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  • Quand les promoteurs éoliens s’invitent chez vous…
    Ça s’est un peu produit un soir de mai 2024. Un promoteur éolien débarque à la maison pour savoir si nous sommes intéressés à recevoir une éolienne sur la terre que nous habitons. Il n’a rien dans les mains, pas de carte à nous montrer, « c’est embryonnaire », qu’il dit. Pourtant, c’est chez nous qu’il cogne, il sait où il va. En quête d’information, notre conseil municipal nous rassure : il ne se passera rien sans que toute la population ne le sache, c’est embryonnaire, c’est normal, il n’y
     

Quand les promoteurs éoliens s’invitent chez vous…

10 mai 2026 à 11:22

Ça s’est un peu produit un soir de mai 2024. Un promoteur éolien débarque à la maison pour savoir si nous sommes intéressés à recevoir une éolienne sur la terre que nous habitons. Il n’a rien dans les mains, pas de carte à nous montrer, « c’est embryonnaire », qu’il dit. Pourtant, c’est chez nous qu’il cogne, il sait où il va.

En quête d’information, notre conseil municipal nous rassure : il ne se passera rien sans que toute la population ne le sache, c’est embryonnaire, c’est normal, il n’y a pas de projet.

Pourtant, ça nous est vraiment tombé dessus un soir de février 2025, alors qu’un autre promoteur éolien, qui a pris rendez-vous celui-là, nous informe que nous pourrions signer un contrat pour peut-être avoir une éolienne. Là, maintenant. Une éolienne de 200 mètres, 656 pieds de hauteur. À 750 mètres de notre maison et de celle du voisin. C’est « bien raisonnable » qu’il dit, parce que la réglementation de notre MRC, c’est 500 mètres. 500 mètres! À peine quelques feuilles de papier, qu’il ne nous laisse pas, pour appuyer ses explications. Il préfère ne pas nous montrer de carte, mais accepte finalement d’ouvrir brièvement son ordinateur : les éoliennes projetées sont éparpillées sur tout le territoire de la municipalité. Il n’y a pas moyen de voir le contrat d’option d’octroi, on ne se montre pas assez intéressé à signer. Nous avons la chance exceptionnelle d’avoir un environnement silencieux. C’est vrai qu’il « ne connaît pas ce que c’est », il « habite Montréal ». Le BAPE? « Disons que ça oblige les entreprises à sophistiquer leur narration. »

De pareils propos, une pareille situation, ça ne s’invente pas.

Dans les jours, les semaines qui suivent, nous constatons que nos voisins et la majorité des résidents de la municipalité n’ont jamais entendu parler de projet éolien chez nous, nous les en informons. Du même coup, nous apprenons que plusieurs contrats sont déjà signés. C’est fait, il y a une fracture dans le tissu social de ma communauté.

Pour prétendre à une acceptabilité sociale, la population doit avoir l’information lui permettant de prendre une décision libre et éclairée. Dans les faits, tout débat public est évité, les propriétaires terriens sont approchés et, avec très peu d’information en main, décident chacun pour soi. Les contrats sont confidentiels et ça se passe dans chaque cuisine. Avec suffisamment de signatures en main, un promoteur peut remporter un appel d’offres d’Hydro-Québec et ensuite, les étapes suivent inévitablement leurs cours, chaque case du processus sera cochée. Les dés sont jetés.

Comble de chance, le premier ministre, François Legault, se déplace au Bas-Saint-Laurent en novembre 2025 pour annoncer une entente de 1 500 mégawatts signée entre Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est. Notre MRC fait partie de cette entente. Au BSL, « il y a de lacceptabilité sociale pour les projets éoliens ». Ah ben, voilà! La population aurait donné son accord avant même de connaître l’entente? La PDG d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, tient à rassurer, il y aura des consultations. Euh, pardon, mais vous venez bien d’annoncer que l’entente est signée, non?

Cela représente une très petite portion de la façon dont l’acceptabilité sociale est traitée. Depuis des mois, nous ne comptons pas les heures pour lire et comprendre, documenter, partager de l’information, réseauter, poser des questions… Les surprises ne cessent de s’accumuler sur les façons de manipuler l’opinion publique, les faits, les chiffres pour que les projets de développement éolien puissent aller de l’avant. Jamais nous n’aurions pensé qu’une telle force de lobby était en place.

En quelques minutes, comment arriver à partager à nos concitoyens ce que nous avons mis des heures à débusquer? La contribution du développement éolien à la transition énergétique n’est qu’un mirage. Les bienfaits pour la région sont beaucoup moindres qu’on le prétend et, surtout, ne tiennent pas compte des coûts. Coûts sociaux, environnementaux, économiques futurs. Au rythme actuel des annonces, on peut même parler de coût identitaire, notre identité rurale. Non seulement il faut donner de son temps, de son énergie, de son argent aussi pour ces démarches, mais il faut encore accepter de prendre la parole et de se faire pointer du doigt par certains. Tout ça pour protéger notre milieu de vie, notre communauté, notre environnement, l’avenir de notre région.

