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    Le 9 novembre 1965, New York est frappé par une panne électrique de 12 heures. Et… neuf mois plus tard, tadam, un baby-boom. Le 15 octobre 1976, Sainte-Luce-sur-Mer est frappé par une panne électrique de 12 heures. Et… tadam, le premier Conseil de la Culture du Québec vient au monde. Lettre ouverte d’Eudore Belzile Ce soir-là, arrivé tôt à la grande Maison des Clercs de Saint-Viateur, on m’avise de la panne de secteur. Me faut prévenir mes camarades qu’un act of God a balayés les activités
     

50e de Culture Bas-Saint-Laurent : les enfants de la panne

19 juin 2026 à 10:00

Le 9 novembre 1965, New York est frappé par une panne électrique de 12 heures. Et… neuf mois plus tard, tadam, un baby-boom. Le 15 octobre 1976, Sainte-Luce-sur-Mer est frappé par une panne électrique de 12 heures. Et… tadam, le premier Conseil de la Culture du Québec vient au monde.

Lettre ouverte d’Eudore Belzile

Ce soir-là, arrivé tôt à la grande Maison des Clercs de Saint-Viateur, on m’avise de la panne de secteur. Me faut prévenir mes camarades qu’un act of God a balayés les activités de la soirée. Le frère portier me donne accès à son téléphone.

Pendant l’appel, j’observe le frère qui écrit méticuleusement, entouré d’une volumineuse pile de documents, d’une montagne de papiers, éclairé par deux bougies. La scène ressemble à un tableau de Vermeer avec ses ombres qui figent le temps.

L’appel conclu, intrigué, je lui demande quel travail urgent l’oblige à écrire de force pendant cette grande noirceur. « Oh, j’écris un dictionnaire. » « Pardon? » « Un dictionnaire chinois qui permettra aux correspondants épistolaires, de relier les 190 langues chinoises et leurs dialectes à la langue standard, le mandarin. »

25 ans missionnaire en Chine, et de retour, il se dédiait beau temps, mauvais temps, à cette singulière mission.

Ce même 15 octobre 1976, sous le signe astrologique du Dragon de feu, mourut Chou-en-Lai, grand mandarin et premier ministre chinois.

Douche d’eau froide

Samedi le 16 octobre 1976, un petit mandarin, sous-ministre aux Affaires culturelles, entame sa conférence devant notre Conseil tout neuf, en citant un proverbe chinois : « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, tais-toi » Puis il jette une douche d’eau froide sur l’assemblée des 250 personnes, venues qui de L’Étang-du-Nord, de Saint-Denis de la Bouteillerie, qui de Manche d’Épée, ou de Saint-Fabien.

Il nous dit, sans rire, que notre premier CA, tout juste élu, n’est pas valide, l’État se réservant le droit de nommer les administrateurs. On était jeunes, baveux, et plutôt déterminés.

Denis LeBlond, mon équipier du Théâtre les gens d’en bas, dégaine le premier au micro des échanges : « J’aimerais commencer par un proverbe chinois : À beau mentir qui vient de loin ! »

Je soumets à votre imagination 4 personnages de BD : Le vilain Mandarin, représentant de Montréal/Babylone et de Québec/Stadaconé, face à Périphérie, du Bas-du Fleuve, Excentrique de la Gaspésie et Décentrée des ÎÎÎles-de-la Madeleine.

Eudore Belzile (Photo courtoisie Suzanne O’Neill)

Comment relier les exotiques accents et dialectes des teigneux éloignés, à la langue du Mandarin aux dix anneaux de puissance ?

Même singulière mission, beau temps, mauvais temps, que mon frère portier et parfois, même fabrication de miracles, que ce portier de légende, le frère André.

Bien des choses ont été gagné depuis ce 15 octobre, et tant d’autres restent à l’être. Le jeune homme que j’étais, n’aurait pas prévu un développement aussi spectaculaire sur deux générations. Ni le dur désir de durer qui habitent les talentueux artistes d’ici et maintenant.

Diamants bruts

Une part du mérite en revient à ces valeureuses équipes qui se sont succédées au Conseil puis à Culture Bas-Saint-Laurent, avec des directions remarquablement stables qui ont revendiqué haut et fort et accompagné nos diamants bruts.

Équipes de feu, menés par les Bernard Boucher, Rita Giguère, Ginette Lepage, Julie Gauthier et Dominique Lapointe.

Le jubilaire Conseil est né d’un act of God, en synchronicité avec le signe astrologique chinois du Dragon de feu, symbole de créativité et d’innovation dans les arts.

Depuis 50 ans, nous avançons sous le patronage du fantôme de l’électricité. Les enfants de la panne sont partis pour rester !

Eudore Belzile, party de cuisine de CBSL au Vieux-Théâtre de Saint-Fabien, 11 juin 2026

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  • Campagne électorale : le Québec mesure-t-il ce qui se prépare?
    La campagne électorale qui s’amorce porte déjà largement sur l’économie, le commerce extérieur, les coûts de la santé, la construction de logements, les infrastructures, les taxes et les finances publiques. Ces enjeux sont importants. Ils méritent toute notre attention. Lettre ouverte du conseil d’administration de Serviloge à celles et ceux qui nous gouvernent et aspirent à nous gouverner Mais pendant que les débats publics se concentrent sur ces questions, une autre réalité se transforme
     

Campagne électorale : le Québec mesure-t-il ce qui se prépare?

18 juin 2026 à 14:00

La campagne électorale qui s’amorce porte déjà largement sur l’économie, le commerce extérieur, les coûts de la santé, la construction de logements, les infrastructures, les taxes et les finances publiques. Ces enjeux sont importants. Ils méritent toute notre attention.

