Une collision impliquant une camionnette et trois motos a fait quatre blessés, samedi (20 juin) vers 10 h, sur la route 232, à la hauteur de Saint-Eusèbe, dans le Témiscouata.
Selon une source policière, la conductrice de l’une des motos, qui circulait en tête du groupe, aurait raté une courbe avant d’entrer en collision avec la camionnette.
L’impact aurait entraîné la chute des autres motocyclistes.
La conductrice a été transportée dans un hôpital de Québec. On ne craint toutefois pas
Une collision impliquant une camionnette et trois motos a fait quatre blessés, samedi (20 juin) vers 10 h, sur la route 232, à la hauteur de Saint-Eusèbe, dans le Témiscouata.
Selon une source policière, la conductrice de l’une des motos, qui circulait en tête du groupe, aurait raté une courbe avant d’entrer en collision avec la camionnette.
L’impact aurait entraîné la chute des autres motocyclistes.
La conductrice a été transportée dans un hôpital de Québec. On ne craint toutefois pas pour sa vie. Les autres personnes impliquées ont subi des blessures mineures.
Un agent spécialisé en reconstitution de collision de la Sûreté du Québec a été dépêché sur les lieux afin de faire la lumière sur les circonstances de l’accident.
La route 232 a été fermée à la circulation jusqu’en fin d’après-midi.
Un homme de 43 ans, qui « sème la terreur » depuis longtemps à Saint-Honoré-de-Témiscouata, a été arrêté mercredi après-midi, vers 13 h 15, lors d’une opération menée par la Sûreté du Québec.
Au cours de l’intervention, les policiers ont dû utiliser une arme à impulsion électrique pour maîtriser le suspect dans une résidence de la rue Principale.
L’opération visait l’exécution de mandats d’arrestation. Conformément aux procédures en vigueur lors de ce type d’intervention, l’homme a ensuite
Un homme de 43 ans, qui « sème la terreur » depuis longtemps à Saint-Honoré-de-Témiscouata, a été arrêté mercredi après-midi, vers 13 h 15, lors d’une opération menée par la Sûreté du Québec.
Au cours de l’intervention, les policiers ont dû utiliser une arme à impulsion électrique pour maîtriser le suspect dans une résidence de la rue Principale.
L’opération visait l’exécution de mandats d’arrestation. Conformément aux procédures en vigueur lors de ce type d’intervention, l’homme a ensuite été transporté dans un centre hospitalier afin de subir une évaluation médicale.
Le suspect doit comparaître au cours des prochaines heures. Il pourrait faire face à plusieurs accusations, notamment de bris d’ordonnance, de harcèlement criminel et de manquement à une ordonnance de probation.
Une quinzaine de citoyens de Saint-Honoré-de-Témiscouata avaient dénoncé ses agissements le 16 juin dernier dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Comme l’a rapporté Infodimanche, trois porte-parole s’étaient relayés pour dénoncer le comportement d’un homme.
L’individu en question, qui n’avait jamais été nommé publiquement, aurait proféré des menaces, commis des méfaits, volé divers biens et enfreint plusieurs conditions qui lui avaient été imposées.
L’école Paul-Hubert de Rimouski a été la cible d’actes de vandalisme, mardi soir. Une personne se serait introduite illégalement à l’intérieur de l’établissement scolaire avant d’y commettre plusieurs méfaits.
La Sûreté du Québec a été avisée rapidement et est intervenue sur les lieux. Le suspect aurait été localisé et arrêté. Des dommages matériels ont notamment été constatés, dont plusieurs vitres fracassées.
Le Centre de services scolaire des Phares a communiqué avec les membres du pers
L’école Paul-Hubert de Rimouski a été la cible d’actes de vandalisme, mardi soir. Une personne se serait introduite illégalement à l’intérieur de l’établissement scolaire avant d’y commettre plusieurs méfaits.
La Sûreté du Québec a été avisée rapidement et est intervenue sur les lieux. Le suspect aurait été localisé et arrêté. Des dommages matériels ont notamment été constatés, dont plusieurs vitres fracassées.