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  • Le train de passagers en Gaspésie : une ligne de vie
    Le train de passagers en Gaspésie existe depuis 1902, jusqu’à Paspébiac et jusqu’à Gaspé depuis 1911. Plusieurs compagnies se sont succédé jusqu’en 1929 où le Canadien National Railways (CNR devenu CN) devient propriétaire des voies ferrées et gère le train de passagers et de marchandises au nom du gouvernement du Canada. Le train de la Gaspésie jouit d’une belle notoriété et est reconnu à travers le monde. En 1977, année de la création de VIA Rail par le gouvernement canadien, la situation c
     

Le train de passagers en Gaspésie : une ligne de vie

5 mai 2026 à 13:32

Le train de passagers en Gaspésie existe depuis 1902, jusqu’à Paspébiac et jusqu’à Gaspé depuis 1911. Plusieurs compagnies se sont succédé jusqu’en 1929 où le Canadien National Railways (CNR devenu CN) devient propriétaire des voies ferrées et gère le train de passagers et de marchandises au nom du gouvernement du Canada. Le train de la Gaspésie jouit d’une belle notoriété et est reconnu à travers le monde.

En 1977, année de la création de VIA Rail par le gouvernement canadien, la situation change. VIA a le mandat d’exploiter un service public national de transport ferroviaire de passagers reliant les grandes villes, les régions et les communautés éloignées à travers le Canada et les rails appartiennent toujours au CN.

Durant l’année 1984-1985, 80 565 voyageurs ont pris le train entre Matapédia et Gaspé. Malgré cela, tranquillement mais sûrement, les services commencent à diminuer. Les gares de la Gaspésie jouent un rôle important dans l’organisation sociale, comme celle de Maria qui relie les gens de partout dans la Baie-des-Chaleurs à leur unique hôpital.  Pourtant elle est fermée dans la première vague de réduction des services. Plusieurs fermetures subséquentes font qu’il ne reste que cinq gares en 2013.

En 1990, le train de la Gaspésie, nommé Le Chaleur, ne passe plus que trois fois par semaine au lieu de sept allers-retours hebdomadaires. Évidemment l’achalandage chute à 42 000.

En 1995, le CN est privatisé, il demeure propriétaire des rails, et VIA paie un droit de passage. Malheureusement, l’entente donne la priorité de circulation aux trains de marchandises plutôt qu’aux trains de passagers. Ce qui aura un impact désastreux sur les trains de passagers.

En 2011, des problèmes sur la structure d’un pont à Grand-Pabos, oblige VIA à suspendre le service de New Carlisle à Gaspé mais conserve la portion de New Carlisle à Matapédia, jusqu’en 2013. En août 2013, en raison de problèmes aux passages à niveau, le service est complètement suspendu à l’est de Matapédia. Malgré que les problèmes aux passages à niveau se règlent rapidement et que le train de marchandises recommence à circuler, VIA refuse de revenir, demandant rapport après rapport.

À ce moment, Le Chaleur a déjà moins de voitures-lits, plus du tout de voiture-restaurant, ni panoramique et il fonctionne avec des voitures en mauvais état.  

La Coalition pour le retour du train de passagers, fondée en 2013, milite depuis tout ce temps pour le retour des services de qualité d’un train de passagers en Gaspésie.

D’énormes travaux financés par le gouvernement du Québec, propriétaire des rails de Matapédia à Gaspé, ont permis l’ouverture des voies de Matapédia à Port-Daniel–Gascons, au début janvier 2026. Des trains de marchandises y circulent présentement, mais pas de trains de passagers, car VIA refuse de revenir de façon progressive, même si lors de la suspension, la société s’était engagée à revenir au fur et à mesure que les voies seraient réparées.

Présentement, dans l’est du Canada, la situation du service ferroviaire de passagers laisse nettement à désirer. Il n’y a plus de services du tout en Gaspésie, malgré les 355 millions de dollars investis. Le train passe toujours au beau milieu de la nuit dans le Bas-Saint-Laurent, et le train Montréal-Halifax accuse très souvent un retard de plusieurs heures.

Il est difficile de comprendre que VIA refuse de revenir en Gaspésie jusqu’à Port-Daniel–Gascons parce que les voies ne sont pas encore réparées jusqu’à Gaspé mais, qu’en 2018, la société d’État n’a pas hésité à continuer les services entre Winnipeg et Gillam au Manitoba en attendant la réfection du rail jusqu’à Churchill. Cette réfection a été complétée en deux ans et le gouvernement fédéral a versé 117 millions de dollars à Arctic Gateway pour la relance de ce chemin de fer1.

Des travaux sont en cours pour le dernier tronçon de Port-Daniel–Gascons à Gaspé et des pressions sont exercées sur le gouvernement du Québec pour la réhabilitation complète, le plus rapidement possible. Le fédéral doit aussi investir, comme il l’a fait au Manitoba, pour terminer les travaux jusqu’à Gaspé, le plus vite possible.

