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Baies de genièvre : le Bas-Saint-Laurent veut être le roi du Québec

Le Bas-Saint-Laurent veut devenir la principale région productrice de baies de genièvre au Québec. Le projet de recherche lancé par Biopterre commence à porter fruit.

Le développement de la culture du genévrier entre dans une nouvelle phase avec des projets de pépinières. Il y a de fortes chances que les amateurs puissent déguster d’ici quelques années un gin aromatisé aux baies de genévriers cultivées dans la région.

La multiplication des microdistilleries a amené, il y a une dizaine d’années, le centre de recherche Biopterre de La Pocatière à rêver de cultiver le genévrier.

Le codirecteur de l’innovation et du transfert de technologie, Maxim Tardif, rappelle que les gins produits au Québec utilisent des baies importées d’Europe. « Les distilleries mettent des aromates de toutes sortes dans leur gin, mais le principal ingrédient est pas d’ici, alors qu’on en a dans notre cour. »

Le projet suscite beaucoup d’intérêt. Le copropriétaire de Distillerie Mitis, Yan Lévesque, est associé à la démarche.

« La quasi-totalité des distilleries vont s’approvisionner dans les Balkans, pour avoir une uniformité de baies et de produits. Avec le climat qu’on a, avec nos sols, l’expérience avec Biopterre, c’est de voir si on peut rapatrier et faire une production commerciale ici. »

Récolter les baies de genévrier sauvages est difficile et hors de prix, explique monsieur Lévesque. D’où l’idée de cultiver les deux variétés indigènes au Québec. Le but pour les distilleries est de se distinguer.

« Dans le Bas-Saint-Laurent, il y a différents producteurs, avec des terroirs diffé-rents, des façons différentes de cultiver le genévrier, donc des saveurs différentes. »

Du rêve à la production

Une fois le test du goût passé avec succès, des producteurs ont accep-té de tester la culture de ce conifère dans leurs champs.

Dans Rimouski-Neigette, Karine Lebeau, des Jardins d’la terre du bout du rang, à Esprit-Saint, veille sur 600 plants de genévrier. « On avait l’espace pour cette recherche-là. Puis, moi je suis une fan de gin! » Les conifères ont maintenant sept ans et les premières récoltes approchent.

Karine Lebeau constate par contre qu’il reste encore beaucoup de questions à résoudre.

Karine Lebeau, des Jardins d’la terre du bout du rang, à Esprit-Saint (Photo courtoisie)

« On est vrai-ment en mode recherche, on est en train de s’adapter. Ce sera quoi le meilleur moment de récolte, le contrôle des prédateurs? Pour ce qui est des plants, la croissance puis la productivité, ça va super bien. »

Adapter une variété sauvage à une culture agricole est un défi en soi. Il faudra voir si la plante conservera toutes ses saveurs.

Les Jardins d’la terre du bout du rang se lancent tout de même dans la production de plants par bouturage. « Si on se ramasse avec de la demande. C’est d’être prêt à répondre à l’engouement. On rajoute une serre pour la production de plants cette année. » Karine Lebeau admet que le marché des distilleries sera insuffisant pour soutenir une production commerciale.

« Il y a une escouade alimentaire, formée de transformateurs, de chefs de la région, de distillateurs pour mettre en valeur les baies, les huiles, même les branches. C’est plus que seulement les besoins des distilleries. C’est comme un trésor à l’état sauvage que l’on essaie de mettre en culture. »

Faire preuve de patience

La culture du genévrier demande beaucoup de temps. Il faut de sept à 10 ans avant de récolter les premiers cônes.

En fait, ce sont des galbules et non des baies, qui vont mûrir sur les plants pendant trois ans. Les rendements seront donc décisifs pour la viabilité du projet, explique Maxime Tardif, de Biopterre.

Le codirecteur de l’innovation et du transfert de technologie du centre de recherche Biopterre de La Pocatière, Maxim Tardif (Photo courtoisie)

« Il y a une notion de risque avec le genévrier. On se bat contre des marchés mondiaux. Dans les Balkans, ils récoltent à la main pour quelques cents la livre. Nous on connaît pas encore les rendements par plant ou à l’hectare. C’est difficile à récolter. On a plein de défis. »

Mais le chercheur y croit fermement. Le projet a déjà franchi plusieurs étapes.

