnait sur le quartier. Oscar n’a eu qu’à bomber le torse, se grandir un peu, regarder férocement son rival avec un grognement et celui-ci avait déjà déguerpi, avant même qu’Oscar ne se lance à sa poursuite, oubliant le temps de quelques mètres les trois pattes et l’arthrose ainsi que l’absence de dents. Il avait déguillé en bas du talus, dignité égarée dans les herbes montagnardes, mais l’autre n’en a jamais rien su, loin depuis longtemps.

Le Roi dort avec moi, au creux de mon bras, comme je lui ai appris. Après le décès de Quintus, Oscar a eu accès à ma chambre la nuit. Comme Tounsi avant lui, il avait choisi de s’installer contre mes jambes, ou même entre elles. Je ne sais pas vous, mais moi, je ne trouve pas ça super confortable, le chat qui coince les jambes pendant qu’on dort. Quintus, lui, dormait sur l’oreiller – il avait même le sien à la fin. Ça allait aussi bien. Mais entre les jambes, c’est bof. Donc petit à petit, je l’ai convaincu de tester le creux du bras. Et c’est comme ça qu’on s’endort chaque nuit depuis.

Dans les habitudes d’Oscar, qui persistent dans sa vie de petit vieux, il y a le massage d’oreille. Quand il est arrivé ici, Oscar faisait sa toilette. Certes, certaines régions étaient compliquées à atteindre avec une patte en moins, mais il faisait ce qu’il pouvait. Il toilettait d’ailleurs toujours soigneusement son plastron et la zone où manque la patte. Pour le museau, il faisait les deux côtés avec la patte qui restait. Mais l’oreille gauche… compliqué. Il a toujours aimé qu’on le caresse sur la zone d’amputation, et frotter son oreille dans la main. Il aimait aussi beaucoup venir frotter son museau contre les orteils qui trainaient.

Comme d’autres aspects de sa vie qui se sont rétrécis avec le temps, la toilette s’est réduite au point que maintenant, une “grande toilette” consiste à lécher la patte et la passer quelques fois sur le museau. Cela fait longtemps qu’il ne fait plus véritablement de toilette. Difficulté d’accès, difficultés de mobilité ensuite, maladies et vieillissement… Malgré l’absence de toilette, son poil n’est pas si catastrophique que ça. Il n’est pas magnifique, on s’entend. Mais là, couché à côté de moi à l’ombre du drap que j’ai suspendu pour le garder à l’ombre pendant que j’écris (au fil des paragraphes le soleil est sorti et avance dans le ciel), il n’a pas le poil d’un chat à l’article de la mort. Parce qu’il ne l’est pas, même s’il l’est, en fait.

Il y a eu des périodes où j’avais réussi à faire en sorte qu’il accepte d’être peigné. Ça n’a pas été simple, il a fallu de la patience, mais on y est quand même arrivé. Quelques coups de peigne, ici et là, au fil des jours, pour entretenir un peu le pelage et éviter les pire noeuds. Là, ça fait un moment que je ne le fais quasi plus, parce que ce n’est pas agréable pour lui, et qu’on est dans une perspective de temps de vie limité.

Quand il a eu sa pancréatite il y a maintenant plus de six mois, j’ai cru que c’était fini. J’ai aussi cru qu’il allait y rester en 2021, avec sa gingivostomatite. Il y a eu plein d’autres frayeurs, plus en toile de fond. Quand il a commencé à perdre du poids. Quand son diabète s’est déréglé. Quand l’insuffisance rénale s’est pointée et a commencé à évoluer. Mais on s’en est sortis à chaque fois.

Quand il est arrivé chez moi, son diabète était sous contrôle mais moyennement régulé. Il était vieux, il avait été malade peu avant, on le pensait plutôt sur la fin. Quelques semaines plus tard son diabète était parfaitement régulé, et au printemps 2020, après plusieurs fausses alertes, il est entré en rémission. Une année plus tard, les problèmes infectieux ont débarqué. D’abord une infection importante au nez, après le décès de Quintus, et six mois plus tard, la bouche, ce qui a résulté en une extraction totale de ses dents et une mise sous cortisone qui a nécessité une reprise de l’insuline. Je vous passe les détails, mais c’était une année vraiment difficile, j’ai cru le perdre plusieurs fois – jusqu’à ce qu’on se décide à passer à la cortisone. Il est resté dix-huit mois sous cortisone, et quand on a pu arrêter, il était “toujours” en rémission, dont il est sorti un peu moins d’un an plus tard, début 2024.

Je pense que personne n’aurait parié qu’il serait encore en train de chiller sur le balcon au printemps 2026. Mais à force qu’il surmonte tout ce que son corps mettait sur le chemin, on a presque fini par croire qu’il était immortel. “Il va tous nous enterrer,” avait dit une fois en riant sa vétérinaire.

Depuis novembre dernier toutefois, quand il a fait sa première crise convulsive, l’horizon s’est rétréci. Mais là aussi: en janvier, le vétérinaire neurologue disait prudemment “des mois, mais plutôt des semaines”. On est le 3 mai. C’est pas que je tienne à battre des records ou défier les pronostics. Et je sais que le chat est un animal coriace, qui peut revenir de très loin. Mais c’est mon vieux chat et je ne veux pas qu’il meure. Donc chaque bout en plus, c’est un bout en plus, même si c’est aussi douloureux de vivre au quotidien avec l’épée de Damoclès de la maladie incurable et de perspective de la décision à prendre, quand il sera temps.

On y est. Dans quelques heures. Oscar a quitté le balcon pour s’installer sur le lit. Un changement de lieu de sieste typique. Il commence à faire chaud, là dehors. Quand je regarde Oscar juste maintenant, à l’intérieur je crie non, je n’arrive pas à réconcilier l’animal vivant et “qui va”, qui respire, flaire mes doigts et s’y frotte, au poil doux et chaud sous ma main, avec sa mort à venir, prévue et nécessaire. Alors je repense à hier après-midi, sa dernière crise, au cri qu’il a poussé et qui m’a fait accourir, à sa confusion ensuite. Je pense à celle de la nuit de vendredi à samedi, à celle de jeudi matin, à celles qui ont précédé. Je sais que ça ne peut pas s’arranger. Je sais qu’il est temps.

Mais à l’intérieur mon coeur se débat et essaie de raconter qu’il y a peut-être encore de l’espoir, que c’est trop tôt aujourd’hui, qu’on pourrait attendre demain comme initialement prévu, qu’on pourrait peut-être attendre encore parce que qui sait, il y aura peut-être à nouveau une semaine ou dix jours ou deux semaines de répit, qu’il n’a pas fini de vivre, qu’on doit pouvoir faire quelque chose…

Mon coeur se débat parce que la fin de l’existence résiste à mon entendement d’être qui existe, parce que la mort qui délivre de la souffrance ça fait sens mais ici, la souffrance n’est pas sous mes yeux ou dans les yeux mouchetés de brun du vieux chat installé dans son panier, elle est dans le futur à la fois incertain et certain de la prochaine crise qui surviendra, et la suivante, et la suivante, jusqu’à celle qui ne s’arrêtera pas.

Alors je fais un compromis, je choisis pour Oscar une mort paisible et contrôlée, je choisis de ne pas repousser l’inévitable de quelques jours ou quelques heures parce que je sais que ce temps gagné serait au service de l’angoisse et de la peur, pas de la vie ni de l’amour. Ce temps serait une coquille vide.

Mais mon coeur n’est pas convaincu. La mort et la douleur lui font trop peur.

Pendant que j’écrivais ces dernières lignes, Oscar a commencé à s’agiter un peu. Il a quitté le lit pour le salon, il s’est levé, désorienté, recouché, relevé. Recouché, relevé. Retourné sur le lit.

Une part de moi espère presque que ce soit une crise qui se prépare, parce que ça rendrait les choses plus faciles, tout à l’heure. Mais évidemment qu’au fond je ne veux pas ça, parce que je préfère qu’on puisse passer ces dernières heures sereinement, déjà, et parce que je veux qu’il vive ce qui lui reste de vie le plus confortablement possible. Je suis sûre que vous comprenez ce genre de dissonance émotionnelle.

Ce soir, quand Oscar sera mort, je m’endormirai chez moi pour la première fois sans chat, à quelques exceptions près, depuis bientôt quinze ans. Je serai seule dans un appartement dont j’ai pensé l’aménagement pas juste pour moi, mais aussi pour mon vieux chat. Qui ne sera plus là. Il y a des escaliers pour chat avec des protections pour ne pas qu’il en tombe un peu partout. Il y a des paniers à chat un peu partout. Il y a des coussins et couvertures à côté du lit parce qu’il en est tombé une ou deux fois, ces derniers mois. Il y a dans la cuisine des étagères et tiroirs entièrement consacrés à sa nourriture, à ses médicaments. Il y a une litière aux WC et une gros conteneur pour les pellets. Il y a des gamelles, il y a même un tapis dans le couloir que j’ai mis pour lui, parce que le parquet a commencé à être trop glissant à un moment donné. Il y aura tout ça, mais il n’y aura plus de chat.

Oscar n’est pas mon premier chat, ni le premier chat que je vois mourir. Mais comme chacun des autres, il est unique. Il est une vie irremplaçable et précieuse, en particulier à mes yeux. Il est mon compagnon-témoin d’une tranche de vie, un lien affectif plus stable et long que beaucoup de relations humaines. Durant six ans et demi, il a été une constante dans ma vie. Pas le chat le plus câlin de la planète, pas le champion du ronron, mais un chat avec une très grande personnalité, un warrior, une histoire singulière dont une part restera toujours un mystère, et qui s’évaporera quand son coeur s’arrêtera de battre.

Ce soir, mon appartement sera vide. Il y a des années, j’ai une définition de ce qu’est “à la maison”, “home” en anglais. “Home is where the cat is.” Il me reste Juju, mais Juju ne vit pas ici. Il vit deux étages plus bas, et dehors dans tout le quartier, surtout la nuit. Un jour, il vivra aussi ici, mais ce n’est pas encore le cas. Il va me falloir du temps, comme il m’a fallu après Bagha, pour réapprivoiser ma vie sans chat. Sans chat chez moi, s’entend. Juju est mon chat – mais Juju vit sa vie, je peux partir trois jours, mes câlins lui manqueront bien sûr, mais il est autonome. Comme l’était Erica. Ce n’est pas le même genre de relation. Si j’ai de la chance, Juju aussi sera vieux un jour. Peut-être qu’il ne courra plus les rues du soir au matin et qu’il dormira quelque part sur mon lit. Très probablement, il me tiendra compagnie la journée quand je suis chez moi. Mais ça c’est l’avenir, pas immédiat.

Je n’ai prévu grand-chose pour “après”. Jusqu’ici, je n’ai pas été le genre de personne qui ressent le besoin de tout ranger les affaires du chat dès son décès. Mais qui sait, peut-être que cette fois ce sera différent. Ou pas. Je vais être prudente avec mon cerveau dans les jours qui viennent, parce que la charge émotionnelle est également cognitive, donc le risque d’en “faire trop” sans m’en rendre compte est très présent. Je vais regarder Grey’s Anatomy. Je vais passer câliner Juju. Je vais faire ce qui me semblera bon et utile, et ne pas faire ce qui ne m’aide pas. Je vais être indulgente avec moi-même. Je vais peut-être écrire encore.

La matinée a passé pendant que j’écrivais. Je vais publier cet article, manger quelque chose, donner à Oscar de la gabapentine pour qu’il soit relax et détendu le moment venu. Peut-être que je rajouterai des photos par la suite, ou pas. Merci à vous qui m’avez envoyé des gentils messages ou témoigné votre soutien d’une façon ou d’une autre. Je ne réponds pas toujours, mais sachez que ça me fait chaud au coeur.

Il est temps d’y aller.

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  • My Very Old Oscar [en]
    [en] So here we are, another cat blog post written through tears. Oscar had three seizures this last week. Sunday 2am, Thursday 7.30am, Saturday 2am. Before that, we had two weeks without seizures, following a small one on the 12th, a kind of aftershock from the one on the 7th, that signalled another clear “beginning to the end”. We’d increased medication a month and a half before that following breakthrough seizures, and although the side-effects were important enough that they prompted us to
     

My Very Old Oscar [en]

2 mai 2026 à 04:44
[en]

So here we are, another cat blog post written through tears. Oscar had three seizures this last week. Sunday 2am, Thursday 7.30am, Saturday 2am. Before that, we had two weeks without seizures, following a small one on the 12th, a kind of aftershock from the one on the 7th, that signalled another clear “beginning to the end”. We’d increased medication a month and a half before that following breakthrough seizures, and although the side-effects were important enough that they prompted us to decide we wouldn’t increase medication any further and make end-of-care plans, it did mean we got all that extra time, seizure-free.

But this is the end. The seizures are not going to stop or “get better”. We don’t know precisely what’s causing them but given his age and their presentation, it’s likely it’s a brain tumour, or some other brain lesion. He’s a very old man. We don’t know how old he is, because he’s a rescue, but it’s quite clear he’s very old. Eighteen, 19, 20? Even if it’s “just 17”, that’s already very old. He has old eyes, a string of old cat illnesses. He’s been through a lot and I know I’ve taken very good care of him.

If it weren’t for the seizures, he’d continue living his old man life: lots of napping, some ear-rubs, a stroll in the garden every now and again, telling Juju he’s the boss (as well as other cats if he spots them on a garden-walk), and keeping up with his little habits: this bed in the morning, that bed in the afternoon, take a little sun on the balcony, go down to the coworking space, meds 4 times a day, a rotation of wet food, trips to the litter-box, and sleeping in the crook of my arm at night.

But there are the seizures, and it’s not fair to him at this frequency. The one he had two days ago lasted a good three minutes, I got it on the surveillance camera. I don’t know about the two others, but the previous big ones were a minute. Three minutes is a long time for a grand mal seizure. He loses consciousness, he pees himself, he seizes, and then he’s out of it for hours – disoriented, uncomfortable. Then he’s OK again, like now, napping on the balcony. But that’s a lot of discomfort and hours of being unwell on top of a base quality of life that, even if it’s still acceptable, is clearly diminished. And the seizures will get worse. The more you seize, the worse it gets. The seizures breaking through the medication and increasing in intensity and frequency also indicate the underlying issue is progressing. Some of you may be wondering: no, brain surgery isn’t an option for an old cat like him, he wouldn’t survive it, and even if he did, he wouldn’t manage to recover. Even putting him under general anesthesia for an MRI is not an option.

This is the end, my friend.

When Quintus died, he was much more diminished than Oscar is. Quintus was fading away. Oscar is fighting every inch of the way. He has three legs, arthritis, and neurological issues in addition to the meds that make him wobbly. But he still wants. Wants to go out, wants to hit Juju, wants to go downstairs, wants this, wants that. He is still going ahead.

I find it really hard to be putting a cat to sleep who still has so much fight and apparent will to live in him. Of course, one mustn’t anthropomorphise. Living beings keep on going as long as they’re not suffering so much that they just want the suffering to go away. Oscar doesn’t care about his life the way I do. He doesn’t know about death, he doesn’t make plans for tomorrow or next month. He doesn’t wonder if his life is worth living or not. He just is.

It’s different for me. Since Quintus had his first pancreatitis in 2016, I’ve been living with cat death hanging over me. Tounsi and Erica died rather unexpectedly. But Quintus was already becoming old back then. We weren’t sure he’d make it. He did. In 2017 he became ill with diabetes, and it seemed like that would be it. He recovered, but from then on it was pretty clear we were living on borrowed time. Each year, I’d hope he’d make it to his next birthday, without daring to count on it. He slowly declined, year after year. Oscar joined us in 2019, already old and diabetic. Quintus died in 2020, and I almost lost Oscar in 2021. Borrowed time for him too since then. Of course, through all that borrowed time, there were stable periods – both for Quintus and Oscar. But you know it’s just a reprieve.

Caring for old sick cats also means daily medications, vet visits, and elderly-proofing the home. So much in my flat is “designed for Oscar”. There are kitty-stairs everywhere. Two feeding stations. The huge litter-box. The beddings. And since the seizures started in November, rectangular absorbent pads under each of them. When you need to give injections 12 hours apart, or anti-seizure medication 8 hours apart, that constrains your personal schedule. Being absent requires either making concessions with the treatment (which I have done at times for the insulin injections when he was doing well) or finding people to take over (which I’ve also done regularly). Then there’s the fact that having an old pet who might die pretty much any time kind of dampens the desire to be away.

Once Oscar is gone, which might be today, or sometime in the next few days, most probably, a whole lot of “stable” things my life revolves around will be gone too. No more medication schedules. Put away the kitty stairs and beddings and the feeding stations and the litter box. Sure, Juju will be coming to the flat in time (he doesn’t right now), but he won’t need all this. A bowl of water, a blanket or a small bed somewhere, but maybe even not that — he tends to prefer sleeping rough. His death will not just break my heart, as all deaths do, it will also break my living environment and my daily routines.

Then there are the vets. Oscar has had regular vet visits for years now – every four weeks, then every three weeks. His veterinary osteopath also comes by every month — she used to come for Quintus already back in the day. Juju might need some more osteo sessions, but he definitely won’t be going to the vet much. Travel is a major source of stress for him, and I have another vet who does home visits come for him. So here are two people, whom I really like and have been seing regularly for years, who will drop out of my life when Oscar dies. I won’t just be losing him, but them too. So, sure, you can drop in at the vet practice once in a while with a cake or some cookies, but it’s not like you can sit and have a cup of tea with your ex-vet every couple of months. I get it. It’s a professional relationship. But it’s a human relationship too, and I’m really sad about that too.

There will be relief of course, and freedom. But a lot of loss.

When I look at Oscar right now sleeping next to me on the pillow like he often does, it feels unreal. Life is perfectly normal in this instant, and it’s going to be upended, and I don’t yet know when, but I’m going to be making that decision soon with the vet. It feels like the moment before you tell somebody you’re breaking up with them, when they didn’t see it coming. It feels like being on the 10-metre platform and having to decide when to jump.

Edit: his vet called back. She’ll be coming Monday 5pm. I’m so grateful she can come for this – and so devastated too.
Edit again, 17:15: I don’t think we’ll last till Monday. He had another seizure a couple of hours ago. Am in contact with vet to see how we manage things.
Edit after vet call: organising it for tomorrow afternoon, 2-3pm or so.

I’m going to miss him. I feel so sad. I wish there was a way around this. But there isn’t. We all die. Everybody dies. Our pets die before we do, pretty much every time. Some part of me wishes he looked more like he was dying – but on the other hand, I don’t wish him to feel crummier than necessary for whatever time he has left. It’s clearly better for him this way, even if it’s harder for me.

As I finish writing this, he’s coming to rub his face on the corner of my screen, before heading down his kitty stairs to grab a bite – and then get on with his old-cat-day.

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  • La clé du véritable assistant IA: l’infrastructure IA personnelle (PAI) [en]
    [en] Même si je ne suis pas en train de vibe-coder à tour de bras, j’ai bien sauté dans le train côté IA. Depuis deux ans environ, je dis que ce que je ressens concernant l’importance et le potentiel de l’IA générative est quelque chose que je n’ai pas senti depuis ma découverte d’internet il y a 20-25 ans. Et là mes amis, j’ai l’impression de m’être pris un train en pleine figure. Enfin, je le vois arriver depuis un moment, le train, mais là il est sur moi. Mon vieux pote Jens-Christian vie
     

La clé du véritable assistant IA: l’infrastructure IA personnelle (PAI) [en]

17 avril 2026 à 16:01
[en]

Même si je ne suis pas en train de vibe-coder à tour de bras, j’ai bien sauté dans le train côté IA. Depuis deux ans environ, je dis que ce que je ressens concernant l’importance et le potentiel de l’IA générative est quelque chose que je n’ai pas senti depuis ma découverte d’internet il y a 20-25 ans.

Et là mes amis, j’ai l’impression de m’être pris un train en pleine figure. Enfin, je le vois arriver depuis un moment, le train, mais là il est sur moi. Mon vieux pote Jens-Christian vient de me montrer, en live (bon, par visio) à quoi ressemblait son assistant IA et l’infrastructure (PAI) qui le rendait possible. Je vais vous expliquer tout ça en français, ne vous en faites pas, mais sachez déjà qu’en gros, le fameux “assistant IA” qui est véritablement capable de nous aider à organiser nos vacances, choisir un menu pour ce soir, nous briefer pour préparer notre journée, garder le fil de nos multiples projets et évidemment, automatiser notre administratif récurrent, sans juste faire semblant qu’il en est capable – eh bien on y est.

Je précise d’emblée, parce que le dégueulis d’IA – je sais pas comment traduire mieux “AI slop” – envahit non seulement le web, les réseaux, nos conversations WhatsApp et les blogs, que j’écris ce texte avec mes dix petits doigts sur mon clavier. Le jour où je vous refile un truc “écrit avec IA”, je vous le dirai, et je vous dirai aussi “combien écrit avec l’IA” c’est.

OK. Maintenant j’explique pourquoi je suis en train de vous dire que l’ordinateur de Star Trek, c’est déjà aujourd’hui. Enfin avant, un petite digression préalable.

On le sait bien: ce qu’on appelle aujourd’hui “une IA”, c’est en fait un “LLM” (Large Language Model). C’est une intelligence artificielle (un type de programme) qui produit des mots. En très simplifié, c’est du texte prédictif dopé. Le LLM, il ne fait qu’une chose, à la base: il regarde le “contexte” (le texte déjà écrit) et fait une prédiction statistique sur le prochain mot. Et le prochain. Et le prochain. L’IA (le LLM) ne “sait” rien. C’est juste une machine à aligner des mots. Mais ce qui est dingue, c’est que cette machine est capable de produire du texte que l’on reconnaît comme “discours”, et qui nous donne le sentiment d’être en train de parler à une vraie personne. C’est le côté “chatbot” ou “interface conversationnelle”. Ça veut dire que pour faire faire des choses à une machine, aujourd’hui, on peut simplement lui expliquer avec nos mots – pas besoin de cliquer sur tel bouton, donner telle commande, utiliser un langage de programmation. On dit quelque chose, et quelque chose se passe.

Si vous avez déjà l’habitude de fréquenter Claude ou ChatGPT, vous savez comme ça va. On chatte avec, et on est tour à tour bluffé (quand ça marche) et désespéré (quand ça marche pas). On se casse vite le nez sur les limites du truc, il nous dit un truc qui est faux, et on se dit qu’il est bien con et que l’IA, ça ne marche pas si bien que ça. On pense aux rêves qu’on avait de pouvoir dire à notre IA “fais ma déclaration d’impôts” ou “planifie mon projet” (pourquoi pas “fais mon job”, pendant qu’on y est), ou plus modestement, “envoie les factures vétérinaires à l’assurance pour qu’ils remboursent”. L’IA nous promet monts et merveilles mais ne livre pas toujours – d’autant plus si on se contente de lui parler dans une conversation qui s’allonge à l’infini, qu’on ne comprend comment travailler avec la fenêtre de contexte, que les skills ça nous dépasse, qu’on ne maîtrise pas les subtilités du prompting et qu’on n’a pas encore fait le pas d’organiser nos interactions en projets ou d’essayer Cowork. On entend bien ceux qui développent des trucs incroyables à l’aide de l’IA, mais bon, on n’est pas tous développeurs, et franchement les résultats médiocres qu’on obtient nous laissent penser que c’est beaucoup de hype, toute cette histoire. On est d’accord?

Et là au milieu, je suis en train de vous dire (je vous promets j’ai pas fumé) qu’en fait oui, l’IA est bien capable de nous offrir cet “assistant digital” dont on rêve. Je crois franchement qu’on y est. Mais c’est pas “en chattant avec Claude”. Et il n’y a pas besoin non plus d’apprendre à programmer pour y arriver.

La clé, c’est cette infrastructure mentionnée en début d’article: PAI. C’est pas une “alternative” à Claude ou ChatGPT ou Gemini. C’est un système qui se construit dessus. Une collection d’instructions pour IA et de scripts (comme des mini-programmes) qui vont tourner sur l’ordinateur.

Comme dit plus haut, une IA ne “sait” rien. On peut lui donner une liste de tâches en début de conversation, en rajouter 3 nouvelles, parler de la pluie et du beau temps, et lui redemander les tâches 10 minutes plus tard, et il y a fort à parier qu’il y aura une erreur dans la liste. Qu’elle reconnaîtra de bonne grâce quand on la lui fera remarquer. Par contre, si au début de la conversation on lui demande de créer un fichier contenant cette liste, et que deux jours plus tard on lui demande nous lire la liste qui est sur le fichier, là, ça marche. Suivant quelle est votre expérience dans l’utilisation de l’IA, vous avez peut-être fait ce constat de vous-même: c’est vachement plus fiable de faire mettre des infos dans des fichiers, de faire écrire des scripts pour extraire de l’information d’un document ou d’un tableau de données. Et d’ailleurs, aujourd’hui, votre “Claude chatbot” le fera spontanément ou vous le proposera, suivant ce que vous lui demandez.

Donc: l’assistant IA de nos rêves, c’est pas “juste” une IA, c’est surtout des tas de scripts et des fichiers contenant des informations. Et bien sûr quand même une IA, pour interagir avec nous (la fameuse “interface conversationnelle”) et faire évoluer le système en fonction de nos besoins.

Vous êtes encore là? Soyons un peu concrets. PAI c’est donc un truc qu’on télécharge sur son ordi et qui une fois lancé, va premièrement installer ce dont il a besoin (y compris Claude Code si on ne l’a pas déjà). Ensuite, quand on le lance, il va nous prendre par la main (via l’interface conversationnelle, donc en discutant déjà avec l’IA) pour le configurer et démarrer avec. Oui, il faut taper un truc dans la ligne de commande, il y a un premier pas ou deux un peu geek, mais après, c’est “juste du blabla” comme on a l’habitude de faire normalement avec une IA.

Ce qui fait que PAI c’est pas “juste une IA”, c’est que c’est un système prévu pour créer ce dont vous avez besoin de votre assistant. On ne vous livre pas une voiture: on met à votre disposition tout ce qu’il faut pour concevoir et produire la voiture qui correspond exactement à vos besoins – les ingénieurs, les designers, les mécanos, l’usine de production, et aussi le chef de projet qui va vous prendre par la main pour vous aider à décrire la voiture dont vous avez besoin. PAI c’est ça.

L’infrastructure comprend un système et une structure pour stocker des infos de contexte vous concernant – pas juste la façon dont vous aimez que l’IA vous parle, mais aussi vos valeurs, vos domaines d’expertise, vos préoccupations et buts dans la vie. Et pas sous forme de laborieux champs texte à remplir. L’IA va vous interviewer, ou dans mon cas, avaler mon blog, et en tirer les informations pertinentes. Ou pas, si on veut pas. L’infrastructure comprend aussi des processus: en particulier, comment développer un système dont vous avez besoin.

Un exemple en guise de démo (on a fait ça en direct avec Jens-Christian et son assistant pendant notre visio): un truc dont je rêve, perso, ce serait un système qui est au courant de ce que j’ai dans mon frigo et mes armoires, de ce que j’aime manger et cuisiner, et qui puisse me dire “ah ben ce soir, tu pourrais te faire ceci ou cela”. Pour de vrai, c’est une grosse charge mentale chez moi ce genre de truc. Donc hop, on soumet cette idée à l’assistant. J’ai deux ou trois idées en plus: si je donne à l’assistant mes tickets de caisse de courses, il pourrait savoir ce que j’ai acheté comme nourriture. Et si je lui montre ce que je mange ou me cuisine, il pourrait en déduire ce que j’ai utilisé. Peut-être de temps en temps il faut lui faire une photo du frigo ou de l’armoire pour vérifier si son inventaire est à jour. Et il pourrait aussi avoir à dispo une collection de recettes que j’ai faites, et d’idées-repas (j’ai commencé à compiler ça, manuellement). On donne donc ces infos à l’assistant, et on observe. Honnêtement, c’est là que je me suis retrouvée sur le cul.

