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Le saumon reprend du mieux, mais demeure fragile

La situation du saumon atlantique dans les rivières de l’Est-du-Québec demeure préoccupante. Les montaisons ont été à peu près stables au cours de la dernière saison, mais demeurent nettement moindres que lors des bonnes années.

Même si la Fédération québécoise du saumon atlantique note une présence accrue de grands saumons dans les rivières, rien n’est encore gagné pour ce grand poisson emblématique.

Après une baisse record des montaisons en 2024, le saumon semblait de retour à l’été 2025 avec une présence accrue de jeunes madeleineaux, ceux qui ont passé un seul hiver en mer. Normalement, la présence de jeunes saumons en bon nombre laisse entrevoir de bonnes montaisons de grands poissons l’année suivante.

Le printemps dernier, les gestionnaires des rivières à saumon se croisaient donc les doigts. Ils espéraient le retour en bon nombre des grands saumons reproducteurs cet été. Le directeur de la ZEC saumon de la rivière Rimouski, Jean-François Desgagnés, est encouragé.

« Ce n’est pas l’équivalent des bonnes années qu’on avait avant, mais dans le contexte où on a eu des années plus difficiles en 2023 et 2024, ça fait du bien d’avoir une saison avec un nombre de saumons qui est acceptable. »

Dans les derniers mois, 350 saumons ont remonté la rivière Rimouski, une cinquantaine de plus que l’an passé. Au début des années 2000, la ZEC enregistrait plus de 700 saumons par été.

« C’est deux fois moins, mais il faut regarder ça en termes de grands saumons. On est à près de 200, ce qui est acceptable et qui annonce une reproduc-tion qui a bien de l’allure. Mais ça reste des années plus dures que ce à quoi on était habitués. »

Prudence

À la Fédération québécoise du saumon atlantique, la directrice générale, Myriam Bergeron, demeure prudente. De façon générale, dans pratiquement toutes les rivières à saumon, la saison 2026 est rassurante, dit-elle.

« Pour la deuxième année consécutive, on voit une pré-sence de madeleineaux assez proche de la moyenne. De grands saumons aussi. Mais on n’est pas dans des années de rêve. Ça continue d’être fragile et préoccupant. » La façon de présenter les statistiques peut toutefois fausser la perception de la situation. Les comparatifs se font à partir de la moyenne des dernières années.

Comme le déclin du saumon a commencé depuis longtemps, les montaisons semblent près des moyennes, alors qu’en réalité, elles demeurent faibles.

« Quand on est à moins de la moitié des bonnes montaisons, c’est sûr que c’est décevant. Mais d’un point de vue biologique, on atteint quand même des cibles où le saumon va se reproduire. Il va y avoir une suite à tout ça. Il faut vraiment en prendre soin pour ne pas rester dans un déclin. »

Myriam Bergeron se dit rassurée par le nombre de jeunes saumons qui quittent les rivières pour aller en mer pour la première fois.

La survie en mer inquiète les biologistes

Les plus récents décomptes montrent un bon taux de reproduction du saumon dans la plupart des rivières, mais la situation demeure préoccupante en raison de la forte mortalité observée chez les jeunes poissons lors de leur migration en mer.

Pour Jean-François Desgagnés, ces résultats encourageants ne permettent pas encore de parler d’un véritable rétablissement des populations.

« Tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas une baisse de la mortalité des juvéniles en mer, c’est sûr qu’on est très inquiets. On reste positifs et optimistes, mais on ne se met pas la tête dans le sable. On est loin d’être sortis du bois », souligne-t-il.

La reproduction dans les rivières constitue donc un élément positif, mais une partie importante des jeunes saumons ne survit pas à son passage en milieu marin. Les causes précises du déclin du saumon demeurent difficiles à cerner.

Les biologistes constatent notamment une forte mortalité lors de la migration des poissons dans le golfe du Saint-Laurent, alors qu’ils se dirigent vers les côtes du Labrador et du Groenland. L’immensité du territoire complique grandement le travail des chercheurs.

