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  • Bernatchez Studios voit le jour
    Avec la création de la boîte de production Bernatchez Studios dans les dernières semaines et le tournage du 11e épisode de la websérie Scott Bourque, le cinéaste rimouskois Pierre Hugo Bernatchez est présentement dans une belle période de sa carrière artistique. En plus de produire sa série policière, le Rimouskois offre des services de photographie, de vidéo et de publicité avec sa nouvelle compagnie. « Ça me permet de mieux structurer mes investissements dans le projet Scott Bourque, d’
     

Bernatchez Studios voit le jour

10 août 2026 à 18:00

Avec la création de la boîte de production Bernatchez Studios dans les dernières semaines et le tournage du 11e épisode de la websérie Scott Bourque, le cinéaste rimouskois Pierre Hugo Bernatchez est présentement dans une belle période de sa carrière artistique.

En plus de produire sa série policière, le Rimouskois offre des services de photographie, de vidéo et de publicité avec sa nouvelle compagnie.

« Ça me permet de mieux structurer mes investissements dans le projet Scott Bourque, d’offrir une marque derrière mes films et de proposer mes services à des particuliers pour de l’événementiel ou de la publicité. C’est pour des projets autant personnels que professionnels », mentionne le propriétaire de la petite entreprise.

À long terme, si les activités de Bernatchez Studios grossissent, Pierre Hugo Bernatchez aimerait incorporer son entreprise et ajouter des employés. Il fonctionne seul pour le moment en plus de son travail d’ingénieur en parallèle.

« Je suis assez polyvalent. C’est un à côté que j’ai, mais je pousse toujours pour voir où ça va me mener. Ça me permet d’exercer ma passion pour la vidéo et la photo », indique-t-il.

Pierre Hugo Bernatchez en tournage du 11e épisode. (Photo courtoise)

Il souligne qu’avec la création de Bernatchez Studios, il a commencé à collaborer avec des entreprises de la région et il sent un grand soutien financier envers son projet

11e épisode en tournage

Le 11e épisode de la série Scott Bourque est présentement en tournage. Il devrait être complété à l’automne pour une diffusion sur la chaîne YouTube PH Bernatchez à la fin de l’année 2026 ou au début de 2027.

« Il y a eu des scènes tournées dans la région de Québec, mais elles sont surtout tournées à Rimouski. Dans cet épisode, Scott Bourque va se remêler à la mafia mexicaine et il va continuer à utiliser des moyens peu orthodoxes pour arriver à ses fins. Il y aura encore beaucoup d’action avec des fusillades », explique le cinéaste qui agira comme producteur, réalisateur, scénariste, monteur et acteur principal de l’épisode.

Pierre Hugo Bernatchez lors du montage d’un épisode de sa websérie « Scott Bourque ». (Photo courtoisie)

Ce dernier ajoute que plusieurs acteurs de la région feront encore une fois partie de sa production, dont certains sont nouveaux dans le projet.

« J’ai aussi des acteurs qui sont là depuis plusieurs années et qui reviennent. C’est un beau mélange qui permet de continuer à bâtir autour des personnages déjà créés et de développer l’univers de la série en ajoutant de nouveaux personnages. »

Cinq ans plus tard

Pierre Hugo Bernatchez est fier du chemin parcouru depuis la publication de son livre Frères contre bandits publié en 2021 et dont découle la websérie Scott Bourque.

« Je suis content de voir tous les accomplissements que j’ai faits. Quand j’ai sorti mon livre, je n’aurais pas pensé tourner autant d’épisodes par moi-même par la suite. Nous sommes rendus à près de 130 personnes qui ont travaillé sur le projet jusqu’à maintenant. Je trouve qu’il y a eu beaucoup de progrès depuis le début et c’est un projet qui gagne en popularité. Ça donne envie de continuer. »

Il ajoute que certains personnages tirés de l’histoire du livre ont maintenant leur propre tribune dans la série. C’est d’ailleurs le cas de Sarah-Jane Brodeur qui fera sa première apparition à l’écran lors du 11e épisode. Elle sera interprétée par Marie-Claude Parent.

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  • Les Grandes Fêtes TELUS sondent leurs festivaliers
    Après deux éditions plus modestes sur le plan des assistances, les Grandes Fêtes TELUS se tournent vers leurs consommateurs afin de connaître leur « programmation de rêve ». Du rock au country, en passant par la pop, le rap, l’électro et même des spectacles pour enfants, les suggestions ratissent large dans une publication sur la page Facebook du festival rimouskois. Quelques jours après la conclusion de sa 20e édition au parc Beauséjour, les participants à ce sondage peuvent rêver grand. La
     

Les Grandes Fêtes TELUS sondent leurs festivaliers

7 août 2026 à 06:00

Après deux éditions plus modestes sur le plan des assistances, les Grandes Fêtes TELUS se tournent vers leurs consommateurs afin de connaître leur « programmation de rêve ». Du rock au country, en passant par la pop, le rap, l’électro et même des spectacles pour enfants, les suggestions ratissent large dans une publication sur la page Facebook du festival rimouskois.

Quelques jours après la conclusion de sa 20e édition au parc Beauséjour, les participants à ce sondage peuvent rêver grand. La question est posée sans égard aux cachets des artistes, à leur disponibilité ou encore à la capacité d’accueil du parc Beauséjour.

Cet exercice de consultation donne un aperçu des goûts d’une partie de la clientèle des Grandes Fêtes, de quoi alimenter la réflexion de la direction au moment où s’amorce la planification de l’édition 2027.

Les amateurs de rock et de punk-rock ont été particulièrement nombreux à se manifester. Metallica, Green Day, Linkin Park, Limp Bizkit, Avenged Sevenfold, Rise Against, Good Charlotte, Yellowcard, All Time Low, Seether et Def Leppard figurent parmi les noms proposés.

Journey et A Flock of Seagulls apparaissent également dans les suggestions, tout comme plusieurs groupes associés à différentes générations de rock.

Du côté alternatif, les festivaliers rêvent notamment d’Imagine Dragons, Coldplay, Gorillaz, Tame Impala, M83, Mother Mother, Half Moon Run, The Lumineers et Cigarettes After Sex.

De Lady Gaga à Ed Sheeran

Les grandes vedettes internationales de la pop occupent aussi une place importante dans les réponses.

Lady Gaga, Adele, Ed Sheeran, Katy Perry, Jennifer Lopez, Justin Bieber, Nelly Furtado, Shania Twain, Teddy Swims, Alex Warren et les Backstreet Boys font partie des artistes souhaités.

La musique électronique trouve elle aussi preneur avec des noms comme David Guetta, Major Lazer et Timbaland.

