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  • Pavé à l’abri des particules fines [en]
    [en] Je profite que le programme de mon samedi soit chamboulé par les fumées de l’incendie de Thévenaz-Leduc hier soir pour écrire ici. Comme toujours quand je n’ai pas écrit régulièrement, j’ai eu depuis mon dernier article des dizaines d’idées de choses à dire et à écrire au fil du temps, certaines de passage, d’autres plus tenaces, toutes aux abonnés absents à l’instant. Je continue mon petit train-train de convalescente avec blessure invisible. Plus le temps passe, plus c’est invisible.
     

Pavé à l’abri des particules fines [en]

29 août 2026 à 06:39
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Je profite que le programme de mon samedi soit chamboulé par les fumées de l’incendie de Thévenaz-Leduc hier soir pour écrire ici. Comme toujours quand je n’ai pas écrit régulièrement, j’ai eu depuis mon dernier article des dizaines d’idées de choses à dire et à écrire au fil du temps, certaines de passage, d’autres plus tenaces, toutes aux abonnés absents à l’instant.

Je continue mon petit train-train de convalescente avec blessure invisible. Plus le temps passe, plus c’est invisible. On oublie plus facilement un cerveau blessé d’une jambe en moins (pour prendre un exemple extrêmement visible), surtout quand la blessure en question ne se montre que rarement lors des moments de contact.

C’est toujours la même chose: à petite échelle, un heure ou deux, ou même un peu plus, je fonctionne complètement normalement à l’oeil extérieur. Mais ça s’arrête là. Le gros du problème est dans la quantité que je peux faire. Je peux faire mes courses comme avant. Mais après, je suis hors service. C’est à peu de chose près mon activité de la journée. On peut se faire un bon tél d’une heure pour papoter: mais pas à l’improviste, je dois être sûre de pouvoir me reposer avant et après, et ne pas avoir prévu grand-chose d’autre ce jour-là.

Quantité devient qualité, à un certain point: 30 minutes de balade au parc, OK. Une heure ou deux tranquille en forêt, à peu près OK aussi (mais faut pas me demander de faire quelque chose après). Petite rando en montagne? On oublie. Souper avec des copines? oui, mais c’est ma dose d’interaction pour la journée.

J’ai l’impression de ressasser. C’est déjà compliqué de réussir à prendre conscience “moi pour moi” de mes limites, de mes besoins, de ce à quoi je dois m’astreindre pour éviter “le crash”. L’expliquer à autrui, c’est un bout de plus. Et le problème c’est que même quand on explique, comme c’est une situation tellement surréaliste par rapport au vécu “normal” (et j’inclus là-dedans celui qui était le mien avant l’accident), ça n’entre pas vraiment. C’est pas une question de mauvaise volonté – c’est juste que ça n’a pas assez de sens, ça n’est pas quelque chose qu’on arrive à relier à son vécu ou qui correspond à notre expérience.

Alors on me demande si j’ai pris des vacances. On me propose d’aller boire un café. On imagine que tout doit être rentré dans l’ordre, depuis le temps. On me propose une activité pour le week-end quelques jours avant, ou alors un truc en semaine. Le pire c’est que je sais bien que ça part d’une bonne intention. Mais en fait, à la longue, c’est presque isolant. Parce que ça révèle le décalage entre ce que je vis et ce que mon entourage en perçoit et comprend. Je ne blâme personne, qu’on soit clair. C’est un phénomène normal. J’ai aussi ma part dedans: ce que je dis, ce que je ne dis pas, comment je communique. Je ne me blâme pas non plus. On fait tous au mieux, mais purée ce que c’est merdique comme situation.

Il y a quelques semaines je suis partie en week-end prolongé en France avec ma famille. Je me réjouissais. J’allais plutôt bien, nettement plus stable grâce à ce que j’avais pu commencer à mettre en place dans le cadre du programme de gestion de l’énergie en ergo. Ça a été une grosse baffe, en fait. Réussir à gérer son énergie quand on est avec des gens et qu’on ne fait pas le programme est une autre paire de manches que seule à la maison.

Un incident banal mais parlant: à l’aller, un programme qui pouvait sembler relax. 2h de voiture (comme passagère), repas de midi tranquille au restau, un dernier petit bout de route, courses, puis arrivée au gîte. Sauf que non. Après le restau j’étais complètement grillée. J’ai fait un peu la sieste dans la voiture. Au centre commercial, “impossible” de rester à attendre dans la voiture (canicule) – je ne me joins pas aux courses et je m’adresse au service client dans l’espoir de trouver un coin calme où je peux m’allonger et faire un brin de sieste durant 10-15 minutes. Au pire, je me dis, ils doivent bien avoir une infirmerie.

J’explique en quelques mots la situation, tant bien que mal – d’une part parce que c’est compliqué à expliquer, d’autre part parce que quand je suis grillée, justement, j’ai premièrement plus de mal à parler (perte de fluidité, mots qui crochent) et deuxièmement plus de peine à “fonctionner”: penser, décider, communiquer, savoir ce que je veux, résoudre des problèmes, etc. Résultat: y’a un banc là dans le passage, y’a un bar/café, et non l’infirmerie c’est pour les situations médicales et s’ils ouvrent ils doivent faire venir les pompiers/ambulanciers (on est en France). Je me suis rabattue sur le café, qui heureusement était relativement vide et calme, mais je ne me voyais quand même pas m’allonger sur la banquette après avoir bu mon jus d’orange.

Imaginons le même scénario. Si j’avais été enceinte de 7 mois et que j’avais demandé un endroit où m’allonger durant 10 minutes pour souffler avant de pouvoir reprendre mon chemin, qu’est-ce que ça aurait donné? Et si j’avais été en béquilles avec un pied en moins ou une attelle médicale impressionnante, visses, tiges et câbles visibles? Est-ce que ça aurait changé quelque chose? Pas certain mais… je ne sais pas si on m’aurait dit de marcher encore 50m pour aller voir si là-bas ils avaient quelque chose pour m’aider. Et moi, en fait, chaque fois que je me retrouve dans une situation où je dois prendre sur moi de demander/expliquer/organiser ce dont j’ai besoin, je suis la personne en béquilles qui a vraiment besoin de se poser mais qui doit encore se déplacer “là-bas” pour voir s’il y a quelque chose qui peut l’aider.

Alors je ne suis pas naïve. Je sais que même les blessures et handicaps physiques ne sont pas toujours bien pris en considération, loin de là. Mais je crois que quand ça ne se voit pas, c’est encore moins facile. Je sais aussi qu’il n’y a que moi qui puisse “savoir ce qu’il me faut”, mais le souci c’est que justement la nature de mes difficultés fait que gérer cet aspect-là représente un travail que je devrais justement éviter, d’autant plus quand je n’en peux plus. J’ai vraiment tellement souvent l’impression d’être la femme enceinte ou la personne en béquilles qui n’arrive plus à avancer, qui a vraiment besoin de s’asseoir, et à qui ont dit “l’office du tourisme est juste à 300m d’ici, va leur demander s’ils ont une chaise ou bien où sont les bancs”.

Je sais aussi que je suis une femme blanche qui parle bien – même quand mon cerveau rechigne – et que ça ouvre bien plus facilement certaines portes. Mais purée, qu’est-ce que c’est épuisant.

Histoire de ne pas faire que dans le déprimant, il y a quand même du positif. J’ai reconstruit une routine quotidienne depuis la mort d’Oscar, donc récupéré un rythme. Juju monte à l’appartement maintenant et y passer volontiers du temps, même toute la journée. Je me couche plus tôt (généralement), je me lève plus tôt et j’arrive à me mettre au travail à une heure plus “normale” – un pas important pour envisager d’augmenter mon pourcentage: je serai à 60% dès le 1er septembre. Après tout ce temps coincée à 50%, ça me remonte le moral, même si je sais que je vais devoir m’accrocher.

Côté “vie en dehors du travail”, ça reste très réduit. J’ai appris à me reposer avant d’en avoir besoin (pas toujours facile à mettre en application), donc une grande part de ma journée part dans du “repos”: sieste, petite promenade au parc, m’allonger pour écouter un peu de musique ou un podcast, regarder ma série TV le soir (j’en suis à la saison 17 de Grey’s Anatomy, en plein Covid). Je fais très attention à être régulière dans mes routines et activités domestiques, et l’application Multi-Counter m’aide énormément avec ça. J’ai des compteurs pour plein de choses, entre autres les étapes de mes routines quotidiennes, et quand je les fais, je marque un point de plus sur le compteur correspondant. C’est motivant, ça rend visible, et ça me donne un historique. J’ai attaqué sérieusement le problème de ma quantité de rendez-vous médicaux et j’ai pu diminuer un bout (et répartir autrement) ce qui décharge mes semaines. Je suis en train de faire une reprise thérapeutique au chant (je reste la première heure de la répétition et puis je rentre) depuis deux semaines, et j’aimerais mettre en place quelque chose de similaire pour le judo, mais il faut encore organiser ça.

J’ai déjà mentionné que le programme d’ergo en gestion de l’énergie m’avait été très profitable. Il mérite un article à part entière… à l’occasion. En plus des pauses et de mieux équilibrer le rythme des activités, une piste qui s’est ouverte est celle de “simplifier” des activités pour qu’elles nécessitent moins d’énergie. Les activités qui me fatiguent sont essentiellement cognitives, mais là aussi, on peut agir: en ce qui me concerne, en particulier, faire les choses moins “à fond” (pas en termes de résultat mais en termes d’investissement et de mobilisation sur le moment), et aussi identifier en amont les “dépenses inutiles” d’énergie (par exemple pour ce qui est de ma tendance à signaler des dysfonctionnements administratifs ou les prévenir).

Côté logo, j’ai des exercices pour entrainer/dynamiser mon accès au lexique, mais j’ai aussi réalisé que je suis quelqu’un qui met de façon générale un grand soin un choix des mots et des tournures, à exprimer les choses précisément et avec nuance, à anticiper les malentendus et interprétations possibles dans la conversation. C’est une qualité évidemment, mais dans le contexte actuel, une stratégie de communication coûteuse sur le plan énergétique. Quand un mot “croche” dans la conversation et que je fais l’effort de le sortir, ça me fatigue — et généralement plus je suis fatiguée, plus ça croche, et ce n’est en fait pas une bonne idée de me fatiguer encore plus en compensant. Donc là clairement, une piste que je n’avais pas anticipée, c’est de “désapprendre” ça et de m’entraîner à privilégier la fluidité à la précision dans la vie de tous les jours, et de réserver l’expression orale “coûteuse” aux situations qui le justifient. D’avoir mieux compris comment ça fonctionnait éclaire aussi pourquoi l’écrit est bien moins fatiguant: à l’écrit il n’y a pas la pression du flux de production de parole comme à l’oral. Idem pour “lire” versus “écouter”: on lit à son rythme, tandis que l’écoute, c’est au rythme de celui qui parle. (Faites-moi des messages écrits plutôt que des vocaux, SVP!)

Il reste une piste (c’est dans les trucs positifs) récemment apparue sur mon radar, et qui avait passé entre les gouttes jusqu’ici: un éventuel souci vestibulaire et/ou neurovisuel qui expliquerait pourquoi 30 minutes de balade au parc me laissent étourdie, pourquoi le déplacement me fatigue autant, pourquoi je n’arrive toujours pas à aller me promener quelques heures sans conséquences, et aussi l’apparition ponctuelle d’un mal des transports dans le train lorsque je suis à l’ordi, quelque chose qui m’était inconnu jusque-là. Je prévois un rendez-vous chez l’ORL, on va rajouter du mouvement dans mon entrainement neurovisuel, et voir où ça nous mène. La reprise du sport reste une priorité (avec coaching) mais c’est vrai que c’est compliqué si une simple marche de deux heures est incompatible avec une journée de travail. Je vais aussi être référée en médecine intégrative d’ici quelques mois. A suivre.