Le Centre de services scolaire des Phares a communiqué avec les membres du personnel ainsi qu’avec les parents afin de les informer de la situation.
« Nous avons été informés d’une situation s’étant déroulée en soirée à notre école. Nous tenons à vous rassurer que les mesures nécessaires ont été mises en place et que l’environnement est sécuritaire pour les élèves et le personnel. Par souci de confidentialité, aucun autre détail ne sera communiqué », peut-on lire sur la page Facebook de l’école Paul-Hubert.
Les activités scolaires se déroulent normalement en ce mercredi 17 juin.
Des mesures de soutien ont également été offertes aux élèves qui pourraient ressentir le besoin d’être accompagnés à la suite de l’événement.
L’enquête se poursuit afin de déterminer les circonstances entourant ces actes de vandalisme. Des accusations pourraient être déposées contre la personne impliquée.
Le nombre de décès sur les routes du Bas-Saint-Laurent a connu une forte hausse en 2025, selon le bilan routier dévoilé mardi (16 juin) par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).
L’an dernier, 24 personnes ont perdu la vie dans des collisions sur le réseau routier régional, soit une augmentation de 37,9 % comparativement à la moyenne observée entre 2020 et 2024.
Cette hausse est nettement supérieure à celle enregistrée à l’échelle du Québec, où le nombre de décès a progres
Le nombre de décès sur les routes du Bas-Saint-Laurent a connu une forte hausse en 2025, selon le bilan routier dévoilé mardi (16 juin) par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).
L’an dernier, 24 personnes ont perdu la vie dans des collisions sur le réseau routier régional, soit une augmentation de 37,9 % comparativement à la moyenne observée entre 2020 et 2024.
Cette hausse est nettement supérieure à celle enregistrée à l’échelle du Québec, où le nombre de décès a progressé de 0,7 %.
Le nombre de blessés graves a toutefois diminué au Bas-Saint-Laurent. La SAAQ a recensé 51 personnes gravement blessées, une baisse de 13 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Le Québec a enregistré une hausse de 3,1 % dans cette catégorie.
Le bilan fait également état d’une augmentation du nombre de blessés légers. En 2025, 872 personnes ont subi des blessures mineures lors d’accidents de la route dans le Bas-Saint-Laurent, soit une hausse de 13,5 % par rapport à la moyenne de 2020 à 2024.
Au total, 947 personnes ont été impliquées dans des accidents sur les routes de la région au cours de l’année, ce qui représente une augmentation de 12,1 %. À l’échelle provinciale, la hausse est de 8,7 %.
Un mort par jour au Québec
À l’échelle du Québec, 371 personnes ont perdu la vie dans des collisions routières en 2025, soit huit de moins qu’en 2024. Le nombre de blessés graves est demeuré relativement stable avec 1 282 victimes, tandis que les blessés légers ont augmenté pour atteindre 28 365 personnes.
La SAAQ souligne une hausse du nombre de personnes décédées ou accidentées chez les jeunes de 15 à 24 ans ainsi que chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Une augmentation a également été observée dans les collisions impliquant des véhicules lourds et chez les piétons.
À l’inverse, le nombre de motocyclistes accidentés a diminué par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Le taux de décès par 100 000 habitants s’est établi à 4,1 au Québec en 2025, comparativement à 4,2 l’année précédente.
Le Parti libéral du Québec a demandé, pour des raisons de «transparence et d’indépendance», que la Sûreté du Québec mène une enquête sur les allégations de racisme par des policiers d’un poste de l’arrondissement Montréal-Nord.
Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal, a ensuite promis «un processus indépendant».
Christine Fréchette a dit en entrevue à Radio-Canada qu’elle n’excluait aucune option.
C’est pour l’instant le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui mè
Le Parti libéral du Québec a demandé, pour des raisons de «transparence et d’indépendance», que la Sûreté du Québec mène une enquête sur les allégations de racisme par des policiers d’un poste de l’arrondissement Montréal-Nord.
Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal, a ensuite promis «un processus indépendant».
Christine Fréchettea dit en entrevue à Radio-Canada qu’elle n’excluait aucune option.
C’est pour l’instant le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui mène lui-même l’enquête.
Ian Lafrenière, ministre de la sécurité intérieure, a dit qu’il nommerait un observateur indépendant.
La direction de l’école du Boisé-des-Prés, à Rimouski, dénonce une série d’actes de vandalisme survenus au cours des dernières semaines, qui entraînent des coûts importants.
Parmi les dégâts recensés, plusieurs fenêtres ont été fracassées et diverses infrastructures ont été endommagées.
Une plainte officielle a été déposée lundi à la Sûreté du Québec. Une enquête est en cours afin de faire la lumière sur les circonstances de ces méfaits et d’identifier les responsables.
« Notre école es
La direction de l’école du Boisé-des-Prés, à Rimouski, dénonce une série d’actes de vandalisme survenus au cours des dernières semaines, qui entraînent des coûts importants.
Parmi les dégâts recensés, plusieurs fenêtres ont été fracassées et diverses infrastructures ont été endommagées.
Une plainte officielle a été déposée lundi à la Sûreté du Québec. Une enquête est en cours afin de faire la lumière sur les circonstances de ces méfaits et d’identifier les responsables.
« Notre école est un milieu de vie précieux pour les jeunes. Chaque dollar consacré aux réparations est un dollar qui ne peut être investi dans des projets, des activités et des améliorations pour nos élèves », peut-on lire sur la page Facebook de l’établissement, communément appelé le Lab-École.
Collaboration du public souhaitée
La direction sollicite la collaboration du public et invite toute personne ayant été témoin d’une situation inhabituelle ou d’un comportement suspect à communiquer avec les autorités.
L’école du Boisé-des-Prés de Rimouski, communément appelé le Lab-école. (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)
« Nous faisons appel à la vigilance de toute notre communauté. Nous assurons actuellement un suivi de la situation en collaboration avec les autorités. Ensemble, prenons soin de ce lieu qui appartient à nos jeunes et dont nous sommes tous responsables », souligne la direction de l’école du Boisé-des-Prés.
Un vol qualifié de « gratuit et incompréhensible » a frappé l’Association de baseball mineur de Rivière-du-Loup dans la nuit du 12 au 13 juin. Des médailles destinées à récompenser les équipes participant à un tournoi provincial de baseball mineur ont disparu à quelques jours de l’événement.
Au moins un individu aurait pénétré par effraction dans une remise de l’association située à proximité du terrain de baseball près de l’épicerie Maxi.
Les suspects auraient sectionné plusieurs cadenas
Un vol qualifié de « gratuit et incompréhensible » a frappé l’Association de baseball mineur de Rivière-du-Loup dans la nuit du 12 au 13 juin. Des médailles destinées à récompenser les équipes participant à un tournoi provincial de baseball mineur ont disparu à quelques jours de l’événement.
Au moins un individu aurait pénétré par effraction dans une remise de l’association située à proximité du terrain de baseball près de l’épicerie Maxi.
Les suspects auraient sectionné plusieurs cadenas avant de fouiller les lieux de fond en comble.
En plus des médailles destinées aux jeunes athlètes, le ou les voleurs auraient mis la main sur une bouteille de propane et causé d’importants dommages matériels à l’intérieur du cabanon.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, le président de l’Association de baseball mineur de Rivière-du-Loup, Marc Michaud, a dénoncé ce geste en raison du défi que représente le remplacement rapide des récompenses.
La Sûreté du Québec poursuit son enquête afin d’identifier les responsables. Les policiers invitent toute personne possédant des informations en lien avec cet événement à communiquer avec les autorités.
Un bâtiment de la ferme laitière Fibel et Fils, situé sur le 2e Rang Ouest à Saint-Éloi, a été complètement ravagé par les flammes lundi matin, vers 4 h 45. Environ 80 vaches ont péri dans l’incendie à la suite d’un embrasement généralisé.
