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    [en] Voilà, il est là. Il est là, le soulagement. Je savais qu’il serait là. C’est normal, après des années de soins, d’inquiétude, de peur de ce qui allait arriver. C’est normal d’être soulagé de ne plus porter ce poids. Il est arrivé plutôt rapidement, le soulagement. Mais je n’ai pas fini d’être triste. Je ne suis pas vraiment prête à me sentir soulagée. En plus, le soulagement il arrive accompagné de sa copine la culpabilité. Bien sûr, parce que quand son chat vient de mourir, on ne va q
     

Les invités moins attendus en temps de deuil [en]

6 mai 2026 à 17:39
[en]

Voilà, il est là. Il est là, le soulagement. Je savais qu’il serait là. C’est normal, après des années de soins, d’inquiétude, de peur de ce qui allait arriver. C’est normal d’être soulagé de ne plus porter ce poids.

Il est arrivé plutôt rapidement, le soulagement. Mais je n’ai pas fini d’être triste. Je ne suis pas vraiment prête à me sentir soulagée. En plus, le soulagement il arrive accompagné de sa copine la culpabilité. Bien sûr, parce que quand son chat vient de mourir, on ne va quand même pas se sentir soulagée.

Alors que si, en fait.

Miss Culpabilité, elle veut te faire croire que quand elle débarque, c’est que tu as mal fait. Que tu es coupable de quelque chose, que tu as failli. Mais c’est pas vrai. Elle se pointe en opportuniste, histoire de voir. Elle surfe sur le sillage de M. Soulagement, parce qu’elle sait qu’il n’est pas vraiment prévu au programme, pas invité à la fête, quand on a encore la mort en travers de la gorge.

Je sais qu’elle est là juste comme ça, en passagère clandestine, en imposteur, même. Elle sait qu’on préfère souvent se donner des coups de pied que de sentir des choses difficiles ou moins familières. Je ne lui sers ni à manger ni à boire, mais voilà, elle est quand même là. Il faut faire avec, et c’est normal aussi.

Je ne veux pas de cette légèreté inhabituelle dans ma vie, même si elle est plaisante. C’est là qu’est la brèche dans laquelle elle se glisse.

Ne pas avoir à me soucier des horaires. Ne pas me demander où il est, ne pas aller voir comment il va, ne pas me demander s’il est confortable, s’il veut quelque chose, si je peux faire plus ou si je devrais faire moins. Ne pas faire les mille petits gestes du quotidien qu’on fait de bon coeur quand on aime un petit être fragile et vieillissant. Ne pas avoir peur, peur de le perdre, peur de faire faux, peur de me tromper, peur de ne pas faire ce qui est juste pour lui, peur qu’il souffre sans que je m’en rende compte, ou plus que je ne m’en rends compte, peur de l’après, où le soulagement et sa copine la culpabilité viendront essayer de me faire croire que s’ils sont là bien confortablement installés sur mon canapé à se partager un jus d’orange, c’est que je ne pouvais pas l’aimer tant que ça, mon vieux chat, et donc que ce n’est pas si grave, qu’il soit mort, alors que si – je l’aimais tant que ça, leur présence ne dit rien de mon amour et de mon attachement, dit en fait au contraire tout de combien il a fallu qu’il soit grand pour me permettre d’accueillir dans ma vie, avec enthousiasme malgré leur coût, les contraintes et les responsabilités qui se sont maintenant envolées avec lui, ce qui me vaut leur visite.

Je n’ai pas fini d’être triste, ni de me débattre avec la fin de l’existence pour tout être sur cette terre. Je n’ai pas fini de regretter son absence et d’avoir mal quand je pense à lui. Mais je commence à pouvoir, malgré tout, m’autoriser à apprécier un peu la légèreté retrouvée. Ce n’est pas incompatible, même si c’est très déroutant.

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    Aux Etats-Unis, l’AI Now Institute lance une boîte à outils pour s’opposer au projets et aux déploiements de centres de données. L’AI Now Institute fait le point sur les multiples recours possibles, en fonction des politiques locales, étatiques et fédérales et des différentes réglementations sectorielles (sur le développement économique, l’énergie, la pollution, la transparence, l’usage de l’eau…) qui sont mobilisables. Le kit se complète d’une formation en ligne.
     

