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    Des dizaines de milliers de résidents du Bas-Saint-Laurent vivent sans le savoir près de terrains fortement pollués par des composés chimiques, des métaux lourds et des produits pétroliers qui présentent un risque pour la santé. Dans de nombreux cas, le sol et l’eau souterraine sont contaminés par des hydrocarbures aromatiques polycycliques, les HAP, reconnus comme cancérigènes. La direction régionale de la santé publique se fait toutefois rassurante face à cette situation qui dure depuis
     

Des sols contaminés au cœur du Bas-Saint-Laurent

6 octobre 2026 à 17:00

Des dizaines de milliers de résidents du Bas-Saint-Laurent vivent sans le savoir près de terrains fortement pollués par des composés chimiques, des métaux lourds et des produits pétroliers qui présentent un risque pour la santé.

Dans de nombreux cas, le sol et l’eau souterraine sont contaminés par des hydrocarbures aromatiques polycycliques, les HAP, reconnus comme cancérigènes.

La direction régionale de la santé publique se fait toutefois rassurante face à cette situation qui dure depuis des années.

Le ministère de l’Environnement maintient un répertoire des terrains contaminés au Québec. Dans le Bas-Saint-Laurent, 383 emplacements sont inscrits dans la liste, dont 70 n’ont pas encore été réhabilités.

Il s’agit pour la plupart d’anciennes stations-service, d’anciens dépôts de produits pétroliers ou d’ateliers de mécanique dont les sols sont toujours pollués. Mais aussi d’une dizaine de propriétés privées. Plusieurs de ces terrains sont identifiés depuis plus de 25 ans.

Une quinzaine de ces sites sont à Rimouski. Certains sont connus, comme le terrain de l’ancienne station-service sur la 2e Rue Ouest à Rimouski, où le sol et l’eau souterraine sont contaminés par des HAP et des hydrocarbures.

Mais il y a aussi dans la liste l’Hôtel-Motel Normandie de Rimouski-Est, pollué par des produits pétroliers.

L’ancien garage municipal de Rimouski-Est où des HAP sont présents dans le sol et l’eau souterraine. Même situation pour l’ex-restaurant chinois Wing Hing, où est aujourd’hui situé Carrossier Carrxpert Jacques Lévesque, sur l’avenue Léonidas Sud.

L’Hôtel Normandie de Rimouski (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)

Des terrains, le plus souvent dans des milieux densément peuplés, sont inscrits au répertoire. La station-service Ultramar de Saint-Pacôme, sol et eau contaminés aux HAP, la station-service Irving d’Amqui, contamination du sol aux HAP, chez Pétro-Canada à Causapscal, HAP dans le sol et l’eau.

Même chose pour la coopérative des consommateurs à Trinité-des-Monts. À Saint-Épiphane, le sol d’un ancien garage contient de l’arsenic.

À Rivière-du-Loup, le sol et la nappe phréatique des anciens dépôts pétroliers Esso et Irving sont contaminés par des HAP et du benzène.

Même situation à Pohénégamook et Témiscouta-sur-le-Lac. L’ancien hôpital Saint-Joseph de Rivière-du-Loup, le site de l’ex-scierie Félix Huard à Luceville ou même celui de la Coopérative funéraire de Mont-Joli (Salon Onésime Frigon), n’y échappent pas.

Des risques pour la santé

Les polluants sont principalement reliés aux produits pétroliers.

Des hydrocarbures comme tels, mais aussi des produits dérivés toxiques comme les hydrocarbures aromatiques monocycliques et polycycliques, ou encore le benzène.

Dans certains cas, des métaux lourds dangereux comme le plomb, le cadmium ou l’arsenic sont aussi présents.

Carrossier Carrxpert Jacques Lévesque de Rimouski (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)

Ces produits présentent des risques connus pour la santé, notamment les HAP qui sont cancérigènes. Des questions restent sans réponse.

Quels sont les plans du ministère de l’Environnement pour décontaminer les terrains ? Nos demandes à ce sujet sont demeurées sans réponse, outre un accusé de réception de Robert Maranda, chef d’équipe à la Direction des communications.

La santé publique rassure les résidents

La Direction régionale de la santé publique se fait toutefois rassurante et renvoie la balle au ministère de l’Environnement.

