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    Alors que le spectre d’une nouvelle guerre mondiale quitte son tombeau et se matérialise pour revenir hanter les peuples et les territoires, on apprenait le mois dernier qu’on envisageait la construction d’une base navale militaire dans l’est du Québec. Dans une entrevue au journal Le Devoir, le Petit Timonier de la marine, un amiral du nom de Topshee, Angus de son prénom (une variété de bœuf qui, comme la défense nationale, coûte beaucoup trop cher), avançait qu’une base navale aiderait à l’
     

CHRONIQUE OBJECTIONS DE CONSCIENCE: COULEZ PAS CHEZ NOUS (NI AILLEURS)!

15 avril 2026 à 11:14

Alors que le spectre d’une nouvelle guerre mondiale quitte son tombeau et se matérialise pour revenir hanter les peuples et les territoires, on apprenait le mois dernier qu’on envisageait la construction d’une base navale militaire dans l’est du Québec.

Dans une entrevue au journal Le Devoir, le Petit Timonier de la marine, un amiral du nom de Topshee, Angus de son prénom (une variété de bœuf qui, comme la défense nationale, coûte beaucoup trop cher), avançait qu’une base navale aiderait à l’enrôlement de Québécois et des Québécoises dans les Forces armées canadiennes en général et dans la Marine en particulier.

Lire ça me donne le goût de paraphraser la chanson « Le gars de la compagnie » des Cowboys Fringants :

« Ça va nous faire des jobs pour les Canadiens-Français

Bâtissez vos bases, nous on vous donne le fleuve »

Ça ne rime pas vraiment, c’est laid, comme l’idée derrière la chanson.

Et laid comme l’idée derrière la militarisation du Saint-Laurent.

Avant de me lancer dans mon habituelle tirade de sale gauchiste radical, je vais tout de même souligner quelque chose d’important : nous devons être en mesure de défendre notre territoire, nos eaux, nos forêts et nos terres contre des envahisseurs potentiels qui viendraient chercher à nous les voler, chose dont peuvent nous parler les Premiers Peuples pendant longtemps!

Mais cette nécessité d’avoir les moyens de nous défendre ne doit pas nous faire souscrire à un militarisme des plus destructeurs, ni à ce que l’État colonial canadien augmente l’empreinte de son bras armé sur notre territoire!

Car cette idée de base navale dans l’estuaire relève d’une logique de réarmement non pas pour protéger le territoire, mais pour aller livrer combat dans des conflits internationaux provoqués par les sociopathes au pouvoir qui enverront, une fois de plus, les prolétaires et les autres classes dominées mourir pendant qu’ils regarderont la valeur de leurs portefeuilles d’actions de marchands de mort exploser.

Et comme l’amiral Bonhomme qui cherche à confondre les sceptiques a désigné Rimouski comme emplacement potentiel avec Baie-Comeau, les maires Guy Caron de Rimouski et Michel Desbiens de Baie-Comeau (de même que Daniel Côté de Gaspé!) se sont lancés dans une mini-campagne de putass… de surenchère pour convaincre la Marine de venir parquer ses vaisseaux de guerre dans le Saint-Laurent.

On veut évidemment aller chercher l’argent public qui vient avec ce genre de projet et reconnaissons que la présence de matelots en ville fera fleurir l’économie (surtout les bars et les clubs de danseuses).

Tout ça alors qu’on apprend dans Le Devoir, sous la plume de l’indispensable Alexandre Shields, que Marinvest Energy cherche justement à relancer un projet de gaz naturel liquide à Baie-Comeau!

La faune et la flore marine qui tiennent notre écosystème à bout de bras?

Pas important, du moins pas autant que l’économie et la « défense »!

Nécromancie politique

Pendant ce temps, on a Éric Duhaime qui, tel un nécromancien, tente de posséder le cadavre politique de Maïté Blanchette Vézina dans la circonscription de Rimouski en s’associant à madame l’ex-ministre de la privatisation des ressources naturelles pour critiquer le projet de « constitution » porté par l’équipe de gérants des ventes du Québec au plus fort la poche. Disons qu’elle est quand même bien placée pour servir de lubrifiant parlementaire au Parti conservateur du Québec tant elle a les deux mains sur la manette de la machine à privatiser notre demi-pays et à vendre nos ressources, dont nos forêts, aux plus offrants, ce que ferait avec entrain un gouvernement conservateur mené par un agent d’influence de l’impérialisme états-unien.

Et tandis que le monde se remilitarise et que la droite radicale la plus mortifère gagne du terrain jusque chez nous, les nationaleux qui ont fini d’usurper les derniers racoins progressistes du Parti québécois cherchent encore à nous convaincre que l’immigration et le wokisme sont les plus grands obstacles et une menace existentielle à l’accession du Québec à l’indépendance!

J’imagine que ce sont les immigrants et les anarchistes qui sont la cause des menaces de fermeture des urgences à Trois-Pistoles et à Pohénégamook!?

En tout cas, eux, ils se sont mobilisés massivement pour tenter de les sauver!

Je le dis et je le répète – une révolution sera nécessaire, et ce sont les possédants qui en décideront le ton.