Kit d’opposition aux data centers

6 mai 2026 à 01:01

Aux Etats-Unis, l’AI Now Institute lance une boîte à outils pour s’opposer au projets et aux déploiements de centres de données. L’AI Now Institute fait le point sur les multiples recours possibles, en fonction des politiques locales, étatiques et fédérales et des différentes réglementations sectorielles (sur le développement économique, l’énergie, la pollution, la transparence, l’usage de l’eau…) qui sont mobilisables. Le kit se complète d’une formation en ligne.

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    Après Anthropic, Microsoft va faire passer les utilisateurs de GitHub Copilot à une facturation par jetons, rapporte Ed Zitron (le coût hebdomadaire d’exécution de GitHub Copilot ayant presque doublé depuis janvier). La tokenisation, c’est-à-dire le fait de payer l’IA selon sa consommation de token va devenir un peu partout la règle. Et c’est déjà le cas dans les entreprises.  Chez Uber, par exemple, les coûts de l’IA explosent. Un employé de Meta, lui, a créé de son propre chef un classement
     

Tokenmaxxing : l’IA par abonnement touche à sa fin

6 mai 2026 à 01:00

Après Anthropic, Microsoft va faire passer les utilisateurs de GitHub Copilot à une facturation par jetons, rapporte Ed Zitron (le coût hebdomadaire d’exécution de GitHub Copilot ayant presque doublé depuis janvier). La tokenisation, c’est-à-dire le fait de payer l’IA selon sa consommation de token va devenir un peu partout la règle. Et c’est déjà le cas dans les entreprises. 

Chez Uber, par exemple, les coûts de l’IA explosent. Un employé de Meta, lui, a créé de son propre chef un classement qui suivait le nombre de tokens utilisés par les plus de 85 000 employés de l’entreprise, rapporte Fortune. Baptisé « Claudeonomics », en référence au modèle d’IA d’Anthropic, ce classement affichait les 250 employés dépensant le plus de tokens. 

Cette illustration parfaite du tokenmaxxing (qu’on pourrait traduire par optimisation à outrance des jetons), est un phénomène qui met l’accent sur l’utilisation des tokens comme mesure de productivité des développeurs. « Sur une période de 30 jours, l’utilisation totale des tokens par les employés sur le tableau de bord de Meta (fermé depuis) a dépassé les 60 000 milliards de tokens, et l’utilisateur individuel le plus gourmand a consommé en moyenne 281 milliards de tokens. Avec la version la moins chère de Claude Opus 4.6, facturée 5 $ par million de tokens, cet utilisateur à lui seul aurait pu coûter à Meta plus de 1,4 million de dollars. » Dans une interview récente, le premier promoteur de la tokenisation, Jensen Huang, PDG de Nvidia, proposait que le budget annuel en token de chaque ingénieur soit équivalent à la moitié de son salaire annuel. 

Le tokenmaxxing n’est pas une stratégie d’IA, critique Thomas Claburn pour The Register. Qui estime que le coût du token, qui est le fruit d’un savant calcul, selon les GPU mobilisés et les systèmes d’IA. Reste que mesurer la performance d’un développeur au volume de ses dépenses, ne dit rien de la qualité ou de l’utilité de ce qu’il produit. L’indicateur se revèle aussi idiot que le nombre de ligne de codes produit. Le but pourtant n’est pas de dépenser des jetons mais de savoir pourquoi et à quoi vous les dépensez ! Même constat pour Kevin Rose dans le New York Times : « Ah, oui, la qualité du résultat. Les classements ne la mesurent pas ! » 

Pour The Verge, la journaliste Hayden Field revient également sur les changements de modèles économiques en cours dans le monde de l’IA. Après des années d’accès à bas prix, voire gratuit, à des systèmes d’IA avancés, la facture commence à se faire sentir. L’ère de l’IA quasi gratuite touche à sa fin.