Certains festivaliers proposent carrément une soirée consacrée au rap québécois avec FouKi, Jay Scøtt, Koriass et Souldia. Rilès, bbno$ et PinkPantheress font aussi partie des suggestions recensées.

Le country n’est pas en reste. Luke Combs, Cameron Whitcomb et Thomas Rhett sont réclamés, tandis que Québec Redneck Bluegrass Project figure parmi les propositions davantage ancrées dans la scène québécoise.

Plusieurs artistes d’ici sont d’ailleurs souhaités, dont Marjo, Les Trois Accords, Irvin Blais, Noir Silence, Eli Rose, Alexe Gaudreault, Charlotte Cardin, Ariane Moffatt, Geoffroy et Daniel Bélanger.

Un dimanche pour les enfants?

Une autre idée ressort du lot, soit de consacrer un dimanche après-midi aux familles et aux jeunes enfants.

Annie Brocoli, Arthur L’aventurier, Passe-Partout et Atchoum figurent parmi les noms proposés pour une éventuelle programmation jeunesse.

Le sondage survient après deux éditions au cours desquelles les Grandes Fêtes TELUS ont choisi de ne pas dévoiler leur achalandage.

En 2024, l’événement avait établi un record avec 91 000 spectateurs grâce à une programmation comprenant notamment Simple Plan, Black Eyed Peas, Bryan Adams et Bleu Jeans Bleu.

La direction n’avait ensuite publié aucun chiffre d’assistance pour 2025, qui mettait en vedette deadmau5, Robin Schulz, X Ambassadors, Billy Talent et Matt Lang.

Elle a fait le même choix pour la 20e édition, présentée du 29 juillet au 2 août dernier, avec Éric Lapointe, Milky Chance, Papa Roach et JF Pauzé comme principales têtes d’affiche.

Reste maintenant à voir si certains des artistes rêvés par les festivaliers se retrouveront réellement au parc Beauséjour en 2027.

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  • Mont-Joli présente la première exposition d’Alex Lacasse Robert
    La Ville de Mont-Joli présente la première exposition d’Alex Lacasse Robert, en août et en septembre, à la bibliothèque Jean-Louis-Desrosiers, située au 1477, boulevard Jacques-Cartier. Les visiteurs découvriront 15 oeuvres originales réalisées à l’acrylique par l’artiste mont-jolien. Ce dernier propose des paysages colorés et des mondes imaginaires où la créativité et l’émotion se rencontrent. « À travers cette exposition, il partage sa vision artistique unique, inspirée par les merveille
     

Mont-Joli présente la première exposition d’Alex Lacasse Robert

5 août 2026 à 11:00

La Ville de Mont-Joli présente la première exposition d’Alex Lacasse Robert, en août et en septembre, à la bibliothèque Jean-Louis-Desrosiers, située au 1477, boulevard Jacques-Cartier.

Les visiteurs découvriront 15 oeuvres originales réalisées à l’acrylique par l’artiste mont-jolien. Ce dernier propose des paysages colorés et des mondes imaginaires où la créativité et l’émotion se rencontrent.

« À travers cette exposition, il partage sa vision artistique unique, inspirée par les merveilles de la nature, les mystères de l’univers et la richesse de l’imaginaire. Cette exposition constitue une occasion privilégiée de découvrir le talent d’un artiste de la région et d’explorer un univers visuel captivant qui saura plaire aux amateurs d’art comme aux curieux de tous âges », indique la Ville dans un communiqué.

La Ville de Mont-Joli invite la population à visiter cette exposition et à soutenir la vitalité culturelle locale.

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  • Le Festi Jazz bonifie sa programmation pour son 40e anniversaire
    À un mois du coup d’envoi de sa 40e présentation, le Festi Jazz international de Rimouski continue de bonifier sa programmation. L’organisation a dévoilé une nouvelle série d’activités et de spectacles qui s’ajouteront à l’événement, présenté du 3 au 6 septembre dans le cadre de cette édition anniversaire. Le festival renforcera également sa collaboration avec le Cégep de Rimouski. En plus d’un spectacle de la Ligue d’improvisation présenté le jeudi soir sous le chapiteau, le programme Jazz-P
     

Le Festi Jazz bonifie sa programmation pour son 40e anniversaire

4 août 2026 à 15:00

À un mois du coup d’envoi de sa 40e présentation, le Festi Jazz international de Rimouski continue de bonifier sa programmation. L’organisation a dévoilé une nouvelle série d’activités et de spectacles qui s’ajouteront à l’événement, présenté du 3 au 6 septembre dans le cadre de cette édition anniversaire.

Le festival renforcera également sa collaboration avec le Cégep de Rimouski. En plus d’un spectacle de la Ligue d’improvisation présenté le jeudi soir sous le chapiteau, le programme Jazz-Pop du cégep offrira un concert le dimanche matin, mettant en valeur la relève artistique de la région.

Le Grand Prix de la relève Festi Jazz — KSA, Avocats & Notaires réunira, le dimanche, quatre projets émergents. Les festivaliers pourront découvrir Le Buzz, Maude Fortier, Matys Colpron ainsi que Sapa, un projet dirigé par la flûtiste Adèle Levayer.

Le week-end se conclura par deux rendez-vous. D’abord, un 5 à 7 au Brise-Lames mettra en vedette le duo canadien Electrojaziness, qui marie jazz, musique électronique et improvisation.

Le groupe animera également la Place Festi Jazz Vidéotron les vendredi et samedi avec des performances interactives. Les célébrations prendront ensuite fin avec le traditionnel jam musical présenté à la brasserie Le Bien, le Malt.

Parmi les nouveautés de cette 40e édition, l’Académie des arts du feu de Montréal offrira plusieurs prestations spectaculaires sur le site du festival.

Le contrebassiste grec Petros Klampanis sera également de retour dans le cadre des Escales avec un concert intimiste en duo présenté chez Audition Musik.

Le jazz à la rencontre du public

La série Escales s’enrichira cette année d’une collaboration avec le Festibus, une scène mobile qui accueillera le projet Jazz en balade. L’artiste Isabelle Charlot et ses six musiciens offriront trois représentations à Saint-Valérien, Saint-Marcellin et Saint-Fabien.

Différents commerces et lieux de Rimouski et de La Mitis accueilleront d’autres prestations, notamment au Club Saint-Louis, au Marché public de Rimouski, aux Halles Saint-Germain, à Sainte-Luce et aux Jardins de Métis.

À l’occasion de son 40e anniversaire, le site de la place des Anciens-Combattants profitera d’un aménagement renouvelé. Le site comprendra notamment des espaces de détente, une zone bistro, une aire familiale et plusieurs camions de cuisine de rue.