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  • Changement de culture: Je sais rien faire
    Cet automne, j’ai suivi Les Décarbonés. Une téléréalité animée par une humoriste? Qu’à cela ne tienne : pour une fois qu’une émission grand public éduquait à la diminution de l’empreinte environnementale, impossible de la bouder. Je connaissais aussi la sensibilité écologique de Korine Côté, l’animatrice, agente double à l’émission d’ICI Première Feu vert. Moi qui me documente sans arrêt sur la question environnementale, je n’y apprendrais pas grand-chose, me suis-je dit, mais au moins, je me se
     

Changement de culture: Je sais rien faire

4 mars 2026 à 07:32

Cet automne, j’ai suivi Les Décarbonés. Une téléréalité animée par une humoriste? Qu’à cela ne tienne : pour une fois qu’une émission grand public éduquait à la diminution de l’empreinte environnementale, impossible de la bouder. Je connaissais aussi la sensibilité écologique de Korine Côté, l’animatrice, agente double à l’émission d’ICI Première Feu vert. Moi qui me documente sans arrêt sur la question environnementale, je n’y apprendrais pas grand-chose, me suis-je dit, mais au moins, je me sentirais en communauté de pensée avec des gens à la télé – c’est rare.

Pourtant, dès la première émission, j’ai eu une révélation : je ne sais rien faire. Je ne sais pas réparer des objets, je sais à peine coudre (une chance que j’ai eu de l’économie familiale en secondaire 2), je ne sais pas construire une structure en bois… C’est en trois dimensions? Je panique. Contrairement aux participantes et participants, je pourrais ne pas apprendre, demandant au monde de venir à mon aide. Après tout, la société est ainsi faite que je pourrais demeurer dans la sphère intellectuelle toute ma vie, payant les autres pour des services, en mode de chacun selon ses compétences…Mais me sentirais-je parfaitement utile? Non. Car tous n’ont pas besoin de poésie; mais tous ont un jour besoin qu’on passe une moppe, qu’on cuisine une soupe, qu’on donne un coup de marteau.

En brassant des mots et en réduisant ma consommation le plus possible, j’agis pour le vivant, certes, mais il manque le contact charnel avec le monde. Il manque cette compréhension que ce que je modifie me modifie aussi, que cette interaction humain/non-humain incarne un rapport sain, plus complet avec mon environnement.

Si je ne sais rien faire, au fond, c’est que je n’ai rien appris. Qu’on ne m’a pas appris grand-chose. L’identification des plantes et des oiseaux au camp de vacances, on n’en reparlait plus après, donc j’ai oublié. Les recettes traditionnelles? J’ai brisé la transmission en devenant végétarienne. Les savoir-faire artisanaux? J’étais trop occupée avec mes études et le magasinage (de seconde main, mais quand même). Le pont entre bébé-boumeurs et Y s’est effrité, on a haussé les épaules et on s’est pris de notre plein gré dans les pièges de la modernité.

Alors comment une déconnectée du réel comme moi, malhabile en plus, peut-elle espérer qu’on se libère de la consommation, source de notre aliénation du monde qui nous entoure? Selon Paul Ariès, « [n]ous ne [le] pourrons que si nous prenons conscience que l’enjeu n’est pas d’abord quantitatif (consommer plus ou moins) mais qualitatif (quel mode de vie voulons-nous?). Comment nous libérer si nous demeurons dans une société dominée par l’économie1? »

On fait quoi?

On se mobilise pour faire rentrer dans les écoles l’enseignement de compétences manuelles, comme le Profil d’autonomie citoyenne du Cégep de La Pocatière qui, dans les mots de la journaliste Magalie Morin, « répare quelque chose du lien entre les jeunes et le monde2 ». Il ne s’agit pas ici de former des survivalistes (tant s’en faut!), mais d’« encapaciter ».

On rejoint le Cercle des fermières, comme plusieurs jeunes femmes qui « veulent revenir aux sources. Ce n’est plus acheter, acheter et jeter3 ».

On lit / on écoute

Pour nous motiver à repriser nos bas ou à devenir frugane4, le documentaire La richesse des ordures de Dominic Simard (2025), sur Tou.tv. Et Les Décarbonés, sur TV5 Unis : car la prise de conscience de mon incompétence a vite été suivie de ma mise en action. À suivre!

1. Paul Ariès, Désobéir et grandir : vers une société de décroissance, Écosociété, 2017 [2009], p. 73.

2.  Magalie Morin, « Réparer le monde au cégep de La Pocatière », Unpointcinq, 9 décembre 2025. https://unpointcinq.ca/sinspirer/cegep_la-pocatiere-autonomie-citoyenne/

3. Sylviane Carrier, présidente régionale du Cercle des fermières, dans Bruno St-Pierre, « Cent-dix ans de tradition et de solidarité », Le Soir, 10 décembre 2025, p. 12.

4. « Personne qui participe de façon limitée au système économique conventionnel, qui adopte des pratiques prônant la récupération des aliments et des objets et qui, par ses actions, contribue à lutter contre le gaspillage alimentaire, la surconsommation ainsi que la surexploitation des animaux et des ressources naturelles » (Office québécois de la langue française, 2023, https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26504985/frugane)

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