PAI comprend donc un processus, ou une méthode, pour approcher ce genre de demande: clarifier à quoi ressemblerait le système fini, puis, selon une logique similaire au “rétro-planning” (du reverse-engineering, en fait) il produit un concept, les différentes parties du système à créer, évalue de quelle façon les créer (scripts, IA, quels outils sont à disposition, parce que bien sûr il sait quels outils on a sur l’ordi et ce qu’on a l’habitude d’utiliser), à quoi ressemblerait une version minimale fonctionnelle du système (le “MVP”=minimum viable product du jargon dev/business), et (après feu vert bien entendu) produit un prototype. En dix minutes, on avait un prototype interactif à qui je pouvais demander quoi manger ce soir, après avoir rempli une liste bidon de ce qui était dans mon frigo – et surtout, un plan pour développer le reste du système.

Avant aujourd’hui, j’avais prévu d’écrire un article sur ce que j’étais en train de faire avec l’IA en ce moment. Je me suis mise à Cowork, et je suis en train de créer un système qui m’aide à garder le fil de mes multiples projets en cours. Pas juste à savoir où j’en étais et quelle était la prochaine chose à faire quand je reprends un dossier trois semaines après l’avoir laissé en plan, mais aussi à avoir une vue d’ensemble du “portfolio de projets”. Dans mon système, il y a un fichier dans lequel je note les unes derrières les autres toutes les idées qui me passent par la tête, et ensuite il y a un script (et un peu d’IA) qui avale ce fichier et qui dispatche chaque idée ou info dans une sorte de boîte de réception pour le projet en question.

Exemple (parce que c’est mieux les exemples). J’ai trois tonnes de fichiers d’archives pas mal en bordel sur deux disques durs externes. Ça prend beaucoup de place, et je sais qu’il y a du contenu dupliqué, mais pas où et lequel. Je suis donc en train d’utiliser Claude pour m’aider à faire ça de façon méthodique. Donc ça c’est un de mes projets avec Claude. Mettons que pendant qu’on est en train d’avancer dans ce projet, je me retrouve dans le dossier qui contient les sauvegardes des vidéos live que j’ai faites sur Facebook. Il y a celles des chats diabétiques, mais aussi des vidéos sur d’autres sujets et dont je voudrais faire un article dans le blog. Comme je suis en grande conversation avec Claude, je mentionne ça, et peut-être que j’évoque les 3-4 articles que j’ai en tête, pour qu’il en prenne note. Il va noter ça (parce que je lui ai donné des instructions dans ce sens à l’aide d’un skill) dans le fichier “de sortie” du projet, prêt à être importé dans le fichier d’entrée du projet “idées pour le blog”. Ou alors, je suis en train de faire à manger et une idée de génie pour l’aménagement de mon balcon me traverse le cerveau: je la note rapidement dans mon fichier central, sachant que Claude rangera cette info au bon endroit.

Donc créer ce genre de système, avec Cowork, c’est possible, mais je fais beaucoup manuellement. Je micro-manage beaucoup. Je dois être directive, parce que sinon Claude me dit “ouais ouais c’est bon je m’en charge, c’est super simple” et en fait… non.

Avec PAI, il y a déjà des instructions et des “compétences” (skills) dans l’infrastructure exprès pour que créer ce genre de système se fasse bien et simplement. C’est donc une boîte à outils, accessible via le chat, qui nous permet de “forger” le système dont nous avons besoin – créer l’assistant qui va simplifier les tâches à peu de valeur ajoutée de notre quotidien, ou celles qui sont difficiles pour nous, qui va nous permettre d’avoir plus d’énergie à disposition pour les choses qui comptent pour nous.

Je vais gentiment prendre congé de vous pour aujourd’hui, parce que ça devient un article-fleuve (qui plus est pas super bien structuré et clair peut-être) et que mon cerveau n’a plus beaucoup de batterie. On va en reparler quand je sauterai le pas (dès que j’ai un peu de temps à dispo) pour installer PAI chez moi.

Juste deux mots de prudence avant de clore:

  • Claude Code, Cowork, PAI: des outils puissants mais qui présentent également des risques côté sécurité. Ce n’est pas une bonne idée, aujourd’hui, de laisser votre IA contrôler votre navigateur web, de lui donner libre accès à vos fichiers ou à votre e-mail, surtout si vous ne comprenez pas bien les enjeux sécuritaires
  • faire tourner quelque chose comme PAI “coûte” en termes d’utilisation d’IA – tout comme ça coûte de faire produire des images par l’IA, des pages de code, de manipuler des fichiers sur un disque dur, de lire des PDFs de 500 pages… sur un plan gratuit, oubliez; même un plan à 20.-, c’est probablement bien chaud

Quelques liens (en vrac parce que je suis trop raide):

  • ✇Climb to the Stars
  • Anthropic payment woes – resolved [en]
    [en] TL;DR: enter card details manually, not using Link, if you need to change your payment method and it’s stuck. Three days ago my Claude Pro subscription was up for renewal but I’d forgotten to top-up the prepaid credit card I use for this. It was (logically) declined and my subscription was suspended.  I was using Link as the payment method. No sweat, I thought, I’ll top up the credit card and “try again”. No luck, still declined.  Cool cucumber, I’ll just use another card this
     

Anthropic payment woes – resolved [en]

13 avril 2026 à 14:59
[en]

TL;DR: enter card details manually, not using Link, if you need to change your payment method and it’s stuck.

Three days ago my Claude Pro subscription was up for renewal but I’d forgotten to top-up the prepaid credit card I use for this. It was (logically) declined and my subscription was suspended. 

I was using Link as the payment method.

No sweat, I thought, I’ll top up the credit card and “try again”. No luck, still declined. 

Cool cucumber, I’ll just use another card this month. Clicked through to select an other payment method, but… once I was back on the Anthropic payment screen, the active payment method displayed was still the first card that had been declined.

What I did:

What I got:

Then I went a bit wild. I tried to change the payment method again. I went into Link and removed the card, leaving only the second one, but the payment was still attempted by Anthropic (Link?) with the card I had removed 🥴 

I logged out of Link and back in. I even tried Apple Pay. My card transaction statement shows a string of $0 card checks, and my inbox is full of e-mails telling me my payment was unsuccessful, but that is all that there is to show for these efforts. Whatever card I chose, Anthropic insisted on trying the same one again and again.

At some point, inspiration hit and I tried settling the open subscription invoice from inside Link directly, with my other card, instead of through the Anthropic billing screen. That worked! 

But I wasn’t out of the woods. I wanted to buy some extra usage (I know, I know). The same frustrating dance started again, to no avail. 

I decided to let it rest 24 hours and try again.

I tried again today. Same same.

In desperation (of course I’d already had a frustrating chat with Fin the Anthropic “support bot” and sent an e-mail to support) I tried chatting up the Link support chatbot. It confirmed that there was indeed a trace of the failed purchase on their side. At least something! I requested a human, and started chatting up my credit card’s support too, as I now had a clear indication that the purchase request had left Anthropic’s walls.

I’ll spare you the hour of slow, mind-numbing, half-chatbot-half-human support chats. You’ve been there I’m sure. There would be a lot to say.

In the end, after going around in many more circles, here is what worked:

  • I clicked to change the payment method on checkout on the Anthropic site
  • I disconnected Link in there
  • I entered my card details manually

What I did (notice how I’m not signing into Link here):

What I got (notice how this time I actually did manage to get it to switch to the Mastercard and drop the Visa!):

Lo and behold, the payment went through! 

(This is the second card, mind you, I’m not that crazy. Next step, before my next subscription invoice comes around, will be to try and make a purchase with the initial – preferred – card. Maybe by then the e-mail the service cyborg promised with details of why the transaction failed will have reached me.)

Sharing this in hope it can spare at least one other person some headaches.

See on Reddit.

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  • The Wild Magical World of AI (LLMs) [en]
    [en] End 2024 is when I really started to get going with “AI” (or LLMs – I know saying “AI” is kinda wrong, but there seems to be no good way to escape it right now). I’d been dabbling a bit before that: as a search engine, to help me with my excel formulas at work, or translating an e-mail here or there. But over that Christmas break, I realised it went further than that: helping me manage my tasks; keep lists updated; make sense of my investment portfolio; troubleshooting technical stuff that
     

The Wild Magical World of AI (LLMs) [en]

5 avril 2026 à 10:59
[en]

End 2024 is when I really started to get going with “AI” (or LLMs – I know saying “AI” is kinda wrong, but there seems to be no good way to escape it right now). I’d been dabbling a bit before that: as a search engine, to help me with my excel formulas at work, or translating an e-mail here or there. But over that Christmas break, I realised it went further than that: helping me manage my tasks; keep lists updated; make sense of my investment portfolio; troubleshooting technical stuff that’s above my pay-grade; and build actual systems to do stuff. I didn’t really know what I was doing, but I saw enough to find it really exciting. I was quite busy with work and life during that period, and not finding time to blog much.

And then I had a skiing accident. Everything stopped, but in time, as I started becoming more functional, I turned back to playing with AI some more, doing a little more vibe-coding too. Excitement grew. But I was also hitting limitations, fed up with the sycophancy, context bloat, hallucinations and endless rabbit-holes. Oh, and really sick of AI slop. (Really: nobody wants to read your AI slop, people.) But the exciting was still there, I was just biding my time. Integrations, agents and AI-powered browsers showed up, with the security risks that are bundled in. I was tempted but stopped myself. And a few loved ones.

Three articles amongst many that tell cautionary tales. I have more to say, particularly about the brain fry one, but not today.

https://brave.com/blog/comet-prompt-injection/ https://hbr.org/2026/03/when-using-ai-leads-to-brain-fry https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2026/mar/26/ai-chatbot-users-lives-wrecked-by-delusion

Recently, like many others, I jumped ship from ChatGPT to Claude. I’d been thinking about it for a while, because I have been working hard on migrating my diabetic cat community from Facebook to Discourse, and had come to the conclusion I would have to code a plugin or component or two, and it seemed obvious that Claude was the better AI assistant for that. Around that time, I read this article:

https://derekhanson.blog/tufte-blocks/

In it, the author describes one key aspect of working with AI that I had understood to be important, but that I didn’t know how to put into practice: using different conversations for different “roles” or aspects of the project. And here I had a real example.

I put that in practice (a bit as an exercise) in applying these instructions to migrate my personal context from ChatGPT to Claude. It was extremely satisfying and a great learning experience. I was itching to get going with Claude Cowork and Claude Code, but still a bit anxious. As I see it, Cowork is like being handed a powerboat when all you’re used to are the free permitless motorboats you can rent by the hour on a sunny Sunday afternoon like this one. You can really get in trouble if you’re not careful. And probably, even if you are.

I asked around a bit and Claire pointed me to this wonderful guide to Cowork. What she also explained to me is that Cowork is sandboxed, so it only has access to the folders you give it access to. That’s reassuring. And just a few days ago, Matt shipped Taxonomist, an AI-app (? what do we call these things?) that he used to cleanly recategorise all his blog posts. Unsurprisingly, categories here on CTTS have been a mess since time immemorial, and one of the things that has been clear for some time for me is that AI can help me clean things up a bit around here – in general, not just the categories. But that felt like a great way to get started seeing what the powerboat can do, with a trusted friend on board to keep me from crashing on the rocks.

So earlier today I installed Claude Desktop, downloaded the guide, and started it in Cowork. And wow. Honestly. It’s wild. My 3TB of archived files going back nearly three decades are now hopeful they will one day be deduplicated and cleaned up. Of course, I hit my usage limit (which is why I’m writing this instead of playing with my new AI friend), so I went to have a look at what something like Taxonomist really looks like under the hood. You know, open the files and read them. And it’s starting to come together in my mind. The powerboat is starting to feel like something I will be able to manage in time.

Of course, I’m not going to point Cowork at my external hard drive right now. There are still a lot of steps until I feel comfortable enough with the powerboat to attempt that. But doors are opening. My diabetic cat community migration feels more manageable. I’m hopeful I can tidy my files and clean up my blog. Come up with a system to make sharing links to the open web as easy as on Facebook. Reboot the blogosphere. And I’m sure other ideas will come along the way. I am also trying to be very, very careful about AI brain fry, as I already have my own concussion brain fry to deal with.

If you haven’t yet started learning how to use AI beyond as a proxy for Google or Wikipedia, really, it’s time to get cracking. I’m going back to Lesson 5 (honestly, just read through that page for starters if you don’t know what to do first), making a note to check out Cursor (I’m using Visual Studio Code for now) and read this article on Teaching AI to Design.

First, however: a nap.

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  • Titres, écriture, initiation de tâches, et IA [en]
    [en] Devoir mettre un titre à un article, c’est clairement un frein à l’initiation de la tâche “écrire un article”. Vous avez déjà remarqué ça? De mon point de vue, c’est aussi une des raisons pour lesquelles ce qui se racontait sur les blogs à gentiment migré vers les réseaux. Sur Facebook ou LinkedIn, nul besoin de choisir un titre pour ce qu’on va écrire. On ouvre notre cerveau et il se déverse sur la page. Pas besoin d’avoir un sujet, pas besoin d’avoir quelque chose de structuré. Juste une
     

Titres, écriture, initiation de tâches, et IA [en]

3 avril 2026 à 12:31
[en]

Devoir mettre un titre à un article, c’est clairement un frein à l’initiation de la tâche “écrire un article”. Vous avez déjà remarqué ça? De mon point de vue, c’est aussi une des raisons pour lesquelles ce qui se racontait sur les blogs à gentiment migré vers les réseaux. Sur Facebook ou LinkedIn, nul besoin de choisir un titre pour ce qu’on va écrire. On ouvre notre cerveau et il se déverse sur la page. Pas besoin d’avoir un sujet, pas besoin d’avoir quelque chose de structuré. Juste une pensée qui passe, et hop, on a publié quelque chose. Très souvent, une fois qu’on a commencé à écrire, le quelque chose prend de l’ampleur – enfin, si on est quelqu’un qui aime écrire et parler et qui a tendance à avoir des tas de choses à dire. Je ne compte plus le nombre “d’articles de blog” que j’ai en fait écrits dans Facebook ou LinkedIn, parce que je pensais que j’allais “vite partager un truc”.

Alors que sur le blog, ouh là là, on va écrire un article, faut savoir de quoi on va parler, d’ailleurs y’a qu’à voir, on commence par écrire un titre en haut de la page. Je pense que ça joue un rôle énorme dans la façon dont notre expression en ligne se déploie. Messagerie instantanée? Pas de titre, juste écrire, contrairement à un e-mail, ou un forum.

D’ailleurs, à ce moment précis, cet article n’a pas de titre. Je suis très consciente, pour ma part (TDAH oblige), à la question des freins à l’action. J’en parlais d’ailleurs tout à l’heure avec une amie alors que nous étions en balade. Ça ne date pas de mon diagnostic, cet intérêt, parce que j’avais perçu très tôt dans ma vie que “commencer était difficile”. Il y a d’ailleurs des tonnes d’articles dans ce blog sur ce sujet (si on arrive à les trouver). Mon intérêt pour la UX (avant “usability”) et le comportement animal sont deux branches de mon intérêt général pour cette problématique, en passant.

Donc cette histoire de titre, c’est sur mon radar de façon lointaine depuis des années, et de façon bien plus présente depuis la fin de l’été dernier, avec la suspension de mon compte Facebook, et le sentiment d’urgence à relancer la blogosphere et créer de véritables alternatives aux réseaux propriétaires. Je ne laisse donc plus ça m’arrêter. Soit j’écris un peu n’importe quoi, soit, comme aujourd’hui, si rien ne me vient, je laisse vide et je commence à écrire. Je trouverai bien un n’importe quoi à mettre une fois que j’aurai fini.

Parfois, évidemment, j’ai un article en tête à écrire qui a un titre. Mais souvent, j’ai des trucs à dire, pas forcément très bien organisés et très bien identifiés, mais je n’écris pas parce que ça ne fait pas “un article sur quelque chose”. J’essaie de changer ça. J’essaie de retrouver la liberté des débuts des blogs, du monde d’avant Facebook. Bien sûr, on n’est pas dans le monde d’avant Facebook. On est 20-25 ans plus tard, donc c’est clair qu’il y a des choses qui à l’époque allaient sur mon blog et qui n’y auraient plus leur place aujourd’hui.

Mais une chose demeure: écrire a toujours été, pour moi, un moyen de canaliser ma pensée (hyperactive), un moyen de faire sens de tout ce qui tourne dans ma tête en le lâchant dans le monde, comme une petite bouteille à la mer qui peut-être voudra dire quelque chose pour quelqu’un. Il y a un enjeu existentiel là-derrière. Ça compte pour moi que ces lignes puissent être lues par quelqu’un d’autre, dans une heure, dans un mois, dans un an ou même dix. Mais ce n’est pas juste le regard (ou l’oreille) qui compte, c’est aussi vraiment que ça réduit ma charge cognitive, de mettre des choses par écrit. Le processus m’aide à réfléchir, à sentir aussi. Les “articles sur quelque chose” sont peut-être un peu plus pour autrui, mais ils sont aussi pour moi, car ils couvrent souvent des idées ou informations que je me retrouve à répéter souvent à beaucoup de personnes différentes. Alors des fois, c’est pratique pour moi, de pouvoir dire “attends j’ai un article là-dessus”.

Je ne sais honnêtement plus si j’en ai parlé sur mon blog ou pas, mais ces dernières années j’ai beaucoup réfléchi à comment étaient structurées mes interactions sociales avec les gens. Ce qu’il y avait de satisfaisant là-dedans, et d’insatisfaisant, sur quoi j’avais prise et ce qui était hors de mon contrôle. J’ai pris conscience que j’étais souvent un peu la “sorcière de mon village” – et même si c’est un rôle qui me convient et que j’encourage, parce qu’être utile à autrui fait partie de mes valeurs et de mon sens, c’est pas toujours une bonne chose pour mes amitiés ni pour ma charge mentale ou mon emploi du temps (et post-accident, c’est encore plus clair). Donc écrire certaines choses sur mon blog, c’est – depuis toujours d’ailleurs, c’est l’impulsion qui m’a fait créer ma “homepage” en 1998 – une façon de faire ça.

Je vis avec un backlog permanent de choses à écrire et de choses à dire, tout comme il y a trop de choses que j’ai envie de faire. Je pense honnêtement qu’aujourd’hui je pourrais écrire non-stop pendant des jours ou même des semaines. Le hic c’est que l’écriture, pour moi, comme pour beaucoup d’autres tâches, c’est quelque chose qui vient facilement quand la motivation ou l’impulsion de m’y mettre est là, mais pas autrement. Et (TDAH toujours), la motivation et l’impulsivité sont, chez moi, des choses sur lesquelles je n’ai pas un très bon contrôle.

Je me suis donc dit, il y a quelque temps (un moment déjà en fait, mais vous savez comment c’est les prises de conscience et les décisions concernant “faire autrement”, souvent ça vient par couches de peinture successives, et il faut un moment pour que la couleur finale soit bien visible), bref je me suis dit que j’allais écrire plus sur mon blog, même si c’est désorganisé, même si c’est pas de jolis articles bien ficelés, pour réduire la pression mentale du backlog des choses à écrire. Juste là, réduire ma charge mentale c’est capital. Et en fait, quand j’écris pas, ça s’accumule, et plus ça s’accumule moins je m’y mets, bref (encore oui j’aime bien ce mot), vous voyez le truc.

C’est pas encore en place. Je me suis dit: “hop, timer 30 min, je ferai 45 min à une heure, j’écris ce qui tournicote dans ma tête, je fais ça chaque jour”. Evidemment, pas si simple à mettre en place. Mais aujourd’hui, voilà, j’ai attrapé l’ordi et je me suis mise sur le balcon (il commence à faire frisquet, je vais peut-être rentrer), et je vous parle de ce qui me passe par la tête, et du coup ça fait 30 minutes que je vous écris des histoires de titres et d’écriture alors que c’était pas du tout ça qui se promenait dans ma tête à la base. Bienvenue dans mon cerveau.

Cette histoire d’initiation de tâche, ça me fait penser à deux choses. Premièrement, ma vidéo sur le sujet. Je ne sais plus ce que j’y raconte, vous me direz – purée, en allant chercher le lien je vois que c’était il y a sept mois 😨, j’ai certainement dû en parler ici déjà. Mon sens du temps qui passe est complètement à l’ouest. Sept mois? C’était déjà pas terrible à la base, chez moi, mais post-accident c’est bien pire, et post-rechute encore plus. Heureusement que j’ai une bonne mémoire des dates, je compense avec ça. Mais bref, cette vidéo, c’est une parmi d’autres. Après la suspension de mon compte Facebook et sa récupération, j’ai pris la peine de faire une sauvegarde en bonne et due forme de mes données là-bas, y compris toutes mes vidéos Live. J’en ai surtout fait beaucoup pour la communauté Diabète Félin, mais aussi quelques-unes, de temps en temps, sur d’autres sujets. Je fais des vidéos comme j’écris des articles: je lance l’enregistrement, je cause, je publie. Le montage c’est pas mon truc, pas plus que la relecture et le travail minutieux de mes textes. Je suis une deverseuse. J’ai donc fait quelques vidéos ces derniers temps, après avoir décidé que mes vidéos live iraient pour le moment sur Youtube, et la plupart mériteraient un article ici, mais je ne l’ai pas encore fait. C’est dans le backlog. Mais en attendant, vous pouvez déjà aller sur mon compte YouTube, vous abonner, écouter, piocher dedans.

Là, je pourrais partir aussi sur tout ce qui est en route concernant Diabète Félin, et en particulier la mise en place de Discourse pour héberger la communauté. C’est encore le gros chantier mais vous pouvez déjà jeter un oeil. Si vous voulez une visite guidée, dites-moi – je compte à terme en faire un multi-site, comme j’ai fait avec mon installation WordPress, ce qui voudra dire que si quelqu’un veut profiter du fait que je me suis cassée les dents sur Discourse pour mettre plus facilement sur pied une communauté en ligne hors Facebook, ça devrait être possible, un fois ou l’autre.

Et maintenant je pourrais rebondir là-dessus pour vous raconter mes pérégrinations avec l’IA, parce que oui il y a un lien, ma migration de ChatGPT à Claude (comme tant d’autres), le potentiel que j’y vois mais aussi les risques, comment je pense en faire usage pour mes projets (dont DF, c’est le lien).

Mais je vais nous épargner ça car je suis sûre que comme moi, vous avez besoin d’aller manger à un moment où un autre.

Donc je vais juste mentionner la deuxième chose à laquelle me refait penser cette histoire d’initiation de tâche (vous aviez gardé le fil?) – parmi mes “articles à écrire sur un truc”, il y a quelque chose de l’ordre du “briefing TDAH”. Genre “tu penses que tu as peut-être un TDAH, ou tu sais que tu en as un mais t’en fais pas grand-chose, voici ce qui est important”. Mais pas ce soir, hein. J’ai aussi un article en souffrance sur les questions de sommeil et d’endormissement. Deux brouillons aussi dans WordPress qui sont écrits aux trois-quarts, quelque chose que j’évite vraiment de faire parce que franchement, c’est tellement dur de m’y remettre pour les terminer. (J’ai pas choisi les interruptions, en l’occurrence: une crise convulsive d’Oscar et l’inondation de mon espace coworking.) Puis tiens, je pourrais écrire un article sur ces histoires de difficulté d’initiation de tâche, vous pensez pas?

Je vais quand même vous parler d’un truc que je mijote avec Claude, parce que ça concerne quelque chose qui est un peu bête mais qui prend beaucoup de place dans ma tête. Dans mon quotidien, je découvre plein d’articles intéressants à lire. J’aime les partager, on ne sait jamais à qui ça peut servir. C’est une des choses que je fais avec Facebook: partager des liens. (Et peut-être qui m’a desservie, en passant.) Et j’aimerais, beaucoup, mais vraiment beaucoup, m’affranchir de Facebook pour ça et pouvoir publier ici (ou sur un blog parallèle) des sortes de pelotes de liens quotidiennes. Pas n’importe comment bien sûr: il faut que je puisse rajouter un petit mot d’explication concernant le lien si je veux, il faut que le lien soit présenté avec une “carte” de prévisualisation (comme c’est sur les réseaux), il faut que ce soit aussi facile pour moi de rajouter un lien à la collection que de le balancer dans Facebook, et il faut que les liens partagés soient également répercutés dans mes réseaux, parce qu’il faut être pragmatique et la réalité d’aujourd’hui c’est que tout le monde est encore sur Facebook ou Linkedin.

Ça, c’est typiquement le genre de projet qui est juste hors de ma portée. Je vois assez clair pour pouvoir dire que techniquement, ça devrait être faisable, mais je n’ai ni les connaissances ni les compétences techniques pour. C’est le genre de chose, pré-IA, qui me fait perdre un temps fou en recherche pour déterminer comment monter ce genre de système, avec quels outils, comprendre ce qui existe et si je peux l’adapter à mes besoins, identifier les pièces manquantes, réaliser tout ça une fois que j’ai un plan pour le faire, et régler les inévitables bugs qui surviendront. Une montagne.

Avec un assistant IA, c’est nettement plus accessible. En quelques échanges dans une conversation l’autre jour, j’ai déjà dégrossi les enjeux techniques et pu établir la faisabilité (vraiment) de mon idée. Je peux utiliser l’IA pour m’assister d’une part dans la gestion des différentes étapes (savoir où j’en suis et ce que je dois faire ensuite) et dans l’implémentation technique, sans que je me retrouve limitée par mes connaissances en matière d’administration système ou développement, qui même si elles sont plutôt bonnes pour une non-technicienne, ne sont pas suffisantes pour mes ambitions.

C’est un projet qui me démange, car chaque jour, je partage des liens, et ce système me manque. Evidemment, mon objectif est de vous tenir au courant de la solution que j’aurai trouvée et mise en place. Et aussi, de vous parler plus de comment j’utilise Claude et de ce à quoi je fais attention. Je suis encore en train d’apprendre, comme tout le monde d’ailleurs!

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  • Today is Tomorrow [en]
    [en] A friendly colleague I share some geeky interests with told me today I was courageous to announce my blogging intentions yesterday. I told him “not that much”, because if I didn’t stick to my declaration of intent, it’s not something I’d feel terribly bad about. Writing that quick post yesterday made me feel a bit better, and announcing I would write today increased the probability I’d actually do it today. Making clear plans and public accountability aren’t binding, but they can help tip
     

Today is Tomorrow [en]

27 mars 2026 à 16:30
[en]

A friendly colleague I share some geeky interests with told me today I was courageous to announce my blogging intentions yesterday. I told him “not that much”, because if I didn’t stick to my declaration of intent, it’s not something I’d feel terribly bad about. Writing that quick post yesterday made me feel a bit better, and announcing I would write today increased the probability I’d actually do it today. Making clear plans and public accountability aren’t binding, but they can help tip the scales.

So, I set my timer and I didn’t dive into my open tabs before starting to write. I’m less all over the place today, but it doesn’t mean any of the underlying issues are dealt with. Oscar is still dying. I’m still unhappy about having to set aside so much of what I’d like to do. The one-year mark of my accident is behind me, and though I’m still confident about making a full recovery, that confidence is fragile and easily shaken, particularly when there are setbacks. I am starting to be afraid of “crashing” again like I did at Christmas.

I’ve lost other cats before Oscar, but in my post-accident world, there is no known territory anymore. I don’t know what it will do to me – because my brain is still very much in the process of recovering. I’m working 50% again but have set aside pretty much all my non-work activities and projects, and I’m exhausted. So, I’m on edge emotionally, and not dealing well with the usual/inevitable stuff life in our day and age throws at me, particularly the stuff that has to do with broken systems, bureaucracy, and people being a pain in the neck. I am stuck in between a rock and a hard place: either deal with it or let it go, and both are costly, and I don’t have spoons to spare these days.

