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    Molly Taft pour Wired revient sur la lutte d’extrême-droite contre les data centers aux Etats-Unis. Ces dernières décennies, des centres de données ont été construits en toute discrétion aux 4 coins des Etats-Unis sans vraiment déclencher de contestations, rappelle-t-elle. Discrets, on pouvait habiter à côté d’un centre de données sans jamais en entendre parler. Ils étaient construits dans des zones bénéficiant à la fois d’une connexion par fibre optique et d’un accès à l’énergie, comme la Silic
     

De l’opposition d’extrême-droite aux data centers en Amérique

10 septembre 2026 à 01:00

Molly Taft pour Wired revient sur la lutte d’extrême-droite contre les data centers aux Etats-Unis. Ces dernières décennies, des centres de données ont été construits en toute discrétion aux 4 coins des Etats-Unis sans vraiment déclencher de contestations, rappelle-t-elle. Discrets, on pouvait habiter à côté d’un centre de données sans jamais en entendre parler. Ils étaient construits dans des zones bénéficiant à la fois d’une connexion par fibre optique et d’un accès à l’énergie, comme la Silicon Valley et la région de Washington DC. Mais, avec l’arrivée de l’IA, les data centers ont changé : désormais, on parle de versions gigantesques, qui se construisent rapidement après avoir obtenu des dérogations environnementales. Les gens ont commencé à se poser des questions sur ces constructions qui devenaient visibles par leur gigantisme même. Avec la montée de la contestation, de nombreux Etats ont introduit des moratoires voire interdit leur construction (sans compter les villes et comtés qui ont également pris des décisions en ce sens, y compris dans des zones très conservatrices comme le comté de Hill, au Texas). Des personnes ont été arrêtées, placées en détention ou expulsées alors qu’elles manifestaient contre des centres de données lors de réunions publiques dans le New Jersey, en Californie, dans le Wisconsin et dans l’Indiana.

Face à ces constructions, on évoque souvent la mobilisation de gauche, menée tant par des associations et des collectifs (cf. « Aux Etats-Unis, la résistance contre les data centers s’organise »), que par des politiciens, dont les démocrates Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, inspirateurs de moratoires sur l’IA qui essaiment depuis à travers les Etats-Unis. Paris Marx remarquait d’ailleurs, pertinemment, que si Sanders et AOC étaient d’actifs fourbisseurs de critiques de l’IA, ils n’ont pas la même approche. Alors que Sanders s’inquiète des potentialités de l’IA, reprenant les arguments de nombre des entrepreneurs de la Tech, AOC, elle met plutôt en garde contre les innombrables problèmes que génère déjà l’IA et notamment contre les dommages économiques susceptibles de découler de l’éclatement de la bulle financière entourant l’IA. Elle a également joué un rôle moteur pour fournir aux victimes de deepfakes générés par IA les moyens de tenir les auteurs responsables de leurs actes.  

Mais, si la contestation de gauche des data centers et de l’IA est bien documentée, celle de l’extrême-droite américaine l’est beaucoup moins. Elle est pourtant vive. Molly Taft raconte que les premiers politiques américains qui se sont inquiétés de ces projets étaient des politiciens d’extrême droite, Marjorie Taylor Greene et Thomas Massie. Mais pour Taft, celui qui a beaucoup dénoncé la technologie et l’IA, c’est assurément Steve Bannon, l’ancien conseiller de Trump. Dans son émission War Room, Bannon explique que les hyperscalers sont des « laboratoires d’armement braqués contre la population ». Mais la critique est surtout portée par l’un de ses éditorialistes, Joe Allen, auteur de Dark Aeon: Transhumanism and the War Against Humanity (auto-édité). Joe Allen s’est fait connaître par un slogan : Humans First (l’humain d’abord) devenu un cri de ralliement sur les ondes de la War Room. Le moto s’est transformée en organisation et en tournée, visant à mobiliser le grand public à l’encontre de l’IA pour exiger un encadrement fort de l’IA. Comme le raconte NBC, l’organisation incite les responsables politiques à refuser les contributions financières des grandes entreprises de l’IA… Human First se définit comme apolitique, avec des membres tant progressistes que conservateurs. Ce qui a l’air de déplaire à Musk et quelques thuriféraires de l’IA. Dans une newsletter d’extrême-droite américaine, Jordan Schachtel a affirmé que l’organisation Humans First avait été créée pour attirer des sympathisants conservateurs par des personnes entretenant des liens étroits avec « l’altruisme efficace », un mouvement visant à soutenir des causes et à allouer des ressources en se fondant sur des preuves d’impact positif, dont la base de donateurs serait entièrement composée de progressistes de la région de la baie de San Francisco… (et notamment le Center for AI Safety fondateur de l’initiative Humans First) pour en faire une sorte de cheval de Troie, visant à rendre les questions de sécurité de l’IA plus acceptables pour un public politique conservateur. Joe Allen a rejeté avec véhémence ces accusations, mais a reconnu que la publication de Schachtel soulevait des questions d’influences opaques… alimentant la paranoïa complotiste, marque de fabrique des délires des conservateurs Maga. Mais on pourrait tout autant inverser la question et se demander si la droite ultraconservatrice américaine ne serait pas en train d’essayer de récupérer le succès de la contestation de gauche contre l’IA et les data centers. 

Pour Molly Taft, la colère contre les data centers est en train de rejoindre celle contre le déploiement de l’IA partout. « La colère contre les centres de données et les inquiétudes du public concernant l’IA sont généralement traitées, dans les sondages et les politiques publiques, comme des sujets distincts : d’un côté, l’expression de préoccupations environnementales et civiques ; de l’autre, la crainte de pertes d’emplois et des inquiétudes liées aux chatbots. Pourtant, de plus en plus d’éléments indiquent que la frontière n’est pas si nette. Une étude publiée en juin, portant sur un échantillon restreint d’électeurs, montre par exemple que très peu de personnes opposées aux centres de données vivent à proximité de ces installations, et que la plupart de ceux qui s’y opposent sont également sceptiques à l’égard de l’IA » (d’autres données, dont nous avons rendu compte, montrent plutôt que la critique des data centers est au contraire, très située). 

Molly Taft s’est rendue en Georgie, lors d’une des réunions de Human First, dans un amphithéâtre de l’université Georgia Tech. « On y trouvait des étudiants, notamment des membres d’un club naissant dédié à la sécurité de l’IA qui avait invité Allen. (Deux d’entre eux m’ont avoué n’être venus que grâce aux affiches placardées sur le campus.) Un caméraman de More Perfect Union – une chaîne de contenu progressiste devenue une plateforme incontournable pour les vidéos dénonçant les centres de données – rôdait dans la salle pour filmer la scène. »

Les conférences d’Allen suivent un schéma bien connu, explique Taft : « des arguments de droite qui détonnent mêlés à des descriptions cauchemardesques et hallucinatoires de notre avenir (l’idée qu’une cabale mondialiste d’oligarques de la tech voudrait remplacer toute l’humanité par des robots). Tout cela pourrait sembler totalement délirant, jusqu’à ce que l’on se rappelle que ce sont aussi des arguments qu’ont employés la plupart des grands patrons de la tech ». « Ah oui, c’est vrai. Elon Musk possède bien une entreprise d’implantation de puces cérébrales. Sam Altman a écrit sur un blog que les humains serviraient de programme d’amorçage biologique pour l’intelligence numérique avant de s’effacer au profit d’une nouvelle branche de l’arbre de l’évolution ». 

« Même si l’on créait des machines plus intelligentes que vous, même si l’on créait des machines plus puissantes que vous, il vous faudrait continuer à vous battre ; car si vous ne le faites pas, vous êtes des mauviettes », lance Allen à l’assistance. « Si vous ne le faites pas, vous vous couchez par terre et vous laissez la machine vous écraser comme un monster truck dans une arène de beaufs, et personne – personne – ne veut de ça. Personne, sauf le plus masochiste des individus. »

Allen a conclu son discours par un cri du cœur : « Aux écolos présents dans la salle, je dis : la Terre d’abord ! Pas vrai, les écolos ? » (Je ne savais pas trop si c’était à moi qu’il s’adressait.) « Aux patriotes présents dans la salle, je dis : l’Amérique d’abord ! Et pour tous ceux qui ont du sang qui pulse dans les veines, pour tous ceux qui ont le feu au ventre et à l’esprit, n’oubliez jamais : à l’ère des machines, l’humain d’abord. »

Dans son livre, Allen raconte avec vivacité comment il est tombé sur le manifeste de Unabomber à la fin des années 1990, alors qu’il surfait sur le Web dans la salle d’écriture de son collège communautaire. Ted Kaczynski, mathématicien brisé par les travers du monde moderne, a rédigé La Société industrielle et son avenir tout en envoyant des bombes à des universités et à des dirigeants d’entreprise. « Le discours de « Oncle Ted » était plus sensé que ne veulent bien l’admettre les pacifistes ou les technophiles », écrit Allen.

« L’influence est manifeste. Dans War Room, Allen adopte l’attitude d’un prédicateur en chaire, nous mettant tous en garde contre l’ère dystopique à venir. Une grande partie de son œuvre flirte avec le « body horror » : que deviennent nos âmes, se demande-t-il, lorsque nos corps et nos environnements sont de plus en plus numérisés ? Je lui demande pourquoi, selon lui, les gens détestent les centres de données. Il répond : « Si vous observez le développement d’un fœtus, la croissance du cerveau et la formation des neurones, c’est fascinant. Les centres de données… si l’on considère qu’ils sont les neurones de l’Antéchrist, c’est bien ce à quoi nous assistons. Le faux messie ». » Le discours d’Allen, complètement claqué au sol, ressemble finalement énormément aux propos problématiques des patrons de la Tech qu’évoquait le journaliste Thibault Prévost dans Les prophètes de l’IA. Pour les soutiens de l’extrême droite américaine, le problème des centres de données n’est pas dans les injustices sociales qu’ils induisent, mais sont combattus parce qu’ils sont installés pour surveiller la population. Reste qu’ils le sont depuis une bouillie argumentative qui ressemble bien plus aux délires d’une IA qu’à un raisonnement argumentatif. 

Les contestations de gauche, comme celle initiée par Gage Bailey au sud d’Atlanta, qui documente les problèmes énergétiques et les tensions sur les ressources que font peser les projets de data centers géants sur les populations locales, sont de plus en plus rejointes par de nouveaux gens également en colère, mais pas pour les mêmes raisons. Les militants de gauche font le travail de terrain pour faire adopter des arrêtés locaux, quand les arguties de droites brodent sur les visions cauchemardesques de notre avenir robotisé. Mais, si le groupe Facebook de Bailey n’a cessé de s’agrandir, les tensions politiques semblent rester minimes. « De droite comme de gauche, tous les membres s’opposent aux centres de données et la plupart d’entre eux sont très sceptiques quant à l’IA. Ces coalitions improbables semblent également tenir bon en dehors du comté de Bailey. Lors d’une récente manifestation contre les centres de données dans le New Jersey, j’ai interrogé un manifestant masqué – qui m’a dit accepter « tous » les pronoms et se préoccuper vivement de l’« éthique » de l’IA – au sujet de l’influence de la droite sur le mouvement. Il a haussé les épaules, visiblement mal à l’aise. « Tout ennemi de mon ennemi est, au moins, un allié temporaire », a-t-il répondu.»

Taft relit Kaczynski et se rappelle que celui-ci était particulièrement remonté contre la gauche moderne, celle de la défense des droits des homosexuels, du féminisme et autres causes similaires. S’il en avait autant après les conservateurs (qu’il qualifie « d’imbéciles, qui se lamentent sur le déclin des valeurs traditionnelles tout en soutenant avec enthousiasme le progrès technologique et la croissance économique »), pour Kaczynski, le gauchisme était un sous-produit inévitable de la société moderne, laquelle dresse l’être humain contre l’ordre naturel du monde ; une situation à laquelle il fallait résister. D’ailleurs, celui-ci est autant célébré à droite qu’à gauche de l’échiquier politique. 

Pour Taft, les confusions politiques sont innombrables. On trouve des échos de la pensée de Kaczynski dans les résistances, nombreuses, aux énergies renouvelables. Dans le Vermont, cette opposition a même dressé des écologistes radicaux contre le solaire et l’éolien. Une étude de 2025 a révélé que plus de 450 comtés et municipalités, répartis dans la quasi-totalité des États, avaient mis en place des restrictions concernant l’énergie solaire ou éolienne, soit une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente. Le mouvement conservateur et complotiste, « Make America Healthy Again », « peut lui aussi être perçu comme l’expression d’un écologisme à la Kaczynski (qui tient surtout d’un anti-industrialisme radical, NDT) : l’idée que la société moderne empoisonne nos terres, notre air et notre eau, et que les inventions contemporaines telles que les vaccins ou les antidépresseurs sont en réalité néfastes pour nous. Bon nombre de ces idées se rejoignent parfois dans des contextes inattendus. Actuellement, l’un des auteurs les plus populaires de la catégorie « Climat et Environnement » sur la plateforme Substack est un agriculteur adepte d’un mode de vie écologique qui, ces derniers mois, s’en est pris aux installations solaires dans le nord de l’État de New York, affirmant (à tort) que les panneaux peuvent empoisonner les sols et détruire les terres agricoles. »

Le livre d’Allen est une lecture plus déconcertante encore que La Société industrielle et son avenir, confie Taft. « L’annexe, intitulée « Mon plan en 55 points pour rester humain » – qui propose notamment de « dire bonjour à ses voisins » ou d’« acheter un téléphone à clapet » – ferait pourtant un tabac lors de n’importe quelle lecture publique organisée par la gauche », ironise la journaliste, tout en soulignant la grande confusion dans laquelle il baigne. 

Les centres de données, qui rapprochent des voisins aux profils très disparates dans toutes les régions du pays, pourraient offrir l’occasion de mener un combat véritable et unifié contre les oligarques de la tech. Un rêve se dessine ici, perceptible jusque dans les colonnes du New York Times qui, début mai, qualifiait les centres de données de sujet « faisant le plus consensus entre les deux partis depuis la bière ». 

En tout cas, souligne la journaliste, la droite radicale est en train de s’emparer totalement du débat sur les centres de données. Des personnalités comme Tucker Carlson et Matt Walsh publient des vidéos virales remettant en question la construction de projets spécifiques. Nancy Mace, candidate au poste de gouverneure de Caroline du Sud, annonce qu’elle soutient un moratoire d’un an. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis – devenu un critique virulent de l’IA et des centres de données -, promulgue une loi inédite visant notamment à garantir « que les autorités locales conservent le pouvoir de refuser l’implantation de centres de données sur leur territoire ».

La politique a finit par rattraper Humans First également. Fin mars, une vive altercation éclate en ligne : des alliés de la Maison Blanche favorables à l’IA, comme Marc Andreessen et David Sacks, retweetent un article critique à l’égard de Humans First. Peu après, l’organisation se scinde selon des clivages partisans. L’aile conservatrice conserve le nom Humans First et nomme à sa tête Amy Kremer, militante politique d’ultra-droite, figure du Tea Party ayant contribué à l’organisation du rassemblement Save America du 6 janvier à Washington et ayant fondé les mouvements Women for Trump et Women for America First. Allen quitte le groupe. « Lorsque je l’interroge sur ce changement, il se montre curieusement évasif (tout en restant fidèle à son goût pour les métaphores liées aux horreurs corporelles) : le groupe était en train de « subir une mitose », dit-il. « Je suis désormais un organite solitaire flottant dans le cytoplasme résiduel. » (sic)

Convergence ou confusionnisme des luttes ?

La journaliste Shira Ovide pour le Washington Post, dresse le même constat. L’ampleur de la contestation des centres de données fait converger des Américains bien différents, qui s’en prennent aux symboles concrets d’un système politique et économique qu’ils perçoivent comme leur étant défavorable. « Les centres de données incarnent physiquement toute l’anxiété que les gens ressentent face à l’IA et à l’économie », a déclaré le gouverneur de l’Utah, Spencer Cox (Républicain), lors d’une interview. M. Cox, qui a essuyé des critiques pour son soutien à un projet de centre de données, a ajouté que les gens ont le sentiment de pouvoir combattre ces installations. « Le mouvement de contestation contre les centres de données estompe les clivages politiques et sociaux traditionnels. Le sénateur Bernie Sanders (indépendant, Vermont) souhaite interdire les centres de données, et Humans First, mouvement dirigé par Amy Kremer, ancienne figure du Tea Party, organise des manifestations nationales contre ces centres ce samedi. Le comté de Hill, au Texas, où Donald Trump a recueilli 82 % des voix en 2024, a interdit la construction de centres de données cette année. Les habitants de Monterey Park, en Californie, ville ouvrière à prédominance asiatique et latino-américaine située à l’est de Los Angeles, ont fait de même. »

Scott Babwah Brennen, directeur du Centre de politique technologique de l’université de New York, s’est dit stupéfait de la rapidité avec laquelle l’indignation populaire suscitée par les centres de données influence les politiques publiques. Pendant 15 ans, a-t-il déclaré, les collectivités locales ont déroulé le tapis rouge pour la construction de centres de données dans des régions comme l’est de l’État de Washington et le nord de la Virginie. Des entreprises telles que Google, Amazon, Meta et Microsoft ont souvent bénéficié d’allégements fiscaux, les élus estimant qu’ils garantiraient des recettes fiscales futures stables. La contestation depuis deux ans se focalise beaucoup sur le fait que les factures énergétiques des habitants à côté de centres de données s’envolent. L’opposition, tant dans les régions républicaines que démocrates, s’est envolé. « Il y a ici un clivage partisan bien plus marqué que l’an dernier », explique Babwah Brennen.

Shaena Crossland, originaire de Virginie-Occidentale, s’inquiète de voir les centres de données reproduire le schéma d’industries telles que l’extraction du charbon et l’exploitation forestière, qui ont exploité les ressources de Virginie-Occidentale tandis que l’État restait majoritairement pauvre. « J’espère que ce cycle d’exploitation et de manipulation des populations prendra fin », a déclaré Crossland. Avec une autre habitante, Amy Margolies, elle est à la pointe de l’opposition à un projet de complexe de centres de données dans l’est de l’État.

Partout aux États-Unis, la population se montre de plus en plus sceptique quant aux promesses de création d’emplois locaux et d’avantages technologiques offertes par les centres de données, explique Abre’ Conner, directrice du Centre pour la justice environnementale et climatique de la NAACP, l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur, l’une des organisations ayant intenté une action en justice contre le projet d’expansion du complexe de centres de données d’Elon Musk dans la région de Memphis.

Les centres de données incitent désormais les citoyens à résister aux influences économiques et politiques. « C’est l’une des plus importantes manifestations de la prise de conscience du pouvoir citoyen », affirme Conner.

Katherine Levine Einstein, politologue à l’Université de Boston et spécialiste des résistances locales à la construction de nouveaux logements, explique que l’opposition aux centres de données partage certains points communs avec cette résistance de longue date, mais seulement jusqu’à un certain point. Comme les décisions en matière de zonage et de permis de construire sont généralement prises au niveau local aux États-Unis, explique-t-elle, « une vingtaine de voisins mécontents » peuvent bloquer la construction de maisons ou de centres de données à proximité, même si ces nouvelles constructions pourraient profiter à beaucoup d’autres. Mais si l’opinion à l’égard de nouveaux logements consiste à y être favorable sans en vouloir à proximité, « l’opinion publique sur les centres de données est différente : les gens n’en veulent nulle part.»

