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Un LOUPerivois dans la bergerie: Le confort et la différence

La Suède, l’Autriche, la Suisse, le Portugal, la Grèce, la Hongrie, le Danemark, la Finlande, la Slovaquie, la Norvège, l’Irlande, la Croatie, le Paraguay, le Nicaragua, le Costa Rica, le Panama, l’Uruguay, la Nouvelle-Zélande… Qu’est-ce que ces pays ont en commun? Eh bien, tout comme le Québec, ils ont une population qui soit avoisine les dix millions d’habitants, soit y est nettement inférieure. Malgré de nombreuses disparités, des formes de gouvernement et des économies divergentes, des orientations politiques parfois à l’opposé l’une de l’autre, on ne parle pas ici de petites entités insignifiantes, de peuplades « sans culture et sans histoire », mais bien de nations indépendantes, autonomes, ancrées sur leur territoire certaines depuis des siècles. Peu importe leur climat, un environnement géopolitique plus ou moins favorable, un trésor plus ou moins bien garni, ces peuples s’autogouvernent et sont maîtres de leur destin. Et bon an mal an, ces nations persistent et signent. Plusieurs ont de plus une langue qui leur est propre, parlée sur leur seul territoire ou par leurs uniques ressortissants.

Alors nous, au Québec, avec les invraisemblables richesses naturelles qui sont les nôtres, avec notre savoir-faire, notre résilience, les institutions phares que nous nous sommes données, nous ne serions pas en mesure de gérer un État capable de suffire à ses propres besoins et de combler ceux de ses citoyens? Nous serions moins doués, plus morons que l’ensemble de ces nations qui ont la même taille que la nôtre? Oh là là! Appelez le psychiatre, ça presse! On a besoin de multiples séances de thérapie collective et d’un crash course majeur en matière de macroéconomie!

Maintenant imaginez le scénario suivant. Demandez à l’un ou l’autre de ces pays, mettons la Suède, le Portugal ou la Grèce, demandez à cette nation qu’elle exige de sa population qu’elle verse une large part de ses impôts à une entité autre. Enlevez-lui de plus la gestion de l’immigration, des relations extérieures, des communications et retirez-lui le contrôle de son armée. Est-ce que la Suède pourrait encore s’appeler la Suède? Est-ce que le Portugal ne deviendrait pas une coquille vide, inféodée par exemple à l’Espagne avec le portugais en décroissance constante?

Et le Québec? Dépossédé de l’intérieur. Infantilisé par procuration. Gaston Miron qui en connaissait gros au chapitre de l’aliénation évoquait en 1995 le fait que, lorsqu’il était petit, le poids du Québec au sein de la « fédération » canadienne était de l’ordre de 33 %. On parle aujourd’hui de 21,8 %, 18 % cent dans un avenir prévisible. Alors c’est quoi le plan de match? Rapetisser jusqu’à la disparition? Ratatiner jusqu’à l’éradication? S’écraser jusqu’à l’extinction?

Ils nous rabâchent constamment les oreilles : « On est trop petits. On n’est pas capables. » Alors, ces pays que j’ai nommés, ils sont tous dans la dèche? Ils vont faire faillite parce qu’économiquement non viables? L’économie est une drôle de bibitte. On peut lui faire porter de nombreux habits, l’assaisonner à plusieurs sauces, lui faire dire à la fois une chose et son contraire. Mais l’économie, c’est avant tout la confiance combinée à la volonté de résultat. Si on veut se procurer tel ou tel gadget, on coupe dans les dépenses, on met des sous de côté, on fait des heures supplémentaires. On sacrifie une part de son bien-être actuel en fonction d’une satisfaction ou d’un bonheur à venir. On peut aussi réagir de la même façon lorsqu’on se sent menacé, que l’avenir est incertain. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les usines d’armement tournaient à plein régime, l’État émettait des obligations afin de financer l’effort de guerre, on distribuait des coupons de ravitaillement, chacun faisait sa part afin d’éradiquer la menace.

Et bien la menace, celle qui nous concerne nous, en tant que seul peuple francophone en cette terre d’Amérique, elle existe bel et bien, et elle est de plus en plus préoccupante. Il y a moyen d’y obvier. Imaginez la fierté et le bonheur en voyant le nom du Québec s’afficher aux côtés de ceux de ces nations citées au début de ce texte! Et imaginez la liesse au moment où un éventuel Méchant Lapin (Bad Bunny) mentionne le Québec lorsqu’il décline en rappant la liste des pays d’Amérique! À moins que vous ne préfériez continuer à vivre avec des inepties du genre : « Ma queue et mon cœur s’emballent quand tu t’exerces à parler une deuxième langue officielle ». Dans mon cas, non, la deuxième langue officielle ne me fait pas bander pantoute!

