Mardi dernier, j’ai publié un texte intitulé « La trumpisation du PQ ». Les réactions ont été très fortes, donc je me suis dit que j’y reviendrais cette semaine pour clarifier ma pensée. Entretemps, les députés péquistes ont publié un texte incendiaire dans lequel ils s’attaquent à la liberté de la presse. Bref, ils en rajoutent une couche. Je n’ai pas pu lire ce texte sans penser au fasciste de la maison blanche. Parce que oui, intimider les médias, qualifier de diffamation, d’idéologie (ou fak
Mardi dernier, j’ai publié un texte intitulé « La trumpisation du PQ ». Les réactions ont été très fortes, donc je me suis dit que j’y reviendrais cette semaine pour clarifier ma pensée. Entretemps, les députés péquistes ont publié un texte incendiaire dans lequel ils s’attaquent à la liberté de la presse. Bref, ils en rajoutent une couche. Je n’ai pas pu lire ce texte sans penser au fasciste de la maison blanche. Parce que oui, intimider les médias, qualifier de diffamation, d’idéologie (ou fake news) et d’anti-Québécois (ou anti-Américain) toute forme de critique et remettre en question la liberté de la presse sont bel et bien des méthodes trumpistes.
Avertissement inutile: Vous voulez me dire que j’ai tort? Très bien. Dites-moi en quoi l’attitude du PQ est raisonnable et respecte les règles de la démocratie et du débat public. Ne vous contentez pas d’écrire « Comparer Plamondon à Trump c’est complètement débile. »
Pour résumer: Régis Labeaume a publié un texte dans lequel il reproche à François Legault et Paul St-Pierre Plamondon d’utiliser l’immigration et la peur de l’islam comme épouvantails pour grapiller des votes et comme boucs-émissaires pour faire oublier les échecs répétés du gouvernement. Les péquistes ne sont pas d’accord. C’est légitime. Seulement, les députés ne se sont pas contentés de répondre aux idées défendues. Ils ont attaqué directement l’auteur et le journal qui a osé publier son texte. On franchit ici une ligne dangereuse.
Comme plusieurs personnes, je crois, j’ai levé les sourcils en lisant cet extrait: « Nous donnons à La Presse jusqu’à demain midi pour nous confirmer la publication de l’intégralité de notre texte ce samedi. Dans l’éventualité d’une réponse négative, nous publierons par d’autres moyens. » D’abord, on se calme. Si le PQ forme le gouvernement, il sera critiqué régulièrement dans tous les médias. Le gouvernement va-t-il réclamer un droit de réplique à chaque fois? Ensuite, qu’est-ce que c’est que cet ultimatum public? Le PQ voulait faire une démonstration de force? Montrer qu’il avait obligé la Presse à lui donner un droit de parole? Finalement, j’ai accroché sur le « ce samedi ». À quel point les péquistes croient-ils que les médias sont à leur service pour croire qu’ils peuvent imposer leurs exigences?
La Presse a refusé de publier l’INTÉGRALITÉ de la lettre. Ils ont exigé que le PQ retire les passages accusant Labeaume et le journal de diffamation, ce qui est normal. La diffamation étant un acte passible de poursuite, on ne peut pas exiger d’un journal qu’il s’incrimine. Plutôt que de modifier leur texte, les péquistes ont préféré poser en victimes et se plaindre de censure.
Ce paragraphe est particulièrement inquiétant: « Notre message est que la multiplication des chroniqueurs d’opinion au détriment du journalisme, combinée à un mépris des faits dans le cadre d’une idéologie marquée par le signalement de sa propre vertu et un sentiment de supériorité morale, constitue une posture « irresponsable et dangereuse pour la cohésion sociale au Québec » sur laquelle nous devrions nous pencher collectivement. »
Si les six péquistes s’étaient contentés de critiquer la prépondérance de l’opinion au détriment du journalisme, je n’aurais pu qu’être d’accord. Je fais le même constat et je considère moi aussi que c’est problématique. Malheureusement, il a fallu qu’ils ajoutent « dans le cadre d’une idéologie marquée par le signalement de sa propre vertu et un sentiment de supériorité morale ». On comprend que les péquistes ne font pas référence ici aux chroniqueurs de Radio X ou de Québecor. On accuse rarement Mathieu Bock-Côté, Richard Martineau ou Dominic Maurais de « signalement de vertu » ou de « supériorité morale ». Cette accusation vise uniquement les chroniqueurs et commentateurs qui osent critiquer le Parti québécois depuis sa gauche.
Remarquez l’emploi constant du mot « idéologie » dans le discours du chef du PQ. Le fait de présenter sa position comme étant la seule qui soit rationnelle n’a rien de nouveau en politique. Qualifier d' »idéologie » les positions de l’adversaire est un geste en soi banal, bien que malhonnête. Le conservatisme identitaire et le capitalisme défendus par le PQ ne sont pas moins idéologiques que l’interculturalisme ou le progressisme économique.
Là où cette tactique devient pernicieuse, c’est lorsqu’on présente la pensée de l’adversaire comme nocive, voire dangereuse pour la « nation ». C’est ce que fait M. Plamondon lorsqu’il accuse la « gauche radicale », les « wokes » et désormais les « vertueux » d’être une menace pour la démocratie et qu’il y associe tous ses critiques. En janvier, au balado Frenchcast, il parlait de purger les universités du wokisme, parce que c’est une idéologie et donc incompatible avec la science. Cette proposition de censure, parce que c’est bien ce dont il s’agit, était alors présentée comme une « réappropriation démocratique du contenu en éducation ». Le poids de la majorité derrière lui, le PQ chasserait ses adversaires des universités ou du moins déterminerait ce qu’ils ont le droit d’enseigner.
D’ailleurs, les six péquistes poursuivent dans l’anti-intellectualisme lorsqu’ils affirment que « toutes les données et les études sérieuses démontrent que l’augmentation subite de l’immigration, largement imposée par le fédéral sans consulter le Québec, est la cause prépondérante de la crise du logement, du français et des services publics ». Études sérieuses. Lire ici: les études qui confirment nos thèses. Le PQ a présenté sa « bibliographie ». Pour résumer, on y retrouvait des publications de la plupart des banques, des articles parus dans l’Actualité et le Journal de Montréal… et une déclaration de Pierre Poilievre sur le site du Parti conservateur du Canada. « Les conservateurs batissent des logements, les libéraux créent de la bureaucratie. » Remarquez, si le PQ considère le PCC comme une référence « sérieuse » sur la crise du logement, ça explique bien des choses.
Ne cherchez pas une seule source universitaire dans cette « bibliographie ». Et ce n’est pas parce qu’aucun universitaire québécois ne s’est penché sur la crise du logement. Seulement, les recherches universitaires n’arrivent pas à des conclusions aussi simplistes que celles du PQ, qui veut que la crise du logement ait été causée uniquement par les politiques d’immigration du gouvernement Trudeau. Les universitaires, ces idéologues wokes, sont donc ignorés. Les banques sont plus objectives.
Dans la publication de vendredi, les députés péquistes laissent entendre qu’ils vont traiter les médias comme les universités, c’est-à-dire qu’ils vont chercher à en purger les « idéologues ». C’est ce que je comprends quand on propose de « nous pencher collectivement » sur la présence de ces chroniqueurs « vertueux » qui déplaisent tant à M. Plamondon et ses collègues. Vous n’êtes pas d’accord? Très bien. Dites-moi comment vous interprétez le paragraphe en question.
Finalement, notons le populisme vaseux qui consiste à se confondre avec le peuple: « Elle envoie également un signal de mépris envers une majorité de Québécois qui ont des préoccupations légitimes sur ces questions. » Évidemment. Critiquer les tactiques électorales de Legault et Plamondon, c’est mépriser la majorité, rien de moins.
Selon le PQ, la Presse n’aurait pas dû accepter de publier le texte de Labeaume, qui serait « diffamatoire »: « À ce titre, un média comme La Presse a la responsabilité de s’assurer que des textes fortement chargés, comme celui de monsieur Labeaume correspondent à des faits et des arguments et non à des procès d’intention et des épithètes diffamatoires. (…) En publiant ce texte, La Presse a failli à cette responsabilité vis-à-vis du climat social et de la rigueur. »
J’essaie de comprendre où se trace la ligne. Quand PSPP impute gratuitement la crise du logement aux politiques d’immigration du gouvernement Trudeau, il ne nuit pas à la paix sociale et ce n’est pas de la diffamation. Mais quand Régis Labeaume réplique que la crise du logement est causée par bien d’autres facteurs et qu’il accuse Legault et PSPP de nuire au climat social avec leur discours sur l’immigration, c’est de la diffamation et ça nuit à la paix sociale. Et les députés péquistes voudraient que ce genre de texte soit interdit (ou refusé par les journaux, ce qui revient au même). Le deux poids, deux mesures est flagrant. L’an dernier, PSPP dénonçait le wokisme, la censure et la culture de la cancellation. Aujourd’hui, il demande à la Presse de ne pas publier des textes qui le prennent à parti parce que ça conduit à « la haine envers les élus » et à la « polarisation ». Est-ce que ce n’est pas exactement ce qu’il reproche aux wokes? De vouloir faire taire les voix dissidentes parce qu’ils jugent leurs propos nocifs?
C’est curieux que les seuls chroniqueurs et commentateurs qui dérangent les péquistes soient ceux qui les critiquent. Le PQ se satisfaisait bien des chroniques d’opinion basées sur du pur sentiment pendant le débat sur la charte des valeurs. Quand avez-vous entendu les péquistes critiquer les chroniqueurs qui s’acharnent sur les femmes voilées ou sur les personnes trans? À croire que la liberté de presse permet de s’attaquer aux groupes minoritaires et marginaux, mais critiquer les politiciens est un pas à ne pas franchir. C’est une drôle de démocratie qu’on nous propose.
Mardi dernier, j’ai publié un texte intitulé “La trumpisation du PQ”. Les réactions ont été très fortes, donc je me suis dit que j’y reviendrais cette semaine pour clarifier ma pensée. Entretemps, les députés péquistes ont publié un texte incendiaire dans lequel ils s’attaquent à la liberté de la presse. Bref, ils en rajoutent une couche. Je n’ai pas pu lire ce texte sans penser au fasciste de la maison blanche. Parce que oui, intimider les médias, qualifier de diffamation, d’idéologie (ou fake
Mardi dernier, j’ai publié un texte intitulé “La trumpisation du PQ”. Les réactions ont été très fortes, donc je me suis dit que j’y reviendrais cette semaine pour clarifier ma pensée. Entretemps, les députés péquistes ont publié un texte incendiaire dans lequel ils s’attaquent à la liberté de la presse. Bref, ils en rajoutent une couche. Je n’ai pas pu lire ce texte sans penser au fasciste de la maison blanche. Parce que oui, intimider les médias, qualifier de diffamation, d’idéologie (ou fake news) et d’anti-Québécois (ou anti-Américain) toute forme de critique et remettre en question la liberté de la presse sont bel et bien des méthodes trumpistes.
Avertissement inutile: Vous voulez me dire que j’ai tort? Très bien. Dites-moi en quoi l’attitude du PQ est raisonnable et respecte les règles de la démocratie et du débat public. Ne vous contentez pas d’écrire “Comparer Plamondon à Trump c’est complètement débile.”
Pour résumer: Régis Labeaume a publié un texte dans lequel il reproche à François Legault et Paul St-Pierre Plamondon d’utiliser l’immigration et la peur de l’islam comme épouvantails pour grapiller des votes et comme boucs-émissaires pour faire oublier les échecs répétés du gouvernement. Les péquistes ne sont pas d’accord. C’est légitime. Seulement, les députés ne se sont pas contentés de répondre aux idées défendues. Ils ont attaqué directement l’auteur et le journal qui a osé publier son texte. On franchit ici une ligne dangereuse.
Comme plusieurs personnes, je crois, j’ai levé les sourcils en lisant cet extrait: “Nous donnons à La Presse jusqu’à demain midi pour nous confirmer la publication de l’intégralité de notre texte ce samedi. Dans l’éventualité d’une réponse négative, nous publierons par d’autres moyens.” D’abord, on se calme. Si le PQ forme le gouvernement, il sera critiqué régulièrement dans tous les médias. Le gouvernement va-t-il réclamer un droit de réplique à chaque fois? Ensuite, qu’est-ce que c’est que cet ultimatum public? Le PQ voulait faire une démonstration de force? Montrer qu’il avait obligé la Presse à lui donner un droit de parole? Finalement, j’ai accroché sur le “ce samedi”. À quel point les péquistes croient-ils que les médias sont à leur service pour croire qu’ils peuvent imposer leurs exigences?
La Presse a refusé de publier l’INTÉGRALITÉ de la lettre. Ils ont exigé que le PQ retire les passages accusant Labeaume et le journal de diffamation, ce qui est normal. La diffamation étant un acte passible de poursuite, on ne peut pas exiger d’un journal qu’il s’incrimine. Plutôt que de modifier leur texte, les péquistes ont préféré poser en victimes et se plaindre de censure.
Ce paragraphe est particulièrement inquiétant: “Notre message est que la multiplication des chroniqueurs d’opinion au détriment du journalisme, combinée à un mépris des faits dans le cadre d’une idéologie marquée par le signalement de sa propre vertu et un sentiment de supériorité morale, constitue une posture « irresponsable et dangereuse pour la cohésion sociale au Québec » sur laquelle nous devrions nous pencher collectivement.”
Si les six péquistes s’étaient contentés de critiquer la prépondérance de l’opinion au détriment du journalisme, je n’aurais pu qu’être d’accord. Je fais le même constat et je considère moi aussi que c’est problématique. Malheureusement, il a fallu qu’ils ajoutent “dans le cadre d’une idéologie marquée par le signalement de sa propre vertu et un sentiment de supériorité morale”. On comprend que les péquistes ne font pas référence ici aux chroniqueurs de Radio X ou de Québecor. On accuse rarement Mathieu Bock-Côté, Richard Martineau ou Dominic Maurais de “signalement de vertu” ou de “supériorité morale”. Cette accusation vise uniquement les chroniqueurs et commentateurs qui osent critiquer le Parti québécois depuis sa gauche.
Remarquez l’emploi constant du mot “idéologie” dans le discours du chef du PQ. Le fait de présenter sa position comme étant la seule qui soit rationnelle n’a rien de nouveau en politique. Qualifier d'”idéologie” les positions de l’adversaire est un geste en soi banal, bien que malhonnête. Le conservatisme identitaire et le capitalisme défendus par le PQ ne sont pas moins idéologiques que l’interculturalisme ou le progressisme économique.
Là où cette tactique devient pernicieuse, c’est lorsqu’on présente la pensée de l’adversaire comme nocive, voire dangereuse pour la “nation”. C’est ce que fait M. Plamondon lorsqu’il accuse la “gauche radicale”, les “wokes” et désormais les “vertueux” d’être une menace pour la démocratie et qu’il y associe tous ses critiques. En janvier, au balado Frenchcast, il parlait de purger les universités du wokisme, parce que c’est une idéologie et donc incompatible avec la science. Cette proposition de censure, parce que c’est bien ce dont il s’agit, était alors présentée comme une “réappropriation démocratique du contenu en éducation”. Le poids de la majorité derrière lui, le PQ chasserait ses adversaires des universités ou du moins déterminerait ce qu’ils ont le droit d’enseigner.
D’ailleurs, les six péquistes poursuivent dans l’anti-intellectualisme lorsqu’ils affirment que “toutes les données et les études sérieuses démontrent que l’augmentation subite de l’immigration, largement imposée par le fédéral sans consulter le Québec, est la cause prépondérante de la crise du logement, du français et des services publics”. Études sérieuses. Lire ici: les études qui confirment nos thèses. Le PQ a présenté sa “bibliographie”. Pour résumer, on y retrouvait des publications de la plupart des banques, des articles parus dans l’Actualité et le Journal de Montréal… et une déclaration de Pierre Poilievre sur le site du Parti conservateur du Canada. “Les conservateurs batissent des logements, les libéraux créent de la bureaucratie.” Remarquez, si le PQ considère le PCC comme une référence “sérieuse” sur la crise du logement, ça explique bien des choses.
Ne cherchez pas une seule source universitaire dans cette “bibliographie”. Et ce n’est pas parce qu’aucun universitaire québécois ne s’est penché sur la crise du logement. Seulement, les recherches universitaires n’arrivent pas à des conclusions aussi simplistes que celles du PQ, qui veut que la crise du logement ait été causée uniquement par les politiques d’immigration du gouvernement Trudeau. Les universitaires, ces idéologues wokes, sont donc ignorés. Les banques sont plus objectives.
Dans la publication de vendredi, les députés péquistes laissent entendre qu’ils vont traiter les médias comme les universités, c’est-à-dire qu’ils vont chercher à en purger les “idéologues”. C’est ce que je comprends quand on propose de “nous pencher collectivement” sur la présence de ces chroniqueurs “vertueux” qui déplaisent tant à M. Plamondon et ses collègues. Vous n’êtes pas d’accord? Très bien. Dites-moi comment vous interprétez le paragraphe en question.
Finalement, notons le populisme vaseux qui consiste à se confondre avec le peuple: “Elle envoie également un signal de mépris envers une majorité de Québécois qui ont des préoccupations légitimes sur ces questions.” Évidemment. Critiquer les tactiques électorales de Legault et Plamondon, c’est mépriser la majorité, rien de moins.
Selon le PQ, la Presse n’aurait pas dû accepter de publier le texte de Labeaume, qui serait “diffamatoire”: “À ce titre, un média comme La Presse a la responsabilité de s’assurer que des textes fortement chargés, comme celui de monsieur Labeaume correspondent à des faits et des arguments et non à des procès d’intention et des épithètes diffamatoires. (…) En publiant ce texte, La Presse a failli à cette responsabilité vis-à-vis du climat social et de la rigueur.”
J’essaie de comprendre où se trace la ligne. Quand PSPP impute gratuitement la crise du logement aux politiques d’immigration du gouvernement Trudeau, il ne nuit pas à la paix sociale et ce n’est pas de la diffamation. Mais quand Régis Labeaume réplique que la crise du logement est causée par bien d’autres facteurs et qu’il accuse Legault et PSPP de nuire au climat social avec leur discours sur l’immigration, c’est de la diffamation et ça nuit à la paix sociale. Et les députés péquistes voudraient que ce genre de texte soit interdit (ou refusé par les journaux, ce qui revient au même). Le deux poids, deux mesures est flagrant. L’an dernier, PSPP dénonçait le wokisme, la censure et la culture de la cancellation. Aujourd’hui, il demande à la Presse de ne pas publier des textes qui le prennent à parti parce que ça conduit à “la haine envers les élus” et à la “polarisation”. Est-ce que ce n’est pas exactement ce qu’il reproche aux wokes? De vouloir faire taire les voix dissidentes parce qu’ils jugent leurs propos nocifs?
C’est curieux que les seuls chroniqueurs et commentateurs qui dérangent les péquistes soient ceux qui les critiquent. Le PQ se satisfaisait bien des chroniques d’opinion basées sur du pur sentiment pendant le débat sur la charte des valeurs. Quand avez-vous entendu les péquistes critiquer les chroniqueurs qui s’acharnent sur les femmes voilées ou sur les personnes trans? À croire que la liberté de presse permet de s’attaquer aux groupes minoritaires et marginaux, mais critiquer les politiciens est un pas à ne pas franchir. C’est une drôle de démocratie qu’on nous propose.
Nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de la pénétration des politiques trumpistes au Canada. Pierre Poilievre et le Parti conservateur du Canada ne se gênent pas pour employer exactement les mêmes stratégies. Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec se le permettent également. À l’exception des conservateurs eux-mêmes, je pense que peu de gens contesteraient cette affirmation.
La trumpisation que j’observe, mais dont on parle moins, est celle du Parti québécois sous Paul St-P
Nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de la pénétration des politiques trumpistes au Canada. Pierre Poilievre et le Parti conservateur du Canada ne se gênent pas pour employer exactement les mêmes stratégies. Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec se le permettent également. À l’exception des conservateurs eux-mêmes, je pense que peu de gens contesteraient cette affirmation.
La trumpisation que j’observe, mais dont on parle moins, est celle du Parti québécois sous Paul St-Pierre Plamondon. Plus le temps passe, plus je lui découvre des stratégies communes avec le fasciste de la maison blanche.
Avertissement inutile: Comparer deux personnes ne signifie pas qu’on les considère identiques. Je peux considérer que Paul St-Pierre Plamondon s’inspire du manuel de Donald Trump sans croire qu’il rêve d’envoyer l’armée dans les villes gouvernées par ses adversaires. J’ai écrit « avertissement inutile » parce que les péespépistes ont probablement déjà commencé à écrire que ma comparaison est absurde avant même de lire ce paragraphe.
La complaisance envers l’extrême droite Invité à résumer la position du Parti québécois sur l’échiquier politique au balado de Derek Fildebrandt, Plamondon a commencé en disant qu’il est « anti-radical left ». Le chef du PQ place donc l’opposition à la « gauche radicale » au centre de son idéologie. En revanche, il se désintéresse de la droite radicale, bien que celle-ci soit présente à l’intérieur de son propre parti. En novembre 2024, un reportage d’Étienne Fortin-Gauthier a montré les accointances entre le Parti québécois, le Bloc québécois et le regroupement d’extrême droite « Nouvelle alliance ». J’attends encore une seule intervention de Plamondon qui condamnerait la droite radicale avec autant de coeur que lorsqu’il condamne la gauche radicale. On ne l’entend pas non plus critiquer le masculinisme, dont « l’entrisme » dans nos écoles est pourtant bien mieux documenté que celui de l’islamisme. Je ne dis pas que Plamondon est d’extrême droite. Je dis qu’il semble craindre de s’aliéner le vote de l’extrême droite. Il n’a évidemment pas la même crainte pour la gauche radicale, qui ne vote déjà pas pour lui.
La fabrication d’un ennemi imaginaire Le 28 mars 2023, Paul St-Pierre Plamondon a convoqué les journalistes à un point de presse pour se plaindre d' »une frange de gauche radicale, qui occupe beaucoup d’espace, même médiatiquement », « des gens qui se présentent comme des experts », qui auraient qualifié les péquistes d’extrême droite en raison de leurs demandes répétées de fermer le chemin Roxham. Aux journalistes qui lui demandaient des noms, Plamondon a refusé de citer un seul exemple. « C’est vous qui êtes journaliste. » Situation absurde, mais qui annonçait la suite des choses, puisque Plamondon se plaint constamment de cette « gauche radicale ».
En novembre 2024, Plamondon a fait plusieurs sorties contre le « wokisme ». Invité par Guy A. Lepage à définir le wokisme, il a répondu carrément que « C’est pas tant la définition du wokisme qui importe ». Bonne stratégie. Moins on définit l’épouvantail contre lequel on se bat, plus on peut l’associer à n’importe qui et plus on charme ceux qui comprennent que l’épouvantail est l’ennemi à abattre. Maurice Duplessis a passé sa vie à lutter contre le communisme, mais ne s’est jamais donné la peine d’en donner une définition.
On sait que Québec solidaire fait partie de cette gauche radicale woke impossible à définir. Elle englobe également « certains universitaires », « certains chroniqueurs », « certains militants »… De façon générale, elle semble inclure toute personne critiquant Plamondon à l’exception de la CAQ, du PLQ et du PCQ. Plamondon se présente donc comme le rempart contre un ennemi à la fois tout-puissant et insaisissable.
L’intolérance aux critiques, en particulier celles des médias Paul St-Pierre Plamondon s’est bâti la réputation d’être « soupe au lait » ou d’avoir « la mèche courte » pour reprendre l’expression de Yasmine Abdelfadel. Il reproche aux chroniqueurs qui le critiquent leurs « procédés intellectuels fallacieux », « procédés intellectuels douteux », « déformations de propos », « accusations grossières », « procès d’intention »… Des reproches qu’il a notamment adressés à Rima Elkouri, Yasmine Abdelfade, Antoine Robitaille, Thomas Mulcair, Marie-Ève Doyon et Paul Journet. Comme s’il était absolument impossible d’être en désaccord avec ses positions sans être malhonnête.
Dernièrement, Pascal Bérubé a déposé une plainte à l’ombudsman de Radio-Canada pour des propos « inacceptables » tenus par Rachel Chagnon lors de l’émission Tout peut arriver du 27 septembre 2025. Pour rappel, Mme Chagnon a accusé le Parti québécois de viser l’homogénéité dans les classes avec ses nouvelles propositions en matière de « laïcité ». Elle termine sa phrase par « et pourquoi pas tous blonds aux yeux bleus? » Dans les jours qui ont suivi, Plamondon s’est plaint d’avoir été accusé de racisme.
Pascal Bérubé fait de la politique depuis assez longtemps pour savoir que sa plainte n’aura aucune conséquence. Il sait comme moi quelle sera la réponse de l’ombudsman: « Ces opinions ne sont pas celles de Radio-Canada : elles appartiennent aux personnes qui les expriment. » Combien de fois Justin Trudeau et François Legault ont-ils été accusés de fascisme pendant la pandémie? Je ne crois pas que leur bureau respectif se soit plaint à chaque fois. S’ils l’ont fait, ça n’a visiblement rien changé. Le but d’une plainte comme celle de Bérubé est simplement d’intimider. Que les personnes qui s’expriment dans les médias craignent les conséquences de s’attaquer au Parti québécois.
Même tactique lorsque Jean-François Lisée porte plainte au collège des médecins contre la psychiatre Marie-Eve Cotton. Nous avons eu des médecins députés, ministres et premiers ministres. Pensez-vous que le collège va sanctionner une médecin parce qu’elle critique le chef de la troisième opposition? L’objectif est encore une fois ici d’intimider.
À l’intérieur du parti, aucun chef péquiste n’a été plus difficile à critiquer que Plamondon. Le dernier officier du PQ à avoir osé remettre sa politique en question a été expulsé de la commission politique. Même des péquistes de longue date comme Louise Harel et Pierre Céré peuvent être associés à la « gauche radicale » pour avoir osé contredire le chef.
Le pompier pyromane Depuis trois ans, Paul St-Pierre Plamondon pointe l’immigration comme explication universelle aux problèmes du Québec. L’immigration a selon lui causé le déclin du français, la crise du logement, la pénurie d’enseignants, la crise des services, la résurgence de l’homophobie, la hausse de la criminalité chez les jeunes, la baisse du taux de natalité, la stagnation du produit intérieur brut… Le chef du PQ aime pointer l’Europe du doigt, en dépeindre un portrait catastrophique et nous prévenir que c’est ce qui nous attend. En l’écoutant, on imagine des villes européennes où des quartiers entiers sont contrôlés par de le crime organisé et/ou par des islamistes.
Et le plus drôle, c’est que Plamondon accuse aussi l’immigration de… dégrader le climat social. Et de favoriser la montée de l’extrême droite. Bien entendu que si on répète constamment à la population que tous les problèmes sont provoqués par l’immigration, il se pourrait que des gens deviennent plus hostiles à l’endroit des immigrants et se rapprochent des groupes les plus agressivement xénophobes.