Pour la journaliste Gaby Del Valle de The Verge, dans le comté d’Hernando, en Floride, c’est Carole, une femme de 71 ans, qui mène la lutte contre le projet local. Animatrice de radio spécialisée dans la musique country, elle est une conservatrice convaincue et anime l’une des 150 manifestations liées au mouvement Humans First. Mais loin d’un mouvement rationnel, les contestations de Carol sont toutes plus hallucinantes les unes que les autres. « Elle a affirmé que les vaches élevées dans des fermes situées à proximité de ces installations mettaient bas des veaux mort-nés. Les infrastructures à très grande échelle (« hyperscale ») s’approvisionnent en composants auprès de la Chine – un adversaire des États-Unis -, ce qui menacerait la sécurité nationale. « Nous courons au désastre », m’a dit Carol. « Savez-vous ce que contiennent ces puces ? » Je lui ai répondu que non. « Nous faisons aveuglément confiance aux Chinois ? » a-t-elle poursuivi, incrédule. « Pour nous fournir des puces ? » De leur côté, les partisans conservateurs des centres de données soutiennent que la Chine finance des campagnes anti-IA aux États-Unis. » 

Si les Américains sont peut-être plus polarisés que jamais, la levée de boucliers contre ces installations transcende les clivages partisans, au point de pouvoir sceller des alliances politiques inédites et surprenantes. Car malgré les délires dans lesquelles baignent les arguments de la contestation ultra-conservatrice, elles rejoignent celles des progressistes sur certains points : le coût environnemental de la construction et de la maintenance des centres de données ; les enjeux éthiques liés à l’IA, allant de son utilisation pour une surveillance gouvernementale de masse à ses répercussions sur la santé mentale des utilisateurs ; ainsi que la crainte des habitants de voir leur qualité de vie dégradée par la proximité d’une telle installation.

Toutefois, la levée de boucliers de la droite contre les centres de données est également motivée par des préoccupations partisanes, notamment la menace d’une infiltration chinoise dans les technologies américaines, dans un délire sinophobe qui traverse toute l’Amérique, des militaires aux milieux de la Tech.

Patti Zirhut, organisatrice de la rencontre et du groupe No Data Center de Hernando County, se confie : « « Je suis très conservatrice et je n’adhère absolument pas aux idées des démocrates », m’a expliqué Zirhut. Toutefois, elle se sent également trahie par la direction républicaine de la Floride. Elle soutenait ardemment le gouverneur Ron DeSantis – au début. Mais durant son second mandat, a-t-elle déploré, « il n’a fait que favoriser le développement immobilier, invitant tout le monde à s’installer ici et défigurant notre État ». DeSantis s’est positionné comme un sceptique vis-à-vis de l’IA et a promulgué, en mai, une loi obligeant les centres de données à prendre en charge leurs propres coûts énergétiques, tout en autorisant les autorités locales à réglementer la consommation d’eau pour ces projets. Cependant, son administration a accordé des millions de dollars d’allégements fiscaux aux promoteurs de centres de données, selon le Tampa Bay Times. » De quoi le faire détester de sa base, rapporte The Verge. « Zirhut s’inquiète également d’un amendement soutenu par DeSantis, qui viserait à supprimer la taxe foncière pour la plupart des propriétaires ; une telle mesure priverait les comtés de recettes indispensables, rendant potentiellement plus attrayants des projets tels que les centres de données. » Le favori Républicain local pour le poste de gouverneur, Byron Donalds, est lui aussi un fervent partisan de la construction de centres de données en Floride et souhaite attirer davantage d’investissements extérieurs en Floride. « Ce n’est pas du tout ce que nous voulons ici en Floride », explique Zirhut. Le soutien de Donalds aux centres de données lui fait désormais perdre des partisans au sein de son propre parti. « De récentes publicités hostiles ont mis l’accent sur le soutien qu’il a reçu du secteur technologique, notamment plus de 5 millions de dollars de dons de la part de « Leading the Future » – un super PAC pro-IA doté de 100 millions de dollars et financé entre autres par Andreessen Horowitz et Joe Lonsdale de Palantir. Or, « en Floride, l’opposition aux centres de données est généralisée dans tout l’État ». Plus de 20 comtés et municipalités ont débattu de moratoires sur la construction de centres de données ou les ont adoptés, rapporte Politico. « Dans certaines localités, la levée de boucliers a été suffisamment forte pour dissuader les promoteurs. En juin, le porteur d’un projet controversé de centre de données dans le comté de Citrus a abandonné son projet. « Les moratoires locaux sur les centres de données envoient le signal que la région est fermée aux affaires, tant pour les centres de données que pour d’autres projets de développement économique importants », a déclaré à The Verge Dan Diorio, vice-président exécutif chargé des politiques étatiques et des relations gouvernementales au sein de la Data Center Coalition, un groupe de pression du secteur ».

Patti Zirhut, elle, n’est pas opposée à la croissance, mais elle ne veut pas que les pouvoirs publics accordent des avantages à de grands promoteurs n’ayant aucun lien avec la communauté. « Si l’on pouvait privilégier le niveau local, avec des constructeurs de la région, ce serait très bien, car ils savent comment gérer les spécificités de la Floride ». Elle s’inquiète de la façon dont l’IA peut alimenter la surveillance de masse, une question devenue particulièrement brûlante après que le bureau du shérif du comté de Hernando a commencé à installer des dispositifs Flock sur les routes locales. « Nous ne voulons pas que les gens perdent leur emploi, que notre pays soit dirigé par l’IA, ni vivre comme en Chine, où notre argent est contrôlé et chacun de nos faits et gestes surveillé ». Bien que Mme Zirhut soit républicaine de longue date, la question du centre de données – et celle, plus vaste, du développement – l’a amenée à faire des choix politiques inattendus. « Si Byron Donalds remporte la primaire, je voterai pour les démocrates. Je ne voterai pas pour lui » a-t-elle confié. « Je pense que beaucoup de gens sont dans ce cas. Ce n’est pas une question de parti. Vraiment pas. C’est une question de vie humaine. » 

Pour Ben Green, explique-t-il dans une tribune pour Tech Policy Press, « ce qui rend la question des centres de données particulièrement intéressante pour les démocrates, c’est sa capacité à séduire des électeurs au-delà de leur base électorale habituelle. De nombreuses contestations liées aux centres de données surviennent précisément dans les zones rurales et les États républicains ou disputés où les démocrates cherchent désespérément à gagner du terrain. Des communautés se sont mobilisées pour s’opposer à ces installations dans des États aux profils politiques très variés, tels que l’Indiana, le Michigan, le Missouri, le Nebraska, l’Ohio et la Virginie. Électeurs comme élus ont constaté que les centres de données constituent l’un des rares sujets capables d’amener les citoyens à voter en s’affranchissant des clivages partisans habituels. » Mais constatait-il également : « certains responsables républicains commencent eux aussi à adopter des positions fermes contre les centres de données. Si les démocrates n’agissent pas rapidement sur ce dossier, ils risquent de se faire devancer par leurs adversaires. » 

Reste que les délires de la droite Maga sur les data centers ne vont pas disparaître demain. Comme s’en moque Cory Doctorow sur son blog dans un billet édifiant sur les risques de l’éclatement de la coalition trumpiste après Trump, toute cette sphère de droite réactionnaire est saisit d’une paranoïa folle. « Ils baignent dans les théories du complot et sont en permanence intoxiqués par leurs propres délires. Ils croient dur comme fer aux conneries sur le grand remplacement ou sur le fait que la Chine pousse l’Amérique à détester les centres de données.» Trump n’a pas inventé ces délires, il leur a simplement donné de l’assurance. Et les délires semblent n’avoir plus besoin de leur grand ordonnateur pour s’épancher. Trump peut tenter d’apaiser sa base électorale en renouvelant son soutien à l’industrie de l’IA, il est peu probable que cela permette aux délires complotistes Maga de s’éteindre.

Hubert Guillaud

PS : The Verge propose également un long et édifiant reportage sur ce qu’on appelle le Data Center Alley, le comté de Loudoun en Virginie, où les data centers sont arrivés il y a plus de 20 ans et où l’on trouve plus de 250 data centers. « En quelques années, les centres de données sont passés du statut d’élément banal du quotidien à celui de sujet de préoccupation quotidienne pour de nombreux résidents. » La contestation a fini par grimper en flèche, et si les data centers ont permis une certaine prospérité, les nuisances finissent par l’emporter. « L’expansion des centres de données à Loudoun a pris une telle ampleur qu’elle semble désormais échapper à tout contrôle ». Car si le comté annonce ne pas vouloir davantage de centres de données, de nouvelles installations voient le jour, malgré tout. L’opposition quant à elle, se constitue tardivement. Mais désormais, les propriétaires locaux sont confrontés non seulement au bruit des générateurs électriques mais également aux pylônes électriques en tout sens quand ce n’est pas à l’expropriation pour l’extension des projets. « On entend à peine les oiseaux désormais » confie une habitante et nombre d’arbres ont été abattus pour permettre aux fils électriques à haute tension de passer sans encombre.

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10 septembre 2026 à 01:00

Molly Taft pour Wired revient sur la lutte d’extrême-droite contre les data centers aux Etats-Unis. Ces dernières décennies, des centres de données ont été construits en toute discrétion aux 4 coins des Etats-Unis sans vraiment déclencher de contestations, rappelle-t-elle. Discrets, on pouvait habiter à côté d’un centre de données sans jamais en entendre parler. Ils étaient construits dans des zones bénéficiant à la fois d’une connexion par fibre optique et d’un accès à l’énergie, comme la Silicon Valley et la région de Washington DC. Mais, avec l’arrivée de l’IA, les data centers ont changé : désormais, on parle de versions gigantesques, qui se construisent rapidement après avoir obtenu des dérogations environnementales. Les gens ont commencé à se poser des questions sur ces constructions qui devenaient visibles par leur gigantisme même. Avec la montée de la contestation, de nombreux Etats ont introduit des moratoires voire interdit leur construction (sans compter les villes et comtés qui ont également pris des décisions en ce sens, y compris dans des zones très conservatrices comme le comté de Hill, au Texas). Des personnes ont été arrêtées, placées en détention ou expulsées alors qu’elles manifestaient contre des centres de données lors de réunions publiques dans le New Jersey, en Californie, dans le Wisconsin et dans l’Indiana.

Face à ces constructions, on évoque souvent la mobilisation de gauche, menée tant par des associations et des collectifs (cf. « Aux Etats-Unis, la résistance contre les data centers s’organise »), que par des politiciens, dont les démocrates Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, inspirateurs de moratoires sur l’IA qui essaiment depuis à travers les Etats-Unis. Paris Marx remarquait d’ailleurs, pertinemment, que si Sanders et AOC étaient d’actifs fourbisseurs de critiques de l’IA, ils n’ont pas la même approche. Alors que Sanders s’inquiète des potentialités de l’IA, reprenant les arguments de nombre des entrepreneurs de la Tech, AOC, elle met plutôt en garde contre les innombrables problèmes que génère déjà l’IA et notamment contre les dommages économiques susceptibles de découler de l’éclatement de la bulle financière entourant l’IA. Elle a également joué un rôle moteur pour fournir aux victimes de deepfakes générés par IA les moyens de tenir les auteurs responsables de leurs actes.  

Mais, si la contestation de gauche des data centers et de l’IA est bien documentée, celle de l’extrême-droite américaine l’est beaucoup moins. Elle est pourtant vive. Molly Taft raconte que les premiers politiques américains qui se sont inquiétés de ces projets étaient des politiciens d’extrême droite, Marjorie Taylor Greene et Thomas Massie. Mais pour Taft, celui qui a beaucoup dénoncé la technologie et l’IA, c’est assurément Steve Bannon, l’ancien conseiller de Trump. Dans son émission War Room, Bannon explique que les hyperscalers sont des « laboratoires d’armement braqués contre la population ». Mais la critique est surtout portée par l’un de ses éditorialistes, Joe Allen, auteur de Dark Aeon: Transhumanism and the War Against Humanity (auto-édité). Joe Allen s’est fait connaître par un slogan : Humans First (l’humain d’abord) devenu un cri de ralliement sur les ondes de la War Room. Le moto s’est transformée en organisation et en tournée, visant à mobiliser le grand public à l’encontre de l’IA pour exiger un encadrement fort de l’IA. Comme le raconte NBC, l’organisation incite les responsables politiques à refuser les contributions financières des grandes entreprises de l’IA… Human First se définit comme apolitique, avec des membres tant progressistes que conservateurs. Ce qui a l’air de déplaire à Musk et quelques thuriféraires de l’IA. Dans une newsletter d’extrême-droite américaine, Jordan Schachtel a affirmé que l’organisation Humans First avait été créée pour attirer des sympathisants conservateurs par des personnes entretenant des liens étroits avec « l’altruisme efficace », un mouvement visant à soutenir des causes et à allouer des ressources en se fondant sur des preuves d’impact positif, dont la base de donateurs serait entièrement composée de progressistes de la région de la baie de San Francisco… (et notamment le Center for AI Safety fondateur de l’initiative Humans First) pour en faire une sorte de cheval de Troie, visant à rendre les questions de sécurité de l’IA plus acceptables pour un public politique conservateur. Joe Allen a rejeté avec véhémence ces accusations, mais a reconnu que la publication de Schachtel soulevait des questions d’influences opaques… alimentant la paranoïa complotiste, marque de fabrique des délires des conservateurs Maga. Mais on pourrait tout autant inverser la question et se demander si la droite ultraconservatrice américaine ne serait pas en train d’essayer de récupérer le succès de la contestation de gauche contre l’IA et les data centers. 

Pour Molly Taft, la colère contre les data centers est en train de rejoindre celle contre le déploiement de l’IA partout. « La colère contre les centres de données et les inquiétudes du public concernant l’IA sont généralement traitées, dans les sondages et les politiques publiques, comme des sujets distincts : d’un côté, l’expression de préoccupations environnementales et civiques ; de l’autre, la crainte de pertes d’emplois et des inquiétudes liées aux chatbots. Pourtant, de plus en plus d’éléments indiquent que la frontière n’est pas si nette. Une étude publiée en juin, portant sur un échantillon restreint d’électeurs, montre par exemple que très peu de personnes opposées aux centres de données vivent à proximité de ces installations, et que la plupart de ceux qui s’y opposent sont également sceptiques à l’égard de l’IA » (d’autres données, dont nous avons rendu compte, montrent plutôt que la critique des data centers est au contraire, très située). 

Molly Taft s’est rendue en Georgie, lors d’une des réunions de Human First, dans un amphithéâtre de l’université Georgia Tech. « On y trouvait des étudiants, notamment des membres d’un club naissant dédié à la sécurité de l’IA qui avait invité Allen. (Deux d’entre eux m’ont avoué n’être venus que grâce aux affiches placardées sur le campus.) Un caméraman de More Perfect Union – une chaîne de contenu progressiste devenue une plateforme incontournable pour les vidéos dénonçant les centres de données – rôdait dans la salle pour filmer la scène. »

Les conférences d’Allen suivent un schéma bien connu, explique Taft : « des arguments de droite qui détonnent mêlés à des descriptions cauchemardesques et hallucinatoires de notre avenir (l’idée qu’une cabale mondialiste d’oligarques de la tech voudrait remplacer toute l’humanité par des robots). Tout cela pourrait sembler totalement délirant, jusqu’à ce que l’on se rappelle que ce sont aussi des arguments qu’ont employés la plupart des grands patrons de la tech ». « Ah oui, c’est vrai. Elon Musk possède bien une entreprise d’implantation de puces cérébrales. Sam Altman a écrit sur un blog que les humains serviraient de programme d’amorçage biologique pour l’intelligence numérique avant de s’effacer au profit d’une nouvelle branche de l’arbre de l’évolution ». 

« Même si l’on créait des machines plus intelligentes que vous, même si l’on créait des machines plus puissantes que vous, il vous faudrait continuer à vous battre ; car si vous ne le faites pas, vous êtes des mauviettes », lance Allen à l’assistance. « Si vous ne le faites pas, vous vous couchez par terre et vous laissez la machine vous écraser comme un monster truck dans une arène de beaufs, et personne – personne – ne veut de ça. Personne, sauf le plus masochiste des individus. »

Allen a conclu son discours par un cri du cœur : « Aux écolos présents dans la salle, je dis : la Terre d’abord ! Pas vrai, les écolos ? » (Je ne savais pas trop si c’était à moi qu’il s’adressait.) « Aux patriotes présents dans la salle, je dis : l’Amérique d’abord ! Et pour tous ceux qui ont du sang qui pulse dans les veines, pour tous ceux qui ont le feu au ventre et à l’esprit, n’oubliez jamais : à l’ère des machines, l’humain d’abord. »

Dans son livre, Allen raconte avec vivacité comment il est tombé sur le manifeste de Unabomber à la fin des années 1990, alors qu’il surfait sur le Web dans la salle d’écriture de son collège communautaire. Ted Kaczynski, mathématicien brisé par les travers du monde moderne, a rédigé La Société industrielle et son avenir tout en envoyant des bombes à des universités et à des dirigeants d’entreprise. « Le discours de « Oncle Ted » était plus sensé que ne veulent bien l’admettre les pacifistes ou les technophiles », écrit Allen.

« L’influence est manifeste. Dans War Room, Allen adopte l’attitude d’un prédicateur en chaire, nous mettant tous en garde contre l’ère dystopique à venir. Une grande partie de son œuvre flirte avec le « body horror » : que deviennent nos âmes, se demande-t-il, lorsque nos corps et nos environnements sont de plus en plus numérisés ? Je lui demande pourquoi, selon lui, les gens détestent les centres de données. Il répond : « Si vous observez le développement d’un fœtus, la croissance du cerveau et la formation des neurones, c’est fascinant. Les centres de données… si l’on considère qu’ils sont les neurones de l’Antéchrist, c’est bien ce à quoi nous assistons. Le faux messie ». » Le discours d’Allen, complètement claqué au sol, ressemble finalement énormément aux propos problématiques des patrons de la Tech qu’évoquait le journaliste Thibault Prévost dans Les prophètes de l’IA. Pour les soutiens de l’extrême droite américaine, le problème des centres de données n’est pas dans les injustices sociales qu’ils induisent, mais sont combattus parce qu’ils sont installés pour surveiller la population. Reste qu’ils le sont depuis une bouillie argumentative qui ressemble bien plus aux délires d’une IA qu’à un raisonnement argumentatif. 

Les contestations de gauche, comme celle initiée par Gage Bailey au sud d’Atlanta, qui documente les problèmes énergétiques et les tensions sur les ressources que font peser les projets de data centers géants sur les populations locales, sont de plus en plus rejointes par de nouveaux gens également en colère, mais pas pour les mêmes raisons. Les militants de gauche font le travail de terrain pour faire adopter des arrêtés locaux, quand les arguties de droites brodent sur les visions cauchemardesques de notre avenir robotisé. Mais, si le groupe Facebook de Bailey n’a cessé de s’agrandir, les tensions politiques semblent rester minimes. « De droite comme de gauche, tous les membres s’opposent aux centres de données et la plupart d’entre eux sont très sceptiques quant à l’IA. Ces coalitions improbables semblent également tenir bon en dehors du comté de Bailey. Lors d’une récente manifestation contre les centres de données dans le New Jersey, j’ai interrogé un manifestant masqué – qui m’a dit accepter « tous » les pronoms et se préoccuper vivement de l’« éthique » de l’IA – au sujet de l’influence de la droite sur le mouvement. Il a haussé les épaules, visiblement mal à l’aise. « Tout ennemi de mon ennemi est, au moins, un allié temporaire », a-t-il répondu.»

