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Manger à l’heure [fr]

16 octobre 2026 à 09:39
[fr]

Ça fait un moment que j’analyse de quelle façon “j’échoue” à faire certaines choses du quotidien, alors que je veux les faire et que je comprends leur importance. Un exemple tout bête: aller me coucher à une heure raisonnable.

A un moment donné, j’ai réalisé que le premier signe d’une soirée qui allait aboutir à un coucher plus tardif que souhaité était l’heure du repas du soir. Si j’arrive à manger aussi à une heure raisonnable, j’ai une routine du soir qui est fonctionnelle en ce moment et qui m’évite de me retrouver encore éveillée à 1h du matin.

Ça parait simple, non? Pourtant, j’ai énormément galéré (et je galère encore régulièrement) à souper à l’heure approximative choisie.

J’ai identifié deux facteurs qui alimentent cette procrastination du souper. Je précise pour les gens qui ne me connaissent pas que j’adore manger, c’est un des plaisirs dans ma vie, et qu’en plus j’ai “tout le temps” faim. Donc quand je suis en train de procrastiner mon repas, il faut imaginer que ce n’est aucunement parce que je n’ai pas faim. J’ai la dalle.

  1. Décider quoi manger: ça, c’est plus compliqué, surtout quand je suis fatiguée et que j’ai faim. Ma capacité à trancher, décider, me mettre en action est réduite. Donc quand je ne sais pas ce que je vais manger et cuisiner, ça traine, car avant de manger, je dois passer par la case “aller à la cuisine, ouvrir le frigo, chercher de l’inspiration, être peut-être confrontée aux choses que j’avais prévu de cuisiner mais oublié…”
  2. L’état de la cuisine: si me faire à manger signifie que je dois d’abord faire de la place sur les plans de travail pour cuisiner, ou liquider une pile de vaisselle pour avoir les ustensiles et couverts nécessaires, vider la poubelle car elle déborde… vous voyez le problème.

Je commence par le deuxième point, que je ne vais pas traiter ici en détail mais qui le mériterait. Ce qui a changé la donne ici c’est l’acquisition d’un lave-vaisselle (il y a des occasions si jamais) et la mise en place de deux petites routines.

Le lave-vaisselle diminue de façon conséquente le travail requis pour faire la vaisselle. Oui c’est évident je sais. Mais c’est ça qui est important: “faire la vaisselle” est maintenant quelque chose de gérable.

Les deux routines sont les suivantes (deux ou trois suivant comment): chaque soir, directement après avoir mangé, avant d’enchaîner sur autre chose, je ramène mon assiette à la cuisine, je range la cuisine, et je mets en route le lave-vaisselle. Et chaque matin, après avoir mangé mon petit déj, je ramène mon bol à la cuisine et le mets dans l’évier, et je range les 2-3 choses que j’ai sorties pour le préparer. A midi, je fais aussi à peu près la même chose, mais c’est plus optionnel: vaisselle dans l’évier après avoir mangé où elle attendra le lave-vaisselle du soir, ranger un peu ce que j’ai sorti.

Ça demande un rangement de cuisine initial, mais ensuite, ça roule: le soir, quand il s’agit de faire à manger, la cuisine était propre et rangée après le petit déj, donc au pire il y a 2-3 trucs de midi qui trainent. La vaisselle de la veille est à dispo dans le lave-vaisselle. Il y a de la place pour faire ce qu’il y a à faire. Je peux cuisiner et manger sans stress parce que je sais que ça ne va pas être suivi (ou précédé) par une “corvée cuisine”.

Les routines demandent évidemment un peu d’effort et d’attention de mise en place, mais l’avantage c’est qu’une fois que c’est fait, ça tourne tout seul. Je n’y pense même plus maintenant, mon bol de céréales finit toujours dans l’évier, et tout comme avant de me mettre au lit je ne me poser pas la question de me brosser les dents ou non, après le souper je ne me pose pas la question de “vite ranger la cuisine” ou pas.

Bon, finalement je suis quand même allée un peu dans les détails.

En plus de faciliter la préparation du repas du soir, ces routines de rangement de cuisine luttent aussi directement contre la procrastination du coucher. Celle-ci, en effet, est faite (en tous cas chez moi) de “pas envie d’être demain”. Et si demain commence par entrer dans une cuisine en bordel, franchement, je comprends. Là, le matin, je me lève pour faire mon petit déjà et il n’y a pas de “corvées procrastinées” qui sont rappelées à mon attention par l’état de la cuisine. La cuisine est prête pour m’accompagner dans le démarrage de ma journée.

Passons au premier point: savoir quoi manger. Je ne suis pas le genre de personne qui (en tous cas en ce moment) planifie mes repas et fait les courses en conséquence. Je suis plutôt du genre à me laisser inspirer par ce que je vois dans le magasin et les bonnes affaires. Le problème c’est que sitôt les courses rangées, toutes les idées de repas que j’avais dans la tête en faisant mes courses s’évaporent. Je ne sais plus ce qui est dans le frigo, donc à chaque repas la première question est “bon faut que je voie ce que je vais pouvoir me faire à manger”. Pas idéal, comme dit plus haut, quand on est fatiguée et qu’en plus on a faim.

