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Reçu — 19 février 2026 Journal le Mouton Noir
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    La majorité des générations d’hier, entretenaient un imaginaire collectif à propos du futur : voitures volantes, trottoirs électriques, voyages interplanétaires, etc. Ce futur était juste là devant eux, presque tangible. Qu’on y ait cru ou pas, toutes et tous étayaient leurs prémonitions de ce que serait le monde après les années 2000. Le progrès était, dès lors, souhaité et souhaitable. Où en sommes-nous aujourd’hui? De nos jours, les doux rêveurs doivent avoir déchanté. Le constat est ca
     

Demain?

19 février 2026 à 07:22

La majorité des générations d’hier, entretenaient un imaginaire collectif à propos du futur : voitures volantes, trottoirs électriques, voyages interplanétaires, etc. Ce futur était juste là devant eux, presque tangible. Qu’on y ait cru ou pas, toutes et tous étayaient leurs prémonitions de ce que serait le monde après les années 2000. Le progrès était, dès lors, souhaité et souhaitable.

Où en sommes-nous aujourd’hui?

De nos jours, les doux rêveurs doivent avoir déchanté. Le constat est catastrophique : sept des neuf limites pour soutenir la vie sur Terre sont dépassées1, le fascisme aux États-Unis devient de plus en plus virulent et décomplexé, le dernier rapport du WWF fait état d’une perte de 73 % de la biomasse des mammifères2, chaque année nous tuons plus d’êtres vivants sentients qu’il n’a existé d’humains depuis trois millions d’années3, tandis que des milliers d’humains meurent de faim et de soif – chaque jour! Ce qui est ubuesque, c’est que nous voulons rendre le « nécrocène4 » durable. Est-ce vraiment ce qu’on souhaite? Il serait peut-être subtil de se poser la question : « Vers où voulons-nous aller? » Puisqu’habiter la chute n’est absolument pas à mon sens synonyme de progrès. Et si, à titre d’hypothèse, nous nous étions fourvoyés et que le progrès se caractérisait plutôt par notre capacité à faire monde avec l’Autre, à aimer, à créer du commun et à être en symbiose avec l’écosystème?

Alors, où va-t-on?

L’imaginaire collectif s’est aujourd’hui étiolé, il a perdu son côté mélioratif. Les timides esquisses d’un demain s’apparentent bien plus à un Wall-E ou à un Mad Max qu’à un Star Wars sans sabre laser (bien que Trump corresponde parfaitement à la version wish de l’empereur Palpatine). Bien conscients de l’échec flagrant de nos construits, nous devrions étreindre toute ébauche de divergence, tout effluve de différence : nous devrions faire de l’Autre notre muse et non pas notre appréhension. Néanmoins, une certaine tendance à s’engluer dans l’obsession identitaire s’exacerbe dans la doxa : éructer la haine de tout Autre devient peu à peu normé. Le moindre schème d’altérité est dédaigné, comme on dédaigne un parasite s’attaquant à l’égide de notre confort obscène. La contingence de nos construits n’est pas même mise en question, alors qu’on perçoit pourtant très bien que la tour de Babel civilisationnelle, ayant la hauteur de notre suffisance, est en train de s’écrouler. L’extermination délibérée de la vie sur Terre et la montée du fascisme aux États-Unis en témoignent assez bien et ce n’est pas sans conséquence ici. En effet, une certaine dérive de la fenêtre d’Overton se fait sentir peu à peu au Québec et ailleurs. Peut-être que notre imaginaire collectif nourrit cette croyance conservatrice que ça va continuer indéfiniment, qu’on va pouvoir édulcorer la chute et ne jamais s’écraser.

Ne soyons pas défaitistes pour autant, je crois a contrario que nous devons mettre de côté nos différends et comprendre que la diversité est ce qui fait notre force, que l’identité ne peut se perdre mais qu’elle évolue au gré des extériorités avec lesquelles elle entre en symbiose. La convivialité et les échanges sont primordiaux pour penser un nouveau monde et a fortiori inhiber la droitisation idéologique. Avant de se demander vers où nous voulons aller, je crois qu’il faut se questionner sur ce que nous voulons réellement; j’ose penser que pour ça il faut se parler, coopérer, co-construire, co-désirer : il faut un vivre-ensemble pour créer un futur ensemble. Ce qui a réellement du sens pour nous s’inscrit en exergue de notre devenir. Soyons finalement poreux à l’idée que l’Occident n’a rien d’enviable, encore moins de téléologique. L’inspiration doit inéluctablement être extrinsèque… « L’imagination est une forme d’hospitalité, [en ce qu’elle] nous permet d’accueillir ce qui, dans le sentiment du présent, aiguise un appétit à l’altérité5. »

Nous avons l’occasion aujourd’hui – et peut-être même le devoir – d’imaginer un lendemain radicalement autre, l’occasion de faire éclore un ailleurs dans l’ici. L’éclosion pourrait — ou plutôt « devrait » constatant la déréliction de l’Occident — s’inspirer des autres manières d’habiter la Terre, puisque notre culture n’est qu’un atoll dans l’archipel des manières d’être au monde.