Taft relit Kaczynski et se rappelle que celui-ci était particulièrement remonté contre la gauche moderne, celle de la défense des droits des homosexuels, du féminisme et autres causes similaires. S’il en avait autant après les conservateurs (qu’il qualifie « d’imbéciles, qui se lamentent sur le déclin des valeurs traditionnelles tout en soutenant avec enthousiasme le progrès technologique et la croissance économique »), pour Kaczynski, le gauchisme était un sous-produit inévitable de la société moderne, laquelle dresse l’être humain contre l’ordre naturel du monde ; une situation à laquelle il fallait résister. D’ailleurs, celui-ci est autant célébré à droite qu’à gauche de l’échiquier politique. 

Pour Taft, les confusions politiques sont innombrables. On trouve des échos de la pensée de Kaczynski dans les résistances, nombreuses, aux énergies renouvelables. Dans le Vermont, cette opposition a même dressé des écologistes radicaux contre le solaire et l’éolien. Une étude de 2025 a révélé que plus de 450 comtés et municipalités, répartis dans la quasi-totalité des États, avaient mis en place des restrictions concernant l’énergie solaire ou éolienne, soit une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente. Le mouvement conservateur et complotiste, « Make America Healthy Again », « peut lui aussi être perçu comme l’expression d’un écologisme à la Kaczynski (qui tient surtout d’un anti-industrialisme radical, NDT) : l’idée que la société moderne empoisonne nos terres, notre air et notre eau, et que les inventions contemporaines telles que les vaccins ou les antidépresseurs sont en réalité néfastes pour nous. Bon nombre de ces idées se rejoignent parfois dans des contextes inattendus. Actuellement, l’un des auteurs les plus populaires de la catégorie « Climat et Environnement » sur la plateforme Substack est un agriculteur adepte d’un mode de vie écologique qui, ces derniers mois, s’en est pris aux installations solaires dans le nord de l’État de New York, affirmant (à tort) que les panneaux peuvent empoisonner les sols et détruire les terres agricoles. »

Le livre d’Allen est une lecture plus déconcertante encore que La Société industrielle et son avenir, confie Taft. « L’annexe, intitulée « Mon plan en 55 points pour rester humain » – qui propose notamment de « dire bonjour à ses voisins » ou d’« acheter un téléphone à clapet » – ferait pourtant un tabac lors de n’importe quelle lecture publique organisée par la gauche », ironise la journaliste, tout en soulignant la grande confusion dans laquelle il baigne. 

Les centres de données, qui rapprochent des voisins aux profils très disparates dans toutes les régions du pays, pourraient offrir l’occasion de mener un combat véritable et unifié contre les oligarques de la tech. Un rêve se dessine ici, perceptible jusque dans les colonnes du New York Times qui, début mai, qualifiait les centres de données de sujet « faisant le plus consensus entre les deux partis depuis la bière ». 

En tout cas, souligne la journaliste, la droite radicale est en train de s’emparer totalement du débat sur les centres de données. Des personnalités comme Tucker Carlson et Matt Walsh publient des vidéos virales remettant en question la construction de projets spécifiques. Nancy Mace, candidate au poste de gouverneure de Caroline du Sud, annonce qu’elle soutient un moratoire d’un an. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis – devenu un critique virulent de l’IA et des centres de données -, promulgue une loi inédite visant notamment à garantir « que les autorités locales conservent le pouvoir de refuser l’implantation de centres de données sur leur territoire ».

La politique a finit par rattraper Humans First également. Fin mars, une vive altercation éclate en ligne : des alliés de la Maison Blanche favorables à l’IA, comme Marc Andreessen et David Sacks, retweetent un article critique à l’égard de Humans First. Peu après, l’organisation se scinde selon des clivages partisans. L’aile conservatrice conserve le nom Humans First et nomme à sa tête Amy Kremer, militante politique d’ultra-droite, figure du Tea Party ayant contribué à l’organisation du rassemblement Save America du 6 janvier à Washington et ayant fondé les mouvements Women for Trump et Women for America First. Allen quitte le groupe. « Lorsque je l’interroge sur ce changement, il se montre curieusement évasif (tout en restant fidèle à son goût pour les métaphores liées aux horreurs corporelles) : le groupe était en train de « subir une mitose », dit-il. « Je suis désormais un organite solitaire flottant dans le cytoplasme résiduel. » (sic)

Convergence ou confusionnisme des luttes ?

La journaliste Shira Ovide pour le Washington Post, dresse le même constat. L’ampleur de la contestation des centres de données fait converger des Américains bien différents, qui s’en prennent aux symboles concrets d’un système politique et économique qu’ils perçoivent comme leur étant défavorable. « Les centres de données incarnent physiquement toute l’anxiété que les gens ressentent face à l’IA et à l’économie », a déclaré le gouverneur de l’Utah, Spencer Cox (Républicain), lors d’une interview. M. Cox, qui a essuyé des critiques pour son soutien à un projet de centre de données, a ajouté que les gens ont le sentiment de pouvoir combattre ces installations. « Le mouvement de contestation contre les centres de données estompe les clivages politiques et sociaux traditionnels. Le sénateur Bernie Sanders (indépendant, Vermont) souhaite interdire les centres de données, et Humans First, mouvement dirigé par Amy Kremer, ancienne figure du Tea Party, organise des manifestations nationales contre ces centres ce samedi. Le comté de Hill, au Texas, où Donald Trump a recueilli 82 % des voix en 2024, a interdit la construction de centres de données cette année. Les habitants de Monterey Park, en Californie, ville ouvrière à prédominance asiatique et latino-américaine située à l’est de Los Angeles, ont fait de même. »

Scott Babwah Brennen, directeur du Centre de politique technologique de l’université de New York, s’est dit stupéfait de la rapidité avec laquelle l’indignation populaire suscitée par les centres de données influence les politiques publiques. Pendant 15 ans, a-t-il déclaré, les collectivités locales ont déroulé le tapis rouge pour la construction de centres de données dans des régions comme l’est de l’État de Washington et le nord de la Virginie. Des entreprises telles que Google, Amazon, Meta et Microsoft ont souvent bénéficié d’allégements fiscaux, les élus estimant qu’ils garantiraient des recettes fiscales futures stables. La contestation depuis deux ans se focalise beaucoup sur le fait que les factures énergétiques des habitants à côté de centres de données s’envolent. L’opposition, tant dans les régions républicaines que démocrates, s’est envolé. « Il y a ici un clivage partisan bien plus marqué que l’an dernier », explique Babwah Brennen.

Shaena Crossland, originaire de Virginie-Occidentale, s’inquiète de voir les centres de données reproduire le schéma d’industries telles que l’extraction du charbon et l’exploitation forestière, qui ont exploité les ressources de Virginie-Occidentale tandis que l’État restait majoritairement pauvre. « J’espère que ce cycle d’exploitation et de manipulation des populations prendra fin », a déclaré Crossland. Avec une autre habitante, Amy Margolies, elle est à la pointe de l’opposition à un projet de complexe de centres de données dans l’est de l’État.

Partout aux États-Unis, la population se montre de plus en plus sceptique quant aux promesses de création d’emplois locaux et d’avantages technologiques offertes par les centres de données, explique Abre’ Conner, directrice du Centre pour la justice environnementale et climatique de la NAACP, l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur, l’une des organisations ayant intenté une action en justice contre le projet d’expansion du complexe de centres de données d’Elon Musk dans la région de Memphis.

Les centres de données incitent désormais les citoyens à résister aux influences économiques et politiques. « C’est l’une des plus importantes manifestations de la prise de conscience du pouvoir citoyen », affirme Conner.

Katherine Levine Einstein, politologue à l’Université de Boston et spécialiste des résistances locales à la construction de nouveaux logements, explique que l’opposition aux centres de données partage certains points communs avec cette résistance de longue date, mais seulement jusqu’à un certain point. Comme les décisions en matière de zonage et de permis de construire sont généralement prises au niveau local aux États-Unis, explique-t-elle, « une vingtaine de voisins mécontents » peuvent bloquer la construction de maisons ou de centres de données à proximité, même si ces nouvelles constructions pourraient profiter à beaucoup d’autres. Mais si l’opinion à l’égard de nouveaux logements consiste à y être favorable sans en vouloir à proximité, « l’opinion publique sur les centres de données est différente : les gens n’en veulent nulle part.»

Pour la journaliste Gaby Del Valle de The Verge, dans le comté d’Hernando, en Floride, c’est Carole, une femme de 71 ans, qui mène la lutte contre le projet local. Animatrice de radio spécialisée dans la musique country, elle est une conservatrice convaincue et anime l’une des 150 manifestations liées au mouvement Humans First. Mais loin d’un mouvement rationnel, les contestations de Carol sont toutes plus hallucinantes les unes que les autres. « Elle a affirmé que les vaches élevées dans des fermes situées à proximité de ces installations mettaient bas des veaux mort-nés. Les infrastructures à très grande échelle (« hyperscale ») s’approvisionnent en composants auprès de la Chine – un adversaire des États-Unis -, ce qui menacerait la sécurité nationale. « Nous courons au désastre », m’a dit Carol. « Savez-vous ce que contiennent ces puces ? » Je lui ai répondu que non. « Nous faisons aveuglément confiance aux Chinois ? » a-t-elle poursuivi, incrédule. « Pour nous fournir des puces ? » De leur côté, les partisans conservateurs des centres de données soutiennent que la Chine finance des campagnes anti-IA aux États-Unis. » 

Si les Américains sont peut-être plus polarisés que jamais, la levée de boucliers contre ces installations transcende les clivages partisans, au point de pouvoir sceller des alliances politiques inédites et surprenantes. Car malgré les délires dans lesquelles baignent les arguments de la contestation ultra-conservatrice, elles rejoignent celles des progressistes sur certains points : le coût environnemental de la construction et de la maintenance des centres de données ; les enjeux éthiques liés à l’IA, allant de son utilisation pour une surveillance gouvernementale de masse à ses répercussions sur la santé mentale des utilisateurs ; ainsi que la crainte des habitants de voir leur qualité de vie dégradée par la proximité d’une telle installation.

Toutefois, la levée de boucliers de la droite contre les centres de données est également motivée par des préoccupations partisanes, notamment la menace d’une infiltration chinoise dans les technologies américaines, dans un délire sinophobe qui traverse toute l’Amérique, des militaires aux milieux de la Tech.

Patti Zirhut, organisatrice de la rencontre et du groupe No Data Center de Hernando County, se confie : « « Je suis très conservatrice et je n’adhère absolument pas aux idées des démocrates », m’a expliqué Zirhut. Toutefois, elle se sent également trahie par la direction républicaine de la Floride. Elle soutenait ardemment le gouverneur Ron DeSantis – au début. Mais durant son second mandat, a-t-elle déploré, « il n’a fait que favoriser le développement immobilier, invitant tout le monde à s’installer ici et défigurant notre État ». DeSantis s’est positionné comme un sceptique vis-à-vis de l’IA et a promulgué, en mai, une loi obligeant les centres de données à prendre en charge leurs propres coûts énergétiques, tout en autorisant les autorités locales à réglementer la consommation d’eau pour ces projets. Cependant, son administration a accordé des millions de dollars d’allégements fiscaux aux promoteurs de centres de données, selon le Tampa Bay Times. » De quoi le faire détester de sa base, rapporte The Verge. « Zirhut s’inquiète également d’un amendement soutenu par DeSantis, qui viserait à supprimer la taxe foncière pour la plupart des propriétaires ; une telle mesure priverait les comtés de recettes indispensables, rendant potentiellement plus attrayants des projets tels que les centres de données. » Le favori Républicain local pour le poste de gouverneur, Byron Donalds, est lui aussi un fervent partisan de la construction de centres de données en Floride et souhaite attirer davantage d’investissements extérieurs en Floride. « Ce n’est pas du tout ce que nous voulons ici en Floride », explique Zirhut. Le soutien de Donalds aux centres de données lui fait désormais perdre des partisans au sein de son propre parti. « De récentes publicités hostiles ont mis l’accent sur le soutien qu’il a reçu du secteur technologique, notamment plus de 5 millions de dollars de dons de la part de « Leading the Future » – un super PAC pro-IA doté de 100 millions de dollars et financé entre autres par Andreessen Horowitz et Joe Lonsdale de Palantir. Or, « en Floride, l’opposition aux centres de données est généralisée dans tout l’État ». Plus de 20 comtés et municipalités ont débattu de moratoires sur la construction de centres de données ou les ont adoptés, rapporte Politico. « Dans certaines localités, la levée de boucliers a été suffisamment forte pour dissuader les promoteurs. En juin, le porteur d’un projet controversé de centre de données dans le comté de Citrus a abandonné son projet. « Les moratoires locaux sur les centres de données envoient le signal que la région est fermée aux affaires, tant pour les centres de données que pour d’autres projets de développement économique importants », a déclaré à The Verge Dan Diorio, vice-président exécutif chargé des politiques étatiques et des relations gouvernementales au sein de la Data Center Coalition, un groupe de pression du secteur ».

Patti Zirhut, elle, n’est pas opposée à la croissance, mais elle ne veut pas que les pouvoirs publics accordent des avantages à de grands promoteurs n’ayant aucun lien avec la communauté. « Si l’on pouvait privilégier le niveau local, avec des constructeurs de la région, ce serait très bien, car ils savent comment gérer les spécificités de la Floride ». Elle s’inquiète de la façon dont l’IA peut alimenter la surveillance de masse, une question devenue particulièrement brûlante après que le bureau du shérif du comté de Hernando a commencé à installer des dispositifs Flock sur les routes locales. « Nous ne voulons pas que les gens perdent leur emploi, que notre pays soit dirigé par l’IA, ni vivre comme en Chine, où notre argent est contrôlé et chacun de nos faits et gestes surveillé ». Bien que Mme Zirhut soit républicaine de longue date, la question du centre de données – et celle, plus vaste, du développement – l’a amenée à faire des choix politiques inattendus. « Si Byron Donalds remporte la primaire, je voterai pour les démocrates. Je ne voterai pas pour lui » a-t-elle confié. « Je pense que beaucoup de gens sont dans ce cas. Ce n’est pas une question de parti. Vraiment pas. C’est une question de vie humaine. » 

Pour Ben Green, explique-t-il dans une tribune pour Tech Policy Press, « ce qui rend la question des centres de données particulièrement intéressante pour les démocrates, c’est sa capacité à séduire des électeurs au-delà de leur base électorale habituelle. De nombreuses contestations liées aux centres de données surviennent précisément dans les zones rurales et les États républicains ou disputés où les démocrates cherchent désespérément à gagner du terrain. Des communautés se sont mobilisées pour s’opposer à ces installations dans des États aux profils politiques très variés, tels que l’Indiana, le Michigan, le Missouri, le Nebraska, l’Ohio et la Virginie. Électeurs comme élus ont constaté que les centres de données constituent l’un des rares sujets capables d’amener les citoyens à voter en s’affranchissant des clivages partisans habituels. » Mais constatait-il également : « certains responsables républicains commencent eux aussi à adopter des positions fermes contre les centres de données. Si les démocrates n’agissent pas rapidement sur ce dossier, ils risquent de se faire devancer par leurs adversaires. » 

Reste que les délires de la droite Maga sur les data centers ne vont pas disparaître demain. Comme s’en moque Cory Doctorow sur son blog dans un billet édifiant sur les risques de l’éclatement de la coalition trumpiste après Trump, toute cette sphère de droite réactionnaire est saisit d’une paranoïa folle. « Ils baignent dans les théories du complot et sont en permanence intoxiqués par leurs propres délires. Ils croient dur comme fer aux conneries sur le grand remplacement ou sur le fait que la Chine pousse l’Amérique à détester les centres de données.» Trump n’a pas inventé ces délires, il leur a simplement donné de l’assurance. Et les délires semblent n’avoir plus besoin de leur grand ordonnateur pour s’épancher. Trump peut tenter d’apaiser sa base électorale en renouvelant son soutien à l’industrie de l’IA, il est peu probable que cela permette aux délires complotistes Maga de s’éteindre.

Hubert Guillaud

PS : The Verge propose également un long et édifiant reportage sur ce qu’on appelle le Data Center Alley, le comté de Loudoun en Virginie, où les data centers sont arrivés il y a plus de 20 ans et où l’on trouve plus de 250 data centers. « En quelques années, les centres de données sont passés du statut d’élément banal du quotidien à celui de sujet de préoccupation quotidienne pour de nombreux résidents. » La contestation a fini par grimper en flèche, et si les data centers ont permis une certaine prospérité, les nuisances finissent par l’emporter. « L’expansion des centres de données à Loudoun a pris une telle ampleur qu’elle semble désormais échapper à tout contrôle ». Car si le comté annonce ne pas vouloir davantage de centres de données, de nouvelles installations voient le jour, malgré tout. L’opposition quant à elle, se constitue tardivement. Mais désormais, les propriétaires locaux sont confrontés non seulement au bruit des générateurs électriques mais également aux pylônes électriques en tout sens quand ce n’est pas à l’expropriation pour l’extension des projets. « On entend à peine les oiseaux désormais » confie une habitante et nombre d’arbres ont été abattus pour permettre aux fils électriques à haute tension de passer sans encombre.

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  • Manger à sa faim, sans honte
    « Les gens pensent beaucoup à Moisson en novembre, décembre, des fois en janvier, mais […] on a faim à l’année », affirme Marie Ève St-Pierre, directrice de Moisson Rimouski-Neigette, lors de notre entretien se déroulant pendant l’une des distributions de denrées de l’organisme. Depuis un certain temps, tu te sens au bord du gouffre : ton panier d’épicerie rapetisse à vue d’œil et tu redoutes de nouveaux défis. Tu ne veux pas que la faim t’amène à signer la fin de ton autonomie financière. L’
     

Manger à sa faim, sans honte

9 septembre 2026 à 12:13

« Les gens pensent beaucoup à Moisson en novembre, décembre, des fois en janvier, mais […] on a faim à l’année », affirme Marie Ève St-Pierre, directrice de Moisson Rimouski-Neigette, lors de notre entretien se déroulant pendant l’une des distributions de denrées de l’organisme.

Depuis un certain temps, tu te sens au bord du gouffre : ton panier d’épicerie rapetisse à vue d’œil et tu redoutes de nouveaux défis. Tu ne veux pas que la faim t’amène à signer la fin de ton autonomie financière. L’écart semble faible entre ces deux positions, et tu crains les jugements des autres.

Et si tu imaginais le pire scénario possible? Accepter l’aide des ressources qui se trouvent à ta disposition afin de perdre un peu moins de plumes pourrait-il devenir avantageux?