Selon des sources policières, l’étable est une perte totale.
L’intervention des pompiers a permis de protéger les silos ainsi que la résidence située à proximité, mais il était déjà trop tard pour les animaux à l’intérieur du bâtiment.
L’enquête se p
Un bâtiment de la ferme laitière Fibel et Fils, situé sur le 2e Rang Ouest à Saint-Éloi, a été complètement ravagé par les flammes lundi matin, vers 4 h 45. Environ 80 vaches ont péri dans l’incendie à la suite d’un embrasement généralisé.
Selon des sources policières, l’étable est une perte totale.
L’intervention des pompiers a permis de protéger les silos ainsi que la résidence située à proximité, mais il était déjà trop tard pour les animaux à l’intérieur du bâtiment.
L’enquête se poursuit afin d’établir les causes et les circonstances du sinistre. Selon les premières informations, il pourrait s’agir d’un feu accidentel d’origine électrique.
Une quarantaine de pompiers de Saint-Éloi, L’Isle-Verte, Trois-Pistoles, Saint-Paul-de-la-Croix et Saint-Jean-de-Dieu ont combattu les flammes.
En l’absence de bornes-fontaines, l’approvisionnement en eau a dû être assuré par des camions-citernes.
La Sûreté du Québec a saisi plus de 35 000 cigarettes de contrebande, le 11 juin dernier, lors d’une perquisition dans un immeuble de la rue du Ruisseau, à Sainte-Anne-des-Monts.
Sur place, des policiers ont arrêté un homme dans la cinquantaine. Il pourrait faire face à plusieurs infractions en lien avec la Loi concernant l’impôt sur le tabac.
La SQ a aussi mis la main sur environ 9 100$ en devise canadienne, 40 vapoteuses de nicotine et quatre armes à feu.
La Sûreté du Québec rappelle
La Sûreté du Québec a saisi plus de 35 000 cigarettes de contrebande, le 11 juin dernier, lors d’une perquisition dans un immeuble de la rue du Ruisseau, à Sainte-Anne-des-Monts.
Sur place, des policiers ont arrêté un homme dans la cinquantaine. Il pourrait faire face à plusieurs infractions en lien avec la Loi concernant l’impôt sur le tabac.
La SQ a aussi mis la main sur environ 9 100$ en devise canadienne, 40 vapoteuses de nicotine et quatre armes à feu.
La Sûreté du Québec rappelle que toute information sur la contrebande de tabac peut être communiquée en tout temps et de façon confidentielle à la Centrale de l’information criminelle au 1 800 659-4264.
Lorsque L’Obs m’a demandé si j’accepterais de faire une note de lecture sur le dernier livre d’Emmanuel Todd, j’ai d’abord hésité. Qu’est-ce qu’une chercheuse – dont le domaine de compétence est par définition restreint – peut dire sur un essai qui se donne pour but d’embrasser le monde comme il va ? Mais devant l’insistance répétée de Todd à se déclarer historien et anthropologue (et non pas essayiste), je me suis dit que s’il jouait la légitimité scientifique, on lui devait une réponse scienti
Lorsque L’Obs m’a demandé si j’accepterais de faire une note de lecture sur le dernier livre d’Emmanuel Todd, j’ai d’abord hésité. Qu’est-ce qu’une chercheuse – dont le domaine de compétence est par définition restreint – peut dire sur un essai qui se donne pour but d’embrasser le monde comme il va ? Mais devant l’insistance répétée de Todd à se déclarer historien et anthropologue (et non pas essayiste), je me suis dit que s’il jouait la légitimité scientifique, on lui devait une réponse scientifique. Et même si la Russie et l’Ukraine ne sont pas au centre de son raisonnement, elles ne sont pas non plus à la périphérie, puisque le diagnostic qu’il pose sur ces deux pays fonde aussi son discours général sur la faillite des Etats-Unis, et plus globalement sur les failles occidentales.