On the sunny side, when I’m feeling kind of OK, I have to face the frustration of prioritising rest, when I have a pile of blog post ideas (I even have a couple of proper drafts that need finishing up), want to make progress with the migration of the diabetic cat community to Discourse (and write about it), finish setting up Claude so it’s properly usable for the half-dozen “top of mind” projects I want to work on with it, continue tidying/organising my flat, have a social life, go to judo, singing rehearsals, skiing and hiking, whatever, the stuff I used to do and took for granted before my accident. It sucks.

I have a ton of links to share, but no good system to do it in the way I want. I keep throwing them into the socials, which is better than nothing, but I’d like to collect them here or at least some place I control, and I have a path/plan to do that (thanks Claude) – but it’s going to take time and effort to do.

So here’s a small dump. The timer is going off.

That’ll be it for today. Grey’s Anatomy is waiting. I’m going to try and blog a bit more frequently (with timer) just to dump stuff out of my brain. Probability increased, certainty unavailable.

Bonus picture: the puzzle I was very tempted to continue working on tonight instead of writing.

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  • I’ll Write Tomorrow [en]
    [en] I set a timer for 30 minutes, with the intent of churning out a quick blog post. I’m all over the place, I have stuff to dump. I’m struggling, but my head is still out of the water, thankfully. Well, I figured I’d close some tabs before writing, because I have windows full of tabs that are going nowhere. Close the tabs, decide to keep some (didn’t read), a few text messages, and here we go, the timer will ring in a few minutes and I want to watch my episode of Grey’s Anatomy (the deal: nee
     

I’ll Write Tomorrow [en]

26 mars 2026 à 16:23
[en]

I set a timer for 30 minutes, with the intent of churning out a quick blog post. I’m all over the place, I have stuff to dump. I’m struggling, but my head is still out of the water, thankfully. Well, I figured I’d close some tabs before writing, because I have windows full of tabs that are going nowhere. Close the tabs, decide to keep some (didn’t read), a few text messages, and here we go, the timer will ring in a few minutes and I want to watch my episode of Grey’s Anatomy (the deal: needs to be done by 10pm, so I had better get cracking on it).

Each day brings more stuff I want to do or write about than I can fit in that day. It’s kind of depressing.

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  • Il y a un an, l’accident [en]
    [en] Le 17 mars 2025, il y a un an jour pour jour, je passais la première nuit de mes vacances de ski tant attendues à l’hôpital de Rennaz. J’étais arrivée au chalet vers midi, plus tard que ce que j’avais voulu, j’avais posé bagages et Oscar et pris mes skis pour aller skier un peu avant de rentrer m’installer correctement. Il y avait peu de monde, neige de printemps mais bien dans ma zone de confort, j’ai skié quelques heures et mis le cap sur le chalet “avant d’être trop fatiguée”.
     

Il y a un an, l’accident [en]

17 mars 2026 à 16:43
[en]

Le 17 mars 2025, il y a un an jour pour jour, je passais la première nuit de mes vacances de ski tant attendues à l’hôpital de Rennaz.

J’étais arrivée au chalet vers midi, plus tard que ce que j’avais voulu, j’avais posé bagages et Oscar et pris mes skis pour aller skier un peu avant de rentrer m’installer correctement. Il y avait peu de monde, neige de printemps mais bien dans ma zone de confort, j’ai skié quelques heures et mis le cap sur le chalet “avant d’être trop fatiguée”.

Puis patatras, vers le début du schuss du Lac Noir, déséquilibrée par un tas de neige que je n’ai visiblement pas réussi à absorber, je suis tombée. Epaule gauche plantée dans la piste (tête aussi probablement), skis perdus, et tourneboulé en bas du talus direction le lac.

Je suis revenue à moi dans le brouillard et la douleur, bien désorientée. Je suis debout, dans la neige, hors piste. Il y a des sapins. Mes skis, mes skis? Il y en a un sous moi. Je regarde autour, la piste semble bien loin, là haut, mais il y a mon deuxième ski. Ouf, ça aurait été vraiment bête de perdre un ski dans la haute neige le premier jour de vacances. J’ai quand même rudement mal à l’épaule. J’ouvre ma veste, j’y glisse mon avant-bras, façon Napoléon. J’ai perdu mon gant droit, d’ailleurs, et j’ai très mal au pouce en plus d’avoir froid à la main.

Où suis-je? Je regarde autour de moi. Je ne sais pas. Il y a un départ de télésiège plus bas, avec un employé des remontées mécaniques qui me fait des signes, d’ailleurs. Ah, ça y est, je reconnais. Je suis en bas du Lac Noir. Quelque part entre la piste et le lac. Mon ski est sur la piste, mon gant est en bas vers le lac, je vais d’abord chercher le gant, ou d’abord le ski? Je retourne le signe au gars du télésiège, je fais pouce levé pour dire que tout va bien, je montre quand même mon épaule parce que là je me dis, mine de rien, ça fait vraiment vraiment mal, et je risque d’avoir de la peine à rentrer à skis.

Je regarde à nouveau la piste, en haut, je vois un secouriste avec la luge orange, je me dis que c’est peut-être pas une mauvaise idée, au final, puis– plus rien, parce que c’est le trou noir qu’il y a quand on perd connaissance.

Pas long, m’a-t-on dit, une dizaine de secondes. Le secouriste est très gentil, dans mon souvenir. Il m’appelle par mon nom. Je réponds. Vérifie si je sais que je suis moi. Je sais. Il me demande si je sais où on est. Oui, je sais aussi, parce que j’ai eu le temps de reconnaître les sapins, le lac, le télésiège, la piste! Je skie là depuis bientôt 50 ans mine de rien, donc je connais les lieux. “En bas de la piste du Lac Noir!”

Dernier test: la date?

Je peux vous assurer que c’est très, très désagréable, ce moment où on se rend compte qu’on ne sait pas la date. Ni la date, ni même l’année. Rien ne vient. Le flip. Mais bon, je ne me laisse pas démonter. Je sais quand je suis née, je sais qu’on est en hiver, j’essaie de me souvenir si j’ai déjà fêté mes cinquante ans, ce qui m’aidera à trouver une année. Je ne sais plus quelle réponse j’ai donnée, mais c’était pas ça, et j’ai été très perturbée d’apprendre qu’on était en 2025.

Je raccourcis la suite, parce qu’il commence à être tard, et qu’une année après accident, c’est ça: je voulais raconter l’histoire en vidéo, faire un chouette article, mais j’étais trop crevée, pas en état.

On m’a descendue en moto-neige et ambulance à Rennaz. J’ai répété de nombreuses fois aux secouristes qu’il fallait que j’aille au chalet faire l’injection d’Oscar. J’étais en boucle, en fait, je répétais les mêmes choses encore et encore, ça a commencé à se calmer dans la soirée. J’ai quand même réussi à appeler mes voisins de chalet depuis l’ambulance (je devais passer les voir en rentrant du ski, ils sont allés voir comment allait Oscar, du coup), et lancer un coup de fil à mon père. Je me souviens avoir eu froid sur la moto-neige, avoir ôté mes chaussures de ski dans l’ambulance. A l’hôpital, je prends la photo ci-dessus et la poste sur Facebook, je commence à réaliser que je vais avoir besoin d’aide. Je lance un appel dans ma communauté WhatsApp.

Mes amis répondent présent, les uns et les autres, le jour même ou dans les semaines et mois à venir, et c’est précieux, et je leur en suis infiniment reconnaissante, à toutes et à tous.

La suite sera pour une autre fois. Les gags à l’hôpital, le retour épique à la maison, la douleur, l’épaule à opérer ou non, la logistique administrative de l’accidentée vivant seule et qui n’arrive même pas à se doucher, la solidarité des tups à congeler et des copines venues improviser dans la cuisine avec mes réserves, l’échec de reprise de travail, se débattre pour obtenir une bonne prise en charge, comme au fil des longs, longs mois de convalescence, ce qui me semblait le plus dramatique au départ (l’épaule) finit par n’être qu’un petit détail face aux conséquences de la commotion – et c’est pas fini.

Peu après l’accident, je ne sais plus quand – à l’hôpital déjà, ou de retour chez moi? – je me suis demandé si cet accident allait être un de ceux qui donnent à la vie un avant et un après. Ce n’était pas du tout clair, à ce moment-là. Trois semaines d’arrêt de travail direct, ça me semblait bien long. J’étais inquiète pour mon épaule, pas pour mon cerveau. La réponse à cette question est très claire, aujourd’hui.

Un an. Juste là, les mots me manquent pour en dire plus.

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  • Oscar: planifier la fin [en]
    [en] Comment on fait, quand le déclin est lent, progressif, irrémédiable? Comment on fait pour dire: “la semaine passé ça allait, mais maintenant ça ne va plus”? Ou le mois passé, ou hier, et aujourd’hui? Ce sont des questions qui m’ont poursuivie concernant Quintus, et maintenant Oscar, de façon toutefois assez différente. Autre chat, autres maladies, et aussi autre contexte de vie pour moi. Oscar est vieux, très vieux, probablement. On ne connaît pas son âge vu que c’est un “chat trouvé
     

Oscar: planifier la fin [en]

14 mars 2026 à 07:49
[en]

Comment on fait, quand le déclin est lent, progressif, irrémédiable? Comment on fait pour dire: “la semaine passé ça allait, mais maintenant ça ne va plus”? Ou le mois passé, ou hier, et aujourd’hui?

Ce sont des questions qui m’ont poursuivie concernant Quintus, et maintenant Oscar, de façon toutefois assez différente. Autre chat, autres maladies, et aussi autre contexte de vie pour moi.

Oscar est vieux, très vieux, probablement. On ne connaît pas son âge vu que c’est un “chat trouvé”. On peut juste deviner. Il cumule les pathologies, chacune gérée du mieux qu’on peut. Mais parfois, même le mieux qu’on peut ne suffit pas.

Alors aujourd’hui j’en suis là: j’ai eu une longue discussion avec sa vétérinaire pour planifier sa fin de vie. Faire des directives anticipées. Pour les différents scénarios d’évolution de sa maladie, décider ce qu’on fait, ce qu’on fait pas. Si A, alors B. Planifier la mort.

Aimer un vieil animal malade, en être responsable, c’est lourd. C’est lourd pour ce qui est des contraintes logistiques. C’est lourd émotionnellement. Et c’est lourd aussi cognitivement, j’en ai une conscience particulièrement aigüe. Tenter de faire au mieux pour cet être vivant dont on tient la vie entre les mains, c’est se poser au quotidien un milliard de questions. Et beaucoup de ces questions appartiennent à “l’arbre des questions sans réponse”.

Souffre-t-il? Sa qualité de vie est-elle encore acceptable? A-t-on raté quelque chose? Faudrait-il faire plus, faire moins? Ai-je déjà trop attendu? Est-il temps? Est-il trop tôt? Comment est-il aujourd’hui par rapport à il y a une semaine, il y a un mois? Est-ce un mauvais jour ou bien le début de la dégringolade? A quand remonte la dernière fois qu’il a fait ceci ou cela? A-t-il encore assez de positif dans sa vie? A quelle vitesse respire-t-il? Est-ce un ronron ou est-il encombré? Que veut-il? Comment puis-je améliorer son confort? Est-ce que tel soin ou traitement a un sens ou est-ce que l’acharnement pointe le bout de son nez?

A cela s’ajoute évidemment la charge mentale de l’organisation logistique: les rendez-vous de vétérinaire, sécuriser ou adapter son espace de vie, les médicaments et le matériel – gestion des stocks, horaires, les préparer et les donner, les remplacements en cas d’absence, la surveillance des sorties et de la descente des escaliers, et la surveillance tout court – qu’est-ce qu’il fait, mange-t-il, est-il allé à la caisse, est-ce que ses habitudes changent…

A la simple peur de perdre un être aimé vient se greffer, plus particulièrement cette fois au vu de mes circonstances, l’inquiétude concernant ce que ça va me faire. Je suis encore en réparation. J’ai enchainé les deuils ces dernières années. Une part non-négligeable de ma routine quotidienne et de l’aménagement de mon espace de vie est consacrée à Oscar. Evidemment, j’ai une vie à moi aussi. Mais injections et médicaments deux fois par jour depuis des années (4 fois par jour maintenant), escaliers pour monter sur les canapés et le lit, tiroirs remplis de médicaments, de nourriture et de gamelles, dodos stratégiquement placés avec alèses glissées dessous pour limiter les dégâts en cas de nouvelle crise convulsive, litière et cages de transport, donner à manger et faire la caisse, et aussi les habitudes de vieux couples chat-humain, vers telle heure on descend, comment il s’installe au creux de mon bras chaque soir pour la nuit, est-ce qu’on joue aujourd’hui…?

C’est dur de sentir la transformation du lien quand le soin finit par occuper presque toute la place.

Et puis, quelque part tapi au fond de cette énorme jungle d’anxiété et de stress, il y a encore autre chose: le souhait presque inavouable, honteux, déchirant, d’être enfin soulagée de tout ça. D’être libre. Pas pour lui, mais pour moi.

Les gens pensent bien faire en disant “tu sauras quand c’est le moment”. C’est une idée confortable, mais c’est un mythe. Les émotions contradictoires, les bons jours et les mauvais jours, la difficulté d’évaluer la souffrance, la subjectivité intervenant dans la définition d’une “qualité de vie suffisamment bonne” et les challenges pour l’évaluer, tout ça fait que c’est compliqué, et qu’il vaut la peine d’avoir des critères objectifs et d’y réfléchir. Heureux ceux qui voient avec clarté – mais ce n’est de loin pas le cas de tout le monde. En véhiculant ce genre de message bien intentionné, rajoute une grosse louche de culpabilité à la tambouille émotionnelle dans laquelle on se débat, puisqu’on sous-entend qu’il serait normal de “savoir”. Si on ne “sait” pas, alors, qu’est-ce que ça veut dire? Qu’on est défectueux? Qu’on n’aime pas son animal? Qu’on n’est pas assez à l’écoute, pas assez en lien, pas assez en contact avec ses émotions? Et de grâce, épargnez-nous la “communication animale” (j’en ai d’ailleurs bien plus à dire à ce sujet, mais ce n’est pas le moment maintenant).

Donc, c’est dur. C’est dur parce que je ne sais pas – et c’est normal que ce soit compliqué. Suivant les jours, suivant les heures, suivant mon moral, je me dis “non mais ça va” ou alors “ça ne va plus” et même, la boule au ventre, “est-ce qu’en fait ça fait longtemps que ça ne va plus et je refuse de voir?”

Je suis très douée pour m’accrocher à l’espoir, mais ça ne rend pas toujours service. Ici, ça ne me rend pas service. Oscar va mourir, bientôt, qu’aujourd’hui soit un bon jour ou pas, que la semaine prochaine ressemble à celle-ci ou non. Il a certainement une lésion cérébrale, tumeur probablement. Il s’est mis à faire des crises convulsives en novembre, et il est sous traitement depuis janvier. On a dû augmenter le traitement il y a quelques semaines. Le traitement a des effets secondaires qui ont une conséquence négative sur sa qualité de vie. Des anti-épileptiques chez un vieux chat qui était déjà “sur le fil”, ce n’est pas un détail.

Qu’est-ce qu’une bonne qualité de vie? Qu’est-ce qu’une qualité de vie acceptable? Elle est où la limite? Pour un vieux chat, pour un jeune chat? Plus le déclin est progressif, plus c’est difficile. Parce qu’on s’habitue, aussi. Insensiblement, on court le risque de glisser, d’accepter aujourd’hui ce qu’on n’aurait pas accepté il y a trois ans.

Pour ma part, j’ai un certain nombre de critères clairs. Des “non-négociables”. En plus de la question de la gestion de la douleur et des symptômes, Oscar doit pouvoir:

  • utiliser sa litière de façon autonome (et être continent)
  • manger en suffisance de façon autonome (pour contrôler sa courbe de poids)
  • monter et descendre du lit, des canapés, de façon autonome
  • accepter ses traitements “de bonne grâce”
  • “vouloir” des choses: descendre, râper sur Juju, sortir, faire dodo ici plutôt que là…

Ça c’est des critères assez clairs et objectifs. Là où ça pèche un peu, c’est pour des choses moins faciles à évaluer objectivement, justement:

  • combien a-t-il mal? est-il suffisamment confortable?
  • quel est l’impact psychologique de ses difficultés de mobilité?
  • est-ce qu’il reste suffisamment “d’intérêt” dans sa vie? est-ce de la vie ou de la survie?
  • à quelle fréquence renonce-t-il à se lever ou à se déplacer parce que c’est laborieux pour lui?
  • ces derniers temps, il lui est arrivé de tomber du lit en essayant de se lever, ou de rater une marche sur ses petits escaliers pour accéder au canapé, d’avoir des difficultés à rester stable en mangeant ou dans la caisse: combien est “acceptable”? comment le vit-il?
  • il lui arrive de protester quand je le porte, douleur ou contrariété/frustration?
    • il ne fait presque plus sa toilette (depuis longtemps), j’arrive de moins en moins à le brosser, combien est-ce que ça réduit son confort?
    • et aussi, plusieurs de ses traitement on un effet/des effets secondaires qui ne sont pas constants au fil du temps, et donc il y a des fluctuations au fil de la journée et de la semaine qui viennent de ça, donc comment faire le tri?
    • il y a des tas de choses qui ne vont plus, mais il en veut encore et semble encore trop présent et vivant pour imaginer qu’il est au bout… mais est-ce que ça veut dire quelque chose, en vouloir encore, ou est-ce juste l’instinct de survie, un truc qui tire en avant aveuglément, malgré la souffrance?

Je pourrais continuer comme ça longtemps. Ça fait des semaines, des mois que je m’y entraine.

Mais d’ici quelques jours ou semaines, quelques mois tout au plus, il va mourir. La question c’est quand, et comment on va arriver jusque là. Donc j’ai pris rendez-vous pour discuter avec sa vétérinaire. Pour avoir un plan, et lever le pied sur les questionnements incessants au jour le jour. Plus encore qu’avec Quintus, ici c’est vraiment un “choix”.

Voici le plan, dans l’ordre:

  1. on n’augmentera pas la dose de levetiracetam (son anti-épileptique), même s’il refait une crise; l’impact sur sa mobilité à la dose actuelle est déjà trop important
  2. s’il n’y a pas de crise d’ici deux semaines, on fera le point côté “qualité de vie”, car les effets secondaires sur la mobilité diminuent normalement avec le temps; si on en est toujours au même point, on envisagera une très petite réduction de dose, sachant qu’il y a des chances que cela précipite une crise
  3. s’il refait une crise, on évaluera si elle est “pire” que celles qu’il a eues jusqu’à maintenant; si elle est pire, on arrête
  4. si la crise est “pas pire”, on verra quand est la suivante; si l’intervalle est trop proche, on arrête (et évidemment aussi si l’intensité augmente).

Il n’y a pas de sortie de secours. Les crises vont revenir. Elles vont s’intensifier. Elles vont se rapprocher. C’est une évolution inéluctable. Je sens que d’avoir posé ce cadre m’aide à sortir de la “pièce des réflexions” et à ouvrir la porte de la “pièce des émotions”. C’est le bordel là-dedans, je sais pas par où commencer. J’ai tellement envie d’un break avec la mort. Mais c’est pas pour maintenant.

Photo: Oscar qui observe les oiseaux dehors, avant-hier.

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  • La charge mentale du funambule [en]
    [en] Aujourd’hui j’ai compris que je devais laisser tomber ce jeu d’équilibriste qui consiste à essayer d’en faire autant que possible mais pas trop. On parle de baisser la barre, et j’ai beau l’avoir baissée tellement de fois que sa position initiale semble sur une autre galaxie, je me heurte encore et encore à la réalité qu’elle est trop haute. Je n’ai jamais eu l’impression de mettre la barre haute. Pour moi, mettre la barre haut, c’est vouloir faire bien, c’est être exigeant. Je ne me v
     

La charge mentale du funambule [en]

3 mars 2026 à 17:09
[en]

Aujourd’hui j’ai compris que je devais laisser tomber ce jeu d’équilibriste qui consiste à essayer d’en faire autant que possible mais pas trop. On parle de baisser la barre, et j’ai beau l’avoir baissée tellement de fois que sa position initiale semble sur une autre galaxie, je me heurte encore et encore à la réalité qu’elle est trop haute.

Je n’ai jamais eu l’impression de mettre la barre haute. Pour moi, mettre la barre haut, c’est vouloir faire bien, c’est être exigeant. Je ne me vois pas comme ça. Je choisis délibérément de mettre la barre quelque part autour de “juste assez bien”, “attentes modestes”, “y aller mollo”. Mais ça, c’est l’histoire que je me raconte. Même avec cette histoire, elle est bien haut, ma barre.

Essayer de régler la barre à la hauteur juste prend de l’énergie. C’est du travail. Me demander si c’est raisonnable de prévoir ceci, ou cela. Essayer d’évaluer si je suis assez en forme pour x ou y, ou si je ferais mieux d’annuler. Tenter de deviner si ça va le faire ou pas, pour ce projet posé il y a longtemps dans le calendrier, mais qui se rapproche, dans quelques semaines, dans quelques mois. Prévoir un plan B, un plan C. Peser l’agenda, revoir sans cesse les priorités et les plannings pour les ajuster à la réalité du moment. Et au final, me heurter quand même aux conséquences d’en avoir trop fait, d’avoir présumé de mes forces, d’avoir trop voulu, trop vite, trop tôt, pas assez de repos. La fatigue, le cerveau qui câle, la tête qui fait mal, la frustration et la déception, le moral qui finit par se casser la figure.

Alors j’ai compris que c’était le moment d’arrêter de faire le funambule. Arrêter de me dire que je vais faire ce x ou ce y, et que je verrai le moment venu si ça le fait ou si je dois renoncer, parce que c’est OK et bien de s’écouter et de dire “ouais, non, en fait là, j’arrive pas.” Oui c’est OK. Mais quand c’est le mode de fonctionnement de base du système, c’est s’exposer à l’échec encore et encore.

Il faut approcher les choses autrement. Partir du principe que le projet par défaut, c’est rien. Ôter tout ce qui traîne sur la table. N’y remettre que l’essentiel, pour avoir la place d’y travailler. M’épargner d’espérer que “la semaine prochaine ça va le faire”, pour juste être déçue, et en ayant grillé du carburant cérébrale dans l’exercice délicat d’évaluation et d’équilibrisme. Plutôt que de renoncer aux vacances une fois l’hôtel réservé et les bagages chargés dans la voiture, mieux vaut ne pas les organiser. Si on est trop fatigué et qu’il vaut mieux rester à la maison, autant avoir évité de se fatiguer en amont dans l’organisation et la préparation.

Je me sens plus sereine, cette décision prise, même si elle est loin d’être facile et extrêmement frustrante. Mais ma charge mentale vient de s’alléger considérablement, et ça, mine de rien, c’est un élément important dans le bon déroulement d’une convalescence. C’est compliqué de permettre à un cerveau de récupérer quand il est le terrain permanent de soucis, d’inquiétudes, de scénarios, d’hypothèses, d’espoirs et de déceptions.

Priorités absolues: le repos; prendre soin de ma santé (au-delà de l’accident) et de celle de mes chats; la reprise du travail; un minimum de vie sociale. Pour ça, nettoyage par le vide. Il vaut mieux, à ce stade, avoir dit non à quelque chose et me retrouver le moment venu suffisamment en forme pour me dire que j’aurais pu accepter, que le contraire.

Objectif: trop en forme pour me reposer, plutôt que pas assez en forme pour faire. On peut plus facilement bâtir sur du vide que s’il faut commencer par démolir d’abord. La charge mentale économisée en bonus.

Ce que je fais là, c’est m’assurer suffisamment de marge. M’ôter la pression de vouloir faire. Réduire les attentes au minimum. Poser la barre par terre. Ce n’est pas trivial. Il y a des deuils à faire. Mais je sens déjà que je respire mieux. Et je garde l’optimisme que dans le vide ainsi créé il y aura par moments des jolies choses qui n’auraient pas pu avoir lieu autrement.

Ça va le faire.

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  • All My Good Intentions [en]
    [en] Do you know the line? “All my good intentions don’t add up to very much…” It’s been coming and going in my mind since 1997, probably. There is a mismatch between intentions and actions. Always has been. Always will be. The world is too small for our intentions. They’re always struggling to get out there into reality, but there is not enough space, not enough time. It’s not just me. It’s me of course. It’s some of us more than others. But it’s everywhere. In our lives, in our companies,
     

All My Good Intentions [en]

2 mars 2026 à 10:42
[en]

Do you know the line? “All my good intentions don’t add up to very much…” It’s been coming and going in my mind since 1997, probably. There is a mismatch between intentions and actions. Always has been. Always will be.

The world is too small for our intentions. They’re always struggling to get out there into reality, but there is not enough space, not enough time. It’s not just me. It’s me of course. It’s some of us more than others. But it’s everywhere. In our lives, in our companies, our communities and societies. In our friendships and our governments.

It’s like inflation, in a way: if our wants and our intentions didn’t pull us onwards, beyond, further faster more, we would stagnate, or worse. We need this gap. It’s where action comes from, the desire for change and for better.

But when the gap becomes a chasm and intentions pile up in our heart right up to our throat faster than we can turn them into something real in the world, they start feeding off each other like hungry beasts and threaten to rip us open and smother our soul.

How do we set them free, all those good and worthy intentions that can’t find a place to bloom? Where can they go to find peace? I wish we had a way of letting them loose, all of us, and that I could sit on my balcony and watch them flutter across the sky like dancing clouds of coloured butterflies.

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  • Fed Up [en]
    [en] “I’m sick and tired of being sick and tired.” Yeah, that pretty much sums it up. I am not dealing with my Christmas relapse, or recovery setback, or whatever one calls it, very well. When you’re on a long recovery and finally feel like your head is starting to be above the water, life is starting to have a feel of normalcy, you’re back to work (part-time, and it’s tough, but still, beats 7 months completely off work) and you feel like the end of the tunnel is in sight, a few more months, a
     

Fed Up [en]

1 mars 2026 à 12:10
[en]

“I’m sick and tired of being sick and tired.” Yeah, that pretty much sums it up. I am not dealing with my Christmas relapse, or recovery setback, or whatever one calls it, very well. When you’re on a long recovery and finally feel like your head is starting to be above the water, life is starting to have a feel of normalcy, you’re back to work (part-time, and it’s tough, but still, beats 7 months completely off work) and you feel like the end of the tunnel is in sight, a few more months, all the efforts and frustration are paying off.

And then, a crappy sequence of events, some under my control, some not. Having to abandon my guests at the table on Christmas Eve. Reaching the end of my two-week vacation and thinking “there’s no way I can go back to work on Monday, I’m in worse shape than before my vacation”. OK, add another week. Reach the end of that one, and more crap (literal crap, threatening to engulf my coworking space) accumulates, so yeah, guess we had better add another week. And another. And another.

When does this stop?

In the end, I was off nearly two more months. I was able to crawl back to work three weeks ago, but of course, bad timing: I wasn’t expecting to be out of commission in February, I was expecting to be “nearly fine”. So I had days of training planned. A singing workshop. Cancel? Maintain? Use vacation days? Try to compromise? Never mind the details – the cycle of frustration continues. I can see I’m not yet back where I was at in October. I feel like I keep lowering the bar, and I keep hitting the wall that tells me it was still too high.

At some point after my accident, I told myself “OK, this will take 6 months to a year of my life. I’ll deal.” — now, in addition to being less well than I was 3 months ago, I have to face the fact it’s going to take longer than that. Longer than that to be back to work with my usual workload. And worse, I’m understanding that “back to normal work days” is not going to be the end of it – but the start of what comes next. Reconstruct the rest of my non-work life. Falls at judo? Not before I’m properly back to work, for example.

Right now I think I managed to get myself to judo once since my Christmas crash. I haven’t been back to my singing rehearsals. I’ve put most of my social life on hold. I keep saying “no, no, no” to myself.

Of course, I wouldn’t be painting a fair picture without mentioning everything I’m figuring out. I’m learning a lot. The importance of rest, the importance of sleep, the importance of going on a daily walk. The importance of not pushing myself, of saying no, of making cancellable plans, of leaving things on the back-burner. Yeah, I was doing that before. But this is a whole other coat of paint.