Globalement le moral va, même si je fatigue. Je dis toujours ça, c’est toujours vrai, c’est toujours un peu pire. La frustration d’être limitée à si peu d’activité ne s’arrange pas avec le temps. La crainte de ne pas réussir à récupérer “à temps” (administrativement) ma capacité de travail augmente. D’être durablement limitée aussi. Bon, on est déjà dans le durable. Mais on se comprend. Le fait que je sois en train de travailler est très positif, car il semblerait que les cas de réelle chronicisation se retrouvent surtout chez des personnes qui n’arrivent pas du tout à reprendre le travail. Mais il n’y a pas que le travail dans la vie. Est-ce que je vais pouvoir faire des randonnées d’une journée? Quand est-ce que je pourrai imaginer repartir en voyage pour mes vacances? Actuellement, un week-end de trois jours c’est en fait pas possible: deux semaines pour reprendre à peu près pied. Je dois continuer à “prendre congé” au travail chaque fois que je veux pouvoir faire un peu plus que mon pas grand-chose habituel, sinon c’est la galère. Mais “ça va”. Je prends mon mal en patience, même si ma patience a un peu plus mal qu’avant.

En dehors de ma santé, sur mon radar: la canicule bien sûr, comme tout le monde, je pense que cet été n’aura laissé personne la tête dans le sable. Prévoir de m’équiper en ventilateurs (de plafond idéalement, il y a des modèles compacts à pales protégées qui sont compatibles avec nos hauteurs de plafond “normales” de 2m30) et en clim (mini-split mobile peut-être) cet hiver. L’incendie actuel me motive aussi à regarder du côté des purificateurs d’air et appareils de mesure.

Avec la chaleur, j’ai commencé (l’an dernier déjà) à m’intéresser aux plantes succulentes. J’ai une petite colonie de sempervivums qui se portent bien, et j’ai aussi fait un petit achat compulsif de succulentes diverses (2.95CHF/pièce) à la Migros il y a quelques semaines. Ce sera l’occasion (quand j’aurai l’énergie) de créer un joli arrangement.

La chaleur me fait aussi méditer sur ma garde-robe: c’est une remarque en passant d’une connaissance qui a attiré mon attention. Ça fait un moment déjà qu’on n’a plus vraiment d’entre-saisons. Le climat change, et avec lui, certaines catégories d’habits dans nos armoires n’ont plus tellement de raison d’être. Manteau léger, vous avez porté ça quand, vous, pour la dernière fois? Soit on a froid et c’est pulls, polaires, et gros manteau, soit il fait chaud et c’est “le moins de tissu possible” (sauf si on sort, et là je suis en train de me dire que certains de mes habits indiens amples, légers et couvrants ne sont peut-être pas un mauvais calcul; surtout si le moustique tigre continue à s’installer). Donc un jour, dans mon chapitre “continuer à ranger/aménager mon chez moi”, quand j’attaquerai l’armoire, il y aura ça à prendre en compte: ce vêtement est-il encore adapté au nouveau climat suisse.

J’ai levé le pied sur mes explorations de l’intelligence artificielle, temporairement. L’assistant IA que j’ai installé est en développement très actif, il y a eu de gros gros changements, du côté des modèles aussi, et honnêtement ça bouge tellement vite et je n’ai pas assez d’énergie à dispo pour suivre le rythme, donc j’attends que ça mûrisse, j’ai réduit mon abonnement, mis certains de mes projets sur pause, et je suis à nouveau comme tout le monde en mode “chatbot IA”.

Numérique toujours, j’ai migré le site de l’eclau vers WordPress histoire de ne pas payer l’abonnement devenu exorbitant de Squarespace. Le layout est tout cassé, il y a du contenu à mettre à jour, mais j’ai pu profiter de ma familiariser avec les “bloc themes” de WordPress et je suis conquise. Mais voilà, peu de bande passante, ça reste en chantier.

Ça c’est un de mes gros apprentissages post-accident: même quand tout va bien, on ne peut pas répondre à tous les “faudrait” de la vie. On fait l’impasse sur certaines choses. Certains font l’impasse sur prévoir leur retraite à temps ou gérer leurs finances. D’autres sur leur santé. D’autres encore, sur leur vie sociale ou leurs relations ou leurs loisirs, sur la culture, sur contrôler ses remboursements d’assurance maladie, sur faire réparer la lanière du store qui a cassé, faire les services pour sa voiture, aller chez le dentiste, faire du sport, avoir des plantes ou des animaux domestiques. Bref, l’art de faire l’impasse sur des choses “qu’on devrait” faire (je ne parle même pas de “ce qu’on voudrait” faire), c’est ça la vie. Donc j’apprends à faire l’impasse, et à accepter que c’est un élément essentiel et inévitable de la vie. Savoir que “on peut pas tout faire”, comme on dit toujours, c’est tout à fait autre chose. Quand on dit ça, c’est genre, n’aie pas les yeux plus gros que le ventre, tu peux pas faire tout ce que tu as envie de faire. C’est souvent un peu moralisateur. Moi je ne parle pas de ça, là. Je parle du fait que ce que notre culture nous “vend” comme “ce qu’il faut faire dans la vie”, pour juste gérer sa vie de façon responsable, vivre bien, c’est juste pas possible. La culture et le système administratif dans lesquels on évolue font semblant que c’est possible. Mais ça ne l’est pas.

Et quand on se retrouve avec une capacité de faire qui n’atteint pas le 50% de son “normal”, que ce soit suite à un accident ou à une maladie ou autre aléa de la vie, eh bien on fait encore plus l’impasse sur encore plus de trucs. Je n’aime pas ça. Ça va contre ma nature. Mais il y a un moment où il faut arrêter de se voiler la face. C’est indispensable.

Donc le site de l’eclau est cassé, et c’est très con car l’eclau a besoin de nouveaux membres, mais juste là, je fais l’impasse, parce que maintenir ma santé (physique et mentale) au-dessus de la ligne de flottaison pour ne pas compromettre ma reprise du travail ou mes perspectives à long terme, c’est la priorité absolue. Donc si vous connaissez des personnes cool, qui aiment les chats, les plantes vertes et les puzzles et qui voudraient télétravailler (ou travailler tout court) à l’eclau un jour ou plus par semaine, envoyez-les-moi.

A part ça, parlant de l’eclau: on y hébergera début octobre trois après-midis “ateliers créatifs” de création de bijoux origami. C’est la belle-fille d’une voisine qui fait ça: inspiration artisanat, couture et Japon, faites un saut pour regarder ce qu’elle fait, je trouve vraiment très chouette (et elle est super sympa, un jolie rencontre). Elle est sur instagram aussi, évidemment. Donc si ça vous dit de prendre une petite après-midi pour faire un truc que vous ne faites pas d’habitude, ambiance cosy en petit groupe, inscrivez-vous. Je serai par là (je vais très certainement aussi prendre part à un atelier, histoire de faire ce que je dis) et ça me fera plaisir de vous croiser. Ou parlez-en à vos connaissances! Mon but c’est aussi simplement que l’eclau vive et serve, et ce genre d’activité colle parfaitement au lieu.

J’avance toujours, à pas de limace, sur la migration de la communauté Diabète Félin vers Discourse. Ça prend gentiment forme, mais à nouveau, j’aurais besoin de pouvoir dégager tellement plus de temps que ce qui est possible juste là pour que ça ne stagne pas. Mais j’ai la chance d’avoir une aide ultra efficace qui s’est attaquée à copier, mettre en forme (et même mettre à jour) toute notre documentation sur le diabète félin, donc c’est quasi fonctionnel – mais comme avec le site de l’eclau, c’est encore plein de chenit qu’il faudrait régler.

Au travail, je suis (presque) en train de me réconcilier avec Powerpoint. Je déteste toujours autant le fait qu’on utilise cet outil à toutes les sauces, mais je fais le constat qu’il y a quelque chose d’utile dans la démarche consistant à “distiller” un point spécifique d’une idée complexe dans une slide ou deux. Pas en tant que véhicule primaire de l’information, mais en tant que synthèse, rappel, pense-bête ou “légitimation” de ce qui a été développé au cours de discussions ou dans d’autres contextes. C’est vrai qu’on a besoin “d’ancrer” des idées nouvelles sur quelque chose d’un peu tangible. Dans ce sens, ça rejoint la popularité des carrousels sur les réseaux. Moi, à la base, je suis quelqu’un qui s’étale. La synthèse n’est pas mon fort. J’écris des tartines, je fais des vidéos dans lesquelles je donne une conférence de 40 minutes sans notes et sans préparation, et il y a des gens qui aiment ça, mais je sais bien que côté communication, ce n’est pas très percutant ou efficace.

J’ai conscience depuis des années que dans ce que je produis, il y a deux courants: il y a ce que je produis en tant qu’expression, comme cet article. J’ai besoin de dire ou écrire. Le processus de production a une utilité pour moi, et tant mieux si le résultat présente un intérêt pour autrui. Evidemment que je suis contente si on me lit ou si on écoute mes vidéos. Mais il y a l’autre courant, celui où c’est important pour moi de faire passer un message, au-delà de mon témoignage ou de mon histoire racontée. Je veux activement avoir une influence sur ce que pensent, savent, ou croient les gens. C’est le cas au travail, où mon job consiste à amener/accompagner du changement, au sens large, et aussi dans mon investissement autour du diabète félin, où on souhaite que les gens puissent apprendre de façon efficace, devenir autonomes, faire les bonnes choses pour soigner leur chat. Il y a aussi, ici et là, d’autres sujet qui me tiennent à coeur. Et dans ce deuxième courant, la longue tartine ou la vidéo interminable va perdre d’entrée la grande majorité des gens que je souhaiterais toucher. Donc, plus concis, plus visuel. Je vais d’ailleurs suivre une formation en animation visuelle dans quelques semaines. Tout ça mijote depuis des mois, même des années, mais se rejoint aujourd’hui.

Parlant de visuel, j’ai “hérité” récemment de deux bons appareils photos, avec lesquels j’ai commencé à m’amuser lors de mes sorties. J’adore prendre des photos. En tâche de fond, je réfléchis toujours à quoi en faire, comment les mettre en valeur. Ça viendra. Déjà, j’ai découvert qu’on pouvait faire des impressions facilement à l’automate de la Migros ou d’Interdiscount, donc ça va mettre quelque chose en route, je pense. J’ai aussi envie d’investir (grand mot, acquérir est peut-être plus adéquat) dans un micro potable pour la prise de son sur mon iPhone — justement, plus de vidéo, peut-être même de l’audio. Je pensais l’autre jour à un enregistrement blabla un peu sympa pour accompagner la personne dans une pause. Le nombre de gens à qui je parle de pauses, depuis mon programme d’ergo, et qui m’avouent qu’eux aussi (comme moi, moi avant, moi maintenant) ils ont beau savoir qu’il faut faire des pauses, ils “arrivent pas”, sans compter l’hyperactivité mentale qui vient s’en mêler et qui fait que même quand on a réussi à s’arracher à ce qu’on faisait pour “se mettre en pause”, il faut encore que le cerveau accepte de ne plus turbiner, de ne pas passer la pause à vérifier des e-mails, scroller sur les réseaux ou regarder des vidéos. Une astuce que j’ai trouvée, c’est d’écouter de la musique. “Une pause de quatre chansons.” C’est déjà ça. Et je me suis dit, ce serait cool un enregistrement calme, sympa et peut-être un peu hypnotique pour “une pause de 12 minutes”. Evidemment, je suis inspirée par les “podcasts pour dormir” comme Sleep With Me ou Get Sleepy, ou encore Sleepy History, qui pour moi marche mieux pour une sieste ou une pause où le sommeil n’est pas forcément le but. Ah oui c’est juste, j’avais pas assez de projets…

Il est bientôt midi et demi. J’ai faim. Le dernier article du 24heures sur l’incendie n’est pas très clair concernant les mesures de confinement et la situation côté pollution. Est-on encore coincés dedans pour éviter à nos poumons les particules fines? Vais-je aller au restau ce soir avec mes copines? Juju va-t-il pouvoir sortir? L’alerte ne semble pas levée, mais on est plutôt dans le fameux (et parfois mal avisé) “principe de précaution”, selon la mise à jour récente de la RTS. Alors on va garder les fenêtres fermées, éviter les “sorties inutiles” (définir utile), et peut-être se la jouer style pandémie en arborant un FFP2 probablement périmé en allant au restau ce soir…

Mais dans tous les cas, je vais manger.