De la même façon, le PQ est en train de convaincre ses électeurs qu’il est urgent d’empêcher les élèves du primaire de porter des signes religieux. J’ignorais que c’était une préoccupation. On n’avait littéralement jamais entendu parler de ce « problème » avant que le PQ le fabrique de toute pièce. Mais Plamondon se présente comme un démocrate. Il ne fait qu’adresser les préoccupations des gens. Et lorsqu’il sera premier ministre, il va régler le problème qu’il a lui-même nourri. Bref, le pompier pyromane.
L’hostilité à la diversité de genre À l’automne 2023, Paul St-Pierre Plamondon associait les pronoms non-binaires et les toilettes mixtes à « l’idéologie de la gauche radicale ». En février 2025, le Parti québécois a été le seul parti à ne pas appuyer une motion dénonçant la montée de l’homophobie. L’actuelle députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore, reproche au programme d’éducation à la sexualité d’être « fondé sur la théorie du genre ». Et comme la CAQ, le PQ s’oppose à l’écriture inclusive. Du populisme pur et simple, sans égard pour la haine qu’il peut engendrer.
Une lettre ouverte de Catherine Gentilcore, députée de Terrebonne, a dû être corrigée par La Presse (2 décembre 2024) parce qu’elle contenait une information mensongère sur le nouveau programme d’éducation à la sexualité, laissant entendre qu’on recommanderait aux enseignants d’apprendre aux enfants d’âge préscolaire que leur genre leur a été attribué par la société. C’est faux. Mais la lettre, qui a été lue par des milliers de personnes avant d’être corrigée, a bien transmis son message: « l’idéologie du genre » est à l’assaut de notre système d’éducation.
Lorsqu’il a commenté la triste polémique de « Mx Martine », cette enseignante non-binaire de Montérégie, Paul St-Pierre Plamondon est sombré dans la démagogie la plus totale, accusant la « gauche radicale » de vouloir « imposer (de nouveaux pronoms) dans le système d’éducation sans débat préalable sur le plan démocratique ». On parlait toujours bien d’une seule enseignante qui avait demandé à ses élèves de l’appeler Mx. Comment est-elle devenue une agente de cette infâme « gauche radicale »? Un tel discours a tout pour susciter la haine envers les personnes trans et non-binaires, faisant écho à l’imaginaire « lobby trans » dénoncé par les militants transphobes.
L’anti-intellectualisme Les États-Unis n’ont jamais eu un président aussi hostile aux universités que Donald Trump. Les chercheurs qui ne lui disent pas ce qu’il veut entendre (ils sont nombreux puisque Trump n’aime pas la vérité) sont classés au rang d’ennemis de l’État et sont les cibles de toutes sortes de sanctions. Et on connaît l’hostilité des trumpistes pour le « wokisme » ou encore les mesures d’égalité, diversité et inclusion (EDI).
À une plus petite échelle, Paul St-Pierre Plamondon n’est pas très différent. Peu importe le nombre de recherches reconnaissant le racisme systémique ou vantant les bienfaits de l’EDI, du féminisme intersectionnel, de l’écriture inclusive, le chef du PQ les discrédite d’emblée parce qu’elles ne confirment pas ses propres biais. Il qualifie de « militants », d' »idéologues » et même de « charlatans » les chercheurs et professeurs d’université dont les recherches le contredisent.
En janvier, Plamondon était au balado Frenchcast dans lequel il a promis que son gouvernement allait « se réapproprier démocratiquement le contenu en éducation ». Il explique: « Je vais revendiquer le mécanisme de commission parlementaire avec des experts, mais des citoyens et des gens qui représentent des citoyens, pour que le débat ne soit pas le monopole “ d’experts ” qui sont en fait, parfois, des idéologues. » Faut-il comprendre qu’un gouvernement péquiste va décider de ce qu’il est convenable d’enseigner ou non à l’université, non pas en fonction de l’état de la recherche, mais en fonction de ses propres positions? Il n’y a rien de « démocratique » dans le fait de censurer des professeurs ou des chercheurs parce que leurs recherches ne flattent pas le gouvernement et son électorat dans le sens du poil.
Conclusion Je n’hésite pas à affirmer que Paul St-Pierre Plamondon a copié plusieurs pages du manuel du fasciste de la Maison-Blanche. Et c’est inquiétant. Le trumpisme est une menace pour la démocratie, peu importe qui le met en place. Le Canada a évité le pire (au moins temporairement) en refusant de donner les clefs du pouvoir à Pierre Poilievre en avril. J’espère que le Québec saura en faire autant l’an prochain.
Nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de la pénétration des politiques trumpistes au Canada. Pierre Poilievre et le Parti conservateur du Canada ne se gênent pas pour employer exactement les mêmes stratégies. Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec se le permettent également. À l’exception des conservateurs eux-mêmes, je pense que peu de gens contesteraient cette affirmation.
La trumpisation que j’observe, mais dont on parle moins, est celle du Parti québécois sous Paul St-P
Nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de la pénétration des politiques trumpistes au Canada. Pierre Poilievre et le Parti conservateur du Canada ne se gênent pas pour employer exactement les mêmes stratégies. Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec se le permettent également. À l’exception des conservateurs eux-mêmes, je pense que peu de gens contesteraient cette affirmation.
La trumpisation que j’observe, mais dont on parle moins, est celle du Parti québécois sous Paul St-Pierre Plamondon. Plus le temps passe, plus je lui découvre des stratégies communes avec le fasciste de la maison blanche.
Avertissement inutile: Comparer deux personnes ne signifie pas qu’on les considère identiques. Je peux considérer que Paul St-Pierre Plamondon s’inspire du manuel de Donald Trump sans croire qu’il rêve d’envoyer l’armée dans les villes gouvernées par ses adversaires. J’ai écrit “avertissement inutile” parce que les péespépistes ont probablement déjà commencé à écrire que ma comparaison est absurde avant même de lire ce paragraphe.
La complaisance envers l’extrême droite Invité à résumer la position du Parti québécois sur l’échiquier politique au balado de Derek Fildebrandt, Plamondon a commencé en disant qu’il est “anti-radical left”. Le chef du PQ place donc l’opposition à la “gauche radicale” au centre de son idéologie. En revanche, il se désintéresse de la droite radicale, bien que celle-ci soit présente à l’intérieur de son propre parti. En novembre 2024, un reportage d’Étienne Fortin-Gauthier a montré les accointances entre le Parti québécois, le Bloc québécois et le regroupement d’extrême droite “Nouvelle alliance”. J’attends encore une seule intervention de Plamondon qui condamnerait la droite radicale avec autant de coeur que lorsqu’il condamne la gauche radicale. On ne l’entend pas non plus critiquer le masculinisme, dont “l’entrisme” dans nos écoles est pourtant bien mieux documenté que celui de l’islamisme. Je ne dis pas que Plamondon est d’extrême droite. Je dis qu’il semble craindre de s’aliéner le vote de l’extrême droite. Il n’a évidemment pas la même crainte pour la gauche radicale, qui ne vote déjà pas pour lui.
La fabrication d’un ennemi imaginaire Le 28 mars 2023, Paul St-Pierre Plamondon a convoqué les journalistes à un point de presse pour se plaindre d'”une frange de gauche radicale, qui occupe beaucoup d’espace, même médiatiquement”, “des gens qui se présentent comme des experts”, qui auraient qualifié les péquistes d’extrême droite en raison de leurs demandes répétées de fermer le chemin Roxham. Aux journalistes qui lui demandaient des noms, Plamondon a refusé de citer un seul exemple. “C’est vous qui êtes journaliste.” Situation absurde, mais qui annonçait la suite des choses, puisque Plamondon se plaint constamment de cette “gauche radicale”.
En novembre 2024, Plamondon a fait plusieurs sorties contre le “wokisme”. Invité par Guy A. Lepage à définir le wokisme, il a répondu carrément que “C’est pas tant la définition du wokisme qui importe”. Bonne stratégie. Moins on définit l’épouvantail contre lequel on se bat, plus on peut l’associer à n’importe qui et plus on charme ceux qui comprennent que l’épouvantail est l’ennemi à abattre. Maurice Duplessis a passé sa vie à lutter contre le communisme, mais ne s’est jamais donné la peine d’en donner une définition.
On sait que Québec solidaire fait partie de cette gauche radicale woke impossible à définir. Elle englobe également “certains universitaires”, “certains chroniqueurs”, “certains militants”… De façon générale, elle semble inclure toute personne critiquant Plamondon à l’exception de la CAQ, du PLQ et du PCQ. Plamondon se présente donc comme le rempart contre un ennemi à la fois tout-puissant et insaisissable.
L’intolérance aux critiques, en particulier celles des médias Paul St-Pierre Plamondon s’est bâti la réputation d’être “soupe au lait” ou d’avoir “la mèche courte” pour reprendre l’expression de Yasmine Abdelfadel. Il reproche aux chroniqueurs qui le critiquent leurs “procédés intellectuels fallacieux”, “procédés intellectuels douteux”, “déformations de propos”, “accusations grossières”, “procès d’intention”… Des reproches qu’il a notamment adressés à Rima Elkouri, Yasmine Abdelfade, Antoine Robitaille, Thomas Mulcair, Marie-Ève Doyon et Paul Journet. Comme s’il était absolument impossible d’être en désaccord avec ses positions sans être malhonnête.
Dernièrement, Pascal Bérubé a déposé une plainte à l’ombudsman de Radio-Canada pour des propos “inacceptables” tenus par Rachel Chagnon lors de l’émission Tout peut arriver du 27 septembre 2025. Pour rappel, Mme Chagnon a accusé le Parti québécois de viser l’homogénéité dans les classes avec ses nouvelles propositions en matière de “laïcité”. Elle termine sa phrase par “et pourquoi pas tous blonds aux yeux bleus?” Dans les jours qui ont suivi, Plamondon s’est plaint d’avoir été accusé de racisme.
Pascal Bérubé fait de la politique depuis assez longtemps pour savoir que sa plainte n’aura aucune conséquence. Il sait comme moi quelle sera la réponse de l’ombudsman: “Ces opinions ne sont pas celles de Radio-Canada : elles appartiennent aux personnes qui les expriment.” Combien de fois Justin Trudeau et François Legault ont-ils été accusés de fascisme pendant la pandémie? Je ne crois pas que leur bureau respectif se soit plaint à chaque fois. S’ils l’ont fait, ça n’a visiblement rien changé. Le but d’une plainte comme celle de Bérubé est simplement d’intimider. Que les personnes qui s’expriment dans les médias craignent les conséquences de s’attaquer au Parti québécois.
Même tactique lorsque Jean-François Lisée porte plainte au collège des médecins contre la psychiatre Marie-Eve Cotton. Nous avons eu des médecins députés, ministres et premiers ministres. Pensez-vous que le collège va sanctionner une médecin parce qu’elle critique le chef de la troisième opposition? L’objectif est encore une fois ici d’intimider.
À l’intérieur du parti, aucun chef péquiste n’a été plus difficile à critiquer que Plamondon. Le dernier officier du PQ à avoir osé remettre sa politique en question a été expulsé de la commission politique. Même des péquistes de longue date comme Louise Harel et Pierre Céré peuvent être associés à la “gauche radicale” pour avoir osé contredire le chef.
Le pompier pyromane Depuis trois ans, Paul St-Pierre Plamondon pointe l’immigration comme explication universelle aux problèmes du Québec. L’immigration a selon lui causé le déclin du français, la crise du logement, la pénurie d’enseignants, la crise des services, la résurgence de l’homophobie, la hausse de la criminalité chez les jeunes, la baisse du taux de natalité, la stagnation du produit intérieur brut… Le chef du PQ aime pointer l’Europe du doigt, en dépeindre un portrait catastrophique et nous prévenir que c’est ce qui nous attend. En l’écoutant, on imagine des villes européennes où des quartiers entiers sont contrôlés par de le crime organisé et/ou par des islamistes.
Et le plus drôle, c’est que Plamondon accuse aussi l’immigration de… dégrader le climat social. Et de favoriser la montée de l’extrême droite. Bien entendu que si on répète constamment à la population que tous les problèmes sont provoqués par l’immigration, il se pourrait que des gens deviennent plus hostiles à l’endroit des immigrants et se rapprochent des groupes les plus agressivement xénophobes.
De la même façon, le PQ est en train de convaincre ses électeurs qu’il est urgent d’empêcher les élèves du primaire de porter des signes religieux. J’ignorais que c’était une préoccupation. On n’avait littéralement jamais entendu parler de ce “problème” avant que le PQ le fabrique de toute pièce. Mais Plamondon se présente comme un démocrate. Il ne fait qu’adresser les préoccupations des gens. Et lorsqu’il sera premier ministre, il va régler le problème qu’il a lui-même nourri. Bref, le pompier pyromane.
L’hostilité à la diversité de genre À l’automne 2023, Paul St-Pierre Plamondon associait les pronoms non-binaires et les toilettes mixtes à “l’idéologie de la gauche radicale”. En février 2025, le Parti québécois a été le seul parti à ne pas appuyer une motion dénonçant la montée de l’homophobie. L’actuelle députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore, reproche au programme d’éducation à la sexualité d’être “fondé sur la théorie du genre”. Et comme la CAQ, le PQ s’oppose à l’écriture inclusive. Du populisme pur et simple, sans égard pour la haine qu’il peut engendrer.
Une lettre ouverte de Catherine Gentilcore, députée de Terrebonne, a dû être corrigée par La Presse (2 décembre 2024) parce qu’elle contenait une information mensongère sur le nouveau programme d’éducation à la sexualité, laissant entendre qu’on recommanderait aux enseignants d’apprendre aux enfants d’âge préscolaire que leur genre leur a été attribué par la société. C’est faux. Mais la lettre, qui a été lue par des milliers de personnes avant d’être corrigée, a bien transmis son message: “l’idéologie du genre” est à l’assaut de notre système d’éducation.
Lorsqu’il a commenté la triste polémique de “Mx Martine”, cette enseignante non-binaire de Montérégie, Paul St-Pierre Plamondon est sombré dans la démagogie la plus totale, accusant la “gauche radicale” de vouloir “imposer (de nouveaux pronoms) dans le système d’éducation sans débat préalable sur le plan démocratique”. On parlait toujours bien d’une seule enseignante qui avait demandé à ses élèves de l’appeler Mx. Comment est-elle devenue une agente de cette infâme “gauche radicale”? Un tel discours a tout pour susciter la haine envers les personnes trans et non-binaires, faisant écho à l’imaginaire “lobby trans” dénoncé par les militants transphobes.
L’anti-intellectualisme Les États-Unis n’ont jamais eu un président aussi hostile aux universités que Donald Trump. Les chercheurs qui ne lui disent pas ce qu’il veut entendre (ils sont nombreux puisque Trump n’aime pas la vérité) sont classés au rang d’ennemis de l’État et sont les cibles de toutes sortes de sanctions. Et on connaît l’hostilité des trumpistes pour le “wokisme” ou encore les mesures d’égalité, diversité et inclusion (EDI).
À une plus petite échelle, Paul St-Pierre Plamondon n’est pas très différent. Peu importe le nombre de recherches reconnaissant le racisme systémique ou vantant les bienfaits de l’EDI, du féminisme intersectionnel, de l’écriture inclusive, le chef du PQ les discrédite d’emblée parce qu’elles ne confirment pas ses propres biais. Il qualifie de “militants”, d'”idéologues” et même de “charlatans” les chercheurs et professeurs d’université dont les recherches le contredisent.
En janvier, Plamondon était au balado Frenchcast dans lequel il a promis que son gouvernement allait “se réapproprier démocratiquement le contenu en éducation”. Il explique: “Je vais revendiquer le mécanisme de commission parlementaire avec des experts, mais des citoyens et des gens qui représentent des citoyens, pour que le débat ne soit pas le monopole “ d’experts ” qui sont en fait, parfois, des idéologues.” Faut-il comprendre qu’un gouvernement péquiste va décider de ce qu’il est convenable d’enseigner ou non à l’université, non pas en fonction de l’état de la recherche, mais en fonction de ses propres positions? Il n’y a rien de “démocratique” dans le fait de censurer des professeurs ou des chercheurs parce que leurs recherches ne flattent pas le gouvernement et son électorat dans le sens du poil.
Conclusion Je n’hésite pas à affirmer que Paul St-Pierre Plamondon a copié plusieurs pages du manuel du fasciste de la Maison-Blanche. Et c’est inquiétant. Le trumpisme est une menace pour la démocratie, peu importe qui le met en place. Le Canada a évité le pire (au moins temporairement) en refusant de donner les clefs du pouvoir à Pierre Poilievre en avril. J’espère que le Québec saura en faire autant l’an prochain.
Urbania a cru bon de nous faire découvrir Alexandre Cormier-Denis, le Québécois propagandiste d’extrême droite qui se rapproche le plus d’un Adrien Arcand en 2025. Ce faisant, on lui donnait la plus grande visibilité médiatique depuis l’annulation de son invitation à l’Assemblée nationale à l’automne 2023. Pourquoi? L’auteur de l’article, Jean Bourbeau, nous explique: « Car bâillonner une voix, c’est souvent l’amplifier. L’exclusion nourrit la posture du martyr et forge, dans les marges, une lég
Urbania a cru bon de nous faire découvrir Alexandre Cormier-Denis, le Québécois propagandiste d’extrême droite qui se rapproche le plus d’un Adrien Arcand en 2025. Ce faisant, on lui donnait la plus grande visibilité médiatique depuis l’annulation de son invitation à l’Assemblée nationale à l’automne 2023. Pourquoi? L’auteur de l’article, Jean Bourbeau, nous explique: « Car bâillonner une voix, c’est souvent l’amplifier. L’exclusion nourrit la posture du martyr et forge, dans les marges, une légitimité paradoxalement engendrée par le silence. »
Donc, le journaliste nous parle de Cormier-Denis pour éviter qu’il se présente en victime des médias qui veulent le réduire au silance. Voici la réaction publique de Cormier-Denis à l’article: « Il y a quelques semaines, j’ai accordé un entretien à URBANIA. Sans surprise, l’article donne évidemment la parole à des adversaires politiques dont certains sont associés de très près à la nébuleuse antifa désormais désignée comme organisation terroriste aux États-Unis. (…) Bref, ce qui semble insupportable pour la gauche, c’est nommer le réel. »
Échec sur toute la ligne donc. Non seulement Bourbeau accorde une visibilité à Cormier-Denis, mais il lui a également donné une nouvelle occasion de se présenter en victime.
En-tête de l’article paru dans Urbania le 2 octobre 2025
D’un côté, l’article de Bourbeau présente Cormier-Denis comme un type dangereux: « Alexandre Cormier-Denis distille tout un cocktail Molotov idéologique. » De l’autre côté, il n’expose pas pleinement ce « cocktail Molotov idéologique ». Bourbeau a réalisé une entrevue et nous en présente les grandes lignes. Sachant qu’il s’adresse à un média centriste, Cormier-Denis n’a évidemment pas employé ses formules choc ou ses idées les plus extrêmes. Il a aidé le journaliste à le présenter sous un jour presque respectable.
La lecture de l’article ne donne pas l’impression d’avoir affaire à un extrémiste. Prenons ce paragraphe où l’auteur résume les préoccupations du polémiste: « Cormier-Denis picore avec appétit dans tout le buffet de l’extrême droite : peur de l’entrisme musulman, diatribes contre la gauche vandale, nostalgie post-catho, exaltation de la « civilisation européenne », et même des débats clos depuis longtemps, comme l’avortement ou l’homoparentalité. Mais son obsession première demeure l’immigration. Y toucher, déplore-t-il, c’est aussitôt être rangé parmi les « méchants ». »
C’est un résumé considérablement poli et prudent. Et qui ne place pas du tout Cormier-Denis dans le camp des extrémistes.
Peur de l’entrisme musulman? C’est aussi le cas de la CAQ et du PQ. Diatribes contre la gauche vandale? Paul St-Pierre Plamondon se plaint constamment de la gauche radicale. Et puis c’est vrai que le vandalisme pendant les manifestations c’est mal, non? Nostalgie post-catho? Il a bien le droit d’avoir des croyances religieuses, non? Exaltation de la « civilisation européenne »? On rejoint ici Mathieu Bock-Côté et ses émules, qui nous vantent constamment la « civilisation occidentale ». Des débats clos depuis longtemps, comme l’avortement ou l’homoparentalité? En quoi serait-ce pire que le Parti conservateur du Canada? Quant à sa plainte de ne pas pouvoir discuter d’immigration sans être rangé parmi les « méchants », c’est le quotidien du Parti québécois sous Paul St-Pierre Plamondon.
Bref, si on lit cet article sans connaître Alexandre Cormier-Denis, on sort de la lecture avec l’impression que ce sont ses adversaires qui délirent. « Quoi ? Tu rencontres le facho ? Le suprémaciste blanc ? » fait dire Bourbeau aux gens qui auraient critiqué sa décision de faire un article sur Cormier-Denis. Le type ne fait qu’affirmer que la gauche est déconnectée et qu’il veut une droite conservatrice décomplexée. Est-ce qu’on n’exagère pas un peu en le traitant de fasciste?
Pour lui répondre, Jean Bourbeau a donné la parole à Francis Dupuis-Déri, Frédéric Bérard et David Morin. Très bien. Le problème, c’est qu’eux connaissent le vrai Cormier-Denis. Celui qui rêve d’un Alligator Alcatraz québécois. Celui qui associe la peau blanche à la démocratie, à la civilisation, au respect des droits de l’homme, et qui associe toutes les autres teintes à la barbarie, à la corruption et à la décadence. Celui qui nourrit des théories du complot du genre « Le Tiers-Monde veut nous envahir ». Celui qui se plaint de rencontrer des Noirs dans les Appalaches (qu’il compare à des chevreuils perdus dans la jungle, bref les Noirs sont des animaux à ses yeux) ou des femmes voilées à Mont-Tremblant: « Pourquoi ils ne restent pas chez eux au lieu de nous faire chier et de se faire chier? Ça me dépasse. »
Cormier-Denis n’appartient pas au groupe des « Je ne suis pas raciste, mais… » Raciste, il l’est ouvertement. Il n’emploiera pas le terme pour se définir, mais il suffit de l’écouter parler deux minutes pour le constater. Il parle de « conscience raciale » et de « solidarité raciale » lorsqu’il parle des immigrants. Il nous dit que les groupes « ethniques » autres que les blancs ont un « potentiel de développement plus faible ». Il emploie des termes tels que mouquère ou métèque. Il compare Pablo Rodriguez à Charles Manson. Il croit que les peuples autochtones nord-américains devraient remercier à genoux les Européens de leur avoir apporté la civilisation tandis que les autochtones sud-américains, trop nombreux selon lui, sont responsables de la « catastrophe civilisationnelle » qu’est l’Amérique du Sud.
Je n’ai pas eu à fouiller pendant des heures pour trouver le fonds de sa pensée. Une recherche rapide sur Facebook et on trouve facilement ses idées les plus haineuses. Ce sont ces paroles, selon moi, que Bourbeau aurait dû rapporter, plutôt que de répéter son discours victimaire: « On peut me détester, dit-il, mais m’exclure de l’espace public alors que je respecte les lois de mon pays, c’est autre chose. »
Il y a deux semaines, Cormier-Denis partageait sur sa page Facebook le nom et la photo de quatre enseignants qu’il qualifie « d’agents de radicalisation d’extrême gauche ». Comme Donald Trump, il considère que les antifascistes sont des terroristes. Il n’encourage pas directement ses lecteurs à s’attaquer à eux, mais il a partagé les coordonnées de leur employeur respectif. Frédéric Bérard, l’une de ses cibles, a reçu des menaces de mort à trois reprises depuis.
Frédéric Bérard est un des experts rencontrés par Jean Bourbeau pour son article. Il a accepté de participer à condition que Cormier-Denis soit présenté comme ce qu’il est, c’est-à-dire un fasciste: « Je ne souhaite pas, autrement, contribuer davantage à sa normalisation médiatique, d’autres s’en chargent amplement. » La condition ne semble pas avoir été respectée ou alors elle a été interprétée très librement.
J’ai l’impression que cet article d’Urbania a repoussé un peu plus loin les limites de l’acceptable. On parle désormais d’un polémiste d’extrême droite comme de n’importe quel candidat aux élections. On lui accorde de la visibilité sans véritablement chercher à mettre en garde le public contre le danger qu’il représente.
On me dira sans doute que j’exagère si je compare Urbania aux journaux de Munich qui, dans les années 1920, publiaient des articles sur ce flamboyant orateur moustachu de la brasserie en croyant qu’il ne s’agissait que d’une mode éphémère à laquelle on pouvait s’intéresser sans danger. Mais non. Donner de la visibilité au fascisme, c’est lui fournir des adeptes. Et c’est le premier pas vers la chute.
Urbania a cru bon de nous faire découvrir Alexandre Cormier-Denis, le Québécois propagandiste d’extrême droite qui se rapproche le plus d’un Adrien Arcand en 2025. Ce faisant, on lui donnait la plus grande visibilité médiatique depuis l’annulation de son invitation à l’Assemblée nationale à l’automne 2023. Pourquoi? L’auteur de l’article, Jean Bourbeau, nous explique: “Car bâillonner une voix, c’est souvent l’amplifier. L’exclusion nourrit la posture du martyr et forge, dans les marges, une légi
Urbania a cru bon de nous faire découvrir Alexandre Cormier-Denis, le Québécois propagandiste d’extrême droite qui se rapproche le plus d’un Adrien Arcand en 2025. Ce faisant, on lui donnait la plus grande visibilité médiatique depuis l’annulation de son invitation à l’Assemblée nationale à l’automne 2023. Pourquoi? L’auteur de l’article, Jean Bourbeau, nous explique: “Car bâillonner une voix, c’est souvent l’amplifier. L’exclusion nourrit la posture du martyr et forge, dans les marges, une légitimité paradoxalement engendrée par le silence.”
Donc, le journaliste nous parle de Cormier-Denis pour éviter qu’il se présente en victime des médias qui veulent le réduire au silance. Voici la réaction publique de Cormier-Denis à l’article: “Il y a quelques semaines, j’ai accordé un entretien à URBANIA. Sans surprise, l’article donne évidemment la parole à des adversaires politiques dont certains sont associés de très près à la nébuleuse antifa désormais désignée comme organisation terroriste aux États-Unis. (…) Bref, ce qui semble insupportable pour la gauche, c’est nommer le réel.”
Échec sur toute la ligne donc. Non seulement Bourbeau accorde une visibilité à Cormier-Denis, mais il lui a également donné une nouvelle occasion de se présenter en victime.
En-tête de l’article paru dans Urbania le 2 octobre 2025
D’un côté, l’article de Bourbeau présente Cormier-Denis comme un type dangereux: “Alexandre Cormier-Denis distille tout un cocktail Molotov idéologique.” De l’autre côté, il n’expose pas pleinement ce “cocktail Molotov idéologique”. Bourbeau a réalisé une entrevue et nous en présente les grandes lignes. Sachant qu’il s’adresse à un média centriste, Cormier-Denis n’a évidemment pas employé ses formules choc ou ses idées les plus extrêmes. Il a aidé le journaliste à le présenter sous un jour presque respectable.