I’m bored, I’m frustrated. I miss my old life. Everybody is understanding, and I’m so grateful for that. Everyone gets it: health first, rest first, listen to your needs and limits, take it easy. But the problem is I don’t want to. I keep having to fight myself to not overdo it.

This afternoon I came home early from my singing workshop. Skipped the afternoon. I need to be able to work tomorrow. So I skipped the afternoon. Everybody was super supportive about my decision. Except for me, that is.

After a quick tour of the garden with Oscar (he’s still hanging in there, although he had two seizures this last week – we increased his meds) I did a bit of my jigsaw puzzle but it was quickly clear that even that was too much for my poor brain. So I flopped on the couch, wrote a bit in my journal, and lay down and closed my eyes, because I felt tired, brain a-buzzing.

And this is what I realised: needing to rest feels like punishment to me. It makes me miss out on the fun things of life. It feels like a failure in self-management. I overdid it again. And of course, as all this is in the “invisible illness” department, I get hit with a bout of imposter syndrome every now and again. Am I really that incapacitated? Am I maybe not as unwell as I think? Am I confusing tiredness with lack of motivation, a moral failure? That’s the story of my life regarding tiredness, by the way: I have spent decades (hi, undiagnosed ADHD) interpreting tiredness as lack of willpower or motivation. Pushing myself through it, because there’s no objective reason to be tired, right, so that can’t be it, it’s probably an excuse I’m giving myself because my mood is down or I just don’t want to face something that’s a bit uncomfortable.

The result is that today I really struggle to tell the difference between lack of motivation, where it can make sense to push oneself to get going (especially with ADHD) and tiredness, where it is absolutely not a good idea to push oneself (especially with post-concussion syndrome).

I’m fed up of having to manage all this. Fed up of crashing, fed up of making mistakes and forgetting things, fed up of brain bugs, fed up of not being able to do the things I enjoy, fed up of having to pay so much attention.

And all this, whilst being pretty much certain that I will make a full recovery. This is still what a typical recovery pattern for post-concussion syndrome looks like. The timeline is uncertain. But the destination is pretty well known. I feel extremely lucky that all this is expected to be temporary. That I will recover. That is not the case for people living with chronic illnesses or disabilities. It’s a different can of fish, but my experience this last year has clearly given me a greater understanding of what it is like to live with limitations that are “not expected” by the world around us. It sucks.

So, this is me being fed up with all this. I am out of patience. I am tired of the frustration. I’m sick of having to hold myself back. I want to fast-forward to when all this is done with.

I wish I were somebody who liked naps and idle time. Really. It would make things so much easier if when I felt tired, I could go “ooh lucky me, I’m allowed to take a nap!” — but unfortunately, my brand of hyperactivity pulls me clearly in the opposite direction. I want to do, do, do, and do more.

Taking care of myself is a difficult task. It is not easy. It actually takes a lot of energy. A lot of energy to not do. To stop. To be cautious. To say no – to myself, mostly. To watch the days and weeks and months go by and the pile of pots on the back-burner get larger and larger.

Here I need to insert something hopeful or optimistic or reassuring because I don’t want you to worry about me. I’m not going to stop doing everything I can to ensure my recovery goes as well as possible. I’m lucky to be in good medical hands. But I’m fed up. And right now, if you want to be supportive, I think that is what I most need recognised. How frustrating and discouraging it is that it’s taking so long, that I can still do so little, with March 17th just around the corner. This is not where I hoped I’d be.

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  • Un an de Juju [en]
    [en] Le 3 février 2025, je rentre du judo et je descends récupérer Oscar à l’eclau. Il aime rester installé sur la plate-forme devant la chatière condamnée: bonne vue sur le jardin, et effluves de l’extérieur. En arrivant, je suis surprise par un matou gris et blanc de l’autre côté de la vitre. Je le surprends aussi. Il a pas l’air commode: oreilles aplaties, balafré, bajoues de compét’ – et il souffle. “Toi, t’es pas castré, ça c’est sûr!” J’ai le réflexe de prendre une pho
     

Un an de Juju [en]

26 février 2026 à 13:48
[en]

Le 3 février 2025, je rentre du judo et je descends récupérer Oscar à l’eclau. Il aime rester installé sur la plate-forme devant la chatière condamnée: bonne vue sur le jardin, et effluves de l’extérieur.

En arrivant, je suis surprise par un matou gris et blanc de l’autre côté de la vitre. Je le surprends aussi. Il a pas l’air commode: oreilles aplaties, balafré, bajoues de compét’ – et il souffle. “Toi, t’es pas castré, ça c’est sûr!”

J’ai le réflexe de prendre une photo, je récupère Oscar, je laisse quelques croquettes de l’autre côté de la chatière et je braque la caméra de surveillance dessus. Le lendemain, je verrai qu’il a mangé les croquettes.

Les chats errants n’ont pas une belle vie, contrairement à ce que voudrait faire croire le mythe populaire de la liberté et de “la nature“. Les bonnes âmes qui mettent une gamelle dehors ont bonne conscience et sont tout attendries, mais la réalité est une vie de bagarres, de dangers, de kilomètres parcourus poussés par leurs hormones, un risque de maladies plus élevé et évidemment, pas de soins médicaux. Non, il n’y a pas de soins médicaux dans la nature, c’est vrai, et le résultat c’est de la souffrance, encore de la souffrance, des vies qui se terminent misérablement dans les buissons, oui, dans la souffrance.

Il y a quelques années, j’avais tenter d’attirer un des matous errants du quartier, les oreilles déformées par la gale, le pas boiteux vu son âge avançant, pour le castrer. J’ai échoué. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Sans doute mort dans un coin.

Donc quand j’ai vu Juju, j’ai passé à l’action. Quand j’ai vu qu’il revenait, j’ai lancé l’opération “rendez-vous croquettes sur le rebord de la fenêtre”.

J’ai vérifié s’il était pucé, j’ai mis des affiches dans le quartier, j’ai mis des annonces sur internet. J’ai vu que je pouvais le toucher, même s’il avait peur. Une voisine aussi. J’ai préparer le terrain pour qu’on puisse le castrer quand je l’attrapais – vétérinaire, WCs aménagés pour pouvoir l’y enfermer quelques heures le cas échéant. Quand tout était prêt, j’ai attendu que l’opportunité se présente.

Elle s’est présentée le mercredi 26 février 2025, vers midi et demie. Dire que ça s’est bien passé serait mentir. J’ai pu le saisir mais au moment de l’approcher de la cage de transport, il a commencé à se débattre comme un beau diable. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais j’ai tenu bon et lui aussi. La fenêtre était ouverte, je savais que si je le lâchais, il y avait toutes les chances que l’opportunité ne se représente plus. Lui luttait pour sa vie. A un moment il a failli m’échapper et je l’ai rattrapé par une patte. Il m’a mordue. J’ai réussi à fermer la fenêtre avec le pied et je l’ai laissé filer dans l’espace coworking.

Par chance, il s’était planqué quelque part d’accessible et était plus paralysé de peur que bête sauvage. Après avoir pansé mes doigts, je l’ai attrapé et mis dans les WC. La suite a été moins aventureuse: un peu d’aide pour le choper avec une couverture et mettre le tout dans la grosse grosse cage de transport que j’avais achetée pour les trajets Lausanne-chalet avec Oscar, direction véto, récupération, convalescence, apprivoisement.

Direction véto.
Après le véto.

Je n’avais pas prévu de le garder. Mon projet était de le remettre dehors, avec abri et gamelle à puce (j’en avais profité pour le faire pucer). J’avais prévu de le relâcher. Une personne de l’immeuble était peut-être intéressée à tenter de l’adopter. On ferait les choses en douceur.

Mais vu comment s’était passée sa capture, je me suis dit qu’il valait mieux le garder quelques jours dedans avant de le laisser filer. Pas dit qu’il revienne, après avoir eu la peur de sa vie. En plus, c’était quand même mieux pour lui après l’intervention.

On me demande régulièrement pourquoi “Julius”. Avant sa capture, j’avais vaguement réfléchi à un nom temporaire pour lui. Oscar était mon premier chat à avoir un “nom d’humain”, et ça m’a un peu inspirée. Je voulais un nom qui colle pour un matou barreur et un peu patibulaire. Victor? Julius? Je n’y ai pas beaucoup pensé, je ne cherchais pas vraiment de nom, j’avais juste pris quelques secondes pour envisager des possibilités, puis je n’y ai plus repensé. En le récupérant chez le vétérinaire, l’assistante me demande “quel nom mettre sur le dossier”. Je suis prise de court, je me souviens de “Julius”, je me dis “bah, s’il est sympa on pourra dire Juju”. Autant vous dire que “Julius” est inusité, même ça reste son “vrai nom”.

Mon projet initial de le remettre dehors a été mis au rebut dès le premier soir. Juju était terré au fond de sa cage de transport, n’en était pas sorti. J’ai tenté une caresse. Sous ma main, j’ai vu se fermer ses yeux, sa posture se détendre, et sa tête se poser. J’ai gratté un peu sous le cou, et il a tendu le menton pour en profiter. Cet instant-là, j’ai décidé que je n’allais pas prendre le risque de le remettre dehors, et qu’il valait la peine de tenter de le resocialiser pour adoption. Surtout que j’avais quelqu’un sur les rangs. Je me suis dit qu’un chat qui se détendait sous les caresses d’une main inconnue après la journée qu’il avait eue, il avait du potentiel.

La tentative d’adoption n’a pas fonctionné. Juju est un nocturne — et aussi, ce que je n’avais pas réalisé à l’époque, il y avait certainement une minette en chaleur dehors, ce qui expliquait les bagarres terribles qui avaient déchiré nos nuits de février, et simplement, la présence de Juju, qui normalement ne venait pas par ici. Le jour, il restait planqué, craintif, prudent. La nuit, l’appel de l’extérieur et probablement des hormones l’amenait à miauler, miauler, miauler, miauler. De plus, après des années d’errance, il y avait quand même pas mal à reconstruire pour qu’il surmonte sa crainte de l’humain. C’est un gros investissement et mine de rien, ça nécessite des compétences en matière de comportement qui ne sont pas toujours simples à acquérir sur le tas.

Je l’ai récupéré, en bas dans ma salle de réunion, ou au moins, s’il passait la nuit à miauler, même si ce n’était pas rigolo pour lui, il n’empêchait personne de dormir.

Je ne prévoyais pas de le garder. J’avais Oscar, et j’avais décidé que tant qu’Oscar était là, je ne prendrais pas de deuxième chat. J’avais aussi décidé qu’après Oscar, je m’octroierais une “pause chat“, après avoir enchaîné des années de soins pour deux très vieux chats. J’ai donc commencé à réfléchir au profil de la maison d’accueil ou de l’adoptant qu’il lui faudrait. Et je suis arrivée à la conclusion, dans un contexte où choisir l’option la moins lourde pour moi était un critère important, que partir du principe que je gardais Juju serait paradoxalement beaucoup plus simple à gérer que de lui chercher un foyer à la hauteur de ses besoins.

Cette décision prise et sa garde organisée, je suis partie au chalet le 17 mars avec Oscar pour profiter de mes vacances tant attendues, les premières depuis bien trop longtemps… Mais ça, c’est une autre histoire 😅!

Juju s’est super bien bien adapté. C’est un chat super câlin, super tolérant, qui aime les caresses et les genoux. Il ronronne bien. Il est plutôt bonne pâte. Il me fait penser à Quintus, côté tempérament. Un peu plus craintif. Mais il apprend à faire confiance si on prend le temps de lui montrer qu’il n’a rien à craindre. Ses oreilles aplaties, c’est leur position naturelle. Elles doivent avoir été implantées bizarrement. Comme dit une copine “il est en mode avion”. Elle l’a aussi surnommé “le chavion”.

Il continue à courir le quartier chaque nuit, parfois jusqu’à Prilly Centre et même en-dessous, parfois juste autour du pâté d’immeubles. Son tracker m’a montré que son coeur de territoire n’était certainement pas ici, mais plus au sud. Avec le temps, il va moins par là-bas, et reste plus proche d’ici. Il n’aime pas les trajets en voiture, pas du tout. Il est plutôt chill avec les autres chats, pas dans le genre “je suis le roi” comme Oscar (qui le poursuit sans merci quand il en a l’occasion… Juju a appris qu’il suffisait de s’éloigner un peu vu la vitesse de déplacement de papy), mais si on vient le chercher dans son espace vital, il le défendra. J’ai déjà perdu le compte des abcès et mises sous antibios.

Seule ombre au tableau: il s’est bien enrobé. C’est un euphémisme. J’ai honte, vraiment. Comme dit sa véto “au moins vous êtes pas dans le déni, c’est déjà ça!” Comme je n’ai pas envie d’avoir un nouveau chat diabétique tout de suite (et aussi parce que le diabète n’est pas la seule menace qui pèse sur le chat obèse), on va prendre ça en main plus sérieusement. Il a déjà des croquettes Metabolic, mais cela ne semble pas tout à fait suffisant. Pour marquer le coup, ce matin je lui ai appris à monter sur la balance (merci les Churu).

Allez Juju: bon attrapiversaire!

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  • Pruning My Domain Name Collection [en]
    [en] Just like my kitchen cupboards were full of old old food just sitting there in case I ever felt like eating it (let me reassure you: cereals and pulses and things that “last”), my registrar account is full of domain names that I used in the past and feel like I should keep “just in case”, or cool ones that I got at some point thinking I’d make something of them but never did. It’s time for a garage sale (or gifting). If you’re interested (or somebody you know) in one of these before I l
     

Pruning My Domain Name Collection [en]

6 février 2026 à 08:13
[en]

Just like my kitchen cupboards were full of old old food just sitting there in case I ever felt like eating it (let me reassure you: cereals and pulses and things that “last”), my registrar account is full of domain names that I used in the past and feel like I should keep “just in case”, or cool ones that I got at some point thinking I’d make something of them but never did.

It’s time for a garage sale (or gifting). If you’re interested (or somebody you know) in one of these before I let them go and risk seeing them fall into the hands of pornsters and spammers and scammers, let me know: edublogs.net, going-solo.net, going-far.com, coworking-leman.net, coworking-romand.ch, freshlimesoda.net, backupawareness.org, swissblogs.org/net/com.

And if you know of “marketplaces” where you can put domains up for “sale”, let me know too. Given the predatory market it seems to be, I’m wary.

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  • Works Together [en]
    [en] You know, sometimes words need to clash in the heavens of your mind to take you where you didn’t need to be. They could have been brought together on a whim or painstakingly chiselled into being. It doesn’t matter. Meaning rips through the cracks as you try to reconcile fireworks with reality. It’s the wave on the ocean in the depths of a cave. What is true about lipstick? Are eagles the future? A lightening bolt stretches through time and you are lost in the woods. You grasp at something
     

Works Together [en]

29 janvier 2026 à 17:53
[en]

You know, sometimes words need to clash in the heavens of your mind to take you where you didn’t need to be. They could have been brought together on a whim or painstakingly chiselled into being. It doesn’t matter. Meaning rips through the cracks as you try to reconcile fireworks with reality. It’s the wave on the ocean in the depths of a cave. What is true about lipstick? Are eagles the future? A lightening bolt stretches through time and you are lost in the woods. You grasp at something that has to be there because the words told you so – but they just might be lying. And you just might need to be precisely here. Or not.

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  • Où est le “case manager” du patient? [en]
    [en] Encore un truc que j’ai mis sur Facebook qui “devrait être un billet de blog”. Une idée qui me passait par la tête. Sur Facebook, pas besoin de titre, on pense à haute voix, on laisse des fautes, c’est pas grave. Ici, je polis un peu plus. Ce qui manque à notre système de santé quand on tombe malade ou qu’on a un accident qui réduit sa capacité à défendre ses intérêts en tant que patient: une personne-ressource, genre un “case manager au service du patient”, qui prend en charge de:
     

Où est le “case manager” du patient? [en]

25 janvier 2026 à 09:13
[en]

Encore un truc que j’ai mis sur Facebook qui “devrait être un billet de blog”. Une idée qui me passait par la tête. Sur Facebook, pas besoin de titre, on pense à haute voix, on laisse des fautes, c’est pas grave. Ici, je polis un peu plus.

Ce qui manque à notre système de santé quand on tombe malade ou qu’on a un accident qui réduit sa capacité à défendre ses intérêts en tant que patient: une personne-ressource, genre un “case manager au service du patient”, qui prend en charge de:

  • trouver les spécialistes (médicaux) ou ressources (aide au ménage, paramédical) qu’il faut – orienter pour éviter l’errance médicale ou les retards de prise en charge
  • gérer l’administratif: ordonnances, certificats médicaux, rapports avec les assurances, agender les rendez-vous médicaux et tout le reste – toute la bureaucratie supplémentaire qui tombe sur le patient
  • avoir une vue d’ensemble des symptômes, diagnostics, examens, traitements, – bien connaître le dossier médical
  • possiblement d’autres trucs auxquels je ne pense pas juste là.

Pour les personnes en couple c’est souvent “l’autre” qui joue ce rôle, pour les enfants, c’est les parents. Quand on est seul… la réalité est qu’on a souvent une moins bonne prise en charge.

Evidemment, le noeud de l’affaire c’est “qui paierait”, j’en ai bien conscience. C’est pas gratuit. C’est un “rôle” qui demande des compétences, mais qui manque vraiment dans la prise en charge, d’autant plus dans un système socio-médical qui est de plus en plus sous pression et bureaucratique (et faillible, sur le plan administratif).

J’en ai clairement ressenti le besoin avec mon accident (mais j’ai d’autres situations dans mon entourage qui le montrent également, à mon sens). Juste après mon accident, j’ai du déployer beaucoup d’énergie et de ressources (heureusement j’ai beaucoup de ressources, je suis bien entourée, j’ai du réseau) pour premièrement obtenir le soutien dont j’avais besoin dans l’immédiate (aide pour la toilette, les repas, le ménage, gérer l’administratif accident-médical du moment), et deuxièmement réussir à obtenir la bonne prise en charge pour ma commotion. Ça a rajouté énormément de stress et de fatigue supplémentaire alors que j’étais déjà fragilisée.

Maintenant également, lors de ma rechute de ce début d’année: alors que j’ai besoin de repos, je dois gérer de la paperasse, des rendez-vous, de la communication d’informations avec les diverses parties prenantes qui se sont multipliées durant cette dernière année. L’augmentation de charge mentale quand on a un syndrome post-commotionnel est justement ce qu’on cherche à éviter. Et même quand on est dans une autre situation médicale, ça va jamais faire de mal de la réduire.

Si vous avez des idées géniales, des mécènes ou des sponsors potentiels sous le coude, ou si ce genre de chose existe déjà sous une forme ou une autre qui mériterait d’être développée, annoncez-vous à la réception!

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  • Rayon de soleil et mal de gorge [en]
    [en] Il y a du soleil et j’ai pu manger sur le balcon. On est de nouveau dimanche, une semaine de plus s’est écoulé. Déjà le 18 janvier. Depuis le début de l’année, j’ai deux fois commencé à écrire un article. Le premier a été interrompu par une nouvelle crise convulsive d’Oscar. Le deuxième par une petite inondation dans les WCs de l’eclau qui s’est transformée en une grande inondation d’eaux usées (canalisation de sortie d’immeuble bouchée, ne jetez pas de lingettes aux WC, svp), pompiers inc
     

Rayon de soleil et mal de gorge [en]

18 janvier 2026 à 08:44
[en]

Il y a du soleil et j’ai pu manger sur le balcon. On est de nouveau dimanche, une semaine de plus s’est écoulé. Déjà le 18 janvier. Depuis le début de l’année, j’ai deux fois commencé à écrire un article. Le premier a été interrompu par une nouvelle crise convulsive d’Oscar. Le deuxième par une petite inondation dans les WCs de l’eclau qui s’est transformée en une grande inondation d’eaux usées (canalisation de sortie d’immeuble bouchée, ne jetez pas de lingettes aux WC, svp), pompiers inclus.

Il y a du soleil, on est le 18 janvier, et ça fait un mois que je suis en mode survie. La convalescence n’est pas linéaire, c’est ça. Cerveau fragile, propofol sur une petite nuit et la fatigue de la semaine suivi par une grosse journée qui en temps normal (même “normal post-accident”) n’aurait pas posé de problème majeur, et voilà: abandon des invités le 24, annulation des festivités prévues pour le 25 et le 26, séjour au chalet qui n’est pas allé comme prévu sur fond de vieux chat qui aligne les crises épileptiques, de Crans-Montana, et autres contrariétés.

Ai-je déjà écrit ça? Je me demande si je me répète. Rentrée du chalet un peu en urgence, puis la fameuse inondation – c’était vendredi il y a une semaine. Depuis mercredi, j’ai enfin le sentiment de pouvoir me poser un peu. Oui, j’ai donc passé le dernier mois en arrêt de travail complet, de nouveau. Tentative de reprise lundi, mais mon cerveau fait de la concurrence à mon iPhone: plus d’espace de stockage, tout est lent, ça plante, chaque tentative de faire de la place apporte son lot d’ennuis supplémentaires sans en fait faire plus de place… Donc point d’interrogation. Ah oui, en plus: mon mal de gorge et l’inflammation ORL généralisée qui l’accompagne m’informe que j’ai chopé un virus quelque part. Début hier, aujourd’hui légère fièvre. Ça semble mal barré pour demain.

Histoire de ne pas faire que me plaindre: lundi j’ai découvert l’existence des mini-lave-vaisselles, en particulier Bob. Un petit tour sur Marketplace et une expédition vespérale à Vevey plus tard, Bob a rejoint ma cuisine. Ce qui m’a donné l’impulsion pour mettre en route le réaménagement d’étagères qui me démange depuis… longtemps. Vous vous souvenez de mon réaménagement d’appartement en automne 2024? Il y a une éternité. J’avais prévu, au printemps 2025, de prendre une ou deux semaines pour m’occuper de la cuisine et de la salle de bains, justement. C’était sans compter avec un accident de ski. Ça fait partie des nombreuses choses que j’ai “mises de côté” cette dernière année.

Et là, suite entre autres à l’écoute d’un épisode de Hidden Brain sur comment se “débloquer” (je vous en encourage vivement l’écoute, je vais d’ailleurs l’écouter à nouveau), au désespoir devant ma pile de vaisselle lundi matin après le week-end “canalisation bouchée” qui m’a amenée à m’exclamer “franchement, des fois je me dis que je devrais troquer mon grand four pour un lave-vaisselle” et donc à repenser les aménagements possibles de la cuisine, je me suis dit que l’arrivée de Bob était un prétexte parmi d’autres pour m’y mettre, et que ça me ferait aussi du bien par rapport au fait que je goge depuis un mois sans réussir à reprendre le rythme de mes activités quotidiennes – je vous rassure je prends pas tout sur moi, il y a des événements extérieurs qui s’enchaînent pour me remettre la tête sous l’eau dès que je crois que je vais pouvoir la sortir. Oui, la phrase est longue et c’est un peu exprès, pour vous donner cette sensation de “mais bon sang ça s’arrête quand?” qui ne veut plus me quitter.

Travaux en cours, vers le début.

Il y a déjà quelque temps j’avais abandonné mon idée initiale d’installer un joli buffet à la place des tiroirs et des rayons du bas, et de mettre de vraies grandes étagères murales au-dessus. Déjà, pour éviter de monter le buffet (lourd et encombrant, ne rentrant pas dans l’ascenseur). Donc, hop, un IVAR de plus (celui de droite) pour prolonger l’existant. Ça tombe bien, j’en avais un en rab. Je m’y mets. Zut, je n’ai pas assez de supports d’étagère – vous savez, les petits cylindres métalliques qu’on glisse dans les montants. Qu’à cela ne tienne, je retournerai chez IKEA. C’est pas grave, j’y suis déjà allée mardi!

Mardi, IKEA: acheter des détecteurs de fuite d’eau, parce que c’est pas vraiment fini, ces histoires de canalisations qui se bouchent et qui fuient, et que je suis un peu traumatisée, parce qu’honnêtement, si vendredi soir j’étais descendue dix minutes plus tard pour voir comment ça progressait, il y a fort à parier qu’une bonne partie de l’eclau aurait été inondée d’eaux usées, et pas juste un bout du corridor et le coin lavabo-WCs. Et des nouvelles poubelles, tant qu’à faire, les sacs qui servaient de poubelles de tri ont gogé dans la “m” et ne valent pas le coup d’être récupérés. Ah oui, et je voulais aussi racheter de ces super organiseurs à compartiments avec poignée. Donc je suis déjà allée chez IKEA.

Vendredi matin, allez, on va faire efficace. Je dois aussi passer à la pharmacie et à la Migros. Et chez le véto. Vous me voyez venir? Ah oui, je ne vous ai pas dit. Donc petite sortie courses. J’ai aussi décidé (parce qu’il faut optimiser, toujours, jusqu’à l’épuisement, d’ailleurs ça se voit pas en lisant mais j’ai passé bien 45 min à retrouver ces fichus liens, et j’avais prévu un article dessus il y a des semaines, pas encore écrit mais j’y pense tous les trois jours) que je pouvais rajouter une troisième étagère IVAR à l’histoire, donc ce sera l’occasion.

Deux heures et demie chez IKEA (alors que j’avais réglé l’affaire du IVAR en 15 minutes), parce que je me suis dit “j’ai un peu de temps, voyons voir s’il y a d’autres choses utiles”, donc je me suis perdue dans les rayons, j’ai mis des choses dans mon sac, je les ai reposées, je suis revenue en arrière, purée ça fait 2h il faut que j’avance là, mince un des trucs que j’ai pris c’est le modèle d’exposition, faut que je refasse tout le magasin pour aller le remettre et prendre quelque chose qui est à la vente, et pendant qu’on y est, allez un petit contrôle aléatoire à la caisse. Heureusement j’avais bien tout scanné, malgré mon état.

En plus ma panosse rentre même pas dedans, bref, passons.

Parfois (souvent) l’enfer est pavé de bonnes intentions. Les poubelles avec couvercle, eh bien ça entrave “l’empoubellissage” des menus déchet du quotidien. Pas un bon plan, donc, pour remplacer la poubelle de couloir de mon appart. Très bien, par contre, pour celles sous l’évier de l’eclau, et celle pour le recyclage sous mon évier. Meubles IVAR montés, Bob testé, la troisième étagère IVAR trouve son rôle dans ma cuisine. L’enfer? Les tas de choses ôtées des étagères “ancienne version” et qui jonchent le sol de la cuisine et du salon (et la table, dessus et dessous), à trier-jeter-organiser, alors que je suis dans le jus, épuisée par mon vendredi, en train de faire un élevage de virus, avec un chat qui a refait une crise convulsive hier et l’espoir de pouvoir aller à mes deux jours de formation lundi et mardi pour démarrer ma reprise de travail qui s’amenuise.

Je pourrais vous parler encore de mon iPhone qui m’a plus ou moins occupée toute la journée d’hier avec ses problèmes de place, mais là c’est bon, j’ai enfin réussi à virer les photos du tél sans en perdre (merci iCloud), à faire la mise à jour et récupérer les 60Gb de “System Data” qui s’étaient accumulés ces derniers mois, depuis que j’avais, en désespoir de cause, procédé à une réinstallation complète. (Est-ce qu’on peut désactiver “Liquid Glass”? c’est horrible ce machin…)

Je pourrais vous parler de tout un tas d’autres choses, pas des moindres mon vieux chat qui est en train de mourir, finir d’écrire mes deux articles en plan, mais voilà, à la place je vous ai raconté, un peu en vrac, ma cuisine, et le titre de l’article n’a rien à voir avec ça.

J’ai écrit parce que c’est bien pour moi d’écrire – pas sûre que ce soit bien à lire, par contre – ça réduit un peu la pression, ça ferme une boucle, ça ponctue un moment de l’existence. Ça donne peut-être aussi des nouvelles aux gens qui n’en ont pas. C’est beaucoup de monde, ces jours, comme je suis en mode “récup au max” je minimise les interactions, parce que ça me fatigue… mais ça m’ennuie beaucoup, j’en ai marre.