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    [en] I was planning to write another blog post. I may still write it – or not. But as I opened my computer, I had a pile of open tabs. I’d clicked on a bunch of articles of Daniel Miessler’s blog for possible further reading. Daniel is the guy behind LifeOS (previously PAI), a personal AI framework (infrastructure) I have written about and spent many (many!) hours battling with since April. It had been a pleasant surprise to discover Daniel’s blog was active, and even more that it was readable,
     

Thoughts on Letting AI Write For You [en]

22 juillet 2026 à 14:53
[en]

I was planning to write another blog post. I may still write it – or not. But as I opened my computer, I had a pile of open tabs. I’d clicked on a bunch of articles of Daniel Miessler’s blog for possible further reading. Daniel is the guy behind LifeOS (previously PAI), a personal AI framework (infrastructure) I have written about and spent many (many!) hours battling with since April.

It had been a pleasant surprise to discover Daniel’s blog was active, and even more that it was readable, as most of what I’ve seen “from him” these last months is in the GitHub repo or PAI/LifeOS documentation and rather AI-sloppy, sometimes even to the extent that it sounds like his DA (Digital Assistant) posting on his behalf. (I say this with all due respect, the thinking behind PAI/LifeOS is genius.)

Not so with the blog, clearly well-written by a human (see, by the way, his AI Influence Level system, something in the same vein as AI Labels).

So I fell in the trap of looking at the topmost open tab before closing it, and I started reading, and I was even more pleasantly (ephorically?) surprised to read this:

I value text because I see it as one step away from thought.

I believe thinking is the one thing we should be careful not to outsource, and I worry what this idea smuggles in is a major step toward making our creations opaque to humans. Not just AI’s creations, but ours as well.

The reason I value Paul Graham so much is because of the idea compression work that goes into writing super clean prose. It’s difficult to write clearly because it requires thinking clearly.

Daniel Miessler, “Text is Thought, and Thought is Holy

I worry that if we vibe-think to AI and have it spit out amazing HTML, we’re instantly disconnected from the idea. Like where did the idea go? It started as vibes and got put through a woodchipper and turned into someone else’s HTML.

I see this happen so much. A lot of writing is a way of thinking, it’s not “path to an output”. And I think that when thinking is missing in the process, we feel it, which is why AI Slop and even many “decently AI-generated texts” are so distasteful to read.

Because the “thought” they contain is not coherent, not organic, and we cannot access it comfortably through the text we’re reading. We need to do extra work to try to get at it – and sometimes it’s not even there. Just like “over-optimised” administrative processes end up outsourcing a large part of the work they’re supposed to do to the people they should be serving, “over-optimised” text production outsources part of its work to the reader.

We could maybe apply this analysis to badly constructed, hastily-written reports whose sections have been copy-pasted to death and which lack overall integrity and structure.

Jens-Christian wrote about this too in “Keep Your Voice“.

Daniel again:

I just feel like if you didn’t put the hard thinking and writing work into the original idea, and then maintain it in a format that’s easy for humans to read and edit, then you have somehow surrendered something Holy to the machines. I say this as a total AI maximalist.

This reminds me of two things that came upon my radar recently.

The first is this post by Alex Hillman about how generative AI has broken the social contract by upending the balance of effort from producing to consuming content. What used to be expensive (writing, creating a song, shooting a video, etc.) is now super cheap, in terms of effort (if not tokens). Sure, we used to have content farms and the like, but it was still a lot of manual labour. Now I can feed a one-line prompt to an AI model, leave the computer running and come back to a whole book of content. Sloppy, but a lot of words.

Over time, the world we live in has shifted more and more in the direction of “too much content, not enough brain time to absorb it”. It’s something humans have been complaining of since before the internet. But like everything, it’s speeding up like a hockey stick. The democratisation of online publishing, and social media on its heels, has brought in another height of cognitive overload and collective anguish about there being “too much stuff out there”. And now that more and more of this stuff is produced by machines that never need to sleep or eat (except a prompt or two), the overall quality of what is out there is going down as fast as its quantity is going up.

This reminds me somewhat of my thoughts about audio and video versus text, back in the day. If you record a 30-minute video and post it online, it took you 30 minutes, but it will also take each person who watches it 30 minutes. If you spend 30 minutes writing up your message, it will take the people reading it much less time.

Because what has not changed is the finitude of human existence. Not only is our time limited, but also our energy and ability to read, watch, learn, concentrate. This is, now more than ever, our bottleneck. Producing something today is pretty much worthless. Producing more is senseless. What has value is: does it enter somebody’s mind in a meaningful way?

There is a link between this and the AI brain fry explanation that I referenced some time back. AI has no limits on the concurrent projects it can work on, and no limits on how much content it can produce. But we have limits on how much delegation we can supervise, how many open loops we can stand, and how much content we can absorb.

And this brings me to the second thing: understanding cannot be outsourced. Andrej Karpathy now famously said you can outsource thinking, but not understanding. A lot of what AI produces does not help us understand anything. It gives the illusion of opening the door to that, but it’s more often than not just word froth. Reading is about understanding. It’s about meaning. There is no shortcut to that. Only you can learn and understand so that you later know.

When Karpathy says you can outsource thinking: well, some of it. But what we writers-as-thinkers know very well is that the thinking that we do when we write is the kind of thinking that leads to understanding. Saying that thinking can be outsourced is a slippery slope because it drags down a chunk of understanding with it.

Writing is thinking is understanding.

Well, that was the first open tap. 27 more to go. (Just kidding. I’m going to close them. I might write my Paléo Festival blog post tomorrow.)

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  • Refuser les titres et aller à des concerts [fr]
    [fr] Ah, les titres! Ces derniers temps, prise d’une inspiration subite, j’ai fait quelques exercices d’écriture à la main. Promis, je demanderai à une IA de me les retranscrire pour que vous ne soyez pas obligés de zoomer sur les photos de mes ratures sur votre smartphone. C’est une expérience intéressante, d’autant plus que je résiste depuis des années à cette idée que l’écriture à la main possède une qualité fondamentalement différente, sur le plan cognitif, à celle où on tape sur un clavier
     

Refuser les titres et aller à des concerts [fr]

17 juillet 2026 à 16:47
[fr]

Ah, les titres! Ces derniers temps, prise d’une inspiration subite, j’ai fait quelques exercices d’écriture à la main. Promis, je demanderai à une IA de me les retranscrire pour que vous ne soyez pas obligés de zoomer sur les photos de mes ratures sur votre smartphone. C’est une expérience intéressante, d’autant plus que je résiste depuis des années à cette idée que l’écriture à la main possède une qualité fondamentalement différente, sur le plan cognitif, à celle où on tape sur un clavier (ou l’autre, où on dicte, que je connais aussi).

Une chose très claire quand on se met à écrire à la plume dans un cahier en mode “exercice d’écriture”, c’est qu’on ne part pas avec une idée préconçue de ce qu’on va dire, et surtout pas avec un titre. L’article de blog, lui, appelle haut et fort son titre, et je suis de plus en plus convaincue que ce qui pourrait sembler être un détail joue un rôle fondamental dans le fait que les blogs aient été délaissés au profit des réseaux sociaux. Juste là, j’écris sans titre. Je mettrai quelques mots au pif une fois que j’aurai fini d’écrire.

Je crois vraiment qu’il y a des démarches fondamentalement différentes dans l’écriture en ligne.

On peut avoir une intention claire, un message à faire passer. On va écrire un article avec une certaine structure, un titre réfléchi pour bien rendre compte du contenu, et être un peu efficace pour les moteurs de recherche. OK.

Mais le blog, il n’est pas né du magazine en ligne, il n’est pas l’enfant de la presse traditionnelle qui s’aventure au pays du numérique. Non, le blog est plutôt l’enfant des diaristes, des gens qui expriment quelque chose qu’ils ont sur le coeur ou dans les doigts, des gens qui écrivent parce que ça leur sert à quelque chose d’écrire et de partager, des gens qui racontent quelque chose qui leur parle. La mission d’informer le monde et d’atteindre le plus grand nombre, ce n’est pas ce sur quoi le blog s’est construit. Le blog c’est le lieu des bouteilles à la mer, de la réflexion à haute voix, de la correspondance d’avant internet qui nous tombe par hasard sous les yeux.

Et dans ce monde-là, même si le titre a son utilité pour le lecteur – pour s’y retrouver, pour avoir une vague idée de quoi sa parle, peut-être même décider si on lit ou non la première phrase – il dessert plutôt l’écriveur. Il est une première marche haute sur laquelle il faut se hisser, il enferme le texte dans une boîte, et la pensée aussi.

Je refuse les titres, de plus en plus. Vous l’avez peut-être remarqué, ces dernières semaines, ces derniers mois. Je veux écrire, surtout. Tant mieux si vous voulez me lire, aussi. Mais le titre, franchement… c’est comme la photo d’illustration. Il y a quelques années j’ai commencé à mettre presque systématiquement une photo pour illustrer mes articles de blog. Parce que quand on partage sur les réseaux, ça donne mieux. Et aussi parce qu’on aime les photos, et j’aime prendre des photos, et j’ai des tas de jolies photos, d’ailleurs. Mais vous avez peut-être remarqué que ma photo d’illustration n’a pas toujours grand-chose à voir avec ce dont je parle. Des fois oui, un peu. Mais la plupart du temps, je regarde juste dans mes photos récentes, j’en choisis une sympa. Parfois elle me parle un peu par rapport à ce que j’ai écrit, mais pas toujours. Des fois c’est juste parce qu’elle est jolie.

Je me dis que je devrais nourrir la “médiathèque” de mon WordPress avec un petit stock de photos choisies, à l’avance, au gré de mes égarements dans mes albums photos. Je pourrais par la suite piocher directement dedans quand je suis prête à publier mon article, plutôt que de scroller sur mon téléphone pour chercher quelque chose d’exploitable, entre les captures d’écran, les photos de tickets de caisse ou de plantes malades, les mauvais clichés du quotidien et de mon salon en désordre, ou ma dernière mesure de tension artérielle.

Ecrire pour écrire, un peu, sans but précis. C’est peut-être pas génial à lire, surtout si vous me connaissez pas. Mais moi ça me fait du bien.

Ces temps je réfléchis beaucoup à l’équilibre de ma vie, au système complexe d’ingrédients multiples qui me permet de fonctionner et qui s’est effondré il y a 16 mois aujourd’hui. Je reconstruis. La fatigabilité est le sable dans les rouages. Je fais des allers-retours: faut-il me reposer plus? Faire moins? Faire plus mais d’autres choses?

