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    Long métrage réalisé par le cinéaste iranien Jafar Panahi et tourné en Iran sans autorisation officielle, Un simple accident, sorti en 2025, se démarque notamment par les sujets profonds qu’il aborde et par la façon dont ils sont traités. L’audace dont le réalisateur a fait preuve a permis à son film de recevoir plusieurs distinctions dans de nombreux festivals et de remporter la Palme d’or au Festival de Cannes. Après avoir écrasé un chien en voiture en direction de sa maison, un père de fam
     

Un simple accident : la symphonie des bruits

10 septembre 2026 à 07:09

Long métrage réalisé par le cinéaste iranien Jafar Panahi et tourné en Iran sans autorisation officielle, Un simple accident, sorti en 2025, se démarque notamment par les sujets profonds qu’il aborde et par la façon dont ils sont traités. L’audace dont le réalisateur a fait preuve a permis à son film de recevoir plusieurs distinctions dans de nombreux festivals et de remporter la Palme d’or au Festival de Cannes.

Après avoir écrasé un chien en voiture en direction de sa maison, un père de famille se voit dans l’obligation de s’arrêter à un garage avant de poursuivre sa route. Dès cet instant, le spectateur est plongé dans l’incompréhension et le doute. En effet, lorsque l’homme arrive au garage, le mécanicien Vahid, ex-prisonnier des autorités iraniennes, commence à agir bizarrement. On apprend plus tard que Vahid veut se venger de cet homme, puisqu’il croit avoir reconnu le grincement de la prothèse de son ancien tortionnaire, Eghbal. Ce grincement est d’ailleurs source de torture, non seulement pour Vahid, qui se remémore des souvenirs douloureux, mais également pour le spectateur, qui doit entendre le grincement même à la fin du film. Sous l’impulsion, Vahid suit l’automobiliste et décide de le kidnapper le lendemain matin avec le projet de l’enterrer vivant. Vahid commence toutefois à douter lorsque l’homme nie totalement être Eghbal. Il ira donc chercher d’anciens détenus pour l’aider à identifier leur bourreau. Le spectateur doit alors faire preuve de sens critique : ce père de famille peut-il vraiment être responsable  d’autant de mal? Et si oui, doit-on combattre le feu par le feu?

Jafar Panahi réussit à plonger le spectateur dans l’inconfort à l’aide de bruits agressants et incessants. Les grincements, les klaxons, les moteurs, les aboiements s’enchaînent, ne donnant aucun repos aux spectateurs, comme si nous étions torturés, tout comme les ex-prisonniers. D’ailleurs, le grincement de la prothèse sert à créer une scène miroir où ce bruit revient nous hanter à la fin du long métrage. De plus, le réalisateur réussit à mettre en image la répression iranienne ainsi que la souffrance infligée à la population. En fait, même après plusieurs années, les ex-détenus encore traumatisés ne se sont pas remis de leur emprisonnement. Nous pouvons penser à la scène où Vahid va chercher Hamid pour identifier Eghbal. Lorsqu’Hamid confirme que c’est bien lui, il devient hystérique et tout le monde doit essayer de le calmer. Même si le jeu des acteurs laisse parfois à désirer, comme dans cette scène un peu surjouée, nous comprenons tout de même le message principal du film. De plus, les nombreux plans tournés dans une fourgonnette et dans des endroits peu fréquentés viennent nourrir l’idée d’un système autoritaire, puisque le réalisateur a dû tourner illégalement son film pour pouvoir critiquer ce système.

Malgré de grands défis de tournage, Jafar Panahi réussit à toucher le spectateur et conclut son histoire en montrant, avec ces personnages empathiques et humains, que la solution n’est pas de se réduire aux mêmes niveaux que les forces répressives iraniennes en combattant avec la violence. Il n’est donc pas étonnant que ce chef-d’œuvre cinématographique ait été récompensé.

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