Là, je vais mettre un yogourt dans mon estomac qui ronchonne, pour autant qu’il y en ait un dans le frigo (j’ai mangé à midi, c’est juste un creux habituel) et m’allonger les yeux fermés pour voir si le transformateur bourdonnant qui me sert de cerveau ces jours apprécie. J’espère être prochainement en mesure de partager avec vous des écrits un peu plus profonds sur la vie et le monde.

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  • Guide de survie anti-doomscrolling en cas de catastrophe [en]
    [en] Pour les personnes dont le cerveau reste coincé sur la chaîne catastrophe Crans-Montana (TDAH ou pas): il faut décrocher. Dans cette vidéo j’explique pourquoi et ce qui peut vous aider à y réussir, concrètement. Sorry elle est un peu longue… Je reproduis ci-dessous ce que j’ai publié sur Facebook: Il faut absolument (j’insiste) décrocher. Il y a un risque réel de se traumatiser via l’exposition aux contenus autour de cette histoire. Donc: priorité absolue, faire autre chose.
     

Guide de survie anti-doomscrolling en cas de catastrophe [en]

4 janvier 2026 à 11:55
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Pour les personnes dont le cerveau reste coincé sur la chaîne catastrophe Crans-Montana (TDAH ou pas): il faut décrocher. Dans cette vidéo j’explique pourquoi et ce qui peut vous aider à y réussir, concrètement. Sorry elle est un peu longue…

Je reproduis ci-dessous ce que j’ai publié sur Facebook:

Il faut absolument (j’insiste) décrocher. Il y a un risque réel de se traumatiser via l’exposition aux contenus autour de cette histoire.

Donc: priorité absolue, faire autre chose. Regarder des films ou des séries. Faire un puzzle ou du nettoyage. Trouver quelqu’un qui va nous traîner dehors pour prendre l’air. 

Considérez cette consigne comme une nécessité médicale, vraiment.

Un avertissement parmi d’autres que j’ai trouvé sur linkedin, par une professionnelle de la santé au travail (Sarah Bertschy):

Ne vous exposez pas aux images, vidéos et récits des réseaux sociaux relatifs à Crans Montana.

Le risque de trauma et stress chronique suite à l’exposition à ce type de contenus est réel, a fortiori si elle est répétée.

Pour être informés, vous pouvez suivre les conférences de presse.

Un autre avertissement d’un prof de psychologie clinique (Joël Billieux):

Prenez soins de vous et ne vous exposez pas de manière non nécessaire à des images traumatisantes. Protégez-vous, et protégez les enfants et adolescent·es sous votre responsabilité. 

Les algorithmes liés aux #Reels (Insta, Facebook, Tiktok) sont susceptibles de vous inonder très rapidement de scènes tragiques et de témoignages terribles et poignants. Les algorithmes sont terriblement efficaces et il y a un risque réel de se laisser prendre dans une spirale de visionnage de contenu potentiellement traumatique #doomscrolling. 

Ces vidéos, via des phénomènes d’empathie et d’engagement émotionnel, risquent de provoquer chez vous de la détresse, de l’anxiété, ou même des symptômes qui peuvent s’apparenter à ce qu’on observe suite à l’exposition à des événements traumatisants. Ces risques ont été documentés dans des études scientifiques.

Suivant la situation, on peut aussi essayer d’appeler le 143 (la main tendue) mais le mieux est vraiment, si on n’est pas directement impacté de mettre le paquet (pardon) pour se prendre par la peau des fesses afin de mettre son cerveau sur autre chose. « Mécaniquement », même si on n’a pas envie, même si on est bouleversé, même si on veut comprendre, même si on ne sait pas quoi faire de ses émotions.

Un tuyau: « arrêter » n’est pas une bonne instruction, en fait, il faut vraiment remplacer l’activité non souhaitable par une activité plus souhaitable et incompatible, comme en comportement animal.

Quelle est votre « activité plus souhaitable », même sans être motivé•e? C’est ça la chose à faire, peu importe ce que c’est, juste là. Une série, un puzzle ou une promenade c’est très bien. Et on lâche le tel et l’ordi car sur les réseaux, impossible d’y échapper pour le moment.

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  • Et alors, 2025? [en]
    [en] 2025 a été une année compliquée. Ce soir, je n’ai pas l’énergie de faire un bilan. L’envie, oui. L’énergie, non. Et c’est tout 2025, ça: dire non, renoncer, laisser tomber, m’entraîner à accepter que je ne peux pas faire ce que j’aimerais faire. “On ne peut pas tout faire”, c’est une très mauvaise formule. Car bien sûr, c’est évident. J’ai toujours su que je ne pouvais pas tout faire. Et ça ne m’a jamais empêchée de vouloir “trop” faire, et de faire “trop”. “Trop”, avec des guillem
     

Et alors, 2025? [en]

31 décembre 2025 à 15:45
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2025 a été une année compliquée. Ce soir, je n’ai pas l’énergie de faire un bilan. L’envie, oui. L’énergie, non.

Et c’est tout 2025, ça: dire non, renoncer, laisser tomber, m’entraîner à accepter que je ne peux pas faire ce que j’aimerais faire. “On ne peut pas tout faire”, c’est une très mauvaise formule. Car bien sûr, c’est évident. J’ai toujours su que je ne pouvais pas tout faire. Et ça ne m’a jamais empêchée de vouloir “trop” faire, et de faire “trop”.

“Trop”, avec des guillemets, par rapport à quoi? Là est toute la question.

2025, c’est l’année où une grosse chute à ski, et une ribambelle d’autres événements avant et après, m’ont forcé la main pour commencer à examiner (et réajuster) ce repère par rapport auquel on évalue que c’est “trop” ou “assez” ou “pas assez”.

J’ai assez peu d’égards (conscients, en tous cas) pour “ce que la société attend de nous”, en tant que force extérieure. “Ce que penseront les gens.” Mais évidemment, comme tout le monde, j’ai certainement internalisé plein d’injonctions et de valeurs, dont certaines peut-être se déguisent en envies et désirs que je crois m’appartenir en propre. Peut-être. Comment voir ce qu’on ne voit pas, entendre ce qu’on n’entend pas?

Toujours est-il que je ne lutte pas contre quelque chose auquel j’ai le sentiment de devoir obéir ou me soumettre. Ce contre quoi je lutte vient de l’intérieur: ce que moi je veux, ce que moi je considère juste. Du moins, je crois, avec toute l’honnêteté et la lucidité dont je suis capable, que c’est moi. Donc c’est entre moi et moi. Entre moi et mon rapport à la vie, à la mort, vu que c’est elle qui est le repère ultime de la vie vécue.

Donc en 2025, je me suis beaucoup entrainée à dévaluer l’importance de tout un tas de choses. Le fait que je puisse me dire “c’est parce que j’ai eu un accident, je suis en convalescence”, ça aide, parce que ça me laisse croire que c’est temporaire. Que je pourrai revenir à où j’en étais avant. Oh, je pourrais, probablement. Pronostic: récupération complète. Mais je ne me leurre pas: même si à un moment donné je peux, je ne veux pas. Donc quand c’est dur, je ferme les yeux et je me souviens que c’est temporaire. Mais les compétences que j’entraine, elles sont là pour rester.

Je ne sais plus si c’était à l’Hôpital de Rennaz, quand je commençais à reprendre mes esprits, le soir après mon accident, ou dans les jours qui ont suivi, mais je me souviens très clairement m’être demandé si cet accident allait marquer dans ma vie un “avant” et un “après”. Ce n’était pas du tout clair, à ce moment-là.

Maintenant, c’est évident.

2025, c’est une année qui marquera dans ma vie un “avant” et un “après”.

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  • Noël du cerveau pas si joyeux [en]
    [en] Je cherche des métaphores. Je cherche une façon fait ressentir clairement à autrui ce qui se passe pour moi quand j’en fais « trop », neuf mois après mon accident, même après tout ce temps.Ce ne sont que des métaphores. Aucune ne fonctionne vraiment comme il faudrait. Je n’ai pas de point de référence « avant accident » pour décrire cet état. Ce n’est pas la même chose que « être épuisée », « avoir mal à la tête », « être au bout du rouleau ». Ce n’est pas la même chose non plus qu’un burn
     

Noël du cerveau pas si joyeux [en]

25 décembre 2025 à 09:01
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Je cherche des métaphores. Je cherche une façon fait ressentir clairement à autrui ce qui se passe pour moi quand j’en fais « trop », neuf mois après mon accident, même après tout ce temps.

Ce ne sont que des métaphores. Aucune ne fonctionne vraiment comme il faudrait. Je n’ai pas de point de référence « avant accident » pour décrire cet état. Ce n’est pas la même chose que « être épuisée », « avoir mal à la tête », « être au bout du rouleau ». Ce n’est pas la même chose non plus qu’un burnout. Peut-être que ça se rapproche un tout petit peu de mon état après une nuit blanche, exercice que j’ai évité comme la peste tout au long de ma vie vu ce que ça me faisait. Sauf qu’il faudrait imaginer plusieurs nuits blanches à la suite, alors que là, c’est avec « de bonnes nuits de sommeil ».

Donc, les métaphores.

C’est comme quand tu as marché toute la journée, fait une randonnée de 8 ou 10 heures bien exigeante alors que tu n’es pas particulièrement entraînée, tu as fait le dernier kilomètre ou deux par la seule force de ta volonté, tes jambes sont en feu ou alors tu ne les sens plus, mais une chose est sûre en tout cas : tu t’es arrêtée, tu aimerais repartir, mais tu as beau donner l’ordre à tes jambes, elles refusent de marcher. Ou alors, si tu parviens malgré tout à les faire obéir, chaque pas est une torture qui te demande un effort surhumain.

Tes jambes, c’est mon cerveau.

Une autre.

C’est comme quand la batterie de ton téléphone est presque à plat. Cinq pour-cent, 4%, 3%… ça fonctionne encore, tout semble normal. Mais quand tu arrives à zéro, tout s’éteint. Alors tu mets le téléphone à charger, mais il y a un problème. Le chargeur charge lentement, très lentement, et le téléphone, juste pour rester allumé, vide la batterie presque aussi vite que le chargeur arrive à la recharger. Et dès que tu ouvres la moindre application, là, le téléphone vide carrément la batterie plus vite que le pauvre chargeur n’est capable de la charger.

Alors tu attends, patiemment. Le lendemain matin, la batterie est à 10%, 12% ! Tout va bien ! Tu démarres la journée, tout est normal, mets très vite, tu vois que ta batterie est déjà à 2%. Vite, vite, le chargeur ! À coups d’usage stratégique du chargeur, en faisant bien attention à quelles applications tu utilises, tu arrives miraculeusement au bout de la journée.

Le lendemain matin, après avoir chargé ton téléphone autant que possible, la batterie n’indique que 7%.

Sauf que le cerveau, il n’indique pas des pourcentages.

Elle est pas mal cette métaphore. On pourrait lui rajouter l’espace disque saturé, pendant qu’on est, parce que pour préserver la batterie tu avais mis la synchronisation vers le cloud sur pause. Et la bande passante qui se réduit à un petit filet, parce que le téléphone qui étouffe avec son disque dur plein, il faut quand même le laisser synchroniser un peu pour faire de la place…

Les applications?

Tout. On utilise notre cerveau pour tout. S’organiser. Écouter ce qu’on nous dit. Parler. Faire la vaisselle. Prendre des décisions. Écouter de la musique. Écrire. Faire un puzzle. Traiter toutes les stimulations externes, quand on va faire des courses, par exemple. Verser quelque chose dans une tasse sans mettre à côté. Bouger son corps, que ce soit pour marcher ou faire du judo. Gérer ses émotions. Interagir avec autrui.

Tout ça, et j’en passe.

Certains apps sont plus gourmandes que d’autres. Pour moi, interagir (surtout par oral), même si j’aime ça, ça bouffe vite de la batterie quand elle est deja bien vide. Décider, planifier aussi. Écouter de la musique (un podcast c’est plus facile… ce sont des sons plus… simples?) Être dans un endroit bruyant ou animé. Faire des tâches ménagères.

Moins gourmandes: écrire (des choses « faciles », comme cet article où il me suffit en somme de « penser à haute voix »), lire des messages (nettement moins coûteux qu’écouter un message vocal, généralement un calvaire), faire un puzzle, regarder une série TV divertissante, faire la sieste, me promener, parler d’un sujet que je maîtrise bien.

Aujourd’hui: la batterie est tellement à plat que j’ai du mal à faire tourner même les applications peu gourmandes.

Concrètement: hier j’ai dû abandonner mes invités lors du réveillon de Noël. Aujourd’hui, au lieu d’aller au Noël familial, je reste chez moi, et j’ai annulé un petit Noël entre amis que j’avais organisé pour le 26 et dont je me réjouissais vraiment. J’espère réussir à sauver mes vacances à la montagne la semaine prochaine, mais ce n’est pas garanti.

Comment j’en suis arrivée là? Ah, si seulement on pouvait être aussi intelligent avant qu’on ne l’est après!

Vendredi, examen médical de routine sous propofol (tout est en ordre, rien à signaler). Je pense que j’ai largement sous-estimé l’impact pouvait avoir cette sédation, sur fond de petite nuit et de semaine un peu stressante. Dans ma vie pré-accident, j’ai toujours récupéré très bien, je m’attendais donc pas à grand-chose, ou peut-être juste un peu plus de fatigue que d’habitude le jour même.

Samedi, j’avais une grosse journée de prévue, avec entre autres un aller-retour à Genève en voiture, qui a été compliqué par des bouchons importants sur le chemin du retour. Je suis arrivée au terme de cette journée complètement hors service. Ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille, mais je me suis dit « une bonne nuit de sommeil, tranquille demain, ça va passer ».

Dimanche au réveil, mal à la tête, assommée, donc journée peinard, une copine qui passe boire le thé l’après-midi, ça me fait plaisir, tranquille… mais le soir c’est encore pire.

Le mercredi je reçois la famille pour le 24. Alors lundi et mardi, j’essaie tant bien que mal, élaguant au fur et à mesure pour ne garder que le minimum vital de ce qui doit être fait, avec ma batterie entre 2 et 5%, les cadeaux, les quelques autres choses que seule moi puis faire, déléguer le reste ou faire passer à la trappe. Malgré ces efforts, je n’ai pas réussi à récupérer— chaque jour à même été pire que le précédent.

En fait, j’aurais tout dû annuler lundi, avec le recul. Ou même dimanche. Mais qui a envie d’annuler Noël, à part le Sheriff de Nottingham? J’ai tenté de ménager la chèvre et le chou, de m’accrocher tout en étant raisonnable, de faire des compromis. Mais ça n’a pas suffi.

Résultat: je ne pense pas m’être retrouvée aussi hors service depuis des mois. Je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour reprendre pied. C’est décourageant, vraiment, de se « planter » encore aussi magistralement après tant de temps, alors même qu’on fait justement de gros efforts pour ne pas. Réussir l’équilibre entre être assez prudent et se laisser quand même de la place pour vivre, c’est loin d’être simple.

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  • It’s Not Good [en]
    [en] Between November 3rd and last Thursday, Oscar has had three epileptic seizures – maybe four. Whatever the underlying cause is, it’s not good. He’s an old cat with many ailments, hanging on to a life still good enough. You need to read The Cat Who Woke Me Up (thanks, Doc). It’s beautiful in so many ways. It makes me wish I were able to write about the truth of the world like that. I haven’t got around to sharing even a tenth of all that I have understood over the nine long months si
     

It’s Not Good [en]

22 décembre 2025 à 14:42
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Between November 3rd and last Thursday, Oscar has had three epileptic seizures – maybe four. Whatever the underlying cause is, it’s not good. He’s an old cat with many ailments, hanging on to a life still good enough.

You need to read The Cat Who Woke Me Up (thanks, Doc). It’s beautiful in so many ways. It makes me wish I were able to write about the truth of the world like that.

I haven’t got around to sharing even a tenth of all that I have understood over the nine long months since my accident. But somewhere in there, there is writing. And there is dealing with emotions. And grief. It is our struggle as humans, inevitably, to be faced with emotions. They colour our life. Maybe helping each other, being there for one another, all has to do with emotions. Maybe it all comes down to that. Emotions as the truth of life.

Christmas is approaching, and my old cat is inching closer to the end. It could be next month, it could be next week, it could be next summer. Though honestly, I think the likelihood of the latter is slim. Winter is not good for my cats. Both Bagha and Quintus died in the time before Christmas. Tounsi just after. Erica a few months later. I’m not superstitious and I don’t believe in anything. These days are just not filled with happy feline memories. And it’s a fact that winter, like the heatwaves of the summer, is not gentle on frail, ageing bodies.

I’m struggling with my brain right now. It’s not good either, in a different way. Obviously, I keep overestimating how much “available brain” (I don’t like “energy”) I have. As soon as things get better and more normal, I end up overdoing it, without realising, and then crashing again.

I underestimated the impact my programme for Friday and Saturday would have (and forgot to factor in some wiggle room for “unknowns”, which definitely made themselves known). Saturday evening I was completely exhausted. This means: headache, buzzing brain, making mistakes with numbers, struggling to put my thoughts clearly into sentences, more misunderstandings or lost threads when listening to others, and the odd word eluding me. Oh, and leaving my keys in the door (but that was Saturday noon already).

Sunday was headache, mostly rest, a friend over for tea, cancelling a videocall with another. Today had less headache, felt quite better, but after two hours Christmas shopping this afternoon my brain is filled with pounding rain and lightening and I gave up on heading out again for the second shopping trip I had planned. Christmas preparation is going to be much more challenging than expected. I look at the coming week and can’t see when I’m going to get the downtime to recover. It’s not good, and I don’t know what to do about it. That, of course, is part of the problem.

Next Monday, I’m going to the chalet. I don’t know what state my brain or my cat will be in. There are loud bells ringing telling me it would be more reasonable not to go. There are equally loud bells telling me that I haven’t been to the chalet in a year, that I desperately need a holiday, and that I want to go back skiing because this year has already been so dreadfully frustrating for me that I just can’t bear to give up on yet another plan.

I have had to get better at letting go of things. It doesn’t mean I’m good at it. And as I am still on the road to improvement, I logically should need to let go of less and less as time goes on. I keep thinking I can relax a bit, inch closer to my “normal life”, but I keep overshooting and being all the more frustrated: because I’m disappointed, with the double whammy that when my brain is fried, managing my emotions is more difficult.

I remember, in the first hours after my accident – or maybe days? – wondering through the fog of my concussion if this accident would leave a lasting mark on my life. Would it have big consequences. Would there be a before and after. Would it change me. Would a split second on a ski slope change the trajectory of a life. It made me even more acutely aware that some split seconds end lives – I was already very much aware of this, but knowing in your mind and feeling in your body are two different things.

My recovery is not just managing my tiredness and cognitive load to remain in the sweet zone of “enough activity but not too much” that supports healing and regaining function. It’s also grappling with Big Questions regarding the meaning of life, what’s important and less important, truly understanding that my ressources are finite, not just when I’m recovering from an accident, but always, and that I want to be mindful of how I use the time and energy of this one life I’m given. It’s figuring out what I want to do and dealing with the existential anxiety of my mortality, determining how much place I give to others and to myself.

I want to write about all this. If there is meaning, to me, it lies in making our time alive a little easier for each other. And though there is no better learning than through our own lived experience, sometimes the stories of others can resonate. Sometimes we find keys in the lives or insights of others. I want to write, and it’s terribly frustrating (that word again) to not have the availability to do it in a timely manner.

I hope Oscar doesn’t die too soon. It’s hard enough and sad enough as is. Of course I won’t want to have to deal with his death. But I accept I will have to. I would just like to be in a better place (cognitively) when it happens. 2025 has brought enough grief, and the last handful of years more than their fair share.

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  • Comment on foire? (ou: comment souper tard mène à la cuisine déprimante) [en]
    [en] Depuis quelques semaines j’ai un rendez-vous hebdomadaire avec ma “binôme planning”. Une copine, TDAH bien aligné sur le mien (ou le mien sur le sien), aussi tendance à la surcharge d’agenda qui fait finir sur les rotules. Une affaire qui roule (pas sur les rotules). On parle évidemment de problématiques TDAH en marge de l’agenda, et ce soir on parlait rangement de l’appart et nourriture. Quelques réflexions intéressantes que je veux partager avec vous (et non “vous partager“). Le p
     

Comment on foire? (ou: comment souper tard mène à la cuisine déprimante) [en]

14 décembre 2025 à 12:12
[en]

Depuis quelques semaines j’ai un rendez-vous hebdomadaire avec ma “binôme planning”. Une copine, TDAH bien aligné sur le mien (ou le mien sur le sien), aussi tendance à la surcharge d’agenda qui fait finir sur les rotules. Une affaire qui roule (pas sur les rotules).

On parle évidemment de problématiques TDAH en marge de l’agenda, et ce soir on parlait rangement de l’appart et nourriture. Quelques réflexions intéressantes que je veux partager avec vous (et non “vous partager“).

Le point de départ, c’est: “comment on échoue”? Dans mon travail, dans le domaine de la maintenance et des ingénieurs et des machines, on parle de “failure modes”. C’est pas la même chose si ma voiture est en panne parce qu’une pièce a cassé dans le moteur, parce que j’ai oublié de mettre de l’essence, parce qu’une fouine a grignoté un câble, parce que les bougies sont encrassées ou parce que le moteur a serré. En gros, dire “ça ne marche pas”, c’est joli, mais c’est mieux de pouvoir décrire “de quelle façon ça ne marche pas”, et même “comment la panne est-elle provoquée”.

Donc: qu’est-ce qui fait que ma cuisine est en bordel et que la vaisselle s’empile? Qu’est-ce qui fait que j’ai raté mon rendez-vous? Qu’est-ce qui fait que j’ai soupé à minuit? Qu’est-ce qui fait que je suis en panne de seringues pour mon chat diabétique?

Evidemment, la réponse à ces questions est de l’ordre du concret, pas du jugement moral (genre “chuis nulle”). Dans mon cas par example, j’avais fait le constat il y a bien des années que la façon dont ma cuisine devenait un espace de chaos déprimant, ça commençait avec le fait que je ne sortais pas la poubelle quand elle était pleine. Les emballages restaient sur le plan de travail ou le bord de l’évier, du coup c’était pas rangé, du coup c’était plus facile de lâcher sur la vaisselle, et hop, la spirale infernale. Ce constat m’avait fait prendre la mesure de l’importance de changer la poubelle lorsqu’elle était pleine, pour éviter de déclencher la suite de conséquences négatives.

Une fois la poubelle sous contrôle, j’ai fait un deuxième constat. Pourquoi la vaisselle s’empile-t-elle dans l’évier? Parce que l’égouttoir est encombré de vaisselle propre pas rangée. Et pourquoi n’est-elle pas rangée? Parce que la méthode de rangement dans les armoires n’est pas ergonomique, et ne “facilite” pas assez le rangement. Cela augmente l’effort nécessaire pour ranger et diminue donc les chances que ça se fasse.

Donc, tout comme changer la poubelle avant qu’elle déborde, réorganiser le rangement des couverts et services et différents ustensiles culinaires peut contribuer à faire en sorte que la vaisselle se fasse à mesure.

Un autre élément qui a émergé de cet échange: plus on est fatigué·e quand on finit de souper, moins il y a de chances qu’on fasse la vaisselle dans la foulée. On voit donc que “manger trop tard” peut donc, par un enchaînement d’effets, mener à une cuisine en bordel.

Ça me rappelle une discussion avec une autre amie, hier: elle n’aime pas faire la vaisselle après souper. Honnêtement, je comprends. Une fois le ventre plein, la journée finie, j’ai juste envie de chiller. Dans son cas, elle a une bonne solution: le matin, pendant que son café cuit, elle a une fenêtre de temps parfaite pour faire la vaisselle, au lieu d’attendre bêtement. Mais dans le mien, et celui de ma binôme, soit il n’y a pas de café, soit il faut simplement se rendre à l’évidence que le matin, il ne faut rien nous demander. Et de mon côté, arriver le matin dans une cuisine plus ou moins rangée dont l’évier est vide ou presque donne un bien meilleur coup d’envoi à ma journée que si je suis confrontée directement à une tâche qui m’ennuie au plus haut point et pour laquelle il me faut pas mal d’énergie.

La vaisselle, le souper… la nourriture. Le problème du repas du soir, c’est qu’on arrive à sa porte lessivée par la journée. Plus de jus, plus de methylphénidate (souvent), la batterie attentionnelle à plat. Amplement de quoi procrastiner le repas, et faire le lit de l’évier plein de vaisselle (et de la cuisine qui se fait la malle avec notre moral). Comment remédier à ça?

Planifier les menus à l’avance… c’est joli en théorie, mais pour moi en tous cas, utopique. Je suis quelqu’un qui marche aux réserves et à l’improvisation. Ce qu’on peut faire par contre, c’est réduire l’effort nécessaire à la prise de décision et à la préparation du repas. Par exemple, avoir une collection de “repas d’urgence” plus ou moins équilibrés qu’on peut faire rapidement et sans effort, sans trop de vaisselle, sur la base d’ingrédients “stock” qu’on s’assurera de toujours avoir à la maison. Et les mettre par écrit (post-its, cartes) c’est encore mieux, parce que quand le cerveau est au bout, des fois même faire 1+1+1= repas c’est trop. Quelques idées:

  • une demi-boîte de conserve de haricots rouges (ou pois chiches) + une petite boîte de maïs + un bout de concombre/tomate et une boîte de thon ou deux oeufs durs (sauce salade toute prête of course)
  • pâtes au pesto avec fromage râpé stocké au congél pour qu’il ne devienne pas bleu, une demi-concombre en dés avec la sauce à salade, pour accompagner un morceau de viande ou de poisson (le poisson se fait super bien au micro-ondes si jamais)
  • dans les périodes chargées, acheter de la salade en sachet pour ne pas avoir à laver sa pommée feuille par feuille et l’essorer (surtout si l’évier n’est pas inoccupé)
  • une pomme de terre coupée en dés, dans une assiette avec un peu de sel et une ou deux cuillères d’eau, 4-5 minutes au micro-ondes. Une courgette en dés, idem, 2 min au micro-ondes. Une escalope panée de Quorn (perso j’aime celles au poivre et citron) dans le air fryer: hop, c’est prêt en moins de 10 minutes et quasi sans vaisselle

Voilà l’idée – à adapter selon ses habitudes alimentaires et son goût. Le tout est de prendre un peu de temps en amont (pas quand on crève de faim à 22h30) pour identifier ces menus de secours, faire la liste du matériel de base à compléter chaque fois qu’on fait les courses, et les noter quelque part.

Qui eût cru qu’avoir chez soi un petit stock de produits de base bien choisis (oeufs durs, concombre, tomates, maïs et haricots rouges en boîte, thon, pâtes, bocal de pesto, parmesan au congél, courgette, patates, etc) pouvait résulter en une cuisine mieux rangée?

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  • Et alors, aujourd’hui? [fr]
    [fr] C’est 21h11, il me reste un poil de temps, même si je suis trop raide. Mais tant pis. Ecrire c’est important, et si j’attends toujours que les conditions soient bonnes, eh bien j’attends. Aujourd’hui, Oscar galope presque après retour de sa dose de gabapentine à son habituelle (33mg matin et soir). Je suis soulagée, car ces dernières semaines c’était pas bon du tout. Il se traînait, marchait bas et peu, ça n’allait pas. Il n’a pas refait de crise d’épilepsie depuis le 13 novembre. On es
     

Et alors, aujourd’hui? [fr]

11 décembre 2025 à 16:08
[fr]

C’est 21h11, il me reste un poil de temps, même si je suis trop raide. Mais tant pis. Ecrire c’est important, et si j’attends toujours que les conditions soient bonnes, eh bien j’attends.