La Coalition multiplie les démarches pour que VIA revienne MAINTENANT de façon progressive en Gaspésie avec un service de qualité qui permettrait aussi de desservir la population du Bas-Saint-Laurent et d’offrir un trajet plus court jusqu’à Halifax.

1. Simon Deschamps, « La reprise du chemin de fer entre Gillam et Churchill a répondu ʺà un besoin crucial » », Radio-Canada, 29 janvier 2025, ici.radio-canada/nouvelle/2136006/churchill-train-economie-etude

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  • CONTRÔLE BIOLOGIQUE SÉLECTIF DES INSECTES PIQUEURS?
    Voilà une phrase parfaitement formulée pour séduire une population encore peu informée sur ce qu’est réellement le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). Bienvenue dans le monde du marketing, de l’écoblanchiment et du lobbying. Décortiquons ce que chaque mot veut vraiment dire: CONTRÔLE : devrait plutôt être changé pour « pesticide » ou « insecticide » ou « larvicide », car le Bti est avant tout un produit utilisé pour détruire des insectes à la base de la chaîne alimentaire, ceux-là mê
     

CONTRÔLE BIOLOGIQUE SÉLECTIF DES INSECTES PIQUEURS?

8 mars 2026 à 13:26


Voilà une phrase parfaitement formulée pour séduire une population encore peu informée sur ce qu’est réellement le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). Bienvenue dans le monde du marketing, de l’écoblanchiment et du lobbying.


Décortiquons ce que chaque mot veut vraiment dire:


CONTRÔLE : devrait plutôt être changé pour « pesticide » ou « insecticide » ou « larvicide », car le Bti est avant tout un produit utilisé pour détruire des insectes à la base de la chaîne alimentaire, ceux-là mêmes qui nourrissent des insectivores comme des poissons, des oiseaux, les libellules et les batraciens. Pis encore, aucun contrôle n’est effectué par les instances gouvernementales sur les quantités résiduelles de Bti sur le terrain, après épandage. Pourtant, le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, dans son dernier rapport sur le Bti “Orientation relative au contrôle des insectes piqueurs à l’aide du Bti” préconise le principe de précaution et l’utilisation d’alternatives, et ce, en raison d’études récemment publiées qui démontrent des effets directs et indirects du Bti sur d’autres espèces. Malgré cela, ce même ministère continue à émettre des autorisations aux municipalités et aux propriétaires privés.


BIOLOGIQUE : L’industrie, et même parfois des fonctionnaires, nous présentent le produit comme étant biologique, comme on a retrouvé cette bactérie naturellement dans le sol en Israël. Il faut savoir que les formulations utilisées ne comptent que pour environ 10 % du contenu en Bti et que pour rendre ce pesticide utilisable à grande échelle, l’industrie rajoute près de 90 % d’autres ingrédients, produits chimiques, notamment des agents de conservation, des surfactants et des agents de protection contre le rayonnement UV et on ne sait quoi encore! De plus, compte tenu de la législation sur le secret industriel, il est impossible pour les chercheurs indépendants des entreprises qui préparent les formulations commerciales de démontrer l’impact exact de ces additifs. Dans ce contexte, qui peut vraiment affirmer que le Bti est biologique?


SÉLECTIF : L’industrie prétend que le Bti ne tue que les moustiques et les mouches noires alors que c’est faux. Le produit affecte aussi, notamment, leur proche cousin, les chironomes (non-piqueurs), une espèce plus prolifique que les moustiques et qui se trouve, elle aussi, à la base de la chaîne alimentaire. Plusieurs études ont également démontré des effets directs néfastes sur des espèces comme certaines grenouilles.
INSECTES PIQUEURS : Des insectes qui piquent, il y en a une panoplie : les abeilles, les guêpes, les acariens, les punaises de lit, les taons, les tiques et j’en passe. Ces dernières années, ce sont les tiques qui nous menacent, et cela, bien plus que les moustiques et les mouches noires et le Bti n’a aucun effet sur les tiques. Lorsque l’industrie utilise le terme INSECTES PIQUEURS, il tend à induire un faux sentiment de sécurité chez les citoyens.


Personne n’aime les moustiques, mais TOUS, nous avons la responsabilité de protéger notre biodiversité régionale. C’est ce qu’ont fait plusieurs villes au Québec, dont Saint-Colomban, Labelle, Terrebonne (2022), Longueuil, Mont-Saint-Grégoire, Mirabel, Nicolet et Gatineau (2023), Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et Bégin (2024), Repentigny et Blainville (2025); chacune de ces municipalités a choisi de se responsabiliser et de protéger la biodiversité en votant en faveur d’un arrêt définitif sur leur territoire de ces programmes d’épandages, injustifiés à tous points de vue. Il ne faut pas oublier qu’il y a de moins en moins d’insectes en général, incluant les moustiques et les mouches noires, et qu’il y a moyen de se protéger c.-à-d. d’éloigner ces espèces avec des répulsifs.

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