« Will Sommer, analyste chez Gartner, étudie les tendances économiques à long terme liées à l’IA générative, notamment en évaluant les enjeux financiers. Entre 2024 et 2029, Gartner estime que les investissements dans les centres de données d’IA atteindront environ 6 300 milliards de dollars, une somme colossale. Pour éviter une dépréciation de ces actifs, les principaux fournisseurs de modèles d’IA devraient idéalement générer un retour sur investissement d’environ 25 %, explique Sommer (c’est le rendement moyen d’Amazon, Microsoft et Google sur leurs investissements globaux).» Si les rendements tombent en dessous de 12 %, les investisseurs fuient. En dessous de 7 %, on entre dans une phase de dépréciation, ce qui représente « un désastre absolu pour tous les investisseurs dans cette technologie ». Pour atteindre ce seuil minimal de 7 %, Gartner prévoit que les grandes entreprises d’IA devront générer près de 7 000 milliards de dollars de revenus cumulés grâce à l’IA d’ici 2029, soit près de 2 000 milliards de dollars par an. Afin d’obtenir des« rendements historiques », ces fournisseurs devraient générer près de 8 200 milliards de dollars sur la même période. »   

« Mais pour atteindre les 2 000 milliards de dollars de dépenses annuelles calculés par Gartner, les fournisseurs devraient générer, selon des estimations prudentes, un total cumulé de 10 sextillions de tokens par an (un sextillion, c’est une suite 21 36 zéros). Même en supposant une marge bénéficiaire très généreuse de 10 % par jeton, la consommation de jetons d’ici 2030 devrait être multipliée par 50 000 à 100 000. »

« Actuellement, confrontées à une demande croissante de centres de données et à une pénurie de puissance de calcul, les entreprises ne sont pas en mesure de traiter un tel volume de jetons. Même si elles le pouvaient, elles rencontreraient un problème : elles seraient probablement déficitaires. Sommer estime que si l’on ne tient compte que des coûts directs d’infrastructure et d’électricité, « chaque entreprise dégage des marges très raisonnables sur chaque jeton ». Mais cette marge est probablement plus faible, voire inexistante, avec les nouveaux modèles, plus gourmands en jetons. Et ces ressources sont entièrement absorbées par les coûts d’exploitation indirects, comme le développement de la puissance de calcul et les dépenses exorbitantes liées à l’entraînement constant des nouveaux modèles. » Et dès qu’on ajoute toute l’infrastructure nécessaire à la prochaine génération de modèles et qu’on examine leur passage à l’échelle, la situation devient de plus en plus intenable, explique Sommer. Selon lui, nombre d’entreprises « ne pourront pas maintenir leur rythme de dépenses ». A terme, il ne devrait rester pas plus de deux grands fournisseurs de modèles de langage. Et l’époque où presque tous les services proposent une offre gratuite assez généreuse ne durera probablement pas. 

Aux débuts de l’IA, la majeure partie des coûts de calcul était consacrée à l’entraînement des modèles initiaux, tandis que l’inférence (ou l’exécution des tâches) était moins onéreuse. Cependant, avec l’évolution des modèles et l’ajout de fonctionnalités aux systèmes, l’inférence est devenue beaucoup plus gourmande en ressources. Les agents d’IA, ou outils capables idéalement d’effectuer des tâches complexes à votre place sans intervention constante, consomment désormais beaucoup plus de ressources que les modèles de chatbot basiques d’il y a quelques années. Les principales entreprises d’IA ont récemment modifié leurs politiques d’utilisation des API et des outils tiers – comme Anthropic qui interdit de fait l’utilisation d’OpenClaw, sauf pour les abonnés payant un supplément – ​​en raison de la surcharge qu’ils engendrent. En résumé, les grandes entreprises d’IA se trouvent à un tournant : elles ont attiré un grand nombre d’utilisateurs en offrant un accès gratuit, et doivent désormais les fidéliser tout en augmentant significativement leurs tarifs. 

Face à l’augmentation des coûts, les entreprises pourraient avoir tendance à migrer leurs infrastructures IA totalement ou partiellement vers des modèles open source plutôt que de recourir aux services des géants de l’IA. Pour Will Sommer, un modèle économique durable « exigerait que l’IA générique soit intégrée à tous les aspects de notre vie, des panneaux publicitaires aux bornes de caisse » et que les fournisseurs d’IA prélèvent une commission sur toutes ces transactions. Ce qui est sûr, c’est que « l’ère du gratuit n’était qu’une course à l’accaparement du marché : une stratégie courante chez les startups ». « Ce n’est tout simplement pas un modèle économique viable. On ne peut pas continuer comme ça indéfiniment. »

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