Aujourd’hui, Oscar galope presque après retour de sa dose de gabapentine à son habituelle (33mg matin et soir). Je suis soulagée, car ces dernières semaines c’était pas bon du tout. Il se traînait, marchait bas et peu, ça n’allait pas. Il n’a pas refait de crise d’épilepsie depuis le 13 novembre. On espère, donc. De toute façon, c’est pas bon, un vieux chat qui fait deux crises épileptiformes à 10 jours d’intervalle. C’est décembre, le mois sombre des vieux chats.

Oscar a l’âge où il pourrait mourir soudainement. Certes, ça peut arriver à n’importe quel âge, mais on se comprend. Il a l’âge où c’est une probabilité bien réelle. Peut-être qu’il sera encore là au printemps. Ou dans un an. Mais je ne compte pas dessus. Chaque mois de plus est un mois de plus. Peut-être que, comme dit sa véto, “il nous enterrera tous”. Mais l’âge finit toujours par user l’organisme, même quand l’esprit en veut encore – ce qui est le cas d’Oscar. Il veut, il veut. Aller dehors, venir sur mes genoux, chercher des noises à Juju, investiguer cette nouvelle personne qu’il a aperçue, son tube de nutrigel quand sa glycémie descend un peu trop vite ou un peu trop bas.

Aujourd’hui, moi je garde la tête hors de l’eau, mais je pédale fort dessous. La vaisselle, c’est pas ça. Le sommeil, c’est un peu mieux. L’administratif, ça s’entasse, surtout quand le fait d’avoir des soucis de santé augmente encore la charge administrative: une détection précoce AI (parce qu’après six mois d’arrêt de travail, ça se fait d’office, même si le pronostic est d’une récupération complète et que les choses “s’annoncent” bien), des médecins qu’il faut relancer pour des rendez-vous, l’assurance qui ne rembourse pas pour une question de procédure administrative, et qu’on va tenter d’amadouer, le courrier empilé (urgences repérées à la boîte aux lettres et traitées, on espère) à traiter… Et je ne commence même pas avec l’approche des fêtes, la logistique familiale, le séjour au chalet, comment je vais gérer les chats, le régime sans fibres la semaine prochaine (ô joie – routine, qu’on ne s’alarme pas), l’audioprothésiste qu’il faudrait recontacter parce que vraiment, un accessoire-micro pour les formations et les séances à l’audio difficile, ce serait quand même bien, les habits d’hiver qu’il faudrait extraire de leurs rangements, les journées qui inévitablement génèrent de nouvelles idées, de nouveaux projets, de nouvelles tâches…

On ne peut pas tout faire. Je suis vraiment en train de comprendre ça. Pas juste dans le sens “ma pauv’ Lucette, t’as les yeux plus gros que le ventre”, mais dans le sens que la vie aujourd’hui est d’une complexité administrative quasi ingérable. L’idée qu’on devrait être capable de “gérer correctement sa vie”, avec l’admin sous contrôle, le lieu de vie, le boulot, la santé, le sommeil, les loisirs, la vie sociale, les responsabilités, c’est une douce illusion. On ne peut pas mettre le contenu d’un deux pièces dans une Twingo. Même au chausse-pied. Même en optimisant à fond. Même si on est championne de Tetris.

J’ai pris conscience récemment qu’une de mes tentatives de solution face à la surcharge d’obligations et de désirs, c’est l’optimisation. Si j’optimise correctement, alors j’atteindrai cet état où ma vaisselle est faite, mon frigo ne comporte pas d’aliments mourants, mon admin est à jour, mon appart est joli, rangé et propre, la lessive de la semaine dernière est rangée, j’ai du temps pour écrire, me détendre, voir mes amis, faire mon job sans courir, lire avant de m’endormir, aller au judo, au chant, au ski ou en randonnée, jouer au bridge, organiser des jeux de société avec les amis, et contrôler mes relevés d’assurance-maladie. Et bien sûr, suivre correctement ma santé et celle de mes chats. Penser à mon avenir et le préparer. Être là pour mes proches quand ils ont besoin de moi. Gérer une communauté de soutien pour maîtres de chats diabétiques, écrire un livre ou deux, pourquoi pas, refaire de la poterie, sans oublier de changer le monde. Vous voyez le truc?

J’ai un article qui me trotte dans la tête, depuis une semaine ou deux. Il est intitulé “Optimiser jusqu’à l’épuisement”. Vous saviez que cette recherche d’optimisation, il y avait un lien avec le TDAH? Moi non plus. Mais ça fait sens. Et ça me fait porter un autre regard sur cet élan qui me leurre. Optimiser, pour moi, c’est un piège, en plus d’être une compétences extrêmement utile.

Donc je me demande, depuis quelque temps: “qu’est-ce que je choisis de laisser tomber? sur quoi je fais l’impasse? quand est-ce que je décide sciemment de ne pas optimiser?” Comme on peut s’y attendre, je sais bien faire la leçon aux autres: “On ne peut pas tout faire. Il n’y a ni l’argent, ni les ressources. Et c’est pas parce qu’on est nuls ou mal organisés, ou pas assez compétents. C’est un problème structurel, indépassable. Et peut-être même que les seules choses qu’on arrivera à faire ce sont celles qui sont absolument critiques et indispensables. Et le reste, tant pis, on fera pas.” C’est ça. Mais quand il s’agit d’appliquer ça à ma vie, je me débats encore férocement, parce qu’il doit bien y avoir une solution quelque part, si si, je suis sûre qu’il y a un moyen de faire rentrer le cinq pièces dans le coffre de la moto.

Donc, optimiser, une affaire de TDAH. Peut-être carrément un symptôme. Le TDAH, ce n’est pas anodin. Ce n’est pas un détail dans la vie d’une personne, qu’on peut se permettre d’ignorer ou de prendre en compte, suivant ce qui nous chante. C’est sous-diagnostiqué, stigmatisé, mal reconnu, mal compris, mal pris en charge. “Mangez moins de sucre et faites du yoga.” (Véridique, mais pas à moi.) L’assurance veut pas rembourser la moitié de tes médics, et augmente donc ta charge admin ou ta “taxe TDAH”, le coût très financier que ça a de laisser passer les délais, perdre ses affaires, oublier qu’on a un abonnement qu’on n’utilise pas, se faire amender sur la route si c’est pas taxer d’office, acheter les trucs à double pour tenter de garder un peu la charge mentale sous contrôle (quel gag, mais en fait oui, les trucs à double c’est le life-saver auquel on pense pas, même si la charge mentale elle ne rentrera jamais ni dans le coffre de la Twingo ni dans celui de la moto), casser ses trucs ou les abîmer parce qu’on a laissé la fenêtre ouverte ou la plaque allumée, payer deux fois le billet d’avion parce qu’on s’est trompé de date et c’est pas remboursable.

Le TDAH, c’est un truc qui est un facteur de risque non seulement pour égarer ses lunettes ou oublier sa veste, parler trop et s’aliéner son entourage parce qu’on se fâche ou qu’on est chiant, tout simplement, mais aussi, en vrac: accidents, comportements à risque, abus de substance, suicide, incarcération, précarité, séparation, ah oui et utilisation intensive du système de santé. Ce qui est marrant avec ça c’est qu’il semblerait que ce ne soit pas juste lié aux accidents de maladroits, distraits, et preneurs de risques, pas juste lié aux maladies de ces gens qui sont pas fichus d’avoir une bonne hygiène de vie, manger correctement, faire du sport, aller chez le médecin à temps quand ça va pas, prendre leurs traitements jusqu’au bout. Non, les personnes avec un TDAH elles ont aussi plus de maladies tout court, qui semblent venir de la faute à personne. Bizarre, hein? Une histoire de profil génétique, on dirait. Donc t’as un TDAH, t’es toujours fourré chez le médecin avec des problèmes de santé qui rentrent pas bien dans les cases? Pas étonnant.

Ah oui, et autre truc cool. Le TDAH chez la personne âgée, c’est encore moins bien connu et étudié que chez l’adulte. Il se passe quoi quand on vieillit, avec un petit détail de quatre lettres qu’on a “bien géré jusqu’ici donc pourquoi je m’en soucierais maintenant?” Pas chez tout le monde bien sûr, mais avec l’âge, il peut arriver que toute la merveilleuse énergie et les ressources incroyables qu’on déployaient à notre insu pour “compenser”… ne soient soudain plus aussi disponibles. Hop, dégringolade, décompensation. Qui pourrait, suivant quand, donner lieu à des diagnostics de dépression ou même de démence (et traitements ou non-traitements associés) alors qu’un petit détour par la case des psychostimulants pourrait pas mal améliorer la situation.

Ce qui me fait penser aux femmes en périménopause. Encore un sujet sur lequel il ne faut pas me lancer! Saviez-vous que les hormones (oestrogènes) commencent à se casser la figure sept à dix ans avant l’arrêt des règles, qui a lieu en moyenne autour de 51 ans, si ma mémoire ne me joue pas des tours? Et qu’avec les oestrogènes qui se font la malle, l’inflammation augmente et la dopamine s’en va aussi voir ailleurs si elle y est? Sans faire une trop grande digression par les neurotransmetteurs, la dopamine et la noradrénaline semblent être ceux dont la disponibilité insuffisante dans le cerveau joue un rôle dans les difficultés de fonctionnement exécutif typiques du TDAH. Donc les femmes dans la quarantaine qui commencent à avoir mal partout, à tout oublier, à plus savoir pourquoi elles sont à la cuisine, à gérer leurs émotions comme des manches, à être tellement épuisées qu’on les ramasse à la petite cuillère pour les mettre sous antidépresseurs ou anxiolytiques, peut-être qu’elles ont plutôt besoin d’une thérapie hormonale de substitution, et/ou de psychostimulants s’il s’avère que l’exode des oestrogènes était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de leur TDAH jusque-là magistralement et invisiblement géré au prix d’un fardeau compensatoire qu’elles seules subissent.

C’est peut-être pour ça que je n’écris pas plus souvent. Il y a trop à dire et une fois lancée… vous voyez le résultat. Navrée pour les phrases-paragraphes, visiblement c’était le mood du jour. L’absence de liens, aussi, parce qu’il y aurait des tas de liens à mettre partout, mais je suis fatiguée et mes mains aussi, donc aujourd’hui ce sera sans liens et avec des phrases bien trop longues. Ah ouais, et j’ai pas relu.

Bonne nuit 😘

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  • Fits and Starts [en]
    [en] Heavens, what happened to blogging after 8pm? There was a week there where I seemed on a roll. I was also managing the rest of my life. And the small slice of work. It felt like it was working out. And these days I’m just too exhausted for pretty much anything. I looked back to my Day One entries to see when I’d started writing like “exhausted” pretty much every day, and it goes back a couple of weeks (at least). What happened? It’s not even clear. The days go by and I reach my even
     

Fits and Starts [en]

2 décembre 2025 à 15:38
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Heavens, what happened to blogging after 8pm? There was a week there where I seemed on a roll. I was also managing the rest of my life. And the small slice of work. It felt like it was working out.

And these days I’m just too exhausted for pretty much anything. I looked back to my Day One entries to see when I’d started writing like “exhausted” pretty much every day, and it goes back a couple of weeks (at least). What happened? It’s not even clear.

The days go by and I reach my evenings with barely the energy to crawl into bed. I’ve had the return of the headaches, too, after a tiring/tired week and a wonderful (but tiring) week-end at a singing workshop. Days become weeks, to use the worn out turn of phrase.

So, I remember that recovery isn’t linear. I dump links and quick thoughts in Mastodon and each time, regret that I don’t yet have a functional system to help me collect them into a daily or weekly digest-like blog post. My old blogging pal Les Orchard has some flavour of this going on his side, and I’m envious. (Happy for him, but wishing I had what I want too; doesn’t help that I haven’t even really had the energy to describe my vision for it properly, or poke around amongst existing WordPress plugins to see if there is a way to whip up some minimal viable version of it.)

Oscar hasn’t had another epileptic fit (fingers crossed). Pheno doesn’t work for him, so we upped the gabapentin and are crossing toes too. His bloodwork is honestly quite good for a gentleman his age, so it seems he hasn’t said his last word yet. I got a few videos of him in the garden chasing after Juju (who is getting rounder by the day).

It’s 9.30pm. Time to crawl into bed.

(Now that really was a quick blog post.)

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  • Can I Write a Quick Blog Post? [en]
    [en] This is often the question. In typical ADHD style, my difficulty getting started on something is only surpassed by my difficulty stopping something once it’s started. So, 9pm on Sunday night, tired tired tired, can I grab my keyboard and give you some news without still being up at midnight? I challenge myself. Mid-October, I went back to work part-time. Three half-days a week. It went OK but I was way more tired than I expected. Tired in general. Overwhelmed by trying to manage my
     

Can I Write a Quick Blog Post? [en]

16 novembre 2025 à 16:02
[en]

This is often the question. In typical ADHD style, my difficulty getting started on something is only surpassed by my difficulty stopping something once it’s started. So, 9pm on Sunday night, tired tired tired, can I grab my keyboard and give you some news without still being up at midnight?

I challenge myself.

Mid-October, I went back to work part-time. Three half-days a week. It went OK but I was way more tired than I expected. Tired in general. Overwhelmed by trying to manage my weeks, that these three little half-days seemed to fill to the brim. It’s much better now and I feel ready for more. I haven’t had cognitive overload headaches for a while now, or at least, so few that I don’t remember them.

Months ago, I started using the Apple Journal app, because I was having such a hard time recalling what I had done in previous days, recent or less recent. Writing a few quick notes down at the end of the day has helped me keep some sort of grasp on all those days that have disappeared into the weird months of 2025. Recently, I’ve switched to Day One, trying it out as an alternative to Apple Journal. My Facebook suspension has made me cautious about locking data or content into hard-to-export-from apps or services.

I’ve also started learning Bridge. Maths and statistics, strategy and communication, fun! It’s an investment for my old days, but already enjoyable. I’ll write more about it in time. If you want to get started, Funbridge actually has tutorials that can take you by the hand for the first steps. Start with MiniBridge.

My very old cat Oscar is having a series of health issues. I treasure each good day I have with him, because I don’t know how many are left. The first part of the year saw a complete deregulation of his diabetes, which had been a smooth ride to manage until then. He was getting dehydrated, blood glucose going up and down like a yoyo, and slow but steady weight loss. We went through a long period of subcutaneous fluids, which helped a lot.

In September he came down with a really bad pancreatitis flare-up. I nearly lost him. An oesophageal feeding tube saved him. It sounds like a dramatic intervention, but it’s actually quite minor surgery, well-tolerated, and a life-saver. The main issue with pancreatitis is that the cat stops eating. Being able to feed by tube solves that problem, removes stress for everybody, allows proper administration of medication, fluids and calories. I had a short trip planned during that period, and thankfully a friend came over to cat-sit and take over nursing duties. I can’t thank her enough.

Since the pancreatitis he had been doing really good. He didn’t put all the weight he lost back on, but enough that it’s not a disaster. And his three old arthritic legs are happy for any 100g they don’t have to carry. I have been letting him out in the garden, closely supervised, of course, and he really enjoys it. It makes me happy too, to be able to give him access to enrichment and stimulation that an exclusively indoor life didn’t provide. It always made me a bit sad, especially as I knew he had lived most of his life outdoors. But he was too old and handicapped to risk it, and until recently, too mobile for me to supervise him in the garden here (he did get to go out at the chalet – different environment with less risks). The photo is of him on one of our recent outings.

Two weeks ago, though, he had an epileptic seizure. Out of nowhere. I moved my surveillance cameras around and kept an eye on him. He had a second one ten days later, just this Wednesday night. We put him on anticonvulsants Thursday evening, but it’s tricky dealing with the sedation side-effects, particularly on an elderly cat who is already mobility-challenged and wobbly at the best of times.

He still wants a lot of things (like me, hehe). He wants to go downstairs, he wants to climb in my lap, he wants to go outside, he wants to go on the sofa, he wants to teach Juju a lesson (Juju, by the way, is doing fine, but definitely overweight – I’m hoping his new diet will work out, because I’m not enthusiastic about preparing myself another diabetic cat).

So we’re still figuring things out, and crossing fingers that Oscar will be able to tolerate the medication and that he won’t have another seizure too soon. But it’s not good news, in any case. I’m sad and worried, which is normal, but that doesn’t make it comfortable. And also, apprehensive, because 2025 has come with more than its fair share of trials, and I’m aware that there is a high risk of Oscar dying in the coming months. And honestly, I don’t need that, just as I’m getting back on my feet. There’s never a good time for dead cats, but some are shittier than others. He might hang in there, of course, but he’s old enough and his health is such a fragile equilibrium that I would not bet on him being still around this time next year. He could still be here for months or more, of course, but he could also go downhill fast pretty much anytime. Loving and caring for an old animal is living with the certainty of grief to come, but the uncertainty of timing. I am very much reminded of Quintus’s last years.

I’ve never liked October-November. It’s dark, and damp, and not winter yet. It’s the in-between season. And this year, I had neither hiking, nor skiing, nor really sailing season. I did go out on the lake a handful of times, thanks to my dad who took me along. But it’s very frustrating and weird for me to have “lost” this year like that. It feels a bit like the first Covid year, you know, where we all felt there was a year missing in our lives. Only here, it’s just for me.

I’m way better but not “back to normal” yet. I have to put more effort into just “managing life”. And compared to before my accident, I’m much more careful about pushing myself. I used to push myself all the time. Now, when I feel tired, I go “oh, wait, I’m tired, how can I adjust my expectations for what I was hoping to do during the coming hours”.

A few weeks back I teamed up with a friend who also felt the need to get on top of her weekly planning, and we touch base once a week to go through our schedules. It’s been extremely helpful and is in no small part responsible for my not feeling overwhelmed by my life anymore. I’ve been knocking down admin tasks lately, blogging more, and even making some headway in much-needed tidying up and deep cleaning.

On the online side of things, I am sitting on my hands, because there are a few topics I really really want to dive into, but I know I cannot afford the time and bandwidth right now. It’s extremely frustrating. One of these topics is how to collate the things I share on the socials into daily blogs posts (I think I wrote about it in part 3 of Rebooting The Blogosphere). I think about it pretty much every day, because I share stuff on the socials and regret that I don’t have a simple way to round up the day’s shares here in WordPress to whip up a quick post with links and comments and some passing thoughts. There is a bunch of things I want to fix on the blog, too, but that will also have to wait. At least I’m writing.

I now finally have a Discourse instance up and running on a server (thanks Oliver!) and I am impatient to start configuring it and playing with it to start preparing for the migration of the “Diabète Félin” community I manage. It’s not for tomorrow, but I’d love to at least get something moving before the end of the year. I’m super enthusiastic about Discourse, maybe I should write a post about it.

But not tonight.

I’ve been writing my “quick blog post” for nearly an hour, my eyes are still tired and my brain is still foggy, so I’ll wrap things up here, go and pick up my old drugged up cat, play a deal or two on Funbridge, jot a few notes down in Day One, and read my book a bit before I collapse.

Sleep is what transports you to the next day. And the next day here is Monday.

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  • Des “mini-podcasts” à écouter [en]
    [en] Après l’introduction d’hier (enfin à l’heure de publication, c’est avant-hier), venons-en au menu principal: une collection de podcasts en série limitée, type documentaire en x épisodes, surtout en anglais (parce qu’il y en a moins en français, tout simplement). A écouter, bien sûr. Je ne les ai pas mis dans un ordre particulier, juste comme ça vient. Mon corps électriqueAprès un accident suite auquel il se retrouve tétraplégique, Arnaud prend part à une étude médicale dans l’espoir de
     

Des “mini-podcasts” à écouter [en]

14 novembre 2025 à 14:39
[en]

Après l’introduction d’hier (enfin à l’heure de publication, c’est avant-hier), venons-en au menu principal: une collection de podcasts en série limitée, type documentaire en x épisodes, surtout en anglais (parce qu’il y en a moins en français, tout simplement). A écouter, bien sûr. Je ne les ai pas mis dans un ordre particulier, juste comme ça vient.

Mon corps électrique
Après un accident suite auquel il se retrouve tétraplégique, Arnaud prend part à une étude médicale dans l’espoir de retrouver un peu de mobilité dans son bras gauche. En même temps journaliste et sujet, il nous emmène avec lui au fil de sept épisodes pour nous questionner sur la médecine, le handicap, l’espoir, les limites, le deuil, le corps, la vie. (Voir aussi mon article Mais sérieux, le suivi psy?)

Soleil noir, autopsie d’une secte
Si vous avez mon âge ou plus, vous vous souvenez de l’Ordre du Temple Solaire. Ce podcast revient sur cette tragique histoire, en détail, et ce faisant, montre à quel point tout un chacun peut se retrouver victime d’emprise. Glaçant et fascinant.

Précipice
Sept épisodes. Sept vies qui basculent. On peut voir ce podcast somme un prélude stylistique à Mon corps électrique: l’épisode 7, c’est Arnaud.

No Easy Fix
Trois épisodes sur le sans-abrisme, l’addiction, et la réalité du parcours pour sortir de la rue à San Francisco.

Scripts
Ce podcast explore comment l’explication “physiologique” est devenue dominante aux USA pour la santé mentale, et ce que ça a eu comme impact sur le rapport qu’on a aux médicaments psychotropes. Egalement en trois épisodes.

The Missing Cryptoqueen
Dans le genre True Crime qui n’a rien à envier à un triller fictionnel: douze épisodes d’enquête sur une crypto-arnaque à grand échelle menée par une charismatique entrepreneuse qui finit par se volatiliser.

S-Town
J’ai écouté ce podcast il y a longtemps et je ne me souviens plus clairement du contenu. L’impression qu’il m’a fait, par contre, est bien clair. C’était prenant, intriguant, surprenant, et très bien raconté.

The Kids of Rutherford County
Quelque part aux USA, on met en taule des gosses aussi jeunes que 8 ans pour des bagarres de cour de récréation. Comment est-ce qu’on en est arrivé à ça? Et qu’est-ce qu’il a fallu pour sortir de cette dystopie?

The Preventionist
Amener son enfant à l’hôpital pour un commun accident domestique, une chute par exemple, et se retrouver non seulement accusé de maltraitance mais perdre la garde. Un cauchemar parental qui se répète année après année dans un coin de Pennsylvanie. Quand la protection de l’enfance finit par briser des familles innocentes et traumatiser ceux-là mêmes qu’elle est supposée protéger.

Un aparté, à ce stade: vous allez vous dire que je n’écoute que des trucs glauques et déprimants. C’est peut-être un peu vrai. Ce qui m’intéresse dans toutes ces histoires, c’est l’autopsie de systèmes qui dysfonctionnent. Comment les bonnes intentions créent-elles l’enfer institutionnalisé? Comment des personnes se retrouvent-elles prises dans des rôles où elles contribuent à rendre misérable la vie d’autrui? Que faut-il pour réparer nos systèmes défectueux, qu’ils soient politiques, médicaux, administratifs, sociaux, politiques, ou autre? Comment réussit-on (ou échoue-t-on) à réparer ce qui semble irrémédiablement cassé dans notre monde?

The Good Whale
Vous vous souvenez de “Sauvez Willy”? Derrière le film qui a ému les coeurs, il y a la vraie histoire, nettement plus compliquée, de Keiko – l’orque que l’on voit dans le film. Dans le genre enfer pavé de bonnes intentions, on est pas mal.

The Cat Drug Black Market (partie II, partie III)
La PIF est une maladie auparavant incurable chez le chat. C’est la maladie qui avait emporté Safran. Depuis quelques années, un traitement existe – efficace, mais disponible uniquement au marché noir. Des vétérinaires, mains liées par l’absence de traitement autorisé pour cette maladie sinon mortelle, se retrouvent à “suggérer” à leurs clients d’aller chercher de l’aide dans des groupes facebook. Ces trois épisodes retracent l’histoire de ce traitement, des communautés qui ont sauvé des milliers de chats, et de comment on s’est retrouvés dans cette situation abracadabrante.

Articles of Interest
Une mini-série sur les vêtements que l’on porte. Autant les questions vestimentaires m’intéressent peu, autant j’ai trouvé ces épisodes fascinants. Ce n’est pas étonnant, puisque cette série vient de 99% Invisible, un podcast qui a le don de rendre passionnants des sujets qui de prime abord peuvent paraître bien fades. AoI est par la suite devenu un podcast à part entière.

Master: The Allegations Against Neil Gaiman
Un auteur populaire et adoré est accusé d’abus sexuels par plusieurs femmes. Il nie en bloc. Une enquête dont j’ai apprécié la nuance, sur un sujet extrêmement inconfortable. (Je note juste là que Tortoise a d’autres séries d’investigation, je vais les mettre dans ma liste à écouter!)

Serial (saison 1)
Le podcast qui a lancé le genre, en 2014. Du True Crime pur et dur: Adnan Syed est derrière les barreaux depuis l’âge de 17 ans, accusé d’avoir tué Hae Min Lee, sa camarade de classe et ex-copine. Il clame son innocence, certains le croient, d’autres pas. La journaliste Sarah Koenig découvre que l’histoire est nettement plus compliquée que ce qu’il y paraît de prime abord.

Et ici je m’interromps à nouveau. Serial a lancé le genre, et continué. J’ai cité ci-dessus S-Town, The Kids of Rutherford County, The Preventionist, The Good Whale – tout ça, c’est Serial. Mais je découvre en faisant ce listing que suite au rachat de Serial par le New York Times, tout un tas d’épisodes de saisons passées sont maintenant réservées aux abonnés. Pas cool. Du coup, je vais bricoler un peu pour vous.

The Trojan Horse Affair
Le lien ci-dessus ne mène pas à la page officielle de ce podcast, mais au moins, il vous donne accès à tous les épisodes. Vous l’aurez deviné: une production Serial. On se rend cette fois à Birmingham, sur les traces d’un scandale qui a secoué l’Angleterre dix ans auparavant. Lettre anonyme, islamophobie et théorie du complot.

The Retrievals
Aussi une production Serial. Deux saisons difficiles à écouter sur la non prise en compte de la douleur des femmes dans le milieu médical. La première nous plonge dans une clinique de PMA où durant des années, une infirmière piquait dans le fentanyl utilisé comme antidouleur pour les patientes durant les interventions – le remplaçant avec une solution physiologique. Vous imaginez les conséquences pour les patientes, mais peut-être pas à quel point le monde médical est construit pour ignorer une femme qui dit qu’elle a mal. La deuxième saison porte sur les césariennes, et est plus porteuse d’espoir, car elle nous raconte comment une personne a pu mettre en route une véritable prise de conscience à l’intérieur de sa profession et faire bouger des pratiques médicales désuètes.

Dolly Parton’s America
En écoutant ce podcast, j’ai découvert la femme extraordinaire qu’est Dolly Parton. Je n’avais aucune idée. Et c’est possible que vous non plus.

Dead End: A New Jersey Political Murder Mystery
Le podcast a pris son envol et changé de nom, mais la première saison se penche sur le meurtre des Sheridan et les machinations politiques qui y sont liées.

The Making of Musk
En fait la 6e saison du podcast Understood, ces 4 épisodes nous racontent les origines biographiques et idéologiques d’Elon Musk. Eclairant.

The Disappearance of Nuseiba Hasan
Comme le podcast précédent, celui-ci est également une saison d’un podcast plus large. La troisième saison de Conviction, précisément. C’est chez Spotify, donc quasi impossible de faire un lien propre vers la saison, d’où le lien ci-dessus sur le premier épisode. Une enquête sur la disparition d’une femme que sa famille signale… des années après sa disparition.

Tiny Huge Decisions
Deux amis, Mohsin et Dalia. Ils sont les deux mariés. Elle a eu son premier enfant récemment. Lui souhaite également fonder une famille, avec son mari. Une discussion délicate, que l’on suit au fil des épisodes, où ils réfléchissent, ensemble et séparément, à une décision lourde de conséquences: va-t-elle lui proposer de porter son enfant? Ce podcast aborde avec finesse la question de la gestation pour autrui, mais pas que. Amitié, dialogue, religion, homosexualité, couple… la palette est large. Les protagonistes sont attachants, lucides, et courageux.