Lettre ouverte du conseil d’administration de Serviloge à celles et ceux qui nous gouvernent et aspirent à nous gouverner

Mais pendant que les débats publics se concentrent sur ces questions, une autre réalité se transforme silencieusement sous nos yeux.

Elle touche directement nos communautés, nos milieux de vie et notre capacité collective à faire face aux défis qui s’annoncent.

Depuis plus de cinq ans déjà, Serviloge travaille à la requalification de la Maison mère des Sœurs du Saint-Rosaire à Rimouski afin de léguer à la communauté une infrastructure durable capable de répondre aux besoins présents et futurs de la population.

Cette démarche s’est appuyée sur une analyse approfondie des tendances démographiques, des besoins du territoire et des grands enjeux sociaux qui façonnent l’avenir de nos communautés.

Cette réflexion nous a conduits à une première réponse concrète.

La première phase du projet a permis la création de logements sociaux et abordables, le développement d’un service de garde éducatif et la préservation d’un patrimoine collectif exceptionnel. Ces réalisations répondaient à des besoins urgents et largement reconnus.

Mais malgré ces investissements importants, un constat demeure.

Les enjeux auxquels nos communautés sont confrontées continuent de s’intensifier.

  • Le vieillissement de la population s’accélère.
  • L’isolement social et la fragilisation de la santé mentale progressent.
  • Les besoins de soutien à domicile augmentent rapidement.
  • Les organismes communautaires et les proches aidants subissent des pressions croissantes.
  • L’accès au logement demeure difficile pour de nombreux ménages.
  • Les coûts de la vie fragilisent un nombre grandissant de personnes.
  • Les institutions publiques font face à des demandes qui dépassent souvent leurs capacités.

Plus préoccupant encore, ces phénomènes ne se développent pas indépendamment les uns des
autres.

Ils convergent.

Fragiliser la santé physique et mentale

Le vieillissement accroît les besoins de soutien. L’isolement fragilise la santé physique et mentale. La précarité financière réduit la participation sociale.

Les difficultés de logement accentuent l’insécurité. Le sentiment d’appartenance s’effrite et les communautés perdent une partie de leur capacité à traverser ensemble les périodes difficiles. Les réseaux d’entraide s’essoufflent alors même que les besoins augmentent.

Nous faisons face non pas à une série de crises isolées, mais à une convergence de risques sociaux, humains et territoriaux dont les effets pourraient devenir beaucoup plus importants que ce que nous anticipons actuellement.

Or, cette réalité demeure encore largement absente des débats politiques.

Nous parlons beaucoup de croissance économique, de productivité et d’investissements.

Mais nous parlons encore trop peu de la façon dont nos milieux de vie évoluent, de la solitude qui touche un nombre grandissant de personnes, de la capacité de nos communautés à demeurer accueillantes, solidaires et résilientes, ainsi que de la manière dont nous souhaitons réellement vivre ensemble dans les prochaines décennies.

Le risque n’est pas uniquement économique ou budgétaire.

Le risque est celui d’une érosion progressive du tissu social qui nous permet de vivre ensemble, de nous soutenir mutuellement et de relever collectivement les défis de notre époque.

  • Construire davantage de logements sera essentiel, mais insuffisant.
  • Ajouter des places et des services sera nécessaire, mais insuffisant.
  • Multiplier les réponses sectorielles ne suffira probablement plus.

Partout au Québec, nous aurons besoin d’infrastructures physiques, mais aussi d’infrastructures
sociales capables de renforcer les liens humains, la participation citoyenne et la résilience
collective.

Les prochaines années exigeront davantage que des réponses sectorielles ou fragmentées.

Profondément liés

Elles exigeront une vision capable de reconnaître que le logement, la santé, la culture, le
patrimoine, la participation sociale, le vieillissement et la cohésion communautaire sont
profondément liés.

C’est précisément ce que nous avons appris à travers le projet de Serviloge.

La requalification de la Maison mère nous a progressivement amenés à comprendre qu’aucun
de ces enjeux ne peut être résolu durablement lorsqu’il est abordé isolément.

Les défis de demain nous obligeront à penser autrement nos milieux de vie et les conditions qui
permettent aux communautés de demeurer fortes.

Nous croyons qu’il devient urgent que les débats électoraux abordent aussi certaines questions
fondamentales.

  • Comment préparer nos communautés au vieillissement accéléré de la population?
  • Comment lutter efficacement contre l’isolement social?
  • Comment soutenir les proches aidants et les organismes qui constituent souvent la première ligne de solidarité?
  • Comment renforcer le sentiment d’appartenance et la participation citoyenne?
  • Comment faire de nos infrastructures sociales un véritable outil de prévention?
  • Comment préserver les lieux, la culture, le patrimoine et la mémoire collective qui contribuent à la cohésion de nos communautés?

Ces questions ne sont pas secondaires et deviennent de plus en plus cruciales pour l’avenir du
Québec.

Les transformations qui s’annoncent exigeront davantage que des ajustements techniques ou
des réponses fragmentées. Elles exigeront une vision capable de reconnaître que les grands
enjeux contemporains convergent désormais avec une intensité croissante.

Parce qu’au-delà des chiffres, des budgets et des infrastructures, la véritable question devient
peut-être celle-ci :

Avons-nous pleinement pris la mesure des transformations humaines et sociales qui
redéfinissent déjà notre façon de vivre ensemble?

Cette lettre s’inscrit dans une démarche non partisane. Elle ne soutient aucun parti politique ni
aucune formation, et vise uniquement à contribuer au débat public sur les enjeux sociaux et
communautaires qui touchent l’ensemble de la population.

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