La lecture de l’article ne donne pas l’impression d’avoir affaire à un extrémiste. Prenons ce paragraphe où l’auteur résume les préoccupations du polémiste: “Cormier-Denis picore avec appétit dans tout le buffet de l’extrême droite : peur de l’entrisme musulman, diatribes contre la gauche vandale, nostalgie post-catho, exaltation de la « civilisation européenne », et même des débats clos depuis longtemps, comme l’avortement ou l’homoparentalité. Mais son obsession première demeure l’immigration. Y toucher, déplore-t-il, c’est aussitôt être rangé parmi les « méchants ».”
C’est un résumé considérablement poli et prudent. Et qui ne place pas du tout Cormier-Denis dans le camp des extrémistes.
Peur de l’entrisme musulman? C’est aussi le cas de la CAQ et du PQ. Diatribes contre la gauche vandale? Paul St-Pierre Plamondon se plaint constamment de la gauche radicale. Et puis c’est vrai que le vandalisme pendant les manifestations c’est mal, non? Nostalgie post-catho? Il a bien le droit d’avoir des croyances religieuses, non? Exaltation de la “civilisation européenne”? On rejoint ici Mathieu Bock-Côté et ses émules, qui nous vantent constamment la “civilisation occidentale”. Des débats clos depuis longtemps, comme l’avortement ou l’homoparentalité? En quoi serait-ce pire que le Parti conservateur du Canada? Quant à sa plainte de ne pas pouvoir discuter d’immigration sans être rangé parmi les “méchants”, c’est le quotidien du Parti québécois sous Paul St-Pierre Plamondon.
Bref, si on lit cet article sans connaître Alexandre Cormier-Denis, on sort de la lecture avec l’impression que ce sont ses adversaires qui délirent. « Quoi ? Tu rencontres le facho ? Le suprémaciste blanc ? » fait dire Bourbeau aux gens qui auraient critiqué sa décision de faire un article sur Cormier-Denis. Le type ne fait qu’affirmer que la gauche est déconnectée et qu’il veut une droite conservatrice décomplexée. Est-ce qu’on n’exagère pas un peu en le traitant de fasciste?
Pour lui répondre, Jean Bourbeau a donné la parole à Francis Dupuis-Déri, Frédéric Bérard et David Morin. Très bien. Le problème, c’est qu’eux connaissent le vrai Cormier-Denis. Celui qui rêve d’un Alligator Alcatraz québécois. Celui qui associe la peau blanche à la démocratie, à la civilisation, au respect des droits de l’homme, et qui associe toutes les autres teintes à la barbarie, à la corruption et à la décadence. Celui qui nourrit des théories du complot du genre “Le Tiers-Monde veut nous envahir”. Celui qui se plaint de rencontrer des Noirs dans les Appalaches (qu’il compare à des chevreuils perdus dans la jungle, bref les Noirs sont des animaux à ses yeux) ou des femmes voilées à Mont-Tremblant: “Pourquoi ils ne restent pas chez eux au lieu de nous faire chier et de se faire chier? Ça me dépasse.”
Cormier-Denis n’appartient pas au groupe des “Je ne suis pas raciste, mais…” Raciste, il l’est ouvertement. Il n’emploiera pas le terme pour se définir, mais il suffit de l’écouter parler deux minutes pour le constater. Il parle de “conscience raciale” et de “solidarité raciale” lorsqu’il parle des immigrants. Il nous dit que les groupes “ethniques” autres que les blancs ont un “potentiel de développement plus faible”. Il emploie des termes tels que mouquère ou métèque. Il compare Pablo Rodriguez à Charles Manson. Il croit que les peuples autochtones nord-américains devraient remercier à genoux les Européens de leur avoir apporté la civilisation tandis que les autochtones sud-américains, trop nombreux selon lui, sont responsables de la “catastrophe civilisationnelle” qu’est l’Amérique du Sud.
Je n’ai pas eu à fouiller pendant des heures pour trouver le fonds de sa pensée. Une recherche rapide sur Facebook et on trouve facilement ses idées les plus haineuses. Ce sont ces paroles, selon moi, que Bourbeau aurait dû rapporter, plutôt que de répéter son discours victimaire: “On peut me détester, dit-il, mais m’exclure de l’espace public alors que je respecte les lois de mon pays, c’est autre chose.”
Il y a deux semaines, Cormier-Denis partageait sur sa page Facebook le nom et la photo de quatre enseignants qu’il qualifie “d’agents de radicalisation d’extrême gauche”. Comme Donald Trump, il considère que les antifascistes sont des terroristes. Il n’encourage pas directement ses lecteurs à s’attaquer à eux, mais il a partagé les coordonnées de leur employeur respectif. Frédéric Bérard, l’une de ses cibles, a reçu des menaces de mort à trois reprises depuis.
Frédéric Bérard est un des experts rencontrés par Jean Bourbeau pour son article. Il a accepté de participer à condition que Cormier-Denis soit présenté comme ce qu’il est, c’est-à-dire un fasciste: “Je ne souhaite pas, autrement, contribuer davantage à sa normalisation médiatique, d’autres s’en chargent amplement.” La condition ne semble pas avoir été respectée ou alors elle a été interprétée très librement.
J’ai l’impression que cet article d’Urbania a repoussé un peu plus loin les limites de l’acceptable. On parle désormais d’un polémiste d’extrême droite comme de n’importe quel candidat aux élections. On lui accorde de la visibilité sans véritablement chercher à mettre en garde le public contre le danger qu’il représente.
On me dira sans doute que j’exagère si je compare Urbania aux journaux de Munich qui, dans les années 1920, publiaient des articles sur ce flamboyant orateur moustachu de la brasserie en croyant qu’il ne s’agissait que d’une mode éphémère à laquelle on pouvait s’intéresser sans danger. Mais non. Donner de la visibilité au fascisme, c’est lui fournir des adeptes. Et c’est le premier pas vers la chute.
La journée de la Vérité et de la Réconciliation, ce n’est pas la journée pour se féliciter de tout ce qu’on a fait de bien ou de ce qu’on n’a pas de fait de mal aux Premières Nations. Au contraire, ça devrait être une journée d’introspection. Mais chaque année, je m’obstine avec des gens qui se complaisent dans le mythe de « Les Québécois ont toujours été amis avec les Autochtones ». Aujourd’hui, je condense dans ce texte ce que je répète chaque année le 30 septembre.
La Nouvelle-France«
La journée de la Vérité et de la Réconciliation, ce n’est pas la journée pour se féliciter de tout ce qu’on a fait de bien ou de ce qu’on n’a pas de fait de mal aux Premières Nations. Au contraire, ça devrait être une journée d’introspection. Mais chaque année, je m’obstine avec des gens qui se complaisent dans le mythe de « Les Québécois ont toujours été amis avec les Autochtones ». Aujourd’hui, je condense dans ce texte ce que je répète chaque année le 30 septembre.
La Nouvelle-France « Les colons français avaient des bonnes relations avec les Autochtones, pas comme les Anglais, les Portugais et les Espagnols! » Soyons honnête et réaliste: Si les Français ont eu de meilleures relations que les autres peuples avec les Autochtones, c’est parce que 1) Ils dépendaient des Autochtones, qui connaissaient le territoire, pour le commerce des fourrures, qui était la principale motivation de l’entreprise française en Amérique du Nord 2) Ils n’étaient pas assez nombreux ni assez puissants pour dominer le territoire L’histoire de la Nouvelle-France est parsemée de guerres et de conflits avec les Haudenosaunee (qu’on s’obstine encore aujourd’hui à désigner sous le nom péjoratif « Iroquois » ou « serpent venimeux » en langue algonkine).
« Oui mais ce sont toujours les Iroquois qui commençaient les guerres! » D’abord, c’est faux. Si on veut un seul exemple: En 1687, la guerre reprend sur l’ordre du secrétaire d’État de la Marine, Pontchartrain, qui ordonne de mettre fin à la « paix honteuse » signée en 1684. Il y a eu des crimes atroces des deux côtés. Oui il y a eu le massacre de Lachine en 1689, mais les Français ont eux aussi détruit des villages, brûlé des récoltes et tué sans distinction.
« Oui mais nous voulions vivre paisiblement! » Imaginez un instant le scénario inverse, où des colons algonquiens seraient venus s’installler en Normandie ou en Gascogne en disant « Ce territoire nous appartient! » À l’époque où la France était habitée moins densément qu’aujourd’hui, ils auraient pu facilement trouver un endroit où s’installer sans déranger les locaux. Croyez-vous que les Français auraient accepté de vivre en paix? À un moment, il faudra accepter que l’empire français n’avait aucune légitimité pour s’installer en Amérique du Nord et prétendre que le territoire lui a été donné par Dieu.
« Oui mais les coureurs des bois étaient amis avec les Autochtones! Les Métis, tu penses que ça vient d’où? » C’est vrai. Les coureurs des bois n’ont pas eu le choix d’entretenir de bons rapports avec les peuples locaux pour les nécessités du commerce et ces bons rapports ont duré dans le temps. Mais rappelons que les 13 colonies anglaises avaient une population environ 30 fois supérieure à celle de la Nouvelle-France et occupaient un territoire beaucoup plus petit. Ça change la dynamique. Pensez-vous que les relations avec les Autochtones auraient été aussi positives si les Français avaient été aussi nombreux que les Anglais? On peut en douter.
La Loi sur les Indiens et les pensionnats « C’est le régime fédéral qui est responsable des souffrances des peuples autochtones. Les Québécois n’y sont pour rien! » Commode. Mais ce serait bien de se rappeler qu’en 1876, lorsque l’infâme « Loi sur les Indiens » a été adoptée, le tiers des élus de la Chambre des Communes représentaient le Québec. Des Québécois (francophones, faut-il le préciser) siégeaient au conseil des ministres. Et croyez-le ou non, la presse canadienne-française ne s’est pas déchaînée pour dénoncer l’injustice.
« Les pensionnats, c’est la faute de l’Église! » Vous pensez que les prêtres, les religieux et les religieuses n’étaient pas Québécois? C’est un peu comme dire que les Québécois n’ont rien à se reprocher pour les agressions sexuelles sur les femmes autochtones de Val-d’Or parce que leurs bourreaux étaient des policiers. Et ce n’est pas comme si le gouvernement du Québec avait protesté contre le régime des pensionnats. Nous nous en accommodions très bien: les pensionnats suivaient le développement industriel. Ils servaient à « pacifier » les nations près des sites d’exploitation minière et forestière.
« Mais quand Louis Riel a été pendu, nous avons protesté! » Oui. Parce que Louis Riel était francophone et catholique. Nous étions horrifiés par la répression des Métis parce qu’ils nous ressemblaient. La « Rébellion du Nord-Ouest » impliquait aussi des Cris et des Assiniboines. Nous n’avons pas versé une larme pour ceux-là.
Si après on croit toujours que c’est le gouvernement fédéral qui est responsable de tous les problèmes, j’aimerais rappeler ceci: En 1915, le gouvernement du Québec retire le droit de vote aux Autochtones, qu’on appelle les « Sauvages » à l’époque. Pourquoi? Parce qu’en 1912, la loi électorale a été modifiée de façon à accorder à toute fin pratique le suffrage universel masculin. Auparavant, le droit de vote était encore réservé aux propriétaires. On s’est rendu compte que la nouvelle loi accorderait également le droit de vote à de nombreux Autochtones. En 1915, année pré-électorale, les riches messieurs gouvernant le Québec ont donc retiré le droit de vote aux Autochtones. Cette injustice ne sera corrigée qu’en 1969. Le Québec est la dernière province à accorder le droit de vote aux Autochtones, 20 ans après la Colombie-Britannique (la première) et 4 ans après l’Alberta (l’avant-dernière).
Fait à noter: Il n’y a aucune opposition à l’Assemblée nationale lorsque le premier ministre Jean-Jacques Bertrand propose d’accorder le droit de vote aux « Indiens ». Le principe semble aller de soi. Un peu comme si on avait oublié depuis le temps que les Premières nations ne participaient pas au processus démocratique. Ce n’est pas par hostilité ou par racisme que les Québécois ont privé aussi longtemps les Autochtones du droit de vote. C’est par indifférence.
La même indifférence qui explique que cinq ans après la mort tragique de Joyce Echaquan, le Conseil des Atikamekw de Manawan reçoit encore de nombreuses plaintes de personnes ayant subi du racisme ou de la discrimination dans le système de santé ou autres institutions gouvernementales. L’indifférence qui pousse les nationalistes à refuser de reconnaître le racisme systémique parce qu’il faut continuer à flatter l’orgueil national. Malgré toutes les émotions et les belles promesses qui ont suivi la mort de Joyce, malgré les rappels annuels qu’il reste encore du travail à faire, le sort des Autochtones nous laisse profondément indifférents.
La journée de la Vérité et de la Réconciliation, ce n’est pas la journée pour réécrire l’histoire et se féliciter d’avoir été moins pires que d’autres. C’est la journée pour se regarder dans le miroir, prendre conscience des failles encore bien réelles du système et nous demander collectivement ce que nous pouvons faire pour corriger les injustices.
Hermann Wilhelm Goering était un des hommes de confiance d’Adolf Hitler. Nazi de la première heure, il a fait adopter les lois de Nuremberg, présidé à l’élimination des Juifs de l’économie allemande et ordonné la mise en oeuvre de la « solution finale à la question juive ». Je pense que personne ne pourrait nier que Goering était antisémite. Et pourtant!
Goering a fait nommer le Juif Erhard Milch secrétaire d’État dans son ministère de l’Air après l’avoir fait légalement reconnaître comme ary
Hermann Wilhelm Goering était un des hommes de confiance d’Adolf Hitler. Nazi de la première heure, il a fait adopter les lois de Nuremberg, présidé à l’élimination des Juifs de l’économie allemande et ordonné la mise en oeuvre de la « solution finale à la question juive ». Je pense que personne ne pourrait nier que Goering était antisémite. Et pourtant!
Goering a fait nommer le Juif Erhard Milch secrétaire d’État dans son ministère de l’Air après l’avoir fait légalement reconnaître comme aryen (donc non-Juif). Il a fait sortir d’un camp de concentration toute la famille du Juif danois Hugo Rothenberg. Et lorsqu’il a fait arrêter 20 000 Juifs au lendemain de la Nuit de Cristal en 1938, il s’est assuré d’exclure ses anciens frères d’armes de la Première Guerre mondiale. À des collègues le remettant en question, il aurait déclaré « C’est moi qui décide de qui est Juif et de qui ne l’est pas! »
Source: François Kersaudy, Hermann Goering, Perrin, 2013.
Je vous parle de Goering parce que des centaines de personnes tentent de nous convaincre que Charlie Kirk n’était ni raciste, ni homophobe, parce qu’il avait un ami noir et homosexuel. Mais non, ça ne veut strictement rien dire.
Avant d’aller plus loin: Chers détracteurs, je vous déconseille de me lancer un « point Godwin » au visage comme si ça devait détruire tout mon raisonnement. La loi de Godwin dit que plus une discussion s’étire, plus elle risque de mener à une comparaison avec les nazis. Elle n’invalide pas toute comparaison avec le nazisme, surtout quand la comparaison est fondée. Dans un contexte où des milliers d’immigrants sont arrêtés sans mandat et envoyés dans un camp de concentration où ils disparaissent sans laisser de trace et où on arrête les politiciens qui posent des questions sur leur sort, je pense que la comparaison avec le nazisme est tout à fait justifiée.
Mon raisonnement est: si l’un des pires criminels antisémites de l’histoire de l’Occident a pu avoir des amis juifs, un militant homophobe et raciste peut très bien avoir un ami noir et homosexuel, voire plusieurs.
Il y a également beaucoup de gens qui ont entendu dire que l’assassin de Kirk avait un « colocataire trans » (affirmation très discutable, mais je n’élaborerai pas ici) et que ce serait une preuve que l’assassin serait un militant de la gauche radicale, voire que son meurtre aurait carrément été motivé par son activisme transaffirmatif. À tout le moins, cela prouverait que le tueur n’est pas un homme de droite, ce que laisse penser tout le reste de son profil.
Encore une fois, non. Si l’un des pires criminels antisémites de l’histoire de l’Occident a pu avoir des amis juifs, un républicain chrétien conservateur et homophobe peut très bien avoir un « colocataire trans » sans que cela nous révèle quoique ce soit sur ses convictions politiques.
Il y a presque 20 ans, l’humoriste Laurent Paquin se moquait du Doc Mailloux qui tentait de nous convaincre qu’il n’était pas raciste en nous parlant de son voisin noir qui produisait des prunes délicieuses. Je ne peux pas croire qu’encore aujourd’hui, des gens utilisent cette défense sans se rendre compte du ridicule.
En novembre 2024, le député solidaire de Maurice-Richard, Haroun Bouazzi, a créé une polémique en affirmant qu’il voyait tous les jours la “construction de l’autre” à l’Assemblée nationale. Il faisait référence entre autres à cette fâcheuse tendance de nos politiciens prétendument nationalistes à pointer du doigt l’immigrant pour tous les problèmes du Québec. La classe médiatique et politique s’est empressé de dénoncer ses paroles et de l’accuser de traiter tout le Québec de raciste. Je vous pré
En novembre 2024, le député solidaire de Maurice-Richard, Haroun Bouazzi, a créé une polémique en affirmant qu’il voyait tous les jours la “construction de l’autre” à l’Assemblée nationale. Il faisait référence entre autres à cette fâcheuse tendance de nos politiciens prétendument nationalistes à pointer du doigt l’immigrant pour tous les problèmes du Québec. La classe médiatique et politique s’est empressé de dénoncer ses paroles et de l’accuser de traiter tout le Québec de raciste. Je vous présente ici une liste des déclarations qu’on peut selon moi associer à cette “construction de l’autre” depuis la campagne électorale de 2022. Cette liste sera mise à jour.
Contexte : Le Parti québécois demande que le chemin Roxham soit fermé
Déclaration : « On est les seuls à être à la recherche d’un modèle durable afin de faire en sorte qu’on évite ce qu’on voit ailleurs dans le monde en ce moment : la montée des extrêmes», a affirmé le chef péquiste en point de presse en marge du caucus présessionnel de son parti.
Paul St-Pierre Plamondon cite en exemple des pays comme le Danemark, la Suède, la Hongrie, la France ou encore l’Angleterre.
Le Parti québécois demande que le chemin Roxham soit fermé. «Si on compte l’immigration temporaire, la situation à Roxham, qui est en progression, et on prend les seuils actuels, nous, on constate le déclin du français, l’incapacité à loger tout le monde et l’incapacité à offrir des services. Donc, on est à la recherche d’un modèle qui soit plus durable, plus rassurant, plus garant de notre paix sociale et de la qualité des services également», a dit le chef de la formation indépendantiste.
«Supposons qu’on atteint les 100 000, puis ensuite on atteint les 200 000 entrées irrégulières. 95 % d’entre elles au Québec seulement, il faut visualiser l’impact», a-t-il ajouté.
«Ça va exacerber des insatisfactions»
(…)
Le chef péquiste croit que si on n’agit pas, il y aura des conséquences.
«Un modèle dans le cadre duquel le français est condamné à reculer, qu’on est en crise de logement exacerbée et que certaines familles ne peuvent même pas se loger et dans lequel on n’arrive plus à fournir des services à la population, ça va exacerber des insatisfactions», a-t-il dit.
«Si on fait l’erreur de ne pas trouver des modèles durables, ça aura des conséquences sur certaines parties de l’électorat qui vont décider de prendre les choses d’une autre manière», a ajouté le chef péquiste.
Le PQ veut baisser les seuils d’immigration à 35 000 personnes par année. Ils sont actuellement fixés à 50 000.
(…)
Paul St-Pierre Plamondon persiste et signe : le Québec met bel et bien en jeu, selon lui, sa « paix sociale » s’il poursuit sur sa lancée en immigration.
Le chef péquiste est revenu sur ses propos tenus la veille en marge du caucus de son parti, où il avait affirmé qu’une arrivée massive de demandeurs d’asile irréguliers, comme ceux qui entrent par le chemin Roxham, pourrait être favorable à la montée des extrêmes, citant des pays comme la Hongrie et la France.
Lorsque l’immigration n’est pas planifiée, surtout lorsqu’il n’y a pas de critères de sélection comme c’est le cas à Roxham, et que le nombre de personnes accueillies […] excède largement la capacité de loger, de nourrir les gens qui n’ont pas de permis de travail, ça a un impact sur la société d’accueil, a soutenu jeudi M. St-Pierre Plamondon à l’émission Tout un matin, sur les ondes d’ICI Première.
Ce que je constate, c’est que, dans les autres pays dans le monde qui ont raté cette planification [de l’immigration], ça a des conséquences sur leur tissu social, sur leur paix sociale.
S’il n’a pas précisé sa conception des extrêmes, le chef du Parti québécois a laissé entendre qu’il craignait une montée de l’extrême droite causée par une gestion chaotique de l’immigration.
Contexte : La CAQ a retiré de son programme la volonté d’obtenir pour le Québec les pleins pouvoirs en immigration.
Déclaration : « Vous savez qu’en fin de semaine, la CAQ a retiré de son programme la volonté de rapatrier les pouvoirs en immigration. Donc désormais il faut comprendre que la CAQ n’a plus cette prétention-là. Dans quel cas, je veux savoir de notre premier ministre : Si vous n’êtes plus pour obtenir les pleins pouvoirs en immigration et que votre engagement envers le Canada est absolu et éternel, j’aimerais que vous nous disiez si vous optez pour l’affaiblissement, voire la disparition, à long terme, du français dans le Canada ? »
Contexte : Les économistes Stéphane Marion et Alexandra Ducharme affirment que le Canada est tombé dans un piège démographique puisque la construction de logements ne suit pas l’augmentation de la population.
Déclaration : « On ment éhontément à la population. Les économistes disent que la hausse des seuils n’est pas une solution, n’a pas d’impact sur la pénurie de main d’œuvre. Et lorsque le ministre Marc Miller dit qu’il n’y a pas de problème parce que chaque immigrant va bâtir lui-même sa maison, c’est vraiment du délire. C’est une dérive idéologique qui a des conséquences réelles. C’est-à-dire que l’itinérance monte en flèche aux quatre coins du Québec, les logements ne sont plus abordables et il y a des conséquences sociales, l’appauvrissement des ménages parce que les loyers augmentent de manière incontrôlée. Tout ça pour des faussetés. Pour un courant idéologique. »
Contexte : Débat à RDI entre les chefs de parti excepté François Legault.
Déclarations : « Si on ne réduit pas les travailleurs temporaires, les demandeurs d’asile et les étudiants étrangers, on arrivera jamais à un équilibre et cette crise du logement, mais aussi la crise sur notre capacité à livrer des services et à intégrer en français, vont se poursuivre. » Le chef intérimaire du Parti libéral, Marc Tanguay, lui demande alors s’il trouve qu’il y a trop de travailleurs temporaires au Québec et qu’il aimerait en voir quitter. « Par définition, un visa temporaire, c’est quelqu’un qui arrive et qui quitte. Et donc ça vient avec la définition de travailleur avec un visa temporaire. Si le simple fait d’arriver sur le territoire donne un statut de permanent, peu importe par quel chemin, peu importe si on remplit les critères ou non, ça crée un chaos. »
Contexte : PSPP réagit à l’annonce du gouvernement du Québec d’imposer un moratoire de six mois sur l’émission de permis pour les travailleurs étrangers temporaires.
Déclaration : « Ça témoigne du fait que [François Legault] est complètement dépassé par la situation en matière d’immigration. Il est impuissant vis-à-vis le fédéral. Et ce n’est pas des mesures en surface et aussi pointues qui vont renverser une tendance qui est très lourde. C’est un petit pas, mais on n’est plus à l’époque des petits pas. On est au moment de prendre des mesures très fermes pour renverser une situation qui est intenable, de son propre aveu. En guise de réponse, le Parti québécois présentera d’ici octobre « un plan de réduction drastique et substantielle » de l’immigration temporaire et permanente. Le projet péquiste touchera « toutes les catégories de manière à ce que la crise du logement se résorbe, qu’on retrouve un équilibre », a-t-il dit. M. St-Pierre Plamondon n’a pas voulu étayer ce que signifie pour lui une « réduction drastique ».
« Attendez-vous à un contraste très, très important entre les mesurettes de la CAQ et la procrastination de la CAQ, d’une part, et notre volonté de ramener le modèle à quelque chose de durable et viable, c’est-à-dire un modèle qui correspond à notre capacité d’intégrer en français, de donner des services équitables à tout le monde et de donner un toit à tout le monde », a-t-il résumé.
Contexte : Un stagiaire en enseignement est la victime d’horribles commentaires haineux de la part de certains de ses élèves, la plupart visant son orientation sexuelle.
Déclaration : « Cette situation soulève la question du communautarisme religieux et de l’incapacité de nos écoles à intégrer une partie des nouveaux arrivants à la société québécoise. Lors de l’entrevue au 98,5, l’animateur Patrick Lagacé a demandé si le caractère multiethnique de la classe en question avait pu jouer dans la banalisation de ce genre de geste. C’est une question qui est, je le conçois, très délicate. On doit l’aborder avec toute la responsabilité qui nous incombe et les mots justes. Mais on doit l’aborder. Est-ce que le rapport à l’homosexualité qu’ont des membres de certaines communautés, dans le contexte d’une salle de classe issue à 90% de l’immigration, a pu jouer dans un cas comme celui-ci? (…) L’incapacité de plus en plus grande du Québec à intégrer par l’école est un réel sujet qui devrait tous nous préoccuper collectivement. Sans intégration, nous assisterons à la désintégration du contrat social québécois axé sur la paix sociale, ainsi que de notre culture québécoise, cette même culture paisible et respectueuse qui fait du Québec une terre d’accueil si attirante. Il ne s’agit pas ici de blâmer qui que ce soit ou de trouver des coupables, mais plutôt de faire des constats difficiles mais nécessaires, qui nous permettront d’avancer et de trouver des politiques publiques capables de recréer une mixité et une intégration dans les valeurs partagées de notre société. L’un des mandats fondamentaux de l’école est de former des citoyens. L’école québécoise ne doit plus uniquement viser à transmettre la maîtrise du français, elle doit aussi viser à transmettre la culture québécoise, notre vision du monde et notre façon de participer et de le façonner. Et surtout de transmettre une citoyenneté qui garantit une place, la sécurité et le respect de tous et chacun. »
(Bref, oui il y a de l’homophobie au Québec, mais c’est surtout la faute des immigrants.)
Contexte : Conférence de presse à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois présente son plan en matière d’immigration.
Déclaration : « Donc, on va se concentrer sur le fait de régler des crises qui ont une influence négative sur le taux de natalité au niveau du logement, des services. Notre réflexion peut peut-être aller plus loin dans le programme de 2026, mais c’est relié, parce que si nos seuils d’immigration sont trop élevés, il n’y a pas de logement, le logement coûte très cher, les gens sont étouffés au niveau du paiement de leur hypothèque et du loyer, est-ce qu’ils vont prendre la décision d’avoir un enfant ou un enfant de plus? Les deux sont reliés. »
Contexte : Point de presse pendant la campagne électorale fédérale pour demander de fermer les frontières aux Américains qui tentent de fuir leur pays depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.