The Protocol
Une reportage en six parties sur la façon dont on approche la question de la transidentité chez les jeunes, enfants et ados, partant d’un protocole hollandais dont on suit l’application et l’interprétation outre-Atlantique. Un traitement très nuancé d’un sujet qui a tendance à polariser.

Pour terminer, deux recommandations un poil à part. Will Be Wild, d’abord, une enquête sur la genèse et la préparation de l’assaut du Capitole du 6 janvier. Malheureusement, l’intégralité des épisodes n’est plus disponible sans abonnement payant. Ensuite, les mini-séries de On The Media, podcast que j’écoute depuis des années. Au fil du temps ils ont produit des mini-séries sur tout un tas de sujets, allant de la pauvreté à l’histoire de la radio conservatrice. Ils en valent tous la peine.

Voilà, je crois que vous avez de quoi vous occuper avec tout ça!

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  • Les podcasts et moi [en]
    [en] Les podcasts et moi c’est une longue, longue histoire. Pour la petite histoire, je connais personnellement (déjà à l’époque) une des personnes-clés impliquées dans l’invention de ce mode de distribution du contenu audio. Comme pour WordPress, Twitter ou Instagram, c’est marrant de voir ces médias ou plateformes qui sont si “grand public” aujourd’hui et de me souvenir du monde où ça n’existait pas, et de les avoir vu naître et grandir. Ah, nostalgie… Les podcasts, j’ai donc découvert ça
     

Les podcasts et moi [en]

12 novembre 2025 à 17:48
[en]

Les podcasts et moi c’est une longue, longue histoire. Pour la petite histoire, je connais personnellement (déjà à l’époque) une des personnes-clés impliquées dans l’invention de ce mode de distribution du contenu audio. Comme pour WordPress, Twitter ou Instagram, c’est marrant de voir ces médias ou plateformes qui sont si “grand public” aujourd’hui et de me souvenir du monde où ça n’existait pas, et de les avoir vu naître et grandir.

Ah, nostalgie… Les podcasts, j’ai donc découvert ça au fur et à mesure que ça s’est mis à exister, même si, visiblement, en 2005 je n’étais pas convaincue. En 2007 toutefois, après avoir tâtonné à quelques reprises avec la publication audio/vidéo sur mon blog, j’enregistre avec une amie une poignée d’épisodes: Fresh Lime Soda. Puis assez vite, je me suis mise à écouter énormément de podcasts. C’est encore le cas.

Le podcast, au début, c’était des enregistrements de gens qui parlaient. Je sais qu’un des premiers que j’écoutais, c’était This Week in Tech (TWiT). Je me souviens du choc que j’ai eu quand j’ai découvert Radiolab: c’était construit, monté, recherché – de véritables documentaires audio. Une révélation. Je pense que c’était en 2008 ou 2009. C’était en tous cas assez tôt pour que je me retrouve rapidement à avoir épuisé tout leur back catalog. En 2010, je rajoute un deuxième podcast à mes habitudes d’écoute: On The Media. Quelque part aux alentours de cette époque, je découvre dans un tout autre genre The Savage Lovecast (18+ je vous préviens). Puis c’est l’explosion de ma liste d’écoute, et je me retrouve rapidement à ne plus réussir à écouter tous les nouveaux épisodes des podcasts auxquels je suis abonnée à mesure qu’ils sortent.

Mon but aujourd’hui n’était en fait pas de plonger dans des réminiscences historiques, mais de vous donner une liste de recommandations de podcasts à écouter. En particulier, de podcasts “série limitée”, souvent des enquêtes ou des documentaires sur un sujet précis, qui font x épisodes et c’est tout. Le premier à avoir lancé le genre, à ma connaissance, c’était Serial. A la sortie de la première saison, en 2014, “tout le monde” en parlait. Le podcast est encore actif, et il vaut bien la peine d’écouter toutes les saisons.

Pendant très, très longtemps, je désespérais de trouver des podcasts en français dont la qualité, tant pour ce qui était du contenu et de la production, pouvait rivaliser avec les podcasts américains que j’avais l’habitude d’écouter. On m’en recommandait, mais la posture journalistique classique du narrateur soit entièrement absent, soit “objectif et neutre”, désincarné, ça me hérissait le poil.

J’ai fait des études en sciences humaines. La notion d’observation participante était centrale, on mangeait la phénoménologie au petit déj, et en plus de ça, je me suis construite toute jeune adulte déjà en tant que blogueuse.

Le blog, au-delà du format de publication, c’est une culture de la parole publique dans laquelle le “je” qui observe, expérimente et interprète le monde fait partie intégrante du discours qu’il produit. Sans lui, rien ne peut être pensé ou dit – il serait malhonnête de vouloir l’invisibiliser. Et même s’il peut vouloir tendre à une certaine objectivité, ce locuteur-narrateur colore inévitablement de son regard singulier tout ce qu’il a à dire. Rendre compte de cette subjectivité en lui donnant une place dans le texte produit, c’est au final offrir au lecteur plus de clés pour en traiter le contenu, pour l’interpréter.

Dans les podcasts que j’écoute, même quand il s’agit d’une enquête, il y a un “je” qui raconte, qui ne se cantonne pas à un rôle, mais qui ose être une personne. C’est notre proxy dans l’histoire, et l’histoire qu’il raconte est aussi son histoire, aux prises avec l’histoire qu’il veut nous raconter. Ça fait beaucoup d’histoires, pas toutes au même niveau.

Depuis quelques années, on commence enfin à voir ce type de posture dans des podcasts francophones, accompagnée d’une haute qualité de production. On a Meta de Choc (même si selon les sujets on retombe un peu dans “l’objectivité journalistique”) et Dingue, par exemple. Et plus récemment, de manière beaucoup plus marquée et avec un format “x épisodes pour couvrir un sujet”, Mon corps électrique.

Je salue cette évolution.

La liste de recommandations que j’avais l’intention de mettre à votre disposition ce soir, ce sera donc pour une autre fois, ma petite introduction s’étant transformée en longue digression prenant toute la place.

En attendant, vous pouvez vous pencher sur des recommandations d’écoute que j’ai faites par le passé, en fouinant dans les articles de ce blog tagués “podcast”. Bonne lecture, bonne écoute, et à bientôt!

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  • Mais sérieux, le suivi psy? [en]
    [en] Depuis hier j’écoute, scotchée, le podcast “Mon corps électrique” d’Arnaud Robert. Ecoutez-le, vous ne regretterez pas. C’est du grand podcast, tant sur le fond que sur la forme, qui n’a rien à envier à mes “références” anglo-saxonnes. Chapeau. Je dois réagir au sujet qui fait surface dans l’épisode 6 (mais commencez au début, hein, écoutez tout). L’accompagnement psychologique, ou plutôt, l’absence criante de celui-ci – à ce stade en tout cas du podcast. Et de ce que j’en ai compris, j
     

Mais sérieux, le suivi psy? [en]

10 novembre 2025 à 17:09
[en]

Depuis hier j’écoute, scotchée, le podcast “Mon corps électrique” d’Arnaud Robert. Ecoutez-le, vous ne regretterez pas. C’est du grand podcast, tant sur le fond que sur la forme, qui n’a rien à envier à mes “références” anglo-saxonnes. Chapeau.

Je dois réagir au sujet qui fait surface dans l’épisode 6 (mais commencez au début, hein, écoutez tout). L’accompagnement psychologique, ou plutôt, l’absence criante de celui-ci – à ce stade en tout cas du podcast. Et de ce que j’en ai compris, je précise bien. Si j’ai surinterprété, corrigez-moi.

Je suis estomaquée. Comment peut-on imaginer une seule minute qu’un entretien unique avec un psychiatre afin d’évaluer si un participant est suffisamment stable pour prendre part à une étude dont l’enjeu est de récupérer de la mobilité dans un membre paralysé puisse suffire en matière de prise en charge de l’aspect “santé mentale” d’une telle démarche? Comment peut-on imaginer laisser à des médecins le soin de l’accompagnement psychologique? Un médecin n’est pas un psychologue. Un psychiatre n’est pas un psychologue, ni nécessairement un psychothérapeute, tant qu’à faire. Traverser des mois et des mois, des heures par jour, au service de la science et dans l’espoir d’un miracle, si petit soit-il, comment peut-on imaginer laisser les personnes concernées gérer ça sans impliquer un ou des professionnels de la santé mentale?

Ça fait écho, chez moi, à deux choses.

La première, évidemment, c’est mon accident. Sans mesure de comparaison avec ce qui est arrivé à Arnaud, ne devant “que” me débattre avec un syndrome post-commotionnel, qui plus est avec un pronostic qui a toujours été celui de la récupération complète. Mais pendant tous ces longs mois depuis mi-mars, j’ai heureusement pu compter non seulement sur des séances hebdomadaires avec ma psychothérapeute (psychologue) – un suivi qui était déjà en place avant l’accident, mais qu’on songeait à espacer, des rencontres régulières avec mon psychiatre, dont on a doublé la fréquence par rapport à avant l’accident, et un coaching hebdomadaire spécialisé “commotion”, accompagnant le programme d’entrainement cognitif auquel m’avait adressé mon neurologue. Honnêtement, il a bien fallu tout ça pour m’aider à garder la tête hors de l’eau – et ça continue. Et avant d’avoir le suivi spécifique à ce que je traversais (le neurologue et le coaching), à savoir la récupération d’un syndrome post-commotionnel, malgré mes ressources, le fait que j’étais entourée, le soutien, les autres professionnels de la santé (médecins, physios…), je me sentais très désemparée et livrée à moi-même face à mes difficultés et peurs pour mon avenir.

Cet écho, pour dire: après un accident qui change la vie, que ce soit de façon très visible (Arnaud) ou très peu visible (moi), la santé mentale c’est d’office pas de la tarte. Et aussi, qu’un accompagnement psychologique, quel qu’en soit la qualité, n’en vaut pas un autre, et qu’il y a un sens à en avoir/fournir un spécifique à ce que la personne traverse (par exemple, il y a des psychologues spécialisés pour les personnes en attente de transplantation d’organe).

Le deuxième écho, plus parlant peut-être, c’est la PMA (procréation médicalement assistée). Là aussi, le corps/la personne “subit” le parcours médical, même si c’est voulu, choisi, désiré. Suite au suicide d’une amie cet été qui était justement dans ce type de démarche, j’avais creusé un peu. Même si ce n’est pas quelque chose auquel on penserait spontanément, je pense que ça ne surprendra personne si je vous dit qu’un échec de FIV est un facteur de risque suicidaire conséquent. Ça paraîtrait donc indiqué qu’un parcours PMA soit d’office doublé d’un suivi psy spécialisé? Qu’on prépare les patientes à gérer les échecs qui jalonneront quasi-inévitablement leur parcours, et la perspective d’un échec complet, d’un deuil à faire qu’on cherche désespérément à éviter? Qu’on les sensibilise à l’escalade d’engagement que représente ce processus?

C’est loin d’être le cas. La PMA, c’est un processus où on vend du rêve, de l’espoir, où on paie de son corps, de son temps, de son argent, de sa souffrance, dans l’espoir (parfois peu réaliste, suivant l’âge) de porter un enfant et devenir mère. On s’occupe du corps, et on les laisse se débrouiller avec les retentissements psychologiques.

Je range les échos et je reviens au podcast d’Arnaud et ce que l’écoute de cet épisode 6 en cours m’inspire. Je me dis qu’il semble y avoir, dans certains milieux médicaux, une naiveté extraordinaire concernant ce qui touche à la santé mentale. Je suis consternée. Consternée.

Note: ce billet a commencé sa vie en tant que “petit truc à vite partager sur Facebook“.

Allez, comme on est sur le blog, quelques liens en plus en rapport avec le podcast:

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  • Réflexions de convalescence solitaire [en]
    [en] Notes dictées lors d’une balade le 15.08.2025, laborieusement remises un peu au propre presque trois mois plus tard. Même si la situation a évolué depuis, c’était un moment que je voulais capturer. Quand on vit seul, on n’a personne pour nous dire : “viens, on va aller se promener”, ou bien “viens, on va au cinéma”, ou bien « ok, maintenant on sort, prépare-toi, on prend la voiture, on va aller au bord du lac, on va rendre visite à tel-et-tel, on va aller à la montagne, on va faire ceci
     

Réflexions de convalescence solitaire [en]

9 novembre 2025 à 16:11
[en]

Notes dictées lors d’une balade le 15.08.2025, laborieusement remises un peu au propre presque trois mois plus tard. Même si la situation a évolué depuis, c’était un moment que je voulais capturer.

Quand on vit seul, on n’a personne pour nous dire : “viens, on va aller se promener”, ou bien “viens, on va au cinéma”, ou bien « ok, maintenant on sort, prépare-toi, on prend la voiture, on va aller au bord du lac, on va rendre visite à tel-et-tel, on va aller à la montagne, on va faire ceci, faire cela ».

On n’a personne d’extérieur qui nous voit au quotidien, qui peut donc nous aider à sortir d’une éventuelle spirale un peu vicieuse, genre on en fait moins, on en fait donc encore moins… Ou bien, on n’a pas le moral, donc on fait moins, ou bien on est fatigué, donc on fait moins. Mais des fois, bouger, ça réénergise. Parfois c’est le contraire qu’il faudrait, comme ça m’est arrivé, quand je suis restée coincée pendant des jours à faire du troubleshooting pour mon réseau Wi-Fi. On n’a pas une personne qui est là pour dire : “ok, maintenant stop, ça suffit, t’as fait assez, lâche ce machin et viens regarder un film avec moi.”

Pour quelqu’un comme moi (allô TDAH) toute la partie fonctionnement exécutif bat un peu de l’aile de base. Le fonctionnement exécutif ça comprend, entre autres, la gestion des activités, du temps, des tâches. C’est donc quelque chose qui est déjà compliqué pour moi, qui me demande de l’énergie, des stratégies de compensation, et qui me fatigue.

Ces problématiques que j’ai déjà sont aggravées par la commotion. La commotion, c’est une blessure au cerveau. Elle ne se voit pas, il n’y a rien au scanner, et les mini-dégâts physiques invisibles sont réparés, depuis le temps. Mais le cerveau, c’est fonctionnel, pas juste structurel. Même si physiquement “il n’y a rien”, le syndrome post-commotionnel signifie que j’ai plus de difficultés d’attention, de concentration, d’endurance, de fatigabilité.

Donc vous voyez le problème. Je dois gérer la bonne quantité d’activités, mais c’est déjà quelque chose qui est compliqué en temps normal, et là je n’ai même plus les ressources habituelles dont j’ai besoin pour faire ça. Du coup, ça me fatigue encore plus.

Cela veut dire que je vais peut-être avoir un moins bon programme de récupération, je vais moins bien réussir à équilibrer mes activités, me reposer quand j’ai besoin de me reposer, être active quand j’ai besoin d’être active — parce que le travail qu’il faut faire, justement, pour gérer ça, c’est une des choses que j’arrive moins bien à faire. Et qui me fatigue. C’est le serpent qui se mord la queue.

Quand on vit seul, on est donc seul à se dépatouiller avec ça. J’ai des amies, mais elles ne vivent pas avec moi, donc elles ne me voient pas au quotidien. Elles ne sont pas là pour me dire “stop” ou “allez, viens”.

Vivre seul, ça vient en fait avec un gros risque de perte de chance face à des atteintes dans notre santé qui impactent justement notre capacité à nous gérer. Même quand on est entouré — et je le suis, j’ai des amis, j’ai plein de gens qui ont répondu présent pour venir m’aider après l’accident, etc. Mais c’est quand même largement moi qui dois mobiliser ces ressources, et j’ai la chance d’avoir la capacité de le faire (mais pas toujours).

J’apprécie d’ailleurs infiniment les quelques amis qui me proposent des choses, qui me disent : “voilà, je viens, je pourrais venir tel jour pour souper avec toi, je pourrais venir à tel moment…” Des fois ça ne va pas toujours, des fois je dis non, mais ils·elles continuent.

Et ça, en fait, surtout maintenant, alors qu’on approche des 5 mois post-accident, c’est précieux, parce que ce n’est pas facile non plus de demander de l’aide.

Les difficultés auxquelles je fais face, eh bien elles ne sont pas forcément visibles. Quand on me voit, ça ne se voit pas. Ça passe inaperçu.

Donc je dois penser à le dire, je dois le verbaliser, je dois réussir à faire passer le message. Ce n’est pas forcément évident de faire passer le message qu’on galère à s’organiser, par exemple, quand ce que les gens voient de l’extérieur, c’est quand même qu’on ne gère pas si mal. En plus, on a l’air d’être toujours la même personne qu’on a été — on l’est largement, mais pas tout à fait. Ce n’est pas simple.

Et particulièrement ces temps, je trouve que c’est de moins en moins simple aussi de garder le moral.

Après l’accident, il y a le choc, et tout. Ensuite, le début de la récupération, c’est assez rapide. Bien sûr, il y a des hauts et des bas, ce n’est pas linéaire une récupération.

Et puis plus on avance, plus la récupération est lente, moins les progrès sont visibles. Plus on est proche de la normalité, moins ça se voit qu’on galère encore. Et donc moins on a d’opportunités d’être entendu par rapport à ça, de se sentir vu ou compris.

Donc là, je trouve dur de rester positive, de ne pas me laisser embarquer dans des spirales d’inquiétude. Est-ce que je vais vraiment réussir à retravailler ? Le neurologue n’a pas changé d’avis là-dessus. Il n’y a pas de raison. On ne peut jamais rien garantir à 100 %, mais il n’y a pas de raison que je ne fasse pas une récupération complète.

Mais il reste des choses au quotidien qui me font peur. Laisser la clé dans le contact dans la voiture parquée en plein centre-ville quand je pars souper au restaurant. Des trucs qui m’échappent. Des maladresses qui sont, à mon avis, attentionnelles. Pas moteurs — attentionnelles. D’ailleurs on le voit bien : laisser échapper un truc qu’on vient de scanner à la Migros et laisser la clé dans la voiture, il y en a un où on pourrait effectivement se dire que c’est moteur, mais pas l’autre.

J’ai l’impression qu’il y a toute une série de stratégies que j’ai en place depuis des décennies pour fonctionner, qui marchaient tellement automatiquement que je ne me rendais pas compte qu’elles étaient là. Et qu’elles fonctionnaient au niveau où elles fonctionnaient parce que je les entrainais en permanence.

Comment éviter ces incidents d’un genre nouveau pour moi ? Ce qui était déjà un peu limite avant, ou que je savais que je gérais/compensais, les choses pour lesquelles je savais que je devais être prudente avant, ça va. Je peux être plus prudente.

J’essaie de trouver des exemples qui pourraient parler à d’autres personnes que moi. Imaginons… je ne sais pas… imaginons que vous êtes quelqu’un qui n’oublie jamais ses clés, ou qui ne perd jamais ses clés. Ça ne fait simplement pas partie de votre vie, des choses qui pourraient vous arriver.

Un beau jour, vous perdez ou oubliez vos clés. Une fois. Vous pouvez vous dire « ah, merde, pas de chance ». Combien de fois vous faudra-t-il perdre vos clés pour vous dire « oh, il faut dorénavant que je fasse vraiment attention et que je mette en place des stratégies de compensation pour ne pas perdre ou oublier mes clés » ?

Une fois que l’incident est arrivé, on se dit : bon alors ok, la clé dans le contact de la voiture, ça, c’est assez simple à prévenir. Ça m’est arrivé, et c’est vrai que j’avais déjà eu un ou deux signaux d’alerte par le passé, des fois où je suis sortie de la voiture en laissant la clé dans le contact. J’avais d’ailleurs identifié que c’était des situations où j’étais en train d’écouter quelque chose, que je voulais continuer à écouter, et donc on comprend aisément que l’oubli puisse avoir lieu, mon attention étant ailleurs.

Dans ce cas, je peux mettre en place une stratégie. Je crée une sorte de “règle” : j’arrête la voiture, j’enlève la clé du contact, je la mets dans la poche. Facile.

Renverser des trucs, c’est moins facile d’y remédier. Faut-il porter chaque chose comme si elle était une chose fragile et précieuse? Faut-il mesurer chaque geste du quotidien? Jusqu’où aller?

Ce qui est difficile aussi avec cet accident, enfin, avec les changements depuis l’accident (même s’ils ne sont pas énormes), c’est que c’est venu d’un coup.

Quand on vieillit, et que petit à petit nos capacités physiques et cognitives diminuent, doucement, ce n’est pas du jour au lendemain. On se rend donc compte des changements et des adaptations à apprivoiser, petit à petit. Avec la quarantaine, la périménopause, je vois déjà bien ce processus. On se dit: “mais purée, ça m’arrive de plus en plus souvent de faire des erreurs ou d’oublier quelque chose, avant ça m’arrivait jamais.”

Donc voilà. Petit à petit, on s’habitue. Petit à petit, on adapte notre image de nous.

Mais là, c’est comme s’il y avait une mise à jour du système d’exploitation du téléphone suite à laquelle il y a des trucs qui ne marchent plus. Avant, ça marchait tout le temps, mais maintenant, ça ne marche plus. De temps en temps, il y a des gros bugs.

Tenez, un autre truc automatique qui ne marche plus aussi bien post-accident: c’est le calcul mental.

Exemple très concret. Je me dis OK, je vais faire deux heures de promenade, je regarde sur Swisstopo une destination qui est à 45 minutes, et je me dis, ah mais non, ça va faire trop loin pour être de retour en une heure, donc je trouve un objectif à 25 minutes pour faire une boucle d’une heure — alors que c’était en fait deux heures. J’ai divisé par deux une fois.

Ou alors, comme l’autre jour, je fais 4 + 2 + 3 = 7.

Ce genre de truc. C’est quand même flippant.

Un autre exemple: je regarde les résultats du Bol d’Or, je lis 1h30 pour les vainqueurs — en fait c’était 1h30 du matin — et j’enregistre dans ma tête qu’ils ont mis 1h30 pour faire l’aller-retour du Bal d’Or, ce qui est totalement impossible. Mais je ne réalise pas que c’est complètement impossible, et je répète même cette “info mal interprétée” à quelqu’un.

C’est comme s’il y avait une sorte de processus de vérification ou de validation des chiffres qui n’est plus là, ou qui n’est plus aussi bien là, ou qui bugue. Ça, c’est super chiant et déstabilisant.

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  • « You should make a business out of it! » [en]
    [en] Or should you? Dave Sifry makes a very important point in his LinkedIn post: I wished there were always-updated travel guides that I could have pre-printed and bound and it would be a great memento to remember the trip as well.So, naturally, I thought there must be a huge opportunity in creating personalized, on-demand travel guides.The mistake wasn’t being wrong about the market. It was forgetting to ask whether the product was really something I would pay for and just a ‘nice to h
     

« You should make a business out of it! » [en]

9 novembre 2025 à 15:13
[en]

Or should you?

Dave Sifry makes a very important point in his LinkedIn post:

I wished there were always-updated travel guides that I could have pre-printed and bound and it would be a great memento to remember the trip as well.

So, naturally, I thought there must be a huge opportunity in creating personalized, on-demand travel guides.

The mistake wasn’t being wrong about the market. It was forgetting to ask whether the product was really something I would pay for and just a ‘nice to have’.

The world is full of needs and problems. Many of these have solutions. And people are hungry for these solutions. They find them life-saving, precious, incredible.

But would they have paid for them?

A great idea that fills a real need doesn’t always have a viable business model.

I see that everyday with the thriving support community I have built for people with diabetic cats. Many of our members cannot find enough kind words to express their gratitude for what they got out of the community. There are over 7k members in it and a team of 20+ moderators. It’s literally run like a small business.

And people tell me: heavens, you should ask for a subscription and make a business out of this!

But I know it wouldn’t work. People wouldn’t pay for the service we provide. They probably wouldn’t pay for somebody to spend an hour with them to show them how to do things and get started. They most certainly wouldn’t pay for 24/7 support. At least not in numbers or amounts that would bring the whole operation anywhere close to being able to pay a salary, let alone more than one.

It doesn’t mean they don’t value what we bring. After the fact, they might very well say they would have paid for it. But not upfront, definitely not.

Some things will always have to be non-profit, or financed by third parties so that the service can be offered freely or nearly so. Others may have a market, but can’t find a price that is worth paying for the customer and at the same time high enough to sustain the business.

It’s not because there is demand for something that one can earn money with it.

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  • Blogging After 8PM [en]
    [en] I am on my never-ending quest to squeeze more writing into my life (it’s the ugly truth – the squeezing – I know), without sacrificing anything else (I know, I know), and I’m thinking that evenings could be a good plan. The day before yesterday, I managed to eat at a decent time, and get myself ready for the night, and then have time ahead of me to write. I repeated the feat last night, though you didn’t see it show up here, because I wrote a post on the diabetic cat website. Tonigh
     

Blogging After 8PM [en]

8 novembre 2025 à 17:43
[en]

I am on my never-ending quest to squeeze more writing into my life (it’s the ugly truth – the squeezing – I know), without sacrificing anything else (I know, I know), and I’m thinking that evenings could be a good plan. The day before yesterday, I managed to eat at a decent time, and get myself ready for the night, and then have time ahead of me to write.

I repeated the feat last night, though you didn’t see it show up here, because I wrote a post on the diabetic cat website.

Tonight is not that much of a success. It’s nearly 11pm and I just want to sleep (well, I don’t, but my body wants to). What happened? First of all, I got home around 6.30pm after doing some quick shopping, already super tired because I spent most of the day on the lake with my brother and my dad. It was a lovely day. But being on water and hours of active conversation are tiring.

So, I ate a little late.

And then I got lost nearly 25 years in the past, going through an old Metafilter thread, the one where the Kaycee Nicole “affair” played out. If you weren’t blogging back in 2001, you’ll be forgiven for not knowing what I’m talking about. Whether you do or not, you should read The Curious Case of Kaycee Nicole (hat tip: ma.tt), an excellent long form write-up of what went down back in the day. I read it this morning, and it prompted me to unearth the summary I published at the time. And in there is the link that sent me down memory lane.

It’s very weird reading my old comments (I’m “Tara”) in the thread. I was 26. Just over half the age I am now. As I skimmed through the thread, reading comments here and there, I found myself reading my words without immediately realising they were mine. For a few seconds, I caught a glimpse of my online writing self from the outside. It is quite an unsettling experience.

I’ll keep it short (no writing for two hours tonight), but just wanted to mention that I activated the Jetpack related posts plugin, so you have even more choice to continue reading once you’re done with a given post. I’d actually love to have a plugin that gives you posts from the same date over the years, if there are any. I think it would be a cool way to invite people to wander around the blog in search of hidden treasure (it’s there, I’m certain).

Other than that, pretty much each time I pick up my computer to start blogging, I feel the need for what I’ve internally called the “socials to blog” plugin. The one I dream of lets me open a draft post in which my “socials of the day” (but I’d be happy with just Mastodon right now) would be pre-entered, one beneath the other, in chronological order, with prettified links and preview cards as well as a source/reference link to the original update on the socials. (Yes, I know I need to detail this a bit more.) Honestly, I think about it nearly every day. Because every day, I post stuff to the socials which I could really use as a basis for a linkbloggy blog post.

I’ve been pondering more on the nature of socials versus blogging, and it’s now very clear to me that the socials are closer to chatting than “writing”, for me. Sharing a link to the socials is akin to telling the colleague I just bumped into “oh, by the way, did you see xyz, I think you might like it”, or sending somebody a whatsapp message, or (nostalgia) hanging out on IRC. In my view, the socials are highly conversational and chatty, more spontaneous and impulsive than a blog post. Not only because of the allowed length of the updates, poorness of text editing features, and social network structure that underpins them, but also because the “stream” nature of the algorithm presenting the publications of a given platform creates a strong implicit understanding that the only relevant content is “now”. Past updates are like the newspaper of old, good for wrapping fish and chips, but not something you’d want to spend your time reading.