Vous trouverez ma note de lecture sur le site de L’Obs . J’ai décidé d’en dire un peu plus ici et dans un fil Twitter. Pourquoi? Parce que quand vous dites qu’un livre est bon, on vous demande rarement de le prouver. Mais quand vous dites qu’il est mauvais, on exige des preuves détaillées. Ma critique se limite strictement à son analyse de la Russie et de l’Ukraine, car c’est sur ces deux pays que j’ai une compétence de chercheuse.
De manière générale, pour un auteur qui se dit anthropologue, historien, qui ne cesse de souligner son « tempérament scientifique » (p.33) et de prétendre présenter les résultats d’une recherche, le livre est d’une pauvreté affligeante en termes de sources et de méthodes. La première chose qui frappe est l’ignorance complète par l’auteur de recherches publiées sur le sujet qu’il aborde. Le chapitre Russie cite bien brièvement quelques livres sans en détailler le contenu (p.58-59), mais tous les ouvrages cités ont au moins un demi-siècle d’âge et datent probablement des lectures étudiantes de l’auteur. Leroy-Beaulieu (texte de 1881) a tout particulièrement les faveurs de l’auteur et fait l’objet d’une longue citation. Tout cela ne serait pas problématique si Todd utilisait aussi des travaux publiés depuis la chute de l’URSS. Vous en trouvez très exactement deux dans le chapitre consacré à la Russie: un papier de James Galbraith sur l’effet des sanctions (ok, pourquoi pas) , et UN livre : l’ouvrage de synthèse du géographe David Teurtrie « Russie, le retour de la puissance » qu’il cite au moins sept fois dans un seul chapitre. Je n’ai absolument rien contre ce livre, écrit par un chercheur et faisant donc partie du débat. C’est quand-même un peu juste au regard de l’énorme littérature produite en anthropologie, démographie, science politique et sociologie sur la Russie contemporaine, que ce soit en français, en anglais, en russe ou dans d’autres langues depuis la fin de l’URSS. Surtout quand on entend poser un diagnostic sur l’état du pays.
Todd ne souhaite pas s’encombrer de décennies de travaux basés sur des enquêtes poussées. A la place, il veut produire un travail original basé sur des statistiques. Soit; ce n’est pas illégitime. Mais le choix des indicateurs et les conclusions qu’il en tire interrogent: il ne sélectionne que des statistiques qui vont dans son sens, et en tire des conclusions infondées.
Todd mobilise quatre indicateurs : la mortalité infantile; le décès par alcoolisme; le taux d’homicides; le taux de suicide. L’ensemble de ces indicateurs vont dans le sens de sa démonstration. Oui, la mortalité infantile a fortement décru en Russie, et la comparaison avec les États Unis n’est pas à l’avantage des US. Oui, les taux d’alcoolisme et de suicide ont aussi diminué. Oui, le taux d’homicide est en baisse. Mais s’il s’agit de juger l’état d’une société, on pourrait opposer d’autres indicateurs à ces statistiques. En effet, si les homicides ont continuellement diminué (avant de monter d’ailleurs en 2022), le taux de crimes violents est en augmentation depuis 2017, selon les statistiques officielles. De même, l’alcoolisme a certes diminué en Russie, mais la consommation de drogue a augmenté, notamment chez les jeunes. Les estimations officielles parlent de +60% de narcodépendants chez les mineurs entre 2016 et 2021. Statistique contre statistique… La sociologue que je suis bute aussi sur la corrélation établie par Todd entre mortalité infantile et niveau de corruption dans la société. « La mortalité infantile, écrit-il, parce qu’elle reflète l’état profond d’une société, est sans doute en elle-même un meilleur indicateur de la corruption réelle que ces indicateurs fabriqués selon on ne sait trop quels critères. » Ce qui l’amène à conclure à un plus haut niveau de corruption aux États-Unis qu’en Russie. Cette corrélation n’est jamais expliquée, et pour la prouver Todd donne les exemples japonais et scandinaves, pays caractérisés à la fois par une faible mortalité infantile et une faible corruption. Il est facile de le contredire par d’autres exemples de pays où la mortalité infantile est très basse pour un index de corruption plutôt élevé (Estonie, Slovénie, Monténégro). La corrélation ne tient pas la route, et aucune autre argumentation ne vient l’étayer. C’est quoi d’ailleurs la définition de cet « état profond d’une société », aurait-on envie de demander à l’anthropologue?