Face à la réalité

Lundi 11 mai 2026, 13 h

J’arrive chez Moisson Rimouski-Neigette. Une employée me guide vers le bureau de Marie Ève St-Pierre. Directrice de l’organisme depuis 2022, Mme St-Pierre mentionne d’emblée que le manque de ressources, autant financières qu’alimentaires, demeure le principal enjeu auquel elle fait face. Les chiffres vont dans le même sens : selon le Bilan-Faim 2025 publié en octobre par les Banques alimentaires du Québec, notre province bat des records en ce qui concerne l’augmentation de la demande d’aide alimentaire. Mme St-Pierre précise aussi devoir solliciter d’autres entreprises et organismes afin de faire connaître Moisson Rimouski-Neigette : « On existe depuis 30 ans, mais les gens ne nous connaissent pas beaucoup. » L’organisme travaille actuellement sur l’élaboration d’un plan d’action pour les années à venir.

Après l’entrevue, j’observe à la fois l’appel des bénéficiaires et la distribution des denrées. Dans la salle d’attente, l’une des clientes attire mon attention : elle est coiffée d’un chignon, porte un manteau noir et semble attendre son tour. En bref, elle est sans doute comme toi, une madame Tout-le-Monde. Je m’assois à côté d’elle et nous commençons à échanger. Elle indique fermement qu’elle désire faire l’entrevue sous le couvert de l’anonymat. Cela semble logique : Hélène Jolicoeur, directrice de la cuisine collective de Matane, mentionnait en entrevue que les gens recevant de l’aide alimentaire sont facilement victimes de préjugés.

Cette cliente soutient être généralement satisfaite des denrées qu’elle reçoit depuis maintenant six mois et n’hésite pas à faire des échanges avec d’autres bénéficiaires de l’organisme pour obtenir ce qui lui manque. Elle dit avoir une vision optimiste de son avenir et explique vouloir s’en sortir, bien que cette situation lui convienne pour le moment.

La fourmilière

13 h 45

Après cette discussion, je me dirige vers la salle où tu recevrais six à sept sacs de nourriture pour une durée d’un mois. L’endroit est propre, et les denrées sont bien classées dans des contenants bleus, noirs, rouges et jaunes, ceux-ci séparant produits non périssables, pains, viandes ainsi que produits laitiers, fruits et légumes.

La chaleur monte rapidement dans la pièce : les multiples bénévoles effectuent plusieurs allers-retours, se glissent quelques paroles entre les déplacements et, telles de petites fourmis ouvrières, lèvent les boîtes colorées remplies à ras bord. J’ai l’impression d’être superflue dans ce petit espace où l’organisation de la colonie n’est que trop bien structurée.

Le rôle des bénévoles ne se limite pas à du travail physique et à la gestion de denrées. Catherine Belzile, 32 ans, s’implique comme bénévole chez Moisson Rimouski depuis 2020. Sa tâche consiste entre autres à gérer le dossier des bénéficiaires. Étant inapte au travail, elle désire donner de son temps de manière judicieuse. Parmi les gens faisant partie de sa clientèle se trouvent des individus de tout type : autant des personnes seules que des familles nombreuses, autant des citoyens sur le marché du travail que des gens ne pouvant mener une vie professionnelle ou des étudiants. D’ailleurs, les difficultés financières que vivent ces personnes ne la laissent pas indifférente : « Souvent, quand je fais des inscriptions et que la personne me montre qu’elle a 2 $ dans son compte, je ne peux pas rester insensible », exprime-t-elle.

14 h 20

La visite se finit à l’entrepôt, cette fois en compagnie de Mme St-Pierre. L’endroit semble plus ouvert, et la fraîcheur se fait sentir. Mais un détail ne change pas : d’autres fourmis s’y cachent afin de trier les dons fraîchement reçus. Au fond de cet entrepôt, une montagne d’objets de tous genres empilés les uns par-dessus les autres me force à lever la tête pour en voir l’intégralité.

Mme St-Pierre conclut que les denrées varient principalement selon le temps de l’année, les dons reçus et, parfois, les achats faits directement par l’organisme. Elle dit aussi que certaines périodes sont plus propices à la réception de dons que d’autres, février étant leur principale période creuse.

En fin de compte, je ne peux te dire ce que tu devrais penser, mais après avoir vu les nombreux bénévoles et employés à l’œuvre, la sérénité de la bénéficiaire ou encore le cadre solide dans lequel Moisson Rimouski évolue malgré les difficultés, il me semble évident que cet organisme t’accueillera en toute bienveillance.

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  • Bad Bunny ou l’amour souverain comme acte de résistance
    C’est le 8 février dernier qu’avait lieu la 60e édition du Super Bowl de la NFL. Cette année, ce sont plus de 128 millions de téléspectateurs qui étaient réunis devant leur écran pour ce rituel collectif alliant football, ailes de poulet et spectacle de la mi-temps, faisant du Super Bowl l’événement médiatique le plus suivi des États-Unis. Bien plus qu’un simple match de football, l’événement sportif incarne une véritable fenêtre sur la culture, l’économie et la politique américaine. Alors qu
     

Bad Bunny ou l’amour souverain comme acte de résistance

8 septembre 2026 à 09:54

C’est le 8 février dernier qu’avait lieu la 60e édition du Super Bowl de la NFL. Cette année, ce sont plus de 128 millions de téléspectateurs qui étaient réunis devant leur écran pour ce rituel collectif alliant football, ailes de poulet et spectacle de la mi-temps, faisant du Super Bowl l’événement médiatique le plus suivi des États-Unis. Bien plus qu’un simple match de football, l’événement sportif incarne une véritable fenêtre sur la culture, l’économie et la politique américaine.

Alors que le pays est, sous la seconde administration de Trump, au cœur d’une véritable fracture sociopolitique, avec un climat de haine alimenté par le conservatisme à la « Make America Great Again », la polarisation et l’application massive des opérations de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à l’encontre des communautés immigrantes, c’est la méga-star latine Bad Bunny qui a assuré le spectacle de la mi-temps. Et pour la première fois de l’histoire de la NFL, la performance était entièrement en espagnol. Dans ce contexte politique hautement chargé, la présence de l’artiste portoricain revêt une dimension symbolique forte : il était attendu avec fébrilité, et ses gestes, anticipés.

Bienvenue à Puerto Rico : 13 minutes pour résister autrement

Cette plateforme était l’occasion rêvée pour l’artiste de dénoncer haut et fort la haine dirigée envers les personnes migrantes, l’autoritarisme décomplexé et les injustices que subissent des individus toujours plus stigmatisés. Or Bad Bunny a fait encore mieux : il a troqué la confrontation pour l’affirmation, celle de son identité, des siens et de la place de l’amour comme force de résistance face à la haine.

Tout au long de sa performance, il y avait bien évidemment la danse, sa présence magnétique et les rythmes de ses plus grands succès. Mais surtout, Bad Bunny a transformé ses précieuses minutes de présence médiatique en une véritable célébration de son archipel natal et de toute la diaspora latine. Le terrain de football s’est alors mué en un village portoricain festif et dansant : ruelles animées, maisons colorées, commerces typiques, le tout entouré d’un champ de canne à sucre. C’était là le tour de force qu’a réussi Bad Bunny : non pas tenter de convaincre de la légitimité d’un peuple et de ses droits, mais plutôt d’en présenter le fait accompli dans la force, la joie et la conviction. C’est donc dans cette posture – celle de l’amour comme forme de résistance – que Bad Bunny, Benito Antonio Martínez Ocasio de son vrai nom, a clôturé son spectacle en scandant « Que Dieu bénisse l’Amérique », suivi des noms de tous les pays du continent, dont ses danseurs portaient les drapeaux bien haut. Au même moment, on pouvait apercevoir l’inscription « The only thing more powerful than hate is love » illuminant un panneau géant, question de bien graver cette conviction dans les esprits.

Je déteste donc je suis

Bien que le plaidoyer sincère et enivrant de Bad Bunny pour l’unité et l’amour de son prochain ait eu l’effet d’un vent d’espoir pour nombre d’entre nous, reste à savoir si cela peut réellement faire le poids face aux divisions qui se creusent dans les communautés de nos voisins du Sud. Plus fondamentalement, on peut s’interroger : l’amour peut-il réellement rivaliser avec la haine en tant que force mobilisatrice de changement social? Si on a voulu y croire le temps d’une soirée, les actualités sociopolitiques des derniers mois suggèrent plutôt – et c’est ce qui est le plus effrayant – que la haine, alimentée par la peur de l’autre, l’ignorance et conséquemment le besoin de sécurité, détient une redoutable capacité de fédérer. Mais qu’en est-il vraiment?

C’est là-dessus que s’est penché le sociologue Lewis Coser dans l’ouvrage classique The Functions of Social Conflict, dans lequel le conflit avec « l’autre » est décrit comme un déterminant social puissant pour la cohésion d’un groupe, dont l’identité s’articule et se consolide en opposition avec cet antagoniste. L’article Hate as Poison and Cure?1 suggère également qu’il n’y a rien comme la désignation d’un ennemi commun pour souder efficacement et rapidement des individus, en ce que la haine nous informe sur qui « nous » sommes en regard de ce que « eux » sont. Un bel exemple de ce type de structure identitaire? Le mouvement MAGA – lire ici : Make America Great Again – qui fonde littéralement sa raison d’être dans la négation de l’existence de l’autre. Or, si la haine peut mobiliser à court terme, les groupes qu’elle fédère sont fragiles, car dès que l’objet de leur haine commune disparaît, leur identité collective s’en trouve automatiquement fragilisée, et potentiellement défaite. Si la poudre de leurs canons effraie, elle se limite fondamentalement à de la poudre aux yeux.

« The only thing more powerful than hate is love »

L’amour – celui qu’on construit dans la solidarité et le soin de sa communauté –a quant à lui besoin de temps pour se forger, mais détient cette force : une fois établi, ses racines sont profondes, durables. La psychologue sociale Marilynn Brewer2 le démontre habilement : lorsque l’appartenance à un groupe se bâtit sur des valeurs et des expériences partagées, plutôt que sur une menace commune, la solidarité n’en est que plus forte et durable. Autrement dit, nul besoin d’un ennemi pour s’aimer. Et c’est exactement cela que Bad Bunny a réussi à démontrer de façon irrévocable lors de cette mi-temps historique.

Ce que l’artiste a réussi à créer, c’est ce que la politologue Elisabeth Wood appelle le pleasure of agency3, soit la joie souveraine d’exister. Ce concept, Wood l’a élaboré lors de recherches ethnographiques menées en pleine guerre civile au Salvador, en observant des paysans qui ont soutenu un combat mené au péril de leur vie, au nom de leur communauté, de leur morale et de leurs valeurs. La chercheuse a conclu que c’est l’engagement moral et l’implication émotionnelle – et non la haine – qui ont ultimement permis aux paysans de mener et de remporter leur lutte.

Ainsi, invoquer l’amour plutôt que la haine comme force mobilisatrice du changement social, c’est se donner les vrais moyens de résister et d’avancer. Et les données confirment la posture rassembleuse et pacifique de Benito Ocasio ce 8 février dernier. Les chercheuses Erica Chenoweth et Maria Stephan4 démontrent, sur la base de l’analyse de centaines de mouvements de résistance à travers le monde, que ce sont ceux qui sont fondés sur des valeurs de non-violence et de collaboration qui réussissent mieux dans l’atteinte de changements sociaux durables – deux fois plus que leurs homologues violents.

C’est là, peut-être, la leçon politique que nous devons retenir de la performance livrée par Bad Bunny lors de ce Super Bowl : dans une société menacée par la haine, choisir l’amour comme acte de résistance c’est non seulement bienfaiteur, c’est stratégique.

1. McCarthy-Jones et al. 2026.

2. « The Psychology of Prejudice: Ingroup Love or Outgroup Hate? », Journal of Social Issues, vol. 55, no 3, 1999.

3. Elisabeth J. Wood, Insurgent Collective Action and Civil War in El Salvador, Cambridge University Press, 2003.

4. Why Civil Resistance Works : The Strategic Logic of Nonviolent Conflict, Columbia University Press, 2011.

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  • L’Est en mouvement : une première édition pour penser l’avenir collectif des régions
    Le 28 mai dernier, Matane a accueilli la première édition du forum interrégional L’Est en mouvement, un événement organisé conjointement par les pôles d’économie sociale du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord ainsi que par la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador. Ce rassemblement visait à créer un espace de réflexion et d’action autour des grands enjeux qui traversent les territoires de l’Est-du-Québec. Dan
     

L’Est en mouvement : une première édition pour penser l’avenir collectif des régions

7 septembre 2026 à 12:53

Le 28 mai dernier, Matane a accueilli la première édition du forum interrégional L’Est en mouvement, un événement organisé conjointement par les pôles d’économie sociale du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord ainsi que par la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Ce rassemblement visait à créer un espace de réflexion et d’action autour des grands enjeux qui traversent les territoires de l’Est-du-Québec. Dans un contexte marqué par la crise du logement, la fragilisation de certains services de proximité et les défis liés à la transition écologique, le forum a permis de mettre en commun des expériences et des pistes de solutions portées par les acteurs de l’économie sociale.

Plus qu’un simple événement, cette première édition se voulait un lieu de rencontre entre les personnes et les organisations qui, au quotidien, développent des réponses concrètes aux besoins de leurs communautés. Habitation, services de proximité, relève entrepreneuriale, participation citoyenne et transition écologique figuraient parmi les thèmes au cœur des échanges.

Les mots d’ouverture ont donné le ton à la journée. Philippe Dufort, président du conseil d’administration d’Économie sociale et solidaire Bas-Saint-Laurent, a rappelé l’importance de multiplier les espaces de dialogue entre les territoires afin de renforcer notre capacité à répondre collectivement aux défis actuels. Cette volonté de bâtir des ponts entre les régions a également été portée par la conférence d’ouverture de Béatrice Alain, directrice générale du Chantier de l’économie sociale, qui a invité les personnes présentes à réfléchir au rôle transformateur de l’économie sociale dans les grandes transitions en cours.

Tout au long de la journée, les participants et les participantes ont pris part à des ateliers et à des panels portant sur des enjeux majeurs pour l’avenir des territoires : financement des projets collectifs, habitation, services de proximité, transition socioécologique, engagement citoyen et relève entrepreneuriale. Au-delà de la diversité des thèmes abordés, les échanges ont fait ressortir une préoccupation commune : renforcer la capacité des communautés à répondre elles-mêmes à leurs besoins et à façonner leur développement.

Les discussions ont notamment mis en lumière le rôle croissant des entreprises collectives dans la réponse à des besoins que ni le marché ni l’État ne parviennent toujours à combler adéquatement. Plusieurs ont également souligné l’importance de réaffirmer la dimension collective et transformatrice de l’économie sociale, à un moment où les inégalités territoriales, la crise du logement et les enjeux environnementaux appellent des réponses qui dépassent la seule logique du marché.

La conférence d’Émilie Dupont, coordonnatrice en économie circulaire à la SADC du Kamouraska (la Société d’aide au développement de la collectivité), est venue enrichir ces réflexions en présentant des modèles économiques qui privilégient l’usage et la mutualisation des ressources plutôt que leur simple consommation. Cette approche rejoint plusieurs préoccupations exprimées au cours de la journée quant à la nécessité de repenser nos façons de produire, de consommer et d’habiter nos territoires.

Plusieurs interventions ont d’ailleurs convergé vers un même constat : les défis auxquels font face les régions dépassent souvent les capacités d’action d’une seule organisation ou d’un seul secteur. Habitation, mobilité, accès aux services ou transition écologique exigent désormais des approches plus concertées, où les populations, les entreprises collectives, les municipalités et les institutions publiques travaillent en complémentarité.

L’un des fils conducteurs du forum aura été la volonté de replacer l’économie au service des collectivités. Derrière la diversité des ateliers se dessinait une même conviction : les réponses aux défis de l’Est passeront par davantage de coopération, d’ancrage territorial et de participation citoyenne. Les initiatives présentées ont montré la capacité des communautés à innover lorsqu’elles disposent des outils et des espaces nécessaires pour agir.

La présence de l’Aile jeunesse du Chantier de l’économie sociale a également donné une voix à la relève. En soirée, une tribune leur a été offerte afin que des membres partagent leur vision du développement régional et expriment leur désir de contribuer activement à l’avenir de leurs communautés.

Au terme de cette journée, un constat s’imposait : malgré la diversité des réalités vécues d’une région à l’autre, les communautés de l’Est partagent des préoccupations communes et une volonté bien réelle d’agir collectivement. Les échanges ont également rappelé que plusieurs des solutions recherchées existent déjà sur le terrain, portées par des entreprises collectives, des organismes et des citoyens engagés.

Plus qu’un simple lieu de rencontre, cette première édition de L’Est en mouvement aura permis de renforcer les liens entre les territoires et d’alimenter une réflexion commune sur l’avenir de nos régions. Une réflexion qui, à en juger par l’enthousiasme des personnes présentes, ne fait que continuer de germer.​

Pour le crédit photo : Louis-Philippe Cusson

Le nom des personnes de gauche à droite sur la photo de groupe :

  1. Stéfany Pelletier (agente de développement, ÉSSBSL)
  2. Karine Deschênes (agente de développement, Pôle d’économie sociale Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine)
  3. Noémie Bernier (Directrice, Pôle d’économie sociale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine)
  4. Nedjma Achour (devant, veston vert – agente de développement, ÉSSBSL)
  5. Lyne-Alix Martin (derrière, le veston vert avec les cheveux noirs : chargée de projets SISMIC, Pôle d’économie sociale de la Côte-Nord)
  6. Valérye Tremblay (Conseillère en économie sociale, Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador)
  7. Stéphanie Larocque (Directrice générale du Réseau des pôles d’économie sociale du Québec)
  8. Jade Turgeon Desroches (Conseillère en économie sociale, Pôle d’économie sociale de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

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Le gouvernement fédéral prolonge la suspension de la taxe sur l’essence

2 septembre 2026 à 20:30

Ottawa avait en avril suspendu la taxe d’accise fédérale sur l’essence et le diesel. 

Cette mesure réduit le prix payé à la pompe de: 

  • 10 cents par litre pour l’essence ordinaire
  • 4 cents par litre pour le diesel

La suspension devait prendre fin lundi prochain. 

Le gouvernement Carney a indiqué qu’elle serait prolongée jusqu’à fin janvier. 

La taxe serait ensuite rétablie, mais réduite de moitié jusqu’à la fin mars.

[L'article Le gouvernement fédéral prolonge la suspension de la taxe sur l’essence a d'abord été publié dans InfoBref.]

Mark Carney nomme un diplomate expert en affaires en charge d’attirer des investissements au Canada

1 septembre 2026 à 20:05

Le premier ministre fédéral a annoncé hier la nomination de Dominic Barton comme président du conseil d’administration de l’organisme Investir au Canada.

Barton a notamment:

  • dirigé la firme de consultants américaine McKinsey;
  • été ambassadeur du Canada en Chine. 

La nomination est intervenue deux semaines avant le premier Sommet canadien de l’investissement. 

Cet événement d’envergure doit réunir «les plus grands investisseurs du monde» à Toronto, les 14 et 15 septembre prochains.

L’objectif du gouvernement Carney est d’attirer d’ici 5 ans 1000 milliards $ d’investissements pour développer au pays de grands projets d’intérêt national.

[L'article Mark Carney nomme un diplomate expert en affaires en charge d’attirer des investissements au Canada a d'abord été publié dans InfoBref.]

Un troisième sondage confirme la remontée de la Caq 

1 septembre 2026 à 20:49

Selon un sondage Léger-Québecor publié hier, le Parti québécois reste en tête avec 29% des intentions de vote. 