J’ai tenté deux choses qui marchent plus ou moins. Je suis encore un peu en recherche.

La première, qui était super durant les quelques semaines où elle a marché, c’était d’utiliser mon panneau blanc hebdomadaire pour marquer les repas de la semaine après avoir rangé les courses. La faiblesse de cette solution c’est que ça demande pas mal d’énergie et d’organisation d’un coup, et surtout après avoir fait et rangé les courses, j’ai du mal. Ajuster le planning des repas au fil de la réalité de la semaine ce n’est pas le problème, par contre, ça je fais assez bien. Ce qui m’a motivée à mettre ça en place c’est que j’avais tendance à me retrouver coincée avec les dates de péremption, donc être un peu proactive pour éviter d’avoir des choses qui se gâtaient était assez efficace.

Mais le problème c’est que si je lâche la balle une fois, c’est toute la semaine qui y passe. De plus, actuellement, parce que j’ai identifié que les magasins m’épuisaient (visuellement probablement, à confirmer), je commande maintenant mes courses de base pour deux semaines à la fois, ce qui change complètement le côté “je construis des repas dans ma tête pendant que je me balade dans les rayons”.

La deuxième option, avec laquelle j’avais expérimenté avant (mais pourquoi ai-je lâché? je ne me souviens plus ce qu’il s’est passé, ce serait intéressant de retrouver) c’est de déterminer après chaque repas quel sera le prochain. Ça, c’est une option un peu moins proactive et qui ne règle pas la question des choses qui peuvent mourir au fond du frigo, mais qui est assez robuste et supporte des hoquets.

Quand je me fais à manger (même si c’est juste réchauffer quelque chose), je mets le nez dans le frigo, je suis en mode “nourriture”, et après avoir mangé je suis généralement plutôt fonctionnelle. C’est donc en fait le bon moment pour me poser la question “je mange quoi?”, plutôt que quelques heures plus tard, juste avant le repas en question. C’est aussi une sorte de routine/habitude à mettre en place, mais c’est assez léger.

C’est quand même nettement plus facile d’arrêter de faire le truc dans lequel on est pris pour se faire à manger quand on sait ce qu’on va faire et que la cuisine est prête pour qu’on le fasse, à peu de chose près.

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    [en] Depuis quelques semaines j’ai un rendez-vous hebdomadaire avec ma “binôme planning”. Une copine, TDAH bien aligné sur le mien (ou le mien sur le sien), aussi tendance à la surcharge d’agenda qui fait finir sur les rotules. Une affaire qui roule (pas sur les rotules). On parle évidemment de problématiques TDAH en marge de l’agenda, et ce soir on parlait rangement de l’appart et nourriture. Quelques réflexions intéressantes que je veux partager avec vous (et non “vous partager“). Le p
     

Comment on foire? (ou: comment souper tard mène à la cuisine déprimante) [en]

14 décembre 2025 à 12:12
[en]

Depuis quelques semaines j’ai un rendez-vous hebdomadaire avec ma “binôme planning”. Une copine, TDAH bien aligné sur le mien (ou le mien sur le sien), aussi tendance à la surcharge d’agenda qui fait finir sur les rotules. Une affaire qui roule (pas sur les rotules).

On parle évidemment de problématiques TDAH en marge de l’agenda, et ce soir on parlait rangement de l’appart et nourriture. Quelques réflexions intéressantes que je veux partager avec vous (et non “vous partager“).

Le point de départ, c’est: “comment on échoue”? Dans mon travail, dans le domaine de la maintenance et des ingénieurs et des machines, on parle de “failure modes”. C’est pas la même chose si ma voiture est en panne parce qu’une pièce a cassé dans le moteur, parce que j’ai oublié de mettre de l’essence, parce qu’une fouine a grignoté un câble, parce que les bougies sont encrassées ou parce que le moteur a serré. En gros, dire “ça ne marche pas”, c’est joli, mais c’est mieux de pouvoir décrire “de quelle façon ça ne marche pas”, et même “comment la panne est-elle provoquée”.

Donc: qu’est-ce qui fait que ma cuisine est en bordel et que la vaisselle s’empile? Qu’est-ce qui fait que j’ai raté mon rendez-vous? Qu’est-ce qui fait que j’ai soupé à minuit? Qu’est-ce qui fait que je suis en panne de seringues pour mon chat diabétique?