« Ce sont eux qui légalement sont en charge d’assurer le suivi des terrains contaminés et de la réhabilitation, explique la médecin spécialiste en santé publique, Joanne Aubé-Maurice. C’est vraiment eux qui administrent les règlements pour s’assurer que la population n’est pas exposée à des contaminants. »

Les filets de sécurité comprennent, par exemple, des barrières pour interdire l’accès ou d’autres mesures de protection.

Selon la Dre Aubé-Maurice, les voisins de ces terrains contaminés n’ont rien à craindre. « Les mesures sont en place pour éviter que les gens s’y exposent. Même voisin, normalement, on n’a pas d’exposition possible. »

Joanne Aubé-Maurice rappelle aussi que les risques pour la santé sont à long terme.

« On rassure les gens étant donné les règlements en vigueur. Ce sont des expositions à long terme et de façon relativement intense à des contaminants qui peuvent engendrer des risques à la santé. Les mesures actuellement ne permettent pas ce type d’exposition-là. » La Santé publique indique n’avoir aucun dossier actif dans le dossier des terrains contaminés.

Des propriétaires mal informés

Les propriétaires d’une résidence à proximité, ou pire, construite sur un site contaminé ou un ancien dépotoir, peuvent voir la valeur de leur maison diminuer considérablement.

Le problème est que l’information est répartie dans différents répertoires fédéraux que provinciaux et, dans certains cas, municipaux.

Une courtière immobilière, Marie-Claude Génie, est la présidente et fondatrice d’immoproof.ca, une en-treprise indépendante qui compile l’ensemble des données disponibles sur la contamination des terrains au Québec. Elle a réuni les informations provenant de sept registres en un seul.

En plus de celui sur les terrains contaminés, les données proviennent notamment du registre sur les dépôts de résidus industriels, de celui sur les dépotoirs ou encore du répertoire des sites d’équipements pétroliers de la Régie du bâtiment du Québec.

Marie-Claude Génie (Photo courtoisie)

Selon madame Génie, les propriétaires doivent être conscients du problème de contamination.

« C’est sûr que ça affecte la valeur de la maison, mais encore faut-il avoir l’information. Le problème au Québec, c’est que l’information ne circule pas. Les gens ne connaissent pas ça. »

Elle souligne que cette information est disponible, mais éparpillée dans une dizaine de banques de données. « Les gens ne savent pas qui consulter, quoi faire, quoi mettre dans la déclaration du vendeur. »

Acheteurs et vendeurs touchés

Marie-Claude Génie soutient que le flou actuel a des impacts autant pour les vendeurs que pour les acheteurs de propriétés résidentielles.

« Ça n’encourage pas les gens à avoir l’information, parce que le vendeur ne veut pas que sa valeur diminue. L’acheteur, s’il n’est pas représenté par un courtier, il ne connaît pas vraiment ça. Puis le courtier immobilier, encore faut-il qu’il ait reçu une formation sur la question. Il y a de très grandes lacunes. »

Elle déplore du même coup l’ignorance des courtiers immobiliers sur cet enjeu. « Même si ça fait partie de leur devoir de vérification. »

La courtière immobilière réclame davantage de transparence pour assurer la sécurité du public. Selon les contaminants présents dans le sol ou dans l’eau souterraine, il peut y avoir des problèmes de santé à moyen ou à long terme pour les occupants.

« Quand on veut acheter une propriété, il faut faire des recherches ou demander à notre courtier d’en faire. Il ne faut pas prendre ça à la légère. »

Surtout, dit-elle, que le prix des maisons a explosé ces dernières années, ce qui rend encore plus important le besoin de se renseigner avant d’investir.

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  • Baies de genièvre : le Bas-Saint-Laurent veut être le roi du Québec
    Le Bas-Saint-Laurent veut devenir la principale région productrice de baies de genièvre au Québec. Le projet de recherche lancé par Biopterre commence à porter fruit. Le développement de la culture du genévrier entre dans une nouvelle phase avec des projets de pépinières. Il y a de fortes chances que les amateurs puissent déguster d’ici quelques années un gin aromatisé aux baies de genévriers cultivées dans la région. La multiplication des microdistilleries a amené, il y a une dizaine d’an
     

Baies de genièvre : le Bas-Saint-Laurent veut être le roi du Québec

4 octobre 2026 à 06:30

Le Bas-Saint-Laurent veut devenir la principale région productrice de baies de genièvre au Québec. Le projet de recherche lancé par Biopterre commence à porter fruit.