Un public nombreux lors d’un spectacle du Festi Jazz international de Rimouski. (Photo courtoisie)

Les festivaliers pourront également découvrir les bières de la microbrasserie L’Octant, les cocktails de la Distillerie Mitis ainsi qu’une offre alimentaire diversifiée.

En plus des concerts, la programmation comprendra plusieurs activités gratuites destinées aux familles. Maquillage pour enfants, jeux gonflables, ateliers de salsa, séances de yoga en plein air et retour du parcours Cyclomini figurent notamment au programme des matinées du samedi et du dimanche.

Le site accueillera aussi une nouvelle sélection de kiosques d’artisans et d’entreprises locales, en plus de la présence d’organismes communautaires comme le CALACS et L’Arrimage.

Exposition pour les 40 ans

Pour souligner cet anniversaire, le Festi Jazz présentera une exposition au Musée régional de Rimouski retraçant quatre décennies d’histoire à l’aide de photographies et d’affiches marquantes. L’exposition sera inaugurée lors d’un 5 à 7 réunissant les bénévoles d’hier et d’aujourd’hui.

Le 40e Festi Jazz international de Rimouski se tiendra du 3 au 6 septembre. Pour l’occasion, une quarantaine d’activités sont prévues dans la programmation qui se veut festive et accessible.

Les festivités s’amorceront officiellement le jeudi 3 septembre, dès 17 h, avec la traditionnelle remise du Héron d’Or. La programmation complète sera accessible sur l’application FEST, en complément du dépliant officiel.

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  • Grandes Fêtes TELUS : toujours aucun chiffre sur l’achalandage
    Pour une deuxième année consécutive, les Grandes Fêtes TELUS ne dévoileront pas le nombre de festivaliers ayant fréquenté le site de leur 20e présentation, tenue de mercredi à dimanche au parc Beauséjour de Rimouski. Après avoir établi un record de 91 000 spectateurs en 2024 grâce à une programmation réunissant notamment Simple Plan, Black Eyed Peas, Bryan Adams et Bleu Jeans Bleu, la direction avait aussi choisi de ne pas rendre public son bilan d’achalandage l’an dernier, à la suite d’une é
     

Grandes Fêtes TELUS : toujours aucun chiffre sur l’achalandage

3 août 2026 à 13:00

Pour une deuxième année consécutive, les Grandes Fêtes TELUS ne dévoileront pas le nombre de festivaliers ayant fréquenté le site de leur 20e présentation, tenue de mercredi à dimanche au parc Beauséjour de Rimouski.

Après avoir établi un record de 91 000 spectateurs en 2024 grâce à une programmation réunissant notamment Simple Plan, Black Eyed Peas, Bryan Adams et Bleu Jeans Bleu, la direction avait aussi choisi de ne pas rendre public son bilan d’achalandage l’an dernier, à la suite d’une édition plus modeste mettant en vedette deadmau5, Robin Schulz, X Ambassadors, Billy Talent et Matt Lang.

Au total, 30 spectacles ont été présentés sur les scènes Loto-Québec et Hydro-Québec en 2026.

Pour la première fois, les deux scènes étaient réunies sur un même site et proposaient une programmation simultanée, permettant aux festivaliers de circuler d’une scène à l’autre selon leurs préférences musicales.

Après les prestations de P’tit Béliveau et d’Angine de poitrine, mercredi, qui ont également permis de remettre un don de 4 000$ à la Fondation Martin-D’Astous puisqu’il s’agissait d’une soirée supplémentaire ajoutée à la programmation initiale, les Grandes Fêtes ont accueilli Éric Lapointe, Milky Chance, Papa Roach et JF Pauzé comme principales têtes d’affiche.

JF Pauzé a fait partie des têtes d’affiche des Grandes Fêtes TELUS 2026. (Photo Le Soir.ca- Annie Levasseur)

Malgré l’absence de bilan d’achalandage, la direction des Grandes Fêtes TELUS affirme avoir déjà amorcé les préparatifs de la 21e édition, qui se tiendra en 2027.

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  • D’or et d’os
    Il allait falloir nous libérer de cette mort pour accéder à la vie. – Julie Hyland, Précis de fantômologie Précis de fantômologie, c’est la réponse bienveillante, sans concession et féministe aux grands récits de coureurs des bois, où les femmes sont si souvent absentes. Julie Hyland réactualise les figures du nomade et du sédentaire, constitutives de la littérature québécoise, dans ce roman enlevant qui se lit d’une traite. Elle convoque trois générations d’hommes de sa famille, pour s
     

D’or et d’os

18 juin 2026 à 07:48

Il allait falloir nous libérer de cette mort pour accéder à la vie.

– Julie Hyland, Précis de fantômologie

Précis de fantômologie, c’est la réponse bienveillante, sans concession et féministe aux grands récits de coureurs des bois, où les femmes sont si souvent absentes. Julie Hyland réactualise les figures du nomade et du sédentaire, constitutives de la littérature québécoise, dans ce roman enlevant qui se lit d’une traite.

Elle convoque trois générations d’hommes de sa famille, pour sauver la dernière : « je voulais mobiliser mes ressources de lectrice d’une Abitibi livrée à sa propre destruction, en trouvant tous les espaces ponctués et les marges du monde pour protéger mon frère et le sauver. » (p.75) Après le patriarche explorateur et chercheur d’or et le père, « gisant la plupart du temps sur le même canapé […], [subissant] la vie sur des coussins envahis de poussières de cendres et de peaux mortes » (p. 68), elle excavera les artères malades de masculinité de sa famille pour laisser entrer le soleil et permettre la guérison.

L’autrice et narratrice « a toujours eu faim de voir. [Son] appétit scopique n’a fait que s’étendre à l’âge adulte » (p. 71). Et qui ouvre les yeux sur le monde colonial dans lequel on croupit ne peut que sentir son cœur se crisper. Après tout, « l’anxiété est le lot de ceux qui veulent savoir » (p.74). L’écriture la mènera sur sa voie, la sortira de la maison familiale maudite pour aller aux grands vents et rédiger une cure faite d’inquiétude et de bonté, de présence et de responsabilité acceptée.