I remember that in my linguistics studies, we covered the distinction to be made between what we called (in French) “discourse” and “story”, two types of textual productions which differ in how strongly the context producing the text in question is present in it. (Of course I can’t find a good clear reference, I’m telling you this from memory, I’d have to go back to my textbooks to be sure more precise.) “Discourse” needs to be interpreted and understood in the light of the “real-world” event of its production, whereas the “story” has a coherence that is independent of the circumstances of its production. To give some rough examples, a novel is a “story”, but the utterances making up a phone call are “discourse”.

Within this framework, blog posts are less “discourse” than updates on the socials. On the socials, utterances (updates) lose a lot of their meaning once the context of their production fades away, whereas many blog posts can remain relevant for years if not decades. So, blogs and socials are not at all the same kind of beast, linguistically, and it would be wrong, in my opinion, to try to make one into another, or merge them. There are, however, parts of the content that makes up the discourse happening on the socials that can be repurposed into a more perennial blog post: the linklog-like stuff, for example. The prospect of doing this by hand is daunting, so I’m dreaming of a plugin to assist me in that process.

Uh oh. See, nearly an hour has passed. The mist is rolling in, up there where my brain lives. I will try and be ready for blogging earlier tomorrow night. It’s a motivating objective.

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  • All The Things [en]
    [en] I’m writing this blog post thanks to Jeffrey. Because I kind of said I’d be able to blog today, and it’s just a bit past 8.30pm, the dishes are done, the cat has had his meds and insulin (so have I – the meds, not the insulin), even the clean laundry is in the cupboard. So instead of clumsily playing through practice deals on Funbridge or hanging out on the socials, I’m here writing. I’ve been sick most of the last week. Two days down under a post-vaccine ton of bricks (I’d kind of wilf
     

All The Things [en]

6 novembre 2025 à 16:30
[en]

I’m writing this blog post thanks to Jeffrey. Because I kind of said I’d be able to blog today, and it’s just a bit past 8.30pm, the dishes are done, the cat has had his meds and insulin (so have I – the meds, not the insulin), even the clean laundry is in the cupboard. So instead of clumsily playing through practice deals on Funbridge or hanging out on the socials, I’m here writing.

I’ve been sick most of the last week. Two days down under a post-vaccine ton of bricks (I’d kind of wilfully forgotten how nasty my 2nd and 3rd Covid boosters had been when I decided to start getting the shots again), but a sore throat before that, and after that, and a lost voice because I talked too much on said sore throat, some lingering fever, and now a nasty cough. Anyway. It’s getting better but my friend codeine and I have had to start hanging out again.

I’ve been back to work, three half-days a week, since mid-October. It’s going pretty much as expected, meaning OK, but tiring. Work, but also “just life”. Even before my accident, I struggled with the fact that I had too many wants for the time life gives us. Having less energy all these last months has put this issue on the front of the scene – in addition to the fact it is tightly linked to the complications I developed after my accident. And now that most of the symptoms have abated, and that I’m feeling more “back to normal” each month, my expectations of what I should be able to do are rising fast beyond where they should be remaining.

So, I’m trying to tackle the issue. A few things are becoming clear. One is that everybody seems to be struggling to stay on top of their lives, not only us hyperactives. There is something about the world we live in that drags us along: so many opportunities and temptations, the incentive to be happy, live a meaningful life, take care of oneself but also of others, pursue success but also slow down. But there is also the increasing administrative complexity of our lives. Technology has made it easier for me to pay my bills (in Switzerland at least: open letter, whip out phone, scan QR code, confirm, done), but it has also contributed (hand in hand with runaway capitalism applied to everything, from private companies to public services) to irrevocably breaking the processes that make things happen in our organisations. Any interaction becomes a bureaucratic nightmare. And it’s not just because the person on the phone (if there is one) is a script-fed robot (they aren’t always, by far, at least here), but because the systems are broken, tasks get lost, not mentioning bugs in the software, and nobody knows how the whole machine is supposed to work anymore so it can be fixed.

So when I want to move my insurance 3rd pillar into a normal one, it takes me 4 phone calls and e-mails over 3 months to make it happen. And each time the person on the end of the line is listening well, taking the issue seriously, looking for traces of my last contact (gone), asking for some information again, promising me that they are on it and that this time, the order is underway and will be dealt with.

This is just one example. You have yours, too, I’m sure. I remember a time when I could call customer service, wait on hold for a bit, and have my problem solved. Now I call customer service with a question, they actually create an additional problem on top of the one I was trying to solve, I spend an hour on the phone with them first in disbelief trying to clarify that they actually did do the stupid thing I feared they would do but they assured me they wouldn’t, getting them to admit it was a mistake, escalate me to somebody who actually can’t do anything for me that I couldn’t do myself.

This, of course, is a separate problem from the fact I want to Do All The Things, but it doesn’t help. Because on top of working to earn a living, we need to spend hours managing the Admin of Life. Those hours are not available for other stuff.

You should listen to the podcast episode Your Call Is Important to Us by 99% Invisible. Years ago I tried launching the World Wide Paperwork and Administrivia Day. And I can totally see myself doing Admin Nights at my coworking space (listen to the podcast). Amongst all the other things I want to organise there: board game afternoons, puzzle days, drop-in tea parties…

All The Things, see.

I realised, recently, that my expectation that I should be able to find a way to manage my life and feel reasonably on top of things was most certainly an illusion. It’s not me who is failing, it’s the objective that’s out of touch with reality. You know, just like we realised at one point that it wasn’t fair to make women believe they could have a full-time work life (“like men”), be great invested parents, manage the household and have hobbies and take care of themselves, oh yeah, and social life. So, I’m trying to accept that there will always be something falling through the cracks. Instead of building a system without any cracks, I need to shift into building a system that allows for them.

Maybe I can officially decide that I’m not checking that the reimbursements from the insurance for the cats‘ medical bills are correct. I don’t do it, but it’s always on my to-do list, because one should check this kind of thing to run personal finances well, right? So, a type of management that is less airtight, but with safety nets. Which takes into account that of all the balls we are juggling, some are glass and cannot be dropped, whilst others are rubber and will bounce back up if we let them escape.

One of the ways I’ve tried to tackle my “activity overload” issue is by readjusting my expectations. How many hikes in a year? How many times can I actually manage to go to judo per month? How many stays at the chalet? How many blog posts a month? Using historical data seemed a good place to start. My calendar is not very reliable for that, because I sometimes make plans I don’t follow, and they stay in the calendar – or go off on a hike with a friend on the week-end and hadn’t written it down. But my Google Timeline know where I was, and when. I exported it, chopped it up so I had just the couple of years I was interested in in a file (the whole thing is massive), and fed it to Gemini along with an export of my calendar. I usually use ChatGPT, but I had the hope that Gemini might be able to plug into my Google Photos and get some extra data from there – but no luck, not for me. I stuck with Gemini because it clearly did a way better job than ChatGPT analysing my data. Of course, as usual with LLMs, what seemed like a straightforward missing turned into a long series of prompts and reprompts, but I’m happy to say I did get somewhere, with less anguish and more fun (if not less time) than if I had painstakingly done it by hand.

All the while I had the nagging feeling that maybe I was tackling this wrong. A feeling that I was hovering around the entrance of a rabbit-hole signposted “over-engineering”. I confess, I’m no stranger to this flaw.

I know I need to set priorities. Priorities is the issue on a daily basis. Do I take time to write, or rest? Do I spend time with the cat outside or do a puzzle? Do I see a friend or write a blog post? Do I deal with my taxes next week-end or pick up the future of blogging/socials ball and write about that? Or spend some time volunteering in the diabetic cat community? Or…? Or…? And so on.

So far it’s become clear to me that as long as my life priorities are not sorted, it’s going to make choosing between writing a blog post, sorting through my boxes of stuff, hiking or seeing a friend pretty tricky. People keep telling me that I have too much on my plate and I need to drop something, but there is nothing there I feel like I can drop. I’m not going to stop judo. I’m not going to shut down the diabetic cat community. I’m not going to stop writing, or skiing, or hiking, or sailing. I’m not going to stop having friends. And so on… again.

Priorities. What is most important? What is less important? What is more meaningful to me? It hit me today that beyond the pervasive Life Overwhelm of our times, the way this difficulty to choose and prioritise expresses itself in my life is that I am interested in too many things. It may sound trivial said like this, but it’s not. I suffer from too much “want”, too much “oh, how exciting”, “love this”. It’s as if my threshold for something to be interesting was very very low. It doesn’t take much to get me interested! Just like I’m an easy customer when it comes to food, I’m an easy customer for many things. This feels like it must be related to the “ADHD weak filter” which makes it difficult to distinguish between signal and noise amongst the available information. Maybe I’m stretching things a bit, but for me, it’s as if my “filter” for what is something I want to do or am interested in is letting pretty much everything through, resulting in this deluge of “wants”, projects, interests, etc. (The “weak filter” has advantages when it comes to thinking outside the box or being creative, but that’s another story). So, maybe in addition to setting some guidelines and realistic expectations for the operational management of my time (e.g. max n social activities in a given week), it would make sense to work on that filter a bit, and make it a little more discriminating.

I can’t make my ADHD go away. However, what I can do is identify which core needs these various activities satisfy, or not, for example. Maybe, when I then look at my overall activity schedule (hi Gemini), I will notice that it is lopsided, in terms of which needs are met or underrepresented. This would be a way of tightening my filter a bit. Another angle that is important is if a given activity or interest requires regularity to be feasible. This is easy, with physical activities: if I’m doing judo, I need to train regularly enough. I can’t just “go and do judo” twice a year – my body won’t let me. Same with hiking and skiing, they require a certain level of fitness that comes from regular practice. Blogging, however, can be neglected for months or years and then come back to. Not surprisingly, activities that don’t require regular practice might be more likely to be deprioritised, although they might actually be important.

I’m a firm believer in tracking things. Get that feedback loop going first, rather than just set objectives and despair trying to reach them. How things are now is a great starting point for introducing incremental changes in the desired direction. So, for example, this last week or so I’ve been thinking I should track my hours of intense interaction (because although I enjoy it, it exhausts me) and also, how much time I write, when I do write. I know I already blogged (more than once probably) about the problem of monster blog posts like this one, versus shorter writing. See, I’ve been writing for two hours now. Crazy, right, when you think it took you about 10 minutes or so to get down to here if you’re reading everything. I’m hungry (yes I had dinner, I’m hungry again/already) and tired.

So, although I would have many more things to say (see, another filter thing: each day brings at least 2-3 blog post ideas – keeping up is just not possible unless I spend all my time writing…), I will wrap up this blog post, pick a title for it, publish, and go to bed.

With a bit of luck I’ll blog again soon.

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  • Pour une « nétiquette » de l’IA générative [en]
    [en] L’IA générative, c’est ChatGPT, Claude et consorts. Ce sont des outils à qui on donne des instructions, et qui produisent en réponse du texte. Il y en a également à qui l’on donne des instructions, et qui produisent des images, du son, voir de la vidéo. Je n’ai pas pour objectif ici d’essayer de discuter de l’éthique lié à leur utilisation ou à leur entraînement. Il s’agit d’un tout autre sujet, dont il vaut par ailleurs la peine de discuter. D’un point de vue pragmatique, je les trouve
     

Pour une « nétiquette » de l’IA générative [en]

27 octobre 2025 à 13:59
[en]

L’IA générative, c’est ChatGPT, Claude et consorts. Ce sont des outils à qui on donne des instructions, et qui produisent en réponse du texte. Il y en a également à qui l’on donne des instructions, et qui produisent des images, du son, voir de la vidéo.

Je n’ai pas pour objectif ici d’essayer de discuter de l’éthique lié à leur utilisation ou à leur entraînement. Il s’agit d’un tout autre sujet, dont il vaut par ailleurs la peine de discuter. D’un point de vue pragmatique, je les trouve suffisamment utiles pour les utiliser régulièrement. Mais ce dont je veux parler ici c’est comment éviter de gros faux-pas en matière de communication et de relationnel.

Voici deux usages très problématiques et que l’on voit malheureusement trop fréquemment:

  1. Laisser l’IA parler à notre place, tel Christian avec Cyrano
  2. Assommer les gens de copier-coller verbeux produits par une IA, version 2025 de RTFM

L’IA-Cyrano

Voici quelques exemples du premier cas de figure:

  • quelqu’un me pose une question, je la pose à ChatGPT et je réponds à mon interlocuteur avec la réponse que m’a donnée ChatGPT, comme si c’était moi qui parlais
  • je produis des visuels avec Midjourney ou autre et je les partage sur instagram sans préciser qu’il s’agit de productions d’IA générative
  • dans une discussion où je ne sais plus trop quoi répondre ou quoi dire, je demande la réplique suivante à mon chatbot préféré et je colle sa proposition
  • je demande à Claude de m’écrire un poème sur tel ou tel sujet, pour exprimer ceci ou cela, et je partage ce poème, sans préciser que ce n’est pas moi qui l’ai écrit.

Pourquoi est-ce que ces exemples posent souci? Ils posent souci d’une part parce qu’ils rompent le contrat social tacite des échanges sur les réseaux sociaux, ou par Messenger, ou des publications sur les blogs ou sites web personnels, que la personne avec qui on interagit est celle qui écrit les mots qu’on lit, ou produit l’art qu’on admire.

Ça s’apparente en fait à une forme de plagiat, au sens où l’on s’approprie une production qui n’est pas la nôtre, mais qu’on fait passer pour la nôtre. A la différence du plagiat classique qu’on a en tête, la source du contenu d’origine (l’IA) n’est pas le·la lésé·e, mais l’interlocuteur.

C’est avec toi que j’échange, que ce soit par messagerie ou dans les commentaires, ou c’est toi que je lis, et dans cette interaction entre toi et moi il y a des enjeux relationnels. Si tout d’un coup tu passes le clavier à quelqu’un d’autre sans me dire (humain ou machine), je suis trompée sur la marchandise.

Vous me répondrez qu’utiliser ChatGPT comme assistant pour écrire un e-mail délicat est un usage légitime de cet outil – et je suis d’accord. Où est la limite, alors, et pourquoi est-ce que l’e-mail ou la lettre ça peut passer, mais pas la réponse sur Messenger ou WhatsApp?

Je pense qu’il y a deux aspects à prendre en compte.

Le premier, c’est l’implication du locuteur perçu dans les productions de l’IA. Est-que c’est une vraie “collaboration”, je retouche, je retravaille, je “m’approprie” le texte produit pour que ce soit plausible que ce soit moi (si c’est moi qui suis supposé·e l’avoir écrit) – tout comme on le ferait en demandant de l’aide rédactionnelle à un autre humain, à un assistant en chair et en os, à un écrivain public? Ou est-ce que j’ai juste donné une instruction simple et pris le résultat tel quel, sans même le relire?

Le deuxième, c’est le contexte et le type de production. Un e-mail administratif, c’est souvent plus un exercice de style qu’une réplique dans une véritable interaction. L’e-mail administratif, c’est pas grave si je ne l’ai pas écrit toute seule comme une grande, si je l’ai fait écrire à ma cousine – tant que je signe. Un poème que je partage sur mon compte Facebook, par contre, s’il n’y a pas d’auteur indiqué, c’est implicite que c’est moi. Ou une discussion Messenger, un échange dans les commentaires: c’est une forme de discussion, très clairement, dans laquelle l’attente est que notre interlocuteur est un humain. (On adore tous les services clients qui vous proposent de “chatter avec un agent” qui se présente comme un être humain mais dont on sent bien que c’est à moitié un chatbot, n’est-ce pas?)

Et la zone grise? Peut-on collaborer avec une IA?

Je pense que pour sentir ce qui va poser problème ou pas, on peut simplement se demander si le rôle de l’IA dans notre histoire était tenu par un humain, si ça passerait. J’échange des messages avec une copine et je passe mon téléphone à mon voisin pour qu’il réponde, parce qu’il fait ça mieux que moi. Oui ou non? Je demande à mon voisin d’écrire un poème ou un récit pour moi, et je le colle sur mon profil sans préciser que c’est lui qui l’a écrit? Je pense qu’on sent bien que ça ne passe pas. Par contre: j’échange des messages et je ne sais pas trop comment tourner ma réponse, et mon collègue m’aide pour trouver la bonne tournure et me conseille – ça peut passer. Mais gare aux conséquences si en faisant ce genre de chose, la personne en face “sent” qu’on s’est fait aider!

La pente glissante avec l’IA c’est que celle-ci va produire rapidement et facilement des textes à la forme séduisante, rendant grande la tentation de simplement copier-coller sans autre forme de procès.

Faut-il pour autant renoncer à se “faire aider” par l’IA pour nos productions, quelles qu’elles soient?

Pour moi, il y a zéro souci de se faire aider par ChatGPT pour rédiger quelque chose, mais la transparence est importante. “Poème généré par ChatGPT sur mes instructions”, ou “Texte écrit avec l’assistance d’une IA”, ou “illustration générée par IA”, ça évite des malentendus. On évite de rompre le « contrat social », sur les réseaux sociaux en particulier, qui dit quand quelqu’un publie quelque chose, il l’a produit directement. On voit d’ailleurs de plus en plus que les plates-formes demandent à leurs utilisateurs de préciser si le contenu qu’ils publient est fait “avec IA”.

Un exemple personnel: j’adorerais composer des chansons mais je ne sais pas faire (enfin je peux, mais c’est nul, je n’y connais pas grand chose en musique). Aujourd’hui, grâce aux IAs génératives, je pourrais enfin composer/créer une chanson. Mais si je la partage ensuite avec d’autres, ça me semblerait normal de préciser que je l’ai faite en m’aidant d’une IA, et pas toute seule, à la force de mon talent et de mes compétences musicales.

Parlant de chansons, une histoire qui me vient en tête pour exprimer ce qu’on peut ressentir en lisant un texte qu’on pense avoir été produit directement par un humain, pour réaliser ensuite que l’IA est impliquée: Milli Vanilli. Quand on voit quelqu’un chanter au micro, dans un clip ou sur scène, c’est implicite qu’il s’agit de sa voix, à moins que la mise en scène nous fasse comprendre qu’il s’agit d’un acteur ou d’une actrice. Donc dans le cas de Milli Vanilli, quand on a découvert qu’en fait non, c’était quelqu’un d’autre dans le studio, ça a très mal passe.

Si c’est joli, où est le mal?

Un mot encore concernant en particulier les images. Sur les réseaux, on partage des tas d’images qu’on n’a pas forcément produites, donc le problème n’est pas tant là. A moins que je sois connue pour mes talents de photographe, si je partage une photo absolument splendide de quelque part au bout du monde, on peut imaginer assez aisément que ce n’est pas moi qui l’ai produite. (Bon, j’avoue que pour ma part, si je partage une image qui n’est pas de moi, il m’importe de le préciser. Mais l’écrasante majorité des gens ne le font pas, donc: norme sociale.)

Souvent, quand je fais remarquer aux gens que l’image qu’ils partagent est une image générée artificiellement, on me dit “oh c’est pas grave, c’est joli quand même!”

Le problème avec ce raisonnement est le suivant: en inondant notre quotidien de productions visuelles générées qui ne s’assument pas, on véhicule des représentations déformées du monde. Les images marquent. On voit quelque chose, ça nous reste. On part du principe que c’est vrai (“seeing is believing”, “le voir pour le croire”). Et donc on avale tout rond des informations visuelles fausses sur le monde dans lequel on vit.

Et si c’est de l’art? Le problème est le même. Etre exposé systématiquement à des productions mécaniques en pensant qu’elles sont humaines, ça finit par nous faire perdre la notion de ce qu’est ou peut être une production humaine.

On connaît tous l’impact catastrophique qu’a eu la généralisation de l’utilisation de Photoshop pour retoucher les photos de célébrités, donnant à des générations de femmes et d’hommes des attentes complètement irréalistes concernant le corps des femmes (et des hommes aussi, dans un deuxième temps). Ne tombons pas dans le même piège, et ne soyons pas complices de l’effacement de la frontière entre le vrai et le faux. La guerre cognitive ce n’est pas juste la “désinformation”. Il s’agit de nous faire perdre nos repères, au point de n’être plus capables de nous orienter dans le monde et de le comprendre. On est en plein dedans, là. Il faut se battre.

L’IA-RTFM

Le deuxième cas de figure consiste à copier-coller, brut de décoffrage, l’output d’une IA générative sur un sujet donné, le plus souvent dans un contexte conversationnel (messagerie instantanée ou commentaires). Exemples:

  • dans une discussion avec un collègue, on se demande s’il vaut mieux utiliser telle approche ou telle autre pour gérer une situation au travail; ni une, ni deux, je pose la question à ChatGPT, qui me fait une réponse joliment structurée d’un écran ou deux avec des listes à puces et du gras où il faut, je copie et je balance dans la conversation, en disant: “j’ai demandé à ChatGPT”
  • dans un groupe facebook, quelqu’un pose une question – je la soumets à l’IA de mon choix, puis je laisse un commentaire en copiant-collant la réponse, qui par sa forme et son ton, ne trompe personne sur son origine (ce n’est pas le but)
  • en séance de troubleshooting technique par Messenger, un des interlocuteurs colle dix étapes d’instructions générées par ChatGPT, qui supposément (!) contiennent la solution au problème.

Ici, il n’y a pas de volonté (ou de négligence…) de faire passer pour sienne une production non humaine. Explicitement ou non, on est bien transparent sur le fait que le texte en question est produit par un LLM. Où donc est le problème?

Le problème est que ce genre de procédé (un peu comme le message vocal non sollicité/consenti – il faut d’ailleurs que j’écrive à nouveau à ce sujet) charge l’interlocuteur d’un travail que le locuteur souhaite s’épargner. Le texte ainsi copié-collé est rarement concis, n’a généralement pas été vérifié par la personne qui l’amène dans la discussion, et même pas toujours lu! Il est jeté en pâture à l’auditoire, qui devra lui-même déterminer ce qui est à prendre et ce qui est à laisser dans cette réponse générée qu’il n’a pas demandée.

Pourquoi “RTFM“? En anglais, “Read The Fucking Manual” est une réponse généralement passive-agressive à une question, genre “demande à Google”, mais moins poli. Lis le manuel et démerde-toi.

Quand une réflexion commune (une discussion) est interrompue par un déversement de réponses IA brutes, c’est un peu comme si on copiait-collait la page Wikipedia du sujet dans la discussion. C’est au mieux maladroit, au pire extrêmement malpoli et condescendant.

(Tiens, ça me fait penser aux entreprises qui collaient des communiqués de presse tout secs des des articles de blog, à la belle époque. Ou qui répondaient dans les commentaires avec la langue de bois des chargés de comm.)

C’est très différent, évidemment, si les interlocuteurs se disent “oh, demandons à ChatGPT pour voir” et se penchent ensuite sur la réponse ensemble, qu’il s’agit donc d’une stratégie commune pour traiter le sujet en cours.

Mais la plupart du temps, ce qu’on voit, c’est un interlocuteur qui s’économise l’effort de véritablement prendre part à la réflexion en l’outsourçant d’une part à l’IA, et d’autre part aux autres interlocuteurs. Bien souvent sans penser à mal, cette introduction dans l’échange d’une quantité parfois écrasante d’informations de qualité inégale (voire carrément douteuse) peut faire l’effet d’un “Gish Gallop” involontaire, bloquant la discussion par surcharge informationnelle.

C’est une chose de donner un lien vers un article pertinent – qu’on espère de bonne qualité, et idéalement lu (on a d’ailleurs naturellement tendance à le préciser quand ce n’est pas le cas, dans le contexte d’une discussion), d’aller en aparté consulter l’Oracle-IA et de revenir enrichir la discussion avec ce qu’on en a retiré, ou de changer complètement la dynamique et l’équilibre de l’échange en imposant la présence d’un interlocuteur supplémentaire (l’IA) qui parle plus qu’il n’écoute.

La version courte?

ChatGPT n’a pas le monopole de la verbosité, j’en conviens. Je vous jure que j’ai écrit les plus de 2500 mots de ce billet toute seule. Donc, pour faire court:

  • C’est OK d’utiliser l’IA comme outil-assistant pour ses propres productions, et même dans certains cas de lui déléguer une production entière, mais il convient d’être explicitement transparent, particulièrement sur les réseaux sociaux et dans les interactions personnelles, sur le fait qu’il s’agit d’une production “IA” ou “avec IA” (certains réseaux recommandent d’ailleurs un étiquetage dans ce sens).
  • Il y a des situations où l’attente d’une production “100% authentique” par le locuteur est moins forte (certains e-mails, lettres, articles); dans ce cas-là, on peut certes s’aider d’une IA comme on s’aiderait d’une autre personne douée des mots, mais attention à ce que d’une part la “collaboration” en soit suffisamment une pour que cela reste “notre” production (à l’opposition d’une “délégation”) et que le résultat puisse passer pour tel.
  • Si on se retrouve à copier-coller des productions d’IA pour nos interlocuteurs au lieu de leur parler, que ce soit pour “donner des infos” (“regarde, ChatGPT a dit ça!”) ou “parler à notre place”, attention, ça va mal finir! Personne n’aime se retrouver à “discuter avec un robot” sans son accord, et encore moins sans être prévenu.

Et au risque de répéter une fois de trop: les LLMs sont des outils puissants, utiles et intéressants (excitants même) mais ils ne sont pas “intelligents”, ils ne “savent” rien, ils ne font que générer du contenu en fonction de modèles statistiques qui les guident vers le prochain élément le plus probable (un mot par exemple). Parfois, ils produisent de belles conneries sur un ton parfaitement sérieux et assuré.

Donc, si on demande à un LLM un résumé, une synthèse, une transcription, une version “à la sauce de”, il faut traiter sa production comme celle d’un stagiaire brillant pour certaines choses mais complètement à la ramasse pour d’autres: il faut passer derrière, relire, corriger, adapter. Les IA c’est bien pour débroussailler, pour faire le premier jet, pour réfléchir ou jouer avec des idées, pour débloquer des situations qui nous résistent, mais pas pour cracher le produit final.

La version encore plus courte:

  1. transparence concernant l’implication de l’IA dans le contenu proposé
  2. vérification et adaptation du contenu généré (forme et fond)
  3. respect de l’interlocuteur en assumant soi-même le coût (cognitif, social, temps…) lié aux deux premiers points.

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  • You Again [en]
    [en] Oh hai It’s you againI thought I’d dealt with youWritten your ugly face into oblivion I know, I did too muchYesterdayI was happy to finally do thingsThat had been nagging at me for months OK, I didn’t do what was plannedBut heyI did do stuffThat needed to be doneSo I guess it’s my faultIsn’t itI should have known betterI should have done lessI should have knownThat I’d pay todayAnd forced myselfTo stop, to rest, to stick to the planExciting plan of courseTaxes And today I’m useles
     

You Again [en]

19 octobre 2025 à 11:31
[en]

Oh hai
It’s you again
I thought I’d dealt with you
Written your ugly face into oblivion

I know, I did too much
Yesterday
I was happy to finally do things
That had been nagging at me for months

OK, I didn’t do what was planned
But hey
I did do stuff
That needed to be done

So I guess it’s my fault
Isn’t it
I should have known better
I should have done less

I should have known
That I’d pay today
And forced myself

To stop, to rest, to stick to the plan
Exciting plan of course
Taxes

And today I’m useless
Headache in the background
Shopping carts full to the brim
With colourful jigsaw puzzles I covet

I’m working tomorrow
I need to recover
I could use sympathy, you know
Or maybe even congratulations

For not hitting « buy »
For getting the message when I woke up
For not trying to push myself
For writing off the day

My taxes can wait
They’re already late
Let me off the hook for once

« It’s your fault it’s your fault it’s your fault »

Why can’t you just hear
That this is the bug in my programming
I’m looking for workarounds
But you don’t seem to care

You just keep showing up, Guilt
I won’t call you my friend
Though you and I
Are well acquainted

Be gone with you!
I’m fed up and tired
Go take a hike
Without me of course

To the end of the trail
That leads off the cliffs
I can tell you for sure
That you won’t be missed

❌