« Il ne suffit pas que le monde soit beau, encore faut-il daigner s’en réjouir6. »

Quel que soit ce nouveau paradigme, il devra, selon moi, être en adéquation avec ce qui a réellement du sens pour toute la communauté des vivants. La question est de savoir si nous aurons la sagacité de nous unir et d’apprendre à voir dans les yeux de l’Autre. Cet imaginaire devra à mon sens être perspectiviste : un rêve symbiotique résultant de la confluence onirique de tous les vivants.

Et vous, rêvez-vous demain?

1.Marianne Desautels-Marissal, « Avec les océans de plus en plus acides, la 7e “limite planétaire” est franchie », Radio-Canada, 24 septembre 2025, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2194850/acidite-oceans-planetary-health-check

2.WWF, Rapport Planète vivante 2024 – Un système en péril, Suisse.

3.L214, « Animaux abattus dans le monde », 2022, https://www.l214.com/animaux/chiffres-cles/statistiques-nombre-animaux-abattus-monde-viande/

4.Terme de Justin McBrien pour décrire une époque caractérisée par la mort, l’extinction et la destruction systémique, liée à l’accumulation capitaliste.

5.P. Boucheron, Ce que peut l’histoire. Leçon inaugurale prononcée le 17 décembre 2015 au Collège de France, Points, 2021, 54 p.

6.Alexandre Grothendieck, Récoltes et Semailles. Réflexions et témoignage sur un passé de mathématicien, Gallimard, 2023.

Reçu — 18 février 2026 Journal le Mouton Noir
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  • Excursus: philosophie, expérience pratique et point aporétique
    Philosopher à partir d’une expérience pratique est en soi problématique. Pourquoi? Parce que l’expérience pratique et la démarche théorique semblent, en principe, irréductibles l’une à l’autre. Retenons ici une chose: ce qui sous-tend la relation entre le théorique et le pratique en philosophie est précisément le principe d’irréductibilité. Le principe d’irréductibilité en question renvoie à l’idée selon laquelle la démarche pratique n’est pas la théorique, et inversement, bien que les deux p
     

Excursus: philosophie, expérience pratique et point aporétique

18 février 2026 à 10:17

Philosopher à partir d’une expérience pratique est en soi problématique. Pourquoi? Parce que l’expérience pratique et la démarche théorique semblent, en principe, irréductibles l’une à l’autre. Retenons ici une chose: ce qui sous-tend la relation entre le théorique et le pratique en philosophie est précisément le principe d’irréductibilité.

Le principe d’irréductibilité en question renvoie à l’idée selon laquelle la démarche pratique n’est pas la théorique, et inversement, bien que les deux puissent constamment se croiser, s’entrelacer ou s’imbriquer intimement l’une dans l’autre. Or, si l’on se réfère à l’histoire de la philosophie, on découvrira que ce « principe d’irréductibilité structurant » désigne en réalité quelque chose de bien précis : c’est l’aporie, c’est-à dire un problème philosophique insoluble en lui-même.

Mais le paradoxe est que l’insolubilité du problème constitue, en elle-même, la condition de sa solubilité : elle est « une source légitime de réflexions prometteuses »(Hintikka, 2013). Cela sous-entend qu’elle est une convocation de la capacité créatrice du philosophe, un appel à faire usage de son imagination comme possibilité philosophique.

Un tel appel se manifeste de deux manières. D’une part, le philosophe est invité à mettre entre parenthèse « ce qui fait problème », à suspendre l’irréductible. D’autre part, il est sommé de faire advenir du neuf, c’est-à-dire d’aller au-delà de la pensée philosophique traditionnelle afin de  provoquer l’émergence d’une pensée nouvelle (Gordon, 2011). C’est ce que Patočka (1999) aurait appelé « l’expérience du passage ».

Toutefois, la nouvelle pensée philosophique révèle donc une chose : contrairement à ce que suggère habituellement son histoire, la philosophie ne naît pas de l’étonnement devant le fait accompli, mais du point aporétique rencontré dans l’expérience pratique.

Reçu — 17 février 2026 Journal le Mouton Noir
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  • Tous ont échoué: La politique n’était pas la solution
    Suis sceptique face aux politiques que je regarde agir depuis enfant. Feu ma mère était éditrice, journaliste reporter et militante féministe. Triste, mais à un moment de sa vie, elle a eu la fâcheuse idée de passer à droite et de ployer, de dépendre de, de quémander, d’attendre en tendant les mains comme une mendiante, de supplier les différents partis politiques (selon les élections) pour obtenir des subventions. Je les regarde donc ces poliTichinels, ces pantins d’urne, ces conteurs-
     

Tous ont échoué: La politique n’était pas la solution

17 février 2026 à 08:05

Suis sceptique face aux politiques que je regarde agir depuis enfant.

Feu ma mère était éditrice, journaliste reporter et militante féministe.

Triste, mais à un moment de sa vie, elle a eu la fâcheuse idée de passer à droite et de ployer, de dépendre de, de quémander, d’attendre en tendant les mains comme une mendiante, de supplier les différents partis politiques (selon les élections) pour obtenir des subventions.