Un autre des indicateurs fétiches de Todd est le nombre d’ingénieurs formés: la comparaison des USA et de la Russie, à l’avantage net de cette dernière, devrait démontrer la force du modèle russe et expliquer sa « supériorité dans la guerre » (que je ne commenterai pas). Là aussi, l’épaisseur et la complexité du monde social échappe à Todd. Oui, la Russie forme beaucoup d’ingénieurs, et a sans doute un système d’accès à l’enseignement supérieur plus ouvert que les Etats-Unis. Cependant, il ignore certainement ce qu’est cette formation d’ingénieur dans le contexte russe, et les nombreuses critiques qui lui sont faites : archaïsme des programmes et déconnexion des défis contemporains, corruption dans la délivrance des diplômes, taux d’insertion très bas (20% au milieu des années 2010) des ingénieurs dans des postes correspondant à leurs métiers. Les ingénieurs français « vont se perdre dans la banque et l’ »ingénierie financière » » (p.50), déplore-t-il. Les ingénieurs russes aussi!
Mais ce sont surtout les conclusions à l’emporte-pièce tirées de toutes ces statistiques (dont la fabrication n’est questionnée que quand elles vont à l’encontre de ses conclusions) qui laissent pantois: ces indicateurs montreraient un état de « paix sociale de l’ère Poutine » (p.63), une société stable et consolidée. Vraiment? Je suis parmi ceux qui prennent au sérieux l’attractivité de la promesse de stabilité et de prospérité faite par le pouvoir poutinien à la population. Cependant, il ne faut pas confondre la promesse formulée par un régime et la réalité du terrain qui est, on s’en doute, différente et plus complexe.
Enfin, le diagnostic de la Russie dans la guerre est totalement déconnecté des données réelles. L’Etat russe aurait « choisi de faire une guerre lente pour économiser les hommes ». Il aurait donc mobilisé « avec parcimonie » (p. 66) pour les préserver. Cette affirmation ignore à la fois les chiffres réels des hommes mobilisés (officiellement plus de 600 000, et non 120 000 comme il l’affirme) et la réalité de l’usage des soldats sur le front: une masse humaine envoyée en première ligne sans formation ni préparation. Là aussi, le discours du pouvoir russe fait office de preuve intangible.
Si le chapitre portant sur la Russie propose une vision partielle et partiale du pays, celui consacré à l’Ukraine est effarant, tant il est pétri de mépris et de méconnaissance totale du terrain. Pour l’analyse de la Russie, Todd s’appuyait sur pas grand-chose. Pour l’analyse de l’Ukraine, il ne s’appuie sur rien, si l’on exclut le même livre de David Teurtrie (qui n’a jamais été un spécialiste de l’Ukraine) et un article portant sur un sujet pérpihérique à la démonstration (l’émigration juive partant de l’URSS). La source principale du chapitre est… Wikipedia dont il tire les cartes de la population et du vote aux présidentielles. Là aussi: la littérature académique sérieuse, y compris critique, portant sur l’Ukraine, est abondante. Mais manifestement, Todd pense pouvoir écrire une analyse nouvelle de ce pays à grands coups de clichés non sourcés et quelques statistiques. Le dénigrement de l’Ukraine est omniprésent dans le texte. Celle-ci est présentée comme un État failli: j’avais consacré un fil à ce sujet l’an dernier. La langue ukrainienne est qualifiée de « langue des paysans » (p. 96), alors que le russe serait « la langue de la haute culture » (p. 111). Todd ignore complètement la situation linguistique de l’Ukraine, son bilinguisme très particulier qui a certes des dimensions régionales, mais aussi urbaines/rurales, générationnelles, professionnelles… Il reproduit le cliché – que j’ai déconstruit à plusieurs reprises – d’une Ukraine divisée entre un Ouest ukrainophone et un Est russophone. Il trace à tort un signe d’équivalence entre « Ukraine de l’est » et « Ukraine russophone »; entre citoyens russophones et citoyens pro-russes. La guerre dans le Donbass est étrangement absente de tout son raisonnement. Pour prouver l’absence de représentation politique de « l’Ukraine russophone » et la « fin de la démocratie ukrainienne » (p.97), il pointe le taux d’abstention élevé dans le Donbass lors des élections présidentielles en 2014. A aucun moment il ne lui vient à l’esprit que le Donbass connaît au moment de l’élection des actions armées de haute intensité sur son territoire et une fuite de la population pour éviter les combat, et que l’abstention peut y être liée. Bien d’autres dynamiques, notamment politiques et lingiustiques, sont liées à la guerre. Comment peut-on ignorer à ce point le contexte?
