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Fibre d’asclépiade : la coopérative Monark près de réussir son pari

La coopérative Monark de Trois-Pistoles affirme être sur le point de réussir son pari de mettre en marché la fibre d’asclépiade. Une quinzaine de membres de la coopérative cultivent cette plante qui produit des fibres naturelles aux propriétés exceptionnelles. Des matériaux isolants ont été mis au point, mais leur mise en marché présente de nombreux défis.

L’asclépiade commune était très présente autrefois le long des routes et des champs.

Considérée comme une mauvaise herbe, la plante est beaucoup moins abondante en raison de l’utilisation des herbicides. Ce déclin a entraîné une baisse marquée de la population de papillons monarques, au point où il figure maintenant sur la liste des espèces en voie de disparition.

Pour se reproduire, l’insecte effectue chaque été une longue migration du Mexique jusqu’à l’est de l’Amérique du Nord. Les larves du monarque se nourrissent uniquement des feuilles de l’asclépiade.

Au-delà de son importance écologique, l’autre intérêt de cette plante est la soie attachée à ses graines, qui est isolante, hydrofuge et antiallergène. La chargée de projet de la coopérative Monark, Marie-Noël Breton, y voit un fort potentiel.

« Je pense que ça va passer par les fibres végétales. C’est pas aussi éclatant qu’une éolienne ou une usine de batteries, mais ça va avoir un grand impact. »

Actuellement, au Québec, la culture de l’asclépiade couvre un peu plus de 200 hectares. Pour le moment, il n’y a pas de marché pour la soie.

À L’Isle-Verte, Vital Potvin a été parmi les premiers à s’y intéresser. « C’est un peu décourageant. Ça fait 12 ans qu’on a 30 acres qui servent à rien. On continue quand même, en espérant que ça fonctionne. »

De nombreux défis

Le premier problème à résoudre concernait la récolte. Les producteurs ont dû faire preuve d’ingéniosité, rappelle Marie-Noël Breton.

« On est pionniers au Québec dans la culture de l’asclépiade. On avait pas d’équipement pour récolter les follicules. On a développé un prototype qui fonctionne. On continue de l’améliorer chaque année. »

Le principal défi est toutefois de développer un matériau commercialisable. La fibre d’asclépiade peut être transformée en isolant textile, explique Vital Potvin.

L’asclépiade commune (Photo courtoisie)

« L’hiver passé, on avait du non-tissé. C’est la première fois qu’on en avait. On a dû envoyer ça en Europe pour faire une membrane, comme un genre de feutre. J’ai fait faire un manteau ici, à L’Isle-Verte. Mon garçon l’a porté tout l’hiver, il l’a lavé trois fois, et ça a bien tenu. C’est ça que l’on voulait. »

Mais il y a encore loin avant la mise en marché. Aucune entreprise ici, au Québec, ne peut transformer la fibre en non-tissé.

Et puis, même si des entreprises seraient prêtes à fabriquer les vêtements haut de gamme, « faut développer un marché pour des manteaux, explique monsieur Potvin. Nous autres, on est pas capables. » Malgré les embûches, Vital Potvin y croit toujours et continue de récolter la fibre chaque automne.

L’industrie de l’automobile dans la mire

La coopérative Monark travaille aussi en partenariat avec le Département de génie civil de l’Université de Sherbrooke.

« Le projet vise à mettre la fibre en forme et à développer de nouveaux produits, explique Marie-Noël Breton. Pour remplacer les matériaux synthétiques, surtout des matériaux isolants, dans des vêtements ou pour les automobiles. »

Les revêtements isolants, les non-tissés, sont utilisés à l’intérieur des véhicules pour le sol, les portières et le coffre. La fibre d’asclépiade semble être une solution intéressante pour remplacer les matériaux faits à partir de pétrole.

Les tests ont montré d’excellents résultats. L’asclépiade est deux fois plus isolante que le coton ou la fibre synthétique et absorbe davantage le bruit.

Une avancée très encourageante, selon la chargée de projet de la coopérative Monark. « On est en processus de brevets, donc je ne peux pas en dire trop sur les produits en développement. Mais quand on est rendu à cette étape-là, ça signifie que ça va bien. »

Elle demeure confiante parce que, dit-elle, c’est la première fois que tous les partenaires travaillent ensemble.

