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Reçu — 6 juin 2026 Journal le Mouton Noir
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    (Avertissement : Je fais partie du Comité pour le bulletin le plus long.) À l’approche du 160e anniversaire de la Confédération canadienne (2027) et alors que le gouvernement libéral vient tout juste d’obtenir une majorité parlementaire lors de trois élections partielles (plafond de dépense : 100 000 $ par circonscription), j’ai eu l’idée de nous offrir un petit rappel historique du fonctionnement du parlement canadien à une époque pas si lointaine… Au fil de mes années d’implication polit
     

Parlementarisme canadien : Où est l’esprit de collaboration?

6 juin 2026 à 13:51

(Avertissement : Je fais partie du Comité pour le bulletin le plus long.)

À l’approche du 160e anniversaire de la Confédération canadienne (2027) et alors que le gouvernement libéral vient tout juste d’obtenir une majorité parlementaire lors de trois élections partielles (plafond de dépense : 100 000 $ par circonscription), j’ai eu l’idée de nous offrir un petit rappel historique du fonctionnement du parlement canadien à une époque pas si lointaine…

Au fil de mes années d’implication politique, j’ai eu l’occasion de rencontrer des centaines de candidates et de candidats, de nombreux députés, parfois des ministres, j’ai pris une bière avec Jack Layton et j’ai même serré la main de Stephen Harper. (Un peu de name dropping ne fera pas de tort à ce journal d’extrême gauche!) Une anecdote m’a particulièrement marqué : un ancien député du NPD, dont j’oublie le nom, critique de la justice pendant le gouvernement de Trudeau Ier, racontait avoir reçu, un soir vers minuit, un appel du ministre de la Justice, qui lui avait dit : « Je vais présenter une pièce législative demain au Parlement. Viens à la maison, j’aimerais te la présenter. » Une rencontre avait alors eu lieu à la résidence du ministre libéral, en présence des députés conservateur et néo-démocrate, tous deux critiques de la justice dans leur cabinet fantôme.

Voilà un bel exemple de l’esprit de collaboration qui régnait autrefois au Parlement canadien. Une tradition où les partis d’opposition et le parti au pouvoir travaillaient ensemble pour servir l’intérêt public. Et on parlait déjà de réformer le mode de scrutin, qui était désuet à l’époque! Les politiciens élus étaient là pour participer activement à la vie démocratique, dans un esprit de collaboration populaire.

Vous ne verrez jamais ça aujourd’hui.

Le feuilleton est gardé secret jusqu’à la dernière minute.

Encore mieux, on fait couler des éléments d’un projet de loi directement dans les médias : les pires passages, les morceaux les plus extrêmes, afin de faire vivre une émotion forte à la population. Et lorsque le projet est déposé en chambre : « Miracle! On a enlevé ces éléments de la loi! » Et le tout a l’air beaucoup plus acceptable!

Les partis politiques sont polarisés et polarisants. Tout est fait pour discréditer l’adversaire politique, parfois même sur des bases aussi futiles que l’apparence plutôt que les idées. On voit le chef conservateur monter au front pour insulter ses opposants, et les libéraux ne sont pas en reste. Prenons l’exemple actuel : le premier ministre Mark Carney, quelques heures après avoir obtenu une majorité, annonce qu’il va « accélérer le pas »sur différents chantiers. Ce que je comprends, c’est qu’il compte profiter de cette majorité – obtenue en partie grâce à cinq députés conservateurs transfuges – pour imposer ses projets aux Canadiens sans véritable consultation de l’opposition.

Pourtant, depuis 2019, nous sommes en situation de gouvernement minoritaire, une configuration qui était censée favoriser la collaboration entre les partis. Or, même dans ce contexte, l’opposition n’a que très peu été consultée. Et maintenant, on nous annonce que ça va être encore pire.

Il y a aussi la question de la distorsion électorale. Le Parti vert, par exemple, est passé de 6,5 % d’appui en 2019 à 2,3 % en 2021, puis à 1,2 % en 2025. Oui, on peut dire que la performance des chefs et les luttes internes sont en partie en cause, mais le mode de scrutin est certainement très présent dans ces résultats : on avait tellement peur que Poilievre devienne premier ministre en 2025 qu’on a tout misé sur les libéraux. Et aujourd’hui, on se fait servir quoi? Une soupe aux libéraux majoritaires, une concentration du pouvoir exécutif monolithique. Une situation que personne ne voulait réellement avoir. Et les libéraux vont bien sûr scander : « Les Canadiens et les Canadiennes voulaient […] ». My 2 cents1, yo!

Et pendant ce temps, que font les médias? La Presse et une ancienne députée bloquiste continuent de taper le clou sur le Comité du bulletin de vote le plus long parce que nous présentons une quarantaine de candidats et de candidates dans l’élection partielle de Terrebonne. Le mode de scrutin aurait dû être changé il y a 50 ans, on nous accuse d’avoir ralenti le processus électoral – alors qu’en réalité nous avons retardé les résultats électoraux de 45 minutes par rapport aux élections ayant eu lieu le même soir – et cerise sur le gâteau : le citoyen moyen va se tromper en aller voter2! Les chroniqueurs prennent la population pour des épais, les ministres modifient la loi électorale pour empêcher les longs bulletins de vote (mais ne changent pas le mode de scrutin), et les partis politiques se font rembourser 50 % de leurs dépenses de campagne : pourquoi est-ce que le gouvernement n’envoie pas le chèque directement à Facebook?

1. Arrondi à la caisse, ça donne 0 cent! #free #gratuit
2. Non seulement les résultats sont très proches de ce qui était attendu, mais l’analyse des résultats de huit élections « long bulletin de vote » permet de découvrir que le nombre de votes annulés est largement inférieur à ce qui a lieu dans les autres circonscriptions. C’est donc dire que ceux qui allaient annuler leur vote ont plutôt décidé de… voter!

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