Le mépris de Todd est sélectif: ce qu’il reproche à l’Ukraine, il le pardonne à la Russie. Lorsque Todd évoque l’autorisation et l’usage commercial de la gestation pour autrui, cette donnée est pour lui un « signe de décomposition sociale » (p.72) de l’Ukraine, alors que le recours massif à la GPA commerciale en Russie ne lui pose manifestement aucun problème. Todd dénonce, de manière attendue, une « corruption qui atteignait des niveaux insensés » en Ukraine, oubliant de mentionner que la Russie était moins bien classée que l’Ukraine dans les classements de la perception de la corruption par Transparency International.
Voulant démontrer la domination d’Ukrainiens de l’ouest dans la classe politique ukrainienne, il produit une carte des lieux de naissance des élites politiques. La source est sans doute Wikipédia, mais ce n’est pas grave: Wikipédia peut être une bonne source quand elle n’est pas la seule. Cependant, sa démonstration tombe un peu à l’eau.« L’Ouest, l’Ukraine ultranationaliste, est surreprésenté au sein des élites politiques. L’Est et le Sud, l’Ukraine anomique, n’ont pour eux que les oligarques » (p.104). Ce n’est pas ce que sa propre carte montre. Ce que montrent les lieux de naissance des élites politiques, c’est par exemple que le président actuel Volodymyr Zelensky est originaire de l’Ukraine de l’Est. Que son prédécesseur, Petro Porochenko, est originaire de l’Ukraine du Sud et a fait une bonne partie de ses études à Odessa. Les deux présidents sont issus de milieux familiaux à préférence russophone. Aucune représentation de l’Est et du Sud dans les élites politiques, vraiment?
Je pourrais continuer et multiplier les exemples de méconnaissance, déformation, manipulation. Je m’arrête là. Cette note ne prétend pas à l’exhaustivité: elle rassemble juste suffisamment d’éléments pour pouvoir juger de la partie de son texte consacrée à la Russie et l’Ukraine. Je ne vais pas conclure en disant que l’auteur agit pour le solde d’une puissance étrangère; ce n’est pas mon rayon et je n’ai pas collecté d’éléments pour le prouver. Mais puisque Toddse dit chercheur, c’est sur ce terrain-là que porte ma lecture. Les chapitres consacrés à la Russie et à l’Ukraine ne respectent aucune norme de rigueur scientifique ou tout simplement de sérieux intellectuel. On y voit une ignorance complète de la recherche produite sur le sujet, des arrangements méthodologiques à la limite de la manipulation et des jugements de valeur manifestes. Les défauts de ces chapitres, on ne les pardonnerait pas à un étudiant de master. Je ne sais pas ce que cela implique pour le reste du livre, car ma compétence s’arrête là. Mais apparemment, ça n’empêche pas le bouquin de bien se vendre.