La Caq est deuxième avec 24%. 

Le Parti libéral est troisième, à 22%.

Le Parti conservateur est quatrième, à 15%. 

Québec solidaire demeure dernier, à 10%. 

Deux autres sondages, publiés vendredi et lundi, avaient placé les partis dans le même ordre. 

Ils montraient la Caq en nette progression et en deuxième place.

Dans le sondage de Synopsis, réalisé pour La Presse, la Caq était même au coude à coude avec le PQ, à seulement 1 point de pourcentage. 

[L'article Un troisième sondage confirme la remontée de la Caq  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Comment les cinq principaux partis se positionnent en matière d’immigration

1 septembre 2026 à 20:46

Québec solidaire a annoncé hier qu’un gouvernement solidaire accueillerait 70 000 immigrants permanents par an. 

Le Parti libéral souhaitait, jusqu’en 2024, en accueillir 70 000, mais son nouveau chef, Charles Milliard, ne s’est pas encore prononcé sur un nombre précis.

La Caq maintiendrait le plan adopté en novembre dernier qui prévoit l’accueil de 45 000 résidents permanents par an. 

Le Parti québécois limiterait leur nombre à 35 000 par an.

Le Parti conservateur n’a pas indiqué combien il souhaiterait en accueillir. 

[L'article Comment les cinq principaux partis se positionnent en matière d’immigration a d'abord été publié dans InfoBref.]

Le Parti Québécois propose, comme les conservateurs, de détaxer les biens usagés 

1 septembre 2026 à 20:37

Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé hier à supprimer la taxe de vente du Québec sur les biens usagés. 

Cette taxe de près de 10% s’applique: 

  • à presque tous les biens usagés vendus par une entreprise; 
  • aux voitures d’occasion achetées à un commerçant ou un particulier. 

Le Parti conservateur avait déjà proposé cette mesure en 2022 et l’a réitérée dimanche.

Québec solidaire retirerait la taxe de vente sur certains produits d’épicerie et sur des vêtements d’occasion pour enfants. 

La Caq et le Parti libéral ne supprimeraient pas la TVQ sur les biens usagés. 

[L'article Le Parti Québécois propose, comme les conservateurs, de détaxer les biens usagés  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Élections fédérales partielles: au Saguenay, le candidat libéral l’a emporté

31 août 2026 à 22:11

Daniel Gobeil, ancien président des Producteurs de lait du Québec, deviendra député libéral de la circonscription Chicoutimi—Le Fjord.

Il est arrivé en tête hier devant ses adversaires du Bloc québécois et du Parti conservateur.

Après les trois élections partielles qui se déroulaient hier, le gouvernement fédéral devra bientôt en organiser six autres à la suite du départ de députés, dont trois au Québec:

Steven Guilbeault a officiellement démissionné vendredi de son siège de député de Laurier – Sainte-Marie, à Montréal.

Alexandre Boulerice, député du NPD, se présente aux élections provinciales au Québec pour Québec solidaire à Montréal. 

Simon-Pierre Savard-Tremblay, député du Bloc québécois, se présente aux élections provinciales pour le Parti québécois en Montérégie.

[L'article Élections fédérales partielles: au Saguenay, le candidat libéral l’a emporté a d'abord été publié dans InfoBref.]

Campagne électorale au Québec: l’essentiel des promesses faites hier

31 août 2026 à 21:19

La Caq permettrait aux médecins spécialistes d’exercer à la fois dans le réseau public et au privé.

Christine Fréchette couperait 1 milliard $ dans les dépenses administratives de Santé Québec.

Le Parti conservateur supprimerait l’interdiction d’explorer et d’exploiter les hydrocarbures.

Éric Duhaime lancerait des projets pilotes de puits de gaz de schiste.

Le Parti libéral miserait sur le préfabriqué pour construire, à terme, 100 000 logements par an. 

Charles Milliard instaurerait un programme de prêts sans intérêt pour les entreprises du préfabriqué.

Le Parti québécois réduirait les coûts de rémunération du secteur public de 4,7 milliards $ en un mandat.

Paul St-Pierre Plamondon créerait un secrétariat à l’efficacité gouvernementale.

Québec solidaire réduirait de moitié le décrochage scolaire. 

Ruba Ghazal embaucherait 1500 membres du personnel de soutien et 500 professionnels supplémentaires. 

[L'article Campagne électorale au Québec: l’essentiel des promesses faites hier a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • D’aucuns voteraient aucun…Éloge de l’abstention comme geste de rupture 
    Cette session de trop d’un gouvernement illégitime est enfin terminée. Le marathon législatif auquel les partis politiques se sont astreints s’est conclu par une inhabituelle collaboration transpartisane. Nos 125 dirigeants se sont entendus pour passer à la sauvette des projets de loi populistes qui n’apportent que des solutions partielles à des problématiques complexes. Heureusement sont tombées les monstruosités, comme cette constitution d’un seul homme et d’autres mesures qui auraient nui à l
     

D’aucuns voteraient aucun…Éloge de l’abstention comme geste de rupture 

31 août 2026 à 14:33

Cette session de trop d’un gouvernement illégitime est enfin terminée. Le marathon législatif auquel les partis politiques se sont astreints s’est conclu par une inhabituelle collaboration transpartisane. Nos 125 dirigeants se sont entendus pour passer à la sauvette des projets de loi populistes qui n’apportent que des solutions partielles à des problématiques complexes. Heureusement sont tombées les monstruosités, comme cette constitution d’un seul homme et d’autres mesures qui auraient nui à l’avancement du logement social.

Je cite ce projet de loi interdisant les boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Je suis bien sûr de tout cœur avec les parents de ce gamin mort d’avoir consommé ces boissons caféinées en raison d’une interaction médicamenteuse mortelle. Plusieurs spécialistes appuyaient cette démarche, certes, mais malgré cette interdiction, les vendeurs de caféine vont pouvoir continuer de diffuser des publicités où les risques de ces produits pour la santé ne sont jamais abordés. Si ça donne des ailes, ça peut aussi te coûter la vie. Une démarche réussie pour encadrer la vente de ces produits se serait assurément attaquée au premier plan à l’enjeu publicitaire. Mais les politiciens ont plutôt choisi d’en faire un acte rapide de bonnes intentions. L’enfer en est pavé et, pour plusieurs, cet empressement aura laissé beaucoup d’amertume, genre pamplemousse.

Je cite aussi ce projet de loi qui change la carte électorale telle qu’elle a été définie par l’organisme à qui avec beaucoup de sagesse l’Assemblée nationale avait confié le mandat de la définir. Le poids de la dévitalisation et de la perte de population occasionne des disparités de représentation dont doit tenir compte la Commission de représentation électorale dans son travail. Mais comme les politiciens se souviennent trop peu que leur travail est de gérer l’ensemble d’un territoire pendant leur mandat, le travail de la Commission aura mis en lumière le manque total de vision de nos politiciens pour l’occupation du territoire.  Heureusement ils se rappelleront les régions un peu tout de même comme ils le font toujours pendant les élections. Maintenant ils pourront redessiner les circonscriptions directement par un vote de l’Assemblée, selon des intérêts plus ou moins partisans. Énorme recul démocratique appuyé par tous les partis présents à l’Assemblée nationale.

À la veille de cet été électoral, le portrait donné par les sondages démontre que tout est possible. Tout sauf peut-être un gouvernement solidaire puisque les médias se plaisent à répéter qu’ils sont au plus bas et que la gauche est en crise au Québec. La gauche n’est pas en crise, elle n’est simplement pas assez en crisse. Opinion personnelle.

Au moment de préparer mon papier pour cette édition, j’ai en tête ce sondage de La Presse où on a demandé aux répondants qui ferait, parmi les chefs des formations politiques, le meilleur premier ministre. À mon grand plaisir, mon poulain, mon homme, mon candidat chauffe les fesses du petit homme fâché.

Non, je ne suis pas devenu libéral ou caquiste. Je suis, tout comme 23 % des répondants à ce sondage, convaincu qu’aucun candidat actuel ne ferait un bon premier ministre. Aucun n’inspire, aucun ne donne confiance comme aucun.

Au moment où cette crise de légitimité politique atteint des niveaux encore inédits et où l’abstention devient un choix politique conséquent et populaire, il faut souhaiter que ces politiciens ne réussissent pas, cet été, à convaincre ces 23 % d’appui éclairé à aucun candidat de les appuyer en se bouchant le nez.  Ces braves doivent arrêter de voter pour le moins pire. Parce qu’avec le moins pire, on a quand même le pire.

À force que soient élus des gouvernements majoritaires déconnectés de la réalité, avec un peu plus de 20 % des votes exprimés et avec un taux de participation famélique, peut-être se poseront-ils la question de leur légitimité? En fait l’abstention est après tout la seule véritable façon de contester cette fausse légitimité.

Votez bien, votez rien, votez pour AUCUN!

Campagne électorale: l’essentiel des mesures annoncées lors des premiers jours 

30 août 2026 à 21:51

Dimanche 30 août

La Caq a dévoilé son cadre financier. 

Le Parti conservateur du Québec propose d’abolir la TVQ sur tous les biens usagés. 

Le Parti libéral du Québec s’engage à plafonner les loyers des résidences privées pour aînés. 

Le Parti québécois a présenté plusieurs mesures pour freiner le déclin du Français.

  • Un gouvernement péquiste étendrait la loi 101 aux cégeps. 

Québec solidaire a présenté son plan pour régler la crise du logement.

  • Le parti promet notamment de plafonner les hausses annuelles de loyer à l’inflation sans jamais excéder 3%. 

Samedi 29 août

La Caq investirait 1 milliard $ supplémentaire sur 4 ans pour bonifier les services de soutien à domicile destinés aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap.

Cet investissement vise notamment à: 

  • réduire les délais d’attente; 
  • offrir davantage de services. 

Le Parti conservateur du Québec s’engage à:

  • abolir le marché du carbone; 
  • suspendre pendant 5 mois la taxe sur l’essence, qui finance l’entretien des routes. 

Le Parti libéral du Québec propose plusieurs mesures pour alléger les obligations réglementaires des PME, dont un moratoire immédiat sur toute nouvelle réglementation.

Le Parti québécois s’engage à faire baisser de façon importante le nombre d’immigrants, notamment en réduisant de moitié le nombre d’immigrants temporaires. 

Québec solidaire investirait 23 milliards $ sur 10 ans pour réparer et développer le transport collectif. 

Cet investissement viserait notamment à: 

  • rénover le métro de Montréal et le rendre accessible à tous; 
  • entretenir et moderniser le réseau de trains, d’autobus et les voies réservées.

Vendredi 28 août

La Caq propose de bonifier le Régime québécois d’assurance parentale. 

Les changements proposés viseraient notamment à: 

  • allonger le congé de paternité de 5 à 7 semaines;
  • accorder des prestations en cas de deuil périnatal aux deux parents pendant 4 semaines.

Le Parti conservateur du Québec a dévoilé les mesures qu’il compte mettre en place pour faire économiser à certains travailleurs jusqu’à 11 000 $ d’impôts sur cinq ans. 

Un gouvernement conservateur ferait presque doubler la première tranche de revenus sur laquelle on ne paie pas d’impôts. 

  • Le montant non imposable passerait de 18 950 $ à 35 240 $.

Le Parti libéral du Québec veut créer de nouvelles alliances commerciales en vue de réduire d’au moins 15% la part des exportations québécoises vers les États-Unis.

Le PLQ souhaite notamment attirer des entreprises et des acheteurs étrangers au Québec pour créer de nouveaux «maillages économiques» qui permettraient aux entrepreneurs de diversifier leurs marchés. 

Le Parti québécois s’engage à baisser de 20% les impôts des entreprises.

Un gouvernement péquiste ferait progressivement passer l’impôt des sociétés de 11,5% à 9,5%. 

Pour financer cette baisse, le PQ compte abolir le Fonds de développement économique. 

Québec solidaire propose de plafonner à 2% les marges des grandes chaines d’épicerie et d’interdire certaines pratiques jugées déloyales, comme la tarification dynamique.

[L'article Campagne électorale: l’essentiel des mesures annoncées lors des premiers jours  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Cadres financiers des partis: la Caq 
    Christine Fréchette a présenté hier le cadre financier de ses promesses électorales.  Nouvelles dépenses (sur 5 ans): 9,7 milliards $ Promesse la plus couteuse annoncée à ce jour: soutien à domicile (1 milliard $)  Principale source de financement: puiser dans la réserve pour éventualités, un «coussin» budgétaire mis de côté par le gouvernement pour les imprévus Fonds des générations: les versements seraient maintenus Retour à l’équilibre budgétaire: toujours prévu pour 2029-
     

Cadres financiers des partis: la Caq 

30 août 2026 à 21:41

Christine Fréchette a présenté hier le cadre financier de ses promesses électorales. 

Nouvelles dépenses (sur 5 ans): 9,7 milliards $

Promesse la plus couteuse annoncée à ce jour: soutien à domicile (1 milliard $) 

Principale source de financement: puiser dans la réserve pour éventualités, un «coussin» budgétaire mis de côté par le gouvernement pour les imprévus

Fonds des générations: les versements seraient maintenus

Retour à l’équilibre budgétaire: toujours prévu pour 2029-2030

La Caq est le premier parti à avoir dévoilé son cadre financier.  

[L'article Cadres financiers des partis: la Caq  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Quelle unité pour les indépendantistes?
    Il y a quelques semaines déjà, la sortie d’un rapport de l’organisation OUI Québec, qui critiquait sans la nommer la politique d’immigration du Parti québécois, faisait controverse dans les milieux indépendantistes. Avec elle était de retour la ritournelle de la « division1 » et de « l’unité » du mouvement. « Diviser le mouvement » est un reproche que l’on a surtout fait à la gauche indépendantiste dans les dernières décennies, ses ambitions progressistes ou écologistes étant accusées d’être
     

Quelle unité pour les indépendantistes?

30 août 2026 à 13:32

Il y a quelques semaines déjà, la sortie d’un rapport de l’organisation OUI Québec, qui critiquait sans la nommer la politique d’immigration du Parti québécois, faisait controverse dans les milieux indépendantistes. Avec elle était de retour la ritournelle de la « division1 » et de « l’unité » du mouvement.

« Diviser le mouvement » est un reproche que l’on a surtout fait à la gauche indépendantiste dans les dernières décennies, ses ambitions progressistes ou écologistes étant accusées d’être des « conditions », qui limiteraient l’attrait d’une souveraineté qui devait plutôt « aller de soi », et qui ne changerait pas grand-chose sauf en termes de drapeaux et de transferts fédéraux.

Pendant des décennies, la question de « l’unité » servait le maintien au pouvoir de l’élite centriste et libérale des hauts échelons du PQ, mais aujourd’hui, avec le virage à droite de ce dernier, avec l’indépendantisme plus assumé de Québec solidaire et la montée d’acteurs critiques des politiques péquistes comme les Oui Québec, le socle idéologique sur lequel repose le mouvement indépendantiste, ce autour de quoi il « fait unité », est remis en question.

La question de l’unité

L’unité est l’ingrédient de base de tout mouvement social, il s’agit toujours d’un rassemblement d’acteurs différents autour d’un but commun. Or, sa construction n’est jamais politiquement neutre et ce autour de quoi un mouvement se construit a toujours l’effet d’exclure certaines personnes qui, même si elles se réclament du mouvement, peuvent s’opposer à la teneur de cette unité. Certes, un pays, mais comment, par la révolution ou le référendum? De quelle idéologie, socialiste, capitaliste, corporatiste?

Quand on regarde l’histoire du mouvement indépendantiste, on voit bien que c’est cette question de contenu du projet de pays qui l’a toujours fait se mouvoir. L’indépendance a toujours été attachée à des « conditions », et c’est le débat autour de ces conditions qui l’a construite. Du fascisme catholique de l’Alliance laurentienne, au socialisme de décolonisation du RIN, puis du FLQ, en passant par la souveraineté-association libérale de Lévesque, une lutte pour définir la spécificité de l’unité indépendantiste a toujours existé.

Ceux qui ont fini par prendre le contrôle de cette unité ont pendant longtemps voulu faire croire que l’indépendance et son projet étaient une idée d’une pureté qui dépassait les idéologies, que l’on devrait faire le pays avant d’en décider la nature et que la liberté d’un peuple est une cause au-dessus des courants de pensée. Ça peut presque se justifier dans des situations de crises, comme avec l’échec des négociations constitutionnelles qui a mené à 1995. Ça peut même se justifier par la force d’une effervescence politique, comme celle des années 1960 et 1970 qui ont mené au référendum de 80. Mais cela ne peut durer qu’un temps, et la question de l’objet de l’unité, du type de pays pour lequel s’accomplirait l’indépendance, revient comme le printemps.

Le temps des monstres ou la suite du monde

Le mouvement indépendantiste est aujourd’hui à un moment charnière : il n’y a plus de grande unité entre ses différentes factions comme c’était le cas en 1980 et 1995. Il est forcé, plus qu’à aucun autre moment de son histoire, de définir le genre de pays auquel il aspire. 

Entre le discours populiste et droitisant du PQ, son projet anti-migratoire de social-démocratie forteresse, puis le discours et le projet des OUI Québec ou de Québec solidaire, qui disent vouloir être « inclusifs », « diversifiés » et même « plurinationaux » en ce qui concerne la question autochtone, les indépendantistes doivent faire leur choix.

On peut se demander quelle orientation est la plus « unitaire » et la plus réaliste. Les suspects habituels de la division apparaissent de plus en plus comme les acteurs les plus sensés. La gauche indépendantiste n’a peut-être pas l’unité de son mouvement, mais elle peut certainement l’imposer en ayant le projet le plus unitaire, en ayant le projet le mieux capable de faire vivre le Québec dans l’avenir qui nous attend.

L’indépendance doit redistribuer les richesses parce que chaque jour, plus de Québécois et de Québécoises sont jetés hors de la classe moyenne en raison du prix de l’épicerie, des loyers et de la vie en général. C’est ça la réalité.

L’indépendance doit non seulement convaincre, mais construire son projet avec les néo-Québécois et les peuples autochtones, car le 50 % + 1 d’un éventuel référendum est aujourd’hui pratiquement impossible sans l’appui des premiers, et que les revendications légitimes des deuxièmes sur le territoire sont là pour rester. C’est ça la réalité.

L’indépendance doit enclencher la transition socioécologique parce que l’avenir qui nous attend (et qui est déjà ici) est celui de la crise climatique, et l’adaptation aux changements qu’il causera ne peut se faire sans un questionnement profond de la croissance économique. C’est ça la réalité.

Le vieux monde se meurt, on peine à imaginer le nouveau, « dans ce clair-obscur surgissent les monstres », disait Gramsci.

Le choix est à faire entre une indépendance du camp des monstres ou une indépendance pour la suite du monde.

Cette suite du monde, où l’on cherchera peut-être à préserver le béluga plutôt qu’à chasser le marsouin, témoignera, d’un peuple qui n’aspire pas seulement à survivre, recroquevillé dans son coin d’Amérique, mais à faire pleinement partie de l’humanité pour la rendre meilleure.

1. « Sol Zanetti accuse Paul St-Pierre Plamondon de diviser les indépendantistes », Radio-Canada, octobre 2025.