Quand je marchais dehors, dans les bois ou sur la rue, je me sentais en relative sécurité. C’est ce qui venait du dedans qui m’effrayait. Rien ne me paraissait aussi redoutable que ce qui pouvait m’arriver dans cette maison capable d’étouffer l’écho de mes cris. Ils devenaient murmures dans l’épaisseur des murs. On ne se protège de rien, en s’enfermant. On s’isole, c’est tout. Pas question pour moi d’ouvrir le téléviseur et d’exposer mon ouïe au divertissement. Si je voulais survivre au péril de cette maison et aux présences qu’elle abritait, je devais me mettre à son écoute. Tout guetter de son silence. (p. 96)

À la vue, elle ajoute l’ouïe, un autre sens pour éprouver l’intranquillité nécessaire à l’écriture : « L’oreille n’a pas de paupière : elle ne se referme jamais. » (p.99)

L’aïeul prospecteur est remis à sa place dans ce récit. Hyland raconte l’errance abitibienne du patriarche au retour de la guerre : « J’y avais passé les deux mois les plus morts de l’année. Comme un revenant, des mois et des mois après avoir été démobilisé, j’y avais flotté avec pour seul réel le désespoir qui me nouait les viscères. Je n’étais alors qu’un trou avec des cadavres dedans. » (p.78) L’aïeul trouve la rédemption dans la forêt : « L’humanité ressemble à une épinette noire. Je ne pourrais dire avec assurance si elle est damnée ou miraculée. Quelqu’un pourrait aussi le dire de moi. J’appartiens au territoire de Waskaganish – en langue crie, Waskaganish, ça veut dire maison. » (p.42) Il rencontre sa malédiction dans les bras d’une femme qu’il ne saura jamais aimer et avec qui il aura une famille. Il en aimera une autre parce qu’elle lui fait penser « à un morceau de cuivre exhumé de terre. » (p. 154).

Il y a des spirales, des fulgurances, des maux de tête et des coups de feu dans l’écriture précise, jamais précieuse, sensuelle et sensorielle de Julie Hyland et son histoire de fantômes abitibiens.

Julie Hyland, Précis de fantômologie, La Mèche, 2026, 280, p.

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  •  *Par la voie des airs: Entrevue avec Stéphanie Lessard-Bérubé
    Publié à compte d’autrice, Journal d’une cinéaste-violoneuse de Stéphanie Lessard-Bérubé semble inspiré d’une maxime du conteur-chanteur Michel Faubert : « J’ai pris tout ce que j’aimais et j’en ai fait tout ce que j’ai pu. » Ce très, très beau livre rend hommage à cinq musiciens traditionnels du Bas-Saint-Laurent (Rosario Picard, Léon Marquis, Thomas Deschênes, Aurèle Turgeon et Élie Murray) en adoptant différents points de vue, à la fois anthropologiques et poétiques. On y trouve des photos d’
     

 *Par la voie des airs: Entrevue avec Stéphanie Lessard-Bérubé

17 juin 2026 à 13:52

Publié à compte d’autrice, Journal d’une cinéaste-violoneuse de Stéphanie Lessard-Bérubé semble inspiré d’une maxime du conteur-chanteur Michel Faubert : « J’ai pris tout ce que j’aimais et j’en ai fait tout ce que j’ai pu. » Ce très, très beau livre rend hommage à cinq musiciens traditionnels du Bas-Saint-Laurent (Rosario Picard, Léon Marquis, Thomas Deschênes, Aurèle Turgeon et Élie Murray) en adoptant différents points de vue, à la fois anthropologiques et poétiques. On y trouve des photos d’archives, des partitions, des illustrations originales, des textes d’introspection, des notes de travail, d’abondantes références et beaucoup de gratitude. Rencontre avec une rigoureuse vaillante.

Philippe Garon : À la base, ton médium, c’est le cinéma. Qu’est-ce qui t’a amenée à l’écriture?

Stéphanie Lessard-Bérubé : Le cinéma, c’est d’abord beaucoup d’écriture. Ne serait-ce que pour les demandes de financement. Et ça demande beaucoup de temps. J’ai voulu ce livre pour reprendre une autonomie créative, avant de pouvoir terminer le film. Le livre présente toute la recherche et la réflexion sur laquelle s’appuie mon prochain film, mais qu’on n’y retrouvera pas de manière explicite. Ça a demandé beaucoup de travail en amont puis je voulais garder une trace de ce parcours. Je me demande aussi… Est-ce que j’aurais choisi de faire un livre si le Bas-Saint-Laurent n’était pas aussi ancré dans les arts littéraires?

P. G.  Pourquoi l’autoédition?

S. L.-B.  Mon objectif ’était de rendre mes recherches accessibles à la population. Aux familles concernées évidemment, à leurs communautés, mais aussi aux personnes qui s’intéressent au patrimoine vivant en général et à la musique traditionnelle en particulier. Je ne me voyais pas attendre qu’un éditeur s’engage peut-être à publier le manuscrit après l’avoir envoyé à différentes maisons. C’est pour ça que j’ai entrepris une campagne de sociofinancement pour couvrir les frais de conception et d’impression par une entreprise qui offre ce type de services. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’on m’accompagne aussi bien. Je ne savais pas comment ça vient au monde, un livre, ce n’était pas dans mes intentions de découvrir les métiers en lien avec la publication, mais j’avais une vision précise. Le résultat est à la hauteur. Le livre est beau grâce à ces gens-là.

P. G.  Tu as volontairement décidé d’imprimer un tirage limité. Pourquoi?

S. L.-B.  Pendant le processus, j’ai compris que c’est plus qu’un document de référence. En trouvant des membres des familles et des amis des violoneux que j’avais choisis, ça a créé un jeu relationnel. C’est allé plus loin que ce à quoi je m’attendais. La dimension sensible est arrivée grâce au temps pendant lequel j’attendais de pouvoir faire le film. En me mettant à écrire, la dimension vivante s’est développée. Et c’est pour ça que je ne veux pas qu’il y ait beaucoup de copies en circulation. Pour que les gens aillent dans les sociétés d’histoire pour consulter le livre, dans les bibliothèques locales, les communautés qui en ont un exemplaire et que ça stimule des rencontres. Que ça ouvre des discussions.

P. G.  Qu’est-ce que tu retiens principalement de ce processus?

S. L.-B.  Le violon, c’est important dans ma vie. Ça me fait du bien, et je ne suis pas la seule. Quand j’ai décidé de venir m’installer dans la région, j’ai cherché des airs typiques d’ici. Mais je ne savais pas comment les trouver. Je suis allée fouiller dans les Archives de folklore de l’Université Laval. Mais même là, c’était pas évident. Des chansons, des contes traditionnels, il y en a en masse. Mais la musique instrumentale, les ethnologues l’ont moins étudiée on dirait. Ç’a demandé du temps. Puis pendant ce temps, ma pratique artistique évoluait. Je rencontrais du monde. J’ai suivi des formations en écriture. Puis j’écrivais. Je me demandais ce que ça allait donner. Je me demandais si ça allait ouvrir ma voix. Je me demandais c’était quoi, ma voix. J’ai connu ces cinq musiciens-là. Leurs airs, mais aussi leurs histoires. C’est pas juste la qualité du jeu qui importe pour moi. C’est l’impact que ces personnes-là ont eu dans leur communauté. Ça va pas mal plus loin que les airs. Ils font partie de ma vie maintenant. Leur héritage fait partie du mien.