« On est pionnier au Québec. Mais faut aller au-delà des besoins des distilleries pour développer un marché. »

En plus de l’utilisation de la plante en cuisine, un autre volet s’intéresse aux huiles et aux parfums. S’ajoute maintenant le volet pépiniéristes pour soutenir l’effort des producteurs.

« Faut vraiment essayer d’avoir une vision régionale, mais aussi de prendre le marché québécois et même canadien », estime monsieur Tardif.

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Bas-Saint-Laurent : mieux encadrer les futurs projets éoliens

Le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent réclame une évaluation environnementale sectorielle ou régionale sur le développement éolien.

L’enjeu a été soulevé à de nombreuses reprises par des groupes environnementaux et des regroupements citoyens qui s’inquiètent des effets cumulatifs des projets éoliens sur la table actuellement.

Si tous les projets actuels se réalisent, il y aura plus de 1 000 éoliennes dans le paysage de l’Est-du-Québec d’ici quelques années. Actuellement, les projets sont évalués un à un par le BAPE, sans examiner les effets cumulatifs des parcs éoliens.

La loi 81, adoptée en 2025, introduit une nouvelle façon d’évaluer les projets de développement en y allant par secteur économique ou par région qui n’a jamais été utilisée jusqu’à maintenant.

Le directeur du Conseil régional de l’environnement, Patrick Morin, estime que l’évaluation environnementale sectorielle ou régionale s’applique parfaitement au développement éolien.

« Ça nous permettrait de faire une meilleure planification territoriale. Présentement, ça va un peu trop vite, puis on n’a pas le temps de bien réfléchir. »

Actuellement, des organismes citoyens demandent un BAPE dit « générique ». Le problème selon lui, c’est que cette démarche aborderait le développement éolien sur l’en-semble du territoire québécois alors que le Bas-Saint-Laurent est dans une situation à part.

« Il y a dans l’Est-du-Québec une concentration de projets qu’on ne retrouve pas ailleurs. Une évaluation environnementale sectorielle et régionale permettrait de cadrer la discussion sur notre situation qui est unique. » Il espère que les autres organismes du milieu vont se rallier derrière cette demande.

Baliser le développement

Patrick Morin croit que le débat doit se faire rapidement. « On approche du point que nous souhaitons ne pas dépasser, c’est-à-dire la capacité d’acceptation du milieu, d’un point de vue des écosystèmes, mais aussi socioéconomique. »

Une évaluation environnementale sectorielle permettrait selon lui de fixer les limites acceptables pour la population, par exemple pour le nombre d’éoliennes, les secteurs à éviter, la préservation des paysages, les écosystèmes ou les autres usages du territoire.

« Ça donnerait un cadre pour analyser les effets cumulatifs des éoliennes. » Il cite par exemple les mortalités des oiseaux de proie, des oiseaux migrateurs ou de chauves-souris.

Le directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin (Photo Le Soir.ca- Alexandre D’Astous)

Les effets d’un seul projet peuvent sembler mineurs, mais si on les additionne dans un corridor de migration par exemple, l’impact peut devenir non négligeable. En évaluant chaque projet individuelle-ment, « c’est comme à prendre ou à laisser. Le parc est là. On ne peut pas dire, oui mais, par rapport au corridor migratoire, ce n’est pas le bon emplacement. »

Prendre du recul permettrait, explique monsieur Morin, de mieux planifier en déterminant quels sont les secteurs compatibles pour les projets éoliens et comment tenir compte des impacts cumulatifs. Patrick Morin souligne l’importance d’une réflexion collective pour les 30 prochaines années.

« Ce que l’on souhaite, c’est qu’en 2050 quand on va regarder dans le rétroviseur, que l’on soit fiers de notre transition. Que l’on n’ait pas planté une éolienne de trop. Cela permettrait de maintenir une paix sociale et d’assurer l’acceptabilité des projets. »

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Le saumon reprend du mieux, mais demeure fragile

La situation du saumon atlantique dans les rivières de l’Est-du-Québec demeure préoccupante. Les montaisons ont été à peu près stables au cours de la dernière saison, mais demeurent nettement moindres que lors des bonnes années.

Même si la Fédération québécoise du saumon atlantique note une présence accrue de grands saumons dans les rivières, rien n’est encore gagné pour ce grand poisson emblématique.