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  • Random référendum. Ou la trahison nationaliste
    Quel temps fait-il sur notre monde libre? Le capitalisme fait-il la joie des familles – Béru Où étiez-vous le 26 octobre 1992. Avez-vous voté? Moi, j’étais chez le dentiste. On parle peu du référendum de 1992. Plusieurs l’oublient. Pourtant il est décisif dans l’histoire politique du Québec Ah oui, le monde était bien trouble, ce 26 octobre 1992 : la grande URSS vient à peine de s’effondrer; les USA de Bush s’embourbent dans leur petit Vietnam irakien (Desert Storm); le nationalis
     

Random référendum. Ou la trahison nationaliste

29 août 2026 à 13:22

Quel temps fait-il sur notre monde libre?

Le capitalisme fait-il la joie des familles

– Béru

Où étiez-vous le 26 octobre 1992. Avez-vous voté? Moi, j’étais chez le dentiste.

On parle peu du référendum de 1992. Plusieurs l’oublient. Pourtant il est décisif dans l’histoire politique du Québec

Ah oui, le monde était bien trouble, ce 26 octobre 1992 : la grande URSS vient à peine de s’effondrer; les USA de Bush s’embourbent dans leur petit Vietnam irakien (Desert Storm); le nationaliste serbe Slebodan Milosevic bombarde la Bosnie.

Sur mon magnétophone à cassettes, j’écoute Tout pour le trash, nouvel album des Ludwig von 88 : « Ce soir trop cool j’irai griller mes 20 ans pour un baril de coke pour une ligne de brut. Twist à Koweit City ».

Au Québec, nos élites terminent un autre cycle d’interminables négociations constitutionnelles : celle sur l’Accord du lac Meech qui, faute d’unanimité provinciale, fait patate au fond du lac, et des choses.

Dans notre petite patrie provinciale, pas question alors de parler de justice, d’équité ou encore de bien-être, expression sur laquelle on colle encore tout le mépris de nos petites consciences post protestantes engraissées au capital. Que nenni! Le seul sujet dont se gargarise notre politique nationale est la constitution et la probable sécession de la province en pays.

On n’en a alors rien à faire que le PM fédéral surnomme homophobiquement son homologue provincial « le mangeux de hot dog ». Pas question de le défendre, il est du mauvais côté de la clôture et, comme un voisin chiant, on peut le nommer au gré de nos fantasmes et de nos préjugés dégradants. Il le mérite bien.

Pourtant, devant l’évidence de l’échec d’un renouveau fédéral, même lui, petit libéral fédéraliste parvenu, devenu ministrable par un mariage avec une famille ultra-riche, fait miroiter l’idée que le Québec peut se débrouiller seul.

Essoufflés par l’échec des négociations, on arrive au jour J, celui d’un référendum. Pas un référendum sur la séparation, mais plutôt sur l’union, sur le renouvellement de la si problématique constitution, un point d’arrêt potentiel à cet interminable onanisme qui apporte plus de douleur que de plaisir à un peuple en quête d’épanouissement.

Si le référendum sur la séparation était organisé par les péquistes provinciaux, celui sur l’union était l’œuvre des fédéralistes fédéraux. La question ne tenait pas debout, et nos ministres étaient clairs dans leur obscurantisme : il fallait voter non pour voter oui et voter oui pour voter non. Personne n’y comprenait rien. Les politiciens étaient très contents – c’est leur méthode.

Grâce à ce scrutin on pouvait remettre une bonne bûche dans le brasier du pathos national et rester les rejets de la constitution – position jugée avantageuse par les sbires de la sécession.

Du haut de mes 15 ans, je n’avais pas encore l’âge d’être admis dans les bureaux de vote. Et heureusement. Ayant passé la majeure partie de mon enfance sur un tapis péquiste à humer discrètement le café tiède des militants et, bien que punk aux idées universalistes, j’avais le cerveau bien mou et réceptif à la propagande nationaliste. Que voulez-vous? J’aimais l’art. Et notre gouvernement avait fait du financement de l’art un levier identitaire qui nous donnait l’envie de créer le pays, sorte de planète des singes avec une horde de barbus chantant – en français svp.

Le Parti québécois, alors à l’opposition, avait comme chef Abraracourcix Parizeau, un aristocrate en complet cinq pièces, flanqué d’un majordome, qui parlait d’un pays rêvé pour nous faire oublier que nous n’avions pas tous sa chance et sa fortune et que son parti avait été fondé sur des principes décoloniaux.

Le parti investit alors énergie et argent pour une campagne du Non. On nous disait qu’il fallait rejeter l’entente de Charlottetown, sans modération, afin d’éviter de faire partie d’une nouvelle constitution canadienne modernisée au risque de ne plus pouvoir pleurer dans notre coin. Vive le Québec rejected!

Mais on ne nous disait pas tout. Normal, c’est de la politique. Et en politique, le plus important, c’est souvent ce qu’on ne dit pas.

Pendant que nos bourgeois nationalistes du Québec inc. impriment des NON sur des pancartes, on nous en disait bien peu sur les conséquences probables d’un OUI. Ce n’est que des années plus tard, en 1996 – alors que j’avais l’âge de déserter les cursus du goulag national (gratuit, laïque et obligatoire) et de m’instruire par moi-même – que j’apprenais que si l’Accord de Charlottetown avait été accepté, les Premières Nations auraient enfin pu se débarrasser de l’archaïque Loi sur les Indiens pour devenir des citoyens à part entière et siéger à la Chambre des communes, officine du pouvoir centralisé. 

C’est alors que la honte m’a pogné – pour citer Deschamps – et que je compris la déchéance idéologique du PQ qui était beaucoup moins lisible à cette époque qu’elle ne l’est aujourd’hui dans les propos de PSPP. Au moment de mon épiphanie, le PQ avait fait plusieurs pas vers la droite et avait élu à sa tête un certain Lulu Jambe-de-bois, un sinistre droitiste patroneux du genre qui nous fait penser en silence « y a des métastases qui se perdent ». Il faut dire que le bougre avait été recruté au Conseil des ministres du gouvernement conservateur de Brian Mulroney, de droite et fédéraliste. Dont acte. Après sa carrière politique, il devient lobbyiste pour l’industrie pétrolière. Un vrai larbin.

C’est à cette époque que je me détache du PQ et réalise qu’il n’existe pas de parti de gauche au Québec, province du consensus mou, unilatéralement à droite.

Et quand aujourd’hui PSPP ou Mathieu Bock-Côté délirent sur les dangers de la gauche radicale, je pouffe. 

Il semble que dans cette province qui est la nôtre, le jeu de la politique ait un seul et unique but : conserver les privilèges d’une classe politique d’hommes blancs et riches qui tirent les ficelles du pouvoir.

S’il y avait vraiment une gauche au Québec, on en parlerait. C’est bien ce qu’ils craignent.

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  • Ruines et mirages de la troisième voie
    Plusieurs vulgarisateurs aiment comparer le Québec à un adolescent devenu assez grand pour voler de ses propres ailes. Mais une analogie plus fidèle et moins infantilisante serait plutôt celle de Robert Charlebois dans L’Indépendantriste : le Québec et le Canada sont un couple dysfonctionnel, un mariage arrangé devenu mariage de raison, mais dont l’un des partenaires n’a jamais vraiment accepté les conditions et se verrait systématiquement minorisé, aliéné, incapable d’une émancipation complète.
     

Ruines et mirages de la troisième voie

28 août 2026 à 12:12

Plusieurs vulgarisateurs aiment comparer le Québec à un adolescent devenu assez grand pour voler de ses propres ailes. Mais une analogie plus fidèle et moins infantilisante serait plutôt celle de Robert Charlebois dans L’Indépendantriste : le Québec et le Canada sont un couple dysfonctionnel, un mariage arrangé devenu mariage de raison, mais dont l’un des partenaires n’a jamais vraiment accepté les conditions et se verrait systématiquement minorisé, aliéné, incapable d’une émancipation complète. Dans cette optique, les promesses de la troisième voie pourraient être comparées à celles d’un conjoint qui clame « je vais changer! » pour éviter que sa femme ne fasse ses valises. 

On a beau rire de la blague de Deschamps sur le Québec indépendant dans un Canada uni, mais force est d’admettre que ce genre de proposition est toujours très populaire. Le grand défi du mouvement souverainiste est là : faire comprendre aux indécis que la troisième voie ne fonctionnera jamais, que le régime fédéral est fait pour concentrer toujours plus le pouvoir, qu’il n’y a pas de différence réelle entre le fédéralisme que nous subissons depuis trop longtemps et l’autonomie qu’on nous promet depuis à peu près aussi longtemps. Le mouvement souverainiste doit jouer le rôle de l’amie qui aide une conjointe malheureuse à comprendre que son partenaire ne changera pas. 

Les appuis au projet souverainiste sont étonnamment stables depuis les dernières décennies : un peu plus du tiers de la population y est favorable. Plusieurs opposants en concluent abusivement que les deux tiers des Québécois désirent rester dans le Canada tel qu’il est actuellement. Mais en réalité, les véritables fédéralistes, au Québec, sont plutôt rares. Personne ne serait assez fantasque pour proposer de signer la Constitution qui nous a été imposée, et la plupart des gens semblent vouloir oublier l’anormalité de cette situation. Même au PLQ, l’attachement au régime actuel ne peut se justifier que par l’affirmation du caractère distinct de notre nation et la défense d’une certaine autonomie, ce qui s’éloigne beaucoup du modèle centralisateur de son grand-frère fédéral, du moins en théorie. 

Si tant de gens sont frileux face à l’indépendance, c’est qu’ils croient encore qu’il doit exister une possibilité de compromis entre cette option trop radicale et celle du statu quo. On voit là une tendance typiquement québécoise à chercher un moyen de moyenner. Or l’idée d’un « beau risque », d’un fédéralisme « renouvelé », « d’ouverture » ou « asymétrique » a déjà été tentée. L’autonomisme qui nous avait été promis par Legault, et qui est aujourd’hui repris par Fréchette et Duhaime, n’est pas bien différent de ce qu’ont pu proposer Bourassa, Layton, Mulroney, Dumont, Duplessis ou Harper. Même des Charest et des Couillard ont prétendu vouloir assurer au gouvernement québécois une certaine autonomie dans certains champs de compétence. Toutes ces tentatives ont été des échecs, et une province dont la devise est Je me souviens gagnerait à en tirer des leçons. 

Ce sera probablement le principal obstacle du camp du Oui lors d’un prochain référendum : des députés promettront de « mettre leurs sièges en jeu » pour que le Québec puisse s’épanouir au sein de la fédération. Des citoyens de bonne foi voudront « donner une dernière chance au Canada », en oubliant toutes les fois où ces dernières chances ont été gâchées. Des militants souverainistes tenteront de combattre les arguments fédéralistes en oubliant que leur principal adversaire n’est pas le régime canadien actuel, mais le fantasme qu’un trop grand nombre d’entre nous entretiennent de voir le Canada nous accorder l’autonomie à laquelle nous aspirons sans que nous ayons à assumer pleinement toutes nos responsabilités. 

Plusieurs militants aiment perdre leur temps en querelles intestines et en procès de pureté, remettant en question la réelle ferveur souverainiste de tel parti, de telle organisation ou de telle personne. Une approche plus constructive serait plutôt d’aller voir les deux tiers de nos concitoyens pour questionner leur ardeur fédéraliste : es-tu vraiment attaché au Canada tel qu’il est? Ou au Canada tel que tu crois qu’il pourrait être? Ou tel que tu voudrais qu’il soit? 

On reproche souvent aux indépendantistes de vendre du rêve. Il est temps de renverser ce reproche en faisant la démonstration que la véritable illusion est celle d’un Canada respectueux des aspirations du Québec.

Élections au Québec: qu’ont-elles de particulier cette année? Quels sont les enjeux? 

28 août 2026 à 00:03

À compter d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de la campagne électorale qui vient de commencer, InfoBref vous présente chaque vendredi un épisode Éclairage du balado InfoBref pour en suivre les événements, débats et tendances essentiels.

En 10 à 15 minutes, notre collaborateur Patrick White, politologue, ancien journaliste politique et actuellement professeur à l’École des médias de l’Uqam, nous résume chaque semaine les grandes lignes de ce qu’il faut savoir d’ici le vote du 5 octobre.

À regarder dans la chaine YouTube d’InfoBref

À écouter à  InfoBref.com/audio  |  Apple Podcasts  |  Spotify

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Voici comment les chefs des cinq partis ont entamé leur campagne 

27 août 2026 à 21:35

Caq 

Christine Fréchette était à Québec.  

Elle fait de la guerre commerciale avec les États-Unis la question de l’urne, et a désigné Donald Trump comme son «véritable adversaire». 

Parti conservateur du Québec  

Éric Duhaime était dans Bellechasse, dans Chaudière-Appalaches, où il se présente. 

Il soutient que les Québécois ne s’intéressent pas aux positions de ses candidats – l’un d’entre eux s’était dit en faveur de l’annexion du Canada par les États-Unis – mais plutôt aux solutions pour «dégraisser» l’État québécois. 

Parti libéral du Québec

Charles Milliard était à Québec. 

Milliard affirme qu’il est temps d’offrir aux Québécois des solutions. 

Il a fait plusieurs annonces pour la Capitale-Nationale, dont des mesures visant à améliorer la mobilité. 

Parti québécois 

Paul St-Pierre Plamondon était dans sa circonscription, Camille-Laurin, à Montréal.

Il refuse de laisser la guerre commerciale «confisquer» l’élection, et affirme que le Parti québécois est l’«équipe économique la plus solide» face à Donald Trump. 

Québec solidaire 

Ruba Ghazal et Sol Zanetti étaient au Vieux-Port de Montréal. 

Ils placent le logement, le coût de l’épicerie, le transport collectif, la redistribution de la richesse et l’indépendance en tête de leurs priorités.

[L'article Voici comment les chefs des cinq partis ont entamé leur campagne  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Le gouvernement fédéral modifie sa liste de futurs contre-tarifs douaniers 

27 août 2026 à 21:30

Joanna Thompson, ministre fédérale des pêches, a indiqué que les produits du secteur des fruits de mer et du poisson seraient retirés de la liste de contre-tarifs canadiens qui doivent entrer en vigueur le 8 septembre.

Thompson a assuré que la riposte fédérale resterait toutefois «équivalente au dollar près et au taux près» aux droits de douane américains. 

Un porte-parole du gouvernement fédéral a dit à Bloomberg que les droits de douane sur les produits de la mer seraient remplacés par des tarifs de 50% sur le cuivre et le charbon de bois américains. 

[L'article Le gouvernement fédéral modifie sa liste de futurs contre-tarifs douaniers  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Le Canada a attiré des dizaines de chercheurs établis aux États-Unis

27 août 2026 à 21:24

Le gouvernement Carney avait instauré l’an dernier un financement de 1,7 milliard $ pour attirer ou ramener au Canada «les meilleurs talents». 

Mélanie Joly, ministre fédérale de l’industrie, a annoncé hier que 540 millions $ avaient permis de recruter une première cohorte de 64 chercheurs. 

Ces chercheurs ont accepté un poste de titulaire de chaire de recherche au pays. 

  • Selon plusieurs médias, 48 d’entre eux travaillaient auparavant aux États-Unis.

[L'article Le Canada a attiré des dizaines de chercheurs établis aux États-Unis a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Un LOUPerivois dans la bergerie
    Mourir pour des idées À la fin de la Seconde Guerre mondiale et au fur et à mesure qu’étaient dévoilées les exactions et atrocités commises par Staline, nombre d’intellectuels français qui avaient adhéré aux idéaux du communisme ont commencé à déchanter et à quitter les rangs du parti. Désillusionnés, ils se sont sentis trompés ces poètes, chanteurs, peintres et consorts qui, en toute bonne foi, avaient cru à un monde meilleur, à une réelle prise en main de leur existence par les « prolétaire
     

Un LOUPerivois dans la bergerie

27 août 2026 à 12:30

Mourir pour des idées

À la fin de la Seconde Guerre mondiale et au fur et à mesure qu’étaient dévoilées les exactions et atrocités commises par Staline, nombre d’intellectuels français qui avaient adhéré aux idéaux du communisme ont commencé à déchanter et à quitter les rangs du parti. Désillusionnés, ils se sont sentis trompés ces poètes, chanteurs, peintres et consorts qui, en toute bonne foi, avaient cru à un monde meilleur, à une réelle prise en main de leur existence par les « prolétaires de tous les pays ».

Ma propre génération n’a pas échappé à ce piège du miroir aux alouettes. Ainsi la formation des kibboutz en Israël a pu correspondre pour nous à un véritable renouveau, à une exaltante odyssée où un peuple presque décimé à peine quelques décennies plus tôt parvenait maintenant, au sein d’unités proches des idéaux collectivistes d’un Charles Fourier, à se redessiner un territoire, à enraciner un pays à même l’aridité du désert. Adamo chantait : « Requiem pour six millions d’âmes / […] qui malgré le sable infâme / ont fait pousser six millions d’arbres ».

À la même époque, en Chine, Mao Zedong s’acharnait à éradiquer ces dynasties de seigneurs de la guerre et autres roitelets qui avaient tenu des millions d’êtres humains sous leur férule pendant des siècles. Il faut pouvoir lire l’Histoire à rebours, éliminer les couches de sédiments qui s’y sont déposées et cristallisées au fil des ans. Il fut un temps où Mao était un héros, acclamé partout en Occident, son célèbre col (Mao) étant même devenu vêtement fétiche non seulement pour quelques rares aficionados mais au sein même des élites les plus huppées de la mode du moment. De même son Petit Livre rouge distribué à des millions d’exemplaires était un must au cœur des rayons de la bibliothèque de tout révolutionnaire de bon aloi.

Plus près de nous, dans la mer des Caraïbes, un jeune avocat du nom de Fidel Castro accompagné de son frère Raùl et de vaillants camarades dont Camilio Cienfuegos et Ernesto Che Guevara parvient à déloger un malfrat du nom de Fulgencio Batista, un dictateur corrompu qui à toutes fins utiles a vendu l’île à la Cosa Nostra, la pègre américaine. Encore là, Fidel est encensé par tous ceux et celles qui ont le cœur à gauche et la réussite de la révolution cubaine s’impose désormais à l’époque comme un modèle, la preuve tangible que le célèbre cri de ralliement pueblo unido jamas sera vencido n’est pas qu’un slogan creux et idéaliste mais s’impose comme une vérité : un peuple uni peut réellement parvenir à juguler les forces de l’obscurantisme qui le subjuguent. C’est cette fois Jean Ferrat qui se réjouit en s’écriant tout aussitôt Cuba si! Et le Che devient une icône internationale.

On connaît la suite et l’immonde traitement que fait subir à un peuple sans défense et sans moyens un empereur américain revanchard tout fier, du haut de sa dégoulinante bouffissure, de mâchouiller les derniers débris d’une révolution avortée. La Chine a resserré l’étau que Mao avait si laborieusement construit et, s’inspirant des plus lugubres cauchemars empruntés à Big Brother, circonscrit, fiche et catalogue aujourd’hui chacun de ses citoyens à l’aide d’un réseau de caméras omniprésentes, tout comme on le fait par ailleurs à Téhéran. Et se drapant derrière ce même voile d’opacité et de déréliction qui s’abat sur l’humanité, Israël en profite pour s’imposer comme le plus féroce prédateur au Moyen-Orient, déployant ses tentacules meurtrières et frappant sur tout ce qui bouge, de la bande de Gaza au Liban, en passant par la Cisjordanie.