Je les regarde donc ces poliTichinels, ces pantins d’urne, ces conteurs-menteurs aux sourires forcés, ces gens de parlements et de salons de thé, je les checke aller et venir, nous conduire dans leurs ruelles, grandes routes, nids de poule, impasses et bang! faire des u-turn et des face-à-face de mandat en mandat.

Qui n’a pas fait sa job de planifier l’entretien d’édifices, de réfléchir, de concevoir, de mettre en place des programmes efficaces plaçant l’humain devant, en avant, vivant porteur de vie, plutôt que de faire briller la Une, d’astiquer leurs urnes, d’écrire des discours épatants et vides pour appâter les endormis gazouillant, gazés par les belles promesses? Vous savez, ceux que les candidats ou élus nomment et interpellent ainsi : « Citoyens, citoyennes… »

Qui travaille en coulisses à mettre l’accent sur les prochains votes à séduire en jasant de leurs jaquettes de livres pour se faire réélire?

Voulez-vous bien me dire, qui fait tout ça depuis 50 ans, dites-moi, s’il vous prie.

Naon, pas besoin, inutile, j’ai d’ores et déjà compilé les données et gardé les infos : tous les partis politiques l’ont fait et le feront.

Constat : La politique n’était pas la solution, ni fédérale, ni provinciale, ni municipale, tous ont échoué.

Faits

La CAQ préfère nous faire payer sept millions pour un match de hockey, oui! Payer, offrir gracieusement sept de NOS millions à une équipe multimillionnaire. C’est un outrage que je n’ai pas oublié, il me semble que c’est là que j’ai perdu la dernière miette de foi en nos lois et droits.

La CAQ a préféré autre chose et continue de le faire : couper dans les programmes de francisation, couper, couper dans tous les petits organismes, dans tous les départements de soutien aux pédagogues, aux aînés, aux itinérants, etc., et donner outrageusement encore d’autres de NOS millions de dollars en subvention à des entreprises, des grosses corpos polluantes et stériles qui auront fait et feront encore faillite en gardant les gros chèques qui auraient pu servir à notre société, à nos humains vivant dedans.

Nan! n’ai aucune confiance en ce parti, pas plus qu’aux autres, car ça fait quand même des décennies que je suis aRtiviste (artiste plurielle militante par l’art sous toutes ses formes) et qu’aucun parti – en cinq décennies – 50 ans! n’a mis en place des programmes, n’a eu l’audace de faire des plans de match, qui se soient avérés efficaces et vivaces.

Aucun parti en 50 ans n’a eu l’intelligence d’avoir une vision à long terme, de planifier l’entretien des infrastructures. Nos écoles, nos hôpitaux, nos routes sont en décrépitude, on est au Québec bazzwell!

Comment oser rêver d’un bleu pays, alors qu’on envoie nos enfants et nos aînés – apprendre, étudier, panser, penser, mourir – dans des édifices (écoles, CHSLD, hôpitaux) remplis de champignons, dont les toits coulent, dont les murs tombent brique par brique, pendant que toutes les structures et tous les rouages de notre distincte et unique société crient au secours.

C’est drôle, mais j’entends l’écho d’une vieille réponse datant d’un mandat d’il y a sept élections (7 élections x 4 ans de mandat) : « Ce n’est pas mon parti, je le jure, c’est lui, l’autre d’avant. »

Ogres gourmands! Égotistes élevés sur vos piédestaux, c’est altruistes, visionnaires intuitifs et organisés qu’il aurait fallu être et le rester.

Les politiciens font beaucoup moins de bien que de promesses. Et ici, inutile de parler de miracle en ce qui les concerne, d’autres pays n’en ont pas eu besoin pour agir.

Parents, pédagogues-intervenants sociaux :

– Étudier affecte le comportement des enfants en classe et dans la vie de tous les jours, et nous devons pouvoir compter sur nos générations futures, elles doivent être outillées convenablement, éduquées, avoir l’occasion d’agir avec instinct, flair, émerveillement, joie, fougue.

– Les générations d’enfants qu’on a drogués et qu’on continue de gaver au Ritalin sont en danger. Les effets secondaires de cette drogue puissante sont terribles sur le cerveau et sur tous les organes. Kurt Cobain en est un exemple : se sevrer de cette drogue lui donnait des maux de ventre terribles, il a commencé à fumer l’herbe pour se soulager, puis l’héro… qui, on connaît la suite, n’aura pas aidé du tout à éviter la fatalité.

– Les générations d’enfants qui ne jouent plus à cache-cache dans les forêts ou les ruelles en riant, ni à la marelle, ni au ballon, ne s’émerveillent plus à courir, à danser, à rire sous la pluie, la neige, le soleil et les beaux grands vents, sont elles aussi en danger.

Eh oui, ces écrans que leurs parents mettent dans les petites menottes dès la poussette – pour avoir la paix et surfer en paix en ligne, sur le wonderFOOL www – . Tsss..

Que voulez-vous, comme disait l’autre : un peu de froid ou de foi?

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