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  • La solitude est un dessert qu’on ne déguste pas seul
    La solitude chez les personnes âgées n’est que rarement le sujet d’œuvres cinématographiques, et Mon gâteau préféré1a non seulement brisé ce standard, mais il l’a fait avec brio, à l’aide d’éléments visuels créatifs qui embellissent l’univers du personnage principal, Mahin. Le long métrage iranien relate l’histoire de Mahin, une dame âgée de 70 ans veuve depuis 30 ans. Depuis la mort de son mari, le déménagement de ses enfants et les visites de moins en moins fréquentes de ses amies, l’isolem
     

La solitude est un dessert qu’on ne déguste pas seul

16 juin 2026 à 12:57

La solitude chez les personnes âgées n’est que rarement le sujet d’œuvres cinématographiques, et Mon gâteau préféré1a non seulement brisé ce standard, mais il l’a fait avec brio, à l’aide d’éléments visuels créatifs qui embellissent l’univers du personnage principal, Mahin.

Le long métrage iranien relate l’histoire de Mahin, une dame âgée de 70 ans veuve depuis 30 ans. Depuis la mort de son mari, le déménagement de ses enfants et les visites de moins en moins fréquentes de ses amies, l’isolement est toujours plus présent. Le soir où elle fera la rencontre de Faramarz, un homme vivant une situation similaire, Mahin se croira moins seule.

            Tout au long du film, les décors traduisent bien la solitude des personnages. La maison de Mahin est présentée comme vaste et épurée, ce qui renforce l’image de retranchement que vit le personnage. Les draps blancs protégeant les meubles, les nombreuses pièces inoccupées et les vieilles photos encadrées sur les murs sont tous des signes que Mahin vit non seulement seule, mais qu’elle en souffre.

De plus, le choix de l’éclairage et de la longueur des plans diffère selon si elle est seule ou non dans sa maison. Les scènes moins lumineuses soulignent sa solitude, elles sont aussi beaucoup plus longues, voire contemplatives, ce qui permet au spectateur d’entrer plus profondément dans l’isolement du personnage. Par exemple, dans l’une des premières scènes, Mahin déjeune, assise à la table. Le choix d’augmenter le temps d’écran pour ce moment banal vient le mettre sur le même pied que tout autre moment que vit le personnage, ce qui renforce l’impression de solitude que nous ressentons nous-mêmes en visionnant le long métrage tout comme le léger malaise que nous éprouvons face à la situation de Mahin.

Pour les scènes claires et lumineuses dans lesquelles elle est accompagnée, que ce soit de ses amies au tout début ou, plus tard, de Faramarz, l’éclairage est beaucoup plus présent et diffus. Les plans sont aussi plus courts, divers et nombreux, ce qui donne l’impression que le temps passe plus vite, et c’est probablement ce que ressent Mahin, qui est visiblement plus heureuse lorsqu’elle n’est pas seule.

La solitude de Mahin se dévoile plus en profondeur lorsqu’elle reçoit enfin un invité, et la façon dont elle le traite en dit long sur son besoin de socialisation. En effet, la bouteille de vin jamais ouverte qu’elle dit posséder depuis des années, les vêtements chics qu’elle ne porte jamais et qu’elle sort pour l’occasion, le gâteau qu’elle concocte tard le soir et toutes les petites attentions qu’elle a pour lui traduisent une envie de plaire qu’elle n’a pas développée depuis plusieurs années.

Le long métrage Mon gâteau préféré est un film magnifique dont l’approche visuelle, autant du point de vue de la direction photographique qu’artistique, amène une vision douce de la solitude que certaines personnes âgées vivent au quotidien.

J’ai apprécié cette œuvre pour sa capacité à représenter la solitude, pour ses choix cinématographiques qui soutiennent bien le sujet et pour ses décors réconfortants. Je donne la note de 4/5 à Mon gâteau préféré.

[1]. Maryam Moghadam, Behtash Sanaeeha, Keyke mahboobe man / Mon gâteau préféré, 2024, 97 min.

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  • Double Patate – Le soleil s’est réveillé : une ode à la vie
    Le collègue musicien et Rimouskois Olivier D’Amours a sorti son nouvel album Le soleil s’est réveillé le 6 mars dernier. Issues de son projet Double Patate, les onze pièces seront disponibles en vinyle dans les prochaines semaines. Dès les premières notes, on est frappé par un gros son de guitare, à la Fred Fortin, suivi d’une voix intime, qui nous réchauffe de poésie concrète (concrete poetry – terme que je viens d’inventer et futur style musical mondialement reconnu). Le son est acoustique,
     

Double Patate – Le soleil s’est réveillé : une ode à la vie

15 juin 2026 à 12:50

Le collègue musicien et Rimouskois Olivier D’Amours a sorti son nouvel album Le soleil s’est réveillé le 6 mars dernier. Issues de son projet Double Patate, les onze pièces seront disponibles en vinyle dans les prochaines semaines.

Dès les premières notes, on est frappé par un gros son de guitare, à la Fred Fortin, suivi d’une voix intime, qui nous réchauffe de poésie concrète (concrete poetry – terme que je viens d’inventer et futur style musical mondialement reconnu). Le son est acoustique, tout en étant augmenté de l’amplification : le road trip n’est jamais très loin, le folk et la liberté non plus. On y sent la fragilité du temps, et cette phrase qui résume tout : « je suis patate / je suis patate / je suis double patate ».

À la Fred Pellerin, Olivier D’Amours se fait conteur : pogné aux douanes, pogné avec un vendeur de thermopompes, pogné avec ses émotions lorsqu’il croise la fille la plus cute du monde. Et toujours cette poésie roots, chargé de sens, légère comme tout :  “je n’ai pas de REER / je n’ai même pas de crème solaire / je me promène dans l’hémisphère / je porte du polyester”.
Dans un monde où près de la moitié des nouvelles chansons publiées sur les plateformes ont été créées grâce à l’intelligence artificielle, Le soleil s’est réveillé est un gros “fuck-you” à l’industrialisation de la vie. Un rappel que les choses se passent encore dans une réalité non-numérique, que la vraie musique est dehors. “Et la journée passe aussi vite qu’une trotinette électrique qui roule à sens contraire de la vie”.
La vraie vie est dehors.