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CHRONIQUE OBJECTIONS DE CONSCIENCE: COULEZ PAS CHEZ NOUS (NI AILLEURS)!

Alors que le spectre d’une nouvelle guerre mondiale quitte son tombeau et se matérialise pour revenir hanter les peuples et les territoires, on apprenait le mois dernier qu’on envisageait la construction d’une base navale militaire dans l’est du Québec.

Dans une entrevue au journal Le Devoir, le Petit Timonier de la marine, un amiral du nom de Topshee, Angus de son prénom (une variété de bœuf qui, comme la défense nationale, coûte beaucoup trop cher), avançait qu’une base navale aiderait à l’enrôlement de Québécois et des Québécoises dans les Forces armées canadiennes en général et dans la Marine en particulier.

Lire ça me donne le goût de paraphraser la chanson « Le gars de la compagnie » des Cowboys Fringants :

« Ça va nous faire des jobs pour les Canadiens-Français

Bâtissez vos bases, nous on vous donne le fleuve »

Ça ne rime pas vraiment, c’est laid, comme l’idée derrière la chanson.

Et laid comme l’idée derrière la militarisation du Saint-Laurent.

Avant de me lancer dans mon habituelle tirade de sale gauchiste radical, je vais tout de même souligner quelque chose d’important : nous devons être en mesure de défendre notre territoire, nos eaux, nos forêts et nos terres contre des envahisseurs potentiels qui viendraient chercher à nous les voler, chose dont peuvent nous parler les Premiers Peuples pendant longtemps!

Mais cette nécessité d’avoir les moyens de nous défendre ne doit pas nous faire souscrire à un militarisme des plus destructeurs, ni à ce que l’État colonial canadien augmente l’empreinte de son bras armé sur notre territoire!

Car cette idée de base navale dans l’estuaire relève d’une logique de réarmement non pas pour protéger le territoire, mais pour aller livrer combat dans des conflits internationaux provoqués par les sociopathes au pouvoir qui enverront, une fois de plus, les prolétaires et les autres classes dominées mourir pendant qu’ils regarderont la valeur de leurs portefeuilles d’actions de marchands de mort exploser.

Et comme l’amiral Bonhomme qui cherche à confondre les sceptiques a désigné Rimouski comme emplacement potentiel avec Baie-Comeau, les maires Guy Caron de Rimouski et Michel Desbiens de Baie-Comeau (de même que Daniel Côté de Gaspé!) se sont lancés dans une mini-campagne de putass… de surenchère pour convaincre la Marine de venir parquer ses vaisseaux de guerre dans le Saint-Laurent.

On veut évidemment aller chercher l’argent public qui vient avec ce genre de projet et reconnaissons que la présence de matelots en ville fera fleurir l’économie (surtout les bars et les clubs de danseuses).

Tout ça alors qu’on apprend dans Le Devoir, sous la plume de l’indispensable Alexandre Shields, que Marinvest Energy cherche justement à relancer un projet de gaz naturel liquide à Baie-Comeau!

La faune et la flore marine qui tiennent notre écosystème à bout de bras?

Pas important, du moins pas autant que l’économie et la « défense »!

Nécromancie politique

Pendant ce temps, on a Éric Duhaime qui, tel un nécromancien, tente de posséder le cadavre politique de Maïté Blanchette Vézina dans la circonscription de Rimouski en s’associant à madame l’ex-ministre de la privatisation des ressources naturelles pour critiquer le projet de « constitution » porté par l’équipe de gérants des ventes du Québec au plus fort la poche. Disons qu’elle est quand même bien placée pour servir de lubrifiant parlementaire au Parti conservateur du Québec tant elle a les deux mains sur la manette de la machine à privatiser notre demi-pays et à vendre nos ressources, dont nos forêts, aux plus offrants, ce que ferait avec entrain un gouvernement conservateur mené par un agent d’influence de l’impérialisme états-unien.

Et tandis que le monde se remilitarise et que la droite radicale la plus mortifère gagne du terrain jusque chez nous, les nationaleux qui ont fini d’usurper les derniers racoins progressistes du Parti québécois cherchent encore à nous convaincre que l’immigration et le wokisme sont les plus grands obstacles et une menace existentielle à l’accession du Québec à l’indépendance!

J’imagine que ce sont les immigrants et les anarchistes qui sont la cause des menaces de fermeture des urgences à Trois-Pistoles et à Pohénégamook!?

En tout cas, eux, ils se sont mobilisés massivement pour tenter de les sauver!

Je le dis et je le répète – une révolution sera nécessaire, et ce sont les possédants qui en décideront le ton.

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