Déclaration : « Au Québec, le nombre de demandes d’asile en provenance des États-Unis a triplé depuis l’arrivée de Donald Trump, et, comme je vous le disais en novembre dernier, c’est probablement juste le commencement, la pointe de l’iceberg d’un phénomène qui va être beaucoup plus grand et qui vise des millions de personnes. J’en ai parlé en novembre dernier pour dire : Il faut surveiller ça. Et je réitère, là, le Québec est un endroit accueillant, respectueux, mais la crise du logement, l’impact sur les services et le recul du français n’est plus un débat au Québec. »
« Parce que si vous pensez que Roxham… si vous pensez que Roxham, c’était du sabotage, ce qui s’en vient, compte tenu, là, des millions de personnes qui sont en jeu avec les politiques de Donald Trump, ce qui s’en vient est peut-être encore beaucoup plus gros que ce qu’on a connu sur Roxham. »
Contexte : Point de presse pour commenter la première rencontre entre François Legault et Mark Carney.
Déclaration : « On est rendus, au Québec, seulement pour les quatre premiers mois de l’année à 14 000 demandeurs d’asile. Et, ça, c’est une des catégories en immigration. Mais ça veut dire que, pendant que le gouvernement prépare un document où est-ce qu’on va nous dire que les seuils sont maintenant à 30 000, 35 000, 40 000, dans les faits, on continue à accueillir nettement plus de personnes. Et on n’a aucun contrôle là-dessus. La CAQ a littéralement perdu le contrôle sur le nombre de personnes qu’on accueille au Québec. Peu importe ce qu’il dit par après, ça ne correspond pas à la réalité.
Donc, juste pour vous donner une impression, là, au mois d’avril, on parle de 2 875 entrées à Lacolle, c’était 654 l’année dernière. On est pas mal, donc, dans des chiffres qui ressemblent à l’époque de Roxham. Donc, on est vraiment dans un délire idéologique, et la CAQ choisit de se fermer les yeux.
Donc, je vous parle de ça parce qu’on a un François Legault tout sourire hier, il se rend à sa première rencontre avec Mark Carney, et moi, je lui avais demandé : Allez vous demander les pleins pouvoirs en immigration, là? C’est une question de survie de la nation, de louisianisation. Allez-vous le faire? Moi, je n’ai pas entendu parler de ce sujet-là. J’ai entendu parler seulement d’économie. Or, qu’en est-il de l’économie du Canada depuis 10 ans? Ça, c’est le tableau de la croissance économique per capita du Canada de 2015 à 2024. Vous avez de la misère à le voir dans le fond, là, mais la croissance économique du Canada, là, elle est ici, elle est minuscule. Et, ce matin, là, notamment, le National Post, mais d’autres médias rapportent le rapport de l’OCDE, qui est très clair : la croissance économique du Canada, dans les 10 dernières années, est minuscule, en raison d’un choc démographique, ce qu’on appelle…
Dans notre document sur l’immigration, on vous a donné plusieurs études qui parlent d’un piège démographique. C’est-à-dire que, si on impose une hausse de l’immigration trop forte, trop soudaine, ça crée une crise du logement, ça crée beaucoup de ressources en adaptation, et ultimement, donc, ça crée une stagnation de la création de richesse. Donc, de voir… puis vous avez vu mes tableaux des dernières fois, là… donc, on a connu une hausse incroyable du prix du logement. Pourquoi? Parce que la population du Canada explose, par rapport à n’importe quel autre pays de l’OCDE.
Et je vous parle de ça donc, parce qu’on doit constater que d’une part, ce sont des discussions très, très hypothétiques, avec lesquelles je n’ai aucun problème, là… Parler d’économie, c’est correct. Mais passer à côté du principal sujet, du principal aspect problématique de l’économie canadienne depuis 10 ans, selon le rapport de l’OCDE, et omettre son engagement, comme premier ministre, de demander les pleins pouvoirs en immigration, parce que François Legault sait ce qu’il va lui arriver, c’est-à-dire un autre refus, je trouve ça irresponsable.
Donc, j’aimerais rappeler à nouveau que le sabotage de notre modèle d’immigration, qui fonctionnait, c’est un sabotage qui vient du fédéral. J’aimerais rappeler que jamais on n’aura vu un premier ministre perdre le contrôle sur l’immigration que François Legault. Et j’aimerais rappeler que, pour tous les Québécois, incluant les Québécois issus de l’immigration, personne n’a intérêt à être dans un modèle où la crise du logement s’exacerbe, continue de… à croître, où on n’est plus capables de livrer les services, et où le français recule de manière spectaculaire, comme vous pouvez le voir à nouveau avec les plaintes à l’Office québécois de la langue française. Donc, personne n’a intérêt à ça.
Et on ne peut pas accueillir des centaines de milliers… Il y aurait peut-être des millions de personnes qui veulent venir au Québec, du jour au lendemain, et qui ont des bonnes raisons, mais il y a… à un moment donné, il va falloir se pencher sur un modèle durable, en fonction de notre capacité d’accueil, parce que tout ça ne fonctionne pas. Et je pense que, malheureusement, François Legault joue à l’autruche. »
Contexte : PSPP réagit à un reportage du Journal de Montréal qui établit que le tiers des homicides survenus au Québec en 2024 implique des jeunes de 21 ans et moins.
Déclaration : « Oui, c’est lié à des changements démographiques, on ne peut pas le nier. On assiste à l’émergence de groupes criminels nouveaux qui amènent au Québec des techniques de criminalité plus agressives pour lesquelles, à l’évidence, on est mal adaptés. Il y a 20 ans, avant les changements démographiques générés par l’immigration, on n’aurait jamais pensé que des groupes criminels puissent être aussi agressifs dans l’identification de jeunes, dès l’âge de 12-13 ans, pour les amener à des criminels actifs capables de meurtres à l’âge de 16 ans. Il faut prendre acte. On sous-estime, à l’échelle du Québec, la gravité de ce que ça peut entraîner, cette inaction-là. On connaît des cas, en Europe, de villes où on a perdu le contrôle de certaines parties de la ville en raison d’une ghettoïsation et d’une infiltration du crime organisé. »
Contexte : Le Parti québécois a publié une publicité critiquant le nombre de demandeurs d’asile « imposé » par « le Canada ». La publicité a été dénoncée comme trompeuse par plusieurs personnes, dont Louise Harel et Pierre Céré. Le 14 septembre 2025, Paul St-Pierre Plamondon publie un texte pour justifier la publicité.
Déclaration : « Rappelons que le Québec avait une planification de l’immigration qui fonctionnait très bien avant que le gouvernement fédéral, sous Trudeau, ne vienne la saboter. Rappelons également que les Québécois issus de l’immigration, comme tous les autres Québécois, n’ont pas plus d’intérêt que les autres à vivre dans une crise perpétuelle et aiguë du logement, ni à subir un recul des services publics ou encore du climat social, simplement pour plaire à quelques idéologues de la gauche radicale ou du gouvernement fédéral. »
Contexte: Paul St-Pierre Plamondon publie une vidéo dans laquelle il réplique à ses critiques sur le sujet de l’immigration
Déclaration: “Et c’est absolument faux d’affirmer que les Québécois issus de l’immigration ont des intérêts divergents de l’ensemble des Québécois, notamment sur la question fondamentale de la crise du logement, qui découle directement d’une immigration incontrôlée durant les dernières années. Les Québécois issus de l’immigration n’ont pas intérêt à ce que leur loyer, leur hypothèque soit désormais inabordable, parce qu’on a créé de toute pièce une crise du logement en accueillant un nombre de personnes beaucoup plus grand que notre capacité à faire des nouveaux logements durant la même année. Ce qui a créé évidemment un débalancement entre l’offre et la demande. Ils n’ont pas intérêt à ce que leurs enfants n’aient pas les moyens de s’acheter une première maison comme on voit en ce moment. Exactement comme l’ensemble des Québécois, les Québécois issus de l’immigration n’ont pas intérêt non plus à une dégradation des services publics comme la santé et l’éducation, même chose lorsqu’on parle de l’enjeu du climat social, personne n’a intérêt à ce qu’il se dégrade comme on le voit notamment en ce moment en Europe, en raison justement de dérives idéologiques qui ont mené à l’absence complète de planification entourant les questions d’immigration et d’intégration.”
Contexte: Paul St-Pierre Plamondon répond au discours d’ouverture de la session parlementaire prononcé par le premier ministre François Legault la veille
Déclaration: “Mais c’est parce que quand on regarde la croissance économique du Canada, par habitant, au cours des neuf dernières années, on se rend compte que le Canada est dernier. Dernier en occident, à part le Luxembourg. Il n’y a eu presque aucune croissance économique au cours des dernières années, et c’est dû à ce gouvernement libéral fédéral, qui est parti dans ses lubies idéologiques en amenant une vague d’immigration tellement soudaine et grande qu’essentiellement, pour faire une image, on a divisé la tarte, la même tarte, en des pointes plus petites, avec plus de personnes, mais on n’a pas été capables de générer de la croissance économique, on a été en adaptation à des changements migratoires.”
Contexte: Entrevue à l’émission “Place publique” à Ici Première Saguenay-Lac-Saint-Jean. Paul St-Pierre répond aux questions de l’animatrice qui craint que la réduction de l’immigration temporaire nuise à l’Université du Québec à Chicoutimi et aux entreprises de la région.
Déclaration: Plamondon: L’entreprise privée, elle n’aura pas à se poser la question: il y a une crise du logement. L’augmentation des loyers, du prix des maisons, le fait qu’une nouvelle génération aura pas accès du tout à la propriété… Animatrice: Mais vous savez que la crise du logement, c’est pas seulement le fait de l’immigration. Plamondon: Majoritairement, c’est LE facteur principal, je vous réfère à toutes les études qu’on a citées. Le facteur le plus important dans la crise du logement, c’est le choc démographique qu’on a connu dans les dix dernières années. Il y a pas de doute. Animatrice: Il y a des gens qui vivent seuls de plus en plus, il y a eu moins de construction de logements sociaux abordables dans les dernières années… Plamondon: Je vous réfère à cette étude de Pierre Fortin qui dit: “De tous les facteurs, le facteur le plus déterminant, c’est ce choc démographique.” Et d’ailleurs les fonctionnaires de Justin Trudeau l’avaient averti: si vous procédez avec votre politique, vous allez créer une crise du logement sans précédent, et pour des raisons idéologiques, on s’est entêté dans ce modèle-là.
Contexte: Des maires et mairesses de partout au Québec ont réclamé une clause de droits acquis pour les participants du Programme de l’expérience québécoise. Paul St-Pierre Plamondon y répond dans une lettre ouverte publiée dans le Journal de Montréal.
Déclaration: (…) Mais il est surtout important de rappeler que le lien entre l’augmentation soudaine de la population, d’une part, et la hausse marquée des loyers et des hypothèques, le recul des services publics et le recul du français, d’autre part, est confirmé par plusieurs études. Les ménages qui n’arrivent plus à payer leur loyer n’ont pas de lobby puissant pour les représenter. Les jeunes qui réalisent qu’ils n’auront jamais accès à la propriété non plus. Mais quelqu’un doit se préoccuper du sort de ces millions de personnes et soulever le fait que la proposition de rendre permanents tous les temporaires reviendrait à pérenniser la crise du logement et à maintenir une pression élevée sur nos services.
Entre 2018 et 2025, la population du Québec a augmenté d’environ 771 000 personnes. Dans la région de Québec, elle est passée d’environ 816 000 à près de 905 000 habitants. Durant la même période, le prix médian d’une maison unifamiliale à Québec y est passé de 248 000$ à 520 200$, soit une hausse de plus de 110% en huit ans. Les loyers ont suivi la même tendance, passant d’environ 775$ en 2018 à 1273$ en 2025. L’itinérance, quant à elle, a augmenté de 36% entre 2018 et 2022.
En quelques années, l’abordabilité des logements s’est donc fortement détériorée, l’accès à la propriété pour les jeunes s’est restreint et l’itinérance a progressé. Comme l’a résumé Pierre Fortin, «la croissance démographique a provoqué la crise de l’habitation». (…)
Contexte: Paul St-Pierre Plamondon est l’invité de Vincent Roux à l’émission française Points de vue. L’animateur lui demande si l’immigration ne permet pas de lutter contre le vieillissement de la population.
Déclaration: Non. En fait les études démontrent qu’il n’y a pas de rajeunissement de la population même avec des seuils d’immigration très importants. Et les études plus récentes démontrent que une hausse subite de la population ne permet pas non plus de combler la pénurie de main-d’oeuvre. En fait ça creuse la pénurie de main-d’oeuvre parce que la société tombe en adaptation, tant pour le logement, l’accueil administratif que les écoles et les hôpitaux. De sorte que, quand on regarde l’Ontario, qui est la province canadienne qui a connu le plus une hausse subite de l’immigration, quand on regarde le Québec et d’autres endroits dans le monde, après dix, quinze ans de seuils d’immigration stratosphérique par rapport aux années 1990 et 2000, on se rend compte qu’on est toujours en pénurie de main-d’oeuvre, mais qu’on a des enjeux nouveaux, très complexes, à savoir une crise du logement qui crée l’inabordabilité pour la prochaine génération, l’impossibilité de se loger, mais également une crise des services publics qui crée une perte de confiance en la capacité de l’État de livrer des services de qualité. Il y a un recul du français, parce que la francisation dans certains niveaux d’immigration, la francisation devient impossible. Le commissaire à la langue française au Québec parlait d’une facture de 13 milliards si on voulait franciser tous les immigrants temporaires qui ont foulé le sol au Québec. Argent que nous n’avons pas. Et donc recul du français qui devient indéniable. Ce sont de véritables conséquences d’une politique insensée de Justin Trudeau alors que ses propres fonctionnaires fédéraux (…) qui ne travaillent que pour le Canada l’avaient averti que ses politiques allaient engendrer une crise du logement sans précédent et il a cédé pour des raisons idéologiques et profondément irrespectueuses de la volonté des Québécois.
Contexte : Le gouvernement fédéral veut augmenter les seuils d’immigration. Pendant la campagne électorale québécoise de 2022, François Legault fait un point de presse pour dénoncer cette décision.
Déclaration: « Les Québécois sont pacifiques, ils n’aiment pas la chicane, ils n’aiment pas les extrémistes, ils n’aiment pas la violence, donc il faut s’assurer qu’on garde ça comme c’est là actuellement, a-t-il notamment répondu. On a quand même des valeurs et on a parlé beaucoup de laïcité dans les dernières années; c’en est une des valeurs, aussi le respect. Il y a une façon de vivre chez nous et on veut la garder. »
Justification : Le lendemain, Legault s’est dit désolé « si ses propos ont porté à confusion ». Évidemment. Ce ne sont pas ses mots qui étaient mal choisis, c’est nous qui avons mal compris. Il a ajouté que « l’immigration est une richesse pour le Québec ». Mais c’était pour mieux en rajouter quelques jours plus tard.
Contexte : François Legault s’adresse à un rassemblement militant à Drummondville. Il réagit aux propositions du Parti libéral du Québec et de Québec solidaire, qui proposent d’augmenter les seuils d’immigration.
Déclaration : « J’ai essayé d’expliquer pourquoi les Québécois se sont serré les coudes pendant la pandémie. C’est parce qu’on est un peuple, une nation qui est tissée serré. Et puis au cœur de cette nation, il y a le français. Et là, il y a une certaine urgence. On a vu dans les études qui ont été déposées dernièrement qu’il y a un déclin du français. C’est important de garder cette cohésion nationale, de défendre le français, d’arrêter le déclin du français. C’est comme mathématique. Si on veut arrêter le déclin pendant un certain temps, il faut mieux intégrer les nouveaux arrivants au français. »
Contexte : François Legault s’adresse à la Chambre de Commerce de Montréal pendant la campagne électorale. La Chambre de Commerce demande au gouvernement de hausser les seuils d’immigration.
Déclaration : « Des gens disent : où vous avez pris ça, la capacité d’intégration ? Bien, les chiffres sont clairs. Il y a un déclin du français. Si on garde la même recette, ça va donner le même gâteau. Si je suis réélu, le seuil d’immigration va rester à 50 000, mais on va être plus exigeant sur la connaissance du français. On va essayer d’envoyer un plus grand pourcentage dans les régions francophones, ça va aider. Mais tant qu’on n’aura pas stoppé le déclin du français, je pense que pour la nation québécoise qui veut protéger le français, ça serait un peu suicidaire d’aller augmenter les seuils. »
Justification : François Legault dit avoir été ovationné par la foule venue l’entendre. Il ne croit pas avoir à s’excuser pour ce qu’il a dit.
Contexte : Le gouvernement fédéral offre 750 millions $ à Québec pour compenser les coûts reliés à l’accueil des demandeurs d’asile alors que Québec demandait un milliard.
Déclaration : « Le gouvernement fédéral doit comprendre que c’est urgent de réduire le nombre d’immigrants temporaires au Québec, si on veut que les Québécois puissent se loger, que nos enfants aient accès à des enseignants qualifiés, pour que nos malades soient soignés et pour que le déclin français soit inversé. »
« On a actuellement une explosion du nombre d’immigrants temporaires. Ça amène des problèmes importants dans le logement, dans les services publics, l’éducation, la santé, l’avenir du français en particulier à Montréal. (…) Donc on voit que 100% du problème du logement vient de l’augmentation du nombre d’immigrants temporaires. (…) Le tiers du problème de pénurie de personnel qu’on vit en santé vient des 560 000 immigrants temporaires. (…) La moitié du manque d’enseignants qualifiés au Québec vient de la présence des immigrants temporaires. (…) Le tiers des immigrants temporaires ne parlent pas français. Ils sont surtout situés à Montréal. Donc ça amène un déclin du français au Québec, en particulier à Montréal. »
Contexte : François Legault demande au gouvernement fédéral de réduire de moitié le nombre de demandeurs d’asile sur le territoire québécois, quitte à les déplacer de force.
Déclaration : « Il faut trouver le moyen de répartir les demandeurs d’asile de façon plus équitable, a réitéré le premier ministre. Parce qu’actuellement, tout ce qui est proposé par le gouvernement fédéral, c’est sur une base volontaire par les demandeurs d’asile et sur une base volontaire par les autres provinces. Nous, ce qu’on veut, c’est [que] la moitié des demandeurs d’asile qui sont actuellement au Québec [soient] transférés dans d’autres provinces, a-t-il mentionné. Ce n’est pas logique qu’on ait reçu 45 % des demandeurs d’asile, alors que le Québec représente 22 % de la population canadienne. (…) Moi, ce que je veux, c’est qu’il y ait des résultats, a-t-il poursuivi. Alors oui, ça devrait être obligatoire. Mais c’est au gouvernement fédéral de gérer ça. »
Déclaration : « Je veux aujourd’hui envoyer un message très clair aux islamistes. Les valeurs fondamentales qu’on a au Québec, comme la laïcité, comme l’égalité hommes-femmes… Eh bien, on va se battre, puis jamais, jamais on ne va accepter que des personnes essaient de ne pas respecter les valeurs qui sont fondamentales au Québec. (…)[Le fait] de voir des gens qui prient dans les rues, dans des parcs publics, ce n’est pas quelque chose qu’on souhaite au Québec. Quand on veut prier, on va dans une église, on va dans une mosquée, mais pas dans des lieux publics. »
Contexte : François Legault demande au nouveau premier ministre du Canada, Mark Carney, de diminuer l’immigration temporaire.
Déclaration : « On le sait, on a excédé notre capacité d’intégration en immigration au Québec », a indiqué François Legault, lors d’une conférence de presse tenue à Terrebonne en soutien à son candidat à l’élection partielle dans la circonscription, Alex Gagné.
« M. Trudeau a perdu le contrôle du nombre d’immigrants », a-t-il accusé, en ajoutant qu’il exigera à Pierre Poilievre et Mark Carney de remédier à la situation.
Réduire le nombre d’immigrants temporaire dans la province s’avère notamment essentiel dans un contexte de « manque de logements » et pour assurer la « protection du français ». « On a des difficultés à répondre aux besoins pour les classes en éducation, et on a de la difficulté à trouver du personnel en santé », a-t-il ajouté, pour justifier sa position.
Contexte: Entrevue à Tout le monde en parle pour faire le bilan du gouvernement caquiste
Déclaration: “Le Québec est un des peuples les plus accueillants dans le monde. Ça c’est important de le répéter. Est un des peuples les plus accueillants dans le monde. Par contre, depuis deux ans, le gouvernement fédéral a augmenté de 200 000 à 400 000 le nombre d’immigrants temporaires en particulier à Montréal. Ça pose des problèmes de logement, ça pose des problèmes en éducation, en santé, ça pose des problèmes avec notre langue, ça pose des problèmes avec nos valeurs comme la laïcité. La majorité des Québécois n’aiment pas voir des prières de gens à genou dans nos rues ou devant la basilique Notre-Dame. C’est important de respecter ce que veulent la majorité des Québécois.
(…)
Ce que moi je dis là, c’est on doit rester accueillant, mais actuellement, le Québec a dépassé de beaucoup sa capacité d’accueil et sa capacité d’intégration et on doit réduire de 200 000 le nombre d’immigrants temporaires à Montréal et à Laval. C’est ce qu’on demande au gouvernement fédéral, puis on va prendre les moyens pour qu’enfin au gouvernement fédéral agisse.”
Contexte: Première rencontre entre François Legault et la nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.
Déclarations: “Je suis obligé de faire le lien avec le fait que, depuis deux ans, la population de l’île de Montréal a augmenté de 200 000. Il y en a plus de la moitié là-dedans qui sont des demandeurs d’asile, donc des gens qui sont dans une position vulnérable. On a dépassé notre capacité d’accueil.
(…)
Une augmentation de la population de 10 % en deux ans, c’est impossible de donner tous les services. C’est vrai pour les places dans les écoles, c’est vrai pour les services en santé, c’est vrai pour l’hébergement.
(…)
Mais on a cette augmentation de 10 % de la population, dont plus de la moitié sont des demandeurs d’asile, qui amène entre autres des problèmes énormes d’hébergement. 200 000 personnes de plus en deux ans, ça pose ce genre de problème, entre autres du côté de l’hébergement à prix modique.
Contexte : Caucus présessionnel des élus caquistes.
Déclarations : « S’il vous plaît, Monsieur Trudeau, on a atteint la limite, là. On est effectivement au point de rupture. Alors, le bar ouvert en immigration, arrêtez ça là, parce que nous autres, en éducation, on manque de profs, puis on manque de locaux. On travaille très fort sur des solutions. Il faudrait que M. Trudeau nous aide un petit peu. »
Contexte : Point de presse des ministres pour demander au gouvernement fédéral de limiter l’arrivée des demandeurs d’asile au Québec.
Déclarations :
Christine Fréchette : « Il faut également que le fédéral réduise l’afflux des demandeurs d’asile en resserrant rapidement la politique canadienne d’octroi des visas. Il doit fermer toute brèche qui permettrait à des groupes criminels de s’infiltrer au Canada. Et également, il doit rembourser au Québec l’ensemble des sommes encourues pour l’accueil des demandeurs d’asile. »
Bernard Drainville : « La situation qu’Ottawa laisse perdurer depuis des années a un impact pas juste sur le personnel enseignant et sur les locaux, elle a un impact aussi sur les professionnels de l’éducation, les orthophonistes, les orthopédagogues, les psychologues, les psychoéducateurs, les éducatrices, le transport scolaire. Le fédéral n’en fait pas assez. Puis ce n’est pas juste une question d’argent. C’est important de le dire. Le montant qu’il nous donne pour couvrir ce que ça nous coûte ici, au Québec, est ridicule. Ça, c’est un fait. Ils ne nous donnent pas l’argent qui couvre les coûts de services. Mais ce n’est pas seulement une question d’argent. Parce que, rendus à la situation où on est présentement, on s’approche d’un point où nous n’arriverons plus à fournir les services aux personnes qui sont déjà sur le territoire québécois parce que nos ressources doivent se partager entre un nombre grandissant d’enfants. »
Chantal Rouleau : « L’augmentation incontrôlée du nombre de demandeurs d’asile sur le programme d’aide sociale nous conduit droit dans le mur. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec, le gouvernement de la CAQ ne veut pas et ne va pas tolérer qu’on efface les progrès de la société québécoise. Il est temps que le gouvernement fédéral cesse de laisser nos frontières complètement ouvertes. »
Jean-François Roberge : « Donc, le gouvernement doit d’abord, le premier geste à poser, la première affaire, réviser la politique d’émission des visas, il doit aussi renforcer la surveillance des frontières, parce qu’on entend parler qu’il y a des groupes criminels qui profitent du laxisme actuel, il doit réduire le nombre de demandeurs d’asile, il doit répartir les demandeurs d’asile dans l’ensemble du Canada puis il doit évidemment rembourser le Québec, on parle de plus de 1 milliard pour les trois dernières années. Donc, c’est cinq R : Réviser, renforcer, réduire, répartir, rembourser. Puis, comme mes collègues l’ont montré, ça presse. »
Mon commentaire : En tant que telle, cette déclaration n’est pas si choquante. Demander que les demandeurs d’asile soient mieux répartis sur l’ensemble du territoire et que le gouvernement fédéral dédommage correctement les provinces est tout à fait légitime. Le problème est qu’on fait face à un gouvernement qui définance les services sociaux et blâme les demandeurs d’asile pour ses propres décisions.
Contexte : Bernard Drainville doit justifier le retard dans la mise sur pied des maternelles 4 ans promises par la CAQ.
Déclaration : « On veut créer des classes [de maternelle 4 ans], mais ça nous prend des enseignants, ça nous prend des locaux. Et l’essentiel de mon personnel, dans certains centres de services scolaires, sert essentiellement à instruire les nouveaux arrivants. Dans certains cas, j’inaugure une école toute neuve, il devait y avoir des maternelles 4 ans, et pourquoi il n’y en a pas ? Parce qu’il faut scolariser un plus grand nombre d’élèves que prévu, et dans certains cas, ce sont de nouveaux arrivants. Les enseignants affectés aux nouvelles classes de francisation et d’accueil, ce sont des enseignants que je pourrais utiliser dans d’autres contextes, par exemple des maternelles 4 ans. Mais je ne les ai point. »
Contexte : Bernard Drainville fait le point sur la pénurie d’enseignants à l’aube de la rentrée scolaire.
Déclaration : « Quand tu es obligé de fermer des maternelles 4 ans pour ouvrir des classes de francisation, ce n’est pas normal. »
Précision du Devoir : « À Montréal, à Laval, à Québec, dans Lanaudière, dans le Centre-du-Québec, dans les Laurentides et en Montérégie : partout, les CSS ont déclaré au Devoir qu’ils n’avaient pas fermé de groupes de maternelle 4 ans pour faire place à des classes de francisation. »
Contexte : Bernard Drainville commente comme chaque année le manque d’enseignants à la rentrée scolaire.
Déclaration : L’élu s’est ensuite dit « très fier » de constater que le réseau québécois ait pu « accueillir une telle augmentation d’immigrants ». Il a néanmoins renouvelé son appel au premier ministre canadien, Justin Trudeau, afin qu’il « reprenne le contrôle des frontières et du processus d’immigration ».