Evidemment, la réponse à ces questions est de l’ordre du concret, pas du jugement moral (genre “chuis nulle”). Dans mon cas par example, j’avais fait le constat il y a bien des années que la façon dont ma cuisine devenait un espace de chaos déprimant, ça commençait avec le fait que je ne sortais pas la poubelle quand elle était pleine. Les emballages restaient sur le plan de travail ou le bord de l’évier, du coup c’était pas rangé, du coup c’était plus facile de lâcher sur la vaisselle, et hop, la spirale infernale. Ce constat m’avait fait prendre la mesure de l’importance de changer la poubelle lorsqu’elle était pleine, pour éviter de déclencher la suite de conséquences négatives.

Une fois la poubelle sous contrôle, j’ai fait un deuxième constat. Pourquoi la vaisselle s’empile-t-elle dans l’évier? Parce que l’égouttoir est encombré de vaisselle propre pas rangée. Et pourquoi n’est-elle pas rangée? Parce que la méthode de rangement dans les armoires n’est pas ergonomique, et ne “facilite” pas assez le rangement. Cela augmente l’effort nécessaire pour ranger et diminue donc les chances que ça se fasse.

Donc, tout comme changer la poubelle avant qu’elle déborde, réorganiser le rangement des couverts et services et différents ustensiles culinaires peut contribuer à faire en sorte que la vaisselle se fasse à mesure.

Un autre élément qui a émergé de cet échange: plus on est fatigué·e quand on finit de souper, moins il y a de chances qu’on fasse la vaisselle dans la foulée. On voit donc que “manger trop tard” peut donc, par un enchaînement d’effets, mener à une cuisine en bordel.

Ça me rappelle une discussion avec une autre amie, hier: elle n’aime pas faire la vaisselle après souper. Honnêtement, je comprends. Une fois le ventre plein, la journée finie, j’ai juste envie de chiller. Dans son cas, elle a une bonne solution: le matin, pendant que son café cuit, elle a une fenêtre de temps parfaite pour faire la vaisselle, au lieu d’attendre bêtement. Mais dans le mien, et celui de ma binôme, soit il n’y a pas de café, soit il faut simplement se rendre à l’évidence que le matin, il ne faut rien nous demander. Et de mon côté, arriver le matin dans une cuisine plus ou moins rangée dont l’évier est vide ou presque donne un bien meilleur coup d’envoi à ma journée que si je suis confrontée directement à une tâche qui m’ennuie au plus haut point et pour laquelle il me faut pas mal d’énergie.

La vaisselle, le souper… la nourriture. Le problème du repas du soir, c’est qu’on arrive à sa porte lessivée par la journée. Plus de jus, plus de methylphénidate (souvent), la batterie attentionnelle à plat. Amplement de quoi procrastiner le repas, et faire le lit de l’évier plein de vaisselle (et de la cuisine qui se fait la malle avec notre moral). Comment remédier à ça?

Planifier les menus à l’avance… c’est joli en théorie, mais pour moi en tous cas, utopique. Je suis quelqu’un qui marche aux réserves et à l’improvisation. Ce qu’on peut faire par contre, c’est réduire l’effort nécessaire à la prise de décision et à la préparation du repas. Par exemple, avoir une collection de “repas d’urgence” plus ou moins équilibrés qu’on peut faire rapidement et sans effort, sans trop de vaisselle, sur la base d’ingrédients “stock” qu’on s’assurera de toujours avoir à la maison. Et les mettre par écrit (post-its, cartes) c’est encore mieux, parce que quand le cerveau est au bout, des fois même faire 1+1+1= repas c’est trop. Quelques idées:

  • une demi-boîte de conserve de haricots rouges (ou pois chiches) + une petite boîte de maïs + un bout de concombre/tomate et une boîte de thon ou deux oeufs durs (sauce salade toute prête of course)
  • pâtes au pesto avec fromage râpé stocké au congél pour qu’il ne devienne pas bleu, une demi-concombre en dés avec la sauce à salade, pour accompagner un morceau de viande ou de poisson (le poisson se fait super bien au micro-ondes si jamais)
  • dans les périodes chargées, acheter de la salade en sachet pour ne pas avoir à laver sa pommée feuille par feuille et l’essorer (surtout si l’évier n’est pas inoccupé)
  • une pomme de terre coupée en dés, dans une assiette avec un peu de sel et une ou deux cuillères d’eau, 4-5 minutes au micro-ondes. Une courgette en dés, idem, 2 min au micro-ondes. Une escalope panée de Quorn (perso j’aime celles au poivre et citron) dans le air fryer: hop, c’est prêt en moins de 10 minutes et quasi sans vaisselle

Voilà l’idée – à adapter selon ses habitudes alimentaires et son goût. Le tout est de prendre un peu de temps en amont (pas quand on crève de faim à 22h30) pour identifier ces menus de secours, faire la liste du matériel de base à compléter chaque fois qu’on fait les courses, et les noter quelque part.

Qui eût cru qu’avoir chez soi un petit stock de produits de base bien choisis (oeufs durs, concombre, tomates, maïs et haricots rouges en boîte, thon, pâtes, bocal de pesto, parmesan au congél, courgette, patates, etc) pouvait résulter en une cuisine mieux rangée?

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