Voilà comment les élans de libération des peuples sont pervertis, comment des groupuscules ou des entités voués à leur naissance à de nobles idéaux sont récupérés peu à peu, dévoyés de leurs légitimes objectifs premiers, broyés dans le collimateur de l’Histoire ou de la realpolitik à la faveur des lubies ou de l’inexpérience de leurs instigateurs, parce que ces derniers ont succombé aux sirènes ou aux vanités du pouvoir, ou simplement parce qu’ils n’ont pas su comment endiguer ces terribles et indomptables forces qu’ils s’étaient ingéniés à susciter.

Brassens chantait : « Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente » et, prudent, il ajoute aussitôt : « Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure pour des idées n’ayant plus cours le lendemain ».  Pour notre plus grand malheur cependant, il y en a une idée qui ne semble jamais mourir : celle de la prédation, de l’appât du gain, de la cupidité, de la soif de pouvoir, cette pulsion destructrice qui gangrène la vie et nous laissera tous bientôt exsangues, nous lamentant aux bords du gouffre.

La campagne électorale débute officiellement aujourd’hui 

26 août 2026 à 21:14

Christine Fréchette rencontrera ce matin la lieutenante-gouverneure du Québec. 

Elle lui demandera, comme le veut la tradition, de dissoudre l’Assemblée nationale afin de déclencher les élections.

Les Québécois sont appelés aux urnes le lundi 5 octobre. 

La campagne durera 39 jours, soit la plus longue période autorisée.

127 députés siégeront désormais à l’Assemblée nationale. 

  • Deux sièges ont été ajoutés lors du remaniement de la carte électorale. 

À la veille du déclenchement des élections:

  • la Caq avait 79 députés;
  • le Parti libéral du Québec, 18; 
  • Québec solidaire, 11;
  • le Parti québécois, 7; 
  • le Parti conservateur du Québec, 1;
  • 9 députés étaient indépendants.

Fréchette tiendra une conférence de presse à 11 h avant d’entamer sa propre campagne. 

[L'article La campagne électorale débute officiellement aujourd’hui  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • EN RAFALE 
    Paul Saint-Pierre-Plamondon a annoncé le retrait de la candidature de Vincent Marissal à Québec. Le chef péquiste a indiqué que Marissal aurait prêté, via un site d’échange de logements, l’appartement pour lequel il recevait une allocation de l’Assemblée nationale.  Le Parti conservateur du Québec promet de réduire le taux de l’impôt sur le revenu des sociétés de 11,5% à 4,7% au cours du premier mandat d’un gouvernement conservateur.  Québec solidaire s’engage à prendre en charge le m
     

EN RAFALE 

26 août 2026 à 21:12

Paul Saint-Pierre-Plamondon a annoncé le retrait de la candidature de Vincent Marissal à Québec. Le chef péquiste a indiqué que Marissal aurait prêté, via un site d’échange de logements, l’appartement pour lequel il recevait une allocation de l’Assemblée nationale. 

Le Parti conservateur du Québec promet de réduire le taux de l’impôt sur le revenu des sociétés de 11,5% à 4,7% au cours du premier mandat d’un gouvernement conservateur. 

Québec solidaire s’engage à prendre en charge le matériel scolaire, en remplaçant le supplément de fournitures scolaires de 127 $ par enfant par un achat groupé des fournitures effectué par le Centre d’acquisitions gouvernementales.

[L'article EN RAFALE  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Bill Gates plaide pour une réglementation plus stricte de l’IA

26 août 2026 à 20:42

Le fondateur de Microsoft croit que l’intelligence artificielle présente un défi «monumental» pour l’humanité.

Dans un long essai publié en ligne et dont la portée est amplifiée par une entrevue qu’il a donnée au New York Times, le célèbre entrepreneur devenu philanthrope fait plusieurs suggestions dont:

  • imposer une taxe pour décourager les organisations de remplacer des employés par l’IA – et distribuer les fonds ainsi perçus aux travailleurs qui auront perdu leur emploi à cause de l’IA;
  • réserver certaines tâches aux humains en interdisant qu’elles soient confiées à l’IA ou à des robots.

[L'article Bill Gates plaide pour une réglementation plus stricte de l’IA a d'abord été publié dans InfoBref.]

Riposte canadienne aux tarifs douaniers américains – voici l’essentiel 

25 août 2026 à 20:33

Le gouvernement fédéral a présenté des mesures en représailles aux droits de douane américains entrés en vigueur samedi dernier. 

À compter du 8 septembre, le Canada imposera des taxes à l’importation de 15%, 25% ou 50% sur environ 700 produits américains.

Secteurs les plus touchés 

  • acier
  • produits laitiers
  • électroménagers
  • matériel agricole
  • pâtes et papiers 
  • électronique

Ces contres-tarifs ne visent que des produits frappés par des tarifs américains. 

Ils s’appliqueront à presque 28 milliards $ d’exportations annuelles des États-Unis vers le Canada.

  • C’est un montant équivalent à celui des exportations canadiennes vers les États-Unis visées par les nouveaux tarifs américains. 

Réponse américaine à la riposte canadienne 

Donald Trump avait dès lundi, avant qu’on connaisse le détail des contre-tarifs, menacé de porter à 50% en janvier prochain les tarifs américains sur les voitures, les camions, les pièces automobiles et l’acier canadiens.

[L'article Riposte canadienne aux tarifs douaniers américains – voici l’essentiel  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Guerre commerciale: le gouvernement Carney a annoncé des mesures d’aide totalisant 7,5 milliards $

25 août 2026 à 20:29

Principales mesures pour les entreprises

  • créer un fonds de diversification doté de 2 milliards $ pour soutenir les entreprises touchées par les droits de douane qui ont des projets prêts à démarrer;
  • bonifier de 1,5 milliard $ l’initiative qui aidait déjà les PME à faire face aux droits de douane;
  • injecter 500 millions $ dans un programme de la Banque de développement du Canada.

Principales mesures pour les travailleurs 

Ottawa compte prolonger plusieurs mesures de l’assurance-emploi visant à: 

  • éliminer la période d’attente d’une semaine;
  • permettre aux travailleurs de recevoir des prestations sans que les indemnités de cessation d’emploi ne soient d’abord épuisées;
  • accorder 20 semaines supplémentaires de prestations aux travailleurs de longue date. 

[L'article Guerre commerciale: le gouvernement Carney a annoncé des mesures d’aide totalisant 7,5 milliards $ a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • EN RAFALE
    Pablo Rodriguez, ancien chef du Parti libéral du Québec, n’a commis aucune infraction lors de la course à la chefferie du PLQ de l’an dernier, selon l’enquête de l’Unité permanente anticorruption. Nicolas Marceau, ancien ministre des finances de Pauline Marois, sera candidat pour le Parti québécois dans la circonscription de Marie-Victorin, en Montérégie.  Clodine Desrochers, ancienne animatrice de Radio-Canada et TVA, sera candidate pour la Caq dans la circonscription de Joliette, da
     

EN RAFALE

25 août 2026 à 20:22

Pablo Rodriguez, ancien chef du Parti libéral du Québec, n’a commis aucune infraction lors de la course à la chefferie du PLQ de l’an dernier, selon l’enquête de l’Unité permanente anticorruption.

Nicolas Marceau, ancien ministre des finances de Pauline Marois, sera candidat pour le Parti québécois dans la circonscription de Marie-Victorin, en Montérégie. 

Clodine Desrochers, ancienne animatrice de Radio-Canada et TVA, sera candidate pour la Caq dans la circonscription de Joliette, dans Lanaudière. 

[L'article EN RAFALE a d'abord été publié dans InfoBref.]

Le gouvernement fédéral commande ses brise-glaces au Québec

24 août 2026 à 20:58

Mark Carney a annoncé que le gouvernement fédéral avait confié à Chantier Davie, à Lévis, dans Chaudière-Appalaches, la construction de six brise-glaces.

Le gouvernement veut remplacer les brise-glaces vieillissants de la Garde côtière canadienne. 

Ces imposants navires:

  • ouvrent les voies commerciales maritimes;
  • répondent aux appels de bateaux en détresse.

Les nouveaux brise-glaces seront construits à partir d’acier et d’autres matériaux canadiens.

Selon Ottawa, le premier sera prêt dans 5 ans et l’ensemble de la flotte, avant 2038.

Le montant total du contrat s’élève à plus de 11 milliards $. 

[L'article Le gouvernement fédéral commande ses brise-glaces au Québec a d'abord été publié dans InfoBref.]

Presque tous les principaux partis au Québec adhèrent à un code de conduite sur l’IA 

24 août 2026 à 20:54

Ivado, un consortium de recherche en intelligence artificielle piloté par l’Université de Montréal, a créé l’automne dernier un code visant à encadrer un usage responsable de l’IA en politique.

En adhérant au code, les partis s’engagent notamment à: 

  • favoriser la transparence; 
  • limiter les risques liés aux hypertrucages et aux contenus trompeurs. 

La Caq et Québec solidaire avaient adhéré à ce code de conduite en mars dernier. 

Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec viennent de signer. 

Le Parti conservateur du Québec est le seul à ne pas adhérer au code.

[L'article Presque tous les principaux partis au Québec adhèrent à un code de conduite sur l’IA  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • EN RAFALE
    Vincent Marissal sera candidat pour le Parti québécois dans la circonscription de Taschereau, à Québec. Député de Rosemont, à Montréal, depuis 2018, Marissal avait quitté Québec solidaire en novembre dernier. Il siégeait depuis comme indépendant.  Le Parti conservateur du Québec s’engage à atteindre l’équilibre budgétaire d’ici quatre ans. Pour y parvenir, il compte réduire les dépenses et supprimer des programmes, dont le Fonds du développement économique et le Fonds vert. La Caq a d
     

EN RAFALE

24 août 2026 à 20:53

Vincent Marissal sera candidat pour le Parti québécois dans la circonscription de Taschereau, à Québec. Député de Rosemont, à Montréal, depuis 2018, Marissal avait quitté Québec solidaire en novembre dernier. Il siégeait depuis comme indépendant. 

Le Parti conservateur du Québec s’engage à atteindre l’équilibre budgétaire d’ici quatre ans. Pour y parvenir, il compte réduire les dépenses et supprimer des programmes, dont le Fonds du développement économique et le Fonds vert.

La Caq a dévoilé son slogan pour la campagne électorale: «Avançons». Tous les autres partis avaient déjà leur slogan [détails (20 août)].

[L'article EN RAFALE a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Assisterons-nous au grand retour des CLSC au Québec?
    Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) dévoilait récemment sa toute nouvelle Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne. Après des années de déstructuration et de dépouillement des centres locaux de services communautaires (CLSC), cette politique annonce l’intention du gouvernement de repositionner les CLSC comme point d’ancrage de la première ligne, voire comme « porte d’entrée » pour les personnes en quête de soins ou de services. Assistero
     

Assisterons-nous au grand retour des CLSC au Québec?

24 août 2026 à 13:45

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) dévoilait récemment sa toute nouvelle Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne. Après des années de déstructuration et de dépouillement des centres locaux de services communautaires (CLSC), cette politique annonce l’intention du gouvernement de repositionner les CLSC comme point d’ancrage de la première ligne, voire comme « porte d’entrée » pour les personnes en quête de soins ou de services. Assisterons-nous prochainement au grand retour du modèle des CLSC au Québec?

Ces dernières années, au gré de réformes très impopulaires en santé et en services sociaux, nous avons essentiellement assisté au déplacement de la porte d’entrée de notre réseau. Pour désengorger les urgences, nous disait-on, il était impératif de revoir le modèle d’accès aux soins et services. Et c’est ce qu’on nous répète depuis plus de 20 ans, alors qu’aujourd’hui encore, plus de 600 000 personnes n’ont pas accès à un médecin de famille au Québec, dont près du tiers seraient considérées comme vulnérables.

Du CLSC au GMF

Opérés ou détenus en majorité par des médecins, les groupes de médecine de famille (GMF) sont en quelque sorte venus remplacer le point d’accès en première ligne qu’était jadis le CLSC. Dans leur présentation initiale, les GMF devaient pourtant être complémentaires à l’offre de soins et de services en CLSC. Depuis le début des années 2000, plus de 400 GMF ont vu le jour au Québec. Pendant cette même période, le nombre de CLSC, lui, a stagné et bon nombre d’entre eux ont vu leurs services réduits, ce qui permet de remettre en question la thèse de la complémentarité entre ces services.

Le but des GMF était simple : augmenter la capacité de prise en charge médicale de la population afin d’éviter une surcharge des urgences, tout en assurant une bonne allocation des ressources et une meilleure prévention en santé, en privatisant en quelque sorte la gestion des services. Leur implantation a nécessité un important effort d’inscription des Québécoises et des Québécois auprès d’un médecin de famille ou d’un guichet d’accès pour les personnes en attente.

Le modèle du CLSC, pour sa part, reposait sur un fonctionnement tout autre. Il présentait de grands avantages puisqu’il était responsable de la gestion et de l’opérationnalisation des soins en première ligne : facilité d’accès sans rendez-vous, absence de patients orphelins, soins et gestion de proximité, arrimages communautaires-médicaux, planification locale en fonction de critères populationnels, etc. Il comportait cependant un défaut originel, une limite héritée de la création même de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) : l’incapacité à recruter des médecins salariés pour y œuvrer.

Au Québec, les médecins sont incorporés comme des entreprises. Que ce soit en GMF ou en CLSC, le médecin que monsieur ou madame Tout-le-monde consulte est en fait un entrepreneur qui facture ses services à notre réseau public – une entreprise ayant essentiellement un seul client : la RAMQ. Nous assistons d’ailleurs aujourd’hui à la multiplication des incursions de grands consortiums privés dans la médecine familiale au Québec. De grands groupes – MAclinique, Medway, ELNA ou encore des fonds privés comme ceux de Telus Santé – cherchent des opportunités d’affaires avec la multiplication des GMF. Ces organisations offrent aux médecins de se regrouper en leur sein et d’y exercer en échange d’une prise en charge complète des volets administratif, locatif et des ressources humaines. En peu de temps, ces groupes en sont venus à se substituer à ce que l’État offrait jadis aux médecins, mais en version privée et lucrative, que nous payons collectivement à fort prix, souvent sans le savoir.

Et la politique de première ligne dans tout ça?

L’attachement des Québécois au modèle des CLSC est très fort. Pour les plus âgés, le CLSC symbolise la nationalisation des soins de santé, qui étaient auparavant privés, sous-développés et largement inaccessibles. C’est aussi le symbole d’une époque où notre réseau public produisait des résultats concrets et offrait des services réellement accessibles. Pour les plus jeunes, cela relève presque du mythe : celui d’un projet collectif visant à se doter d’un réseau public, gratuit, décentralisé et démocratiquement géré.

Malgré un lancement quelque peu pompeux, la nouvelle politique du MSSS ne vise pas à restituer aux CLSC les pleins pouvoirs sur la gestion de la première ligne. Elle cherche plutôt à rétablir les territoires de CLSC comme cadre de gestion. Concrètement, ces territoires seront désormais responsables de la planification du déploiement des soins et des services et feront du CLSC un guichet d’accès unique en première ligne. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction. Toutefois, rien n’indique pour l’instant que les CLSC redeviendront responsables de la dispensation des soins et des services. Ils seront plutôt appelés à gérer les flux. À ce jour, aucun financement additionnel significatif n’a été annoncé pour soutenir ce nouveau mandat, ce qui inquiète grandement le personnel des CLSC, déjà à bout de souffle.

S’il faut saluer le fait qu’une politique gouvernementale vise à rapprocher la planification des soins des milieux où ils sont offerts, de nombreux défis demeurent. Comment cette politique s’inscrira-t-elle dans le virage vers la mégastructure de l’Agence Santé Québec? Quelles ressources seront déployées pour permettre une meilleure représentation des collectivités dans la planification, à l’échelle des territoires de CLSC? Quels pouvoirs seront réellement confiés aux communautés locales? Pour le moment, les réponses demeurent incertaines, se préciseront-elles à l’approche des élections de l’automne?

Pour la suite

Face aux nombreux enjeux – matériels, financiers, humains et démocratiques – auxquels notre réseau public de santé et de services sociaux fait face, il est urgent de renouer avec une tradition québécoise de dialogue social. Devant la progression rapide de la privatisation en santé, il importe de prendre un recul collectif afin de déterminer la direction que nous souhaitons donner à notre réseau public.

Le gouvernement Fréchette lance deux programmes pour aider les entreprises

23 août 2026 à 21:01

À la suite de l’échec des négociations commerciales Canada–États-Unis, Québec a mis en place deux nouveaux programmes de soutien aux entreprises. 

PME 

Le Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises propose: 

  • des prêts sans intérêt pouvant atteindre 150 000 $; 
  • un moratoire sur le remboursement du capital pendant 12 mois. 

Secteur manufacturier et secteur primaire 

Le programme Fonds offensif pour le renforcement des capacités économiques propose: 

  • des prêts pouvant atteindre 50 millions $, sans intérêt la première année; 
  • un moratoire de remboursement du capital allant jusqu’à 24 mois. 

[L'article Le gouvernement Fréchette lance deux programmes pour aider les entreprises a d'abord été publié dans InfoBref.]

Tous les partis d’opposition ont leur slogan pour la campagne

20 août 2026 à 23:30

Par ordre alphabétique:

Parti conservateur du Québec: «Oser pour vrai», dévoilé le 6 août par le chef conservateur Éric Duhaime.

Parti libéral du Québec: «Rassembler. Réparer. Bâtir.», pas encore dévoilé officiellement, mais utilisé depuis plusieurs jours par le parti libéral.

Parti québécois: «Le choix de la confiance», dévoilé mercredi par le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Québec solidaire: «C’est possible», dévoilé hier par les porte-paroles solidaires Ruba Ghazal et Sol Zanetti.

Sol Zanetti a dit hier à InfoBref que QS comptait mener une campagne «positive et créative».

  • Le parti a choisi des visuels créés par des artistes québécois.

La Caq n’a pas encore présenté son slogan.

[L'article Tous les partis d’opposition ont leur slogan pour la campagne a d'abord été publié dans InfoBref.]

Québec solidaire n’attendrait pas le départ de Trump pour tenir un référendum sur l’indépendance

20 août 2026 à 22:00

Sol Zanetti, co-porte-parole de Québec solidaire, a expliqué à InfoBref quel chemin vers l’indépendance emprunterait un gouvernement solidaire.

Contrairement au Parti québécois, Québec solidaire n’attendrait pas que Donald Trump quitte la présidence des États-Unis, en janvier 2029, pour tenir un référendum sur l’indépendance du Québec. 

Pour QS, seuls le processus québécois et la date à laquelle le projet de constitution serait prêt devraient déterminer la date de la tenue d’un futur référendum. 


La démarche du Québec vers l’indépendance «ne doit pas dépendre de qui est le président des États-Unis», affirme le député de Jean-Lesage, à Québec. 

«On ne sait pas qui va arriver après Trump», note-t-il. Son départ ne marquera pas forcément «un retour de la stabilité géopolitique mondiale». 

«Dans un climat instable, dit-il, il est encore plus urgent de prendre nos décisions nous-mêmes.» 