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  • Changement de culture: La case qui cache la nappe
    Lorsque j’ai quitté Rimouski pour Montréal pour mes études universitaires, j’oubliais de laisser entre mes rendez-vous un temps de déplacement. En métro et en autobus, environ quarante-cinq minutes. J’ai été choquée de constater qu’à Rimouski, comme des coqs en pâte, on s’est habitués à pouvoir se rendre partout en dix minutes. En lisant l’essai Terre et liberté d’Aurélien Berlan1, j’ai vu un lien entre la fixation collective sur le stationnement et l’idée que ce philosophe critique, soit la
     

Changement de culture: La case qui cache la nappe

17 mai 2026 à 15:01

Lorsque j’ai quitté Rimouski pour Montréal pour mes études universitaires, j’oubliais de laisser entre mes rendez-vous un temps de déplacement. En métro et en autobus, environ quarante-cinq minutes. J’ai été choquée de constater qu’à Rimouski, comme des coqs en pâte, on s’est habitués à pouvoir se rendre partout en dix minutes.

En lisant l’essai Terre et liberté d’Aurélien Berlan1, j’ai vu un lien entre la fixation collective sur le stationnement et l’idée que ce philosophe critique, soit la liberté conçue comme désir de délivrance. Dans cette vision, qu’on partage forcément en baignant dans le néolibéralisme, on est libres parce qu’on peut se décharger sur d’autres personnes de choses qui nous pèsent. On se véhicule en char, symbole « de la délivrance que [la société industrielle] permet2 », sans la charge mentale de prévoir nos trajets en transport collectif, mais surtout, on refile à d’autres (automobilistes ou non) la nuisance à la santé publique que cause notre char (GES, particules fines, pollution sonore, sans compter les 93 piétons et cyclistes tués sur les routes du Québec en 20243). Quand on arrive à destination, on veut pouvoir entreposer4 notre bébelle à 15 000 $ par an5 tout près d’où on va, même si notre choix, additionné à ceux des autres, gâche l’expérience de la ville à tous. Car la nappe de stationnements du Carrefour, c’est déprimant – et dangereux – à traverser, comme le font les Est-Rimouskois qui vont prendre le Citébus.

Je ne suis pas automobiliste, mais je n’échappe pas à l’accélération technique, au productivisme ni à la logique d’accumulation capitaliste qui font croire qu’on peut toujours ajouter une activité quand on a « gagné » du temps ailleurs, me frustrant par ailleurs de ne jamais pouvoir « tout faire » et d’être pressée. On a besoin d’une autre perspective du temps pour sauver notre santé mentale, physique, communautaire. L’usage du transport collectif l’amène : on prend conscience que notre temps ne vaut pas plus que celui des autres, que la frustration (ou le compromis) est inhérente à la vie, qu’il existe d’autres gens que soi – pas des armatures d’acier contre lesquelles courser, mais des humains, avec des corps mis en jeu dans l’espace public.

L’obsession du stationnement répond à une vision égocentrique de la liberté qui est en fait peur du manque : on cherche « le confort dans la soumission au système », entretenant notre dépendance à un aménagement à hauteur de voiture et non d’humain, à un réseau routier et à « des grandes organisations étatiques et industrielles6 ». Berlan prône plutôt une émancipation par l’autonomie, entreprise ensemble dans une perspective de subsistance.

On fait quoi?

J’invite les automobilistes à intégrer l’inconfort dans leur vie. Posséder une voiture n’est pas nécessaire en ville. Et mes camarades piétonnes, cyclistes et usagers du transport en commun, continuons la lutte – réclamons plus d’espaces verts, lents, collectifs.

On lit

La Floune dans Godpèle de Gabriel Marcoux-Chabot, roman d’anticipation en orthographe exploratoire : « Ja parlé dé macine q’iavè poure fére anqore plus vite pi anqore mieu toute sa q’onsé fére ojordui […] Ja parlé d’la vi q’alétè plus fasile, d’un sanse, pi an même tan tèlman plu qonpliqé, aqoze q’onsavè pa fabriqé nouzote même toute sa q’onavè bezouin poure qontinué a vive qome q’onétè abitué7. »

1. Éditions La Lenteur, 2021. Il est peu disponible en librairie au Québec, mais j’en possède une copie prêtable (mais soulignée).

2. Berlan, op. cit., p. 120.

3. Stéphane Bordeleau, « 30 % plus de piétons tués sur les routes du Québec en 2024 », Radio-Canada, 22 mai 2025, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2166655/bilan-routier-quebec-2024-pietons-cyclistes

4. Traduction de to store,utilisé dans le balado The War on Cars; Nicolas Bérubé, chroniqueur finance à La Presse, va plus loin (!) en disant qu’il « abandonne [son auto] dans la rue » car son arrondissement le lui permet (« Mon char, mon choix, mes économies », 25 janvier 2026).

5.  Pour un VUS neuf, selon Francis Garnier d’Alliance Transit (conférence donnée le 24 janvier 2026 à Travailleuses et travailleurs pour la justice climatique, Montréal). Une voiture usagée coûterait 9 000 $ par année.

6. Berlan, op. cit., p. 202 et p. 126.

7. La Peuplade, 2025, p. 368.

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  • Pour un Québec en tabarnak!
    Être bucké à protéger la langue française, c’est en faire une langue de bois, une langue de musée, une langue nostalgique du PQ des années 70 et au final une langue morte. Parce que le temps passe qu’on le veuille ou non. Défendre la langue française comme y’a cinquante ans, c’est comme s’accrocher très fort aux poignées d’un tapis roulant sans bouger les pieds – t’as juste l’air cave et tu risques de te péter la gueule! Pour moi, la seule façon de garder le français et surtout la culture qué
     

Pour un Québec en tabarnak!

23 mars 2026 à 10:25

Être bucké à protéger la langue française, c’est en faire une langue de bois, une langue de musée, une langue nostalgique du PQ des années 70 et au final une langue morte. Parce que le temps passe qu’on le veuille ou non. Défendre la langue française comme y’a cinquante ans, c’est comme s’accrocher très fort aux poignées d’un tapis roulant sans bouger les pieds – t’as juste l’air cave et tu risques de te péter la gueule!

Pour moi, la seule façon de garder le français et surtout la culture québécoise vivante – et pas juste une langue de loser qui ont peur de leur ombre – c’est de recommencer à faire du joual! Laisser la langue vivre sa vie sans essayer de l’emprisonner dans les barreaux de l’isolationnisme du toujours pareille. Embrasser un nouveau joual qui accueille les évolutions créoles de la langue et invite les autres cultures à enrichir un nouveau « nous » québécois. 

Parce que le français d’icitte y’a jamais été pur, ça toujours été une courte pointe rapaillée – de Bretagne, de Normandie, d’Irlande et puis de Grèce et d’Italie. Et pis crisse, le mot « Québec » on va pas se mentir à base y’est algonquin.

Alors, le français décline : que cela ne tienne, il faut faire des Michel Tremblay et des Michèle Lalonde de nous même! Pas se mettre à dire comme les autres colons : « Speak white t’au Québec icitte! ». Que ce soit Céline ou Xavier Dolan y’ont pas peur de leur montrer de quel bois elle se chauffe la culture québécoise. Ça s’ostine pas sur le fétichisme de la langue proprette, mais ça se salit pour quelle vive la culture.