« C’est une grande chaîne. Le producteur au début, la coopérative qui va l’extraire, des transformateurs pour la mise en forme et, à l’autre bout, le fabricant du produit final. Tous ces gens-là, actuellement, travaillent ensemble dans le développement. Et c’est ça qui est encourageant. »

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Heritage Lower St-Lawrence : une communauté en croissance

Depuis près de 25 ans, Heritage Lower St-Lawrence accompagne la communauté anglophone du Bas-Saint-Laurent. D’abord tourné vers la mise en valeur de son histoire, l’organisme a élargi son rôle au fil des années pour offrir des services en anglais et faciliter l’intégration de nouveaux arrivants dans la région.

Fondé en 2002 par Alexander Reford, Heritage Lower St-Lawrence s’adresse principalement aux anglophones qui résident au Bas-Saint-Laurent.

L’organisme les accompagne dans leurs démarches pour obtenir des services sociaux ou de santé lorsqu’ils maîtrisent moins bien le français.

Son mandat s’est aussi étendu à l’accueil de personnes provenant d’autres provinces ou de l’étranger.

L’objectif consiste à favoriser leur intégration et à leur permettre de développer un réseau dans leur nouveau milieu de vie. Cette mission a pris de l’ampleur au fil des ans.

Heritage Lower St-Lawrence dispose aujourd’hui d’un budget annuel d’environ 1 M$ et compte 15 employés.

L’organisme possède des centres de services à Métis-sur-Mer et à Rimouski, sur l’avenue Belzile, ainsi qu’une anten-ne à Rivière-du-Loup. Des conférences, des ateliers de cuisine et de bricolage ainsi que différentes activités sociales sont proposés.

Au-delà des services offerts, l’organisme souhaite créer des occasions de rencontre pour les anglophones de la région et briser leur isolement.

Créer des ponts

Alexander Reford mise aussi sur les rapprochements avec la majorité francophone.

Environ 1 000 personnes au Bas-Saint-Laurent auraient l’anglais comme langue maternelle, ce qui en fait, selon lui, une très petite communauté à l’échelle du Québec.

Plutôt que de travailler en vase clos, Heritage Lower St-Lawrence collabore avec différents organismes communautaires de la région. Cette approche vise à faciliter l’intégration des anglophones dans leur milieu et à créer des liens avec la population francophone.

Les besoins continuent par ailleurs d’évoluer. Davantage d’anglophones et d’immigrants ayant l’anglais comme langue seconde choisissent de s’établir au Bas-Saint-Laurent.

Le recrutement international effectué par plusieurs entreprises pour combler des besoins en main-d’œuvre spécialisée contribue aussi à cette croissance.

Ces nouveaux résidents occupent des emplois dans plusieurs secteurs. On les retrouve notamment dans les domaines scientifique et médical, mais aussi dans le transport et l’agriculture.

Heritage Lower St-Lawrence a également mis sur pied deux bibliothèques publiques il y a une dizaine d’années. L’une est bilingue et située à Métis-sur-Mer, tandis que l’autre, à Rimouski, offre principalement des ouvrages en anglais.

Après plus de deux décennies d’existence, l’organisme souhaite continuer d’accompagner une communauté anglophone appelé à se diversifier.

Métis-sur-Mer garde vivante son histoire

Depuis près de 25 ans, Heritage Lower St-Lawrence accompagne la communauté anglophone du Bas-Saint-Laurent. D’abord tourné vers la mise en valeur de son histoire, l’organisme a élargi son rôle au fil des années pour offrir des services en anglais et faciliter l’intégration de nouveaux arrivants dans la région.

La présence anglophone remonte à plus de deux siècles dans La Mitis.

À Métis-sur-Mer, Heritage Lower St-Lawrence cherche aujourd’hui à préserver cette histoire tout en la faisant connaître à l’ensemble de la population. Une partie de cette mémoire est présentée à Espace Métis, un petit café du centre de Métis-sur-Mer acquis par Heritage Lower St-Lawrence.

Des objets et des documents racontent l’histoire de la communauté anglophone, autrefois établie à Métis-Beach.

La bibliothèque de Heritage Lower St-Lawrence à Métis-sur-Mer (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

Cette présence remonte notamment à John McNider, un Écossais qui achète la seigneurie de Mitis en 1807. Marchand de bois et constructeur de navires, il participe à la fondation de villages, dont Grand-Métis et Saint-Octave, en attirant de nouveaux habitants.

Des immigrants, principalement originaires d’Écosse, se voient offrir un emploi ainsi qu’un hébergement gratuit pendant deux ans. McNider fait aussi construire le chemin qui portera son nom et qui favorisera l’établissement de colons francophones dans le secteur.

Cette histoire a joué un rôle important dans la création d’Heritage Lower St-Lawrence en 2002.