Le développement de la culture du genévrier entre dans une nouvelle phase avec des projets de pépinières. Il y a de fortes chances que les amateurs puissent déguster d’ici quelques années un gin aromatisé aux baies de genévriers cultivées dans la région.

La multiplication des microdistilleries a amené, il y a une dizaine d’années, le centre de recherche Biopterre de La Pocatière à rêver de cultiver le genévrier.

Le codirecteur de l’innovation et du transfert de technologie, Maxim Tardif, rappelle que les gins produits au Québec utilisent des baies importées d’Europe. « Les distilleries mettent des aromates de toutes sortes dans leur gin, mais le principal ingrédient est pas d’ici, alors qu’on en a dans notre cour. »

Le projet suscite beaucoup d’intérêt. Le copropriétaire de Distillerie Mitis, Yan Lévesque, est associé à la démarche.

« La quasi-totalité des distilleries vont s’approvisionner dans les Balkans, pour avoir une uniformité de baies et de produits. Avec le climat qu’on a, avec nos sols, l’expérience avec Biopterre, c’est de voir si on peut rapatrier et faire une production commerciale ici. »

Récolter les baies de genévrier sauvages est difficile et hors de prix, explique monsieur Lévesque. D’où l’idée de cultiver les deux variétés indigènes au Québec. Le but pour les distilleries est de se distinguer.

« Dans le Bas-Saint-Laurent, il y a différents producteurs, avec des terroirs diffé-rents, des façons différentes de cultiver le genévrier, donc des saveurs différentes. »

Du rêve à la production

Une fois le test du goût passé avec succès, des producteurs ont accep-té de tester la culture de ce conifère dans leurs champs.

Dans Rimouski-Neigette, Karine Lebeau, des Jardins d’la terre du bout du rang, à Esprit-Saint, veille sur 600 plants de genévrier. « On avait l’espace pour cette recherche-là. Puis, moi je suis une fan de gin! » Les conifères ont maintenant sept ans et les premières récoltes approchent.

Karine Lebeau constate par contre qu’il reste encore beaucoup de questions à résoudre.

Karine Lebeau, des Jardins d’la terre du bout du rang, à Esprit-Saint (Photo courtoisie)

« On est vrai-ment en mode recherche, on est en train de s’adapter. Ce sera quoi le meilleur moment de récolte, le contrôle des prédateurs? Pour ce qui est des plants, la croissance puis la productivité, ça va super bien. »

Adapter une variété sauvage à une culture agricole est un défi en soi. Il faudra voir si la plante conservera toutes ses saveurs.

Les Jardins d’la terre du bout du rang se lancent tout de même dans la production de plants par bouturage. « Si on se ramasse avec de la demande. C’est d’être prêt à répondre à l’engouement. On rajoute une serre pour la production de plants cette année. » Karine Lebeau admet que le marché des distilleries sera insuffisant pour soutenir une production commerciale.

« Il y a une escouade alimentaire, formée de transformateurs, de chefs de la région, de distillateurs pour mettre en valeur les baies, les huiles, même les branches. C’est plus que seulement les besoins des distilleries. C’est comme un trésor à l’état sauvage que l’on essaie de mettre en culture. »

Faire preuve de patience

La culture du genévrier demande beaucoup de temps. Il faut de sept à 10 ans avant de récolter les premiers cônes.

En fait, ce sont des galbules et non des baies, qui vont mûrir sur les plants pendant trois ans. Les rendements seront donc décisifs pour la viabilité du projet, explique Maxime Tardif, de Biopterre.

Le codirecteur de l’innovation et du transfert de technologie du centre de recherche Biopterre de La Pocatière, Maxim Tardif (Photo courtoisie)

« Il y a une notion de risque avec le genévrier. On se bat contre des marchés mondiaux. Dans les Balkans, ils récoltent à la main pour quelques cents la livre. Nous on connaît pas encore les rendements par plant ou à l’hectare. C’est difficile à récolter. On a plein de défis. »

Mais le chercheur y croit fermement. Le projet a déjà franchi plusieurs étapes.