Le manque d’activité physique peut nourrir la fatigue. Le manque de plaisir aussi, le manque de contact. Je me demande de plus en plus si le plus gros obstacle à ma récupération en ce moment n’est pas ce qui est en trop, mais ce qui manque. J’apprends à me reposer mieux – plus tôt, plus consciemment. Il faut faire des pauses avant d’en avoir besoin. C’est pas simple pour moi, les pauses, mais je trouve des stratégies: un moment de puzzle, écouter quelques chansons, m’étendre avec un podcast ou un livre, même regarder ma série.

Mais le gros de ce qui manque juste maintenant c’est le mouvement et le plaisir. Donc je suis en train de me mettre à reprendre l’activité physique. Pas juste me promener au parc. Ramer ou pédaler et me retrouver à bout de souffle et les pulsations à 180. Il n’y a pas besoin de faire ça longtemps – ça me fait déjà un bien fou. Justement: je ne peux pas juste “reprendre” ce que je faisais avant directement. Je dois reconstruire. Alors reconstruisons. Ma vie sociale et mes loisirs ont pâti: ça aussi, il faut reprendre. En mars, j’ai tout coupé, mais peut-être était-ce trop radical? Ou nécessaire sur le moment, mais plus maintenant?

J’ai été à deux concerts ces dernières semaines. Mika et Lewis Capaldi. Ça fait un bien fou. Même pas de mal de tête le lendemain, malgré des nuits courtes. La semaine prochaine, je vais à Paléo deux soirs. Je me réjouis. Je vais remettre les pieds au judo et au chant dans les semaines qui viennent, à voir exactement quand, en mode “thérapeutique” pour commencer. Pas tout le cours, pas toute la répète – une dose limitée pour en tirer les bénéfices sans déclencher l’alerte de surcharge. Il trotte aussi dans ma tête l’idée d’organiser une après-midi par mois “sociale”: apéro ou thé, jeux de société ou puzzle. J’en ai marre de ne pas voir les gens que j’aime. Je vais aussi couper dans les rendez-vous médicaux: bien sûr qu’on ne peut pas tout envoyer balader, je dois faire mon job de patiente, mais certaines choses peuvent peut-être être espacées, ou repoussées, ou même mises sur pause “jusqu’à ce que”.

L’autre chose qui est cruciale pour moi c’est la structure, les routines, les habitudes. Pas évident, entre l’accident et le changement brutal de rythme qu’il a amené, la reprise du travail un peu par à-coups, l’alternance de congés pour cause de formation ou de festival, le décès d’Oscar aussi. Tout ça a bien mis à mal la structure de mes journées et de mes semaines qui me sert de support. Pas facile de remettre ça en place entre les coups de mou dûs à la fatigue subite que je n’avais pas vue venir, les semaines de canicule en mode survie, les gens qui meurent et les diverses petites urgences de la vie qui ne prennent pas de vacances, elles. Mais je reconstruis.

J’essaie de me lever à heure régulière, même si ça peut vouloir dire moins de sommeil. En passant, c’est moins tentant de se coucher à pas d’heure quand on sait que le réveil sonne le lendemain que quand on se dit “bah je peux dormir si besoin”. Je mets en place des petites habitudes avec Juju – monter à l’appartement pour le petit déj sur le balcon et le souper. Il pionce à côté de moi en ce moment, pendant que je pianote sur mon clavier dans le noir. Mettre en route Bob et ranger la cuisine dans la foulée quand je ramène mes assiettes — sinon, le risque est grand que je ne le fasse pas par la suite. Un épisode de Grey’s Anatomy le soir: un objectif réaliste si je prends garde de me “programmer/vacciner” (“à la fin de l’épisode je sais que je vais vouloir enchaîner avec un deuxième, c’est fait pour ça, mais je vais quand même éteindre la télé et l’ordi et m’arrêter là même si c’est frustrant”) et si j’évite de mettre en route la série quand mon moral est en berne (mieux vaut juste écrire ou lire, à ce moment-là, et faire l’impasse sur la télé). Voilà un petit aperçu, il y en a d’autres.

Sur ce, il est grand temps que je descende (avec Juju) voir ce qui se passe ce soir à Grey Sloan Memorial Hospital!

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  • Making the Bees Walk in Line [en]
    [en] Unverified AI transcript (22.07.2026): Lausanne, 11th July 2026 It’s too hot. Is this the second or the third heat wave? I’m losing count. I think it’s the third, because we’re already hearing about the fourth, right on the heels of the third. So it’s the third, but it’s also just a blur of trying to function day after day in a building that definitely wasn’t designed for this type of weather. Between seven and eight I can enjoy my balcony with Juju. Before it got too hot, I
     

Making the Bees Walk in Line [en]

11 juillet 2026 à 04:01
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Unverified AI transcript (22.07.2026):

Lausanne, 11th July 2026

It’s too hot. Is this the second or the third heat wave? I’m losing count. I think it’s the third, because we’re already hearing about the fourth, right on the heels of the third. So it’s the third, but it’s also just a blur of trying to function day after day in a building that definitely wasn’t designed for this type of weather. Between seven and eight I can enjoy my balcony with Juju. Before it got too hot, I tidied the kitchen, but by the time I was done, somewhere between 8:30 and 9:00, it was already too hot to move. Check the various temperature sensors, close windows, head downstairs for a more static activity.

In addition to figuring out how to function with less energy — still a problem following my accident — I have to figure out dealing with heatwaves. We’ve had them all these last years of course, but this year is way worse. I am so thankful I don’t have an old, sick cat to care for right now, and that Juju is self-maintaining.

Writing on paper is a more linear experience than writing on-screen. Although I’ve always very much been a “first draft” kind of person (even at school, I never made that many changes in between the first “pencil draft” and the “copied copy” I handed in), when typing I am more concerned about the structure of what I’m writing. Not overly, but more. I generally don’t proofread my blog posts, but I do pause whilst writing to read back up and sometimes make some changes as I go along.

Here, I’m approaching writing much more as a “handwriting exercise” (let’s see what it does to my brain!) and so I don’t start writing with a clear intention. It’s stream-of-consciousness, to a large extent. I sometimes write blog posts like that, but less often. A blog post (nowadays) has a TITLE, it’s supposed to be about SOMETHING. Not this. This is about getting legible words on paper with a pen. So I might as well talk-write about something.

The linear experience of lining up words on a page is funneling my scattered hyperactive mind into one direction. Left to → right (write?), the next word can be written in only one place, and once it is written it cannot be taken back. Lines above this one are dead and gone, set in ink, nothing more can be done about them. The only thing that counts is the next word I will write, following the sentence that is taking shape in my head, with the brakes on, because writing by hand is a slow process. As soon as I try to speed up to catch up with my brain, words become scribbles and hand muscles start to cramp.

So it’s interesting. Slowing down is the point. One can train a lot of things, including things our brain does, and “training”, repeating an exercise again and again, is how you train.

I have a lot of trouble resting, stopping, taking a break — not to mention “doing nothing”. Post-accident, I am trying to learn. Actually, I was already trying before (half-heartedly), but now I HAVE to, or the consequences are severe. Lying down and closing my eyes for just five minutes is often impossible, because it’s just too uncomfortable. Try staying still and “doing nothing” when your head is a beehive of thoughts, ideas, emotions, intentions, and desires. Sadly, I often end up scrolling. It gives the illusion of “stopping”, but it doesn’t help the beehive.

So I have a collection of “rest activities”. Jigsaw puzzles. Listen to a podcast or watch a TV series. Read a book. Listen to a song. Physical activity of course, but that’s off the table, particularly with this heat. I’m going to add writing. Not for the content, but for giving my brain a linear experience without input. Because input feeds the bees.

Bees are good. They produce honey. (Can you see I’m tiring?) But when they’re just buzzing around, agitated or angry, no honey is being made. And that helps no one, especially not me.

I will be the queen bee.

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  • Billet manuscrit, Paris toujours, un 4 juillet [en]
    [en] Je me demande si l’invasion de nos écrans par l’IA va redonner une place à l’écriture manuscrite. Transcription IA non vérifiée (22.07.2026): Paris, le 4.7.2026, 8h45 Ce cahier est immense. Je l’ai acheté pour écrire. J’ai un doute en écrivant la date, pourtant je ne devrais pas, c’est le 4, l’anniversaire de Delphine, mais je vérifie quand même. Ce n’est pas ça que j’avais prévu d’écrire. Mais je repense à elle, je repense à il y a un an. Je mange à midi avec une
     

Billet manuscrit, Paris toujours, un 4 juillet [en]

4 juillet 2026 à 04:15
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Je me demande si l’invasion de nos écrans par l’IA va redonner une place à l’écriture manuscrite.

Transcription IA non vérifiée (22.07.2026):

Paris, le 4.7.2026, 8h45

Ce cahier est immense. Je l’ai acheté pour écrire. J’ai un doute en écrivant la date, pourtant je ne devrais pas, c’est le 4, l’anniversaire de Delphine, mais je vérifie quand même. Ce n’est pas ça que j’avais prévu d’écrire. Mais je repense à elle, je repense à il y a un an. Je mange à midi avec une de ses amies, que je n’aurais sans doute jamais connue si Delphine était encore là aujourd’hui pour fêter ses 42 ans. J’ai cherché sur Facebook, “Delphine anniversaire”, parce que j’ai un doute alors que je sais — c’est bien le 4, son anniversaire, c’est juste ? Je sais mais je vérifie quand même. Pas parce que c’est Delphine, parce que ma mémoire et ma vie sont faites de ces milliers de petites vérifications, chaque jour, tout le temps, avant l’accident aussi. Elles sont efficaces, mes vérifications, même moi je ne les remarquais généralement pas. Elles évitent oublis et erreurs.

J’écris moins bien que l’autre soir. Parce que c’est le matin ? Les lignes du cahier ? La fatigue ? J’ai dormi huit heures et j’émerge avec peine. Les mots sur une page sont plus visiblement ancrés dans un instant précis du temps que ceux sur un écran, plus facilement retravaillés, malaxés et transformés. Le temps de la production n’est pas différent de celui de l’impression.

Je pense à Delphine, il y a un an et un jour, seule dans sa voiture. La tristesse m’envahit en tombant sur un des nombreux avis de recherche qu’on avait lancés sur Facebook. Je me souviens la peur au ventre, les appels à la police, les échanges avec ceux et celles qui l’aimaient, chaque nouvelle personne amenant malgré elle plus de fermeté à la certitude que personne n’avait de nouvelles, que personne ne savait rien, que le pire était à craindre. L’angoisse, l’urgence, l’impuissance, se soutenir comme on pouvait, les maux de tête qui ne me quittaient plus, l’attente, l’espoir sous perfusion mais le cœur qui a déjà sombré…

L’incompréhension — alors, depuis, maintenant. Chacun tente de construire du sens comme il peut, ou supporte son absence, plus ou moins bien.

L’intensité extraordinaire, au sens premier, entre le 5 et le 12 juillet, entre la prise de conscience de sa disparition et son enterrement, le cauchemar de réaliser qu’elle avait laissé des instructions de suppression de son compte Facebook après son décès lorsque j’ai demandé sa mémorialisation, peine redoublée que ma santé ne me permette pas de garder le lien avec ceux et celles qui partageaient cette peine du départ abrupt de Delphine. Encore maintenant, j’aurais voulu, mais je ne peux pas, et ça me pèse, de ne pas être en mesure d’honorer sa vie et sa mémoire comme je le voudrais.

Ce n’est pas nouveau, mais c’est criant depuis mon accident : ma vie n’a pas la place pour tout ce que je voudrais. Voilà donc de quoi je voulais parler à ce cahier tout à l’heure quand j’ai commencé à écrire, avant qu’une date m’envoie sur un chemin de traverse.

“Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel”, métaphore évoquée dans la discussion d’un cas servant de support à ma formation sur l’épuisement professionnel. Évidemment qu’au-delà de ce que cette formation m’a apportée en tant qu’intervenante systémicienne, j’en ai aussi tiré plein d’idées enrichissantes sur le plan personnel. Entre une hyperactivité marquée qui m’a déjà amenée plus d’une fois à l’épuisement ou à ses portes, et une fatigabilité accrue durant cette trop longue période post-accident, ce n’est pas surprenant.

Ce n’est pas parce que quelque chose marche bien et a du succès qu’en faire toujours plus sera toujours mieux. Il y a des effets de seuil. L’entrepreneur qui développe encore et encore son projet finira un jour par ne plus réussir à suivre, même si jusqu’ici ça a toujours bien marché pour lui, de développer toujours encore de nouvelles idées. Et moi alors ?

Moi aussi, j’ai des idées, je lance des choses, je fais. Je n’aime pas l’idée que les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel. Je pense qu’en optimisant on peut toujours plus que ce qu’on croit. J’adore Tetris. Quand la voiture semble pleine et qu’il faut encore y glisser un sac, j’y parviens. Idem avec la cave, la valise, le frigo, et l’agenda. Mais l’agenda est trompeur, car il ne dessine que le temps, pas “l’énergie”. Je sais depuis longtemps la nécessité de freiner, sans en être persuadée dans ma chair. Je vois ma fatigue comme un échec d’optimisation, pas l’atteinte d’un seuil.

L’accident a changé ça, et continue de le changer. Je ne vais pas retracer toutes les étapes ici, mais l’accident a l’avantage de balayer l’excuse du défaut d’optimisation.

Le problème avec les idées et les envies, pour moi, c’est que ça coûte en énergie de ne rien en faire. Mais j’ai mis le doigt sur une chose qui les amène : l’input. Tout ce qui rentre chez moi a tendance à générer une réponse multibranches. L’IA m’a mise sur la piste. J’ai pas mal bidouillé avec l’IA ces derniers mois (et aussi avant). Et ce qui m’a frappée, c’était la tendance qu’avait mon assistant IA, quand il mettait à jour un fichier (l’état d’avancement d’un projet, une idée à développer, une liste de modifications faites…) à toujours ajouter un peu plus de texte que la fois d’avant. Il a clairement tendance à être verbeux — si c’est moi qui le dis ! J’ai mis énormément d’énergie à essayer de corriger ce travers. J’ai donné plus d’instructions. Mais rien ne parvenait à réduire l’usine à gaz. C’est une défaillance de fond : un biais vers un peu plus de production, dans le doute. Mieux vaut en faire un peu plus, produire plus de mots. Et ce qui amène à cette production de mots, c’est mon input, mes prompts, ce que je fais entrer dans le système. Si je ne donne rien à manger à mon assistant IA, les fichiers cessent de se multiplier et de s’allonger.

Hier, sur LinkedIn, je vois passer des conseils pour prompter Fable, le dernier et plus puissant modèle de Claude : il faut lui en donner moins. Moins de détails, moins d’instruction. Si on construit nos instructions comme pour les anciens modèles, il sous-performe.

L’IA m’intéresse en tant qu’outil, bien sûr, mais aussi en tant que support de réflexion (possiblement modèle et métaphore) pour appréhender ce qu’on appelle le langage, l’intelligence, le sens, et même la vie. La façon dont nous observons et réagissons, en tant qu’humains, à une production “mécanique”, est fascinante et riche de considérations philosophiques.

L’IA nous amène dans un monde où produire du contenu est devenu plus facile qu’avant — tellement facile que la production n’est plus le facteur limitant, et que notre monde, qui n’est pas prévu pour y faire face, s’y noie.

Moi, ça ne me coûte rien de produire des idées. Mon cerveau est comme l’IA qui crache des mots dès qu’on appuie sur un bouton. En plus de ça, malgré (grâce à ?) mon TDAH, j’ai assez de facilité à en faire quelque chose de tangible, de ces idées. Je suis orientée vers l’action, le faire. Je pense à un truc, je suis prête à démarrer avec.

Tout ça m’a été très bénéfique au cours de ma vie, et l’est encore, dans plein de circonstances. Je me dis qu’il faudrait peut-être une prise en charge logo pour mes symptômes linguistiques, quelques semaines plus tard j’ai trouvé quelqu’un. J’ai eu une carrière entrepreneuriale et je fonctionne encore comme ça. Ma capacité à avoir des idées, à vouloir des choses, et à les réaliser : tout ça m’a amené beaucoup de succès et est très valorisé. Mais c’est aussi ce qui me fait souffrir car il y a non seulement une limite au nombre d’heures dans une journée et au nombre d’années dans une vie, mais aussi à la capacité de notre corps et de notre cerveau à travailler et à fournir des efforts. La route vers l’épuisement et la surcharge est toute tracée. Et dans un contexte comme le mien maintenant, où “l’énergie” est objectivement limitée, où je veux réellement me ménager pour récupérer, c’est extrêmement frustrant, au point d’être douloureux, d’être assaillie en permanence d’idées et d’envies “réalisables” mais impossibles. Alors oui : prendre du recul, accepter la frustration, tout ça c’est très bien. Mais ne pourrait-on pas freiner cette production spontanée et effrénée d’envies et d’idées ? Oui : en étant plus sélectif avec ce qui rentre, et fait leur terreau et leur engrais.

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  • Il fait trop chaud [en]
    [en] Tellement trop chaud que mes neurones sont liquéfiés. Je sais, c’est comme ça pour tout le monde dans cette vague de chaleur caniculaire. Faites attention à vous. Je voulais écrire des trucs, ces derniers temps. Mais j’ai dû faire plus attention à économiser mon énergie. Je suis en train d’apprendre, encore. Je suis dans un programme d’ergo (quelques séances en individuel, quelques séances en groupe) sur la gestion de l’énergie, et je suis déjà en train de comprendre des trucs utile
     

Il fait trop chaud [en]

22 juin 2026 à 15:08
[en]

Tellement trop chaud que mes neurones sont liquéfiés. Je sais, c’est comme ça pour tout le monde dans cette vague de chaleur caniculaire. Faites attention à vous.

Je voulais écrire des trucs, ces derniers temps. Mais j’ai dû faire plus attention à économiser mon énergie. Je suis en train d’apprendre, encore. Je suis dans un programme d’ergo (quelques séances en individuel, quelques séances en groupe) sur la gestion de l’énergie, et je suis déjà en train de comprendre des trucs utiles et nouveaux.

Comme par exemple: ça vaut la peine d’économiser l’énergie, comme l’argent. Le but c’est pas juste de ne pas se retrouver dans le rouge (batterie à zéro ou réservoir d’essence vide). C’est plutôt de rester dans le vert et de recharger dès que le orange fait mine de se pointer à l’horizon.

Ça me fait penser au diabète félin. Un chat diabétique peut entre en rémission, c’est-à-dire ne plus avoir besoin d’insuline. C’est pas garanti mais c’est réaliste. Ce qui va aider, c’est de maintenir la glycémie du chat quasi tout le temps dans des valeurs de glycémie “non-diabétique” (dans le vert). Et si on fait ça pendant assez de temps, on peut réduire l’insuline, petit à petit, prudemment, en prenant garde de toujours rester “dans le vert”… jusqu’à pouvoir complètement arrêter l’insuline.

Ça change ma façon de voir les choses. C’est pas parce que là, je me sens assez en forme pour m’activer et faire quelque chose, que c’est une bonne idée. Il vaut peut-être mieux me reposer et “mettre de côté”.

Une autre chose que je remarque, en remplissant un tableau journalier de mes activités et de mon “niveau d’énergie” (estimé, entre 0 et 10, au début on fait ça n’importe comment, avec l’entrainement on devient plus précis). Alors oui, ça fluctue le long de la journée. Mais j’observe déjà des choses intéressantes. Par example, c’est bête, hein, mais manger, ça me redonne du jus. Je vais remettre en place mes snacks entre les repas.

Aussi, quand je suis active, j’ai de l’énergie, ma fatigue disparaît – et du coup, je ne peux pas me fier à ce “signal” pour savoir si c’est trop ou pas. S’écouter, c’est pas toujours la solution. Des fois il faut se connaître et se calculer. Prévoir des pauses même si on n’en ressent pas le besoin, pour s’extraire de l’activité et pouvoir évaluer où on en est. Ça paraît bête, aussi, je sais. Mais c’est en train de rentrer. C’est comme boire et manger, au fond: on n’attend pas de crever la dalle ou de crever de soif. On a des heures de repas, ou quelque chose qui y ressemble. On sait ce qu’on a besoin de manger pour tenir jusqu’au repas suivant. On sait qu’on a besoin d’un snack – ou pas.

Donc voilà, c’est intéressant, déjà utile, et ça me donne de l’espoir.

L’autre truc cool: demain j’ai mon premier rendez-vous de logo. Je sais que je n’ai pas l’air d’avoir des soucis de langage, comme ça, mais j’en ai. Ils sont légers, je les compense. Mais certainement que ça me fatigue. C’est ce qui fait, aussi, que “boire un verre” ou “s’appeler” ou “se voir”, ces activités sociales que j’apprécie tant et qui paraissent si banales, ce sont maintenant des choses que je dois bien prévoir, à côté des rendez-vous médicaux, des séances du boulot. J’ai un quota interactionnel. Frustrant, mais je ne peux pas me permettre de l’ignorer. Se voir pour papoter, c’est un truc qui me coûte plus d’énergie que ce qu’on pense, même si c’est de la discussion légère. Je dois rationner.

Il fait chaud, donc mes bonnes intentions de reprendre mes balades quotidiennes, elles ont fondu. J’ai réinstallé ma clim dans la chambre tout à l’heure, même si je n’ai pas de vieux chat malade, parce que la nuit passée il faisait tellement chaud que j’ai dû dormir avec tout ouvert, et qu’à 5h30 du matin la lumière et les oiseaux m’ont réveillée, la chambre même pas tellement plus fraîche qu’au coucher. Donc tant pis, c’est chiant, mais j’ai installé ma clim.

Un truc au sujet duquel je dois écrire, et dont je parlais hier avec ma binôme de planification hebdomadaire, c’est l’idée de “programmer sa tour de contrôle”. (Oui, stratégie TDAH répertoriée, qui mérite sa propre publi, et que j’appelle dans ma tête le “si… alors…”) La tour de contrôle, c’est la partie de nous qui nous observe pendant qu’on vit, et aussi pendant qu’on s’enlise ou bien qu’on fait des trucs qu’on sait qu’on ne devrait pas faire, mais on ne peut pas s’en empêcher. C’est probablement pas présent la même chose chez tout le monde, évidemment. Mais si c’est là, on peut l’utiliser, en préparant à l’avance des instructions ou des “vaccins” pour parer à nos travers récurrents.

Un exemple: je regarde une série télé, le soir. Un épisode. Oui, je vous entends, rire, là-bas au fond. Un épisode, c’est l’objectif. Oui, oui. On sait comme c’est: oh, allez, juste un autre. Tout est construit pour nous faire céder et regarder le suivant. Alors que faire? Parce que quand j’arrive à m’en tenir à un épisode par soir, c’est un très bon élément de mon rituel du soir. Mais quand j’arrive pas… et que j’enchaîne jusqu’à bien trop tard… c’est pas bon du tout.