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Bas-Saint-Laurent : record de 1,165 milliard $ en construction

L’an dernier, au Bas-Saint-Laurent, les dépenses en construction et en rénovation domiciliaires ont atteint un niveau record de 1,165 milliard $. C’est une très forte hausse de 60 % par rapport à l’année précédente.

La multiplication des chantiers de construction d’immeubles à logements et la décision de nombreux propriétaires de rénover plutôt que d’acheter une nouvelle maison ont contribué à ces chiffres exceptionnels.

Et la tendance se poursuit en 2026. Au Québec, la hausse des dépenses en construction et en rénovation pour 2025 se situe autour de 17 %. Déjà, l’augmentation est significative. Mais dans la région, les chiffres sont impressionnants.

Les investissements dans de nouvelles constructions ont augmenté de 50 % l’an dernier, surtout pour des immeubles à logements dans les centres urbains de Rimouski et de Rivière-du-Loup.

Pour ce qui est de la rénovation domiciliaire, les propriétaires du Bas-Saint-Laurent ont investi 771 M $ l’an passé.

C’est 300 M $ de plus qu’en 2024, une hausse de 62 %, la plus forte de toutes les régions de la province. Au total, les dépenses en construction et en rénovation dans la région ont augmenté de 431 M $ en 2025 par rapport à l’année précédente.

« Ces chiffres de l’Institut de la statistique ne sont pas ajustés selon la croissance des coûts de construction. Il y a une partie qui vient directement de la hausse du coût des matériaux et de la main-d’œuvre, mais c’est quand même assez extraordinaire et c’est beaucoup plus élevé que la moyenne provinciale. Donc, il y a beaucoup d’activité pour la rénovation et la construction neuve dans le Bas-Saint-Laurent », indique le directeur économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), David Goulet.

Déménager ou rester là

Pour lui, la forte hausse des dépen-ses en rénovation s’explique par deux facteurs. D’abord, l’augmentation des coûts des matériaux et la hausse des taux d’intérêt hypothécaires avaient amené de nombreux ménages à repousser leurs projets.

« Il y en a plusieurs en rénovation qui avaient été mis sur la glace. Là, on voit que les gens sont un peu plus confiants, malgré ce qui peut se passer sur la scène internationa-le, donc beaucoup de projets ont été de l’avant en 2025 », dit monsieur Goulet.

L’économiste constate que les gens optent davantage pour la rénovation en raison des coûts trop élevés des maisons neuves.

Le directeur économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), David Goulet. (Photo courtoisie)

« La maison ne fait plus leur affaire, mais ils hésitent à en acheter une nouvelle. Le coût des maisons neuves est rendu tellement élevé que beaucoup de ménages préfèrent maintenant rénover pour adapter leur propriété actuelle à leurs hausse des taux d’intérêt hypothécaires avaient amené de nombreux ménages à repousser leurs projets.

« Il y en a plusieurs en rénovation qui avaient été mis sur la glace. Là, on voit que les gens sont un peu plus confiants, malgré ce qui peut se passer sur la scène internationale, donc beaucoup de projets ont été de l’avant en 2025 », exprime monsieur Goulet.

Rénover plutôt que déménager

Devant le coût de plus en plus élevé des maisons neuves, de nombreux propriétaires du Bas-Saint-Laurent choisissent maintenant de rénover leur résidence actuelle plutôt que de déménager.

Une tendance particulièrement forte dans la région, selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

David Goulet constate que les ménages sont de plus en plus nombreux à investir dans leur propriété afin de l’adapter à leurs besoins plutôt que de se tourner vers une nouvelle maison.

« La maison ne fait plus leur affaire, mais ils hésitent à en acheter une nouvelle. Le coût des maisons neuves est rendu tellement élevé que beaucoup de ménages préfèrent maintenant rénover pour adapter leur propriété actuelle à leurs besoins. »

Selon l’APCHQ, le Bas-Saint-Laurent est d’ailleurs la région du Québec où cette tendance vers la rénovation est la plus forte. L’écart dans l’évolution des coûts contribue également au phénomène.

La hausse des coûts de rénovation a suivi à peu près l’inflation en 2025, à environ 3 %, tandis qu’elle s’est située autour de 8 % pour les constructions neuves.

« C’est sûr que ça n’explique pas toute la hausse de 50 % des dépenses pour de nouvelles maisons. Si on regarde les mises en chantier, il y a une bonne partie de la hausse qui vient de l’augmentation des coûts de construction, plus que de la construction elle-même. »

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