Le cabinet Drainville affirme que près de 80 % de la hausse de clientèle scolaire observée l’an dernier est attribuable aux élèves qui sont nés hors Canada. Il souligne qu’il y avait 1341 classes de francisation en mars 2024, une hausse par rapport au nombre de 1005, un an plus tôt. Or, de là à lier la hausse de l’immigration à la fermeture de classes de maternelle 4 ans, il y a un pas que les CSS ne sont pas prêts à franchir.
Contexte : L’école secondaire du Phare est inaugurée dans Charlesbourg et elle manque déjà d’espace. Le gouvernement annonce des classes modulaires.
Déclarations : « Notre plan A c’est de construire, d’agrandir, de rénover, mais c’est un excellent plan B, un modulaire. L’effectif scolaire est en hausse et c’est essentiellement à cause de l’immigration temporaire. Et donc il faut scolariser ces élèves qui nous arrivent d’ailleurs. On ne les blâme pas, c’est pas de leur faute. Mais comment veux-tu planifier, quand le gouvernement du Canada, décide de laisser entrer 600 000 immigrants temporaires en trois ans? »
Contexte : Bernard Drainville partage sur sa page Facebook un article de La Presse intitulé « Le nombre d’élèves issus de l’immigration explose »
Déclaration : « 1/3 des élèves issus de l’immigration
Quand on dit que l’immigration pèse lourd sur le réseau scolaire, en voici la preuve
On ne blâme ni les parents, ni les élèves qu’on scolarise le mieux possible. Mais force est de constater que les décisions du fédéral créent des besoins majeurs en personnel et en espace.
En 3 ans HAUSSE NETTE de 50 000 élèves du primaire et secondaire, tous issus de l’immigration, dont 40 000 sont nés hors du Canada.
Déclaration : « La hausse de l’immigration crée une pression énorme sur nos services publics et particulièrement sur nos écoles. Soyons clairs, on ne blâme pas du tout les enfants immigrants et leurs parents, mais il faut que les Québécois voient l’impact que les politiques du gouvernement fédéral ont sur nos écoles. On a de plus en plus d’enseignants et de personnel à l’école, mais ça va être difficile d’en venir à bout si le nombre d’élèves immigrants continue d’augmenter comme ça. »
Contexte : À Midi-Info, Bernard Drainville revient sur son recul sur les compressions en éducation.
Déclarations : « Les besoins sont grandissants. On a eu des nouveaux chiffres sur le nombre d’élèves qui était plus important que prévu lors de la dernière année scolaire. On voit ce qui se passe présentement aux frontières avec l’arrivée des demandeurs d’asile. On peut anticiper qu’il y aura encore plus d’élèves à scolariser l’année prochaine. (…) Les budgets vont continuer à payer. Mais la capacité de payer n’est pas infinie. On s’entend-tu là-dessus? La capacité de payer n’est pas infinie. »
Autres
21 septembre 2022
Auteur : Jean Boulet
Contexte : Débat électoral avec les autres candidats dans Trois-Rivières
Déclaration : « Les immigrants, les seuils, c’est un débat purement académique. Il faut s’assurer de bien les intégrer. 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise. La clé, c’est la régionalisation et la francisation. »
Justification : Jean Boulet s’est dit « désolé d’avoir mal exprimé sa pensée. L’extrait diffusé ne reflète pas ce que je pense. » François Legault a dit que les propos de Boulet le disqualifiaient comme ministre de l’Immigration. Il l’a tout de même conservé dans son cabinet comme ministre du Travail.
J’accorde à M. Boulet le mérite de ne pas avoir tenté de nous faire croire que c’était plutôt nous qui avions mal interprété ses paroles.
Déclaration : « L’impact des nouveaux arrivants joue un rôle sur tous nos services que l’on offre. Vous savez qu’à mon grand désespoir, il y a des gens qui partent d’Amérique du Sud, des Caraïbes, qui traversent les États-Unis à pied avec leurs enfants, qui arrivent au Québec, et qu’à cause de leur état, la DPJ est appelée et doit intervenir dans ces cas-là. (…) Non, on n’a pas de chiffres parce que malheureusement, le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile ne rembourse et n’a des bases de données que sur la santé physique. Mais partout où je vais au Québec, les gens me disent qu’il y a quand même un grand nombre de signalements pour les nouveaux arrivants. D’ailleurs, (le cas) de ce matin (dans La Presse), c’était effectivement des nouveaux arrivants, qui ont vécu des traumas complexes, qui ont toutes sortes de difficultés et pour lesquels on appelle la DPJ à l’aide. »
En novembre 2024, le député solidaire de Maurice-Richard, Haroun Bouazzi, a créé une polémique en affirmant qu’il voyait tous les jours la « construction de l’autre » à l’Assemblée nationale. Il faisait référence entre autres à cette fâcheuse tendance de nos politiciens prétendument nationalistes à pointer du doigt l’immigrant pour tous les problèmes du Québec. La classe médiatique et politique s’est empressé de dénoncer ses paroles et de l’accuser de traiter tout le Québec de raciste. Je vous p
En novembre 2024, le député solidaire de Maurice-Richard, Haroun Bouazzi, a créé une polémique en affirmant qu’il voyait tous les jours la « construction de l’autre » à l’Assemblée nationale. Il faisait référence entre autres à cette fâcheuse tendance de nos politiciens prétendument nationalistes à pointer du doigt l’immigrant pour tous les problèmes du Québec. La classe médiatique et politique s’est empressé de dénoncer ses paroles et de l’accuser de traiter tout le Québec de raciste. Je vous présente ici une liste des déclarations qu’on peut selon moi associer à cette « construction de l’autre » depuis la campagne électorale de 2022. Cette liste sera mise à jour.
Contexte : Le Parti québécois demande que le chemin Roxham soit fermé
Déclaration : « On est les seuls à être à la recherche d’un modèle durable afin de faire en sorte qu’on évite ce qu’on voit ailleurs dans le monde en ce moment : la montée des extrêmes», a affirmé le chef péquiste en point de presse en marge du caucus présessionnel de son parti.
Paul St-Pierre Plamondon cite en exemple des pays comme le Danemark, la Suède, la Hongrie, la France ou encore l’Angleterre.
Le Parti québécois demande que le chemin Roxham soit fermé. «Si on compte l’immigration temporaire, la situation à Roxham, qui est en progression, et on prend les seuils actuels, nous, on constate le déclin du français, l’incapacité à loger tout le monde et l’incapacité à offrir des services. Donc, on est à la recherche d’un modèle qui soit plus durable, plus rassurant, plus garant de notre paix sociale et de la qualité des services également», a dit le chef de la formation indépendantiste.
«Supposons qu’on atteint les 100 000, puis ensuite on atteint les 200 000 entrées irrégulières. 95 % d’entre elles au Québec seulement, il faut visualiser l’impact», a-t-il ajouté.
«Ça va exacerber des insatisfactions»
(…)
Le chef péquiste croit que si on n’agit pas, il y aura des conséquences.
«Un modèle dans le cadre duquel le français est condamné à reculer, qu’on est en crise de logement exacerbée et que certaines familles ne peuvent même pas se loger et dans lequel on n’arrive plus à fournir des services à la population, ça va exacerber des insatisfactions», a-t-il dit.
«Si on fait l’erreur de ne pas trouver des modèles durables, ça aura des conséquences sur certaines parties de l’électorat qui vont décider de prendre les choses d’une autre manière», a ajouté le chef péquiste.
Le PQ veut baisser les seuils d’immigration à 35 000 personnes par année. Ils sont actuellement fixés à 50 000.
(…)
Paul St-Pierre Plamondon persiste et signe : le Québec met bel et bien en jeu, selon lui, sa « paix sociale » s’il poursuit sur sa lancée en immigration.
Le chef péquiste est revenu sur ses propos tenus la veille en marge du caucus de son parti, où il avait affirmé qu’une arrivée massive de demandeurs d’asile irréguliers, comme ceux qui entrent par le chemin Roxham, pourrait être favorable à la montée des extrêmes, citant des pays comme la Hongrie et la France.
Lorsque l’immigration n’est pas planifiée, surtout lorsqu’il n’y a pas de critères de sélection comme c’est le cas à Roxham, et que le nombre de personnes accueillies […] excède largement la capacité de loger, de nourrir les gens qui n’ont pas de permis de travail, ça a un impact sur la société d’accueil, a soutenu jeudi M. St-Pierre Plamondon à l’émission Tout un matin, sur les ondes d’ICI Première.
Ce que je constate, c’est que, dans les autres pays dans le monde qui ont raté cette planification [de l’immigration], ça a des conséquences sur leur tissu social, sur leur paix sociale.
S’il n’a pas précisé sa conception des extrêmes, le chef du Parti québécois a laissé entendre qu’il craignait une montée de l’extrême droite causée par une gestion chaotique de l’immigration.
Contexte : La CAQ a retiré de son programme la volonté d’obtenir pour le Québec les pleins pouvoirs en immigration.
Déclaration : « Vous savez qu’en fin de semaine, la CAQ a retiré de son programme la volonté de rapatrier les pouvoirs en immigration. Donc désormais il faut comprendre que la CAQ n’a plus cette prétention-là. Dans quel cas, je veux savoir de notre premier ministre : Si vous n’êtes plus pour obtenir les pleins pouvoirs en immigration et que votre engagement envers le Canada est absolu et éternel, j’aimerais que vous nous disiez si vous optez pour l’affaiblissement, voire la disparition, à long terme, du français dans le Canada ? »
Contexte : Les économistes Stéphane Marion et Alexandra Ducharme affirment que le Canada est tombé dans un piège démographique puisque la construction de logements ne suit pas l’augmentation de la population.
Déclaration : « On ment éhontément à la population. Les économistes disent que la hausse des seuils n’est pas une solution, n’a pas d’impact sur la pénurie de main d’œuvre. Et lorsque le ministre Marc Miller dit qu’il n’y a pas de problème parce que chaque immigrant va bâtir lui-même sa maison, c’est vraiment du délire. C’est une dérive idéologique qui a des conséquences réelles. C’est-à-dire que l’itinérance monte en flèche aux quatre coins du Québec, les logements ne sont plus abordables et il y a des conséquences sociales, l’appauvrissement des ménages parce que les loyers augmentent de manière incontrôlée. Tout ça pour des faussetés. Pour un courant idéologique. »
Contexte : Débat à RDI entre les chefs de parti excepté François Legault.
Déclarations : « Si on ne réduit pas les travailleurs temporaires, les demandeurs d’asile et les étudiants étrangers, on arrivera jamais à un équilibre et cette crise du logement, mais aussi la crise sur notre capacité à livrer des services et à intégrer en français, vont se poursuivre. » Le chef intérimaire du Parti libéral, Marc Tanguay, lui demande alors s’il trouve qu’il y a trop de travailleurs temporaires au Québec et qu’il aimerait en voir quitter. « Par définition, un visa temporaire, c’est quelqu’un qui arrive et qui quitte. Et donc ça vient avec la définition de travailleur avec un visa temporaire. Si le simple fait d’arriver sur le territoire donne un statut de permanent, peu importe par quel chemin, peu importe si on remplit les critères ou non, ça crée un chaos. »
Contexte : PSPP réagit à l’annonce du gouvernement du Québec d’imposer un moratoire de six mois sur l’émission de permis pour les travailleurs étrangers temporaires.
Déclaration : « Ça témoigne du fait que [François Legault] est complètement dépassé par la situation en matière d’immigration. Il est impuissant vis-à-vis le fédéral. Et ce n’est pas des mesures en surface et aussi pointues qui vont renverser une tendance qui est très lourde. C’est un petit pas, mais on n’est plus à l’époque des petits pas. On est au moment de prendre des mesures très fermes pour renverser une situation qui est intenable, de son propre aveu. En guise de réponse, le Parti québécois présentera d’ici octobre « un plan de réduction drastique et substantielle » de l’immigration temporaire et permanente. Le projet péquiste touchera « toutes les catégories de manière à ce que la crise du logement se résorbe, qu’on retrouve un équilibre », a-t-il dit. M. St-Pierre Plamondon n’a pas voulu étayer ce que signifie pour lui une « réduction drastique ».
« Attendez-vous à un contraste très, très important entre les mesurettes de la CAQ et la procrastination de la CAQ, d’une part, et notre volonté de ramener le modèle à quelque chose de durable et viable, c’est-à-dire un modèle qui correspond à notre capacité d’intégrer en français, de donner des services équitables à tout le monde et de donner un toit à tout le monde », a-t-il résumé.
Contexte : Un stagiaire en enseignement est la victime d’horribles commentaires haineux de la part de certains de ses élèves, la plupart visant son orientation sexuelle.
Déclaration : « Cette situation soulève la question du communautarisme religieux et de l’incapacité de nos écoles à intégrer une partie des nouveaux arrivants à la société québécoise. Lors de l’entrevue au 98,5, l’animateur Patrick Lagacé a demandé si le caractère multiethnique de la classe en question avait pu jouer dans la banalisation de ce genre de geste. C’est une question qui est, je le conçois, très délicate. On doit l’aborder avec toute la responsabilité qui nous incombe et les mots justes. Mais on doit l’aborder. Est-ce que le rapport à l’homosexualité qu’ont des membres de certaines communautés, dans le contexte d’une salle de classe issue à 90% de l’immigration, a pu jouer dans un cas comme celui-ci? (…) L’incapacité de plus en plus grande du Québec à intégrer par l’école est un réel sujet qui devrait tous nous préoccuper collectivement. Sans intégration, nous assisterons à la désintégration du contrat social québécois axé sur la paix sociale, ainsi que de notre culture québécoise, cette même culture paisible et respectueuse qui fait du Québec une terre d’accueil si attirante. Il ne s’agit pas ici de blâmer qui que ce soit ou de trouver des coupables, mais plutôt de faire des constats difficiles mais nécessaires, qui nous permettront d’avancer et de trouver des politiques publiques capables de recréer une mixité et une intégration dans les valeurs partagées de notre société. L’un des mandats fondamentaux de l’école est de former des citoyens. L’école québécoise ne doit plus uniquement viser à transmettre la maîtrise du français, elle doit aussi viser à transmettre la culture québécoise, notre vision du monde et notre façon de participer et de le façonner. Et surtout de transmettre une citoyenneté qui garantit une place, la sécurité et le respect de tous et chacun. »
(Bref, oui il y a de l’homophobie au Québec, mais c’est surtout la faute des immigrants.)
Contexte : Conférence de presse à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois présente son plan en matière d’immigration.
Déclaration : « Donc, on va se concentrer sur le fait de régler des crises qui ont une influence négative sur le taux de natalité au niveau du logement, des services. Notre réflexion peut peut-être aller plus loin dans le programme de 2026, mais c’est relié, parce que si nos seuils d’immigration sont trop élevés, il n’y a pas de logement, le logement coûte très cher, les gens sont étouffés au niveau du paiement de leur hypothèque et du loyer, est-ce qu’ils vont prendre la décision d’avoir un enfant ou un enfant de plus? Les deux sont reliés. »
Contexte : Point de presse pendant la campagne électorale fédérale pour demander de fermer les frontières aux Américains qui tentent de fuir leur pays depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.
Déclaration : « Au Québec, le nombre de demandes d’asile en provenance des États-Unis a triplé depuis l’arrivée de Donald Trump, et, comme je vous le disais en novembre dernier, c’est probablement juste le commencement, la pointe de l’iceberg d’un phénomène qui va être beaucoup plus grand et qui vise des millions de personnes. J’en ai parlé en novembre dernier pour dire : Il faut surveiller ça. Et je réitère, là, le Québec est un endroit accueillant, respectueux, mais la crise du logement, l’impact sur les services et le recul du français n’est plus un débat au Québec. »
« Parce que si vous pensez que Roxham… si vous pensez que Roxham, c’était du sabotage, ce qui s’en vient, compte tenu, là, des millions de personnes qui sont en jeu avec les politiques de Donald Trump, ce qui s’en vient est peut-être encore beaucoup plus gros que ce qu’on a connu sur Roxham. »
Contexte : Point de presse pour commenter la première rencontre entre François Legault et Mark Carney.
Déclaration : « On est rendus, au Québec, seulement pour les quatre premiers mois de l’année à 14 000 demandeurs d’asile. Et, ça, c’est une des catégories en immigration. Mais ça veut dire que, pendant que le gouvernement prépare un document où est-ce qu’on va nous dire que les seuils sont maintenant à 30 000, 35 000, 40 000, dans les faits, on continue à accueillir nettement plus de personnes. Et on n’a aucun contrôle là-dessus. La CAQ a littéralement perdu le contrôle sur le nombre de personnes qu’on accueille au Québec. Peu importe ce qu’il dit par après, ça ne correspond pas à la réalité.
Donc, juste pour vous donner une impression, là, au mois d’avril, on parle de 2 875 entrées à Lacolle, c’était 654 l’année dernière. On est pas mal, donc, dans des chiffres qui ressemblent à l’époque de Roxham. Donc, on est vraiment dans un délire idéologique, et la CAQ choisit de se fermer les yeux.
Donc, je vous parle de ça parce qu’on a un François Legault tout sourire hier, il se rend à sa première rencontre avec Mark Carney, et moi, je lui avais demandé : Allez vous demander les pleins pouvoirs en immigration, là? C’est une question de survie de la nation, de louisianisation. Allez-vous le faire? Moi, je n’ai pas entendu parler de ce sujet-là. J’ai entendu parler seulement d’économie. Or, qu’en est-il de l’économie du Canada depuis 10 ans? Ça, c’est le tableau de la croissance économique per capita du Canada de 2015 à 2024. Vous avez de la misère à le voir dans le fond, là, mais la croissance économique du Canada, là, elle est ici, elle est minuscule. Et, ce matin, là, notamment, le National Post, mais d’autres médias rapportent le rapport de l’OCDE, qui est très clair : la croissance économique du Canada, dans les 10 dernières années, est minuscule, en raison d’un choc démographique, ce qu’on appelle…
Dans notre document sur l’immigration, on vous a donné plusieurs études qui parlent d’un piège démographique. C’est-à-dire que, si on impose une hausse de l’immigration trop forte, trop soudaine, ça crée une crise du logement, ça crée beaucoup de ressources en adaptation, et ultimement, donc, ça crée une stagnation de la création de richesse. Donc, de voir… puis vous avez vu mes tableaux des dernières fois, là… donc, on a connu une hausse incroyable du prix du logement. Pourquoi? Parce que la population du Canada explose, par rapport à n’importe quel autre pays de l’OCDE.
Et je vous parle de ça donc, parce qu’on doit constater que d’une part, ce sont des discussions très, très hypothétiques, avec lesquelles je n’ai aucun problème, là… Parler d’économie, c’est correct. Mais passer à côté du principal sujet, du principal aspect problématique de l’économie canadienne depuis 10 ans, selon le rapport de l’OCDE, et omettre son engagement, comme premier ministre, de demander les pleins pouvoirs en immigration, parce que François Legault sait ce qu’il va lui arriver, c’est-à-dire un autre refus, je trouve ça irresponsable.
Donc, j’aimerais rappeler à nouveau que le sabotage de notre modèle d’immigration, qui fonctionnait, c’est un sabotage qui vient du fédéral. J’aimerais rappeler que jamais on n’aura vu un premier ministre perdre le contrôle sur l’immigration que François Legault. Et j’aimerais rappeler que, pour tous les Québécois, incluant les Québécois issus de l’immigration, personne n’a intérêt à être dans un modèle où la crise du logement s’exacerbe, continue de… à croître, où on n’est plus capables de livrer les services, et où le français recule de manière spectaculaire, comme vous pouvez le voir à nouveau avec les plaintes à l’Office québécois de la langue française. Donc, personne n’a intérêt à ça.
Et on ne peut pas accueillir des centaines de milliers… Il y aurait peut-être des millions de personnes qui veulent venir au Québec, du jour au lendemain, et qui ont des bonnes raisons, mais il y a… à un moment donné, il va falloir se pencher sur un modèle durable, en fonction de notre capacité d’accueil, parce que tout ça ne fonctionne pas. Et je pense que, malheureusement, François Legault joue à l’autruche. »
Contexte : PSPP réagit à un reportage du Journal de Montréal qui établit que le tiers des homicides survenus au Québec en 2024 implique des jeunes de 21 ans et moins.
Déclaration : « Oui, c’est lié à des changements démographiques, on ne peut pas le nier. On assiste à l’émergence de groupes criminels nouveaux qui amènent au Québec des techniques de criminalité plus agressives pour lesquelles, à l’évidence, on est mal adaptés. Il y a 20 ans, avant les changements démographiques générés par l’immigration, on n’aurait jamais pensé que des groupes criminels puissent être aussi agressifs dans l’identification de jeunes, dès l’âge de 12-13 ans, pour les amener à des criminels actifs capables de meurtres à l’âge de 16 ans. Il faut prendre acte. On sous-estime, à l’échelle du Québec, la gravité de ce que ça peut entraîner, cette inaction-là. On connaît des cas, en Europe, de villes où on a perdu le contrôle de certaines parties de la ville en raison d’une ghettoïsation et d’une infiltration du crime organisé. »
Contexte : Le Parti québécois a publié une publicité critiquant le nombre de demandeurs d’asile « imposé » par « le Canada ». La publicité a été dénoncée comme trompeuse par plusieurs personnes, dont Louise Harel et Pierre Céré. Le 14 septembre 2025, Paul St-Pierre Plamondon publie un texte pour justifier la publicité.
Déclaration : « Rappelons que le Québec avait une planification de l’immigration qui fonctionnait très bien avant que le gouvernement fédéral, sous Trudeau, ne vienne la saboter. Rappelons également que les Québécois issus de l’immigration, comme tous les autres Québécois, n’ont pas plus d’intérêt que les autres à vivre dans une crise perpétuelle et aiguë du logement, ni à subir un recul des services publics ou encore du climat social, simplement pour plaire à quelques idéologues de la gauche radicale ou du gouvernement fédéral. »
Contexte: Paul St-Pierre Plamondon publie une vidéo dans laquelle il réplique à ses critiques sur le sujet de l’immigration
Déclaration: « Et c’est absolument faux d’affirmer que les Québécois issus de l’immigration ont des intérêts divergents de l’ensemble des Québécois, notamment sur la question fondamentale de la crise du logement, qui découle directement d’une immigration incontrôlée durant les dernières années. Les Québécois issus de l’immigration n’ont pas intérêt à ce que leur loyer, leur hypothèque soit désormais inabordable, parce qu’on a créé de toute pièce une crise du logement en accueillant un nombre de personnes beaucoup plus grand que notre capacité à faire des nouveaux logements durant la même année. Ce qui a créé évidemment un débalancement entre l’offre et la demande. Ils n’ont pas intérêt à ce que leurs enfants n’aient pas les moyens de s’acheter une première maison comme on voit en ce moment. Exactement comme l’ensemble des Québécois, les Québécois issus de l’immigration n’ont pas intérêt non plus à une dégradation des services publics comme la santé et l’éducation, même chose lorsqu’on parle de l’enjeu du climat social, personne n’a intérêt à ce qu’il se dégrade comme on le voit notamment en ce moment en Europe, en raison justement de dérives idéologiques qui ont mené à l’absence complète de planification entourant les questions d’immigration et d’intégration. »
Contexte: Paul St-Pierre Plamondon répond au discours d’ouverture de la session parlementaire prononcé par le premier ministre François Legault la veille
Déclaration: « Mais c’est parce que quand on regarde la croissance économique du Canada, par habitant, au cours des neuf dernières années, on se rend compte que le Canada est dernier. Dernier en occident, à part le Luxembourg. Il n’y a eu presque aucune croissance économique au cours des dernières années, et c’est dû à ce gouvernement libéral fédéral, qui est parti dans ses lubies idéologiques en amenant une vague d’immigration tellement soudaine et grande qu’essentiellement, pour faire une image, on a divisé la tarte, la même tarte, en des pointes plus petites, avec plus de personnes, mais on n’a pas été capables de générer de la croissance économique, on a été en adaptation à des changements migratoires. »
Contexte: Entrevue à l’émission « Place publique » à Ici Première Saguenay-Lac-Saint-Jean. Paul St-Pierre répond aux questions de l’animatrice qui craint que la réduction de l’immigration temporaire nuise à l’Université du Québec à Chicoutimi et aux entreprises de la région.
Déclaration: Plamondon: L’entreprise privée, elle n’aura pas à se poser la question: il y a une crise du logement. L’augmentation des loyers, du prix des maisons, le fait qu’une nouvelle génération aura pas accès du tout à la propriété… Animatrice: Mais vous savez que la crise du logement, c’est pas seulement le fait de l’immigration. Plamondon: Majoritairement, c’est LE facteur principal, je vous réfère à toutes les études qu’on a citées. Le facteur le plus important dans la crise du logement, c’est le choc démographique qu’on a connu dans les dix dernières années. Il y a pas de doute. Animatrice: Il y a des gens qui vivent seuls de plus en plus, il y a eu moins de construction de logements sociaux abordables dans les dernières années… Plamondon: Je vous réfère à cette étude de Pierre Fortin qui dit: « De tous les facteurs, le facteur le plus déterminant, c’est ce choc démographique. » Et d’ailleurs les fonctionnaires de Justin Trudeau l’avaient averti: si vous procédez avec votre politique, vous allez créer une crise du logement sans précédent, et pour des raisons idéologiques, on s’est entêté dans ce modèle-là.
Contexte : Le gouvernement fédéral veut augmenter les seuils d’immigration. Pendant la campagne électorale québécoise de 2022, François Legault fait un point de presse pour dénoncer cette décision.
Déclaration: « Les Québécois sont pacifiques, ils n’aiment pas la chicane, ils n’aiment pas les extrémistes, ils n’aiment pas la violence, donc il faut s’assurer qu’on garde ça comme c’est là actuellement, a-t-il notamment répondu. On a quand même des valeurs et on a parlé beaucoup de laïcité dans les dernières années; c’en est une des valeurs, aussi le respect. Il y a une façon de vivre chez nous et on veut la garder. »
Justification : Le lendemain, Legault s’est dit désolé « si ses propos ont porté à confusion ». Évidemment. Ce ne sont pas ses mots qui étaient mal choisis, c’est nous qui avons mal compris. Il a ajouté que « l’immigration est une richesse pour le Québec ». Mais c’était pour mieux en rajouter quelques jours plus tard.
Contexte : François Legault s’adresse à un rassemblement militant à Drummondville. Il réagit aux propositions du Parti libéral du Québec et de Québec solidaire, qui proposent d’augmenter les seuils d’immigration.
Déclaration : « J’ai essayé d’expliquer pourquoi les Québécois se sont serré les coudes pendant la pandémie. C’est parce qu’on est un peuple, une nation qui est tissée serré. Et puis au cœur de cette nation, il y a le français. Et là, il y a une certaine urgence. On a vu dans les études qui ont été déposées dernièrement qu’il y a un déclin du français. C’est important de garder cette cohésion nationale, de défendre le français, d’arrêter le déclin du français. C’est comme mathématique. Si on veut arrêter le déclin pendant un certain temps, il faut mieux intégrer les nouveaux arrivants au français. »
Contexte : François Legault s’adresse à la Chambre de Commerce de Montréal pendant la campagne électorale. La Chambre de Commerce demande au gouvernement de hausser les seuils d’immigration.