Après une baisse record des montaisons en 2024, le saumon semblait de retour à l’été 2025 avec une présence accrue de jeunes madeleineaux, ceux qui ont passé un seul hiver en mer. Normalement, la présence de jeunes saumons en bon nombre laisse entrevoir de bonnes montaisons de grands poissons l’année suivante.

Le printemps dernier, les gestionnaires des rivières à saumon se croisaient donc les doigts. Ils espéraient le retour en bon nombre des grands saumons reproducteurs cet été. Le directeur de la ZEC saumon de la rivière Rimouski, Jean-François Desgagnés, est encouragé.

« Ce n’est pas l’équivalent des bonnes années qu’on avait avant, mais dans le contexte où on a eu des années plus difficiles en 2023 et 2024, ça fait du bien d’avoir une saison avec un nombre de saumons qui est acceptable. »

Dans les derniers mois, 350 saumons ont remonté la rivière Rimouski, une cinquantaine de plus que l’an passé. Au début des années 2000, la ZEC enregistrait plus de 700 saumons par été.

« C’est deux fois moins, mais il faut regarder ça en termes de grands saumons. On est à près de 200, ce qui est acceptable et qui annonce une reproduc-tion qui a bien de l’allure. Mais ça reste des années plus dures que ce à quoi on était habitués. »

Prudence

À la Fédération québécoise du saumon atlantique, la directrice générale, Myriam Bergeron, demeure prudente. De façon générale, dans pratiquement toutes les rivières à saumon, la saison 2026 est rassurante, dit-elle.

« Pour la deuxième année consécutive, on voit une pré-sence de madeleineaux assez proche de la moyenne. De grands saumons aussi. Mais on n’est pas dans des années de rêve. Ça continue d’être fragile et préoccupant. » La façon de présenter les statistiques peut toutefois fausser la perception de la situation. Les comparatifs se font à partir de la moyenne des dernières années.

Comme le déclin du saumon a commencé depuis longtemps, les montaisons semblent près des moyennes, alors qu’en réalité, elles demeurent faibles.

« Quand on est à moins de la moitié des bonnes montaisons, c’est sûr que c’est décevant. Mais d’un point de vue biologique, on atteint quand même des cibles où le saumon va se reproduire. Il va y avoir une suite à tout ça. Il faut vraiment en prendre soin pour ne pas rester dans un déclin. »

Myriam Bergeron se dit rassurée par le nombre de jeunes saumons qui quittent les rivières pour aller en mer pour la première fois.

La survie en mer inquiète les biologistes

Les plus récents décomptes montrent un bon taux de reproduction du saumon dans la plupart des rivières, mais la situation demeure préoccupante en raison de la forte mortalité observée chez les jeunes poissons lors de leur migration en mer.

Pour Jean-François Desgagnés, ces résultats encourageants ne permettent pas encore de parler d’un véritable rétablissement des populations.

« Tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas une baisse de la mortalité des juvéniles en mer, c’est sûr qu’on est très inquiets. On reste positifs et optimistes, mais on ne se met pas la tête dans le sable. On est loin d’être sortis du bois », souligne-t-il.

La reproduction dans les rivières constitue donc un élément positif, mais une partie importante des jeunes saumons ne survit pas à son passage en milieu marin. Les causes précises du déclin du saumon demeurent difficiles à cerner.

Les biologistes constatent notamment une forte mortalité lors de la migration des poissons dans le golfe du Saint-Laurent, alors qu’ils se dirigent vers les côtes du Labrador et du Groenland. L’immensité du territoire complique grandement le travail des chercheurs.

« C’est un milieu, le golfe du Saint-Laurent, qui est très difficile à échantillonner. C’est très, très vaste », indique monsieur Desgagnés. La télémétrie est maintenant utilisée afin de suivre les jeunes saumoneaux pendant leur migration. Cette technologie pourrait permet-tre aux scientifiques de mieux comprendre à quel moment et dans quelles conditions survient cette importante mortalité en mer.

« Ce n’est pas le réchauffement de l’eau qui tue les poissons, mais ça influence les patrons de migration. Les changements dans les courants marins vont les faire passer ailleurs, ce qui les rend vulnérables à la prédation ou à la pêche commerciale », explique Jean-François Desgagnés.

