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  • Entre préjugés et néolibéralisme : tentative de déconstruction de l’itinérance
    Je travaille dans le milieu de l’itinérance depuis un peu plus de trois ans. Même si plusieurs croyaient cette réalité impossible, la région du Bas-Saint-Laurent n’est pas épargnée par le phénomène de l’itinérance. Quand on ne le côtoie pas ou peu, ce n’est pas facile à croire, ni à comprendre… Néanmoins, nous avons accès comme tout le monde à certaines couvertures médiatiques scandaleuses, ou aux vils créateurs de contenu qui font de l’itinérance un spectacle. C’est un outrage aux droits humain
     

Entre préjugés et néolibéralisme : tentative de déconstruction de l’itinérance

9 octobre 2026 à 17:18

Je travaille dans le milieu de l’itinérance depuis un peu plus de trois ans. Même si plusieurs croyaient cette réalité impossible, la région du Bas-Saint-Laurent n’est pas épargnée par le phénomène de l’itinérance. Quand on ne le côtoie pas ou peu, ce n’est pas facile à croire, ni à comprendre… Néanmoins, nous avons accès comme tout le monde à certaines couvertures médiatiques scandaleuses, ou aux vils créateurs de contenu qui font de l’itinérance un spectacle. C’est un outrage aux droits humains.

Ainsi, lorsqu’on voit des images sensationnalistes et qu’on est confronté à des discours accusateurs, voire provocateurs, certaines idées préconçues se cristallisent. Ils alimentent le sentiment d’insécurité et de mépris, mais ramènent surtout le problème à un plan individuel. Pour quelles raisons les personnes vivent-elles des situations d’itinérance?

Point de rupture

Je ne veux pas déresponsabiliser les personnes de leurs actions. Des gestes violents ont été commis et c’est inacceptable. Je souhaite toutefois apporter humblement des pistes de réflexion sur les causes véritables du phénomène. Parfois, les situations d’itinérance commencent en raison d’un événement ou d’un point de rupture dans les parcours de vie : éviction, sinistre, perte d’emploi, décès, rupture familiale, accident de la route ou de travail, etc. Certaines personnes ont des troubles de santé mentale et physique, des enjeux relationnels, de la dépendance, des niveaux d’énergie et des valeurs très différentes de ce qu’on connaît. Mais est-ce des personnes problématiques ou s’agit-il plutôt des effets de ce qui est transmis et de ce qu’on construit collectivement? En 2012, l’Observatoire canadien sur l’itinérance publiait un rapport fort intéressant, où on pouvait lire :

« Le problème de l’itinérance et de l’exclusion liée au logement est le résultat de la rupture de notre contrat social; le manquement de la société à assurer que des systèmes, un financement et des soutiens adéquats sont en place de telle sorte que tous les individus, même dans des situations de crise, aient accès au logement et aux soutiens dont ils ont besoin1. »

Il existe aussi d’autres causes beaucoup moins visibles. Leurs effets sont banalisés, voire invisibilisés, et proviennent des différentes violences systémiques vécues au quotidien  par trop de personnes, souvent déjà vulnérables ou marginalisées : crise du logement, manque d’accessibilité aux soins de santé physique et mentale, violence entre partenaires intimes, statuts d’immigration précaires, racisme, aides financières gouvernementales insuffisantes et j’en passe. Ces personnes se taisent trop souvent par peur d’être jugées, de ne pas être prises au sérieux, ou d’être exclues.

Pour moi, ce sont les gouvernements néolibéraux qui ont provoqué les différentes crises. Le filet social n’étant pas un investissement lucratif, un refinancement s’est opéré, au profit du secteur privé. Ils ont alors mené une série de réformes dans les services de santé et des services sociaux qui ont bouleversé à la fois l’accès au filet social, sa proximité et sa qualité. Les CLSC ont fermé et l’approche préventionniste a laissé sa place à une logique clientéliste. Ainsi, les intervenants et les membres du personnel médical ne pouvaient plus suivre la santé des membres d’une famille en apprenant à les connaître globalement dans leur milieu. Plusieurs personnes ont alors perdu des outils et un accompagnement précieux. 

L’augmentation et la complexification de l’itinérance démontrent bien l’iniquité et l’injustice liées à cette doctrine qui finit par fragiliser et vulnérabiliser de plus en plus de personnes. Par exemple, les demandes d’aide à Repaires-BSL, un organisme régional en itinérance, se chiffrent à 97 pour l’année 2025-2026. C’est dans la MRC de Rivière-du-Loup que l’augmentation a été la plus significative pour l’organisme, passant de 27 références en 2024, à un peu plus d’une quarantaine. Au Témiscouata, selon des données de 2025 de partenaires communautaires, les organismes ont eu 84 interactions avec des personnes en situation d’itinérance ou en forte instabilité résidentielle. Bien qu’il soit difficile d’avoir des chiffres exacts, ces quelques statistiques montrent une forte tendance à la hausse.

Subir la rue

Les récits de vie auxquels j’ai accès vont tous dans le même sens : les gens subissent la rue. Plusieurs témoignages mettent en lumière un noyau familial persécutant, des traumas, des événements tragiques ou des violences systémiques. Malheureusement, personne n’est à l’abri de subir de telles épreuves, ni de prévoir sa propre réaction dans de telles circonstances. Avec peu d’outils et des perspectives de plus en plus restreintes, les personnes en situation d’itinérance font leur possible pour survivre à un milieu où la marginalisation, l’insécurité, l’hypervigilance et les traumatismes sont constants. Avec cette perspective, il me semble que l’humilité et l’entraide doivent remplacer l’arrogance et l’indifférence.