« C’est un milieu, le golfe du Saint-Laurent, qui est très difficile à échantillonner. C’est très, très vaste », indique monsieur Desgagnés. La télémétrie est maintenant utilisée afin de suivre les jeunes saumoneaux pendant leur migration. Cette technologie pourrait permet-tre aux scientifiques de mieux comprendre à quel moment et dans quelles conditions survient cette importante mortalité en mer.

« Ce n’est pas le réchauffement de l’eau qui tue les poissons, mais ça influence les patrons de migration. Les changements dans les courants marins vont les faire passer ailleurs, ce qui les rend vulnérables à la prédation ou à la pêche commerciale », explique Jean-François Desgagnés.

Les chercheurs devront poursuivre leurs travaux afin de comprendre pourquoi autant de jeunes saumons ne reviennent pas dans les rivières après leur séjour en mer.

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10 groupes chasseront le chevreuil dans la « Rimouski »

Après un interdit de 10 ans, ce sont finalement 10 groupes de chasseurs et non sept qui auront la chance de participer à la reprise de la chasse du cerf de Virginie, dans la réserve faunique de Rimouski, du 9 au 14 octobre.

La chance, parce que les séjours de cette première chasse ont été attribuées à la suite du dernier tirage au sort de la SÉPAQ, aux inscriptions du 1er décembre au 15 janvier.

Un record de 163 379 inscriptions a été enregistré en 2026, pour 1 730 forfaits de chasse en réserves fauniques et du côté de SÉPAQ-Anticosti, pour une hausse de 5,4% sur 2025.

J’ignore si des chasseurs ont démontré beaucoup d’intérêt, comme en nombre total d’inscriptions, pour ce nouveau produit de chasse contingentée du chevreuil dans la réserve. « On a eu un bel intérêt pour ce tirage en particulier », note la SÉPAQ, sans toutefois préciser le nombre d’inscriptions.

Pas de précisions du côté du directeur général des réserves Rimouski et Matane et aussi directeur intérimaire de celles de Port-Daniel et Chic-Chocs, Dan Gagnon.

10 séjours de chasse

Donc, pour le retour de la chasse du chevreuil dans cette réserve de la SÉPAQ en 2026, la durée de chaque séjour sera de sept nuits, pour six journées complètes de chasse.

« La chasse du chevreuil se pratique aussi dans les bonnes heures en fin de journée », nous avait précisé Dan Gagnon, au moment de confirmer cette reprise.

Le directeur général de la réserve faunique de Rimouski, Dan Gagnon (Photo courtoisie)

Sur les 10 groupes gagnants, sept séjourneront dans des chalets standards (2 773$/groupe simple) et trois en chalets Modik (2 496$/groupe simple), tous en plan européen. Un groupe simple se compose de deux, trois ou quatre chasseurs.

Aucun inventaire du cerf n’a toutefois été effectué par le ministère responsable de la Faune avant de rouvrir cette chasse.

« Les observations recueillies au cours de 2025, par les usagers, indiquent une abondance de chevreuils qui permet cette reprise », nous avait alors indiqué, Dan Gagnon, en confirmant ce nouveau produit de chasse.

Zones ciblées

Les 10 groupes chasseront dans des zones ciblées où les observations des cervidés ont été les plus significatives. Et non dans l’ensemble de la réserve d’une superficie de 729 Km2, qui a déjà accueilli une trentaine de groupes, avant l’interruption de l’activité.

Des coupes forestières de récupération des arbres victimes de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, combinées à une succession d’hivers rigoureux, devaient précipiter le déclin du chevreuil et favoriser le retour progressif de l’orignal.

La chasse de cette espèce avait été rouverte en 1987, après des décennies d’interruption.

Selon des observations récentes, des cerfs sont observés régulièrement dans la plupart des zones attribuées à la récolte de l’espèce, ce qui laisserait présager un bon succès de chasse, selon les conditions climatiques. À suivre!

Notons que le cerf semble reprendre sa place au sud de Rimouski. Sur la ZEC Bas-Saint-Laurent, le DG Peter Camden précise que 45 chevreuils, deux lors arc et arbalète et 43 avec arme à feu, ont été récolté par 215 amateurs pour un succès de 21 %. La ZEC Owen demeure aussi très productive pour le cerf.

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