Déclaration : « Des gens disent : où vous avez pris ça, la capacité d’intégration ? Bien, les chiffres sont clairs. Il y a un déclin du français. Si on garde la même recette, ça va donner le même gâteau. Si je suis réélu, le seuil d’immigration va rester à 50 000, mais on va être plus exigeant sur la connaissance du français. On va essayer d’envoyer un plus grand pourcentage dans les régions francophones, ça va aider. Mais tant qu’on n’aura pas stoppé le déclin du français, je pense que pour la nation québécoise qui veut protéger le français, ça serait un peu suicidaire d’aller augmenter les seuils. »
Justification : François Legault dit avoir été ovationné par la foule venue l’entendre. Il ne croit pas avoir à s’excuser pour ce qu’il a dit.
Contexte : Le gouvernement fédéral offre 750 millions $ à Québec pour compenser les coûts reliés à l’accueil des demandeurs d’asile alors que Québec demandait un milliard.
Déclaration : « Le gouvernement fédéral doit comprendre que c’est urgent de réduire le nombre d’immigrants temporaires au Québec, si on veut que les Québécois puissent se loger, que nos enfants aient accès à des enseignants qualifiés, pour que nos malades soient soignés et pour que le déclin français soit inversé. »
« On a actuellement une explosion du nombre d’immigrants temporaires. Ça amène des problèmes importants dans le logement, dans les services publics, l’éducation, la santé, l’avenir du français en particulier à Montréal. (…) Donc on voit que 100% du problème du logement vient de l’augmentation du nombre d’immigrants temporaires. (…) Le tiers du problème de pénurie de personnel qu’on vit en santé vient des 560 000 immigrants temporaires. (…) La moitié du manque d’enseignants qualifiés au Québec vient de la présence des immigrants temporaires. (…) Le tiers des immigrants temporaires ne parlent pas français. Ils sont surtout situés à Montréal. Donc ça amène un déclin du français au Québec, en particulier à Montréal. »
Contexte : François Legault demande au gouvernement fédéral de réduire de moitié le nombre de demandeurs d’asile sur le territoire québécois, quitte à les déplacer de force.
Déclaration : « Il faut trouver le moyen de répartir les demandeurs d’asile de façon plus équitable, a réitéré le premier ministre. Parce qu’actuellement, tout ce qui est proposé par le gouvernement fédéral, c’est sur une base volontaire par les demandeurs d’asile et sur une base volontaire par les autres provinces. Nous, ce qu’on veut, c’est [que] la moitié des demandeurs d’asile qui sont actuellement au Québec [soient] transférés dans d’autres provinces, a-t-il mentionné. Ce n’est pas logique qu’on ait reçu 45 % des demandeurs d’asile, alors que le Québec représente 22 % de la population canadienne. (…) Moi, ce que je veux, c’est qu’il y ait des résultats, a-t-il poursuivi. Alors oui, ça devrait être obligatoire. Mais c’est au gouvernement fédéral de gérer ça. »
Déclaration : « Je veux aujourd’hui envoyer un message très clair aux islamistes. Les valeurs fondamentales qu’on a au Québec, comme la laïcité, comme l’égalité hommes-femmes… Eh bien, on va se battre, puis jamais, jamais on ne va accepter que des personnes essaient de ne pas respecter les valeurs qui sont fondamentales au Québec. (…)[Le fait] de voir des gens qui prient dans les rues, dans des parcs publics, ce n’est pas quelque chose qu’on souhaite au Québec. Quand on veut prier, on va dans une église, on va dans une mosquée, mais pas dans des lieux publics. »
Contexte : François Legault demande au nouveau premier ministre du Canada, Mark Carney, de diminuer l’immigration temporaire.
Déclaration : « On le sait, on a excédé notre capacité d’intégration en immigration au Québec », a indiqué François Legault, lors d’une conférence de presse tenue à Terrebonne en soutien à son candidat à l’élection partielle dans la circonscription, Alex Gagné.
« M. Trudeau a perdu le contrôle du nombre d’immigrants », a-t-il accusé, en ajoutant qu’il exigera à Pierre Poilievre et Mark Carney de remédier à la situation.
Réduire le nombre d’immigrants temporaire dans la province s’avère notamment essentiel dans un contexte de « manque de logements » et pour assurer la « protection du français ». « On a des difficultés à répondre aux besoins pour les classes en éducation, et on a de la difficulté à trouver du personnel en santé », a-t-il ajouté, pour justifier sa position.
Contexte: Entrevue à Tout le monde en parle pour faire le bilan du gouvernement caquiste
Déclaration: « Le Québec est un des peuples les plus accueillants dans le monde. Ça c’est important de le répéter. Est un des peuples les plus accueillants dans le monde. Par contre, depuis deux ans, le gouvernement fédéral a augmenté de 200 000 à 400 000 le nombre d’immigrants temporaires en particulier à Montréal. Ça pose des problèmes de logement, ça pose des problèmes en éducation, en santé, ça pose des problèmes avec notre langue, ça pose des problèmes avec nos valeurs comme la laïcité. La majorité des Québécois n’aiment pas voir des prières de gens à genou dans nos rues ou devant la basilique Notre-Dame. C’est important de respecter ce que veulent la majorité des Québécois.
(…)
Ce que moi je dis là, c’est on doit rester accueillant, mais actuellement, le Québec a dépassé de beaucoup sa capacité d’accueil et sa capacité d’intégration et on doit réduire de 200 000 le nombre d’immigrants temporaires à Montréal et à Laval. C’est ce qu’on demande au gouvernement fédéral, puis on va prendre les moyens pour qu’enfin au gouvernement fédéral agisse. »
Contexte : Caucus présessionnel des élus caquistes.
Déclarations : « S’il vous plaît, Monsieur Trudeau, on a atteint la limite, là. On est effectivement au point de rupture. Alors, le bar ouvert en immigration, arrêtez ça là, parce que nous autres, en éducation, on manque de profs, puis on manque de locaux. On travaille très fort sur des solutions. Il faudrait que M. Trudeau nous aide un petit peu. »
Contexte : Point de presse des ministres pour demander au gouvernement fédéral de limiter l’arrivée des demandeurs d’asile au Québec.
Déclarations :
Christine Fréchette : « Il faut également que le fédéral réduise l’afflux des demandeurs d’asile en resserrant rapidement la politique canadienne d’octroi des visas. Il doit fermer toute brèche qui permettrait à des groupes criminels de s’infiltrer au Canada. Et également, il doit rembourser au Québec l’ensemble des sommes encourues pour l’accueil des demandeurs d’asile. »
Bernard Drainville : « La situation qu’Ottawa laisse perdurer depuis des années a un impact pas juste sur le personnel enseignant et sur les locaux, elle a un impact aussi sur les professionnels de l’éducation, les orthophonistes, les orthopédagogues, les psychologues, les psychoéducateurs, les éducatrices, le transport scolaire. Le fédéral n’en fait pas assez. Puis ce n’est pas juste une question d’argent. C’est important de le dire. Le montant qu’il nous donne pour couvrir ce que ça nous coûte ici, au Québec, est ridicule. Ça, c’est un fait. Ils ne nous donnent pas l’argent qui couvre les coûts de services. Mais ce n’est pas seulement une question d’argent. Parce que, rendus à la situation où on est présentement, on s’approche d’un point où nous n’arriverons plus à fournir les services aux personnes qui sont déjà sur le territoire québécois parce que nos ressources doivent se partager entre un nombre grandissant d’enfants. »
Chantal Rouleau : « L’augmentation incontrôlée du nombre de demandeurs d’asile sur le programme d’aide sociale nous conduit droit dans le mur. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec, le gouvernement de la CAQ ne veut pas et ne va pas tolérer qu’on efface les progrès de la société québécoise. Il est temps que le gouvernement fédéral cesse de laisser nos frontières complètement ouvertes. »
Jean-François Roberge : « Donc, le gouvernement doit d’abord, le premier geste à poser, la première affaire, réviser la politique d’émission des visas, il doit aussi renforcer la surveillance des frontières, parce qu’on entend parler qu’il y a des groupes criminels qui profitent du laxisme actuel, il doit réduire le nombre de demandeurs d’asile, il doit répartir les demandeurs d’asile dans l’ensemble du Canada puis il doit évidemment rembourser le Québec, on parle de plus de 1 milliard pour les trois dernières années. Donc, c’est cinq R : Réviser, renforcer, réduire, répartir, rembourser. Puis, comme mes collègues l’ont montré, ça presse. »
Mon commentaire : En tant que telle, cette déclaration n’est pas si choquante. Demander que les demandeurs d’asile soient mieux répartis sur l’ensemble du territoire et que le gouvernement fédéral dédommage correctement les provinces est tout à fait légitime. Le problème est qu’on fait face à un gouvernement qui définance les services sociaux et blâme les demandeurs d’asile pour ses propres décisions.
Contexte : Bernard Drainville doit justifier le retard dans la mise sur pied des maternelles 4 ans promises par la CAQ.
Déclaration : « On veut créer des classes [de maternelle 4 ans], mais ça nous prend des enseignants, ça nous prend des locaux. Et l’essentiel de mon personnel, dans certains centres de services scolaires, sert essentiellement à instruire les nouveaux arrivants. Dans certains cas, j’inaugure une école toute neuve, il devait y avoir des maternelles 4 ans, et pourquoi il n’y en a pas ? Parce qu’il faut scolariser un plus grand nombre d’élèves que prévu, et dans certains cas, ce sont de nouveaux arrivants. Les enseignants affectés aux nouvelles classes de francisation et d’accueil, ce sont des enseignants que je pourrais utiliser dans d’autres contextes, par exemple des maternelles 4 ans. Mais je ne les ai point. »
Contexte : Bernard Drainville fait le point sur la pénurie d’enseignants à l’aube de la rentrée scolaire.
Déclaration : « Quand tu es obligé de fermer des maternelles 4 ans pour ouvrir des classes de francisation, ce n’est pas normal. »
Précision du Devoir : « À Montréal, à Laval, à Québec, dans Lanaudière, dans le Centre-du-Québec, dans les Laurentides et en Montérégie : partout, les CSS ont déclaré au Devoir qu’ils n’avaient pas fermé de groupes de maternelle 4 ans pour faire place à des classes de francisation. »
Contexte : Bernard Drainville commente comme chaque année le manque d’enseignants à la rentrée scolaire.
Déclaration : L’élu s’est ensuite dit « très fier » de constater que le réseau québécois ait pu « accueillir une telle augmentation d’immigrants ». Il a néanmoins renouvelé son appel au premier ministre canadien, Justin Trudeau, afin qu’il « reprenne le contrôle des frontières et du processus d’immigration ».
Le cabinet Drainville affirme que près de 80 % de la hausse de clientèle scolaire observée l’an dernier est attribuable aux élèves qui sont nés hors Canada. Il souligne qu’il y avait 1341 classes de francisation en mars 2024, une hausse par rapport au nombre de 1005, un an plus tôt. Or, de là à lier la hausse de l’immigration à la fermeture de classes de maternelle 4 ans, il y a un pas que les CSS ne sont pas prêts à franchir.
Contexte : L’école secondaire du Phare est inaugurée dans Charlesbourg et elle manque déjà d’espace. Le gouvernement annonce des classes modulaires.
Déclarations : « Notre plan A c’est de construire, d’agrandir, de rénover, mais c’est un excellent plan B, un modulaire. L’effectif scolaire est en hausse et c’est essentiellement à cause de l’immigration temporaire. Et donc il faut scolariser ces élèves qui nous arrivent d’ailleurs. On ne les blâme pas, c’est pas de leur faute. Mais comment veux-tu planifier, quand le gouvernement du Canada, décide de laisser entrer 600 000 immigrants temporaires en trois ans? »
Contexte : Bernard Drainville partage sur sa page Facebook un article de La Presse intitulé « Le nombre d’élèves issus de l’immigration explose »
Déclaration : « 1/3 des élèves issus de l’immigration
Quand on dit que l’immigration pèse lourd sur le réseau scolaire, en voici la preuve
On ne blâme ni les parents, ni les élèves qu’on scolarise le mieux possible. Mais force est de constater que les décisions du fédéral créent des besoins majeurs en personnel et en espace.
En 3 ans HAUSSE NETTE de 50 000 élèves du primaire et secondaire, tous issus de l’immigration, dont 40 000 sont nés hors du Canada.
Déclaration : « La hausse de l’immigration crée une pression énorme sur nos services publics et particulièrement sur nos écoles. Soyons clairs, on ne blâme pas du tout les enfants immigrants et leurs parents, mais il faut que les Québécois voient l’impact que les politiques du gouvernement fédéral ont sur nos écoles. On a de plus en plus d’enseignants et de personnel à l’école, mais ça va être difficile d’en venir à bout si le nombre d’élèves immigrants continue d’augmenter comme ça. »
Contexte : À Midi-Info, Bernard Drainville revient sur son recul sur les compressions en éducation.
Déclarations : « Les besoins sont grandissants. On a eu des nouveaux chiffres sur le nombre d’élèves qui était plus important que prévu lors de la dernière année scolaire. On voit ce qui se passe présentement aux frontières avec l’arrivée des demandeurs d’asile. On peut anticiper qu’il y aura encore plus d’élèves à scolariser l’année prochaine. (…) Les budgets vont continuer à payer. Mais la capacité de payer n’est pas infinie. On s’entend-tu là-dessus? La capacité de payer n’est pas infinie. »
Autres
21 septembre 2022
Auteur : Jean Boulet
Contexte : Débat électoral avec les autres candidats dans Trois-Rivières
Déclaration : « Les immigrants, les seuils, c’est un débat purement académique. Il faut s’assurer de bien les intégrer. 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise. La clé, c’est la régionalisation et la francisation. »
Justification : Jean Boulet s’est dit « désolé d’avoir mal exprimé sa pensée. L’extrait diffusé ne reflète pas ce que je pense. » François Legault a dit que les propos de Boulet le disqualifiaient comme ministre de l’Immigration. Il l’a tout de même conservé dans son cabinet comme ministre du Travail.
J’accorde à M. Boulet le mérite de ne pas avoir tenté de nous faire croire que c’était plutôt nous qui avions mal interprété ses paroles.
Déclaration : « L’impact des nouveaux arrivants joue un rôle sur tous nos services que l’on offre. Vous savez qu’à mon grand désespoir, il y a des gens qui partent d’Amérique du Sud, des Caraïbes, qui traversent les États-Unis à pied avec leurs enfants, qui arrivent au Québec, et qu’à cause de leur état, la DPJ est appelée et doit intervenir dans ces cas-là. (…) Non, on n’a pas de chiffres parce que malheureusement, le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile ne rembourse et n’a des bases de données que sur la santé physique. Mais partout où je vais au Québec, les gens me disent qu’il y a quand même un grand nombre de signalements pour les nouveaux arrivants. D’ailleurs, (le cas) de ce matin (dans La Presse), c’était effectivement des nouveaux arrivants, qui ont vécu des traumas complexes, qui ont toutes sortes de difficultés et pour lesquels on appelle la DPJ à l’aide. »
J’ai lu le rapport intitulé « Pour une laïcité québécoise encore plus cohérente: Bilan et perspectives » produit par le Comité d’étude sur le respect de la Loi sur la laïcité de l’État et sur les influences religieuses. Je l’ai lu comme un travail d’étudiant que je corrigerais. Et je ne suis pas impressionné.
Un gouvernement met sur pied un comité pour étudier une problématique dans deux situations:a) Il fait face à une situation inédite et il est nécessaire de bien l’étudier avant de réagir.
J’ai lu le rapport intitulé « Pour une laïcité québécoise encore plus cohérente: Bilan et perspectives » produit par le Comité d’étude sur le respect de la Loi sur la laïcité de l’État et sur les influences religieuses. Je l’ai lu comme un travail d’étudiant que je corrigerais. Et je ne suis pas impressionné.
Un gouvernement met sur pied un comité pour étudier une problématique dans deux situations: a) Il fait face à une situation inédite et il est nécessaire de bien l’étudier avant de réagir. b) Il sait exactement ce qu’il veut faire, mais veut qu’une autorité « indépendante » confirme que sa solution est la bonne afin de bien paraître dans l’opinion publique et médiatique. Clairement, ce comité entre dans la catégorie B. Le gouvernement parle depuis près d’un an de renforcer la loi sur la laïcité pour nous faire oublier ses nombreux échecs, notamment dans le domaine de l’éducation. Ce rapport vise à lui donner une légitimité.
Christiane Pelchat et Guillaume Rousseau, les deux auteurs du rapport
Un rapport ouvertement militant Guillaume Rousseau a conseillé Simon Jolin-Barrette pour l’élaboration de la loi 21 et défend présentement la loi en Cour suprême. Pour rappel, Me Rousseau est cet avocat qui nous disait au printemps dernier que reconnaître les familles pluriparentales allait conduire à la légalisation de la polygamie. Christiane Pelchat est l’avocate de PDF-Québec, qui demande d’étendre l’interdiction du port de signes religieux au personnel de la santé, aux élèves et même aux enfants en CPE. Faut-il s’étonner que leur rapport recommande d’aller encore plus loin dans l’application d’une « laïcité » implacable? Les conclusions étaient décidées d’avance.
Il ne s’agit pas d’un rapport d’enquête, mais d’un rapport militant. Pelchat et Rousseau n’ont fait aucun effort pour donner une apparence de neutralité (ce qui est particulièrement ironique) à ce document de 288 pages. Ainsi, tolérer le port de signes religieux par les éducatrices en garderie relève selon le rapport d’une « vision multiculturaliste ». Il n’y a donc aucun juste milieu, aucun compromis entre la stricte laïcité à la française et la liberté individuelle totale. C’est l’un ou c’est l’autre.
L’expression « doctrine des accommodements pour un motif religieux » est employée une dizaine de fois. On critique aussi la « doctrine multiculturaliste ». Doctrine. Ce choix de mot n’est pas innocent dans un contexte où on parle de religion. L’objectif est évidemment de présenter les critiques de la loi 21 comme des dogmatiques défendant une idéologie là où ses défenseurs seraient neutres et appuyés par la science. Or, ce rapport est tout sauf scientifique.
Une sélection minutieuse des données En introduction, Pelchat et Rousseau nous disent que six ans après l’adoption de la Loi sur la laïcité de l’État, « le bilan est positif ». Sur quoi se base cette affirmation? Sur l’opinion des personnes qui réclamaient l’adoption de la loi 21 et demandent aujourd’hui d’aller plus loin.
Quarante mémoires ont été déposés. Le rapport prétend « proposer une synthèse ». Or, la disproportion des avis retenus est flagrante. Sept mémoires sont cités cinq fois et plus dans le rapport. Sept ne sont pas cités une seule fois.
Les mémoires cités le plus souvent sont tous favorables à la loi 21 et recommandent de la renforcer. La palme revient au Mouvement laïque québécois (MLQ), cité 14 fois. Ce mémoire recommande notamment d’interdire le port de signes religieux pour toute la fonction publique ainsi que pour les élèves. Ces sept mémoires cités régulièrement dans le rapport rivalisent d’inventivité pour rendre la loi plus coercitive. Le Rassemblement pour la laïcité recommande que les bienfaits de la laïcité soient enseignés pendant toute la durée du parcours scolaire (et on accuse les éducatrices portant un voile de faire de l’endoctrinement?). Droits collectifs Québec demande d’interdire les affiches et les publicités gouvernementales montrant des « représentations humaines » portant un signe religieux. Voici donc à qui nos deux « experts » ont choisi de donner la parole.
Les critiques de la loi 21 ne sont pas nuancées ou minimisées: elles ont été mises de côté. Le mémoire le plus éloquent à ce sujet, celui de la Ligue des droits et libertés, présente une bibliographie sélective des études sur l’impact de la loi 21 (articles scientifiques, livres, mémoires de maîtrise, sondages etc.) ainsi que les témoignages de quatre femmes musulmanes dont la vie professionnelle a été touchée de façon négative par la loi. Ce mémoire n’est pas cité une seule fois dans le rapport. En revanche, le rapport cite plusieurs mémoires mentionnant des cas observés ici et là de comportements problématiques de la part d’enseignants ou d’éducatrices visiblement influencées par la religion. Six autres mémoires ne sont pas cités une seule fois, dont celui de la Confédération des syndicats nationaux, qui défend le personnel scolaire touché par le projet de loi 94.
Dans d’autres cas, les mémoires sont cités, mais Pelchat et Rousseau ont minutieusement sélectionné les passages qui servent leur agenda. Tout ce qui les contredit est ignoré ou balayé d’un revers de main.
Le mémoire du professeur de sociologie Rachad Antonius est intitulé « Loi sur la laïcité: un excès de zèle contreproductif ». Comme le titre le laisse entendre, le mémoire relativise la « menace » que l’islam fait peser sur le Québec et recommande des compromis sur la question de la laïcité. Le seul passage de son mémoire à être mentionné est le point où il appuie l’interdiction du niqab pour le personnel et pour les élèves des établissements scolaires. (p. 162) Ainsi, un critique de la loi 21 se retrouve présenté en renfort pour son renforcement.
Exemple encore plus douteux: Le mémoire du Conseil canadien des femmes musulmanes critique la loi 21 parce qu’elle limite les possibilités d’emploi pour plusieurs femmes et demande pour cette raison de ne pas étendre la loi aux éducatrices en service de garde ou en garderie. Les rédactrices ont colligé plusieurs témoignages pour montrer que le port du voile par les éducatrices n’a pas d’impact sur les enfants. Pelchat et Rousseau ont pigé quelques lignes de ce mémoire de 28 pages pour montrer que le port du voile « induit des comportements chez les jeunes enfants », donnant l’exemple de petites filles qui portent un foulard pour se déguiser. (p. 157) Même chez nos critiques, on peut trouver des arguments, surtout quand on les cite hors contexte.
Énoncés flous et ambigus Le rapport nous dit que telle association croit que les éducatrices en CPE ne devraient pas porter de signe religieux. Que tel individu croit que les prières en publique devraient être interdites. Très bien. Mais quelle valeur accorder à ces opinions (car il ne s’agit que de ça) si on ne donne pas la parole aux personnes qui ont un avis contraire? L’objectif du rapport est-il simplement de montrer que plusieurs personnes sont d’accord avec la CAQ, Pelchat et Rousseau?
« Plusieurs » est d’ailleurs un terme qui revient trop souvent dans ce rapport. « Plusieurs mémoires demandent à l’État de cesser d’accorder des accommodements pour un motif religieux qui discrimine les femmes. » (p. 136) « Plusieurs des mémoires nous ayant été transmis demandent que le gouvernement étende l’application de l’interdiction du port des signes religieux aux services à l’enfance. » (p. 155) « Afin de remédier à cette situation, plusieurs mémoires soumis au comité, dont (…), ont soulevé l’idée de doter le Québec d’un organisme indépendant ayant pour mission de veiller au respect de la laïcité de l’État. » (p. 166) « Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que plusieurs mémoires soumis au Comité proposent d’abolir la doctrine des accommodements pour un motif religieux. » (p. 204) Plusieurs. Ça veut dire combien, plusieurs? Cinq? Douze? Vingt-huit? Si je me fie aux énumérations qui suivent et aux notes en bas de page, « plusieurs » signifie trois. Trois sur quarante, ce n’est pas ce que j’appelle plusieurs. Mais évidemment, « plusieurs » paraît beaucoup mieux que 3/40 ou 7.5%.
Le flou est volontairement entretenu tout au long du rapport. Exemple: « Comme l’a relevé une dirigeante de services éducatifs à l’enfance rencontrée lors de nos travaux, certaines des éducatrices et éducateurs en services de garde éducatifs à l’enfance ont adopté des approches et des conduites contraires aux principes sur lesquels repose la laïcité de l’État du Québec. » (p. 99) Certaines des éducatrices? Certaines comme dans deux ou comme dans trente-huit? Quelles sont ces approches et conduites contraires aux principes de la laïcité? Au lecteur d’imaginer la réponse.
Le tri des études À lire le rapport, on pourrait croire que personne n’avait encore eu l’idée d’étudier l’impact de la loi 21 sur la société québécoise. On peut lire en conclusion: « Cet exercice a produit un ensemble de données factuelles riches dans un domaine encore relativement peu exploré. Nous sommes persuadés que les informations ainsi collectées pourront servir à mieux comprendre les besoins pour améliorer la compréhension et l’intégration de la laïcité au sein de l’appareil étatique. » (p. 219) Si Pelchat et Rousseau considèrent que le domaine est « relativement peu exploré », c’est parce qu’il n’a pas été exploré dans l’orientation politique désirée. Les recherches existantes ont simplement été ignorées.
Le mémoire de maîtrise d’Hana Zayani sur le racisme vécu par les mères maghrébines dans le système d’éducation depuis l’adoption de la loi 21? Pas mentionné. Le rapport de recherche de Miriam Taylor sur les perceptions négatives à l’endroit des minorités religieuses depuis l’adoption de la loi 21? Pas mentionné. Le mémoire de maîtrise d’Ali Adam sur les tensions et l’anxiété vécues par les enseignantes bénéficiant de la clause de droits acquis depuis l’adoption de la loi 21? Pas mentionné. Je pourrais continuer longtemps. Retenons simplement que Pelchat et Rousseau n’ont même pas tenté de profiter des recherches déjà menées sur l’impact de la loi 21. Visiblement parce que ces recherches auraient contredit leurs conclusions.
En revanche, les travaux du professeur Bertrand Lavoie, qui recommande un encadrement plus clair de la pratique des accommodements pour motifs religieux, sont cités. Le livre de Christelle Landheer-Cieslak et Mathilde Philip, qui présente la laïcité comme le fondement d’une « citoyenneté universelle », est également mentionné. Des textes de Normand Baillargeon, ancien professeur en sciences de l’éducation, mais aussi militant athée, sont cités. Pelchat et Rousseau ont pigé dans la littérature scientifique avec une précision chirurgicale afin d’en sortir uniquement ce qui pouvait servir leur thèse. Ce n’est pas de cette façon qu’on fait une démonstration. Pelchat et Rousseau poussent l’insolence jusqu’à citer leurs propres écrits (p. 37, 59 et 71). Si mes étudiants au baccalauréat me présentaient une dissertation suivant cette méthode, je leur demanderais de recommencer.
Conclusion Je reconnais au rapport le mérite de ne pas tenter de nous convaincre que l’école Bedford est la nouvelle norme dans les écoles montréalaises ou que Montréal « s’islamise ». Dans ses entrevues avec les journalistes, Christiane Pelchat a reconnu qu’il n’y a pas de raison de croire qu’il y a de l’entrisme religieux dans d’autres écoles. Mais alors, pourquoi est-il nécessaire de renforcer la loi sur la laïcité? Pelchat et Rousseau concluent leur rapport en nous prévenant que sans la loi sur la laïcité, le Québec serait « un État perméable et ouvert aux influences religieuses ». Ce qui est commode avec cette conclusion, c’est qu’on ne peut ni la confirmer, ni l’infirmer. Comment prouver que le Québec n’aurait pas été réduit en cendres sans la loi 21 ou qu’une calamité nous attend si on laisse les éducatrices en CPE porter leur voile? Impossible. On s’appuie uniquement sur les peurs irrationnelles qui ont eu bien des occasions de se manifester depuis la crise des accommodements raisonnables en 2006-2008.