Les chercheurs devront poursuivre leurs travaux afin de comprendre pourquoi autant de jeunes saumons ne reviennent pas dans les rivières après leur séjour en mer.

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Vignoble de la FETE : un terroir nordique prometteur

Le Vignoble de la FETE, à Saint-Joseph-de-Lepage, se prépare à une très bonne saison de vendanges. La ferme expérimentale de l’entreprise de services-conseils en agroécologie Terre-Eau prévoit produire cette année autour de 10 000 bouteilles de vins blancs, rouges et rosés.

Le vignoble veut démontrer concrètement tout le potentiel du terroir régional pour la culture des fruits et la viticulture.

Sur les collines rocailleuses du 4e Rang de Saint-Joseph-de-Lepage, les grappes de raisin mûrissent tranquillement au soleil. Les vendanges commenceront dans quelques semaines et s’étaleront jusqu’aux premières gelées.

Sur près de quatre hectares, l’agronome et biologiste Louis Drainville a planté, depuis une dizaine d’années, 10 000 pieds de vigne de 13 cépages différents. Des variétés hybrides provenant autant de Bellechasse, au Québec, que d’Europe ou d’aussi loin que la Russie.

Avec un investissement de 3 M $, la Ferme expérimentale Terre-Eau (FETE) exploite l’un des rares vignobles de l’Est-du-Québec. Quatre personnes y travaillent à temps plein pendant la saison estivale.

L’expérience vise à vérifier la rusticité des cépages et à prouver qu’il est possible de faire des vins de qualité dans le climat froid du Bas-Saint-Laurent.

C’est l’aspect scientifique permettant de développer les connaissances autour de la culture et de la transformation du raisin ici qui passionne le vigneron.

« Là, ce qui m’intéresse, c’est de travailler sur d’autres cépages. Ceux qu’on avait identifiés comme les plus rustiques, finalement, ils atteignent tous la maturité. On est capable de faire du vin avec chacun et de mieux en mieux. Le pied de vigne, en vieillissant, donne de plus gros raisins, avec des caractéristiques chimiques différentes, ce qui per-met de faire du meilleur vin. »

Sol exceptionnel

Louis Drainville souligne les qualités du sol de la région pour la culture de la vigne et des arbres fruitiers en général.

Ce qu’il appelle le « terroir rimouskois » est formé d’une mince couche de terre arable sur un schiste argileux que les gens d’ici appellent du tuff. Cette roche sédimentaire aurait été formée il y a 400 000 à 500 000 ans. Les résultats sont impressionnants. Les pieds de vigne débordent de grappes bien formées.

« La vigne, elle aime la misère », ce qui explique, selon monsieur Drainville, les résultats obtenus à Saint-Joseph-de-Lepage.

Louis Drainville a planté, depuis une dizaine d’années, 10 000 pieds de vigne de 13 cépages différents. (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

« Quand on parle du terroir rimouskois, ce sont 20 000 hectares dans les MRC de La Mitis, de Rimouski-Neigette et des Basques. Et ce sol a une capacité exceptionnelle de produire des fruits à enracinement, comme des cerisiers, prunes et des pommes. »

Selon lui, il faut redécouvrir les qualités de notre terroir et les exploiter davantage.

« On a une méconnaissance. Et une culture aussi qui associe le tuff à une roche de misère. Mais avec la notion de terroir vient toute une science qui s’est beaucoup développée en Europe à partir de la culture de la vigne. »

L’agronome souhaite mettre ces connaissances à profit pour diversifier l’utilisation du sol.

Bureaucratie qui étouffe

Pour obtenir son permis de produc-teur artisanal de vin, le Vignoble de la FETE a dû aller devant le tribunal de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

L’organisme refusait de délivrer le permis parce que le bâtiment utilisé pour le chai était en toile. Le tribunal a finalement penché en faveur du vignoble, qui a pu commencer sa production en 2024.

Le vin produit à Saint-Joseph-de-Lepage ne peut pas être identifié comme un « Vin du Québec », mais doit l’être comme un « Vin élaboré au Québec ».

Avec un investissement de 3 M $, la Ferme expérimentale Terre-Eau (FETE) exploite l’un des rares vignobles de l’Est-du-Québec. (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

Selon les règles du CARTV, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, un « Vin du Québec » doit provenir d’une aire géographique bien déli-mitée. Elle s’arrête à La Pocatière.