« On est pionnier au Québec. Mais faut aller au-delà des besoins des distilleries pour développer un marché. »

En plus de l’utilisation de la plante en cuisine, un autre volet s’intéresse aux huiles et aux parfums. S’ajoute maintenant le volet pépiniéristes pour soutenir l’effort des producteurs.

« Faut vraiment essayer d’avoir une vision régionale, mais aussi de prendre le marché québécois et même canadien », estime monsieur Tardif.

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  • Bas-Saint-Laurent : mieux encadrer les futurs projets éoliens
    Le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent réclame une évaluation environnementale sectorielle ou régionale sur le développement éolien. L’enjeu a été soulevé à de nombreuses reprises par des groupes environnementaux et des regroupements citoyens qui s’inquiètent des effets cumulatifs des projets éoliens sur la table actuellement. Si tous les projets actuels se réalisent, il y aura plus de 1 000 éoliennes dans le paysage de l’Est-du-Québec d’ici quelques années. Actuelleme
     

Bas-Saint-Laurent : mieux encadrer les futurs projets éoliens

27 septembre 2026 à 08:30

Le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent réclame une évaluation environnementale sectorielle ou régionale sur le développement éolien.

L’enjeu a été soulevé à de nombreuses reprises par des groupes environnementaux et des regroupements citoyens qui s’inquiètent des effets cumulatifs des projets éoliens sur la table actuellement.

Si tous les projets actuels se réalisent, il y aura plus de 1 000 éoliennes dans le paysage de l’Est-du-Québec d’ici quelques années. Actuellement, les projets sont évalués un à un par le BAPE, sans examiner les effets cumulatifs des parcs éoliens.

La loi 81, adoptée en 2025, introduit une nouvelle façon d’évaluer les projets de développement en y allant par secteur économique ou par région qui n’a jamais été utilisée jusqu’à maintenant.

Le directeur du Conseil régional de l’environnement, Patrick Morin, estime que l’évaluation environnementale sectorielle ou régionale s’applique parfaitement au développement éolien.

« Ça nous permettrait de faire une meilleure planification territoriale. Présentement, ça va un peu trop vite, puis on n’a pas le temps de bien réfléchir. »

Actuellement, des organismes citoyens demandent un BAPE dit « générique ». Le problème selon lui, c’est que cette démarche aborderait le développement éolien sur l’en-semble du territoire québécois alors que le Bas-Saint-Laurent est dans une situation à part.

« Il y a dans l’Est-du-Québec une concentration de projets qu’on ne retrouve pas ailleurs. Une évaluation environnementale sectorielle et régionale permettrait de cadrer la discussion sur notre situation qui est unique. » Il espère que les autres organismes du milieu vont se rallier derrière cette demande.

Baliser le développement

Patrick Morin croit que le débat doit se faire rapidement. « On approche du point que nous souhaitons ne pas dépasser, c’est-à-dire la capacité d’acceptation du milieu, d’un point de vue des écosystèmes, mais aussi socioéconomique. »

Une évaluation environnementale sectorielle permettrait selon lui de fixer les limites acceptables pour la population, par exemple pour le nombre d’éoliennes, les secteurs à éviter, la préservation des paysages, les écosystèmes ou les autres usages du territoire.

« Ça donnerait un cadre pour analyser les effets cumulatifs des éoliennes. » Il cite par exemple les mortalités des oiseaux de proie, des oiseaux migrateurs ou de chauves-souris.

Le directeur général du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin (Photo Le Soir.ca- Alexandre D’Astous)

Les effets d’un seul projet peuvent sembler mineurs, mais si on les additionne dans un corridor de migration par exemple, l’impact peut devenir non négligeable. En évaluant chaque projet individuelle-ment, « c’est comme à prendre ou à laisser. Le parc est là. On ne peut pas dire, oui mais, par rapport au corridor migratoire, ce n’est pas le bon emplacement. »

Prendre du recul permettrait, explique monsieur Morin, de mieux planifier en déterminant quels sont les secteurs compatibles pour les projets éoliens et comment tenir compte des impacts cumulatifs. Patrick Morin souligne l’importance d’une réflexion collective pour les 30 prochaines années.

« Ce que l’on souhaite, c’est qu’en 2050 quand on va regarder dans le rétroviseur, que l’on soit fiers de notre transition. Que l’on n’ait pas planté une éolienne de trop. Cela permettrait de maintenir une paix sociale et d’assurer l’acceptabilité des projets. »

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