Je m’en câlisse que Simple Plan ou Dead Obies chantent en anglais – si tu fais toute en français, mais la même estie d’affaire qu’aux États, bin est déjà morte la culture québécoise. Et il me font chier raide les souverainistes qui me rabbachent les oreilles avec les taux d’immigration et leurs « bonjour hi » et qui écoutent du Netflix, du Spotify et du Instagram ou que ça magasine au Walmart et au Costco. Ça s’appelle parler la bouche plein de marde et de la marde américaine en plus!

Si toute cet argent là était mise en culture, bin y’en aurait pas de problème de langue pis d’identité nationale triste dans son ptit coin : les chinois-e-s, les arabes, les haïtien-ne-s du pays ça slammeraient en français, ça ferait des jokes et des Tiktok en français, ça dirait « pantoute », « talheure » ou « retontir » comme d’autres disent « bro » ou « wesh ». Et peut-être que ça serait avec un différent accent, mais ça serait bin beau de même!

Un Québec en tabarnak plutôt que sur la défensive serait déjà en train de se libérer de l’impérialisme anglais parce qu’on s’en sacrerait complètement d’acheter leurs coccins chipettes ou leurs séries prémâchées! Ce Québec-là se nourrirait de ce qui existe de bigarré « chez nous » et se solidariserait avec les autres opprimé-e-s pour grandir et gagner en résistance. On aurait envie de le rejoindre et pas juste de le craindre comme un bully avec ces ami-e-s toutes pareilles. On aurait pas besoin d’une constitution de crapules en cravate et on mettrait notre énergie pour que la jeunesse puisse juste croire en un futur.

Et, on aurait pas à faire de l’indépendance sur le dos du monde dont les parents sont arrivés icitte avant que je sois né. Des québécois-e-s qui vont juste pas se reconnaître dans un référendum pur laine – achetée sur Amazon ou Market Place ta laine? – et moi non plus. Je passerais pas quatre chemins pour le dire : en faisant boutique aux politiques à courte vue d’à côté, on se magazine juste un troisième « non » à pleurnicher pendant les vingt prochaines années comme PSPParizeau.

La morale c’est que quand tu veux plus accueillir du monde chez vous, c’est que t’es pu fière du ménage que t’as pas faite. Alors, siouplaît ciboire donnez-moi un Québec dont je puisse un peu être fière!

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  • Indépendance ou égalité? L’œuf ou la poule ou le PQ au bout du rouleau
    Avant la naissance du PQ, l’indépendance du Québec était une idée large. Il y avait bien sûr quelques nationalistes old-school adeptes du « maudits anglais », mais  à gauche émergeaient des adeptes d’un mouvement internationaliste et décolonial basé sur une lecture marxiste et pour qui l’ennemi est l’impérialisme. Syndicats, RIN, mouvements ouvriers, artistes forment une gauche indépendantiste avec, tout au bout, le FLQ, solidaire des luttes de décolonisation en Afrique et en Amérique du Sud.
     

Indépendance ou égalité? L’œuf ou la poule ou le PQ au bout du rouleau

11 mars 2026 à 14:39

Avant la naissance du PQ, l’indépendance du Québec était une idée large. Il y avait bien sûr quelques nationalistes old-school adeptes du « maudits anglais », mais  à gauche émergeaient des adeptes d’un mouvement internationaliste et décolonial basé sur une lecture marxiste et pour qui l’ennemi est l’impérialisme.

Syndicats, RIN, mouvements ouvriers, artistes forment une gauche indépendantiste avec, tout au bout, le FLQ, solidaire des luttes de décolonisation en Afrique et en Amérique du Sud. Comme elles, le front sera aussi un terrain d’émancipation pour des corps de police en mal d’héroïsme.

Idéateurs de cette gauche séparatiste : Charles Gagnon (du Bic) et Pierre Vallières. Frères de combats, clandestins, prisonniers, ils divergent pourtant d’opinion sur la primauté des choses. Si Gagnon attend le « grand jour » où la révolution prolétarienne mènera à l’indépendance, Vallières croit que la « conscience nationale » est la base d’une société libre. L’œuf ou la poule.

1972, Vallières se rallie au PQ et publie L’Urgence de choisir, un pamphlet qui invite la gauche à rallier les rangs du PQ.  Gagnon, lui, publie Pour le parti prolétarien, manifeste qui tire à plein feu sur les orientations du PQ, qualifiant Parizeau et Lévesque de fils spirituels de Duplessis. En entrevue, il assène : « Ya rien de pire que les nationalistes pour attaquer la classe ouvrière. »

Mais, dès 1972, quand Morin annonce que « les gauchistes, les anarchistes, les marxistes n’ont pas à s’attendre à un régime de faveurs dans un Québec indépendant », le mariage bat de l’aile entre Vallières et le PQ. En 1978, déçu, honteux, rageur, Vallières publie Les scorpions associés, ouvrage qui, sous forme de lettres adressées au premier ministre, exprime sa déception face aux orientations du PQ. On y lit :  « On est désagréablement surpris de voir le PQ déserté par plusieurs éléments de son aile gauche. Ce net glissement à droite laisse prévoir de sérieux conflits avec les syndicats […], de plus, il décourage les intellectuels, les étudiants, les écologistes et les féministes qui espéraient un bond en avant dans la conscience politique. » Dont acte.

Si le personnage Lévesque réussit à rassembler par sa simplicité et sa rigueur intellectuelle, les investitures post-Lévesque couronnent inévitablement des riches, des économistes, des gens du Québec INC., symboles mêmes du pouvoir impérialiste avec leurs grosses baraques, leurs majordomes et leurs complets cinq pièces. Johnson, Parizeau, Marois, ça boit pas de la bière flatte. Et Péladeau. Vous avez aimé l’Italie?

PSPP

40 ans après le départ de Lévesque, PSPP semble bien décidé à assumer l’image de nationaliste de la nouvelle droite, jeune, propre et décomplexée. Car aujourd’hui, on fait la politique du sondage, et qui c’est qui cartonne? C’est Jordan Bardella. Le facho présentable, porte-voix d’une droite populiste qu’on retrouve aussi bien en France, dans les médias Bolloré, ici dans le Journal de M, et des fois à TLMEP, au sud, dans la bouche du président.