Donc ce que je fais, c’est la chose suivante: avant de lancer mon épisode, je me rappelle (je ne le fais pas à haute voix, mais on pourrait) que je veux regarder un seul épisode, et qu’à la fin de l’épisode, soit ça va se terminer sur un cliffhanger qui me donne envie de connaître la suite, soit il y aura des tensions pas résolues entre les personnes ou dans l’histoire, qui me laisseront frustrée et désireuse de continuer pour ne pas rester sur ça, et que je vais quand même arrêter là, malgré tout ce qui est mis en place pour me donner envie de continuer, même si c’est frustrant et pénible, je vais cliquer sur la pomme en haut à gauche et déconnecter ma session télé.

En gros, je me prépare moralement à faire face à la difficulté que va représenter pour moi de m’en tenir à ma décision de regarder un seul épisode. (Pourquoi un et pas deux? on pourrait se poser la question. J’ai réalisé que si j’en ai regardé deux, je suis trop prise dans l’histoire et c’est encore plus difficile d’arrête qu’après en avoir regardé juste un. Un, j’arrive. OK stop bye.)

Ça peut s’appliquer à des tas de choses, qui méritent donc d’être détaillées correctement dans un autre article.

Il fait trop chaud, mon ordinateur a trop chaud, mon téléphone a trop chaud, mon chat a trop chaud. L’immeuble a trop chaud. Bref, trop chaud.

Hier j’avais deux ou trois choses à cuisiner. J’ai déclaré “soirée fournaise à la cuisine”, j’ai fermé la porte, et j’ai cuisiné tout en parallèle. Les poivrons à la poêle, la tarte tatin à la tomate, et l’aubergine (“popbergine”) dans le air fryer. Assez contente de mon organisation. Là je suis bonne pour un bout sans avoir besoin d’allumer une plaque.

Comme chaque année en période de canicule, je suis effarée-consternée de voir à quel point, même après toutes ces années (on devrait être rôdés maintenant quand même) les gens continuent à laisser des fenêtres ouvertes (à l’imposte ou normalement, peu importe) en plein après-midi quand les presque 35 degrés à l’ombre vous assomment contre le bitume dès que vous faites un pas dehors. Je pige pas, les gens. Quand l’air du dehors est plus chaud que dedans, ouvrir, ça réchauffe l’air de dedans. Physique élémentaire. Si vous voulez un bain frais et que vous rajoutez de l’eau chaude dedans parce que vous trouvez qu’il se réchauffe trop vite, il ne va pas devenir plus frais… Si vous voulez de l’air (c’est bien l’air), y’a des trucs qui s’appellent des ventilateurs.

Et en passant, les animaux domestiques, comme ils ne transpirent pas comme nous, et que le ventilateur nous rafraîchit en favorisant notre transpiration, ils profitent pas tant du ventilateur. Le seul truc qui leur importe, c’est la vraie température de l’air. Et pouvoir se poser sur un truc frais: les catelles, un tapis refroidissant…

Je vais arrêter là, histoire de ne pas entraîner votre cerveau dans la fonte du mien. Il fait vraiment trop chaud.

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  • The Wild Magical World of AI (LLMs) [en]
    [en] End 2024 is when I really started to get going with “AI” (or LLMs – I know saying “AI” is kinda wrong, but there seems to be no good way to escape it right now). I’d been dabbling a bit before that: as a search engine, to help me with my excel formulas at work, or translating an e-mail here or there. But over that Christmas break, I realised it went further than that: helping me manage my tasks; keep lists updated; make sense of my investment portfolio; troubleshooting technical stuff that
     

The Wild Magical World of AI (LLMs) [en]

5 avril 2026 à 10:59
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End 2024 is when I really started to get going with “AI” (or LLMs – I know saying “AI” is kinda wrong, but there seems to be no good way to escape it right now). I’d been dabbling a bit before that: as a search engine, to help me with my excel formulas at work, or translating an e-mail here or there. But over that Christmas break, I realised it went further than that: helping me manage my tasks; keep lists updated; make sense of my investment portfolio; troubleshooting technical stuff that’s above my pay-grade; and build actual systems to do stuff. I didn’t really know what I was doing, but I saw enough to find it really exciting. I was quite busy with work and life during that period, and not finding time to blog much.

And then I had a skiing accident. Everything stopped, but in time, as I started becoming more functional, I turned back to playing with AI some more, doing a little more vibe-coding too. Excitement grew. But I was also hitting limitations, fed up with the sycophancy, context bloat, hallucinations and endless rabbit-holes. Oh, and really sick of AI slop. (Really: nobody wants to read your AI slop, people.) But the exciting was still there, I was just biding my time. Integrations, agents and AI-powered browsers showed up, with the security risks that are bundled in. I was tempted but stopped myself. And a few loved ones.

Three articles amongst many that tell cautionary tales. I have more to say, particularly about the brain fry one, but not today.

https://brave.com/blog/comet-prompt-injection/ https://hbr.org/2026/03/when-using-ai-leads-to-brain-fry https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2026/mar/26/ai-chatbot-users-lives-wrecked-by-delusion

Recently, like many others, I jumped ship from ChatGPT to Claude. I’d been thinking about it for a while, because I have been working hard on migrating my diabetic cat community from Facebook to Discourse, and had come to the conclusion I would have to code a plugin or component or two, and it seemed obvious that Claude was the better AI assistant for that. Around that time, I read this article:

https://derekhanson.blog/tufte-blocks/

In it, the author describes one key aspect of working with AI that I had understood to be important, but that I didn’t know how to put into practice: using different conversations for different “roles” or aspects of the project. And here I had a real example.

I put that in practice (a bit as an exercise) in applying these instructions to migrate my personal context from ChatGPT to Claude. It was extremely satisfying and a great learning experience. I was itching to get going with Claude Cowork and Claude Code, but still a bit anxious. As I see it, Cowork is like being handed a powerboat when all you’re used to are the free permitless motorboats you can rent by the hour on a sunny Sunday afternoon like this one. You can really get in trouble if you’re not careful. And probably, even if you are.

I asked around a bit and Claire pointed me to this wonderful guide to Cowork. What she also explained to me is that Cowork is sandboxed, so it only has access to the folders you give it access to. That’s reassuring. And just a few days ago, Matt shipped Taxonomist, an AI-app (? what do we call these things?) that he used to cleanly recategorise all his blog posts. Unsurprisingly, categories here on CTTS have been a mess since time immemorial, and one of the things that has been clear for some time for me is that AI can help me clean things up a bit around here – in general, not just the categories. But that felt like a great way to get started seeing what the powerboat can do, with a trusted friend on board to keep me from crashing on the rocks.

So earlier today I installed Claude Desktop, downloaded the guide, and started it in Cowork. And wow. Honestly. It’s wild. My 3TB of archived files going back nearly three decades are now hopeful they will one day be deduplicated and cleaned up. Of course, I hit my usage limit (which is why I’m writing this instead of playing with my new AI friend), so I went to have a look at what something like Taxonomist really looks like under the hood. You know, open the files and read them. And it’s starting to come together in my mind. The powerboat is starting to feel like something I will be able to manage in time.

Of course, I’m not going to point Cowork at my external hard drive right now. There are still a lot of steps until I feel comfortable enough with the powerboat to attempt that. But doors are opening. My diabetic cat community migration feels more manageable. I’m hopeful I can tidy my files and clean up my blog. Come up with a system to make sharing links to the open web as easy as on Facebook. Reboot the blogosphere. And I’m sure other ideas will come along the way. I am also trying to be very, very careful about AI brain fry, as I already have my own concussion brain fry to deal with.

If you haven’t yet started learning how to use AI beyond as a proxy for Google or Wikipedia, really, it’s time to get cracking. I’m going back to Lesson 5 (honestly, just read through that page for starters if you don’t know what to do first), making a note to check out Cursor (I’m using Visual Studio Code for now) and read this article on Teaching AI to Design.

First, however: a nap.

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  • Titres, écriture, initiation de tâches, et IA [en]
    [en] Devoir mettre un titre à un article, c’est clairement un frein à l’initiation de la tâche “écrire un article”. Vous avez déjà remarqué ça? De mon point de vue, c’est aussi une des raisons pour lesquelles ce qui se racontait sur les blogs à gentiment migré vers les réseaux. Sur Facebook ou LinkedIn, nul besoin de choisir un titre pour ce qu’on va écrire. On ouvre notre cerveau et il se déverse sur la page. Pas besoin d’avoir un sujet, pas besoin d’avoir quelque chose de structuré. Juste une
     

Titres, écriture, initiation de tâches, et IA [en]

3 avril 2026 à 12:31
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Devoir mettre un titre à un article, c’est clairement un frein à l’initiation de la tâche “écrire un article”. Vous avez déjà remarqué ça? De mon point de vue, c’est aussi une des raisons pour lesquelles ce qui se racontait sur les blogs à gentiment migré vers les réseaux. Sur Facebook ou LinkedIn, nul besoin de choisir un titre pour ce qu’on va écrire. On ouvre notre cerveau et il se déverse sur la page. Pas besoin d’avoir un sujet, pas besoin d’avoir quelque chose de structuré. Juste une pensée qui passe, et hop, on a publié quelque chose. Très souvent, une fois qu’on a commencé à écrire, le quelque chose prend de l’ampleur – enfin, si on est quelqu’un qui aime écrire et parler et qui a tendance à avoir des tas de choses à dire. Je ne compte plus le nombre “d’articles de blog” que j’ai en fait écrits dans Facebook ou LinkedIn, parce que je pensais que j’allais “vite partager un truc”.

Alors que sur le blog, ouh là là, on va écrire un article, faut savoir de quoi on va parler, d’ailleurs y’a qu’à voir, on commence par écrire un titre en haut de la page. Je pense que ça joue un rôle énorme dans la façon dont notre expression en ligne se déploie. Messagerie instantanée? Pas de titre, juste écrire, contrairement à un e-mail, ou un forum.

D’ailleurs, à ce moment précis, cet article n’a pas de titre. Je suis très consciente, pour ma part (TDAH oblige), à la question des freins à l’action. J’en parlais d’ailleurs tout à l’heure avec une amie alors que nous étions en balade. Ça ne date pas de mon diagnostic, cet intérêt, parce que j’avais perçu très tôt dans ma vie que “commencer était difficile”. Il y a d’ailleurs des tonnes d’articles dans ce blog sur ce sujet (si on arrive à les trouver). Mon intérêt pour la UX (avant “usability”) et le comportement animal sont deux branches de mon intérêt général pour cette problématique, en passant.

Donc cette histoire de titre, c’est sur mon radar de façon lointaine depuis des années, et de façon bien plus présente depuis la fin de l’été dernier, avec la suspension de mon compte Facebook, et le sentiment d’urgence à relancer la blogosphere et créer de véritables alternatives aux réseaux propriétaires. Je ne laisse donc plus ça m’arrêter. Soit j’écris un peu n’importe quoi, soit, comme aujourd’hui, si rien ne me vient, je laisse vide et je commence à écrire. Je trouverai bien un n’importe quoi à mettre une fois que j’aurai fini.

Parfois, évidemment, j’ai un article en tête à écrire qui a un titre. Mais souvent, j’ai des trucs à dire, pas forcément très bien organisés et très bien identifiés, mais je n’écris pas parce que ça ne fait pas “un article sur quelque chose”. J’essaie de changer ça. J’essaie de retrouver la liberté des débuts des blogs, du monde d’avant Facebook. Bien sûr, on n’est pas dans le monde d’avant Facebook. On est 20-25 ans plus tard, donc c’est clair qu’il y a des choses qui à l’époque allaient sur mon blog et qui n’y auraient plus leur place aujourd’hui.