À l’intérieur d’un premier mandat, Québec solidaire compte: 

  • élaborer la démarche constituante avec les Premières Nations;
  • mener une grande consultation sur l’ensemble du territoire; 
  • rédiger un projet de constitution du Québec; 
  • soumettre ce projet à un référendum; et
  • si c’est le choix que font les Québécois, déclarer l’indépendance du Québec.  

«C’est important que le processus d’indépendance soit mené en un seul mandat, indique Sol Zanetti: ce serait catastrophique de démarrer le processus sans le terminer.» 

  • L’arrivée d’un gouvernement opposé au projet d’indépendance pourrait «compromettre l’avenir du pays». 

Or, selon le porte-parole solidaire, les étapes vers l’indépendance prévues par le Parti québécois dépasseraient la durée d’un mandat. 

La date du référendum dépendra d’abord des discussions avec les Premières Nations.

  • «La démarche constituante doit rejoindre leurs aspirations et leurs exigences», assure Sol Zanetti. 

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Québec solidaire proposerait une constitution avant le référendum pour:

  • offrir aux Premières Nations «des garanties sur le maintien de leurs droits»;
  • «construire un projet» pour permettre aux Québécois de savoir «dans quoi ils s’embarquent». 

QS est le premier parti qui propose d’élaborer une constitution définitive avant de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec. 

  • Contrairement aux précédents référendums, «on ne demanderait pas un chèque en blanc».   

Si les Québécois disent oui, Québec solidaire prévoit de «rencontrer le gouvernement canadien pour organiser la séparation». 

Le gouvernement solidaire négocierait notamment avec Ottawa «le partage des actifs, de la dette, un traité de libre circulation de la main-d’œuvre et des marchandises».  

Mais, «on ne négocie pas sa liberté, on la prend», assure Sol Zanetti. 

[L'article Québec solidaire n’attendrait pas le départ de Trump pour tenir un référendum sur l’indépendance a d'abord été publié dans InfoBref.]

Les conservateurs promettent des baisses d’impôts aux familles 

19 août 2026 à 20:35

Le Parti conservateur du Québec a dévoilé hier sa plateforme électorale en vue des élections d’octobre.

Natalité 

Le PCQ s’engage à baisser les impôts des familles dès la naissance d’un premier enfant.

  • Aucun montant précis n’a été annoncé pour cette mesure. 

Logement 

Pour aider les familles à se loger, les conservateurs comptent notamment: 

  • déréglementer le secteur de la construction; 
  • réduire les exigences du code du bâtiment.

Autonomie 

Le parti propose de doter le Québec: 

  • d’une constitution; 
  • d’un hymne national; 
  • d’un bouclier législatif contre les intrusions du gouvernement fédéral dans ses champs de compétence.

[L'article Les conservateurs promettent des baisses d’impôts aux familles  a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Parcs éoliens : la promesse de la démesure
    On a besoin des artistes, des objecteurs de conscience; on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capables d’avancer collectivement. – Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef et membre des Cowboys Fringants L’été est là. Vous vous apprêtez peut-être à vous fondre dans les paysages bas-laurentiens. Mais savez-vous que des mégaprojets de développement éolien transformeront ces paysages? Depuis qu’au nom d’une « transition énergétique », le gouv
     

Parcs éoliens : la promesse de la démesure

19 août 2026 à 13:24

On a besoin des artistes, des objecteurs de conscience; on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capables d’avancer collectivement.

– Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef et membre des Cowboys Fringants

L’été est là. Vous vous apprêtez peut-être à vous fondre dans les paysages bas-laurentiens. Mais savez-vous que des mégaprojets de développement éolien transformeront ces paysages?

Depuis qu’au nom d’une « transition énergétique », le gouvernement a décidé d’ajouter 10 000 MW d’énergie éolienne dans son réseau, tout le Québec est touché par l’éolien, sauf la riche région de Memphrémagog qui aurait défendu que ses paysages méritaient d’être préservés : hors de notre champ de vision les paysages aux allures industrielles!

Ça veut dire quoi?

En plus des 482 éoliennes déjà installées au Bas-Saint-Laurent et dont certaines arrivent en fin de vie (Que faire des tonnes de pâles usées? Recherches de solutions toujours en cours…), on doit bientôt compter 103 éoliennes pour Pohénégamook, Picard, Saint-Antonin et Wolastokuk (phases 1 et 2), 45 éoliennes pour Dégelis et Saint-Jean-de-la-Lande, 20 éoliennes pour Saint-Damase et Saint-Noël.

Ça, c’est ce qui est déjà dans « la machine », il faut ajouter des zones très sérieusement à l’étude : Wocawson (150 éoliennes?), Wetsok : MRC de Montmagny, L’Islet, Kamouraska, Rivière-du-Loup et Témiscouata (240 éoliennes?); Gespe’gewa’gi qui correspond à la Gaspésie et à l’Est du Bas-Saint-Laurent (1000 éoliennes?).

Résister

Un soir de mai, une quarantaine de personnes sont réunies à Témiscouata-sur-le-Lac pour écouter Tina et Étienne, tous deux engagés dans Éoloin, un des nombreux groupes qui s’activent dans différentes régions dans le but de susciter la réflexion à propos de l’implantation de l’éolien, des groupes qui veillent, qui tentent de se faire entendre et de combler le déficit démocratique que le développement éolien a tout simplement soufflé. La dense présentation du comité Éoloin, que tout le monde devrait voir et dont je ramènerai ici quelques fragments, dessine le revers de la médaille.

« Notre économie dans le Témiscouata repose sur l’acériculture, la foresterie et la villégiature. Et l’éolien fragilise tous nos moteurs économiques, dira avec assurance Tina. S’il y avait de véritables consultations, on pourrait peut-être décider ensemble que sur telle partie du territoire on accepte qu’il y ait des éoliennes. Mais de la façon dont ça se fait présentement, sans vue d’ensemble, sans BAPE générique, en laissant les partenaires privés aller frapper aux portes pour offrir de l’argent en échange d’une éolienne, c’est non.  Ça ne peut pas se faire comme ça. »  Bienvenue au Far-West des gisements de vent. Le bar est ouvert. En plus, l’Alliance de l’énergie de l’Est, partenaire de tous les projets avec des promoteurs privés (de Montmagny jusqu’aux îles de la Madeleine) et dont le conseil d’administration est formé uniquement d’élus (où sont passés les acteurs de la société civile?), assure que l’acceptabilité sociale est là. Ah bon? À voir tous les articles qui s’écrivent, tous les regroupements qui se forment, même des élus déçus se regroupent, il est évident que le consensus en regard de la façon dont les projets se déploient, non il n’y en a pas….

D’ailleurs, en cherchant un peu, on est choqué d’apprendre que c’est l’Alliance qui a insisté auprès d’Hydro-Québec pour obtenir une ligne de transport électrique qui allait permettre le développement de tous les nouveaux parcs dans l’est. Dans la démesure qui semble être sa ligne d’approche, l’Alliance était même prête à construire elle-même la ligne… alors qu’Hydro-Québec avait des réserves1.

Dans cette course à l’éolien, on fait reposer l’acceptabilité sociale sur la promesse d’une transition énergétique, mais on ne peut faire l’équation que par exemple des emprises dans les précieuses érablières sont « le prix à payer, un sacrifice à faire » pour atteindre la carboneutralité. En fait, comme il n’y a pas de lignes directrices pour diminuer le recours aux énergies fossiles, les MW éoliens ne viendront que s’ajouter à l’offre2 (pour que prennent forment plus de projets énergivores comme des centres de données?). Le gouvernement vient d’ailleurs de repousser de 2030 à 2035 sa cible de réduction de GES et de diminuer les sommes pour y arriver. L’engagement dans une transition énergétique, c’est du vent… De plus, l’efficacité et la sobriété énergétiques qui pourraient nous permettre de développer moins de nouveaux projets ne sont pas mises de l’avant3. 

« On veut nous enfoncer un projet dans la gorge, mais le fait que l’éolien, c’est mieux que l’énergie fossile ne peut justifier la catastrophe qui s’annonce », dira avec colère un participant au Témiscouata. La catastrophe, elle est économique, en raison de la diminution de la valeur des propriétés, en raison des sommes colossales que les MRC empruntent pour devenir partenaires des projets, en raison du portefeuille de tous les Québécois qui s’alourdit pour financer le déploiement.

 La catastrophe, elle est environnementale. On parle de fragmentation du territoire, de compactage des sols, de multiplication de bases de béton (environ 1500 tonnes par éolienne), du bruit, de risques pour les puits, des avions de la SOPFEU qui pourront difficilement circuler dans certaines zones, de fragilisation de milieux humides, de chemins forestiers fraîchement déboisés assez larges et droits (de 21 mètres) pour faire circuler pâles et turbines. Et comme on refuse une analyse d’ensemble, on ne cherchera pas à connaître les effets de la multiplication des parcs sur la faune, la flore, les écosystèmes, l’économie, les communautés, les paysages.  Que se passe-t-il? A-t-on pris goût à foncer droit dans le mur comme on l’a fait avec d’autres filières?

Le développement éolien et les revenus qu’il génère pour le Bas-Saint-Laurent doivent être présentés pour ce qu’ils sont : un déploiement qui se fait dans une logique économique capitaliste pour simplement produire plus d’énergie et dont certains tireront de gros profits.

Faire entendre sa voix

À un citoyen du Témiscouata qui demandait « Qu’est-ce qu’on peut faire? », on pourrait répondre : combattons le sentiment d’impuissance. Ne soyons pas ce peuple qui a trop souvent « l’habitude des ruines » (Marie-Hélène Voyer) et ayons le courage de reconnaître que ce développement éolien tous azimuts, précipité et à l’aveugle ne nous représente pas, qu’il dégradera notre milieu alors que l’ère, on le sait, est à la préservation. Dans Charlevoix, on s’apprête d’ailleurs à empiéter sur le maigre territoire du caribou… C’est pour de « l’énergie verte », pourquoi on se gênerait?

Veillons sur notre territoire. Faisons entendre nos voix de toutes les manières, dans toutes les MRC. Signons la pétition pour un BAPE générique, exigeons une vue d’ensemble. Joignons des groupes4 qui essaient d’y voir clair. Un projet qui dépasse les mille éoliennes et qui ne garantit pas la carboneutralité, ça vaut bien mille questions!

1. « L’Alliance de l’énergie de l’Est explore l’idée de construire une ligne à haute tension », Radio-Canada, 2023, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1959219/eolien-transport-ligne-infrastructure-energie-electricite

2. Voir Iris, Projet de loi 69 : vers une transition énergétique?, 2024.

3. « Si le Québec choisissait la voie de la sobriété énergétique, il pourrait se décarboner en 2050 avec trois fois moins de nouvelle production d’électricité » Le Devoir, 31 janvier 2026.

4. Vigilance éolienne de l’est, Vent commun, Éoloin, Vent d’élus, Regroupement Vigilance Énergie Québec, Toujours Maîtres chez nous, etc.

Québec solidaire a présenté ses engagements pour ses 100 premiers jours de mandat

18 août 2026 à 20:51

Un gouvernement solidaire adopterait immédiatement 6 mesures: 

  • hausser le salaire minimum à 20 $;
  • plafonner les hausses de loyer aux taux d’inflation;
  • annuler la politique de retour au bureau visant les fonctionnaires;
  • créer un ministère des femmes et de l’égalité des genres;
  • fermer le bureau du Québec à Tel-Aviv;
  • bloquer les projets de pipelines et gazoducs sur le territoire québécois.

QS lancerait 3 grands chantiers, pour être réalisés au cours d’un premier mandat: 

  • mettre en place une assemblée constituante élaborée avec les Premières Nations;
  • instaurer un réseau commun public/privé en éducation;
  • réformer le mode de scrutin.

[L'article Québec solidaire a présenté ses engagements pour ses 100 premiers jours de mandat a d'abord été publié dans InfoBref.]

Un gouvernement péquiste attendrait le départ de Trump pour tenir un référendum

18 août 2026 à 20:31

Paul St-Pierre Plamondon a annoncé hier que si le Parti québécois remporte les élections en octobre:

  • il consultera les Québécois sur l’indépendance du Québec; 
  • mais il n’organisera pas de référendum sur la question tant que Donald Trump sera président des États-Unis.

Le second mandat de Trump doit se terminer en janvier 2029. 

Le mandat du prochain gouvernement québécois doit, lui, se terminer en octobre 2030.

Le chef péquiste soutient que l’avenir politique du Québec exige «un débat éclairé et serein», et que ce débat ne doit pas «être confisqué par les coups d’éclat d’un président imprévisible».

[L'article Un gouvernement péquiste attendrait le départ de Trump pour tenir un référendum a d'abord été publié dans InfoBref.]

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  • Churchill Falls: que prévoit la nouvelle entente? 
    Christine Fréchette et le premier ministre terre-neuvien Tony Wakeham ont présenté hier le nouveau contrat d’approvisionnement d’Hydro-Québec à partir de trois installations du Labrador:  la centrale de Churchill Falls;  la future centrale de Gull Island;  un projet d’énergie éolienne.  Si l’entente est ratifiée, le Québec obtiendrait à terme une capacité de 10 000 mégawatts et paierait en moyenne 6,2 cents du kWh.  Pour comparaison, l’entente conclue en 2024 prévoyait que
     

Churchill Falls: que prévoit la nouvelle entente? 

17 août 2026 à 22:15

Christine Fréchette et le premier ministre terre-neuvien Tony Wakeham ont présenté hier le nouveau contrat d’approvisionnement d’Hydro-Québec à partir de trois installations du Labrador: 

  • la centrale de Churchill Falls; 
  • la future centrale de Gull Island; 
  • un projet d’énergie éolienne. 

Si l’entente est ratifiée, le Québec obtiendrait à terme une capacité de 10 000 mégawatts et paierait en moyenne 6,2 cents du kWh. 

Pour comparaison, l’entente conclue en 2024 prévoyait que le prix de l’électricité de Churchill Falls payé par Hydro-Québec serait de:

  • 2 cents/kWh jusqu’en 2040; puis
  • 7 cents/kWh jusqu’en 2075.

Le projet dans son ensemble exigerait des investissements majeurs, de l’ordre de 70 milliards $, pour notamment:

  • agrandir la centrale de Churchill Falls;
  • construire celle de Gull Island;
  • construire de nouvelles lignes de transport d’électricité.

[L'article Churchill Falls: que prévoit la nouvelle entente?  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Paul St-Pierre Plamondon s’apprête à faire une annonce sur le référendum 

17 août 2026 à 21:45

Le chef du Parti québécois a indiqué hier qu’il ferait aujourd’hui «une déclaration importante» sur la proposition d’un référendum sur l’indépendance du Québec.

Selon La Presse, le chef péquiste aurait l’intention d’apporter des précisions sur son engagement à tenir un référendum s’il est porté au pouvoir en octobre. 

Dans un sondage Léger-Le Journal-TVA publié la semaine dernière, 31% des personnes interrogées disaient qu’elles appuyaient la souveraineté. 

[L'article Paul St-Pierre Plamondon s’apprête à faire une annonce sur le référendum  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Churchill Falls: Québec et Terre-Neuve-et-Labrador vont faire une annonce cet après-midi 

16 août 2026 à 20:24

Christine Fréchette est à Saint-Jean, la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador, avec Mark Carney.

Ils s’apprêtent à présenter, aux côtés du premier ministre terre-neuvien, un deuxième contrat d’approvisionnement d’Hydro-Québec à partir de la centrale de Churchill Falls, au Labrador, pour remplacer le contrat actuel en vigueur depuis 1969.

En 2024, après 4 ans de négociations, les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve avaient signé une entente de principe pour un nouveau contrat qui devait aller jusqu’en 2075.

Mais le gouvernement terre-neuvien avait ensuite demandé de renégocier l’entente.

[L'article Churchill Falls: Québec et Terre-Neuve-et-Labrador vont faire une annonce cet après-midi  a d'abord été publié dans InfoBref.]

Nouveaux tarifs américains: le gouvernement Fréchette «se prépare à tous les scénarios» 

13 août 2026 à 20:50

Christine Fréchette a réuni hier les principaux acteurs économiques québécois quelques jours avant la date prévue pour l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains de 50%, mercredi prochain. 

La première ministre a indiqué que ces nouvelles surtaxes américaines pourraient affecter jusqu’à 9% des exportations québécoises. 

Christopher Skeete, ministre des relations internationales, a rappelé, selon Radio-Canada, que la nouvelle politique internationale du gouvernement Fréchette pourrait amener le Québec à se soustraire à une éventuelle entente Canada–États-Unis qui empiéterait sur ses champs de compétence.

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Les conservateurs s’engagent à faire «un grand ménage» dans les dépenses publiques 

13 août 2026 à 20:42

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, a présenté plusieurs mesures qui visent à réduire les dépenses de l’État québécois de 47 milliards $ sur 5 ans. 

Pour y parvenir, le PCQ compte notamment: 

  • réduire les subventions directes et les crédits d’impôt aux entreprises; 
  • instaurer un gel permanent des embauches dans la fonction publique; 
  • accélérer la numérisation de l’État, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle.

Duhaime promet par ailleurs «les plus importantes baisses d’impôts et de taxes de l’histoire du Québec».

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Le Parti québécois a dévoilé son plan pour l’environnement 

12 août 2026 à 20:34

Les péquistes s’engagent à réduire, avant 2034, les émissions de gaz à effet de serre de 42,5% par rapport aux niveaux de 1990. 

  • L’engagement actuel du gouvernement est de les réduire de 37,5% d’ici 2035.

Pour atteindre son objectif, le PQ compte miser sur des incitatifs financiers, notamment pour l’achat de véhicules électriques et de thermopompes. 

Il s’engage à instaurer une passe universelle de transport collectif à 95 $ par mois. 

  • Elle pourrait être utilisée dans toutes les sociétés de transport au Québec. 

En 2022, le PQ avait proposé une passe de transport collectif à environ 30 $ par mois.

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Québec multiplie par dix les amendes minimales des industries à risque environnemental élevé

12 août 2026 à 20:27

À compter d’aujourd’hui, les entreprises qui exercent des activités industrielles présentant de grands risques pour l’environnement, comme les raffineries de pétrole ou les fonderies, devront payer des amendes plus élevées lorsqu’elles contreviennent à la Loi sur la qualité de l’environnement. 

Par exemple, si une entreprise rejette un contaminant, elle sera désormais passible d’une amende minimale de 300 000 $, contre 30 000 $ jusqu’ici.  

Le gouvernement Fréchette soutient que ces hausses substantielles visent à encourager les entreprises à investir dans:

  • la prévention des risques
  • la conformité environnementale 
  • la réduction de leurs impacts sur l’environnement

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Un accord commercial Canada–États-Unis pourrait-il être conclu d’ici quelques jours?

11 août 2026 à 20:59

Le gouvernement américain avait imposé le mois dernier de nouveaux droits de douane de 50% sur de nombreux produits canadiens. 

  • Il est prévu qu’ils entrent en vigueur mercredi prochain. 

Dominic LeBlanc, ministre fédéral responsable du commerce Canada–États-Unis, et Jamieson Greer, ministre américain du commerce international, se sont rencontrés hier pour la troisième fois en trois semaines.

Selon plusieurs médias, LeBlanc et Greer pourraient conclure une entente au cours des prochains jours.

Une telle entente pourrait être soumise lundi à Donald Trump, deux jours avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers.

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