La question que j’aimerais poser à Pelchat et Rousseau: Si vous êtes réellement convaincus de la validité de vos positions, pourquoi n’avez-vous pas tenté de les défendre honnêtement? Quand on a confiance en ses positions, on ne craint pas les contre-arguments. On les présente et on y répond. Quand on se sent obligé de cacher tout ce qui nous contredit, on montre la faiblesse de notre raisonnement.
Présentement, l’influence religieuse et la menace pour les droits des femmes que je perçois en Amérique du Nord n’ont rien à voir avec le port de signes religieux ou avec les prières de rue. Les fondamentalistes chrétiens qui votent des lois anti-avortement ou anti-LGBTQ+ aux États-Unis ne portent pas de signe religieux. Les masculinistes qui remettent en question les droits des femmes et qui sont de plus en plus populaires auprès de nos jeunes ne prient pas dans les rues.
Notre gouvernement, qui refuse avec entêtement d’augmenter le salaire des éducatrices en garderie ou d’améliorer leurs conditions de travail, veut maintenant nous faire croire qu’il va protéger l’égalité hommes/femmes en bloquant la carrière de futures éducatrices et en faisant comprendre à plusieurs déjà en poste qu’elles sont des indésirables. On les tolère, mais on préférerait s’en passer. Des femmes devront peut-être abandonner leur emploi faute de place en CPE, mais au moins leur enfant ne sera pas soumis à la dangereuse vision d’un foulard. Parce que « au Québec, c’est comme ça qu’on vit ».
Une lettre d’opinion intitulée « Le privilège parental » a été publiée hier soir dans la Presse. C’est un exemple éloquent de l’habileté des groupes anti-avortement pour véhiculer leur message discrètement.
La lettre est signée par Jean-Christophe Jasmin, directeur de Cardus. On a parlé de l’institut Cardus la semaine dernière parce que l’ancien rédacteur de discours de François Legault s’y est joint en tant que chercheur.
Ancien pasteur baptiste, Jean-Christophe Jasmin est également d
Une lettre d’opinion intitulée « Le privilège parental » a été publiée hier soir dans la Presse. C’est un exemple éloquent de l’habileté des groupes anti-avortement pour véhiculer leur message discrètement.
La lettre est signée par Jean-Christophe Jasmin, directeur de Cardus. On a parlé de l’institut Cardus la semaine dernière parce que l’ancien rédacteur de discours de François Legault s’y est joint en tant que chercheur.
Ancien pasteur baptiste, Jean-Christophe Jasmin est également directeur des affaires externes du Réseau évangélique du Québec. Ce n’est pas sans raison qu’il a choisi de se faire désigner par son poste à Cardus plutôt qu’au Réseau évangélique du Québec. Ce deuxième titre attirerait bien davantage la méfiance du lecteur, avec raison.
Vous avez probablement entendu parler de M. Jasmin dans l’actualité sans retenir son nom. Il participe à la contestation de la décision du gouvernement du Québec d’annuler la tenue d’un événement anti-avortement au Centre des congrès de Québec en 2023. Tout récemment, on a entendu M. Jasmin protester contre la décision de la Ville de Montréal d’interdire le spectacle de Sean Feucht, ce chanteur MAGA homophobe et anti-avortement. « L’État s’autorise désormais à censurer des événements religieux sur la base d’une appréciation morale de leurs contenus possibles ou des opinions religieuses ou politiques de ses promoteurs. »
À première vue, son texte est inoffensif. Le message est: Les femmes ont moins d’enfants qu’elles le souhaiteraient parce qu’avoir un enfant, ça coûte cher. Et qui pourrait lui donner tort? Mais comment réduire le fardeau financier que représente la parentalité? L’auteur ne donne aucune piste de solution, donc allons voir ce que propose l’institut qu’il dirige.
En 2019, Cardus proposait de cesser de financer directement les garderies pour plutôt verser l’argent aux parents afin qu’ils puissent choisir de rester à la maison pour prendre soin de leurs enfants. Alors quoi, on veut donner le choix aux parents. C’est bien, non? Le problème, c’est que Cardus considère que les garderies ont davantage d’effets néfastes que positifs. En 2020, on nous expliquait que l’accès universel aux garderies (Cardus vise le modèle québécois en particulier) engendre un grand nombre de problèmes pour les enfants qui les fréquentent: mauvaise relation des enfants avec les parents, troubles de comportement, problèmes de santé, taux de criminalité plus élevé une fois adultes… Bref, Cardus prétend vouloir donner le choix aux parents, mais en réalité le choix est tout désigné. Un des parents doit rester à la maison pour s’occuper de l’enfant. Je vous laisse deviner lequel. Le rapport publié en 2020 nous explique que l’accès des femmes au marché du travail est un bien petit bénéfice en comparaison des problèmes engendrés. En 2021, Cardus présentait un rapport de recherche à la Chambre des Communes expliquant que les gouvernements économiseraient des milliards en subventionnant directement les parents plutôt que les garderies.
Revenons à la lettre de M. Jasmin, qui n’explore pas vraiment le coût de la parentalité, encore moins les moyens de le réduire. Le texte joue beaucoup plus sur l’émotif que sur le factuel. « Je ne le savais pas à l’époque, mais avoir arrêté à trois sera probablement un des plus grands regrets de ma vie. » « Remettre à plus tard, je le sais bien… signifie parfois remettre à jamais. » « On élève des enfants, mais ils nous font aussi beaucoup grandir. »
Selon M. Jasmin, l’idée qu’avoir des enfants est dispendieux est principalement cela, une idée. Il mentionne plusieurs fois qu’il s’agit d’une perception. En réalité, les parents qui ont moins d’enfant (lire ici: qui s’empêchent d’avoir des enfants) doivent surtout blâmer leurs mauvais choix de vie, notamment celui d’attendre d’être parfaitement installés dans la vie avant d’avoir leur premier enfant.
Au final, ce qui est encouragé dans cette lettre n’est pas une intervention accrue de l’État pour aider les familles. Au contraire, nous avons vu que Cardus militait plutôt pour le contraire. La responsabilité revient aux parents, en particulier aux mères, de mieux gérer leurs affaires. L’auteur nous donne l’exemple de deux de ses amies. La première a eu la chance d’avoir un emploi qui lui permettait de s’absenter longtemps et de prendre deux congés de maternité consécutifs. La deuxième, c’est malheureux, a trop attendu pour se décider à avoir des enfants (elle voulait les accueillir dans une maison plutôt que dans un 4 et demi) et la biologie l’a empêchée d’avoir les quatre enfants qu’elle souhaitait. Autrement dit, les parents (et les mères en particulier) doivent apprendre à mettre de côté leur confort et leurs aspirations professionnelles au profit d’un plus grand nombre d’enfants, parce que c’est là que se trouve le vrai bonheur.
Encore une fois, il faut mettre la lettre en relation avec la philosophie de Cardus. L’institut défend la « liberté de conscience » des médecins qui refusent de pratiquer un avortement, de référer une patiente pour une interruption de grossesse et même de prescrire la contraception. Cardus conteste toutes les lois limitant la « liberté d’expression » des groupes anti-avortement (le refus des subventions pour les emplois étudiants, le refus d’être considéré comme organisme charitable etc.). L’opposition au libre choix des femmes d’interrompre leur grossesse est une « valeur » primordiale de cet institut. Il n’est pas question d’avortement dans cette lettre ouverte, mais l’auteur ne peut pas ne pas avoir eu cette préoccupation à l’esprit en l’écrivant.
Le vrai message de cette lettre, c’est celui qu’entendent plusieurs femmes qui appellent dans ces fausses lignes d’aide pour les femmes enceintes qui sont en réalité des hameçons pour les organisations anti-avortement: Tu penses que tu ne seras pas capable de t’occuper de cet enfant, mais tu l’es. Si tu choisis d’interrompre ta grossesse parce que tu ne te crois pas prête, tu vas le regretter toute ta vie.
Et voilà comment les organisations anti-avortement arrivent à transmettre leur message en passant par la porte arrière.
Il y a 20 ans, le Parlement canadien adoptait la Loi sur le mariage civil, qui autorisait les conjoints de même sexe à se marier partout au pays. C’est une belle occasion de faire un voyage dans le temps.
Le monde de 2005 est complètement différent de celui qu’on connaît aujourd’hui. Malgré un nouveau chef, le gouvernement du Canada, libéral minoritaire, s’essouffle. L’armée israélienne tue des civils dans la bande de Gaza. Commentateurs et politiciens de droite nous mettent en garde contre l
Il y a 20 ans, le Parlement canadien adoptait la Loi sur le mariage civil, qui autorisait les conjoints de même sexe à se marier partout au pays. C’est une belle occasion de faire un voyage dans le temps.
Le monde de 2005 est complètement différent de celui qu’on connaît aujourd’hui. Malgré un nouveau chef, le gouvernement du Canada, libéral minoritaire, s’essouffle. L’armée israélienne tue des civils dans la bande de Gaza. Commentateurs et politiciens de droite nous mettent en garde contre l’islamisation imminente de l’Occident. Les Autochtones canadiens contestent les décisions des gouvernements provinciaux, qui laissent les compagnies forestières ignorer leurs droits ancestraux. Et la société se déchire avec des débats concernant les minorités sexuelles.
Réal Ménard, député bloquiste de Hochelaga / Hochelaga-Maisonneuve de 1993 à 2009
Certains états américains permettent déjà les mariages homosexuels, mais le président George W. Bush fait campagne pour amender la constitution afin de les interdire sur tout le territoire. Le 19 avril 2005, Benoît XVI est élu pape de l’Église catholique. Il s’opposera avec beaucoup plus d’ardeur que Jean-Paul II à tout ce qui concerne l’homosexualité, qu’il considère contraire à la morale « naturelle ».
Au Canada, l’Ontario est la première province à accepter les mariages entre conjoints de même sexe en juin 2003, suite à une décision de la Cour supérieure. La plupart des autres provinces ont suivi, dont le Québec en mars 2004. Au moment de l’adoption de la loi fédérale, l’Alberta et l’Île du Prince Édouard sont les seules provinces à refuser les mariages homosexuels.
En 1995, le député bloquiste Réal Ménard, ouvertement homosexuel, présente une motion demandant la reconnaissance des mariages entre conjoints du même sexe. La motion est rejetée par 124 voix contre 52. Entre 1998 et 2003, le député néo-démocrate Svend Robison, lui aussi ouvertement homosexuel, présente trois projets de loi, sans succès.
En 2003, l’Alliance canadienne (ancêtre de l’actuel Parti conservateur) présente une motion pour réaffirmer la définition traditionnelle du mariage, soit l’union entre un homme et une femme. La motion est battue par 137 voix contre 132. Signe d’un malaise profond au sein du Parti libéral, officiellement engagé à permettre le mariage homosexuel dans tout le Canada, 53 députés libéraux votent pour la motion et une vingtaine s’absentent au moment du vote.
Du côté du Bloc québécois, trois des 34 députés appuient la motion de l’Alliance. Quatre s’absentent au moment du vote (dont Mario Laframboise, actuel député caquiste de Blainville). Ils disaient vouloir attendre le jugement de la Cour suprême du Canada, qui doit déterminer de la constitutionnalité du projet de loi reconnaissant les mariages homosexuels. Je répète parce que c’est savoureux. Quatre députés bloquistes ont dit vouloir attendre l’opinion de la Cour suprême du Canada avant de prendre une décision.
C’est finalement en 2005 que le projet de loi final est déposé et adopté. D’un côté, il y a le premier ministre Paul Martin, qui a mis son opposition personnelle (opposition qu’il attribue à son éducation catholique) de côté par devoir civique. Partisan tiède en 2003, il est en 2005 un fier avocat du mariage pour tous. De l’autre côté, il y a le chef de l’Opposition, Stephen Harper, qui défend avec vigueur la définition traditionnelle du mariage au nom des valeurs chrétiennes et canadiennes. Le Bloc québécois et le NPD appuient tous deux la proposition, mais laissent le vote libre à leurs députés.
Des députés libéraux participent avec les conservateurs à l’obstruction parlementaire pour retarder le projet de loi et empêcher qu’il soit adopté avant la fin de la session. 14 députés libéraux votent avec les conservateurs contre la prolongation de la session demandée par le gouvernement. C’est le Bloc québécois qui vient au secours du gouvernement libéral pour permettre l’adoption de la loi.
Voici le détail du vote par partis: Parti Pour/Contre/Abstention PLC 95/32/2 PCC 3/93/0 BQ 43/5/2 NPD 17/1/0
Fait cocasse: Le député conservateur albertain Peter Goldring, violemment opposé au mariage homosexuel, est accusé d’incitation à la haine par le révérend Ted Kolber de l’Église unie du Canada (chrétienne). Dans le Calgary Sun, le chroniqueur de droite Link Byfield accuse le révérend Kolber… d’intolérance. Parce que Kolber ne « tolère » pas les opinions différentes de la sienne. Ça ne s’invente pas.
Et pendant que Stephen Harper, Vic Toews et leurs collègues chrétiens s’opposent au mariage gai en invoquant la Bible, le chroniqueur Richard Gwyn du Toronto Star nous prévient que les droits des homosexuels pourraient bien être menacés par… l’immigration. « La ferme opposition aux mariages homosexuels au sein des groupes ethniques est un avant-goût de notre avenir. » Ironie. Ou cécité, c’est selon.
Dans les pages du Devoir, le psychologue Yves Laberge défend la définition traditionnelle du mariage au nom des lois immuables de la biologie: « On ne peut pas confondre une pratique sexuelle particulière comme l’homosexualité avec une identité sexuelle et concéder à cette pratique sexuelle la même reconnaissance de droit au plan du mariage que celle accordée à la relation homme-femme qui, malgré ses avatars, est la seule à pouvoir assurer la pérennité de la société et de l’espèce. »
Au Québec, on retrouve parmi les opposants une certaine Denise Bombardier, pour qui la seule finalité du mariage est la procréation (amusant quand on sait qu’elle s’est remariée à 62 ans). Le 16 septembre 2003, elle participait à l’émission le Point face à Louis Godbout, secrétaire des Archives du Québec et militant pour les droits des homosexuels. À la fois intervieweuse et débatteuse, elle interrompt allègrement son invité pour imposer son point de vue. Elle met en valeur son doctorat alors que son interlocuteur, elle le souligne, travaille dans le domaine des pâtes et papiers. Elle nous sort le cliché de « Je ne suis pas homophobe, j’ai des amis gais. » Elle prétend d’ailleurs parler au nom des nombreuses personnes homosexuelles opposées au mariage gai mais qui ont peur de prendre la parole à cause de la pression de leur communauté. Puis elle tombe dans tous les clichés. Les homosexuels sont infidèles par nature. Le défilé de la fierté gaie est ridicule. Les gais aiment se présenter en victimes. Bref, peu édifiant. C’était la première et dernière participation de Denise Bombardier à l’émission. Rima Elkouri lui sert une réplique cinglante dans la Presse deux jours plus tard. Une plainte au Conseil de presse a été retenue contre Radio-Canada pour avoir permis ce débat. La principale intéressée dira avoir été victime du lobby des « fondamentalistes gais », quoi que ça veuille dire.
Bref, aucun changement depuis 20 ans. Les conservateurs défendent toujours les « lois de la nature » contre le tout-puissant lobby LGBTQ+ (nom variable selon les époques), les immigrants sont toujours accusés d’incompatibilité culturelle et les véritables intolérants sont ceux qui prêchent la tolérance. Tout va bien.
Aveu: Je n’avais pas l’intention d’aller voir le nouveau Superman au cinéma. Comme le dernier Captain America, j’avais l’intention de le regarder lorsqu’il serait disponible en ligne. Puis j’ai vu la grosse polémique « Superwoke » et je me suis dit que si les endormis (ou anti-wokes, si vous préférez) détestent autant ce film, il doit avoir des qualités. Je n’ai pas été déçu! De mon point de vue, le film est clairement anti-Trump, anti-Musk et anti-Netanyahu.
Était-ce intentionnel? Probab
Aveu: Je n’avais pas l’intention d’aller voir le nouveau Superman au cinéma. Comme le dernier Captain America, j’avais l’intention de le regarder lorsqu’il serait disponible en ligne. Puis j’ai vu la grosse polémique « Superwoke » et je me suis dit que si les endormis (ou anti-wokes, si vous préférez) détestent autant ce film, il doit avoir des qualités. Je n’ai pas été déçu! De mon point de vue, le film est clairement anti-Trump, anti-Musk et anti-Netanyahu.
Était-ce intentionnel? Probablement. En 2018, le réalisateur James Gunn a été « cancellé » après s’être moqué de l’administration Trump en ligne. Des trumpistes sont allés fouiller dans les poubelles de Twitter pour trouver des blagues de mauvais goût vieilles de 10 ans et Disney a retiré Gunn du projet des Gardiens de Galaxie 3. Il a fallu une immense pression populaire et interne pour le ramener. Pour l’anecdote, l’ancien PDG de Marvel, Ike Perlmutter, et sa femme Laura, ont financé les trois campagnes présidentielles de Donald Trump. Ils ont donné 10 millions pour la campagne de 2024.
C’est le genre de film que je regarde en prenant des notes (je vous ai dit que je préparais une histoire sociale des super-héros?). Voici donc ce que j’ai retenu:
Superman représente le bon immigrant poursuivi injustement par ICE. Le gouvernement américain ne lui reconnaît aucun droit parce qu’il est né sur une autre planète. Il est arrêté sans justification et l’habeas corpus n’est pas respecté. Au cas où la figure de style ne serait pas suffisamment claire, Superman l’affirme carrément à la fin du film: « Je suis aussi humain que vous tous. »
Le méchant du film, Lex Luthor, représente Elon Musk (avant sa rupture avec Trump). C’est un milliardaire, magnat de la technologie, qui en mène large auprès du gouvernement américain. Ultra émotif, violent avec sa conjointe et encore plus avec ses ex. Besoin démesuré d’être aimé et adulé, d’où sa jalousie envers Superman. Mégalomane: Son projet implique la création d’un nouveau pays qui porterait son nom et dont il serait le roi.
Lex Luthor découvre un enregistrement des parents kryptoniens de Superman qui l’encouragent à prendre le contrôle de la planète Terre afin de protéger les Terriens de leur propre barbarie. Superman n’a jamais vu cet enregistrement avant que Luthor le diffuse. Les gens deviennent convaincus que Superman est venu sur Terre pour les conquérir, même si ce n’est pas du tout conforme avec ses actions. Est-ce un message aux gens qui citent des passages du Coran pour montrer que les musulmans sont venus s’installer en Europe ou en Amérique pour nous asservir? C’est l’impression que j’ai eue, surtout avec cette réplique du père adoptif de Superman: « Peu importe ce qu’ils voulaient communiquer à travers ce message, ça n’aura jamais autant d’importance que comment toi, tu le reçois. » Tout est dit.
L’intrigue politique du film tourne principalement autour du conflit entre deux pays fictifs, Boravia et Jarhanpur. Pour moi, il n’y a pas de doute possible: Boravia représente Israël et Jarhanpur est une habile combinaison de Gaza et de l’Iran. Au début du film, Superman empêche une agression de Boravia contre Jarhanpur. Une agression qui devait tuer un maximum de civils. L’intervention de Superman enrage le gouvernement américain, parce que Boravia est allié aux États-Unis alors que Jarhanpur est une nation ennemie. D’un côté, le gouvernement de Boravia prétend vouloir libérer les habitants de Jarhanpur de son gouvernement tyrannique. De l’autre côté, le président de Boravia fait des déclarations clairement génocidaires: « Nous ne dormirons pas tant que les rues ne seront pas inondées du sang de tous les Jarhanpuriens. » Difficile de ne pas faire un lien avec les intentions génocidaires affirmées des dirigeants israéliens. Et comme Donald Trump prévoit l’ouverture d’une station balnéaire à Gaza, Lex Luthor parle des magasins qu’il veut ouvrir dans la nouvelle Jarhanpur une fois la population éradiquée.
Il y a bien d’autres parallèles à faire. Je ne les ai peut-être pas tous relevés. Lex Luthor inonde les réseaux sociaux avec des messages de propagande. Un réseau télévisé « d’information » appuie sans preuve les rumeurs absurdes, comme celle voulant que Superman ait un harem de femmes capturées sur Terre qu’il utilise pour créer une nouvelle race supérieure (au moins personne ne l’a accusé de manger des chiens). Les superhéros savent que Superman est innocent, mais ils n’interviennent pas parce qu’ils ne veulent pas perdre l’appui du gouvernement américain. Du début à la fin, j’ai eu l’impression que le réalisateur cherchait à inscrire son film dans la réalité.
ALERTE AU DIVULGÂCHEUR Le film finit bien. Si comme moi vous voyez les figures de style, votre coeur fond en voyant la conclusion. Elon Musk est arrêté. Bibi est tué par une superhéroïne. Green Lantern empêche les soldats israéliens de massacrer des enfants gazaouïs. Et la bande de Gaza est libérée. Du moins, c’est mon interprétation. FIN DE L’ALERTE AU DIVULGÂCHEUR
Bref, je comprends que les trumpistes et les endormis n’aient pas aimé le film. L’insulte suprême: le seul superhéros (autre que Superman) qui ait des principes et qui soit montré comme vraiment compétent est le seul Afro-Américain de l’équipe.
Pour les personnes qui accusent James Gunn d’avoir « wokisé » Superman: Les superhéros ont toujours été politiques. Ils cassaient la gueule d’Adolf Hitler avant même que les États-Unis entrent en guerre contre l’Allemagne en 1941. La plupart des créateurs étaient Juifs et voulaient sensibiliser les Américains aux événements européens. En 1943, Superman se battait contre le Ku Klux Klan. Il y a toujours eu des messages d’intérêts publics dans les aventures de Superman, invitant les Américains à se rassembler indépendamment de leurs différences. Donc non, James Gunn a parfaitement compris le personnage de Superman.
Dans un contexte politique et mondial incroyablement anxiogène, un film où le héros affronte de vrais méchants et où les gentils gagnent à la fin fait du bien à l’âme. Je vous encourage à aller le voir si ce n’est pas déjà fait.
Cliquer ici pour le bilan détaillé.
Dans les dernières années, j’ai souvent entendu dire que le gouvernement Trudeau était le pire de l’histoire du Canada. Une affirmation qui m’a toujours fait lever les yeux au ciel. Parce que je sais que dans 99.9% des cas, si je demande de comparer Justin Trudeau à Arthur Meighen ou à R. B. Bennett, je n’aurai aucune réponse.
J’ai aussi souvent entendu dire que le gouvernement Legault était le pire de l’histoire du Québec. Là, je l’avoue, j’ai plus de d
Dans les dernières années, j’ai souvent entendu dire que le gouvernement Trudeau était le pire de l’histoire du Canada. Une affirmation qui m’a toujours fait lever les yeux au ciel. Parce que je sais que dans 99.9% des cas, si je demande de comparer Justin Trudeau à Arthur Meighen ou à R. B. Bennett, je n’aurai aucune réponse.
J’ai aussi souvent entendu dire que le gouvernement Legault était le pire de l’histoire du Québec. Là, je l’avoue, j’ai plus de difficulté à répondre. Pas parce que je crois que les gens répétant cette affirmation pourraient comparer François Legault à John Jones Ross ou à Simon-Napoléon Parent, mais parce que j’aurais de la difficulté à relativiser.
Depuis 2018, on a souvent comparé la CAQ de François Legault à l’Union nationale de Maurice Duplessis. Effectivement, les points de comparaison n’ont jamais arrêté de se multiplier: la prétention d’incarner la « nation », la posture farouchement anti-syndicale, la méfiance face à l’immigration, le discours alarmiste (vous vous souvenez de la menace de la « louisianisation » du Québec?), le favoritisme éhonté, le gaspillage de fonds publics au profit des amis du régime, le nationalisme défenseur et réactionnaire, la résistance à toute forme de changement…
Pourtant, je considère la comparaison injuste. Pour l’Union nationale. Malgré toutes les critiques (très justifiées) qu’on peut adresser au gouvernement de Maurice Duplessis, c’est aussi un gouvernement qui a bâti. Le Crédit agricole et l’électrification des campagnes ont permis la modernisation de l’agriculture québécoise, qui en avait bien besoin. Le réseau d’Hydro-Québec a triplé sa taille entre 1944 et 1960. L’Université Laval s’est développée, l’Université de Sherbrooke a été fondée et les bases de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont été posées.
L’Union nationale a créé l’impôt provincial, une mesure déterminante au niveau des relations fédéral – provincial. À lui seul, le gouvernement du Québec venait mettre un frein à l’offensive centralisatrice du gouvernement d’Ottawa. Soudainement, les provinces retrouvaient (partiellement) le contrôle de leurs revenus, cédés au gouvernement fédéral depuis la Seconde Guerre mondiale. Encore plus remarquable: ce n’était pas une mesure populaire. Malgré toutes les tentatives de l’Union nationale de présenter l’impôt provincial comme une mesure patriotique, le discours public adhérait à l’argument de l’opposition libérale: un nouvel impôt. Un nouvel impôt, c’est un suicide électoral. Ce n’est que grâce à une corruption historique que l’Union nationale a survécu aux élections de 1956. Il faudrait avoir l’esprit particulièrement tordu pour présenter l’impôt provincial comme une mesure électoraliste.
Finalement, rappelons que Duplessis a laissé le Québec dans une santé financière exceptionnelle. Si la Révolution tranquille a été possible, c’est beaucoup grâce à la gestion de l’Union nationale. À moins d’un miracle, on se doute que le gouvernement qui succédera à la CAQ n’héritera pas d’une situation budgétaire enviable. Le surplus du gouvernement Couillard (obtenu grâce à quatre années d’austérité, rappelons-le) s’est transformé en déficit historique et ce n’est pas parce que la CAQ a réinvesti dans les services.
Quel héritage la Coalition Avenir Québec laissera-t-elle à l’histoire?
On retiendra peut-être la gestion de la pandémie de COVID-19, bien que le plus grand succès soit celui des relations publiques.
Les partisans d’une laïcité hostile à toute manifestation religieuse retiendront la loi 21 et les mesures subséquentes.
Les entreprises et les personnes assez riches pour utiliser le système de santé privée et envoyer leurs enfants à l’école privée peuvent honnêtement dire que les politiques fiscales de la CAQ leur ont profité. En revanche, le CAQ lègue des déficits historiques qui vont plomber l’État québécois pour plusieurs années.
Certaines initiatives sont appréciables, comme la création du Tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale ou le cours de Citoyenneté et culture québécoise. Il est toutefois trop tôt pour juger s’ils atteindront leurs objectifs.