Un modèle de marketing politique punché

Au diable l’équité, les bons sentiments de la gauche, on part un show de boucane, on lance l’œuf et on jacasse avec la poule que c’est la faute des minorités, des immigrants, des universitaires qui sont biaisés, blablabla… Comme Trump, il envoie des diarrhées, dans une rhétorique qui prouve sa méconnaissance des enjeux dont il parle et qui font preuve de son désir de diviser, de faire la « wedge politic ». On reprend le moulin à vent woke …

Quand je l’entends, ça me rappelle ce sketch d’Yvon Deschamps, sur la situation du français où il finit par dire que s’il veut éviter l’assimilation c’est parce que, je le cite : « Moi, mes enfants, y sont épais! Y s’ront jamais capables d’apprendre l’anglais. »

Quand PSPP nie l’existence du racisme systémique (qu’il a reconnu il y a quelques années – comme Doug Ford, le gauchiste), quand il s’attaque à l’intégrité des chercheurs financés par le fédéral, à la « loyauté » des artistes, je me dis qu’il nous prend vraiment pour des épais. La preuve qu’il a tort : ce journal reçoit des revenus publicitaires du gouvernement du Québec et je peux écrire : Va chier PSPP!!

Avec une moyenne de 17 k$ de revenu annuel, avec le soutien des deux gouvernements, ils sont morts de faim, Paul, les artistes loyalistes. Et de toute façon quand un gouvernement croit pouvoir dicter un code moral à ses créateurs, là il faut appeler une poule Poule Pot (rire mitigé).

Allons, Paul. Je le sais au fond que tu n’es pas un parfait imbécile – personne n’est parfait. Tu n’es sans doute pas méchant, non plus. Alors, svp arrête de jouer ce personnage grossier.

Parce que l’histoire que tu nous racontes là, ça finit par « Quelque chose comme un ti-peuple ».

C’est moi ou la poule pond des œufs bruns.

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  • Changement de culture: Je sais rien faire
    Cet automne, j’ai suivi Les Décarbonés. Une téléréalité animée par une humoriste? Qu’à cela ne tienne : pour une fois qu’une émission grand public éduquait à la diminution de l’empreinte environnementale, impossible de la bouder. Je connaissais aussi la sensibilité écologique de Korine Côté, l’animatrice, agente double à l’émission d’ICI Première Feu vert. Moi qui me documente sans arrêt sur la question environnementale, je n’y apprendrais pas grand-chose, me suis-je dit, mais au moins, je me se
     

Changement de culture: Je sais rien faire

4 mars 2026 à 07:32

Cet automne, j’ai suivi Les Décarbonés. Une téléréalité animée par une humoriste? Qu’à cela ne tienne : pour une fois qu’une émission grand public éduquait à la diminution de l’empreinte environnementale, impossible de la bouder. Je connaissais aussi la sensibilité écologique de Korine Côté, l’animatrice, agente double à l’émission d’ICI Première Feu vert. Moi qui me documente sans arrêt sur la question environnementale, je n’y apprendrais pas grand-chose, me suis-je dit, mais au moins, je me sentirais en communauté de pensée avec des gens à la télé – c’est rare.

Pourtant, dès la première émission, j’ai eu une révélation : je ne sais rien faire. Je ne sais pas réparer des objets, je sais à peine coudre (une chance que j’ai eu de l’économie familiale en secondaire 2), je ne sais pas construire une structure en bois… C’est en trois dimensions? Je panique. Contrairement aux participantes et participants, je pourrais ne pas apprendre, demandant au monde de venir à mon aide. Après tout, la société est ainsi faite que je pourrais demeurer dans la sphère intellectuelle toute ma vie, payant les autres pour des services, en mode de chacun selon ses compétences…Mais me sentirais-je parfaitement utile? Non. Car tous n’ont pas besoin de poésie; mais tous ont un jour besoin qu’on passe une moppe, qu’on cuisine une soupe, qu’on donne un coup de marteau.

En brassant des mots et en réduisant ma consommation le plus possible, j’agis pour le vivant, certes, mais il manque le contact charnel avec le monde. Il manque cette compréhension que ce que je modifie me modifie aussi, que cette interaction humain/non-humain incarne un rapport sain, plus complet avec mon environnement.

Si je ne sais rien faire, au fond, c’est que je n’ai rien appris. Qu’on ne m’a pas appris grand-chose. L’identification des plantes et des oiseaux au camp de vacances, on n’en reparlait plus après, donc j’ai oublié. Les recettes traditionnelles? J’ai brisé la transmission en devenant végétarienne. Les savoir-faire artisanaux? J’étais trop occupée avec mes études et le magasinage (de seconde main, mais quand même). Le pont entre bébé-boumeurs et Y s’est effrité, on a haussé les épaules et on s’est pris de notre plein gré dans les pièges de la modernité.

Alors comment une déconnectée du réel comme moi, malhabile en plus, peut-elle espérer qu’on se libère de la consommation, source de notre aliénation du monde qui nous entoure? Selon Paul Ariès, « [n]ous ne [le] pourrons que si nous prenons conscience que l’enjeu n’est pas d’abord quantitatif (consommer plus ou moins) mais qualitatif (quel mode de vie voulons-nous?). Comment nous libérer si nous demeurons dans une société dominée par l’économie1? »

On fait quoi?

On se mobilise pour faire rentrer dans les écoles l’enseignement de compétences manuelles, comme le Profil d’autonomie citoyenne du Cégep de La Pocatière qui, dans les mots de la journaliste Magalie Morin, « répare quelque chose du lien entre les jeunes et le monde2 ». Il ne s’agit pas ici de former des survivalistes (tant s’en faut!), mais d’« encapaciter ».

On rejoint le Cercle des fermières, comme plusieurs jeunes femmes qui « veulent revenir aux sources. Ce n’est plus acheter, acheter et jeter3 ».

On lit / on écoute

Pour nous motiver à repriser nos bas ou à devenir frugane4, le documentaire La richesse des ordures de Dominic Simard (2025), sur Tou.tv. Et Les Décarbonés, sur TV5 Unis : car la prise de conscience de mon incompétence a vite été suivie de ma mise en action. À suivre!

1. Paul Ariès, Désobéir et grandir : vers une société de décroissance, Écosociété, 2017 [2009], p. 73.

2.  Magalie Morin, « Réparer le monde au cégep de La Pocatière », Unpointcinq, 9 décembre 2025. https://unpointcinq.ca/sinspirer/cegep_la-pocatiere-autonomie-citoyenne/

3. Sylviane Carrier, présidente régionale du Cercle des fermières, dans Bruno St-Pierre, « Cent-dix ans de tradition et de solidarité », Le Soir, 10 décembre 2025, p. 12.

4. « Personne qui participe de façon limitée au système économique conventionnel, qui adopte des pratiques prônant la récupération des aliments et des objets et qui, par ses actions, contribue à lutter contre le gaspillage alimentaire, la surconsommation ainsi que la surexploitation des animaux et des ressources naturelles » (Office québécois de la langue française, 2023, https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26504985/frugane)

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