Mais une chose demeure: écrire a toujours été, pour moi, un moyen de canaliser ma pensée (hyperactive), un moyen de faire sens de tout ce qui tourne dans ma tête en le lâchant dans le monde, comme une petite bouteille à la mer qui peut-être voudra dire quelque chose pour quelqu’un. Il y a un enjeu existentiel là-derrière. Ça compte pour moi que ces lignes puissent être lues par quelqu’un d’autre, dans une heure, dans un mois, dans un an ou même dix. Mais ce n’est pas juste le regard (ou l’oreille) qui compte, c’est aussi vraiment que ça réduit ma charge cognitive, de mettre des choses par écrit. Le processus m’aide à réfléchir, à sentir aussi. Les “articles sur quelque chose” sont peut-être un peu plus pour autrui, mais ils sont aussi pour moi, car ils couvrent souvent des idées ou informations que je me retrouve à répéter souvent à beaucoup de personnes différentes. Alors des fois, c’est pratique pour moi, de pouvoir dire “attends j’ai un article là-dessus”.

Je ne sais honnêtement plus si j’en ai parlé sur mon blog ou pas, mais ces dernières années j’ai beaucoup réfléchi à comment étaient structurées mes interactions sociales avec les gens. Ce qu’il y avait de satisfaisant là-dedans, et d’insatisfaisant, sur quoi j’avais prise et ce qui était hors de mon contrôle. J’ai pris conscience que j’étais souvent un peu la “sorcière de mon village” – et même si c’est un rôle qui me convient et que j’encourage, parce qu’être utile à autrui fait partie de mes valeurs et de mon sens, c’est pas toujours une bonne chose pour mes amitiés ni pour ma charge mentale ou mon emploi du temps (et post-accident, c’est encore plus clair). Donc écrire certaines choses sur mon blog, c’est – depuis toujours d’ailleurs, c’est l’impulsion qui m’a fait créer ma “homepage” en 1998 – une façon de faire ça.

Je vis avec un backlog permanent de choses à écrire et de choses à dire, tout comme il y a trop de choses que j’ai envie de faire. Je pense honnêtement qu’aujourd’hui je pourrais écrire non-stop pendant des jours ou même des semaines. Le hic c’est que l’écriture, pour moi, comme pour beaucoup d’autres tâches, c’est quelque chose qui vient facilement quand la motivation ou l’impulsion de m’y mettre est là, mais pas autrement. Et (TDAH toujours), la motivation et l’impulsivité sont, chez moi, des choses sur lesquelles je n’ai pas un très bon contrôle.

Je me suis donc dit, il y a quelque temps (un moment déjà en fait, mais vous savez comment c’est les prises de conscience et les décisions concernant “faire autrement”, souvent ça vient par couches de peinture successives, et il faut un moment pour que la couleur finale soit bien visible), bref je me suis dit que j’allais écrire plus sur mon blog, même si c’est désorganisé, même si c’est pas de jolis articles bien ficelés, pour réduire la pression mentale du backlog des choses à écrire. Juste là, réduire ma charge mentale c’est capital. Et en fait, quand j’écris pas, ça s’accumule, et plus ça s’accumule moins je m’y mets, bref (encore oui j’aime bien ce mot), vous voyez le truc.

C’est pas encore en place. Je me suis dit: “hop, timer 30 min, je ferai 45 min à une heure, j’écris ce qui tournicote dans ma tête, je fais ça chaque jour”. Evidemment, pas si simple à mettre en place. Mais aujourd’hui, voilà, j’ai attrapé l’ordi et je me suis mise sur le balcon (il commence à faire frisquet, je vais peut-être rentrer), et je vous parle de ce qui me passe par la tête, et du coup ça fait 30 minutes que je vous écris des histoires de titres et d’écriture alors que c’était pas du tout ça qui se promenait dans ma tête à la base. Bienvenue dans mon cerveau.

Cette histoire d’initiation de tâche, ça me fait penser à deux choses. Premièrement, ma vidéo sur le sujet. Je ne sais plus ce que j’y raconte, vous me direz – purée, en allant chercher le lien je vois que c’était il y a sept mois 😨, j’ai certainement dû en parler ici déjà. Mon sens du temps qui passe est complètement à l’ouest. Sept mois? C’était déjà pas terrible à la base, chez moi, mais post-accident c’est bien pire, et post-rechute encore plus. Heureusement que j’ai une bonne mémoire des dates, je compense avec ça. Mais bref, cette vidéo, c’est une parmi d’autres. Après la suspension de mon compte Facebook et sa récupération, j’ai pris la peine de faire une sauvegarde en bonne et due forme de mes données là-bas, y compris toutes mes vidéos Live. J’en ai surtout fait beaucoup pour la communauté Diabète Félin, mais aussi quelques-unes, de temps en temps, sur d’autres sujets. Je fais des vidéos comme j’écris des articles: je lance l’enregistrement, je cause, je publie. Le montage c’est pas mon truc, pas plus que la relecture et le travail minutieux de mes textes. Je suis une deverseuse. J’ai donc fait quelques vidéos ces derniers temps, après avoir décidé que mes vidéos live iraient pour le moment sur Youtube, et la plupart mériteraient un article ici, mais je ne l’ai pas encore fait. C’est dans le backlog. Mais en attendant, vous pouvez déjà aller sur mon compte YouTube, vous abonner, écouter, piocher dedans.

Là, je pourrais partir aussi sur tout ce qui est en route concernant Diabète Félin, et en particulier la mise en place de Discourse pour héberger la communauté. C’est encore le gros chantier mais vous pouvez déjà jeter un oeil. Si vous voulez une visite guidée, dites-moi – je compte à terme en faire un multi-site, comme j’ai fait avec mon installation WordPress, ce qui voudra dire que si quelqu’un veut profiter du fait que je me suis cassée les dents sur Discourse pour mettre plus facilement sur pied une communauté en ligne hors Facebook, ça devrait être possible, un fois ou l’autre.

Et maintenant je pourrais rebondir là-dessus pour vous raconter mes pérégrinations avec l’IA, parce que oui il y a un lien, ma migration de ChatGPT à Claude (comme tant d’autres), le potentiel que j’y vois mais aussi les risques, comment je pense en faire usage pour mes projets (dont DF, c’est le lien).

Mais je vais nous épargner ça car je suis sûre que comme moi, vous avez besoin d’aller manger à un moment où un autre.

Donc je vais juste mentionner la deuxième chose à laquelle me refait penser cette histoire d’initiation de tâche (vous aviez gardé le fil?) – parmi mes “articles à écrire sur un truc”, il y a quelque chose de l’ordre du “briefing TDAH”. Genre “tu penses que tu as peut-être un TDAH, ou tu sais que tu en as un mais t’en fais pas grand-chose, voici ce qui est important”. Mais pas ce soir, hein. J’ai aussi un article en souffrance sur les questions de sommeil et d’endormissement. Deux brouillons aussi dans WordPress qui sont écrits aux trois-quarts, quelque chose que j’évite vraiment de faire parce que franchement, c’est tellement dur de m’y remettre pour les terminer. (J’ai pas choisi les interruptions, en l’occurrence: une crise convulsive d’Oscar et l’inondation de mon espace coworking.) Puis tiens, je pourrais écrire un article sur ces histoires de difficulté d’initiation de tâche, vous pensez pas?

Je vais quand même vous parler d’un truc que je mijote avec Claude, parce que ça concerne quelque chose qui est un peu bête mais qui prend beaucoup de place dans ma tête. Dans mon quotidien, je découvre plein d’articles intéressants à lire. J’aime les partager, on ne sait jamais à qui ça peut servir. C’est une des choses que je fais avec Facebook: partager des liens. (Et peut-être qui m’a desservie, en passant.) Et j’aimerais, beaucoup, mais vraiment beaucoup, m’affranchir de Facebook pour ça et pouvoir publier ici (ou sur un blog parallèle) des sortes de pelotes de liens quotidiennes. Pas n’importe comment bien sûr: il faut que je puisse rajouter un petit mot d’explication concernant le lien si je veux, il faut que le lien soit présenté avec une “carte” de prévisualisation (comme c’est sur les réseaux), il faut que ce soit aussi facile pour moi de rajouter un lien à la collection que de le balancer dans Facebook, et il faut que les liens partagés soient également répercutés dans mes réseaux, parce qu’il faut être pragmatique et la réalité d’aujourd’hui c’est que tout le monde est encore sur Facebook ou Linkedin.

Ça, c’est typiquement le genre de projet qui est juste hors de ma portée. Je vois assez clair pour pouvoir dire que techniquement, ça devrait être faisable, mais je n’ai ni les connaissances ni les compétences techniques pour. C’est le genre de chose, pré-IA, qui me fait perdre un temps fou en recherche pour déterminer comment monter ce genre de système, avec quels outils, comprendre ce qui existe et si je peux l’adapter à mes besoins, identifier les pièces manquantes, réaliser tout ça une fois que j’ai un plan pour le faire, et régler les inévitables bugs qui surviendront. Une montagne.

Avec un assistant IA, c’est nettement plus accessible. En quelques échanges dans une conversation l’autre jour, j’ai déjà dégrossi les enjeux techniques et pu établir la faisabilité (vraiment) de mon idée. Je peux utiliser l’IA pour m’assister d’une part dans la gestion des différentes étapes (savoir où j’en suis et ce que je dois faire ensuite) et dans l’implémentation technique, sans que je me retrouve limitée par mes connaissances en matière d’administration système ou développement, qui même si elles sont plutôt bonnes pour une non-technicienne, ne sont pas suffisantes pour mes ambitions.

C’est un projet qui me démange, car chaque jour, je partage des liens, et ce système me manque. Evidemment, mon objectif est de vous tenir au courant de la solution que j’aurai trouvée et mise en place. Et aussi, de vous parler plus de comment j’utilise Claude et de ce à quoi je fais attention. Je suis encore en train d’apprendre, comme tout le monde d’ailleurs!

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  • Today is Tomorrow [en]
    [en] A friendly colleague I share some geeky interests with told me today I was courageous to announce my blogging intentions yesterday. I told him “not that much”, because if I didn’t stick to my declaration of intent, it’s not something I’d feel terribly bad about. Writing that quick post yesterday made me feel a bit better, and announcing I would write today increased the probability I’d actually do it today. Making clear plans and public accountability aren’t binding, but they can help tip
     

Today is Tomorrow [en]

27 mars 2026 à 16:30
[en]

A friendly colleague I share some geeky interests with told me today I was courageous to announce my blogging intentions yesterday. I told him “not that much”, because if I didn’t stick to my declaration of intent, it’s not something I’d feel terribly bad about. Writing that quick post yesterday made me feel a bit better, and announcing I would write today increased the probability I’d actually do it today. Making clear plans and public accountability aren’t binding, but they can help tip the scales.

So, I set my timer and I didn’t dive into my open tabs before starting to write. I’m less all over the place today, but it doesn’t mean any of the underlying issues are dealt with. Oscar is still dying. I’m still unhappy about having to set aside so much of what I’d like to do. The one-year mark of my accident is behind me, and though I’m still confident about making a full recovery, that confidence is fragile and easily shaken, particularly when there are setbacks. I am starting to be afraid of “crashing” again like I did at Christmas.

I’ve lost other cats before Oscar, but in my post-accident world, there is no known territory anymore. I don’t know what it will do to me – because my brain is still very much in the process of recovering. I’m working 50% again but have set aside pretty much all my non-work activities and projects, and I’m exhausted. So, I’m on edge emotionally, and not dealing well with the usual/inevitable stuff life in our day and age throws at me, particularly the stuff that has to do with broken systems, bureaucracy, and people being a pain in the neck. I am stuck in between a rock and a hard place: either deal with it or let it go, and both are costly, and I don’t have spoons to spare these days.