En revanche, on retiendra certainement :
La sourde oreille aux revendications des enseignants, des infirmières et des éducatrices, qui désertent leur profession.
Les déficits et la décote du Québec par les agences de notation.
Le gaspillage de fonds publics dans SAAQClic, Northvolt, le mythique 3e lien et autres fantaisies.
L’abandon de la promesse de réforme du mode de scrutin, un bidon d’essence versé sur les flammes du cynisme.
La mise en place des Centres de services scolaires, dont l’inefficacité a été démontrée par la crise de l’école Bedford.
Le sacrifice de l’intérêt collectif au profit des intérêts privés, en particulier au niveau environnemental (pensons à la fonderie Horne et à Stablex).
L’amplification de la crise du logement par des mesures qui favorisent les propriétaires au détriment des locataires.
La loi 89 pour limiter le droit de grève, ce qui couronne le bilan d’un gouvernement férocement anti-syndical.
L’utilisation éhontée de l’immigration, des musulmans et des minorités de genre comme paravents et comme bouc émissaires pour grappiller des votes et faire oublier les conséquences de la mauvaise gestion gouvernementale.
Le rejet de la science au profit de l’électoralisme (gestion de la pandémie, 3e lien, comité de sages sur l’identité de genre, etc.)
Le prochain gouvernement mettra des années (s’il le souhaite) à simplement réparer les dommages infligés à l’État québécois et à rebâtir le lien de confiance avec la population. François Legault n’a aucune raison d’être fier de « son legs ». Ses réalisations suffoquent sous les décombres de tout ce que son gouvernement a détruit.
La gestion de la COVID-19
Positif : Quand je demande aux gens de me citer un succès de la CAQ, c’est celui qui revient le plus souvent. Il est vrai que certains dossiers ont été bien menés, en particulier celui de la vaccination. Le plus grand succès a probablement été celui des relations publiques. François Legault, Christian Dubé et Horacio Arruda ont fait du bon travail pour nous rassurer dans une période de grande inquiétude et d’incertitude.
Négatif : Tout le reste. La gestion de la pandémie par le gouvernement caquiste a été un grand numéro d’improvisation guidé par l’électoralisme et les intérêts du milieu des affaires. La négligence du gouvernement a conduit à l’hécatombe dans les CHSLD. Des mesures sorties de nulle part comme le couvre-feu et un refus borné de mesures recommandées par la science comme les échangeurs d’air dans les écoles. Pour une liste détaillée des échecs et des ratés sur ce plan, on lira l’ouvrage collectif Traitements-chocs et tartelettes : Bilan critique de la gestion de la COVID-19 au Québec de Josiane Cossette et Julien Simard.
La loi 21
Positif : C’est le deuxième point qui revient le plus souvent. Pour bien des nationalistes et plusieurs militants en faveur d’une laïcité stricte, la Loi sur la laïcité de l’État (adoptée sur division, sous bâillon et après avoir entendu un minimum d’intervenants, rappelons-le) est devenue un symbole de notre affirmation nationale. Les personnes qui me connaissent savent que je n’en fais pas partie.
Négatif : Qu’on soit d’accord ou non avec le principe, je pense qu’on peut s’entendre que la loi n’a pas atteint ses objectifs. La CAQ prétendait mettre fin au débat sur la laïcité. Six ans plus tard, la discussion est toujours aussi acrimonieuse. La saga de l’école Bedford a bien montré qu’interdire le port de signes religieux ostentatoires n’assurait pas une éducation laïque, loin s’en faut. L’interdiction du port de signes religieux par les enseignants continue à diviser. C’était à prévoir, surtout quand on se souvient la façon dont le premier ministre Legault nous avait présenté la mesure : « Au Québec, c’est comme ça qu’on vit. » Quel meilleur moyen de tracer la ligne entre le « nous » et le « eux » ?
Famille
Positif : C’est le domaine sur lequel le gouvernement semble avoir réalisé le meilleur bilan.
Retour du tarif unique pour les garderies en 2019 (le gouvernement libéral de Philippe Couillard avais mis en place des tarifs modulables en fonction du revenu des parents).
Mesures encourageant le partage du congé parental (4 semaines supplémentaires au total si les deux parents prennent au moins 10 semaines chacun).
Réforme du droit de la famille.
Création du patrimoine familial pour les conjoints de fait avec enfants. Création du régime d’union parentale.
Création du Supplément pour enfant handicapé nécessité des soins (SEHNSE).
Négatif : Le gouvernement se fait tirer l’oreille pour améliorer les salaires dérisoires et les conditions de travail des éducatrices en garderie alors qu’elles désertent leur profession et qu’il n’y a pas de relève.
Finances
Positif : Avec les baisses d’impôts, le « bouclier anti-inflation » (les fameux chèques de 400$ à 600$ envoyés en 2022, année électorale) et la baisse de la taxe scolaire, on peut objectivement dire que les Québécois ont « plus d’argent dans leurs poches ».
Négatif : Déficits historiques. Décote du Québec par les agences de notation. La réduction de la taxe scolaire a considérablement diminué l’autonomie financière des écoles. Gaspillage de quelques 700 millions de dollars dans les dépassements de coûts de SAAQClic. Le prochain gouvernement va hériter d’un triste contexte budgétaire.
Racisme
Positif : La CAQ est le premier gouvernement à avoir confié à un ministre la responsabilité de la lutte contre le racisme.
Négatif : Le gouvernement rejette le concept de racisme systémique pourtant mis en lumière par la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (commission Viens). Il est prêt à aller jusqu’en Cour suprême pour défendre les interpellations « aléatoires » par les policiers bien qu’il ait été démontré à maintes reprises que celles-ci visent les minorités visibles de façon disproportionnée.
Refus de reconnaître le principe de Joyce (autrement dit de reconnaître les particularités des nations et cultures autochtones). Refus de reconnaître la souveraineté politique des nations autochtones (démontré de manière éloquente avec le nouveau régime forestier).
Loin de lutter contre le racisme, le gouvernement le nourrit en pointant du doigt l’immigration pour pratiquement tous les problèmes du Québec, que ceux-ci aient des causes plus profondes ou qu’ils aient carrément été causés par l’inaction de nos dirigeants. On relèvera également la fâcheuse tendance à utiliser les enjeux de laïcité comme paravent, au risque de stigmatisé des communautés déjà marginalisées.
Immigration
Positif : Pour les employeurs, le bilan du premier mandat Legault a été très positif. Pour les personnes qui voulaient travailler ou migrer au Québec également. Après une diminution temporaire de 20% de l’immigration permanente en 2019, le gouvernement est revenu aux chiffres du gouvernement Couillard pour les dépasser en 2022. L’ironie, c’est que ce gouvernement qui a battu des records en matière d’immigration lors de son premier mandat nous dit aujourd’hui que tous nos problèmes sont causés par une trop forte immigration.
Négatif : Restriction des critères d’admission au Programme de l’Expérience québécoise (programme qui facilite l’obtention de la résidence permanente pour les étudiants étrangers). Les démarches pour les regroupements familiaux sont labyrinthiques et les délais sont de 36 mois (en comparaison de 10 mois dans d’autres provinces canadiennes). Fermeture des classes de francisation.
Santé
Positif : Retour du programme d’accès à la fécondation in vitro. Stratégie pour éliminer progressivement le recours aux agences de placement.
Négatif : C’était la crise en 2018 et c’est toujours la crise en 2025. On réalisera peut-être dans 20 ans que la création de l’agence Santé Québec était la meilleure décision des dernières décennies, mais pour l’instant, les résultats se font attendre. Bras de fer avec les médecins. Sourde oreille aux demandes des infirmières à qui on exige toujours davantage de « mobilité » et de « flexibilité » malgré le fait qu’elles désertent leur profession.
Éducation
Positif : Pour les gens qui détestaient le cours d’éthique et culture religieuse, sa disparition est évidemment considérer comme un pas dans la bonne direction. Le cours de Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) peut être considéré comme une bonne innovation malgré ses critiques qui le considèrent « woke ».
Négatif : On ne peut pas dire que remplacer les commissions scolaires francophones par les centres de services scolaires ait été bénéfique. La CAQ prétendait vouloir décentraliser la gouvernance scolaire, mais on n’a jamais eu un ministre de l’Éducation aussi omniprésent dans la prise de décisions que Bernard Drainville. Ce qui est arrivé à Bedford a illustré les nombreuses failles de notre modèle de gestion des écoles. Et rien n’indique qu’on se dirige vers une solution à la pénurie d’enseignants, malgré les critères qui sont sans cesse revus à la baisse (on se souvient de la promesse du « un adulte dans chaque classe »).
Enseignement supérieur
Positif : La loi sur la liberté académique.
Négatif : Ironiquement, ingérences de la ministre de l’Enseignement supérieur pour défendre les intérêts de l’État d’Israël et empêcher les discussions sur le génocide à Gaza.
Diversité de genre et sexuelle
Positif : Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise présente la diversité de genre aux élèves, s’attaque aux préjugés et distingue les notions de sexe et de genre.
Négatif : Le comité de sages sur l’identité de genre qui ne contenait aucune personne trans et dont le rapport ne peut que nourrir le discours défavorable aux femmes trans.
Le développement économique
Le fiasco Northvolt risque d’éclipser tout le positif, s’il y en a. 240 millions de dollars pour l’achat du terrain à Luc Poirier et à ses amis (terrain acheté 20 millions en 2015, rappelons-le). 270 millions pour le financement des activités préliminaires.
Transports
Positif : Le budget pour l’entretien des infrastructures routières est un des rares domaines qui n’a pas eu à se plaindre de coupures. Les deux tiers des investissements en transport au Québec sont dirigés vers le réseau routier (à l’inverse de l’Ontario, où les deux tiers sont consacrés au transport en commun).
Négatif : Politique entièrement dévouée à l’auto solo. Réduction du financement des sociétés de transport en commun. Sous-financement des programmes d’entretien des infrastructures de transport collectif. Les chantiers du REM de l’Est et du tramway de Québec sont retardés depuis des années. La ministre Geneviève Guilbault promet de faire en sorte que le prochain gouvernement ne puisse pas annuler le projet pharaonique du troisième lien Québec – Lévis, dont le coût est évalué à une dizaine de milliards par les évaluations les plus conservatrices, et dont personne n’a jamais su démontrer la nécessité.
Environnement
Positif : Interdiction des voitures à essence à partir de 2035 (d’abord annoncée pour 2030). Depuis 2022, il est interdit sur tout le territoire québécois de rechercher et de produire des hydrocarbures. Un grand pas vers la transition énergétique et pour la protection de notre territoire. Depuis, François Legault s’est dit ouvert à la construction d’un oléoduc sur la Côte-Nord. Ce point positif pourrait donc possiblement disparaître.
Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire : Modernisation bien nécessaire des pratiques (la dernière loi datait de 1990). On tient compte ici des zones inondables, de la densification des quartiers, de la protection des milieux humides, de la mise en valeur des milieux naturels et des terres agricoles et on prend en compte les changements climatiques.
Négatif : Le ministère de l’Environnement devrait être rebaptisé ministère de la Pollution, parce que c’est ce à quoi il a été réduit: distribuer des permis de polluer. Donner aux entreprises la permission de ne pas respecter les lois environnementales. Glencore et Stablex sont particulièrement satisfaites du bon travail de Benoît Charette. La première a convaincu le gouvernement d’élever le seuil acceptable d’émissions d’arsenic pour la fonderie Horne et de nickel pour le port de Québec. La deuxième a reçu le droit de détruire des milieux naturels sur le territoire de Blainville pour permettre l’enfouissement de déchets dangereux. De manière générale, le ministère de l’Environnement a montré à chaque occasion que les intérêts de l’entreprise privée primaient sur tout.
Politique
Positif : Abolition du serment à la couronne pour la députation.
Négatif : Abandon de la promesse de réformer le mode de scrutin.
Justice
Positif : Le tribunal spécialisé en matière de violence conjugale et sexuelle.
Négatif : Poursuites abandonnées à cause du sous-financement de la Justice (349 dossiers abandonnés entre septembre 2023 et avril 2025). Procès annulés parce que les victimes abandonnent le processus ou parce que les délais sont dépassés. Peines bonbon pour éviter l’annulation de procès.
Culture et patrimoine
Positif : Augmentation du financement annuel du Conseil des arts et des lettres du Québec. Création du Musée national de l’histoire du Québec. Projet né dans la controverse, mais qui est porteur d’espoir pour certains.
Négatif : Les espaces bleus, projet mort né. Les Conseils régionaux de la culture crient famine. Coupure des fonds pour la préservation des églises.
Habitation
Positif : Le programme d’Allocation-logement, aide financière accordée aux personnes dont une trop grande part du revenu est consacrée au logement, est passée de 80$ (montant qui n’avait jamais augmenté depuis sa création dans les années 1990) à 150$. Très bien. Mais soyons honnêtes, cette augmentation de 70$ par mois n’a rien à voir avec les hausses de loyer depuis 2018. Bonification de la loi Françoise David pour protéger les locataires aînés contre les évictions. Certaines régions ont été ENFIN connectées à internet haute vitesse grâce au soutien financier du gouvernement.
Négatif : La crise du logement était déjà en cours à l’arrivée au pouvoir de la CAQ et rien n’a été fait pour y mettre un terme. Au contraire, ce gouvernement a tout fait pour favoriser les intérêts des propriétaires au détriment des locataires. Réforme des mécanismes de cession de bail. Nouveau calcul pour le taux d’augmentation des loyers qui encourage des augmentations encore plus élevées. Coupure dans le programme RénoRégion (subvention à la rénovation pour les propriétaires à faible revenu). Coupure dans les programmes pour adapter les résidences aux situations de handicap.
Travail
Positif : Loi sur le travail des enfants (interdiction avant 14 ans et limitation des heures pendant la période scolaire).
Négatif : François Legault n’a jamais caché son biais anti-syndicats. Les syndicats de la fonction publique doivent se battre continuellement pour obtenir des augmentations proportionnelles à l’inflation. Le fait que les éducatrices, les infirmières et les enseignants quittent leur profession n’affecte aucunement la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions de travail. Quant au secteur privé, la CAQ a fait tout son possible pour réduire le pouvoir de négociation des syndicats. La loi 89, qui vient limiter le droit de grève, rejoindra probablement les lois Duplessis parmi les lois les plus anti-syndicales de l’histoire du Québec.
Une élue locale démocrate de l’État du Minnesota a été assassiné avec son époux à son domicile. Un autre a été victime d’une tentative de meurtre. Si on ne s’inquiétait pas déjà, ce serait le bon moment est le bon moment de commencer.
Pendant sa campagne en 2024, Donald Trump s’est engagé plusieurs fois à faire un mauvais sort à ses adversaires politiques. Il a promis des enquêtes sur Joe Biden, Kamala Harris, Barack Obama et Liz Cheney. Il a laissé entendre que la garde nationale pourrait de
Une élue locale démocrate de l’État du Minnesota a été assassiné avec son époux à son domicile. Un autre a été victime d’une tentative de meurtre. Si on ne s’inquiétait pas déjà, ce serait le bon moment est le bon moment de commencer.
Pendant sa campagne en 2024, Donald Trump s’est engagé plusieurs fois à faire un mauvais sort à ses adversaires politiques. Il a promis des enquêtes sur Joe Biden, Kamala Harris, Barack Obama et Liz Cheney. Il a laissé entendre que la garde nationale pourrait devoir sévir contre les démocrates qui allaient voler l’élection. « They are so bad and frankly, they’re evil. They’re evil. » Cette semaine, il a déclaré que la police de l’immigration devrait arrêter Gavin Newsom, le gouverneur de la Californie, qui a osé critiquer son envoi de l’armée pour arrêter les manifestations à Los Angeles. Le sénateur Alex Padilla, démocrate, a été violemment expulsé d’une conférence de presse par des agents du FBI alors qu’il posait une question à la secrétaire de la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Est-ce qu’on se dirige vers une Nuit des longs couteaux à l’américaine?
La Nuit des longs couteaux, c’est la première série de crimes publics du gouvernement nazi. C’est l’illustration de la fin définitive de l’état de droit en Allemagne hitlérienne.
Contexte: Nous sommes en juin 1934. Adolf Hitler est chancelier (premier ministre) de l’Allemagne depuis janvier 1933, mais il partage son pouvoir avec les conservateurs, qui dirigent la plupart des ministères. Il se retrouve coincé entre les révolutionnaires nazis, qui veulent accélérer la mise en place de l’ordre nouveau, et les conservateurs, qui dénoncent la violence et le culte grandissant de la personnalité hitlérienne.
Les révolutionnaires se trouvent principalement au sein de la Sturmabteilung (SA), des sections armées qui agressaient et intimidaient les adversaires politiques, les syndicats et les Juifs. Pour faciliter l’accession d’Hitler au pouvoir, les SA provoquaient et agressaient les militants communistes. Hitler blâmait les communistes pour la violence et promettait de ramener la paix.
La SA était détestée par une grande partie de la population. Les conservateurs détestaient cette école de révolutionnaires. Les militaires soupçonnaient (avec raison) la SA de vouloir s’instaurer comme armée allemande. Plusieurs chefs de la SA étaient ouvertement homosexuels, ce qui scandalisait les puritains. De manière générale, la population n’appréciait pas la barbarie de ce groupe paramilitaire. Hitler devait éliminer ce groupe qui l’avait amené au pouvoir mais qui était devenu encombrant.
Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1934, les chefs de la SA sont arrêtés et exécutés. Les nazis ont inventé de toute pièce un complot visant à assassiner Hitler et à renverser le gouvernement. Hitler profite de l’occasion pour éliminer des adversaires politiques, des rivaux et des éléments gênants. On retrouve parmi les victimes:
Franz von Papen, vice-chancelier et chef de la faction conservatrice, qui critiquait ouvertement les abus de pouvoir d’Hitler et la violence avec laquelle il exerçait son autorité. Placé en détention préventive. Il survit parce qu’il était une personnalité internationale et que son assassinat aurait eu des répercussions majeures.
Edgar Jung, intellectuel conservateur et rédacteur de discours pour Papen. Placé en détention préventive le 25 juin, puis assassiné.
Herbert von Bose, attaché de presse de Papen, assassiné lors d’une descente de la Gestapo au bureau du vice-chancelier.
Gregor Strasser, ancien organisateur du parti nazi qui s’est brouillé avec Hitler. Arrêté puis abattu dans sa cellule au siège de la Gestapo.
Kurt von Schleicher, prédécesseur d’Hitler comme chancelier d’Allemagne, politicien conservateur qui préparait son retour en politique. Assassiné avec sa femme à son domicile. Joseph Goebbels qualifie la mort d’Elisabeth von Schleicher de malheureux accident.
Le général Ferdinand von Bredow, qui préparait le retour en politique de Schleicher. Tiré à bout portant en répondant à la porte de sa maison.
Gustav Ritter von Kahr, ancien gouverneur de Bavière. Il avait quitté la politique depuis plusieurs années et s’était retiré dans l’anonymat, mais Hitler ne lui avait jamais pardonné son rôle dans l’échec du putsch de la Brasserie de Munich en 1923. Assassiné à Dachau.
Le journaliste Fritz Gerlich, un des principaux critiques d’Hitler dans la presse. Détenu à Dachau depuis mars 1933, il est exécuté pendant la Nuit des longs couteaux.
Toutes les victimes sont accusées de s’être impliquées dans le complot de la SA. Accusations farfelues, mais qui ont passé le test de l’opinion publique. Le président allemand, Paul von Hindenburg, adresse un télégramme à Hitler pour le remercier d’avoir « sauvé le peuple allemand d’un grave danger » (il est douteux que le président ait écrit le télégramme lui-même). La population se préoccupe peu des assassinats politiques. Elle se réjouit que la barbarie de la SA ait été mâtée. Hitler avait provoqué la violence et devenait maintenant le héros du peuple parce qu’il y avait mis fin.
Hitler incarnait désormais la nation. Ses ennemis étaient les ennemis de l’Allemagne, donc des traîtres qui ne méritaient aucun droit civil. La Nuit des longs couteaux, on le sait, n’était que le début de la violence qui allait s’emparer de l’Allemagne, puis de toute l’Europe. Ce qui est consternant, c’est l’indifférence, voire la satisfaction avec laquelle le peuple allemand a pris connaissance de ces terribles abus de pouvoir. Espérons que les Américains sachent mieux réagir.
En avril dernier, la Cour supérieure du Québec a tranché en faveur des familles pluriparentales: un enfant peut légalement avoir plus de deux parents. Le gouvernement du Québec a un an pour amender le Code civil afin de tenir compte de cette nouvelle réalité.
Excellente nouvelle pour les personnes concernées. Décision sans conséquence pour celles qui ne le sont pas. Mais des gens sont inquiets. Normand Lester et Guillaume Rousseau nous disent carrément que la décision du juge Andres C. Garin
En avril dernier, la Cour supérieure du Québec a tranché en faveur des familles pluriparentales: un enfant peut légalement avoir plus de deux parents. Le gouvernement du Québec a un an pour amender le Code civil afin de tenir compte de cette nouvelle réalité.
Excellente nouvelle pour les personnes concernées. Décision sans conséquence pour celles qui ne le sont pas. Mais des gens sont inquiets. Normand Lester et Guillaume Rousseau nous disent carrément que la décision du juge Andres C. Garin ouvre la porte à la polygamie. Rousseau se garde de viser une communauté en particulier, mais Lester attaque directement les musulmans. Présentement, la polygamie est un acte criminel au Canada. Mais Rousseau et Lester nous préviennent que nous sommes à un pas de sa légalisation.
« Certes, ce n’est pas pour tout de suite », écrit Rousseau, « car le Code criminel canadien interdit cette pratique. Mais il suffirait que le fédéral décide d’abolir cette interdiction pour que le Québec puisse être forcé d’en faire autant. » Effectivement, pratiquement tous les actes criminels peuvent être légalisés du jour au lendemain si le gouvernement le décide. Ce n’est pas un argument.
D’après Lester, c’est une question de temps avant que les tribunaux invalident la criminalisation de la polygamie au nom de la liberté de religion. Cette crainte est complètement sans fondement. Un jugement de la Cour suprême de la Colombie-Britannique l’a d’ailleurs confirmé en 2011 (BCSC 1588). La criminalisation de la polygamie est peut-être une entrave à la liberté de religion, mais c’est une limitation acceptable et nécessaire dans un contexte de protection des droits des femmes et des enfants. Merci au juriste Louis-Philippe Lampron pour la référence.
Donc non, ce n’est pas demain qu’un tribunal va décriminaliser la polygamie au nom du respect des droits individuels. Le gouvernement pourrait en décider autrement, mais nous n’avons aucune raison de croire que le nouveau gouvernement Carney ait l’intention de légiférer en ce sens. Alors de quoi est-ce qu’on s’inquiète? Et surtout, quel est le rapport avec les familles pluriparentales?
La compétition entre les épouses cause du tort aux enfants et aux épouses elles-mêmes
Risque pour la santé sexuelle (la polygynie augmente le risque de transmission des infections et maladies)
La polygamie est souvent synonyme de dénuement économique pour les femmes et leurs enfants
L’inégalité domestique est incompatible avec l’égalité économique et sociale, donc avec les valeurs canadiennes
Donc ce n’est pas seulement par principe que le Canada ne permet pas les unions polygames. C’est parce que dans plusieurs contextes, celles-ci ont causé un tort réel et documenté aux femmes et aux enfants.
On brouille les cartes lorsqu’on lie les demandes de reconnaissance parentales à la reconnaissance conjugale. Ce sont deux enjeux complètement différents. Plusieurs provinces canadiennes reconnaissent déjà légalement la pluriparentalité (la Colombie-Britannique depuis 2013, l’Ontario depuis 2016 et la Saskatchewan depuis 2021). Selon Valérie Costanzo, professeure en sciences juridiques à l’Université du Québec à Montréal, ces changements législatifs n’ont pas conduit à des campagnes juridiques pour décriminaliser la polygamie. Il n’y a pas de raison de croire qu’il en irait autrement au Québec.
Maintenant, je vous le demande: en quoi les enfants des familles pluriparentales sont menacés par leur structure atypique? Au contraire, c’est précisément en tenant compte des intérêts des enfants que les tribunaux canadiens ont accordé un statut légal aux unions pluriparentales. Imaginons une situation d’urgence où le « troisième parent », celui qui n’est pas inscrit sur le certificat de naissance, se retrouve à l’hôpital seul avec son enfant. Il n’a pas l’autorité légale de prendre une décision. On se retrouve dans une situation dangereuse pour l’enfant qui aurait pu être évitée avec un changement sur un papier.
Avant d’adopter des idées préconçues sur la pluriparentalité, je recommande vivement d’écouter l’entrevue de Sophie Paradis à l’émission de Patrick Lagacé le 7 mai 2025. Les inquiets réaliseront peut-être que les familles pluriparentales ne sont dignes ni de suspicion, ni de mépris. Si vous vous inquiétez pour le bien-être des enfants des unions à trois parents, dites-vous que les séparations complexes et les cellules familiales dysfonctionnelles ne sont pas liées au nombre d’adultes impliqués. Au contraire, un projet de pluriparentalité implique généralement un niveau de préparation qui échappe à un très grand nombre de familles dites traditionnelles. À ce jour, aucune des quelques familles pluriparentales reconnues dans les autres provinces canadiennes ne s’est retrouvée en cour pour débattre de la garde des enfants. Pour citer Valérie Costanzo encore une fois: « Cela peut s’expliquer notamment par une méfiance par rapport à la surveillance des tribunaux, où ces familles pourraient vivre des préjugés, mais également par des outils de communication et de gestion familiale plus sains. » Bref, l’expérience ne donne aucune raison de croire que reconnaître légalement la pluriparenté serait préjudiciable pour les enfants.
Associer les familles pluriparentales, comme le fait Normand Lester, à des familles ultraconservatrices mormones ou musulmanes, est non seulement injuste, mais dangereux. C’est faire courir le risque d’une stigmatisation sociale à des familles déjà marginales qui ne demandent qu’à offrir les meilleures conditions de vie possibles à leurs enfants. C’est d’autant plus absurde vu la présence importante de la communauté LGBTQ+ parmi les familles qui ne répondent pas au modèle traditionnel. Ce n’est généralement pas là qu’on retrouve les ultrareligieux.
« Face à cette atteinte à sa liberté de choisir et à son caractère distinct, le Québec doit résister », conclut Guillaume Rousseau. Résister à quoi? À des familles qui ne répondent pas au modèle traditionnel? Cette bataille juridique que Rousseau semble réclamer de ses voeux ne vise en gros qu’à empêcher des familles de vivre selon leur mode de vie choisi. Et dans quel but? Se féliciter collectivement d’avoir empêché Ottawa de nous obliger à respecter les droits d’une minorité? C’est une habitude dangereuse qu’on semble vouloir développer au Québec. Il serait temps d’arrêter de voir les droits individuels comme une menace à éliminer.
Les familles pluriparentales n’ont pas demandé à être prises en otage par un nouvel affrontement juridictionnel entre Québec et Ottawa. Si nos nationalistes se cherchent un sujet pour attiser la colère contre le régime fédéral, qu’ils s’en tiennent à des guerres de chiffres.