1. S . Gaetz, C. Barr, A. Friesen, B. Harris, C. Hill, K. Kovacs-Burns, B. Pauly, B. Pearce, A. Turner, A. Marsolais, Définition canadienne de l’itinérance,  Publications de l’Observatoire canadien sur l’itinérance, 2012.

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  • Pascal Bérubé veut poursuivre le travail pour son 7e mandat
    Élu pour un septième mandat consécutif, le député de Matane-Matapédia-Mitis, Pascal Bérubé, ne tient rien pour acquis et il veut être le meilleur député possible pour les citoyens de sa circonscription. Il compte prioriser la santé et les transports. Tout comme son collègue de la circonscription de Rimouski, Yohann St-Pierre, monsieur Bérubé soutient que les travaux pour le prolongement de l’autoroute 20 entre Trois-Pistoles et Rimouski commenceront d’ici 2030. « C’est l’engagement forme
     

Pascal Bérubé veut poursuivre le travail pour son 7e mandat

9 octobre 2026 à 17:00

Élu pour un septième mandat consécutif, le député de Matane-Matapédia-Mitis, Pascal Bérubé, ne tient rien pour acquis et il veut être le meilleur député possible pour les citoyens de sa circonscription. Il compte prioriser la santé et les transports.

Tout comme son collègue de la circonscription de Rimouski, Yohann St-Pierre, monsieur Bérubé soutient que les travaux pour le prolongement de l’autoroute 20 entre Trois-Pistoles et Rimouski commenceront d’ici 2030.

« C’est l’engagement formel du chef du Parti québécois qui l’a affirmé haut et fort à Rimouski pendant la campagne. Nous allons tenir nos engagements. »

Le politicien veut également s’attaquer au transport de façon générale, dont le transport aérien en travaillant à rétablir des liaisons vers Québec et Montréal.

« Il y a aussi l’accès à la santé avec l’urgence de l’hôpital de Mont-Joli. Notre demande d’accès à des médecins dépanneurs a été refusée. Il faut que ça change pour rétablir les heures normales, dont les fins de semaine. Il y a le dossier du palais de justice de Mont-Joli ainsi que des enjeux très locaux dans les municipalités. »

Le député compte entreprendre une tournée des 45 municipalités de sa circonscription prochainement et rencontrer les représentants des MRC.

Choisi par les électeurs pour la première fois en 2007, Pascal Bérubé est maintenant le doyen de l’Assemblée nationale.

« D’être élu à l’intérieur d’un caucus du Parti québécois, ça me rend heureux et fier. L’objectif demeure le même, soit d’être le meilleur député possible pour ma circonscription et le plus utile possible pour mon équipe. Dès le lendemain matin de l’élection, j’étais à mon bureau pour répondre aux citoyens. Le travail se poursuit », dit-il.

Autant du côté du Bas-Saint-Laurent que de la Gaspésie, monsieur Bérubé sera entouré de collègues péquistes. Il a l’intention de travailler avec eux pour faire avancer les dossiers régionaux.

« Il va y avoir une excellente collaboration. Nous avons déjà commencé à échanger de façon plus formelle sur la suite. Nous nous entendons très bien. Nous avons des profils très différents, mais nous allons travailler collectivement au service de la région. »

Un rôle de ministre ?

Si l’enseignant en sciences politiques au Cégep de Rimouski, Jean-François Fortin, soutient que Pascal Bérubé sera un incontournable du prochain conseil des ministres de Paul St-Pierre Plamondon, le principal intéressé dit n’avoir aucune attente à ce sujet.

« Il y a beaucoup de gens qui pensent plus à ça que moi. Je n’ai rien demandé et on ne m’a rien offert. Ce n’est pas une préoccupation pour moi. Ma préoccupation est de poursuivre le travail de député. »

Pascal Bérubé, entouré des nouveaux députés de Rimouski et Rivière-du-Loup-Témiscouata-Les Basques, Yohann St-Pierre et d’Ariane Boyer. (Photo Le Soir.ca-Annie Levasseur)

Le fait d’être au sein d’un parti au pouvoir amène des attentes supplémentaires de la part des électeurs, selon le député. Il ajoute que son travail demeure le même, peu importe la configuration de l’Assemblée nationale.

« Je le constate depuis le lendemain de l’élection dans les demandes que je reçois déjà. Le fait d’être dans un gouvernement minoritaire n’est pas un obstacle. Ça va nous permettre d’échanger davantage avec les autres formations politiques. Nos décisions vont s’inscrire dans un contexte minoritaire, mais aussi dans un contexte budgétaire difficile. »

Un appui fort

Lors de l’élection du 5 octobre dernier, le péquiste a récolté 67,8 % des votes.

« Je suis touché du résultat. C’est plus de deux électeurs sur trois qui m’ont appuyé dans la circonscription. C’est le deuxième meilleur résultat au Québec sur 127 circonscriptions. C’est une marque de confiance qui me touche beaucoup. Je veux être le député de tout le monde, y compris les gens qui n’ont pas voté pour moi. Il y a de bonnes idées dans l’ensemble des partis politiques. »

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