On the sunny side, when I’m feeling kind of OK, I have to face the frustration of prioritising rest, when I have a pile of blog post ideas (I even have a couple of proper drafts that need finishing up), want to make progress with the migration of the diabetic cat community to Discourse (and write about it), finish setting up Claude so it’s properly usable for the half-dozen “top of mind” projects I want to work on with it, continue tidying/organising my flat, have a social life, go to judo, singing rehearsals, skiing and hiking, whatever, the stuff I used to do and took for granted before my accident. It sucks.

I have a ton of links to share, but no good system to do it in the way I want. I keep throwing them into the socials, which is better than nothing, but I’d like to collect them here or at least some place I control, and I have a path/plan to do that (thanks Claude) – but it’s going to take time and effort to do.

So here’s a small dump. The timer is going off.

That’ll be it for today. Grey’s Anatomy is waiting. I’m going to try and blog a bit more frequently (with timer) just to dump stuff out of my brain. Probability increased, certainty unavailable.

Bonus picture: the puzzle I was very tempted to continue working on tonight instead of writing.

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  • Guide de survie anti-doomscrolling en cas de catastrophe [en]
    [en] Pour les personnes dont le cerveau reste coincé sur la chaîne catastrophe Crans-Montana (TDAH ou pas): il faut décrocher. Dans cette vidéo j’explique pourquoi et ce qui peut vous aider à y réussir, concrètement. Sorry elle est un peu longue… Je reproduis ci-dessous ce que j’ai publié sur Facebook: Il faut absolument (j’insiste) décrocher. Il y a un risque réel de se traumatiser via l’exposition aux contenus autour de cette histoire. Donc: priorité absolue, faire autre chose.
     

Guide de survie anti-doomscrolling en cas de catastrophe [en]

4 janvier 2026 à 11:55
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Pour les personnes dont le cerveau reste coincé sur la chaîne catastrophe Crans-Montana (TDAH ou pas): il faut décrocher. Dans cette vidéo j’explique pourquoi et ce qui peut vous aider à y réussir, concrètement. Sorry elle est un peu longue…

Je reproduis ci-dessous ce que j’ai publié sur Facebook:

Il faut absolument (j’insiste) décrocher. Il y a un risque réel de se traumatiser via l’exposition aux contenus autour de cette histoire.

Donc: priorité absolue, faire autre chose. Regarder des films ou des séries. Faire un puzzle ou du nettoyage. Trouver quelqu’un qui va nous traîner dehors pour prendre l’air. 

Considérez cette consigne comme une nécessité médicale, vraiment.

Un avertissement parmi d’autres que j’ai trouvé sur linkedin, par une professionnelle de la santé au travail (Sarah Bertschy):

Ne vous exposez pas aux images, vidéos et récits des réseaux sociaux relatifs à Crans Montana.

Le risque de trauma et stress chronique suite à l’exposition à ce type de contenus est réel, a fortiori si elle est répétée.

Pour être informés, vous pouvez suivre les conférences de presse.

Un autre avertissement d’un prof de psychologie clinique (Joël Billieux):

Prenez soins de vous et ne vous exposez pas de manière non nécessaire à des images traumatisantes. Protégez-vous, et protégez les enfants et adolescent·es sous votre responsabilité. 

Les algorithmes liés aux #Reels (Insta, Facebook, Tiktok) sont susceptibles de vous inonder très rapidement de scènes tragiques et de témoignages terribles et poignants. Les algorithmes sont terriblement efficaces et il y a un risque réel de se laisser prendre dans une spirale de visionnage de contenu potentiellement traumatique #doomscrolling. 

Ces vidéos, via des phénomènes d’empathie et d’engagement émotionnel, risquent de provoquer chez vous de la détresse, de l’anxiété, ou même des symptômes qui peuvent s’apparenter à ce qu’on observe suite à l’exposition à des événements traumatisants. Ces risques ont été documentés dans des études scientifiques.

Suivant la situation, on peut aussi essayer d’appeler le 143 (la main tendue) mais le mieux est vraiment, si on n’est pas directement impacté de mettre le paquet (pardon) pour se prendre par la peau des fesses afin de mettre son cerveau sur autre chose. « Mécaniquement », même si on n’a pas envie, même si on est bouleversé, même si on veut comprendre, même si on ne sait pas quoi faire de ses émotions.

Un tuyau: « arrêter » n’est pas une bonne instruction, en fait, il faut vraiment remplacer l’activité non souhaitable par une activité plus souhaitable et incompatible, comme en comportement animal.

Quelle est votre « activité plus souhaitable », même sans être motivé•e? C’est ça la chose à faire, peu importe ce que c’est, juste là. Une série, un puzzle ou une promenade c’est très bien. Et on lâche le tel et l’ordi car sur les réseaux, impossible d’y échapper pour le moment.

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  • Can I Write a Quick Blog Post? [en]
    [en] This is often the question. In typical ADHD style, my difficulty getting started on something is only surpassed by my difficulty stopping something once it’s started. So, 9pm on Sunday night, tired tired tired, can I grab my keyboard and give you some news without still being up at midnight? I challenge myself. Mid-October, I went back to work part-time. Three half-days a week. It went OK but I was way more tired than I expected. Tired in general. Overwhelmed by trying to manage my
     

Can I Write a Quick Blog Post? [en]

16 novembre 2025 à 16:02
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This is often the question. In typical ADHD style, my difficulty getting started on something is only surpassed by my difficulty stopping something once it’s started. So, 9pm on Sunday night, tired tired tired, can I grab my keyboard and give you some news without still being up at midnight?

I challenge myself.

Mid-October, I went back to work part-time. Three half-days a week. It went OK but I was way more tired than I expected. Tired in general. Overwhelmed by trying to manage my weeks, that these three little half-days seemed to fill to the brim. It’s much better now and I feel ready for more. I haven’t had cognitive overload headaches for a while now, or at least, so few that I don’t remember them.

Months ago, I started using the Apple Journal app, because I was having such a hard time recalling what I had done in previous days, recent or less recent. Writing a few quick notes down at the end of the day has helped me keep some sort of grasp on all those days that have disappeared into the weird months of 2025. Recently, I’ve switched to Day One, trying it out as an alternative to Apple Journal. My Facebook suspension has made me cautious about locking data or content into hard-to-export-from apps or services.

I’ve also started learning Bridge. Maths and statistics, strategy and communication, fun! It’s an investment for my old days, but already enjoyable. I’ll write more about it in time. If you want to get started, Funbridge actually has tutorials that can take you by the hand for the first steps. Start with MiniBridge.

My very old cat Oscar is having a series of health issues. I treasure each good day I have with him, because I don’t know how many are left. The first part of the year saw a complete deregulation of his diabetes, which had been a smooth ride to manage until then. He was getting dehydrated, blood glucose going up and down like a yoyo, and slow but steady weight loss. We went through a long period of subcutaneous fluids, which helped a lot.

In September he came down with a really bad pancreatitis flare-up. I nearly lost him. An oesophageal feeding tube saved him. It sounds like a dramatic intervention, but it’s actually quite minor surgery, well-tolerated, and a life-saver. The main issue with pancreatitis is that the cat stops eating. Being able to feed by tube solves that problem, removes stress for everybody, allows proper administration of medication, fluids and calories. I had a short trip planned during that period, and thankfully a friend came over to cat-sit and take over nursing duties. I can’t thank her enough.

Since the pancreatitis he had been doing really good. He didn’t put all the weight he lost back on, but enough that it’s not a disaster. And his three old arthritic legs are happy for any 100g they don’t have to carry. I have been letting him out in the garden, closely supervised, of course, and he really enjoys it. It makes me happy too, to be able to give him access to enrichment and stimulation that an exclusively indoor life didn’t provide. It always made me a bit sad, especially as I knew he had lived most of his life outdoors. But he was too old and handicapped to risk it, and until recently, too mobile for me to supervise him in the garden here (he did get to go out at the chalet – different environment with less risks). The photo is of him on one of our recent outings.

Two weeks ago, though, he had an epileptic seizure. Out of nowhere. I moved my surveillance cameras around and kept an eye on him. He had a second one ten days later, just this Wednesday night. We put him on anticonvulsants Thursday evening, but it’s tricky dealing with the sedation side-effects, particularly on an elderly cat who is already mobility-challenged and wobbly at the best of times.

He still wants a lot of things (like me, hehe). He wants to go downstairs, he wants to climb in my lap, he wants to go outside, he wants to go on the sofa, he wants to teach Juju a lesson (Juju, by the way, is doing fine, but definitely overweight – I’m hoping his new diet will work out, because I’m not enthusiastic about preparing myself another diabetic cat).

So we’re still figuring things out, and crossing fingers that Oscar will be able to tolerate the medication and that he won’t have another seizure too soon. But it’s not good news, in any case. I’m sad and worried, which is normal, but that doesn’t make it comfortable. And also, apprehensive, because 2025 has come with more than its fair share of trials, and I’m aware that there is a high risk of Oscar dying in the coming months. And honestly, I don’t need that, just as I’m getting back on my feet. There’s never a good time for dead cats, but some are shittier than others. He might hang in there, of course, but he’s old enough and his health is such a fragile equilibrium that I would not bet on him being still around this time next year. He could still be here for months or more, of course, but he could also go downhill fast pretty much anytime. Loving and caring for an old animal is living with the certainty of grief to come, but the uncertainty of timing. I am very much reminded of Quintus’s last years.

I’ve never liked October-November. It’s dark, and damp, and not winter yet. It’s the in-between season. And this year, I had neither hiking, nor skiing, nor really sailing season. I did go out on the lake a handful of times, thanks to my dad who took me along. But it’s very frustrating and weird for me to have “lost” this year like that. It feels a bit like the first Covid year, you know, where we all felt there was a year missing in our lives. Only here, it’s just for me.

I’m way better but not “back to normal” yet. I have to put more effort into just “managing life”. And compared to before my accident, I’m much more careful about pushing myself. I used to push myself all the time. Now, when I feel tired, I go “oh, wait, I’m tired, how can I adjust my expectations for what I was hoping to do during the coming hours”.

A few weeks back I teamed up with a friend who also felt the need to get on top of her weekly planning, and we touch base once a week to go through our schedules. It’s been extremely helpful and is in no small part responsible for my not feeling overwhelmed by my life anymore. I’ve been knocking down admin tasks lately, blogging more, and even making some headway in much-needed tidying up and deep cleaning.

On the online side of things, I am sitting on my hands, because there are a few topics I really really want to dive into, but I know I cannot afford the time and bandwidth right now. It’s extremely frustrating. One of these topics is how to collate the things I share on the socials into daily blogs posts (I think I wrote about it in part 3 of Rebooting The Blogosphere). I think about it pretty much every day, because I share stuff on the socials and regret that I don’t have a simple way to round up the day’s shares here in WordPress to whip up a quick post with links and comments and some passing thoughts. There is a bunch of things I want to fix on the blog, too, but that will also have to wait. At least I’m writing.

I now finally have a Discourse instance up and running on a server (thanks Oliver!) and I am impatient to start configuring it and playing with it to start preparing for the migration of the “Diabète Félin” community I manage. It’s not for tomorrow, but I’d love to at least get something moving before the end of the year. I’m super enthusiastic about Discourse, maybe I should write a post about it.

But not tonight.

I’ve been writing my “quick blog post” for nearly an hour, my eyes are still tired and my brain is still foggy, so I’ll wrap things up here, go and pick up my old drugged up cat, play a deal or two on Funbridge, jot a few notes down in Day One, and read my book a bit before I collapse.

Sleep is what transports you to the next day. And the next day here is Monday.

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