Même si le raisin pousse, est récolté et transformé au Bas-Saint-Laurent, il n’a pas le droit d’être appelé un vin du Québec. « J’ai arrêté de me battre », indique monsieur Drainville.

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Bien-être animal : les producteurs laitiers pressés de s’adapter

Les producteurs de lait n’ont plus que quelques mois pour s’adapter aux nouvelles règles sur le bien-être animal. À partir du 1er avril 2027, les vaches laitières ne pourront plus être attachées en continu tout au long de leur cycle de production.

Elles devront être libres au moins 55 jours pendant l’année entre deux vélages, ce qui correspond en gros à la période où le producteur cesse de traire une vache gestante.

Détacher les vaches pose toutefois des enjeux pratiques et financiers importants, surtout pour les fermes avec un modèle traditionnel d’élevage.

Le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers adopté en 2023 impose de nouvelles règles pour le bien-être des animaux. La liberté de mouvement est une exigence cruciale.

« Permettre aux vaches de se déplacer librement et de socialiser avec leurs congénères a de nombreux a-vantages, explique le président du Syndicat des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, André St-Pierre. Attachés tout le temps, elle viennent ankylosées. Moi, ça fait 10 ans que je fais ça, puis je ne reviendrais pas en arrière. Leur permettre de marcher avant le vêlage, ça fait une grosse différence. »

Il cite des gains de productivité, une réduction du stress et une meilleure santé des vaches, tout comme celle des veaux naissants.

Le défi des nouvelles normes

Depuis quelques années, les nouvelles étables en stabulation libre vont au-delà des exigences du Code.

D’autres producteurs, comme monsieur St-Pierre, ont un bâtiment ou un espace dans l’étable où les va-ches sont mises en liberté. Quelques-uns reviennent à la pratique d’envoyer les animaux dehors.

Mais il en reste une bonne proportion qui n’a pas l’espace pour adapter ses pratiques. Un portrait publié par Lactanet en 2021 indiquait que quatre fermes sur 10 ne rencontraient pas les nouvelles exigences du Code.

Au Bas-Saint-Laurent, plus du quart ne respectaient pas celle concernant la liberté de mouvement. André St-Pierre est conscient que certains pourraient abandonner face aux investissements qui seront nécessai-res pour se conformer.

« On a une diversité d’entreprises qui sont à différentes étapes de leur développement. L’échéance de 2027 arrive plus vite que certains producteurs auraient voulu. »

Le président du Syndicat des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, André St-Pierre (Photo fournie par André St-Pierre)

Depuis quelques années, les coûts de construction ont explosé, ce qui ajoute aux défis que pose la mise aux normes.

« Par exemple, un producteur sans relève qui pensait se retirer dans cinq ans. Pour lui, c’est difficile de rentabiliser cet investissement. Je pense que ça va devancer des retraites », croit monsieur St-Pierre. Le portrait exact de la situation et le nombre de producteurs laitiers qui pourraient abandonner sont inconnus. Il reste près de 500 fermes laitières dans la région.

Ramener les vaches au pâturage

À quelques mois de l’entrée en vi-geur de nouvelles exigences sur la liberté de mouvement des vaches laitières, des producteurs devront adapter leurs installations ou leurs pratiques. Le pâturage peut représenter une partie de la solution, mais il ne convient pas à toutes les fermes.

Une alternative serait d’envoyer les vaches au pâturage pendant une partie de l’année.

« Après, il faut quand même que le vêlage se passe sans entrave, dans un parc à l’intérieur. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à gérer un pâturage », esti-me la conseillère chez Lactanet, Valérie Martin, concède que ça ne règle pas tout.

Si elle considère que le bien-être animal demeure une préoccupation importante pour les producteurs laitiers. Des vaches en meilleure santé permettent des gains de productivité.

« Par contre, ceux que ça contraint à faire des modifications sont moins contents. Ceux qui ont déjà fait les changements, dont les animaux sont libres pendant le tarissement et qui vêlent détachés, affirment que cela a été positif sur leur charge de travail. Quand on est obligé, c’est jamais le fun. »

Un programme de 2 M$ a d’ailleurs été lancé pour fournir une expertise aux producteurs.

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